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Je les entends, bien sûr. Permettez-moi d'abord en préambule de dire que personnellement, moi je me réjouis de la venue du Pape en France. Je me réjouis qu'il y ait des événements à Lourdes, à Paris, à Metz, que samedi, sur la place publique de la Concorde, il y ait une masse que le Pape vient célébrer en tant que chef de l'Église catholique, bien sûr, en tant que chef d'État aussi. Il est reçu en tant que chef d'État. Et c'est à ce titre-là que la France déploie des moyens, notamment des moyens financiers, effectivement, par parenthèse, chers collègues, je vous réponds sur l'Alsace-Moselle. En l'occurrence, effectivement, la loi de 1905 ne s'applique pas pour une raison simple. L'Alsace-Moselle était malheureusement allemande à l'époque. Et donc, elle n'est redevenue française qu'en 1919. Donc le droit ne s'applique pas. Et moi, je ne suis pas d'accord pour dire qu'on doit abroger. C'est l'histoire de France. C'est notre histoire. Ça fait 107 ans, juste au passage. Oui, bien sûr. C'est le concordat. Mais écoutez, cher collègue, l'Alsace-Moselle a été... Moi, je suis Lorrain d'origine. Ma famille est Lorraine. Moi aussi, d'ailleurs. Ma mère est originaire de Nancy. C'est quoi le sujet ? Eh bien, il se trouve que pendant 49 ans, l'Alsace-Moselle a été annexée par l'Allemagne alors qu'elle est française. Elle est profondément française. Et donc, effectivement, le droit ne s'applique pas. C'est léger comme argument. Non, non, non. Vous faites, je pense, chers collègues, une erreur sur l'interprétation que vous faites de la laïcité. Qu'est-ce que la loi de 1905 ? C'est une loi de reconnaissance des cultes. C'est une loi positive, en réalité. C'est une loi qui dit qu'on va séparer. Ce n'est pas une loi de laïcité, d'ailleurs, si on est précis, parce que le mot laïcité n'est pas dans la loi de 1905. C'est une loi de séparation. C'est une loi d'organisation des cultes, du financement du patrimoine religieux, qui reconnaît les cultes, tous les cultes. Chrétiens, catholiques, juifs, musulmans, tous les cultes. Ils reconnaissent tous les cultes. C'est une loi positive. Et vous savez, l'essence même de ceux qui ont fait cette loi de 1905, c'est une conception profondément chrétienne, en réalité, qui est, à la base, la distinction entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, entre ce qu'était, pour l'Eglise, le clergé séculier et le clergé régulier. Et vous le savez, chers collègues. Et le Vatican
va avoir quel avis sur cette loi chrétienne en 1905 ? Il met combien de temps à l'accepter ? Je vous dis que la
laïcité
est
française et d'origine chrétienne. Il faudra au moins attendre une quinzaine d'années parce
que l'Église catholique condamne et refuse ça. Donc, écoutez, je veux bien que c'est une loi de reconnaissance, mais l'article 1 dit que la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte. Par contre, ce qui est vrai, et là vous avez parfaitement raison, c'est que c'est une loi qui permet enfin... la liberté de conscience, la liberté de croire, de ne pas croire, et de ne pas seulement être catholique, parce que jusqu'à présent, il y a quand même un problème, parce que l'histoire est longue dans ce pays, et l'histoire aussi, c'est celle de répression, il y a eu de la religion. Vous avez une petite chose qu'on appelle les protestants en France, qui pendant des siècles ont été martyrisés, juste un truc qui s'appelle la nuit de la Saint-Barthélemy, plusieurs milliers de morts massacrés de protestants, juste la révocation de l'édit de Nantes, avec l'édit de Fontainebleau, qui amène à ce que 200 000 protestants vont quitter la France pour aller vivre ailleurs, parce que ça leur est interdit. Donc l'histoire, elle est douloureuse, et fort heureusement... La laïcité permet de dire que toutes les religions vont pouvoir vivre ensemble, les fidèles, en plus pour l'Église catholique, c'est une belle opération, les églises vont être prises en charge par les communes, donc tout va bien, en vérité, et c'est très bien, et ça fonctionne comme ça. Mais la condition, c'est qu'attention, c'est pour ça que je suis tatillon, l'argent public ne doit pas servir à financer un culte et pas les autres. C'est ça qui me choque dans le concordat que vous maintenez. Pour quelles raisons on ne salarie pas les imams ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? On savait à salarier les prêtres, les rabbins et les pasteurs, mais on va dire qu'il y a une religion. Eux, non. C'est blessant, vous vous en foutez. Mais pour les gens... Alors, qu'est-ce que vous
répondez à ça ? Parce que c'est une religion plus récente sur notre territoire. On parle, vous l'avez vous-même dit, on parle d'une loi qui a 107 ans. Donc, pardon, oui. Vous savez que dans ce pays, on abroge des lois, c'est déjà arrivé. Très bien. D'accord, donc une loi de 17 ans, on peut l'abroger. Mais vous avez le droit de vouloir abroger. Mais je découvre que
vous n'êtes pas pour la laïcité sur tout le territoire. Vous êtes pour que des endroits où il ne s'applique pas. Je constate
que la loi de 1905 ne s'applique pas à l'Alsace-Moselle. Je n'ai dit ni moins, ni plus. Non, mais le constater comme député, vous avez quel point de vue ? On reste comme ça. Je ne suis pas pour l'abrogation. D'accord, mais pour le maintien. Pour le maintien de la situation actuelle. Donc ça ne vous dérange pas qu'il y ait 2 à 3 millions de Français qui vivent en ambroge où il n' Non mais c'est intéressant, c'est un point de vue. Vous l'avez dit, et là-dessus on a un point d'accord. La loi de 1905, c'est une loi de reconnaissance des cultes et de protection de la liberté de conscience. Vous l'avez dit vous-même à l'instant. Là-dessus on est d'accord, de toutes les religions. Donc c'est une loi d'équilibre. Permettez-moi de vous dire aussi que si je me réjouis de la venue du pape en cette fin de semaine, fin septembre 2026, c'est aussi parce que dans un pays où il y a une forme de désespérance... une situation économique ou de désespoir qui est compliquée les français souffrent et bien je considère que la venue du pape d'un chef d'une église c'est vrai l'église catholique romaine en l'occurrence mais aussi un chef d'état qui est reçu en france officiellement et bien peut-être que dans les messages qu'il transmettra C'est normalement le Xicorbière qui devrait y être, sur l'immigration, sur l'écologie. Je vous pose la question à tous les deux.
Christophe Benz, vous avez prévu d'assister à une des messes
? Oui, tout à fait, samedi. Laquelle ? La messe du pape, place de la Concorde, tout à fait. Et alors
Alexis Corbière, le stade de France n'est pas dans votre circonscription de Seine-Saint-Denis.
Qui par ailleurs l'aura accordé gratuitement par JL Events qui finance quand même, il y a de nombre de gestes. On est plus sur l'argent
public là.
Oui, mais enfin bon, mais c'est très bien, tant mieux. Que ce soit clair, moi j'avais déposé un amendement, je ne souhaite pas qu'un élu escalité s'affiche dans des cérémonies religieuses. Je pense que moi... Donc on
ne va plus aux obsèques
? Non, non, je vais vous dire. Justement, dans mon amendement, je proposais la chose suivante, c'est que quand il s'agit effectivement de quelque chose qui est la marque, effectivement, de quelque chose, les obsèques d'une grande personnalité, mais ce que je n'aime pas, je vais vous dire les choses, et là, je ne parle même pas de mon voisin, c'est la drague électorale. C'est les gens qui font les tournées, qui vont dans les mosquées, dans les églises pour dire aux fidèles, votez pour moi. Je n'accepte pas ça et je sais que certains le pratiquent. Donc je ne suis pas d'accord avec ça, c'est méprisant pour les fidèles. Mes convictions spirituelles, comme élus, je me fais un devoir sur les plateaux télé, je n'en parle pas. Voilà. Ce que je transmets à mes enfants, ça ne me regarde pas. L'ostentation de toute une série de gens. Et que les choses soient claires, on a le droit comme fidèles. Franchement, on a le droit d'être catholiques si vous avez une histoire personnelle. C'est pas le sujet. Mais je vois comment des gens, je vois Mario Maréchal, Le Pen, il sera à l'église, tous ces gens, ça fiche. Bon, c'est leur problème. Moi, je ne mange pas de ce pain-là, si je puis me permettre. Mais je respecte évidemment ce qui a eu lieu. Le problème, c'est pas... Ce que vous vous exprimez, c'est presque touchant. Vous pensez que dans la période, vous invitez les gens à se tourner vers la religion, vous pensez que c'est une réponse. C'est votre droit. Le pape invite. Vous êtes heureux et vous pensez que dans la période, il y a une crise, il y a du désespoir, etc. Moi, je pense que quand on est député, on ne doit pas dire ça, mais c'est un point de vue très personnel. Je veux dire, les gens y croient ou y croient pas, c'est leur affaire. Nous, on doit faire en sorte... notamment que la désespérance soit pour réponse des services publics et pour réponse que les gens vivent bien. Pas de leur dire tournez-vous vers les religions. Ils font ce
qu'ils veulent. Là, le problème, c'est que c'est une religion à laquelle ils ont du mal à croire. Les services publics... Oui, mais j'entends bien, mais on est élus pour ça.
On n'est pas élus pour faire du prosélytisme religieux. On n'est pas élus pour dire aller dans les synagogues, aller dans les mosquées, aller dans les églises. Les gens font ce qu'ils veulent. Quand on a l'honneur d'être député et qu'on a la parole comme député... C'est pour ça que j'ai été tatillon, vous allez dire que c'est une bricole, mais le protocole de l'Assemblée nationale n'a pas à me dire au fait... Parce qu'il ne va pas me le demander si je vais à la mosquée pour l'Aïd, il va pas me le demander si je vais fêter le Nouvel An dans les synagogues. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et alors c'est quoi le discours qu'il y a derrière ? Et pour le coup, sans vous faire de faux procès, c'est qu'en gros, la France n'est pas un pays laïque, la France est un pays catholique, les racines chrétiennes de la France, et d'un seul coup, voilà, et on mélange tout et on amène à dire qu'il doit y avoir un privilège qui est accordé. Voilà. Et moi, je trouve que ça, c'est dangereux parce que notre beau pays a pour particularité, premièrement, et je tiens à le rappeler parce qu'on le dit trop souvent, qu'une majorité de nos concitoyens ne sont pas croyants. C'est quand même assez rare aujourd'hui. Deuxièmement, nous avons, je crois, les chiffres, 29% de nos concitoyens qui sont catholiques. Nous avons aussi beaucoup de gens de confession musulmane. On leur a consacré une émission. Oui, mais si on doit tous vivre ensemble, on doit faire une laïcité égale pour tous. Voilà. Ceci dit, bienvenue au pape et j'espère que tout se passera bien.
Et juste au-dessus de nous, la rue Aristide Briand, le père de la laïcité.
Évidemment.
Merci à tous les deux.
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