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Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez. J'accueille tout de suite mes débatteurs du soir, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro. Bonsoir Gilles.
Bonsoir Hélène.
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Ainsi que Michel Fayad, analyste politique et géopolitique. Bonsoir Michel. Nous accueillons ce soir Priska Thévenot, députée Renaissance des Hauts-de-Seine. Vous êtes également soutien actif de Gabriel Attal. Bonsoir Priska Thévenot. Bonsoir à tous. Alors donc ce n'est pas un secret, vous soutenez Gabriel Attal. Selon un sondage Opinion Wave pour le JDD paru ce matin, Gabriel Attal recueille 13% des suffrages. Si Edouard Philippe ne se présente pas, c'est le même score que Raphaël Glucksmann. Et dans ce même sondage, Jean-Luc Mélenchon est à 17%. Priska Thévenot, Gabriel Attal est-il le candidat dont le centre a besoin ? Ou alors justement sa candidature ? va permettre Jean-Luc Mélenchon d'accéder au second tour. Le candidat dont la France a
besoin. Une France qui a envie de se relever, de se regarder droit dans les yeux, fière d'elle et fière de ce qu'elle peut... continuer à promouvoir et une France qui est capable d'agir, d'agir pas simplement depuis Paris ou les ministères, mais d'agir en laissant la liberté à celles et ceux qui font l'action au quotidien, à savoir les élus locaux où qu'ils soient, à tous les échelons, aussi bien élus locaux dans la Creuse, la Meuse ou à Bordeaux et à Lille. Et c'est ça qu'on doit pouvoir regarder aujourd'hui. Alors je vois tout de suite qu'on pourrait me dire, oui mais que n'avez-vous pas fait cela au cours des dix dernières années ? Et vous avez raison, je vais y répondre. Il n'y a pas besoin aujourd'hui d'essayer de se faire péter les bretelles et de se dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. Oui, nous avons réussi à faire un certain nombre de choses sur le chômage de masse, sur l'attractivité économique, sur notre capacité à essayer de refonder l'école. Mais force est de constater, c'est qu'il y a un certain nombre de sujets sur lesquels ça n'a pas fonctionné, notamment sur les enjeux régaliens, le en même temps n'a pas fonctionné. Et puis depuis la dissolution, force est de constater que la fragilité politique dans laquelle nous sommes installés à nuit à l'attractivité économique de notre pays, avec toutes les conséquences que cela peut avoir, aussi bien sur le chômage, sur les salaires, mais aussi sur nos politiques publiques, telles que sur l'école, ou sur les enjeux d'innovation et de productivité.
Prisca Thévenot, je voulais recueillir votre avis sur la primaire. Sans primaire, comment on décide ? Est-ce qu'on se donne décembre, et puis on regarde qui est le plus haut dans les sondages, et puis on part du principe que ce sera lui ? Comment on va faire d'un point de vue, pour les quelques mois qui nous restent, pour départager ces candidats-là ? Parce que sinon, précisément le risque est que Jean-Luc Mélenchon arrive au second tour de l'élection présidentielle et puis même moi je me pose aussi cette question d'un point de vue financier c'est vrai que là toutes les campagnes sont engagées il y a des parrainages aussi qui sont évidemment collectés les militants sont mobilisés pourquoi Gabriel Attal, Edouard Philippe ou un autre se retirerait alors qu'il y a justement tous ces moyens qui sont
engagés Je vous le dis, on n'est pas retirés. Avec Gabriel Attal, on fait campagne. Moi, j'étais ce matin dans ma circonscription à Sèvres. Nous avons pu faire un tractage sur les enjeux d'éducation parce que c'est vrai qu'on est quand même le premier week-end après la rentrée scolaire et au cours de la semaine qui vient de passer, le monde politico-médiatique, je suis désolée, a parlé de tout, de tout. sauf d'école et de nos enfants et de notre monde éducatif. Et puis ensuite, on a organisé un mille bistrots, ce sont des moments où on se réunit à 10, 15, 20, en petit comité avec des Françaises et des Français qui ont envie de parler de leur quotidien et de savoir comment ils peuvent partager des idées dans le projet de Gabriel Attal. Donc oui, nous faisons campagne, il n'est pas question d'arrêter, le temps des projets et des idées est là, le temps éventuellement de l'union et du rassemblement viendra dans un second temps, mais ce n'est pas simplement moi qui le dis. C'est le comité de liaison qui a été décidé par Gabriel Attal et accepté par l'ensemble des autres familles politiques, Renaissance, Horizons, Modem, le parti radical et l'UDI, et c'est dans ce comité de liaison qu'il a été décidé que ça se ferait en fin d'année, début d'année prochaine. Et donc moi j'appelle, je vous le dis franchement, parce que j'entends beaucoup des injonctions, des revendications, etc. J'appelle toutes celles et ceux qui passent leur temps à venir faire tous les plateaux télé, à dire qu'un tel ou une telle devrait se réunir derrière un tel ou une telle, pour une raison que j'ignore, parce que c'est pas sur de l'enjeu programmé. mais simplement par fébrilité, à se ressaisir. Nous sommes capables d'avoir des idées, des projets, de les défendre sur le terrain, de les défendre dans des débats. Nous sommes ouverts à avoir plein de débats sur vos chaînes et ailleurs parce que je pense que c'est important et c'est ce que les français nous demandent. Parce que la fébrilité que certains ont aujourd'hui à faire des injonctions au rassemblement sur la base de quoi on ne sait pas et pourquoi on ne sait toujours pas, pardon ça ne fait qu'une chose, promouvoir. les forces de position du RN et de la France Insoumise. Donc pas de primaire. Ben nous on n'est pas contre. Mais pour faire une primaire faut pas être seul et je crois mais c'est encore une fois sans offense et avec plein avec tout le respect que je lui porte je crois que les équipes d'Edouard Philippe ne sont pas pour la primaire. Il faut aussi qu'on respecte nos partenaires politiques. Gilles Boutin.
Oui, au plan des idées précisément. Gabriel Attal, il faut lui reconnaître qu'il a été l'un des rares à avoir l'audace de se dire ouvert à une désindexation des pensions de retraite sur l'inflation en 2027. Edouard Philippe, on ne l'entend pas trop sur la question. Alors de la part de Gabriel Attal, est-ce du courage ou du suicide ?
Je vais aller même plus loin que vous. Gabriel Attal a eu l'audace et le courage de dire qu'il fallait en finir avec le psychodrame annuel de la réforme des retraites. Parce qu'on est depuis maintenant plusieurs années, plusieurs décennies, enfermés sur des réformes paramétriques. Et je vous le dis, j'ai défendu une des réformes paramétriques qui a été abandonnée au bout de deux ans. Mais là je vous parle au-delà de
la réforme elle-même, je vous parle vraiment aussi de cette mesure très immédiate qui est la désindexation à un moment où on est vraiment dans une crise où on essaye de trouver les moyens pour réduire le déficit.
Plutôt que de parler d'un débat budgétaire qui n'a pas encore commencé, qui va avoir lieu parce qu'on a fait réagir effectivement plein de forces politiques par rapport à une proposition du gouvernement, moi je vous donne la... La position, sans ce débat-là, de ma famille politique et donc de Gabriel Attal, c'est changeons complètement, ayons le courage de la radicalité, et changeons complètement notre système de retraite. Pourquoi ? Parce qu'on est face à un mur démographique, à une déprise démographique, vous le savez très bien, qui ne va pas s'améliorer aussi rapidement qu'on le souhaiterait, et donc il faut une dose de capitalisation, un système universel, et puis on finit avec le sujet de l'âge. Parce que sinon, la question que vous me posez maintenant... elle se reposera l'année prochaine et encore l'année prochaine avec une autre question qui sera comment on augmente encore plus les impôts pour venir combler ce qu'on n'aurait pas le courage de faire. Voilà ce que je vous dis et je vous le dis d'autant plus aujourd'hui que nous sommes en année présidentielle et donc on a le droit de lever un peu la tête du guidon et de peut-être porter des réformes qu'on arrive difficilement à porter quand on est dans une assemblée avec onze familles politiques telles qu'on l'a depuis la dissolution.
confusion, une imbrication entre le débat budgétaire précisément et le débat présidentiel. Comment on va faire le distinguo entre les deux ?
Vous avez tout à fait raison. Alors j'en ai pas peur mais ça peut arriver effectivement et c'est tout l'enjeu qu'on aura aussi d'expliquer qu'il y a des sujets sur lesquels on va débattre à l'Assemblée nationale sur la base d'une proposition qui sera faite par le gouvernement. Donc on n'a pas encore le texte budgétaire, il sera présenté par le gouvernement normalement à la fin du mois et débattu à partir du mois d'octobre dans les deux chambres. Mais cela n'enlève en rien qu'en dehors de cette feuille sur laquelle on nous demandera de nous prononcer, on a le droit nous aussi de repartir d'une feuille blanche.
Alors Gabriel Attal veut soumettre aux Français la plus grande réforme nationnelle depuis 1958. Bruno Retailleau est sorti cette semaine lui sur une réforme constitutionnelle en profondeur avec davantage de référendums, notamment pour donner le dernier mot aux Français. Est-ce qu'il faut changer la constitution en France ? Et je vous pose également cette question parce que je me rappelle notamment dans une interview au Figaro, Gabriel Attal avait dit on ne touche pas à l'état de droit, évidemment c'est quelque chose qui est complètement sacré, mais c'est vrai que si on ne touche pas à l'état de droit, si on ne touche pas à la constitution, il y a aussi certaines choses qu'on ne pourra pas changer. Je pense notamment à la réforme de Gabriel Attal sur la justice des mineurs qui avait été censurée par le conseil constitutionnel. Moi je voulais savoir si Gabriel Attal voulait toucher à la constitution à certains égards.
Déjà, premièrement, appeler à des référendums. Je trouve que c'est une bonne chose. Il faut qu'on soit dans cette démarche de partage du pouvoir, et Gabriel Attal s'inscrit dans cette démarche-là, est un président de la République qui partagera d'autant plus le pouvoir avec les Français, avec les élus locaux aussi, parce qu'il veut faire des maires le premier pouvoir en France, et bien évidemment pour pouvoir assumer des caps et des directions précises, radicales. Maintenant sur la Constitution. Est-ce que notre Constitution aujourd'hui est adaptée ? au monde dans lequel nous vivons, notamment vous parlez très justement du sujet de la justice des mineurs. Je vous le dis non, parce qu'un mineur d'aujourd'hui n'est pas un mineur d'il y a 40 ans et donc ça il faut pouvoir y répondre. Est-ce que ça veut dire pointer du doigt les juges ou pointer du doigt celles et ceux qui font appliquer la constitution comme le ferait par exemple Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? Non, il faut pouvoir assumer une réforme, une modernisation des textes que vous avez dit vous-même sacrés dans notre république, pardonnez-moi du jeu de mots. Mais c'est important. Maintenant attention, moi ce que je lis aussi c'est comment pouvoir faire en sorte que notre constitution se modernise par rapport à nos enjeux. C'est pas vraiment ce qu'appelle monsieur Rotaillot, parce qu'il appelle lui surtout, en réalité et entre les lignes, à dénoncer le droit européen et donc à sortir. de l'Union Européenne et donc à aller vers un Frexit. Bruno Rotaillot n'appelle peut-être pas à sortir de l'Union Européenne. Oh, c'est une position qu'il a depuis quelques temps, mais c'est pas grave, je vois pas pourquoi c'est un défaut. Vous savez encore une fois... Non, c'est pas un défaut, mais je pense qu'ils ont posé la question. Alors moi qui suis pro-européenne, c'est une ligne sur laquelle je ne suis pas, mais c'est pas quelque chose qui est nouveau chez Bruno Rotaillot, et j'insiste sur Bruno Rotaillot parce que c'est pas la position de l'ensemble des LR, mais il avait déjà dit, souvenez-vous, à l'époque en 2022, dans une une d'ailleurs, qui était je crois le point où je sais plus. en dénonçant l'europe donc je pense que oui on doit pouvoir questionner oui on doit pouvoir interroger les français c'est toujours une bonne chose et on ne doit pas avoir peur du résultat ça fait plus de 20 ans je crois qu'on n'a pas eu de référendum dans notre pays pourquoi parce que la majorité des hommes et des femmes politiques ont peur de la conclusion qui sera donnée mais il ne faut pas en avoir peur mais surtout la dernière fois il
n'avait pas été respecté Michel Fayad
puisque il y a aussi la slovaquie qui a voté au niveau du parlement que le droit national est au dessus du droit européen sans sortir de l'union européenne c'est possible de faire ça c'est pas Impossible, donc je pense que Bruno Retailleau, effectivement, ne parle pas de Frexit. Tant mieux alors. Non, je ne suis pas son défenseur. Non, mais tant mieux, je vous écoute. Mais je pense que, vu qu'un autre pays membre de l'Union Européenne l'a fait, je pense que c'est aussi réalisable en France. Et puis, je voulais savoir un peu sur le positionnement de Gabriel Attal, parce qu'au niveau de l'opinion publique, on a un peu l'impression que, en fait, Edouard Philippe, c'est un peu le centre droit, et Gabriel Attal, du coup, un peu le centre gauche. la bonne vision des choses que les gens ont ? Ou vous pensez que non, il est aussi un peu vers le centre-droite ? Parce que finalement, on ne peut pas avoir... Sur le
régalien, parfois, il est plus à droite que Edouard Philippe. Absolument, mais
comme il vient du PS, alors qu'Edouard Philippe vient de LR, les gens gardent en tête qu'il est plus centre-gauche et Edouard Philippe plus à droite. Non, vous
dites quelque chose de très juste. Sur les positionnements des uns et des autres, ça se voit surtout aux personnalités qui prennent la parole pour l'un ou l'autre candidat, comme vous le dites très justement. Et c'est vrai qu'il y a... Edouard Philippe assume complètement de parler, de se positionner essentiellement à droite de l'échiquier. D'ailleurs on le voit avec l'ensemble des personnalités politiques qui sont autour de lui, ce sont soit des gens qui sont aujourd'hui chez les LR ou qui étaient anciennement chez les LR et qui sont venus peut-être au macronisme au cours de la présidence du président de la République Macron, mais qui retournent à leurs premiers amours. Donc sur ça je peux vous rejoindre. Ensuite la question c'est où se situe Gabriel Attal ? Mais là j'ai envie de vous dire, vous avez la chance d'avoir un candidat, je crois que c'est un des rares. en dehors de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, pour le coup, à avoir clairement donné ses actes de programme, avoir déclaré ses quatre chantiers prioritaires, que sont l'école, le salaire, l'IA, les frontières, l'intelligence artificielle, pardon, et les deux dettes qu'il veut combattre, la dette climatique et la dette publique. Et donc c'est vrai que nous on n'est pas tant sur un positionnement tel qu'on peut l'entendre par défaut, parce qu'on a la chance. et le plaisir d'avoir un candidat qui s'est déclaré sur des axes programmatiques.
Mais là vous venez de parler justement des frontières. Oui, juste sur les frontières, quelle est la position de Gabriel Attal sur les frontières ? Oui,
vous avez raison, c'est peut-être effectivement un des sujets sur lequel le bilan n'a pas été au rendez-vous au cours des dix dernières années, parce que je le dis encore une fois, le haut en même temps n'a pas fonctionné sur les enjeux régaliens, c'est un fait. Et donc sur l'immigration, on est pour une démarche d'être sur une immigration économique, une immigration du travail, et d'accepter de dire qu'on veut être moins... attractif par le regroupement familial qu'on veut restreindre extrêmement fortement. Avec un débat qui aura lieu au Parlement sur la mise en place de quotas qui seront proposés par les secteurs et les branches économiques de notre pays.
Un très grand merci Prisca Thévenot, députée Renaissance des Hauts-de-Seine, d'être venue dans Europe un soir. Nous avons bien parlé de Gabriel Attal. Dans un instant, nous parlerons de Bruno Retailleau. A tout de suite.