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Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte. Je suis très heureuse de vous retrouver pour une nouvelle heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée nationale avec pour m'accompagner ce soir Lou Frittel, journaliste à Paris Match. Bonsoir Lou. Bonsoir. Et Olivier Ravanello est là, fidèle au poste. Bonsoir Olivier. Vous allez bien tous les deux ?
C
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
'est parti pour le sommaire avec un rapport explosif adopté de justesse hier soir après six mois de tensions, de fuites et d'accusations politiques. Ce soir, on va vous raconter les coulisses d'un feuilleton inédit, celui de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public. éclairée et qui a fini par diviser. Comment en est-on arrivé là ? Que dit précisément le rapport ? Pourquoi suscite-t-il un tel rejet ? Et surtout, que dit-il de l'état du parlementarisme en 2026 ? Eh bien, nous en parlons ce soir avec vous, Philippe Bailly. Bonsoir. Bonsoir. Président de NPA Conseil, expert en économie de l'audiovisuel. Merci d'être là. Au côté d'Elsa Mondingava. Bonsoir. Bonsoir Elsa, journaliste parlementaire à LCP. Et bonsoir John Christopher Roland. Bonsoir. docteur en droit public, maître de conférence à l'Université de Paris-Lanterre, constitutionnaliste. Merci également, John Christopher, d'être avec nous. Lou, vous avez décidé ce soir de vous intéresser à la personnalité du rapporteur de cette commission. Tout
à fait, le désormais très médiatique Charles Aloncle, pour le malheur et pour le pire, on va dire, médiatique. Olivier, quelle histoire allez-vous
nous raconter ce soir ? L'histoire
de cette guerre du poulet qui divise Saint-Ouen et la gauche.
la deuxième partie de chaque voix compte ensuite, ce sera la question qui fâche. Question ce soir sur les stages d'observation en seconde et en troisième. Faut-il les arrêter tout simplement alors qu'un élève de seconde est mort il y a quelques jours ? en magnant un chariot-élévateur dans une entreprise du Gard où il était en stage. Nous en débattrons tout à l'heure avec Béatrice Piron, députée Horizon des Yvelines, Paul Vannier, députée insoumis du Val d'Oise, et Grégoire Ancel, vice-président de la FCPE, la Fédération de parents d'élèves. Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions. Vous flashez le QR code qui est juste là. Et c'est Olivier Ravanello qui nous transmet en direct tous vos messages. On n'oublie pas non plus Bourbon Express. Tout à l'heure, le journal de l'Assemblée nationale présenté par Marco... Voilà pour le menu de ce soir. Installez-vous confortablement comme d'habitude. C'est un pavé de 400 pages dont on se demande à quoi il finira par servir. Dont on se demande aussi s'il va être le rapport parlementaire le plus lu de l'histoire. Tant il est attendu, le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public sera publié lundi prochain après son adoption laborieuse hier soir. Épilogue chaotique de six mois de travaux parlementaires non moins chaotiques. Deux minutes pour comprendre. Maïté Frémont.
aura fallu plus de 4 heures de débat aux 31 députés de la commission d'enquête, réunis sans micro ni caméra, pour décider du sort du rapport de Charles à l'oncle sur l
'audiovisuel
public.
Je sais que les parlementaires qui ont participé à la commission ont demandé la rectification d'un certain nombre de conclusions du rapporteur, etc.
Autour de la table, dans la petite salle au deuxième étage du palais Bourbon, chaleur suffocante et ambiance très tendue. Parce que ce rapport remis par le député sciotiste, après plus de six mois de travaux parlementaires, certains n'en veulent clairement pas.
Ce rapport, ce n'est pas celui du rapporteur, c'est celui qui est rendu au nom des membres de cette commission. Ils ne pourront pas nous apposer le saut de l'Assemblée nationale sur ce tissu de mensonges et d'attaques qui ne sont pas dignes des méthodes qui doivent être celles d'une démocratie. A
gauche, ils sont 10 à voter contre. 8 autres s'abstiennent, des députés Renaissance et Modem.
Je crois qu'il y a des parlementaires aujourd'hui qui ont eu peur, en réalité, des remarques, peut-être des attaques sur les réseaux sociaux, des commentaires de l'extrême droite.
Vouloir enterrer un rapport comme celui-là, c'est souhaiter en réalité la censure. Au
total, 12 députés ont voté pour la publication, dont le président de la commission d'enquête, et ce, malgré des désaccords profonds.
Je souhaite la transparence. Maintenant, c'est aux Français de juger des méthodes du rapporteur. aux Français qui nous écoutent, de juger des propositions du rapporteur dont je vous le dis, je considère qu'elle fragiliserait profondément l'audiovisuel public.
Mais que contient ce rapport de 400 pages ? Il préconise une cure d'austérité drastique pour France Télévisions. Le total des économies proposées doit permettre de dégager plus d'un milliard d'euros, soit un quart des crédits alloués par l'Etat à l'audiovisuel public. la réduction de trois quarts du budget des jeux et divertissements, la fusion entre France 5 et France 2 ou encore entre France Info et France 24 et la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par l'Elysée. Ces 80 recommandations seront rendues publiques la semaine prochaine.
Elsa Mondingava, pour que les choses soient bien claires, le rapport sera bien publié lundi prochain. En toute logique, oui. Oui,
mais pourquoi pas dès aujourd'hui ? Alors, c'est comme ça que ça se passe pour les commissions d'enquête. C'est vrai qu'il y a quelque chose d'assez particulier, c'est-à-dire qu'il y a une période où seuls les membres de la commission d'enquête peuvent consulter le rapport dans une salle particulière où ils sont surveillés par un huissier, etc. Ensuite, ce rapport, il est mis au voie et ensuite, il y a 5 jours francs qui doivent se passer avant qu'ils soient rendus publics. Il y a quelque chose qui peut se passer pendant ces 5 jours francs, mais je ne vais pas en rajouter dans la dramaturgie, mais ça existe un comité secret, mais ça n'est jamais... arrivé, ça n'arrivera pas, mais il y a 5 jours francs qui sont donnés pour pouvoir... 5 jours francs, ça veut dire 5 jours ouvrés ? Exactement. Avec le 1er mai, ça fait donc le rapport, le lundi 4 mai, ça j'ai l'impression que tout le monde est assez... en règle là-dessus, ensuite, on l'a vu, il y a déjà des choses qui sont
sorties de ce rapport. Oui, on va y revenir, mais jusqu'à quel point les députés de la Commission vont pouvoir modifier ces conclusions d'ici lundi prochain, pendant ces 5 jours francs ? Alors eux,
ils vont pouvoir rajouter... Des contributions. Ils peuvent rajouter des contributions au rapport disant les points sur lesquels ils ne sont pas d'accord. Il peut y avoir un avant-propos du président de la commission qui contrebalance aussi ce qui est un peu dans le rapport. Mais voilà, là, ils se sont exprimés sur la question du rapport de Charles Aloncle parce que c'est le rapporteur qui tenait la plume et c'est pas un travail collégial, c'est le rapport écrit par Charles Aloncle. Donc il a fallu se prononcer là-dessus et ensuite, chacun est libre de rajouter des feuillettes, des annexes, mais évidemment, ça peut contrebalancer une certaine... d'une certaine façon, ce rapport-là, mais on ne corrige pas, les députés ne vont pas pouvoir agir sur le rapport tel quel, ils vont juste pouvoir ajouter des contributions. Un
rapport adopté à 12 contre 10, John Christopher Rolland, c'est une vérité parlementaire qui va être solide.
Ce n'est pas vraiment une vérité parlementaire tout court, de toute façon, vu le contexte actuel de l'Assemblée nationale, c'est un rapport. Ici, Charles Aloncle et l'UDR tirent finalement d'une innovation de 2008, c'est-à-dire qu'il y a un droit de tirage, ça lui permet effectivement de demander cette commission d'enquête. D'une manière générale, la commission d'enquête, c'est quelque chose qui, sur le papier, est plutôt positif. On est vraiment dans le contrôle entre le Parlement et le gouvernement, et donc ça doit, normalement, aboutir à des choses, même si, on le verra, à la fin, ça va être tout ça pour ça, parce que, concrètement, qu'est-ce qui se passe derrière un rapport ? On le verra sans doute tout à l'heure, pas grand-chose. Il y aura probablement une niche parlementaire au mois de juin pour l'UDR, ils vont faire une proposition de loi pour des... fusion de chaîne peut-être, si c'est ça qui est dans le rapport notamment, mais globalement, il y a déjà eu une fois un rapport d'information au Sénat dont la publication a été refusée, c'est sur la Corse, c'est pas si vieux, c'était il y a un peu plus d'un an, c'est un camouflet quand ça se passe, mais bon, très vite étouffé par l'actualité annexe, mais ici, qu'est-ce qui peut se passer derrière, si ce n'est, et on y reviendra finalement, une mise sur le devant de la scène du rapporteur, et donc il y a un profil véritable. C'est un peu ce que j'appelle le dévoiement de l'objet d'une commission d'enquête, sur le fond comme sur la forme, mais ça ne dit rien politiquement, ça confirme que l'Assemblée est éclatée.
Philippe Bailly, est-ce que d'abord c'était important que ce rapport soit publié
'était surtout ce rapport, l'acmé d'une ébauche qui avait été apportée il y a 2-3 ans par la commission sur la TNT, donc l'autre bout de l'hémicycle, qui avait déjà été un grand moment de show parlementaire, de cirque parlementaire. Et là, Aurélien Saint-Houle a trouvé son maître. Charles Laloncle a poussé l'exercice encore plus loin à ne traiter que de sujets anecdotiques. D'un côté, 4 milliards pour faire gros, mais ensuite, des problèmes de notes de taxi, etc. Encore une fois, on n'a eu aucun débat de fond sur l'économie de l'audiovisuel, l'économie de France Télévisions, et puis, pourquoi pas, osons rêver, la place de l'audiovisuel en France, une forme de souveraineté audiovisuelle, dans un monde digital qui est dominé par les plateformes et la façon dont l'audiovisuel public peut contribuer. La
publication vraiment pure de ce rapport, est-ce que vous faites partie de ceux qui disent que sa non-publication aurait entraîné une stratégie de la victimisation de la part de Charles Aloncle ?
Pour être honnête, j'étais absolument pas loin d'être convaincu que c'était même la carte qu'Aloncle était en train de jouer. De toute façon, il s'était largement mis en scène pendant toute la durée de la commission, les six mois de durée de la commission. les propositions qui sont supposées rester secrètes jusqu'au 4 mai, elles sont fuitées, comme pour le reste, de manière anecdotique, par petites touches, etc. Bref, lui, encore une fois, sa part de lumière, il l'a déjà prise, mais largement, et donc je pensais qu'il aurait poussé la chose jusqu'au coin et jusqu'à la une du JD News de la semaine dernière qui disait le rapport interdit et la liberté qu'on... qu'on égorge ou qu'on assassine.
– John Christopher, et puis après on passera au contenu du rapport, mais est-ce que le vote du rapport vaut approbation de son contenu ? On entendait Aïda Hadizadeh qui disait qu'on ne peut pas apposer le sceau de l'Assemblée nationale sur ce tissu de mensonge.
– Alors c'est pas tout à fait ça. Le vote du rapport, c'est finalement cette commission, est-ce qu'elle se met d'accord, oui ou non, pour le publier ? Et là, on voit bien qu'à 12 contre 10, il y a eu deux abstentions. C'était quand même relativement, on va dire, tendu de savoir s'il fallait... Alors, je ne vais pas revenir sur ce qui a été dit, je rejoins. S'il n'avait pas été publié, on aurait crié effectivement la liberté assassinée. C'est vrai. Quand il est publié, ça ne veut pas forcément dire que l'intégralité de l'Assemblée nationale est pour cause, vu sa fracturation, appose, si vous voulez, un saut d'assentiment sur le contenu du rapport. Mais, j'allais dire, pour ceux qui s'opposaient... et qui ont fini par voter, il y a eu une forme de chantage à la publication, enfin, sur le vote, je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça un chantage, mais ils se sont mis d'accord pour avoir une petite majorité pour la publication, c'est que chacun a tiré son bénéfice de l'histoire avant même la publication. Charles Lalonde, ça vient d'être dit, mais même ceux qui s'y opposent, ils ont pu faire valoir médiatiquement aussi leurs arguments, peut-être de manière un peu plus étouffée jusqu'à présent, mais c'est fait, donc le vote en lui-même, finalement, acte simplement... qu'il n'y aura pas d'étouffement de la vérité, etc.
Pour distinguer, dans un rapport, il y a une partie factuelle, le côté commission d'enquête, donc l'enquête de commission d'enquête, et puis après, il y a des propositions. Ce qui est quand même en cause, là, c'est... toute cette première partie factuelle, en fait, elle est truffée, apparemment, d'erreurs, d'éléments de calomnie, etc. Et il a été dit à un moment qu'une des solutions de compromis qui pourrait être trouvée, c'était de ne pas publier cette première partie, mais de publier les 80 propositions, ça aurait peut-être été ce qui permettait de garder l'apport du rapporteur ces 80 propositions. mais de passer sous le boisseau, ou sous le... Bref, la partie calomnieuse du...
C'est exactement ça. Certains députés qui étaient contre disaient que c'était que les recommandations. On n'est pas d'accord, mais c'est des recommandations. Ils disent que toute la partie avant, c'est exactement ce que vous disiez. Moi, on me dit que c'est conspirationniste, il y a des allusions, c'est insidieux. C'est pas juste qu'on n'est pas d'accord et qu'on a un débat politique. Eux considèrent que toute cette première partie avant les recommandations, elle est, selon ceux qui ne voulaient pas la publication du rapport, indigne. Quand un rapport est publié, il y a le saut de l'Assemblée. Il est publié au nom des membres de la commission d'enquête. Il les engage malgré tout, même si ce n'est pas eux contenus la plume.
Ce qui a fait changer d'avis le président de la commission et un député Eliott, c'est le fait qu'il n'y ait pas de mise en cause de la présidente de l'Assemblée nationale et du président de la commission. Certains disent
et reprochent au président de la commission d'avoir changé d'avis à partir du moment où lui a obtenu gain de cause. sur le fait qu'on ait enlevé une mention qu'il était président de la commission en dépit d'être au comité de surveillance. Donc peut-être que pour lui, ça a fonctionné, il y a eu ces petites modifications, mais c'est vrai que la position du président, on y reviendra peut-être, a été incomprise par beaucoup de gens, puisque beaucoup de témoignages nous disent pendant tout le week-end qu'il voulait absolument voter contre ce rapport, il a essayé de nous convaincre de voter contre pour finalement... Votez pour.
Et pour prendre juste un exemple de la posture de Charles Laloncle, il y a eu cette histoire, encore une fois, dans la toute petite histoire, dans ce qui aurait dû être une grande histoire, de la soirée chez Maxime, donc Maxime sous-disant réservé par le groupe MediaOne pour fêter la reconduction de Delphine Ernotte. Ca, ça a été dit devant la commission par un syndicaliste. complotistes à l'extrême de France Télévisions. Il s'est avéré, il s'est confirmé que c'était faux, n'empêche que dans l'intervalle, Aloncle avait fait un tweet là-dessus, qu'il a toujours, et jusqu'à aujourd'hui encore, refusé de retirer, bien que le côté factuel soit... Enfin, plutôt, la calomnie soit avérée. Alors,
puisqu'on parle de lui, restons sur le sujet. Charles Aloncle, tout de suite, avec Lou Frittel dans ses off. Il faut quand même rappeler d'abord, Lou, qu'il y a encore 5 mois, Charles à l'oncle, était quand même inconnu du grand public et désormais son nom est partout.
Complètement, et son visage dans tous les médias. On ne compte plus ses passages dans les matinales radio et télé, ni même, et ça c'est un fait plus nouveau, les unes de journaux et les articles... y compris à gauche, notamment pour dénoncer l'action du rapporteur Aloncle, mais surtout, et c'était un peu son objectif, ce serait quand même à Charles Aloncle, son apparition dans ceux de droite. Ainsi, on le retrouvait parmi les 200 jeunes personnalités d'élite qui ont fait la une du Figaro magazine pour les 200 ans, avec un petit portrait à la clé. Il était en une également du JD News, l'homme qui valait 4 milliards, référence aux 4 milliards que coûterait l'audiovisuel public et aussi à la série de science-fiction, l'homme qui valait 3 milliards. celle de l'incorrect j'accuse, et même, un peu plus insolite, un petit documentaire sur ces news qui lui a été entièrement dédié jeudi dernier. Charles Aloncle, seul contre tous, voici un extrait.
est l'homme dont tout le monde parle. Un député seul face au système. Pendant 6 mois, il a enquêté sur l'audiovisuel public. Seul contre tous. Grand reportage suivi d'un débat. C'est ce soir à 21h sur CNews.
reconnaissez la petite musique qui fait peur. Est-ce que c'est le grand gagnant de cette commission?
D'une certaine façon, oui, et en même temps, son plan de communication, rien n'a été laissé au hasard. Avant la commission, vous l'avez très bien rappelé, Charles Allong savait que pour taper fort, il fallait des auditionnés médiatiques. Et avant même l'envoi des convocations, on a vu fuiter dans la presse... les noms, et notamment ceux, par exemple, de Nagui, d'un point de vue purement stratégique, honnêtement, c'était très bien joué, de même que la façon de relayer systématiquement ces joutes face aux auditionnés, à la même manière que les insoumis, mais de façon plus massive lors de la commission d'enquête sur la TNT en 2023, ou celle sur les violences en milieu scolaire l'an dernier, c'était la suite de Betaram, on relève notamment, et ça c'était dans Le Monde, que sur 337 tweets... Depuis le début de la commission d'enquête, 334 ont été dédiés à cette commission d'enquête sur le compte de Charles Lalong, des tweets qui lui ont été reprochés. Cette hyper-personnalisation de cette commission d'enquête, effectivement, c'est un pari gagnant, mais c'est à double tranchant. Pourquoi ? Eh bien, parce que si on veut la jouer solitaire, ça va, mais au sein du camp nationaliste, les dents, elles ont grincé, notamment au RN, dont la tradition... veut qu'aucune tête ne dépasse, surtout quand cette tête provient d'un petit groupe minoritaire, groupe allié, certes, mais qui est d'appoint et qui, je le rappelle, ne compte que 17 députés, c'est-à-dire le plus petit groupe de l'Assemblée nationale, et ensuite, au sein de l'UDR même, parce que Charles Lalonde lui a reproché une stratégie de com solitaire. c'était les termes employés, et d'avoir refusé de partager la lumière durant les auditions. Les plus durs ont été jusqu'à l'accusé de ne pas faire chauffer les téléphones portables avant le vote, alors qu'on savait très bien que ce serait compliqué pour lui de faire voter ce rapport. Pourquoi ? Parce que finalement, en cas de rejet du rapport, s'il ne l'avait pas obtenu... il en aurait tiré, là encore, des bénéfices politiques et sans doute plus importants. Ce qu'on
disait tout à l'heure, il se trouve que l'UDR a perdu son président de groupe à l'Assemblée nationale. C'était Éric Ciotti qui a été élu maire à Nice et qui ne va plus siéger, qui n'est plus député. On parlait de Charles Aloncle pour le remplacer. Est-ce que ces crispations que vous nous décrivez risquent de lui coûter sa place ? Alors, en l'occurrence,
je ne peux pas vous dire si la commission d'enquête fut vraiment le point qui a fait basculer Éric Ciotti sur cette question, mais il est vrai que ce n'est pas du tout le choix d'Éric Ciotti. Selon mes informations, pour l'instant, ça peut encore basculer parce que je vous rappelle que l'élection de la présidence du groupe UDR, ça arrivera en septembre prochain ou en octobre prochain lors de la prochaine session parlementaire. Pour l'instant, Éric Ciotti voudrait plutôt qu'elle vienne comme Maxime Michelet ou Éric Michoud. Ce sont deux... entre les fidèles, et ce choix, il raconte autre chose aussi. Il raconte surtout le refus d'un profil susceptible de prendre la lumière. Ou
de faire de l'ombre. C'est ce que vous disiez tout à l'heure, Philippe Bayé-Charles Lalonde, c'est celui qui a pris la lumière de cette commission audiovisuelle publique.
Lui et lui seul, mais au détriment de ses collègues du RN ou du DR, mais au détriment surtout de l'audiovisuel public et de l'audiovisuel tout court. Il l'a... tuer le combat. Le seul qui a partagé de sa lumière, mais de manière un peu moins... Je pense qu'il s'en serait passé, c'est Patriae Lettus. Pour le
coup, je crois qu'il l'a recherché pas mal aussi.
l'a recherché, mais je suis pas sûr qu'il l'a eu de la manière dont il aurait souhaité l'avoir. Il a toujours été dans la... sur la défensive, une espèce de souffre-douleur d'Aloncle, et il a quand même montré... Il
a eu quelques moments où aussi il s'est montré plus offensif, il a eu ses moments de buzz aussi. Honnêtement, pour le coup, je dirais qu'il y avait le même genre de dynamique. En moindre mesure, c'est-à-dire que Charles Aloncle, derrière lui, il y avait quand même une masse média, des réseaux sociaux qui étaient très actifs, moins pour Jérémy Patryletus.
Mais on parlait aussi du côté anecdotique dans lequel les débats ont été maintenus parce que... que faire venir Nagui ou Xavier Niel, etc., plutôt que des économistes, des gens qui dirigent des groupes audiovisuals publics ailleurs qu'en France, etc. Là, sur ce choix des auditionnés, j'imagine que le président de la Commission aurait aussi pu peser et, manifestement, il a laissé l'abri... Sur ce sujet du fonctionnement,
est-ce que, lorsqu'on se rend compte en cours de route... que le rapporteur, qui par définition est censé avoir un regard un peu distant, y compris parfois penser contre lui pour faire presque un travail de greffier, quand on s'aperçoit qu'il n'est pas dans cette démarche-là, est-ce qu'on peut demander à quelqu'un d'autre de faire le rapport ?
nous, ce qu'on nous explique, chez certains députés, ils disent qu'il faudrait que ce soit une prérogative de pouvoir renverser les rapporteurs. Pour l'instant, ça n'existe pas. Il y a même une députée qui m'expliquait s'être renseignée en disant qu'en bien même, on aurait décidé de tous quitter la commission d'enquête, lui aurait pu être maintenu en poste et aurait pu continuer ses travaux. C'est vrai que sur ce point-là, beaucoup ont dit qu'on aurait aimé avoir les moyens de dire qu'on peut à un moment pouvoir voter en disant stop, on arrête ou stop, on change. Ça n'existe pas actuellement dans le futur. Et en même temps, John Christopher... dans
Rapporteur, il y a rapport, donc c'est le rôle aussi du rapporteur. Est-ce que vous diriez qu'il a outrepassé les règles dans cette commission ? Est-ce qu'il a franchi les lignes rouges ?
il faut se souvenir d'où vient, en fait, il y a eu des précédents, il y a eu notamment la commission TNT, il y avait aussi, d'ailleurs, une des plus anciennes commissions d'enquête, c'était sur l'ORTF en 72, c'était Falletti, le maître de la publicité, c'est-à-dire. Mais il est parti de ce constat, qui est le sien, qui a un ressenti que 4 milliards... de nos impôts qui vont pour l'audiovisuel public, c'est sans doute de la gabegie. Vous savez, c'est le fameux Nicolas qui paye, ce citoyen, puisqu'on a un groupe de citoyens en France qui s'imagine être le créancier de la France. Bon, un rond-point, ça coûte 600 000 euros. C'est à quel point on n'est pas vraiment des créanciers de la France. Ça, c'est la première cible qu'il avait. Et la deuxième cible, c'est un programme politique. Est-ce que, oui ou non, il était pour ou contre la privatisation ? Or... c'est un peu la ligne politique et notamment de celle du RN, moins apparemment celle de l'UDR. J'ai essayé de rechercher leur position sur ce sujet. Donc il a commencé la commission, si vous voulez, avec un parti pris. Cela étant, son rôle de rapporteur aurait dû, comme vous l'avez dit, peut-être au moment où on rentre dans le vif des auditions, des dizaines et des dizaines d'heures, notamment sur le choix des invités qu'il aurait pu faire aussi, qu'il aurait pu faire contrebalancer, on peut venir avec une idée fixe dans une commission et puis petit à petit prendre de la distance. Force est de constater, 334 tweets, que de la distance, même si c'est défendu de vouloir la privatisation.
Alors, pour le coup, pour en avoir discuté avec lui, notamment au début, c'est vrai que Charles Alloncle était plus sur une logique de privatisation. Déjà, finalement, si on veut voir une évolution... Pour le coup, il était sur
le plateau de chaque voix compte juste avant le début de la commission d'enquête avec Jérémy Patry-Lettus. Il se défendait d'avoir... pré-écrit son rapport et l'arrivée avec des idées préconçues. Pour l'avoir vu,
pas mal en amont, plusieurs fois. En l'occurrence, moi, je trouve qu'il y a eu une petite évolution quand même de Charles Lalonde qui était plutôt sur une ligne. vraiment hard, c'est-à-dire de privatisation, que si la ligne de LR est du RN, et aujourd'hui, les protocolisations, c'est des coupes drastiques, mais c'est pas la suppression. On
le disait, il y a eu six mois de travaux, 69 auditions, 238 personnes interrogées, et des moments de grande tension, des clashs entre le rapporteur et les auditionnés, mais aussi entre le rapporteur et le président de la commission. Retour en images sur cette commission qui aura donc défrayé la chronique comme jamais, avec Hélène Bonduelle.
commission d'enquête ne se transformera pas en plus grand cabaret du monde où chacun vient faire son numéro. Cette commission ne sera pas non plus le procès à charge de l'audiovisuel public. Nos
interrogations, vous l'avez mentionné, porteront en priorité sur les quelques dizaines de secondes d'une vidéo tournée à mon insu et dans laquelle je ne dis rien ou presque rien. Une opération de propagande sans limite visant à dénigrer, à détruire le service public que je représente. L'espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer sur les antennes du groupe Bolloré.
Monsieur le président, que vous ayez des liens, on le verra peut-être, avec des actionnaires de MediaOne, vous pourrez en répondre. Pourquoi vous me répondez à chaque fois
?
Merci messieurs les ministres.
Mais non, mais... Mais Jérémy, franchement, mais qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu t'interromps ? Monsieur
le rapporteur, je viens de... J'avais encore
plein de questions à poser. Je viens de suspendre cette audition.
Je viens de suspendre cette audition.
Merci pour l'invitation, mais je ne suis pas un clown.
Excusez-moi, je le laisse terminer. On ne va pas contester le principe d'une commission d'enquête, on est tous parlementaires ici. Je ne conteste pas le principe d'une commission d'enquête, je parle de son coup. Mais
je parle de son
coup,
puisqu'on parle d
'argent. Parlons d'argent. Bon, merci M. Niel, là je crois qu'on a dépassé... Non, je suis à 6 minutes. Non, non, mais là c'est un manque de respect, je vous laissez 10 minutes, je vais laisser la parole à M. Nommé. Si vous voulez pas m'entendre. Mais je vous entends. Non, vous voulez pas m'entendre, vous laissez pas... Non, mais... M. Niel, M. Niel, M. Niel. Monsieur Niel. rapporteur ici présent a le dimanche 21 septembre 2025, dans l'émission Les Incorruptibles, déclaré, je pense, je vais parler au conditionnel, que Nagui est la personne, sur les dix dernières années en France, qui s'est le plus enrichie sur l'agent public, plus que n'importe quel patron d'entreprise publique, plus que n'importe quel ministre. Votre intuition, comme vous dites,
a déclenché, à mon encontre, des injures. des menaces, des incitations à porter atteinte à mon intégrité physique, le tout avec de nombreux messages racistes.
Vous m'avez menacé sur les réseaux sociaux de porter plainte directement contre moi dans mon rôle de rapporteur. Quelles sont les choses que vous auriez finalement à cacher pour envisager une plainte et des poursuites en justice ? N'essayez pas de détourner les chiffres. La question est simple, Madame la Présidente, entre votre année d'arrivée et la dernière année validée par la Cour des comptes 2024, est-ce qu'il y a une augmentation de 136 millions de dotations publiques ?
France Télévisions coûte aujourd'hui 600 millions d'euros de moins aux Français qu'il y a 10 ans.
Pardon d'être insistant sur ce sujet, mais parce que je vois beaucoup de fausses informations.
Je trouve ce procédé très manipulatoire. Je prends ça pour de la diffamation.
Voilà pour la compilation de la commission d'enquête. John Christopher, j'ai failli vous dire, comme Charles Aloncle a géré mes patriarités. Non mais reviens, ne pars pas. Vous étiez exaspéré pendant la diffusion du sujet.
Oui, il y a une commission d'enquête. C'est quand même un moment fort. On a un parlement qui n'est pas très puissant sous la cinquième. Il faut le reconnaître et ça fait partie de ces moments clés très importants. J'ai pas connu, mais la commission d'enquête suite à l'incendie du collège Païron, c'est quand même ce qui a permis de mettre en exergue une meilleure protection des publics dans les lieux qui accueillent du public ici. Ce qui aurait été bien dans une commission sur l'audiovisuel public, c'est peut-être de dire où sont finalement les économies, éventuellement, si on est sur ce terrain-là. Pourquoi il y a de l'externalisation, par exemple ? Peut-être parce que justement, le budget n'est pas assez important pour avoir des salariés. Sur la neutralité, moi, si vous voulez, j'aurais voulu avoir des choses beaucoup plus larges. L'audiovisuel public, c'est un bien public. La continuité du service public exige une télévision publique. Et ça, ça a été, si vous voulez, à mon sens... perturbés par des... Ce n'est pas une image reluisante de la politique.
Philippe Bailly, on le disait, il y a eu quand même 238 auditions. Vous avez appris des choses, vous qui êtes un expert des médias et de l'économie de l'audiovisuel.
Sur l'économie du visuel, non, rien. Je rajouterais juste au florilège que vous avez passé là un rappel, et c'était la première ou la deuxième audition, je crois la première, celle du président de l'Arcom, pendant laquelle il a été questionné sur le conflit d'intérêts que pouvait représenter de sa part le fait d'avoir eu un enfant, donc d'avoir partagé la vie, d'une dame qui est aujourd'hui directrice générale des médias, au ministère de la Culture. Oser demander, lors de la première audition, si le fait d'avoir eu cet enfant en commun, entre guillemets, puisqu'ils sont séparés, représentait un conflit d'intérêts. Tout était dit, la tonalité était donnée. Pour le reste, et pour prolonger sur ce que vous disiez, il y a encore une fois... il y a l'audiovisuel public, les missions qu'elle remplit, qui sont d'ailleurs des missions d'information, de culture, de divertissement, mais aussi de partage de la parole. de la parole donnée aux partis politiques, aux organisations syndicales, à l'animation du débat, à l'intérêt général. Il y a, au-delà de ça, une contribution qui est à peu près de 50 % à la production audiovisuelle, de fiction, de documentaires, de spectacles vivants en France. Et puis, il y a encore au-dessus, encore une fois, une année... Un équilibre global du marché publicitaire, notamment, qui ne tiendrait pas deux minutes si demain, France Télévisions était privatisée, devait aller chercher son... Tout ça, six mois plus tard, ça n'a même pas été évoqué.
Elsa, on le disait, les préconisations du rapport, il y a 80 recommandations au total. Elles circulent, on va le dire. C'est mentaux, évidemment. à l'heure, John Christopher parlait de l'externalisation, c'est-à-dire le recours à des sociétés de production privée, qui est une forme de privatisation déjà du service public. Ça fait partie des recommandations du rapporteur. L'internalisation des émissions de flux qui concernent l'information, les débats, l'opinion, la politique, et le rapporteur estimant que France Télévisions dispose des moyens en interne pour les produire. Il dit
ça tout en disant qu'en gros, tout ce qu'il propose, ça permet de faire 1 milliard d'euros d'économies sur 4 milliards d'euros de budget. On imagine bien que les entreprises font des choix aussi. Si c'était si simple de tout faire en interne, peut-être que ce serait davantage fait. Là, je ne suis pas avocate de France Télévisions, mais il dit tout ça tout en disant et en même temps, on vous donnera 1 milliard de moins pour le faire. Est-ce que ça, c'est vraiment... Ca paraît contradictoire. Justement, c'est vrai qu'il se défend de dire... Je propose pas la privatisation, mais je pense que beaucoup de députés disent que ce serait trop convenu, ce serait trop facile, et tout le monde se focaliserait sur cette question-là. Même s'il n'écrit pas noir sur blanc qu'il est pour la privatisation... En tout cas, quand on propose de réduire d'un quart le budget de quelque chose, peu importe ce que ce soit, on imagine que ce n'est pas forcément pour lui doter de moyens supplémentaires, mais plutôt de l'affaiblir. En tout cas, c'est la lecture que font tous ceux qui sont opposés au rapport. Philippe
Bey, vous avez eu accès aux préconisations du rapporteur. Il y en a certaines que vous retenez ou qui vous choquent.
D'abord, je ne sais pas ce qu'est la liste réelle, parce qu'y compris dans les articles de journalistes informés qui sont parus, c'est très amusant de... d'un papier à l'autre, le rapport fait parfois 369 pages, parfois plus de 400 pages, etc. On a l'impression qu'il y a eu plusieurs versions qui en ont circulé. et qu'à la fin, on verra bien ce qu'il y aura dans l'analyse des 80. Je ne me suis pas lancé dans une... Pas qui est passé, j'avais mon quota 2, et donc je n'ai pas cherché ça. Un mot sur le milliard que vous évoquez à l'instant. D'abord, il y a une espèce de manipulation qui est en train de se faire entre, d'un côté, lui, pour ce qu'on en connaît, qui dit qu'on fusionne France 2 et France 5, et puis on supprime France 4, et blim, ça fait un milliard d'économies. C'est pas vrai. Supprimer France 4, ça fait entre 35 et 50 millions d'économies, pas plus que ça. Deuxième chose, et pour l'avoir bien en tête et mesurer les enjeux, 1 milliard d'euros, c'est le montant qui est investi par l'ensemble des chaînes privées et publiques tous les ans. pour produire l'ensemble des séries de la fiction française qu'on peut voir sur les antennes et qui, éventuellement, on apprécie. Ca donne une mesure quand même du potentiel destructeur qu'auraient ces mesures si elles étaient mises en oeuvre.
Olivier
le débat que vous avez depuis quelques minutes, c'est d'essayer de rationaliser est-ce qu'au fond... L'objectif d'Al'oncle, c'est pas simplement de porter un message qui est déjà porté, notamment sur les antennes de CNews régulièrement, qui est de dire, il y a une caste, il y a un petit pari qui danse et qui rit, sur votre dos, en prenant votre fric, et de pas aller plus loin que ce niveau de lecture-là, parce qu'il est... audible, parce que sur les réseaux sociaux, il est partagé, parce qu'il fait aussi partie d'une matrice politique qui est portée par son camp.
D'une certaine manière, il sait de toute façon, parce qu'on est mi-2026, qu'elle est présidentielle dans un an et un parlement impossible, que de toute façon, il n'y aura pas de transcription législative d'ici là. D'une certaine manière, il ouvre la trace. pour ce qui pourrait se passer après 2020. C'est une fenêtre d'Overton, John Christopher.
Oui, c'est ça, en fait. On a ce sentiment, finalement, que pour satisfaire un pan de l'opinion, qui a le droit de penser ça s'ils veulent, qu'il y a de la gabegie, et donc, nous, on va mettre les moyens en oeuvre, sans d'ailleurs préciser que même la presse privée bénéficie de subventions publiques aussi. Donc, ils sont un peu toujours dans la contradiction. C'était un problème complexe qui, à mon sens, a été rétréci et galvaudé.
Juste une question sur la tenue des débats en général. Est-ce que cette commission d'enquête, elle donne pas aussi à réfléchir sur le fait qu'on filme notamment les auditions ? C'est vrai que c'est un sujet même à l'Assemblée nationale depuis 2022. Il y a à la fois ce sujet-là
et aussi le fait que certains auditionnés ont dit j'ai l'impression d'être dans un tribunal, pourquoi j'ai pas droit à un avocat ? Il y a tout ça aussi,
le fait qu'aujourd'hui, les débats se passent sur les réseaux sociaux. L'Assemblée nationale sort de l'hémicycle. Est-ce qu'on ne devrait pas repenser la publicité, en tout cas la vidéo, dans ce genre de... La transparence,
je crois que les citoyens la demandent aussi. Et si on cachait ce qui se passe dans les réunions... Mais les laisser y aller, s'ils le veulent. Comme les tribunaux, en réalité. Certains disaient que le fait que les vidéos, dans leur entièreté, existent sur le site de l'Assemblée, sur le site de l'LCP... ça permettait aussi aux gens de se faire une idée brute et neutre de ce qui passait et de ne pas faire confiance aux petits extraits, aux petites paroles. Ca peut aussi servir à protéger ce qui s'est passé dans la Réunion.
Historiquement, les commissions d'enquête, ça fonctionnait à huis clos. Et ça fonctionnait bien à huis clos, parce qu'à huis clos, on peut se dire des choses aussi, qu'on ne dit pas face caméra, et en tout cas, on évite un certain nombre de jeux de posture. La pratique, elle a complètement évolué, pour ne pas dire dérapé, depuis une dizaine d'années, avec une systématisation de la publicité des auditions, et en plus, maintenant, carrément du live-streaming, etc. C'est non seulement ouvert à la presse, mais ouvert à tous. Et à chacun, sur le fait que... chacun ait le droit d'assister aux auditions. Personnellement, je n'en suis pas d'accord. Je ne pense pas, par exemple, que ce serait une bonne idée aussi de retransmettre à la télévision les débats du Conseil des ministres. Je pense que toute réunion de responsables politiques n'a pas forcément vocation à se tenir sur la place publique.
John Christopher, est-ce qu'il faut revoir les modalités de fonctionnement des commissions d'enquête à l'avenir
Alors, sur la... Les modalités déjà sur la diffusion rapidement, c'est dans les années 90 qu'on a autorisé de filmer ces commissions. Honnêtement, je ne suis pas très favorable de ce point de vue-là, tout simplement parce que il vaudrait mieux que les gens lisent le rapport finalement que d'avoir... Et quand ça a été autorisé il y a 30 ans, on n'avait pas prévu, anticipé l'émergence des réseaux sociaux. Maintenant, si on prend le modèle belge, par exemple, une commission de ce que c'est, vous parliez d'avocat tout à l'heure, les commissions d'enquête parlementaire belge ont les mêmes pouvoirs qu'un juge d'instruction. Et par conséquent, si vous voulez, ça a beaucoup plus de... dans le contrôle qui peuvent être faits, notamment sur des sujets. Il y a eu la commission sur l'affaire Dutroux, la faillite de la Sabena. Ils en ont beaucoup. Je trouve qu'en matière de contrôle et de responsabilité, ça aboutit à des démissions de ministres, par exemple. Je ne suis pas pour la démission à tout va des ministres en France.
Vraie leçon à retenir de la Belgique.
Qu'est-ce qu'on retiendra de cette commission ? les facéties, si on peut dire ça, qui ont tourné. Et en même temps, je ne suis pas certain, je souhaite que ce soit le contraire, mais je ne suis pas certain que tout le monde se précipite lundi sur le site de l'Assemblée nationale. J'invite tout le monde à le faire pour aller compulser le rapport. Et c'est bien ça, c'est dommage.
Il y a une petite
synthèse qui est faite à côté.
Bon, merci. Merci en tout cas à tous les trois d'avoir été ce soir sur le plateau de chaque voix compte pour en parler avec nous. Publication du rapport, Elsa, lundi prochain, on aura l'occasion d'en reparler. Dans un instant, la question qui fâche, faut-il en finir avec les stages obligatoires en troisième et en seconde ? On va en parler avec nos trois prochains invités. Mais avant cela, c'est quelle histoire ? Olivier Ravanello. là, on change complètement de thème avec Olivier. Vous vouliez nous parler ce soir de la guerre du poulet. Une guerre très sérieuse, très grave, qui divise la ville de Saint-Ouen et même au-delà, toute la gauche. Et c'est peut-être qu'un début.
Oui, à l'origine de tout ça, il y a une enseigne qui vend du poulet de restauration rapide. Et les influenceurs ne s'y trompent pas parce que cette enseigne est en train d'avoir un succès incroyable, c'est Master Poulet. 50 points de vente partout en France, des files d'attentes délirantes et un concept qui est très simple, le pilon. est à 1 euro, le demi-poulet est à 4,5 euros. c'est pas cher, vous avez mangé et vous êtes bien nourri. Alors, c'est du poulet qui vient d'élevage intensif de Brésil, d'Ukraine pour l'essentiel, mais évidemment, tout ce qui est restauration classique, les rôtisseries, ne peuvent pas tenir le choc. Du coup, les maires s'en mêlent. Et à commencer par le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamran, qui est entré littéralement en croisade contre Master Poulet. Master Poulet qui lui rend bien et qui a transformé sa devanture en espèce d'espace d'affichage. C'est pas... c'est booba mais on n'en est pas loin
poulet s'est installé à saint-ouin contre la volonté de la municipalité il aurait été appréciable que les propriétaires de master poulet accepte la rencontre avec la municipalité pour au moins exposer leurs projets Ils se sont installés sans respecter les règles du droit commun. C'est la raison pour laquelle, parce que nous devons, je dois faire respecter la naissance publique, nous sommes rentrés dans une bataille juridique. En attendant, un message pour Master Poulet. Bien joué. Bien joué. Rendez-vous au prochain épisode. Bonjour.
Et voilà, c'est ça. Ça s'invective, ça se chamaille. Ça interpelle le maire PS de Saint-Ouen, Karim Boimran, en l'appelant Karim. Et en riposte, cette mairie a installé d'abord des plombs béton, puis finalement des pots de fleurs géants, alimentés avec de l'engrais assez malodorants, sans doute pour que les plantes puissent prendre plus rapidement. Et puis, ce qui alimente tout ça, c'est un litige juridique sur une terrasse, une véranda qui aurait été installée sans autorité. Les contrôles se sont mis à pleuvoir sur ce restaurant à telle l'enseigne que les employés les ont filmés pour faire la démonstration de l'acharnement des pouvoirs publics. Mais surtout, la municipalité a sorti l'argument de la malbouffe pour voler au secours de la santé de ses concitoyens. Ce qui est assez drôle, parce que de l'autre côté de la rue, vous avez un Burger King. C'est assez absurde quand on sait que Saint-Ouen, comme quantité de villes, compte des McDo, des KFC. des otakos, des kebabs. et que Master Poulet ne doit pas beaucoup, beaucoup, beaucoup contrevenir à la qualité de tout cela.
Et donc le combat devient politique.
Oui, LFI a vu une opportunité ici engouffrée. Voilà Master Poulet qui est devenu une sorte d'emblème d'une nouvelle lutte des classes, avec d'un côté des prolétaires qui ne peuvent pas se permettre de sortir 15 euros pour aller manger tous les jours à midi, et qui sont très heureux d'avoir des enseignes comme Master Poulet, versus les bobos qui, eux, vont dans... des restaurants un peu plus chers, ces bobos qui sont venus s'installer dans la première couronne parisienne en gentrifiant ces banlieues populaires. Sur le compte des Insoumis, qui s'appelle l'Insoumission, on s'en donne à coeur joie.
est à Saint-Ouen dans le 93. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur Saint-Ouen. Le coupe-gorge, porte de clignons, cours, tout ça. Grâce à Karim Bouamran, on sait dorénavant que l'endroit le plus dangereux de Saint-Ouen, c'est le master poulet.
Qu'est-ce que tu penses de Karim Bouamran ? La politique qui mène en faveur des plus aisés n'est pas conforme à l'avis du 93. Je pense qu'il devrait arrêter de s'occuper du poulet braisé et de s'occuper plutôt de sa mairie.
et du coup, les élus municipaux LFI sont montés au créneau, toujours sur les réseaux sociaux. Ils ont même appelé à la rescousse le député Éric Coquerel, qui est venu embrasser la cause du poulet, faisant de Karim Boimbrad un despote municipal. Le
sujet, c'est qu'un maire ne
peut
pas faire ce qu'il veut, quand il veut, selon son désidérata.
Alors pourquoi autant de haine pour du poulet, me direz-vous ? Sans doute parce qu'en toile de fond, il a quand même une rivalité politique très claire et notamment sur la présidence de l'intercommunalité La Plaine Commune. C'est quand même 450 000 habitants qui regroupent entre autres Saint-Denis et Saint-Ouen et les deux maires de ces deux communes, Bali-Bakayoko, se sont affrontés. Bakayoko contre Boamran et c'est l'insoumis qui a gagné. Mais le maire de Saint-Ouen qui reste le premier contributeur au budget. cette intercommunalité n'a sans doute pas dit son dernier mot. Si la guerre du poulet sera sans doute bientôt terminée, l'autre bataille, elle, risque de durer.
Merci de nous en avoir parlé. La seule guerre autour du poulet, c'est de savoir qui aura du blanc et qui n'en aura pas.
Tout est bon dans le poulet.
La cuisse, ok. Merci, Olivier. On passe à la question qui fâche. Nous sommes le 28 avril et c'est aujourd'hui la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Marquée cette année par la mort il y a quelques jours de Calvin, un adolescent de 15 ans qui était en stage d'observation de seconde dans une entreprise de bagnole sur 16 dans le Gard. Un drame qui pose la question de l'encadrement, voire du bien fondé de ces stages. Et nous en débattons ce soir avec vous, Béatrice Piron. Bonsoir. Vous êtes député Horizon des Yvelines. Paul Vannier, bonsoir. Bonsoir. Député de la France Insoumise du Val d'Oise. Et bonsoir Grégoire. Vous êtes vice-président de la FCPE, la Fédération de parents d'élèves. Merci à tous les trois d'être avec nous pour évoquer ce sujet. C'est Martin Bornet qui vous pose la question.
Calvin Simon est le sixième mineur mort dans le cadre d'un stage depuis janvier 2025. Le gouvernement promet alors de remanier les stages de troisième et de seconde pour mieux protéger les élèves.
Il ne s'agit pas forcément de changer leur format, mais il s'agit de faire en sorte que ce ne soit que des stages d'observation. C'est-à-dire qu'en aucun cas un jeune ne peut être amené à faire un geste professionnel pendant un stage.
Une cinquantaine de parlementaires de gauche appellent eux à suspendre les stages d'observation pour les mineurs. le temps de bâtir un cadre plus protecteur. C'est aussi le combat d'Arnaud Artenay. Son fils Axel, 16 ans, est mort lors d'un stage de seconde l'année dernière.
l'état, il faut que le stage de seconde générale et le stage de quatrième, troisième, il faut les arrêter. Parce qu'on fait prendre des risques inconsidérés à nos enfants. Ce que l'on souhaite, c'est que les stages soient mieux préparés et mieux encadrés. C'est-à-dire que l'éducation nationale se déplace dans les entreprises. pour préparer l'arrivée du jeune.
Parmi les pistes envisagées par le gouvernement, une nouvelle formule avec des groupes d'une dizaine d'élèves qui se rendraient chaque jour dans une entreprise différente pour en découvrir les métiers.
10 jeunes dans une entreprise, ça va faire un peu comme à l'école, comme s'ils faisaient une sortie scolaire. Je ne sais pas s'ils vont autant se rendre compte de ce que c'est le travail qu'en étant tout seuls dans une entreprise.
En troisième, comme c'était que de l'observation, en soi c'était de la découverte, mais c'était bien. Mais le mieux c'était vraiment en seconde parce qu'on pratiquait un peu. C'est le plus intéressant.
C'est important de faire des stages d'observation, même si parfois tu es emmené à faire de la pratique, mais je trouve que ça doit être quand même structuré.
Les ministres du Travail et de l'Éducation ont annoncé le lancement d'une mission flash pour renforcer les conditions de sécurité des stages en entreprise des élèves de troisième et de seconde. Mais faut-il aller plus loin et en finir avec les stages d'observation ? C'est notre question qui fâche ce soir.
c'est ce que vous dites, en fait, Paul Vannier. Vous dites qu'il faut arrêter les stages d'observation en troisième et en seconde.
Ceux de seconde, assurément. Pourquoi ? D'abord parce qu'ils ne servent à rien. Peut-être revenir à l'origine de ces stages. Ils sont obligatoires depuis peu de temps, depuis des réformes du lycée, du baccalauréat, considérablement désorganisé le temps scolaire des lycéens. De ceux de seconde en particulier, l'année se finit très tôt maintenant en seconde. Et la vérité, c'est que l'Education nationale ne sait plus quoi faire de ses lycéens et qu'elle a trouvé une solution. On les envoie en stage. On les voit pendant deux semaines en stage.
Gabriel Attal, ministre de l'Education, avait vendu ça comme une reconquête du mois de juin. Parce que quand on est en seconde, on n'a pas d'examen à la fin de l'année et qu'on se retrouve à la maison dès le début du mois de juin. Je crois que c'est la
défaite du mois de juin et de l'Education nationale. Parce que qu'est-ce qu'ils y font, ces élèves, dans ces stages ? Souvent pas grand-chose. Il y a un rapport très discriminatoire, par ailleurs, à l'accès au stage. Il va... Le plus souvent dépend du réseau social, familial. Il y a des stages intéressants, c'est vrai, mais il y en a qui sont absolument vides. de sens, d'intérêt et qui, à la fin, mettent en danger les élèves. Parce que c'est ce qu'il faut dire. C'est mort, ça a été rappelé, depuis janvier 2025. Il y a des accidents du travail de ces jeunes qu'on envoie en stage qui se mesurent par centaines, par milliers, si on prend les apprentis, c'est plus de 10 000 accidents au travail et des décès dans des proportions considérables. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'encadrement. Il y a des conventions de stage qui vont varier d'un établissement d'une entreprise à une autre, mais il n'y a pas d'encadrement, de suivi assuré notamment par l'éducation nationale. Il y a des statuts très différents. Par exemple, les lycéens professionnels. Quand ils vont en entreprise dans le cadre de leur parcours, il y a des conventions. qui associe l'élève, sa famille, l'entreprise et l'éducation nationale, et les enseignants et le chef d'établissement qui vont dans l'entreprise, qui vérifient que les conditions sont, en tout cas c'est ce qui est prévu, propices à l'accueil. Il y a une formation prévue en principe des enfants, des élèves, au risque professionnel. Et ça c'est indispensable. Et vous voyez, quand il n'y a pas ça, quand on se débarrasse d'élèves de seconde parce qu'on ne sait pas quoi faire d'eux, et ça c'est une défaite pour l'éducation nationale, ça conduit... à des drames, et ça, il faut y mettre fin tout de suite.
Que disent les parents, Grégoire Ancel ? Est-ce qu'ils sont inquiets d'envoyer leurs enfants en stage ? Est-ce qu'ils se disent... Est-ce qu'il va revenir entier ? Est-ce qu'il va se blesser
? Alors... C'est vrai que c'est une galère sans nom. Des parents sont inquiets. On s'interroge beaucoup sur le stage de seconde. C'est effectivement une défaite. Le fait d'avoir renvoyé vers les entreprises, les associations et les collectivités locales l'accueil de 600 000 lycéens en même temps, au mois de juin, alors que les lycéens de la voie pro ont au même moment des stages obligatoires, notés, suivis, qui comptent pleinement dans leur formation, on voit bien la thrombose que ça provoque. Ce sont des stages qui ne sont pas du tout encadrés, notés. on en voit effectivement dans la nature ces lycéens. Donc oui, il peut y avoir des inquiétudes des parents, et puis il y a surtout une inquiétude tout au long de l'année pour trouver ses stages, parce que là, c'est la foire à la débrouille. La Défenseur des droits a rendu un rapport il y a quelques mois très intéressant sur le sujet qui montre bien tous les biais de territoire, tous les biais sociologiques sur la capacité de trouver un stage par le système familial, par l'entourage. Et quand vous êtes dans un territoire dépourvu d'entreprises ou d'un tissu économique ou associatif dense, ce sont des stages qui se finissent à la maison.
Il
faut quand même le dire.
Béatrice Piron, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, a fait une conférence de presse il y a tout juste une heure pour expliquer qu'un guide d'apprentissage allait être distribué aux élèves. Jusqu'où vous voulez aller pour réformer et mieux encadrer ces stages d'observation ?
Alors je ne sais pas jusqu'où il veut aller lui, évidemment, s'il a annoncé ça il y a une heure, mais c'est évident que... Il y a sûrement des choses à améliorer, mais contrairement à mes deux voisins, je ne pense pas que ce stage de seconde soit totalement inutile. Moi, j'ai dû prendre plus d'une cinquantaine de stagiaires, de troisième, de seconde, et certains n'arrivent pas à trouver le stage de troisième qu'ils veulent ou voulaient faire un stage dans un métier et puis finalement, ils changent d'avis.
C'est des stagiaires, c'est des élèves qui se sont présentés à vous spontanément par mail ? Oui, je reçois des mails tous
les jours, même encore. En cette période, il y a encore beaucoup d'élèves. Et justement, il y a des choses qu'on peut améliorer dans le stage de seconde. Depuis le début, je trouve que c'est totalement idiot de les obliger à faire tous en même temps. Depuis des années, les élèves de 3e sont répartis sur plusieurs périodes. Certains collèges les envoient en stage en décembre, d'autres en février, d'autres en mars. Ça me permet de prendre des élèves de 3e à 3 moments dans l'année. tous les élèves de seconde se présentent en même temps sur la même semaine. Ils vont bientôt arriver, là. Il y a certains lycées qui permettent aux élèves de faire deux stages différents, parce que deux semaines... C'est vrai que c'est un peu long pour les entreprises, surtout les toutes petites structures, où on ne peut pas faire passer les élèves dans plusieurs services. Mais je dirais que ça permet de découvrir une chose en troisième, une deuxième en seconde et pourquoi pas une troisième. Je crois qu'il y a plein de choses à améliorer. Je suis d'accord sur le fait qu'il faut que les établissements se responsabilisent un peu plus. Dans les lycées professionnels...
Vous parlez des écoles ou des
entreprises ? Non, les établissements scolaires. Dans les lycées professionnels, on a créé le bureau des entreprises où on a une personne responsable des stages des élèves. Aujourd'hui, dans les collèges et dans les lycées... Les élèves sont, c'est le gros reproche que l'on fait, livrés à eux-mêmes pour trouver leur stage. Rare sont les collèges qui ont constitué même, on va dire, une base de données des stages déjà faits dans l'environnement, parce que quand un notaire ou un avocat ou un médecin ou une pharmacie accepte de prendre un stagiaire une année... il y a une grande chance que l'année d'après, elle va réaccepter de prendre un nouveau stagiaire. Donc on pourrait établir une liste de stages homologuées, où ça se passe bien, où il n'y a pas de danger, et laisser les élèves choisir, on va dire, parmi ce lot de stages, plutôt que de les laisser partir. Moi, ce que je trouve quand même très dommage pour beaucoup d'enfants, c'est de partir en stage dans l'entreprise de ses parents. Je ne pense pas que les enfants apprennent beaucoup du métier de leurs parents. Peu d'enfants ont une entreprise dans laquelle ils travaillent. Ils peuvent poser des questions tout au long de l'année à leurs parents sur quel est leur métier, qu'est-ce qu'ils font, comment ça se passe. C'est pas la
limite du principe. C'était l'argument de monsieur Vanier. On reproduit, on va dans le milieu d'où on vient. Il faut que ça soit
mieux coordonné au niveau de la classe. Chaque parent pourrait proposer... un stage dans son réseau et puis les élèves choisir en fonction de leur souhait. Il
y a des initiatives qui sont intéressantes dans des établissements où les parents se réunissent et font une base de données. Il y en a d'autres qui mettent en place des membres de formation pour que les élèves apprennent aussi à aller chercher les stages. Moi, j'en prends souvent des stagiaires, ce sont des gens qui me contactent sur LinkedIn, par exemple.
Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Est-ce qu'imaginer un tel Barnum... c'est vraiment nécessaire par rapport à ce qu'apporte un stage d'une semaine d'observation qui est quand même très aléatoire.
Grégoire Ancel. Ce qui est évoqué ici, c'est vraiment que la recherche de ces stages pèse à 100% sur les familles en troisième comme en seconde avec tous les biais qu'on a évoqués. Deuxièmement, madame, dans les lycées, on a déjà... à peine les moyens de pouvoir bien encadrer les élèves, d'avoir suffisamment d'enseignants présents, etc. Ça demande un suivi au cordeau, dont on n'a pas les moyens dans les lycées. Aujourd'hui, on sait très bien que c'est vain. Les enseignants sont mobilisés au mois de juin pour d'autres choses autour des examens. Et il faudrait que tout au long de l'année, effectivement, on puisse répartir. Mais ce qui se pose là, c'est la question de la relation école-entreprise et du parcours d'orientation. et du choix de la découverte des entreprises potentielles et du choix que l'on construit, du parcours que l'on se construit tout au long de la scolarité. Et aujourd'hui, il faut qu'on redéfinisse un vrai service public de l'orientation parce que c'est la débrouille à tous les étages et ça pèse trop sur les familles. Donc il faut qu'on reprenne cette discussion-là et nous, nous demandons cette concertation depuis trois ans et nous espérons être bien entendu dans les prochaines semaines parce que ça fait trois ans que sur les sages de seconde, on crie dans le désert que ça ne va pas et que c'est totalement discriminant. et ubuesque comme système.
Paul Vanier.
C'est un débat très important parce qu'au fond, c'est un débat sur notre conception de l'école et notre conception de l'élève. Est-ce que l'élève doit être en classe ou est-ce qu'il doit être de plus en plus tôt ? et de plus en plus massivement dans l'entreprise. Moi, je pense qu'il doit d'abord être en classe. Je pense qu'il faut plus de temps scolaire. Je pense que l'école, on y découvre du savoir. On y apprend des choses et qu'il faut le plus longtemps possible le faire. Et on est dans une société où on est en train de précipiter notre jeunesse dans le monde de l'entreprise. Vous dites que 14-15 ans,
c'est trop tôt pour être exposé au monde du travail.
Vous le savez, on en a tous fait l'expérience. Nous qui sommes aujourd'hui des adultes, de la difficulté à choisir. Quel métier on veut faire ? On a tous eu, en tout cas, moi, je l'ai eu et je le souhaite pour les jeunes de ce pays, le droit à l'erreur. On a le droit de se tromper, d'essayer une chose et de changer. Mais prenons le temps de nourrir ce projet-là. Est
-ce que c'est pas ce qu'on peut découvrir dans un stage ? De se dire que c'était bien, mais ça ne me plaît pas du tout. Vous avez vu les adolescents qu'on a interrogés dans le reportage ? hyper heureux du stage qu'ils ont fait. Ils s'ennuient à l'école.
Peut-être qu'ils s'ennuient à l'école. Peut-être qu'il y a des questions à poser à l'école. Je ne crois pas que dans une ou deux semaines, dans un espace social qui est en vérité celui du réseau familial, y compris ces échanges à l'échelle de l'établissement, dans un système éducatif qui est aussi ségrégé que le nôtre. où les inégalités sont aussi fortes. C'est un enfermement un peu plus large, peut-être, mais ça reste une assignation sociale, territoriale, à résidence. Ça, moi, c'est pas ma conception du rôle de l'école. L'école publique, notamment, elle doit être là pour casser tous ces mécanismes de reproduction. Et pour cela, elle doit élever, justement, les élèves et les prendre en charge. en classe, devant des professeurs, y compris devant des professeurs qui maîtrisent des gestes professionnels dans les lycées professionnels. Ce sont des enseignants qui apprennent une culture professionnelle, des savoirs professionnels qui dotent les élèves d'une qualification. Mais ça, vous voyez, c'est l'éducationnal qui le prend en charge. C'est à ça que moi je suis attaché et je crois que c'est la question plus large qui est posée derrière celle des stages.
C'est aussi la question de... On parlait tout à l'heure de l'orientation, on parlait de la reconquête du mois de juin. Depuis des années, des dizaines d'années, le mois de juin, pardon, j'ai un souvenir, j'étais au lycée dans les années 90, on jouait aux cartes au mois de juin. Est-ce qu'il vaut mieux pas... Pardon ? Ça a toujours été le cas. Moi, avant d'être député,
j'étais enseignant. J'ai enseigné pendant 10 ans et je peux vous dire qu'au mois de juin, on travaillait. C'était le seul avec qui on bossait. On travaillait au mois de juin, on préparait le bac à l'époque où il était à la fin. C'est aussi cette fin du bac comme diplôme national avec un examen au même moment pour tous les élèves de France qui a disloqué ces temps-là. Au mois de juin, on peut faire de la remédiation pédagogique. On peut préparer l'année d'après. Donc c'est un mois utile.
On peut tout à fait concevoir en donnant les moyens à chaque établissement de construire un projet spécifique, de faire venir la mission locale, de faire de la remédiation sur des notions de l'année qui n'auraient pas été bien acquises, de peut-être préparer l'oral pour la première... pas l'oral pour l'oral, mais l'éloquence, d'apprendre à pouvoir argumenter, d'avoir un temps privilégié différent, de faire venir des entreprises, peut-être, effectivement, pour découvrir des métiers dans l'enceinte du lycée. On peut tout à fait imaginer, en s'en donnant les moyens, une véritable ambition sur ce... le mois de juin qui est effectivement délaissé et c'est pas admissible. Mais c'est dans l'école que ça doit se faire et on doit pouvoir permettre aux équipes de construire des projets, de faire venir les centres sociaux, de travailler avec tout le tissu économique et associatif du secteur. Il y a moyen de faire vraiment des choses très intéressantes.
C'est la remarque de Anne qui nous écrit et qui dit que... Enfin, qui souligne le fait que ça permet d'occuper des élèves dont l'établissement est centre d'examen aussi. Et donc qui n'est pas accessible.
Béatrice Piron, on parlait des cinq stagiaires décédés, cinq familles dont l'enfant n'est pas revenu parce qu'il est parti en stage. Donc il y a quand même la question aussi de ce qu'on fait faire à ces enfants quand ils sont en stage dans l'entreprise. Est-ce qu'il y a un moment, la première urgence, c'est pas de se dire qu'il y a certains secteurs, certaines entreprises, quand il y a un chariot élévateur par exemple, quand il y a des palettes, est-ce que ces secteurs-là ne doivent pas être exclus du périmètre des stages possibles ?
Alors, théoriquement, ils le sont déjà. Par les textes de loi, on voit bien comme quoi les élèves ne peuvent pas accéder aux machines, aux appareils, aux produits dont l'usage est proscrit aux mineurs par les articles D 41-53-15, etc. Donc, dans les textes, ça existe déjà. Visiblement, ça manque de contrôle. Je pense que quand l'établissement a signé la convention, elle
a peut-être... D'accord, mais à ce moment-là, il faut aller contrôler. Tous les jeunes qu'on a interrogés cet après-midi disent qu'ils faisaient des stages dans lesquels ils faisaient quelque chose. Ils n'observaient pas, ils ne regardaient pas quelqu'un travailler. Il faisait quelque chose, notamment un stage dans la restauration où le stagiaire servait des assiettes.
Ça ne peut pas être un travail déguisé. C'est pas admissible. On ne peut pas avoir une main-d'oeuvre à bon marché, 15 jours, fin juin. C'est dans le cadre de l'école, c'est pas possible. Il doit y avoir un encadrement, une surveillance, un retour. Et la protection de l'enfance, elle commence par l'école. L'école protège en toutes circonstances. Qui contrôle
ça
?
Personne.
Personne, je dirais que c'est l'élève qui le sait quand il arrive en stage et qui dit bien que c'est un stage d'observation où il va pas. prendre un poste, on va dire, d'ouvrier ou un poste remplacer quelqu'un, mais les élèves eux-mêmes, bien souvent, ont le goût pour tester, écrire. Moi, quand je prends un stagiaire, je lui demande souvent... D'écrire des amendements ? Pas des amendements, mais d'écrire un petit bout de communication, de faire une synthèse d'une réunion. Il faut quand même l'occuper aussi, et il est demandeur. Il utilise un stylo, un papier...
J'en ai, en effet, de ma circonscription, des jeunes qui souhaitent découvrir le métier d'attaché parlementaire, qui font des études de droit. J'en accueille très souvent plutôt des jeunes adultes. Vous vous empêchez de leur faire
faire des choses ?
Je leur fais souvent... Ils suivent mon activité et je leur fais souvent rédiger une question écrite, qui est un bon exercice, je trouve, pour ces stagiaires, pour s'approprier un sujet et essayer de faire quelque chose. Mais oui, ils sont souvent en formation
à
l'université. On est dans un autre cadre là, ce sont des adultes, mais... Qu'est-ce qu'ils en retiennent à la fin ? Je suis sûr qu'ils sont heureux d'avoir découvert l'Assemblée nationale. C'est un stage quand même pas banal, on va pas se raconter des histoires. Un stage à l'Assemblée nationale, il y a peu d'élèves à la fin qui y accèdent. Mais qu'est-ce qu'ils en ont retiré du point de vue de qualification, de savoir, de savoir-faire ? Franchement, on va pas se raconter de l'histoire, pas grand-chose.
Dernier point qui est soulevé par Micheline, qui nous dit que notamment dans les milieux ruraux, c'est aussi à la charge des familles d'accompagner. chaque élève sur son lieu de stage, parce qu'il n'y a pas de transport scolaire qui fonctionne.
Parfois, de louer même des logements. Je vous interromps, parce que tout de suite, c'est Bourbon Express, c'est le journal de l'Assemblée nationale et c'est Marco Pommier, sinon, il n'aura plus le temps.
Bonsoir.
Vous êtes témoin, c'est eux qui ont relancé ? Oui, ce n'est pas vous. soir, on commence dans Bonbon Express avec le tour de vis de Sébastien Lecornu au député du Socle commun. On resserre les rangs.
Sébastien Lecornu veut une nouvelle méthode soigneusement exposée par Matignon hier soir à la presse. Il fallait bien ça, car avant la pause parlementaire, le Premier ministre a enchaîné les revers à l'Assemblée sur le travail le 1er mai sur la loi contre l'antisémitisme. On se souvient aussi... du rejet de la réforme de l'assurance chômage, faute de mobilisation suffisante, des soutiens du gouvernement. De quoi agacer sérieusement Sébastien Lecornu.
-ce qu'il y a une démobilisation à l'Assemblée nationale qui est préoccupante ? La réponse est oui.
Résultat, Sébastien Lecornu a convoqué hier soir à Matignon des présidents de groupe du Socle commun. Objectif, vous l'avez dit, resserrer les rangs, remettre un peu d'ordre. Parmi les décisions, programmer les textes du gouvernement les mardis et mercredis, quand les bancs sont les plus remplis. Et surtout, surtout en finir avec les motions de rejet tactiques déposées par le Bloc central contre leur propre texte pour accélérer la procédure. C'était le cas sur le texte du 1er mai. Matignon dit stop, regardez. contraire à la démocratie parlementaire, une motion de rejet vaut rejet du texte. Le message est passé, reste à voir s'il sera suivi des faits.
Parmi les accidents de ces dernières semaines, au mois d'avril, il y a eu le retrait du texte sur l'antisémitisme de la macroniste Caroline Nyadant. Aujourd'hui, justement, le gouvernement a repris la main.
Avec la volonté de présenter un nouveau projet de loi pour lutter contre les formes contemporaines de l'antisémitisme. Je cite, une promesse, le texte du gouvernement... ne sera pas un copier-coller de celui de Caroline Yadant, très critiquée à gauche et même dans une partie du bloc central qui pointait du doigt un risque pour la liberté d'expression. Aurore Berger, la ministre de la lutte contre les discriminations, a une mission, celle de reprendre le débat, mais sans l'enflammer. Elle réunissait cet après-midi les représentants des groupes parlementaires de tous bords. Et ce soir, à gauche, on a salué une première réunion constructive.
ne parle plus de la loi Yadan, on parle vraiment d'un nouveau projet de loi qui serait porté par le gouvernement. Là où on reste un peu sur notre faim, c'est qu'on a très peu parlé de la question des moyens. On part sur de nouvelles bases, dans
un esprit consensuel, dans un esprit transpartisan. Et le groupe socialiste, à l'Assemblée comme au Sénat, participera activement à ce travail pour faire des propositions.
Il y a quelques trous dans la raquette législative qu'il va falloir combler. Mais est-ce qu'il faut une loi pour cela ? Ou est-ce qu'il faut des amendements sur des textes déjà existants ? En fait, la question se pose vraiment.
pour la ministre Aurore Berger, cette loi est indispensable. Elle estime qu'un certain nombre de propos antisémites échappent aujourd'hui aux sanctions des actes antisémites qui explosent en France. 1320 recensés en 2025, les deux tiers visés des personnes selon le ministère de l'Intérieur.
Vous vouliez finir avec un petit point agenda parce qu'il reste beaucoup de textes à examiner à l'Assemblée et les députés se demandent déjà s'il ne va pas falloir... Annuler le début des vacances.
La session parlementaire est censée s'achever fin juin. C'est ce qu'on appelle la session ordinaire. Mais face à l'avalanche de textes annoncés, loi de programmation militaire, urgence agricole, peut-être la fin de vie, deux petits mois, ça semble un peu court pour tout boucler. Pour Yael Brunpivet, la présidente de l'Assemblée, c'est clair, il faut poursuivre les travaux en juillet lors d'une session extraordinaire.
veux travailler cet été, je veux travailler au mois de juillet. Il nous faut une session extraordinaire alors qu'elle aille jusqu'au 15, 20 juillet, même 31 juillet. Moi, franchement, ça m'est complètement égal. Ce que je veux, c'est que les textes avancent. Nous devons faire de cette année 2026 une année utile pour les Français. Il y a beaucoup de textes que nous avons évoqués qui rentrent directement dans leur quotidien.
ne sais pas si Paul Vanier veut travailler
jusqu
'en
juillet, par
exemple.
Oui, mais je prie le gouvernement d'arrêter de désorganiser l'Assemblée nationale pour qu'on puisse avancer vraiment.
Je crois qu'on a toujours travaillé le mois de juillet depuis une dizaine d'années. C'est pas extraordinaire.
C'est validé, mais ça ne dépend pas de Yael Brown-Pivet. La session extraordinaire peut être demandée par le Premier ministre, par une majorité de parlementaires, mais c'est bien le président de la République qui ouvre et clôt les sessions. Ça, c'était le petit point Constitution.
Merci, c'est toujours précieux. Merci, Marco. Merci à tous les deux d'être venus. Merci Lou et Olivier. Cette émission est rediffusée à 23h30. Vous la retrouvez sur lcp.fr et sur les plateformes de podcast. Chaque voix compte revient demain en direct à 19h30. Passez une excellente soirée sur la 8. A demain.