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à toutes et à tous. J'ai souhaité cette conférence de presse accompagnée d'Agnès Pannier-Runacher et Paul Midy qui sont en charge du pilotage et de la préparation de mon projet pour la France à un moment où notre pays affronte série de crises majeures et en réalité parce que depuis trop d'années les Français vivent au rythme des crises et ont le sentiment de les subir. des crises qui s'accélèrent, des crises qui nous viennent de l'extérieur et dont nous ne contrôlons pas l'origine. Aujourd'hui encore, on le voit, les tensions au Moyen-Orient entraînent une flambée des prix du pétrole et des carburants. C'est un choc exogène dont les Français subissent aujourd'hui les conséquences très concrètes, évidemment, notamment sur les prix à la pompe. Parfois, on donne l'impression de courir derrière les crises. de gérer leurs conséquences les unes après les autres sans jamais être suffisamment prêts et suffisamment forts avant que ces crises ne surviennent pour les éviter et pour les affronter. Or, je suis convaincu que le rôle de la politique ne peut pas être seulement de gérer la crise du moment puis d'attendre la suivante. Il doit être de comprendre pourquoi notre pays est aussi vulnérable lorsqu'un choc survient et de traiter ces vulnérabilités à la racine pour préparer les prochaines crises. Reprendre le contrôle. C'est le sens même de ma candidature à l'élection présidentielle. Ce matin, j'ai souhaité m'entretenir avec un groupe d'économistes pour entendre leurs diagnostics, leur faire part de mes propositions, entendre leurs analyses. C'est aussi ça ma méthode à l'occasion de cette campagne, écouter et consulter pour recueillir les meilleures analyses et les meilleures solutions. En y regardant de plus près, la plupart de ces crises, aux conséquences qui sont si concrètes dans la vie des Français, ont deux origines, l'énergie... et les finances publiques. Ces deux sujets peuvent sembler très différents, mais en réalité, ils posent exactement la même question, celle de notre liberté d'agir et de notre capacité à agir. Quand on dépend presque entièrement de l'étranger pour le pétrole et le gaz que nous consommons, on dépend de décisions que nous ne prenons pas. Et quand on est trop endetté, on perd progressivement la capacité financière à répondre aux conséquences de ces décisions. L'enjeu de cette élection présidentielle, pour moi, c'est donc aussi de cesser de courir après les crises pour reprendre en main notre avenir, pour rendre la confiance, pour assurer la sérénité aux Français. Ça impose un constat lucide, sans faux semblants. Ça impose aussi des solutions fortes, des changements profonds pour l'avenir. J'y suis prêt et j'y reviendrai dans cette conférence de presse. Le cœur de mon projet, c'est donc de renouer avec ce qui a fait les grandes heures de la France, la planification. Il faut anticiper, il faut planifier et j'ai la conviction qu'on a toutes les cartes en main pour réussir ce chantier. Commençons par la situation immédiate. La hausse des carburants que nous connaissons aujourd'hui, c'est d'abord la conséquence d'une crise internationale que nous subissons. Depuis le début de la guerre en Iran, la circulation maritime dans le détroit d'Hormuz est pratiquement à l'arrêt. Le Détroit d'Hormuz, je le rappelle, c'est un point de passage essentiel pour l'économie mondiale. Environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommé dans le monde transitent par le Détroit d'Hormuz. Aucune des décisions qui ont conduit à cette situation n'a été prise par la France ou par les Européens. Et pourtant, quelques semaines plus tard, ce sont les Français qui en ont subi les conséquences lorsqu'ils arrivent à la pompe à essence. Cette crise, elle coûte à toute notre économie. Une augmentation durable du pétrole, ça signifie davantage d'argent envoyé à l'étranger au lieu d'être consacré en France aux salaires, à l'investissement ou à l'innovation. Elle met en pression et sous pression les secteurs les plus consommateurs d'énergie, la chimie, la plasturgie, l'agroalimentaire, les engrais, les transports. Une hausse de 10 dollars du prix du baril, c'est un coût de 3 milliards d'euros pour l'économie française. Et puis cette crise, elle coûte à nos services publics parce que chaque euro d'intérêt de la dette payée est un euro qui ne va ni à l'hôpital, ni à l'école, ni à la sécurité. Et ce qui rend la hausse des prix que nous traversons particulièrement critique et singulière, c'est qu'elle intervient au moment où notre pays n'a aucune marge de manœuvre financière. Et c'est là que le sujet énergétique rejoint le sujet des finances publiques. Car nous avons deux dépendances, la dette et les énergies fossiles. C'est ça qui nous rend vulnérables aujourd'hui. Le déficit public atteignait encore 152,5 milliards d'euros en 2025, soit 5,1% du PIB. Il devrait s'élever à 5,4% du PIB en 2026. Au lieu de diminuer, il augmente. Quant à notre dette, elle dépasse désormais largement les 3 000 milliards d'euros et représente plus de 115% de notre richesse nationale. Et surtout, les conditions auxquelles nous finançons cette dette ont changé. Pendant très longtemps, l'État français a pu s'endetter à des taux exceptionnellement faibles. Cette période est révolue, vous le savez. La France emprunte désormais à 4,5% plus cher que l'Italie. Regardons les autres grandes économies. ont peu de croissance, mais aussi peu de déficit. D'autres ont beaucoup de croissance, mais aussi des déficits importants. La France cumule, depuis la dissolution, le pire des deux mondes, beaucoup de déficit et peu de croissance. C'est ce qui nous rend particulièrement fragiles. En 2020, lorsque le Covid a frappé, l'État a pu mobiliser des moyens considérables pour éviter l'effondrement de notre économie. On a pu financer le chômage partiel. soutenir les entreprises, protéger massivement les ménages parce que nous disposions encore d'une capacité d'endettement à des taux extrêmement faibles. Si une crise d'ampleur comparable survenait demain, nous l'aborderions dans une situation désormais très différente, avec une dette beaucoup plus élevée et des taux d'intérêt sensiblement supérieurs. Voilà le vrai danger. La dette, elle devient problématique lorsqu'elle nous empêche de répondre à la prochaine crise. Elle devient problématique lorsqu'elle finit par tout obstruer. Et c'est le deuxième problème majeur de la situation actuelle. La charge de la dette augmente très fortement. Elle était, je le rappelle, de 52 milliards d'euros en 2025. Elle devrait atteindre 91 milliards d'euros l'année prochaine et dépasser probablement les 100 milliards d'euros pour le budget 2028. C'est donc un doublement du montant des intérêts de la dette en seulement trois ans. Ce sont 100 milliards que nous ne pouvons pas consacrer à l'école, à la recherche, à l'intelligence artificielle, à la défense, à la santé ou à notre industrie. L'an prochain, la France consacrera 3% de sa richesse nationale à rémunérer ses créanciers, contre 2,2% pour investir dans la recherche et le développement. On marche sur la tête. A cette fragilité financière s'ajoute notre dépendance énergétique. Les énergies fossiles représentent encore près de 60% de notre consommation finale d'énergie. C'est une consommation qui est importée, alors même que notre électricité est décarbonée à environ 95%. C'est un paradoxe français. On a construit l'un des systèmes électriques les moins carbonés au monde, mais on continue à utiliser massivement des hydrocarbures importés pour nous déplacer, pour nous chauffer, pour faire fonctionner notre économie. On est preneurs de prix, jamais faiseurs de prix, alors même que nous avons toutes les ressources entre nos mains. Alors aujourd'hui, deux factures pèsent très lourdement sur le pays, celles des intérêts de la dette et celles des énergies que nous achetons à l'étranger. Mais je voudrais aller un peu plus loin car la crise actuelle révèle seulement la partie la plus visible de nos dépendances. Derrière notre dépendance aux hydrocarbures, il y a tout un continent caché de dépendances matérielles dont on parle beaucoup moins dans le débat public. On importe une partie très importante des engrais qui sont nécessaires à notre agriculture. Pour électrifier notre économie, on a besoin de lithium, de cuivre, de graphite, de nickel, de cobalt, de terres rares. Or, le raffinage de beaucoup de ces matériaux est aujourd'hui concentré dans quelques pays, et notamment la Chine. C'est un point extrêmement important. Notre objectif ? ne peut pas être sortir de la dépendance au pétrole du Moyen-Orient pour entrer demain dans une dépendance intégrale aux métaux et aux batteries raffinées en Chine. On doit donc raisonner beaucoup plus largement l'indépendance énergétique du XXIe siècle. C'est évidemment produire notre propre électricité, c'est maîtriser nos infrastructures et nos matières premières, c'est transformer et recycler, c'est développer la géothermie, les réseaux de chaleur, la biomasse, les gaz renouvelables et la récupération de chaleur. C'est aussi évidemment davantage de sobriété, pas de décroissance, loin de là, mais la recherche des usages les moins consommateurs et la chasse à tout gaspillage. En réalité, c'est toute une stratégie que nous devons repenser, toute une planification qu'il nous faut mettre en place et il y a urgence à planifier. Face à ce constat, certains pourraient considérer, en tout cas certains semblent considérer que la situation est désespérée. Le message que je veux passer aujourd'hui, c'est que je crois exactement l'inverse. Je crois que la France a des atouts considérables. Nous avons sur notre territoire des groupes comme EDF, Schneider Electric, Air Liquide, Legrand, Total Energy ou Rexel. Très peu de pays européens disposent d'une telle continuité industrielle depuis la production de l'énergie jusqu'aux réseaux et aux matériaux. dispose surtout d'un parc nucléaire unique en Europe. En 2025... Le nucléaire a produit plus des deux tiers de notre électricité et les travaux préparatoires aux nouveaux EPR ont commencé. On a parallèlement développé les renouvelables. Plus de 7 gigawatts de capacités renouvelables supplémentaires ont été installés en 2025. Notre parc hydraulique est un atout majeur et la France produit aujourd'hui suffisamment d'électricité pour être très largement exportatrice. En 2025, notre solde exportateur net a atteint un niveau historique. C'est une force économique et c'est aussi une force géopolitique. Cette électricité doit nous permettre d'électrifier notre industrie, nos transports, nos bâtiments. Elle doit nous permettre d'accueillir de nouvelles activités industrielles et technologiques. Elle doit aussi servir notre ambition dans l'intelligence artificielle. On aura besoin de quantités considérables d'électricité pour entraîner, pour faire fonctionner les modèles de demain. Et je ne veux pas que notre avantage électrique serve uniquement à installer en France des infrastructures permettant de faire fonctionner des technologies qui sont conçues ailleurs. Je veux qu'ils servent aussi à développer nos modèles, nos entreprises et notre souveraineté technologique. On a donc les moyens d'agir, ça c'est le constat important. Et surtout, la France a déjà montré dans son histoire qu'elle était capable de transformation d'une telle ampleur. Après le choc pétrolier de 1973, nos prédécesseurs ont décidé de changer profondément le modèle énergétique français. Le plan Mesmer a été lancé en 1974. Trois ans plus tard, le premier réacteur concerné était raccordé au réseau entre la fin des années 70 et la fin des années 80, près d'une cinquantaine de réacteurs ont été mis en service. En une quinzaine d'années, le réseau et le système électrique français a été... profondément transformée. Cette décision qui avait été prise il y a un demi-siècle, elle continue à nous protéger aujourd'hui. Sans elle, la crise qu'on vit aujourd'hui serait beaucoup plus grave. On aurait une production électrique beaucoup plus dépendante du gaz et du charbon importés et donc une facture énergétique plus élevée et une exposition encore plus forte aux événements internationaux. Sans le plan Mesmer, compte tenu de ce que serait notre exposition aux fossiles, on serait aujourd'hui en récession. C'est une leçon importante, parce que ça montre que les grandes décisions de souveraineté ne produisent pas seulement leurs effets pendant la durée d'un quinquennat ou d'un septennat à l'époque, elles peuvent protéger un pays pendant 50 ans face aux crises. Ce que nos prédécesseurs ont fait pour l'électricité, je propose que nous le fassions désormais pour l'ensemble de nos usages. Avant d'y venir, je veux parler de l'urgence. Parce que l'urgence est essentielle. Il ne faut pas donner l'impression... que qui que ce soit reste sourd à la situation des Français et aux difficultés qu'ils rencontrent. C'est difficile aujourd'hui et c'est dur pour beaucoup de Français. Alors il faut évidemment agir pour passer cette crise. La première priorité, je le redis pour moi, ça doit être de protéger les Français qui travaillent, qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture pour aller travailler et dont les revenus ne leur permettent pas d'encaisser cette hausse des prix à la pompe. Le gouvernement a reconduit et élargi l'aide aux gros rouleurs qui travaillent. Je crois que c'était nécessaire. Des millions de nos compatriotes, des classes moyennes et des classes populaires, n'en peuvent plus travailler dur et de tirer la langue. C'est vers eux que nos efforts doivent se porter en priorité. Il a également été annoncé le relèvement de la prime pour l'accompagnement face à l'augmentation des prix du carburant par les employeurs sans charges ni impôts à 1 000 euros. Et j'invite évidemment les partenaires sociaux et les entreprises à s'en saisir pour en faire un objet de négociation sociale. C'est aussi, je crois, l'intérêt économique des entreprises que de permettre à leurs salariés... de continuer à venir travailler. Hier, le gouvernement a fait des annonces Mon but, c'est évidemment toujours d'être responsable. Il faut éviter l'emballement des crises. S'agissant de la dette, je le redis ici, le meilleur moyen d'éviter une crise de la dette, c'est d'avoir un budget solide à la fin de l'année. Et donc, je vous le redis ici, avec mon groupe parlementaire, nous n'entraverons en rien le gouvernement dans sa tâche de doter le pays d'un budget, car l'incertitude, elle se paye cher. Et pour éviter la crise sociale, il faut répondre à la détresse des Français sans leur mentir. C'est aussi ça, agir en responsabilité et ne pas prendre le risque d'ajouter une crise à la crise. Gérer l'urgence, c'est la mission du gouvernement et il le fait. Comme candidat à la présidentielle, ma responsabilité, c'est d'être prêt et de préparer l'avenir. Pour cela, il faut dire la vérité et la vérité, c'est aussi que les deux extrêmes pavent le chemin de la dépendance de la France. À gauche, le refus du nucléaire condamnerait la France à la dépendance à des prix de l'électricité beaucoup plus haut et à subir les crises sans pouvoir y répondre. L'Allemagne, juste à côté de nous, a reconnu elle-même l'erreur colossale qu'a constitué l'abandon du nucléaire, une faute écologique et économique. Quant à la droite et à l'extrême droite, leur obsession anti-renouvelable met également en danger notre souveraineté. Supprimer le soutien aux renouvelables, c'est augmenter notre dépendance. Ma position, elle est simple, pas de dépendance. Un mix qui marche sur deux piliers, le nucléaire et les renouvelables. J'ajoute que la crise que nous vivons est une préfiguration du monde qui vient. Les spécialistes de l'énergie nous disent que la production des 16 pays qui fournissent 95% du pétrole de l'Union européenne sera divisée par 2 d'ici 2050, avec un premier recul de 12% dès 2030. Donc ce qu'on vit aujourd'hui dans cette crise, ça n'est malheureusement qu'un avant-goût. Alors, s'opposer, comme le fait Marine Le Pen, à l'électrification de nos usages, vouloir prolonger coûte que coûte les hydrocarbures, c'est nous maintenir en laisse, à la laisse des États producteurs d'hydrocarbures, à la laisse de Donald Trump, de Vladimir Poutine et des pays du Golfe. On ne peut pas se dire souverainiste et laisser l'avenir de la France entre les mains des pays producteurs de pétrole et de gaz. Quant à nos finances publiques, dont la maîtrise est indissociable de notre capacité à absorber les crises, là encore les extrêmes veulent nous conduire à la dépendance et à la chute. L'extrême droite en promettant une soi-disant maîtrise des finances publiques avec des économies imaginaires dont on n'a pas une idée précise, tout en refusant toute réforme de notre modèle social et en voulant remettre la retraite à 62 ans. L'extrême gauche en choisissant la politique du pire, en prétendant qu'on pourrait faire l'ardoise magique avec notre dette publique, la réalité c'est que ça nous conduirait à la faillite en quelques mois. Voter pour Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, c'est voter pour la tutelle du FMI. Vous le voyez, notre vulnérabilité a deux causes majeures, l'état de nos finances publiques et notre dépendance énergétique. Il faut donc agir sur ces deux fronts à la fois. Il faut renouer avec la planification, surtout en temps de crise, être capable de piloter notre action, d'absorber les secousses et de nous adapter rapidement. C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui... deux plans, deux stratégies, un plan de désendettement et un plan pour sortir des énergies fossiles. D'abord, un plan de désendettement, probablement le plus ambitieux et le plus difficile depuis des décennies. Oui, ce sera difficile. Je rappelais tout à l'heure l'état de nos finances publiques. C'est tout notre avenir, toute notre indépendance qui est en jeu. notre priorité aujourd'hui, ça doit être de restaurer la confiance dans la signature de la France. Une partie de la prime de risque que nous payons aujourd'hui s'explique évidemment par le niveau de notre déficit et de notre dette. Mais elle a aussi, cette prime de risque, une dimension politique. Les investisseurs, ceux qui nous prêtent, regardent la situation présente de la France. Ils regardent également ce qu'elle pourrait devenir demain et s'interrogent sur la capacité du pays à avoir une trajectoire budgétaire crédible. Cette incertitude, elle a un prix et ce prix, au bout du compte, ce sont les Français qui le payent. C'est pourquoi la planification compte autant et c'est pour ça que j'ai présenté en début d'été une trajectoire particulièrement ambitieuse de 150 milliards d'économies, dont les deux tiers sur les dépenses sociales. J'ai donné des jalons précis. repasser tous les 3% de déficit avant la fin du prochain quinquennat, remettre les comptes sociaux à l'équilibre en 2032 et fixer un objectif de retour à l'équilibre de l'ensemble de nos finances publiques en 2037. Je crois que je suis le seul candidat à avoir été aussi clair. à avoir fait des propositions aussi précises quand beaucoup d'autres, malgré l'ampleur de cette crise, parlent de grande masse ou restent dans le flou artistique. Les objectifs que je fixe sont très exigeants, mais je crois que nous n'avons pas d'autre choix, nous ne pouvons pas nous payer le luxe de la demi-mesure. De mon côté, c'est clair, j'ai dit ce que je ferais, la réforme de l'assurance chômage. la réforme des retraites, un plan de départ volontaire dans nos administrations, la simplification de notre organisation administrative et territoriale. Ce sont des choix qui sont parfois difficiles et il faut de la volonté. Mais je rappelle qu'avec mon gouvernement, en 2024, nous sommes parvenus pour la première fois depuis 15 ans à baisser les dépenses de l'Etat par rapport à l'année précédente. En 2024, et c'est l'INSEE qui l'a dit l'année suivante, pour la première fois depuis 15 ans, les dépenses de l'État ont été inférieures à celles de l'année précédente, donc 2023. J'avais pris à l'époque des décisions parfois impopulaires. Je les ai assumées et je n'ai jamais eu peur d'agir. Pour réussir, il nous faut aussi changer de méthode. C'est le sens de la grande loi de programmation économique, fiscale et énergétique sur 10 ans que j'ai proposée, loi de stabilité qui donnera de la visibilité à nos entreprises, une loi qui s'engagera sur les prix de l'énergie et qui évitera les mauvaises surprises sur les factures. car chacun saura désormais à quoi s'attendre. C'est aussi le sens de la règle d'or que je veux inscrire dans la Constitution et qui permettra d'éviter de nouveaux dérapages de nos finances publiques. Pour réussir, il faut de la justice, j'y tiens. Et j'assume, en tout cas je reconnais, que ce mot est peut-être resté trop à l'écart du lexique politique, y compris celui des majorités qui se sont succédées ces dernières années. Et je veux le remettre au centre du débat. L'effort, il doit être juste. parce que c'est ma vision de la société, parce que chacun doit contribuer à la hauteur de ce qu'il peut et que ce n'est pas une situation de crise qu'il faut mettre à terre, dans une situation de crise qu'il faut mettre à terre ceux qui ont déjà un genou au sol. Je veux un effort juste aussi parce que c'est notre cohésion nationale. Et donc je fixe trois principes pour les économies et le plan d'économie que je présente. D'abord, la solidarité intergénérationnelle, la solidarité sociale. et le maintien de nos dépenses d'investissement pour l'avenir qui nous permettront de générer la croissance et l'économie de demain. Ce plan que j'ai présenté cet été, que je vous présente aujourd'hui, c'est évidemment un scénario de base. Comme je vous le disais en introduction, je me suis entretenu tout à l'heure avec des économistes et je suis aussi en train de travailler, de préparer ce que j'appellerais un plan de secours. Un plan de secours complet qui serait prêt à être mis en oeuvre immédiatement en cas de grave crise de défiance des marchés financiers. Mesdames et messieurs, le deuxième plan à mettre en oeuvre pour sortir des dépendances, c'est celui de la sortie du fossile. Mon objectif est simple. Demain, la fermeture d'un détroit décidé par une autre puissance ne doit plus produire les mêmes conséquences sur le portefeuille des Français. Avec le plan Mesmer pour le nucléaire, nous avons réussi, il y a 50 ans, à transformer en profondeur notre production d'électricité. Maintenant, il est temps de planifier la révolution de nos usages. Mesmer 1 a permis un boom de la production grâce à la sortie de terre de dizaines de réacteurs nucléaires en un temps record. Mesmer 2... que je propose, devra donc permettre un deuxième boom de la production, un boom des usages et l'innovation sur les renouvelables. Ce plan Mesmer II, c'est un plan de sortie du fossile, car le prix du fossile, nous le subissons, et l'électrique, nous le produisons. Concernant les objectifs de sortie du fossile, je m'inscris volontairement dans la trajectoire de la programmation pluriannuelle de l'énergie, parce que la réalité, c'est que les ambitions de la PPE sont particulièrement fortes et que nous sommes aujourd'hui particulièrement en retard. En résumé, je partage l'objectif de la PPE, mais je suis inquiet sur les moyens d'y arriver. Il faut donc accélérer sur les délais, accélérer sur les moyens, accélérer sur le rythme. Cela suppose deux accélérations majeures. une électrification beaucoup plus rapide de notre économie et une véritable stratégie de sécurisation de nos approvisionnements en matière première. Ce plan Mesmer 2 que je propose s'articulera autour de trois temporalités. A court terme, diminuer notre part d'énergie fossile de 60% à 40%. A moyen terme, la faire passer à moins de 30%. Et à plus long terme, c'est la neutralité carbone totale. La première étape doit intervenir très vite. D'ici 2028, je veux que notre consommation électrique augmente de 10 %, non pas parce que nous consommerions davantage d'électricité et d'énergie au total, mais parce que nous aurions remplacé une partie de notre consommation de pétrole et de gaz par de l'électricité. C'est toute la logique de ce plan, remplacer progressivement une énergie fossile que nous importons par une énergie décarbonée que nous produisons très largement nous-mêmes. Pour les Français, cela suppose d'abord de rendre cette transition accessible. Je veux poursuivre et amplifier le leasing social et l'ouvrir davantage aux véhicules électriques d'occasion. Je propose également de mettre en place un bonus pour l'achat d'un véhicule électrique d'occasion. C'est l'extension du bonus qui existe aujourd'hui pour l'achat d'un véhicule électrique neuf. Je propose de l'étendre au véhicule d'occasion. C'est essentiel parce que le marché automobile français ne se résume plus au marché du neuf sur l'électrique. Si nous voulons que l'électrification touche réellement les Français qui travaillent, les classes moyennes, les classes populaires, elle doit rapidement devenir une réalité sur le marché de l'occasion. La même logique vaut également pour le logement ou le chauffage, la climatisation des entreprises. Quand cet été, beaucoup criaient climatisation, sans jamais dire comment la mettre en œuvre, je rappelle que j'ai proposé un plan massif pour déployer la géoénergie sur le territoire. Un plan financé à crédit constant, un plan qui permet de chauffer efficacement l'hiver et climatiser l'été à un bien moindre coût. C'est une énergie propre, la géoénergie. c'est du pouvoir d'achat et c'est de l'indépendance. Et si beaucoup en parlent depuis longtemps sans réellement chercher à l'installer, moi, je veux être le président de la géothermie, le président de la géo-énergie. Pour agir, il faudra des mesures concrètes. Je propose un leasing pour les pompes à chaleur élargies à la géothermie. On sait que l'investissement initial est aujourd'hui un obstacle pour beaucoup de ménages. On doit être capable de l'étaler dans le temps afin que le remplacement d'une chaudière au gaz ou au fioul devienne économiquement soutenable. J'ajoute que nous devons accélérer sur les réseaux de chaleur, sur la récupération de ce qu'on appelle la chaleur fatale, la biomasse, le biogaz et les renouvelables thermiques. Sortir des fossiles ne se résume pas à électrifier. Nous devons accompagner l'électrification de la flotte de poids lourd et investir massivement dans les bornes de recharge. Ça ne sert à rien d'encourager à l'achat d'un véhicule électrique si les Français doutent encore de leur capacité à pouvoir recharger facilement sur le trajet ou à proximité de leur domicile. L'Etat doit aussi commencer par montrer l'exemple. Ensuite, deuxième étape de notre plan Mesmer 2, le moyen terme, avec des jalons précis. Notre objectif doit être de ramener les énergies fossiles d'environ 60% aujourd'hui à 40% en 2030, puis à 30% en 2035. Pour y parvenir, nous devons évidemment produire davantage d'électricité décarbonée. Ça signifie d'abord accélérer sur le nucléaire. Je veux sécuriser les 14 EPR et retrouver une véritable capacité industrielle de construction en série. Il faut regarder ce que font les autres. La Chine... compte aujourd'hui 64 réacteurs en service et 37 en construction. Elle approuve chaque année de nouveaux projets et certains de ses chantiers sont réalisés en 5 ans, quand Flamambile, je le rappelle, en a demandé 17. Lors du plan Mesmer, il s'était écoulé à peine 8 mois entre l'annonce et le début des premiers travaux. Ça ne signifie évidemment pas qu'on devrait renoncer à nos règles de sûreté, à nos exigences environnementales ou à notre droit du travail. Mais ça doit nous conduire à nous interroger très concrètement pourquoi faut-il souvent deux ou trois fois plus de temps en France pour mener un même projet industriel qu'ailleurs en Europe. J'en rencontrerai prochainement les dirigeants d'EDF pour qu'ils me présentent très précisément toutes les barrières qui empêchent aujourd'hui d'aller plus vite, les obstacles réglementaires, les difficultés de recrutement, les problèmes de compétences, les contraintes d'organisation industrielle. Et chaque fois qu'un obstacle pourra être levé sans affaiblir nos exigences de sûreté, il sera levé. À terme, l'objectif est clair. EDF devra être capable d'accélérer la cadence avec un plan d'action pour passer de deux réacteurs tous les 18 mois à quatre réacteurs par an. Mais cette accélération doit également concerner les renouvelables. Je ne veux pas opposer les différentes sources d'électricité décarbonée. On a besoin du nucléaire, mais aussi de l'hydraulique, du photovoltaïque, de l'éolien, des gaz renouvelables et de la géothermie. On doit accélérer les délais sur tous ces projets et assumer une véritable neutralité technologique. Quand plusieurs solutions permettent d'obtenir le même résultat, on doit regarder le coût de sortie. la sécurité d'approvisionnement, la rapidité de réalisation et l'impact environnemental. Il n'y a aucune raison, par exemple, pour que certains projets éoliens coûtent moitié plus cher en France qu'en Allemagne, alors qu'on a un cadre économique et juridique qui est comparable. Il n'y a aucune raison non plus pour que l'Allemagne soit capable de déployer trois fois plus de renouvelables que nous par an, comme cela a été le cas encore l'année dernière. Je le dis d'autant plus que développer le renouvelable... c'est créer des emplois dans les territoires, des emplois non délocalisables et permettre des investissements dans nos territoires. C'est évidemment un sujet sur lequel je suis particulièrement engagé. Je salue Jean-Luc Fugitte qui est ici et qui est en charge auprès de nous de ces questions. L'objectif, ça doit être très concret, produire davantage, plus vite et moins cher. Et ce dernier point est particulièrement décisif. Si on veut électrifier massivement notre économie, il faut évidemment que l'électricité soit compétitive. Un prix autour de 100 euros le mégawatt-heure, c'est trop élevé pour un pays dont l'électricité est produite à 95 % sans énergie fossile. Pour le nouveau nucléaire, je veux viser un coût autour de 75 euros le mégawatt-heure. Et à court terme, pour les industriels exposés à la concurrence internationale, mon objectif, c'est de pouvoir leur sécuriser des contrats d'approvisionnement sous les 50 euros le mégawatt-heure. Garantir structurellement des prix bas pour l'électricité, c'est la condition du succès de la stratégie qu'on vous présente aujourd'hui. Parce qu'on ne convaincra pas les Français de passer à une voiture électrique si son coût d'usage ne devient pas clairement plus avantageux. On ne convaincra pas une famille de remplacer son chauffage au gaz ou au fioul si elle n'y gagne pas sur sa facture. On ne convaincra pas un industriel d'électrifier une chaîne de production s'il y perd en compétitivité. Notre objectif, ça doit donc être que l'électricité, toute taxe comprise, restent durablement plus avantageuses que l'énergie fossile qu'elle remplace ? Je le dis ici parce que c'est des questions qui reviennent beaucoup chez nos concitoyens, encore dans des récents déplacements, beaucoup me l'ont posé en me disant, finalement, comme vous voulez que la consommation d'essence, la consommation de pétrole diminue, ça fera moins de taxes et de recettes pour l'Etat, on va passer à l'électrique, mais est-ce que, donc, l'Etat ne va pas nous taxer sur l'électrique et augmenter les taxes sur l'électrique ? Je le redis ici de manière très claire. Mon projet permettra que l'électricité, toutes taxes comprises, reste durablement plus avantageuse que l'énergie fossile qu'elle remplace. Mais je veux le dire aussi, produire davantage d'électricité ne suffira pas. On doit en même temps sécuriser les matières premières dont dépend cette électrification. Ça signifie d'abord rouvrir le sujet minier en France et en Europe. Il y a parfois une forme d'hypocrisie à considérer que toute extraction minière serait par principe impossible chez nous, tout en important nous-mêmes les mêmes matières depuis des pays dans lesquels nous maîtrisons beaucoup moins les conditions sociales et environnementales de leur production. On doit également utiliser davantage l'outil diplomatique. L'accès aux matières premières stratégiques doit désormais faire partie intégrante de notre politique extérieure, de nos partenariats économiques et de notre politique de développement. Mais on doit surtout construire une autre réponse au manque de ressources naturelles, c'est l'économie circulaire. L'Europe n'a pas dans son sous-sol toutes les ressources dont elle aura besoin demain. En revanche... Ces matières, elles existent déjà en quantité considérable dans tous les produits que nous utilisons. Elles sont dans nos téléphones, dans nos voitures, dans nos batteries, dans nos câbles, dans nos bâtiments, dans nos équipements industriels. Nos déchets doivent devenir notre première matière première. Je veux donc que nous devenions la première économie circulaire au monde avec un objectif, couvrir à terme 30% de nos besoins grâce à la réutilisation et au recyclage. Toute matière critique qui entre sur le territoire européen doit pouvoir être récupérée, transformée et réutilisée pour l'Europe. Cela suppose de créer une véritable filière européenne de recyclage des métaux critiques, mais également de raffinage des terres rares. Car notre dépendance ne vient pas seulement de l'endroit où la matière est extraite, elle vient souvent du lieu où elle est transformée. Cette logique doit aussi nous conduire à innover pour substituer. Si nous pouvons utiliser de l'aluminium à la place du cuivre dans certains réseaux, faisons-le. Si nous pouvons allonger la durée de vie de nos équipements, faisons-le. Si nous pouvons développer un ciment plus vert, un acier plus vert ou des matériaux alternatifs au plastique, investissons dans ces technologies. La meilleure matière première stratégique est parfois celle dont nous parvenons à nous passer. Nous devons enfin continuer à faire la chasse au gaspillage partout où c'est possible. Nous devons entrer véritablement dans cette logique de sobriété qui n'est pas une politique de décroissance, c'est une politique d'efficacité. Chaque économie d'énergie nous permet de réduire nos importations, de diminuer nos besoins, nos besoins de production supplémentaires ou d'utiliser cette énergie pour des activités plus stratégiques. Et je souhaite que les économies réalisées par l'État grâce à cette politique de sobriété puissent notamment contribuer à financer l'émergence d'une intelligence artificielle souveraine. Parce que l'énergie et l'IA sont désormais totalement liés. La capacité à produire une électricité abondante et compétitive sera demain un élément essentiel de notre capacité à entraîner nos propres modèles et à rester dans la course technologique mondiale. Enfin, mesdames et messieurs, nous devons regarder au-delà de 2030 ou de 2035. Mon objectif, c'est la neutralité carbone en 2050. Mais pour l'atteindre, nous devons préparer dès aujourd'hui les ruptures technologiques qui pourraient transformer notre système énergétique dans 20 ou 30 ans. Je veux que nous réunissions en France les meilleurs ingénieurs européens pour travailler sur la fusion nucléaire. Je veux que nous lancions en France un grand programme de recherche pour fermer le cycle nucléaire et améliorer encore le recyclage de nos combustibles et de nos déchets. Nous devons retrouver ce goût des grands programmes, des grands projets scientifiques et industriels. Ce sont des projets dont le résultat ne sera probablement pas visible dans un an ou dans deux ans. Certains ne le seront peut-être même pas visibles au cours du prochain quinquennat. Mais c'est précisément le rôle de la politique que de préparer aussi ce qui vient après nous. Mesdames et messieurs, face aux crises et aux changements majeurs à venir, il n'y a qu'une seule solution, la planification. C'est ce que je propose à travers ces deux plans, un plan de désendettement, et un plan de sortie du fossile. C'est grâce à eux que nous aurons l'assurance d'agir et que nous pourrons piloter vraiment nos politiques publiques, que nous pourrons atteindre vraiment notre indépendance. Au fond, ce que je propose est assez simple. Je veux que la France retrouve la force d'agir. Et ce projet d'indépendance et de puissance, passe, j'en suis convaincu, par la construction de quelque chose de plus grand que nous, les Etats-Unis d'Europe. Aucun pays européen, même la France, ne disposera seul de toutes les ressources, de tous les investissements et de toute la puissance nécessaire pour peser face au grand continent puissance. Alors on a besoin des Etats-Unis d'Europe. Avec les pays qui souhaitent avancer, nous devons bâtir un fédéralisme économique, technologique et écologique qui nous permettra d'investir ensemble, de sécuriser ensemble nos approvisionnements et de développer ensemble les technologies dont nous dépendrons demain. Notre puissance, j'en suis totalement convaincu, sera démultipliée si nous savons mettre en commun nos moyens. Je suis convaincu de tout cela et je suis convaincu, en réalité, que les crises peuvent appartenir au passé, à condition de nous en donner les moyens parce que nous avons toutes les cartes en main. Je vous remercie et je suis prêt, avec Agnès et Paul, à répondre à vos questions.
Bonjour, Gabriel Attal, Milan Argelas pour BFM TV. Vous avez évoqué les aides qu'a annoncées le gouvernement hier pour le carburant, mais vous évoquez aussi la dette. Ma question, c'est de savoir si on peut se permettre de donner toujours encore plus d'aide, sachant que les finances publiques se dégradent. Comment vous conciliez ces deux contraintes ? Je
crois que cette contrainte qui est réelle, et je déplore que beaucoup de candidats à l'élection présidentielle ou aux responsables politiques fassent mine de l'ignorer. Cette contrainte qui est réelle, on y répond par un soutien ciblé, un soutien ciblé et temporaire. La logique, c'est de cibler un soutien vers ceux qui en ont le plus besoin et le faire de façon temporaire. C'est la ligne qui a été décidée par le gouvernement et je la soutiens. Je la soutiens encore une fois parce que ce qui explique aux Français qu'on aurait la possibilité de prendre des mesures générales qui concernent tout le monde de baisse massive des taxes, ils mentent aux Français. Et s'ils étaient au gouvernement, s'ils étaient au pouvoir, ils ne le feraient pas. La réalité, c'est qu'on a une situation financière qui est très différente de celle de nos voisins, une situation financière qui s'est beaucoup dégradée depuis la dissolution. Quand vous regardez les pays autour de nous qui ont baissé massivement leurs taxes, ils ont tous un point commun. Ils n'ont pas notre déficit, ils n'ont pas notre dette et ils ont fait par ailleurs ces dernières années des réformes sociales très profondes, notamment sur les retraites. En France, on a un déficit plus élevé, on a une dette plus élevée et on a suspendu la réforme des retraites, tout ça depuis la dissolution. Donc c'est une réalité. Et donc je crois profondément que le soutien ciblé vers les Français qui travaillent, qui doivent utiliser leur voiture pour travailler... n'ont pas des revenus suffisants pour pouvoir encaisser cette hausse des prix est la bonne solution et c'est la bonne voie qui a été engagée par le gouvernement. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas s'adapter. D'ailleurs, ils ont annoncé une prolongation, un élargissement des seuils. Ce qui ne veut pas dire par ailleurs, et c'est là où je pense que j'ai une responsabilité par rapport au gouvernement qui gère l'urgence et qui gère le présent, de nous projeter vers l'avenir et de préparer l'avenir. Moi, ce que je ne veux pas... c'est que dans un an, dans deux ans, dans trois ans, dans quatre ans, parce qu'il y aura une nouvelle crise internationale, on se retrouve dans les mêmes difficultés, avec les mêmes problèmes et la même absence de solutions pour accompagner les Français. Je crois que notre responsabilité dans cette campagne présidentielle, pour nous qui sommes candidats, c'est de proposer un plan structurant, un plan pour l'avenir, qui nous permette de mieux armer la France pour qu'elle puisse résister face à des crises telles que celles qu'on vit aujourd'hui à l'avenir.
Mathieu Ciaramino pour TF1-LCI. Vous parlez de 150 milliards d'euros d'économies. Quand on voit la difficulté aujourd'hui annoncée de faire passer un budget de 54 milliards d'euros d'économies, comment vous, président, vous pourriez faire passer des budgets d'austérité
d'abord, c'est 150 milliards d'économies sur plusieurs années, puisque c'est à l'horizon 2032 que je veux qu'on puisse revenir sous les 3 % de déficit. La deuxième chose, aujourd'hui, vous avez une situation politique et parlementaire. du fait de la dissolution, qui rend impossible l'adoption de vraies réformes et de vraies mesures d'économie. On l'a encore vu ces dernières années. Donc évidemment que c'est très difficile aujourd'hui. Je pense qu'en étant très clair sur ce sujet pendant sa campagne, et vous aurez noté que moi j'ai démarré ma campagne en présentant le cadrage budgétaire de mon projet. et du quinquennat, et en présentant des mesures concrètes pour atteindre ce montant d'économie, ce qui ne semble pas être le cas de beaucoup des autres candidats, en étant clair dans la campagne, en recevant un mandat des Français. Et je pense aussi, en assumant une forme de changement de méthode, en travaillant davantage en coalition avec d'autres, je pense qu'on peut arriver à atteindre ces économies. Je pense qu'elles sont nécessaires. Et je pense que les Français sont, pour beaucoup, en train de mesurer aussi un impact très concret. aujourd'hui de ces difficultés budgétaires. Je pense à ces millions de Français qui ont entre 25 ou 30 ans et 45 ou 50 ans, qui veulent devenir propriétaires, qui ont envie d'acheter leur logement et qui se rendent compte que c'est devenu très difficile de pouvoir obtenir un prêt parce que les taux sont élevés. Et si les taux sont élevés, c'est du fait de notre situation budgétaire. De manière très concrète, je peux vous dire, moi je suis toujours sur le terrain, j'ai beaucoup de Français, notamment de jeunes couples, qui m'interpellent sur ce sujet-là. qui voit bien que dans les générations précédentes, un jeune couple en CDI, un jeune couple de profs, en fait, ils pouvaient accéder à l'emprunt et au crédit et ils pouvaient devenir propriétaires. Aujourd'hui, c'est devenu très difficile, notamment du fait de l'augmentation des taux d'intérêt, pas seulement, mais notamment du fait de l'augmentation des taux d'intérêt qui a pour origine la situation budgétaire dans laquelle on est aujourd'hui. Donc faire des économies, rétablir nos comptes, c'est aussi donner plus de liberté aux Français pour qu'ils puissent investir et construire leur vie.
Bonjour, c'est rarement la tribune. Vous avez dit tout à l'heure qu'il fallait sécuriser les 14 EPR2. Il y en a 6 qui ont déjà été lancés et 8 qui devraient l'être d'ici à la fin de l'année. Peut-être pour vous, même pas de nier rien nâcher. Est-ce que vous voulez construire davantage de réacteurs puisque vous avez donné l'exemple de la Chine et sa quantité astronomique ? Merci.
Agnès, je te laisse.
L'idée de sécuriser les 14 réacteurs, c'est de donner un message à la filière industrielle pour permettre de travailler sur la baisse des coûts. Et l'enjeu, vous le savez, c'est d'avancer un plan de route où on fait et du renouvelable et du nucléaire pour pouvoir remplacer des réacteurs qui vont arriver un jour en fin de vie. mais dont nous ne savons pas aujourd'hui quand ils vont arriver en fin de vie. Et donc en fonction de la situation où on sera en 2030 et en 2035, on pourra tirer le trait effectivement au fur et à mesure pour dire on est capable d'en remettre quatre, a fortiori parce qu'on aura mis sous contrôle les coûts, standardiser ces coûts et baisser ces coûts dans une dynamique qui permette de rester contenu. par rapport à l'international. C'est ça l'objectif. Ce qu'on renverse finalement dans ce plan Mesmer, c'est plutôt que de dire combien on met de nucléaire, combien on met de renouvelable, de dire ce que nous voulons faire en défossilisation et à quel prix. Et ensuite, de travailler main dans la main avec les industriels. en soutenant l'innovation pour trouver les meilleures solutions et c'est le principe de neutralité technologique que nous portons. Nous sortons de cette polarisation idiote et d'ailleurs souvent inspirée par les intérêts fossiles entre le renouvelable et le nucléaire. Ce que veulent les Français, c'est une facture qui est maîtrisée. Ce que veulent les entreprises, c'est une électricité plus compétitive que leurs voisins.
Bonjour Jean-Baptiste Aulas pour Libération. Votre concurrent Bruno Rotaillot prétend lui aussi rétablir les comptes publics avec sa réforme des retraites. Il escompte 40 milliards d'euros d'économies avec un âge d'égal à 63 ans, un système de décoche jusqu'à 65 qui serait l'âge du taux plein et un taux plein qui évoluerait avec l'espérance de vie. Quel regard vous posez là-dessus ? Est-ce que ça vous paraît crédible ? Est-ce que vous voyez des convergences entre votre projet de réforme à vous et le sien
vais laisser Paul démarrer et puis je te dirai un mot. Merci
beaucoup. Soyons très clairs. Dans la loi, aujourd'hui, l'âge de départ à la retraite, il reste de 64 ans. D'accord ? La réforme a été gelée, mais il reste de 64 ans. Donc quand on dit qu'on veut passer à 63 ans, ça veut dire qu'on abaisse l'âge de départ à la retraite. Aujourd'hui, l'âge de départ à retraite à taux plein, c'est de 67 ans. Donc quand on dit qu'on veut faire 65, on l'abaisse. Tout ça, ce sont des dépenses supplémentaires énormes. Donc dans ce qui a été annoncé par Bruno de Rataillot, il n'y a pas 40 milliards d'euros d'économie. Il y a plutôt 20 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Donc soyons clairs, ce que vient de présenter Gabriel Attal, c'est le seul candidat qui propose un vrai plan de désendettement à la hauteur de l'enjeu, avec des chiffres complets et crédibles, et les mesures qui doivent permettre, avec ces 150 milliards d'euros, de retrouver une maîtrise de nos finances publiques en dessous des 3% avant 2032 et sur un deuxième quinquennat avant 2037. une suppression du déficit. Donc attention, mais je vous engage, vous, à aller creuser les éléments. Si on baisse la retraite à 63 ans et l'âge de départ sans décote à 65 ans, ça coûte beaucoup d'argent. Ça n'en rapporte pas.
Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas une réforme d'économie, c'est une réforme qui coûte de l'argent.
Bonjour, Elsa Mondingava pour la chaîne parlementaire. Vous parliez des Français que vous rencontrez et qui vous parlent de la situation des finances publiques. Est-ce que ça joue dans leur quotidien ? Est-ce que vous pensez qu'ils ont pris conscience du problème véritable de la dette ? Est-ce qu'ils sont prêts, à votre avis, à serrer la ceinture ou est-ce qu'ils ont plutôt le sentiment que les efforts qu'on demande ne sont pas tout à fait justes ou équitablement répartis
je pense que les Français sont très conscients de la situation dans laquelle on est. Ce qui est vrai aussi, c'est que par rapport à d'autres pays, y compris d'autres pays dans le monde, je pense qu'on a deux particularités en France et en Europe, pour une grande partie des pays européens, qui font que l'impact des déficits et de la dette sont moins perceptibles dans le quotidien des Français. D'abord, c'est l'euro. qui évidemment nous protège, y compris dans une situation avec des déficits très importants et une dette très importante. Et ensuite, c'est le fait que nos crédits immobiliers soient à taux fixes et non pas à taux variable en fonction de l'évolution des taux. Quand vous avez des pays, j'en ai visité certains, où vous avez des taux variables pour les crédits immobiliers, quand vous avez une situation budgétaire ou financière qui se tend et des taux qui explosent, les ménages et les citoyens le voient très concrètement sur le crédit qu'ils ont à rembourser. En France, on n'a pas ça, et d'ailleurs, tant mieux, c'est une protection pour les Français et on est content de l'avoir. Mais c'est vrai que ça rend moins perceptible dans la vie quotidienne cette situation budgétaire et cette situation financière. Pour autant, je vous le disais tout à l'heure... des Français qui veulent aujourd'hui devenir propriétaires, qui voient l'explosion des taux, ils voient une des conséquences très directes et très concrètes de notre situation budgétaire et de notre situation financière. Par ailleurs, ils voient bien aujourd'hui que d'autres pays sont capables de prendre un certain nombre de décisions et de les financer quand nous ne sommes pas en situation de le faire. Je vais donner l'exemple il y a un instant de la baisse des taxes sur le carburant, mais on pourrait donner d'autres exemples choix qui ont été faits d'investissements massifs pour l'économie, je pense notamment à l'Allemagne ou à d'autres pays en Europe ou dans le monde, qui, au moment où le monde traverse de très grandes turbulences, géopolitiques de très grande turbulence économique se saisissent de ce moment pour investir à fond dans un certain nombre de secteurs d'avenir. Et en France aujourd'hui, malheureusement, du fait de la situation budgétaire qui s'est très largement dégradée depuis la dissolution et du fait de la situation politique, on n'est pas en situation de le faire. Je pense que les Français le voient et le ressentent. Et moi, mon objectif, et je le dis, c'est aussi l'enjeu de ma génération. c'est qu'on ne perde pas la bataille technologique qui se joue aujourd'hui, notamment sur l'intelligence artificielle, la robotique et le quantique, parce qu'on n'aura pas été capable de réformer suffisamment la France pour lui permettre d'investir et d'être à la pointe. C'est quand même ça qui est en train de se jouer aujourd'hui. On a perdu au début des années 2000 la bataille du numérique. On en paye aujourd'hui le coût. Les salaires des Français sont bien moins élevés que les salaires des Américains à cause de ça. On a moins de ressources aujourd'hui pour investir à cause de ça. Une grosse partie de l'investissement dans l'IA aux États-Unis se fait notamment grâce aux géants du numérique qui ont des dividendes qui leur permettent d'investir. On n'a pas de géants en Europe parce qu'on a perdu cette bataille. Je n'ai pas envie qu'on perde la bataille de l'IA et que les prochaines générations qui nous suivront ou notre génération plus tard se rendent compte qu'on a encore raté une révolution majeure et qu'on en paye encore plus le prix. Et donc, ça passe aussi par un rétablissement de nos comptes. Et la campagne présidentielle, c'est aussi un moment où on doit expliquer ça et le dire très directement et très concrètement aux Français. Et je souhaite que ça puisse faire partie, d'ailleurs, du cœur des débats que nous aurons entre candidats, si tant est que nous ayons des débats, c'est-à-dire si tant est que les autres candidats acceptent de débattre, bien sûr.
Bonjour, M. Attal. Thomas Becker pour RMC. Ce matin, le Premier ministre a écrit aux socialistes première tentative de dialogue pour le budget. Vous avez rappelé dans votre intervention l'importance d'avoir un budget l'année prochaine. Est-ce que, selon vous, les socialistes sont le bon interlocuteur ? Puisque vous avez aussi regretté dans une de vos réponses le gel de la réforme des retraites, qui était le fruit de l'accord avec les socialistes. Je vous pose la question. Est-ce que c'est le bon interlocuteur pour négocier le budget pour l'année prochaine
'ai eu l'occasion de le dire récemment. je crois qu'on ne peut avoir aucune confiance ni dans la parole de Marine Le Pen, ni dans la parole de Jean-Luc Mélenchon, ni dans la parole du Rassemblement national, ni dans la parole de la France insoumise pour faire adopter un budget. Leur intérêt, c'est que la situation d'instabilité que nous connaissons aujourd'hui se poursuive parce qu'évidemment qu'elle entraîne des difficultés pour le pays, des difficultés pour les Français et qu'ils prospèrent sur ces difficultés puisqu'elles sont leur moteur et leur carburant. On ne peut avoir aucune confiance en eux. Et donc, pour moi, le budget doit se construire avec les formations politiques représentées au Parlement qui sont entre la France insoumise et le Rassemblement national, à l'exclusion de ces formations politiques. Et donc, je trouve ça évidemment très bien que le gouvernement prenne contact et commence le travail avec ces formations politiques pour faire adopter un budget. Évidemment que le budget qui sera adopté comprendra des mesures avec lesquelles je suis en désaccord, avec lesquelles je serai en désaccord. C'est une évidence. mais je suis très clair avec les Français. Je serai en désaccord avec des mesures qui figurent dans le budget. Ce n'est pas pour ça que j'empêcherai la France d'avoir un budget, mais par contre, si les Français me font confiance et que je deviens président de la République, je reviendrai sur les mesures avec lesquelles j'étais en désaccord dans ce budget qui aura été adopté et qui aura été, au fond, un budget pour six mois, parce qu'après l'élection présidentielle, évidemment que si les Français me font confiance, je présenterai un budget rectificatif.
Bonjour, Julien Nenni pour France Inter. Alors un peu en dehors de l'actualité de cet après-midi, mais quand même l'actualité du jour, vous avez peut-être vu ce matin cette étude de la Fondation Jean Jaurès qui s'est intéressée à votre électorat et celui d'Edouard Philippe. Et elle est intéressante cette étude parce qu'elle montre qu'en cas de candidature unique entre vous deux, par exemple en début d'année prochaine, à peine deux tiers, les chiffres changent un peu, mais en gros à peine deux tiers de vos électorats respectifs suivraient le mouvement et voteraient l'un pour l'autre. Ce qui veut dire qu'un gros paquet, entre guillemets, un bon tiers, irait soit vers l'abstention, soit vers Raphaël Glucksmann pour les uns, vers Bruno Retailleau pour les autres. Donc la question est la suivante. En fait, à quoi bon se rassembler si à la fin les électeurs ne suivent pas
mais d'abord, ce n'est pas surprenant. Je le redis ici. Si j'avais le même projet qu'un autre candidat, si j'avais la même candidature qu'un autre candidat, le même espace politique qu'un autre candidat, je soutiendrais cet autre candidat. Moi, j'ai toute la vie, je veux dire, je pourrais me présenter à des élections présidentielles qui viennent ensuite me dire il faut se protéger, celle-là est particulièrement difficile, je reste de côté. Si j'y vais et si je suis candidat, c'est parce que je considère que c'est probablement la plus importante des élections depuis le début de la Ve République au regard de tous les enjeux que je viens d'évoquer et que si la France prend un mauvais virage dans cette élection, ça sera terrible pour elle, terrible pour l'Europe. Et j'y vais parce que le projet que je porte, l'espace politique sur lequel je suis candidat, n'est pas et ne sont pas représentés par d'autres candidats. Et on a des différences avec Edouard Philippe. On a une différence d'espace politique. Moi, je considère que le rassemblement de la seule droite ne permettra pas de gagner l'élection présidentielle et ne permettra pas de gouverner le pays. Or, c'est ce que propose Edouard Philippe. Moi, je souhaite... des coalitions qui vont au-delà de la seule droite et du seul centre, avec des personnes, des personnalités issues de la gauche. Première différence. Deuxième différence sur le fond. Je considère qu'on ne peut pas se contenter d'une forme d'ajustement sur les différents sujets, qu'il faut des décisions très radicales. Je donne quelques exemples. Les retraites. Mon projet, il est connu, il est radical. Je propose qu'on change notre système de retraite, qu'on ait un système désormais universel. On met fin aux 42 régimes, on a un régime fonctionnaire, un régime salarié, un régime indépendant. Je propose qu'il soit libre, sans âge légal de départ, mais avec une durée de cotisation et une vraie décote si vous partez tôt, une vraie surcote si vous partez tard. Et trois, un vrai pilier de capitalisation. Ce qui ne me semble pas être le projet, à priori dans ce qu'on en sait aujourd'hui, d'Edouard Philippe. Deuxième différence, l'Europe. Je considère que si la France veut pouvoir survivre... à la politique extraordinairement agressive en matière industrielle et commerciale de la Chine, ça passe par une Europe plus intégrée et ça passe par des États-Unis d'Europe. Et c'est un projet de refondation de l'Europe, en réalité, que je propose. Je ne l'entends pas apporter par d'autres candidats. Troisième exemple, l'intelligence artificielle. Ça fait partie des chantiers capitaux de ma campagne, parce que là aussi, je considère que si la France rate ce virage, elle perdra en prospérité, elle perdra en indépendance, elle perdra en puissance. Ça ne me semble pas être porté particulièrement par d'autres candidats. Donc on est différents, et donc c'est normal qu'on ait des électorats qui soient différents. Maintenant, la question que vous évoquez, c'est celle du risque que trop de candidatures, on va dire, de personnalités qui ont par le passé gouverné ensemble, ou en tout cas qui partagent un certain nombre de valeurs, risquent d'émietter les voix et donc d'entraîner un second tour entre la France insoumise et le Rassemblement national, et donc la nécessité d'avoir une responsabilité le moment venu pour éviter que ça ne survienne. Moi, j'ai été très clair depuis le début autour de ça. J'ai proposé une méthode avec un comité de liaison qui se réunit régulièrement. Je n'ai jamais rien exclu. J'ai dit que je n'excluais aucune proposition qui soit faite, y compris celle d'une primaire qui est revenue encore récemment. Donc voilà, je pense que dans l'ordre... que chacun continue à développer son projet, sa vision et son programme. C'est ce qui nous permettra de rassembler, j'en suis convaincu, les Français, en créant une espérance, en montrant que le barrage aux extrêmes n'est pas un projet politique, c'est une nécessité, mais ce n'est pas un projet politique, pour ensuite gagner cette élection présidentielle.
Kubri Lattal, je suis Denis Kataïef, journaliste russe en exil ici en France, la chaîne Doge TV. Les questions sur la Russie, bien sûr, c'est la dépendance de la France, de la Russie. Vendredi, vous étiez à l'Elysée, à la réunion des responsables politiques sur le sujet de la crise. Les conséquences premières sont celles de la guerre de la question russe en Ukraine aussi. Et ma question est là. Comment évaluez-vous le niveau de dépendance de la France vers la Russie aujourd'hui, notamment en matière du gaz ? Et que faire pour l'avenir avec ça ? Et certains estiment que la hausse des prix est une conséquence de la politique des sanctions, comme le disait M. Fabien Roussel, par exemple. L'ERN rappelle à fermer le robinet de l'Ukraine car le pouvoir d'achat des Français indépendants. Qu'est-ce que vous pensez sur ce sujet et qu'est-ce qu'on peut faire la France aujourd'hui
Sur le premier point, et Agnès pourra compléter, je crois qu'on est évidemment en France beaucoup moins exposés à cette dépendance que d'autres pays, ne serait-ce que parce qu'on a une consommation... en tout cas une production d'électricité par le gaz qui est beaucoup moins importante que d'autres pays, comme l'Allemagne par exemple. Je vois souvent des chiffres circuler sur le fait que la France serait un des premiers pays importateurs de gaz russe. En réalité, et Agnès me corrigera si je me trompe, c'est beaucoup du gaz qui transite par notre pays parce qu'on a des terminaux qui permettent le sortir, mais qui n'est pas destiné à la France, qui va dans d'autres pays européens. Il y a par ailleurs une politique menée au niveau européen. pour réduire la dépendance de l'Europe au gaz russe, bien sûr. Sur la deuxième question que vous avez évoquée, ce sont des discours qui sont une réponse immédiate au souhait de Vladimir Poutine. Vladimir Poutine, il veut imposer un narratif dans les opinions publiques européennes, c'est que l'Union européenne est faible, que le soutien à l'Ukraine, coûte trop cher aux Européens et que l'Ukraine va perdre. Et quand vous entendez un certain nombre de responsables politiques tenir ce discours, ils se font en réalité les porte-voix du régime du Kremlin en France. Alors que c'est tout l'inverse, la réalité. La réalité, c'est que l'Ukraine résiste et tient aujourd'hui, précisément parce que l'Union européenne et la France sont suffisamment forts pour lui permettre de résister. Et moi, je crois que la réponse aux agressions qui sont aujourd'hui commentées ou fomentées par la Russie, ça doit être de renforcer encore notre soutien à l'Ukraine. Et je le redis ici, soutenir l'Ukraine, ce n'est pas une opération humanitaire, c'est l'intérêt immédiat des Français. Si l'Ukraine tombe, il y a évidemment un enjeu sécuritaire pour l'Union européenne, puisqu'on sait que les pays de l'Union européenne viendront ensuite. La détestation de Vladimir Poutine, elle est pour l'Occident, pour ses valeurs de liberté, de démocratie. Et s'il veut écraser l'Ukraine, c'est parce qu'il ne veut pas que ses valeurs soient défendues et soient incarnées dans des pays proches de son pays, parce qu'il a peur qu'elles viennent contaminer sa population. Donc il continuera avec les Etats baltes, avec la Pologne, et on a un devoir d'assistance et de solidarité avec les autres pays de l'Union européenne, donc on serait dans un engrenage. La victoire de la Russie sur l'Ukraine, ça aurait aussi un impact concret dans la vie quotidienne des Français. L'Ukraine, c'est un des principaux greniers à céréales au monde. Si demain, ça devient la Russie et donc il y a des sanctions, ça veut dire une augmentation massive des prix des céréales et donc une inflation sur l'alimentation et dans le caddie des Français. Ça aurait un impact sur les prix de l'énergie aussi, évidemment, parce que les prix de l'énergie exploseraient encore plus. Ça aurait un impact parce que vous auriez probablement la plus grande vague migratoire du continent européen depuis très longtemps. parce que vous auriez des millions d'Ukrainiens qui fuiraient l'Ukraine. Et donc, pour nos systèmes sociaux, nos systèmes de services publics dans l'Union européenne, ça aurait évidemment un impact. Donc soutenir l'Ukraine, c'est défendre les intérêts quotidiens des Français. C'est important de le rappeler. C'est tout ce que le régime du Kremlin et certains de ses représentants en France ne veulent pas qu'on répète et qu'on dise. Et la deuxième chose que je veux dire, c'est que Vladimir Poutine, son objectif... c'est que dans la dizaine d'élections qui auront lieu en Europe l'année prochaine, dont l'élection présidentielle française, il y ait des responsables politiques qui veulent supprimer le soutien à l'Ukraine et qui en réalité défendent les intérêts de la Russie qui soit élue, et donc Mme Le Pen, par exemple, en France. Et donc cette élection présidentielle, elle revêt un enjeu particulier aussi pour l'Europe et pour l'Ukraine. Je voulais compléter sur le...
beaucoup. Merci.
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