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L 'ordre du jour appelle les questions au gouvernement. La première va être posée par monsieur Jérôme Nury pour le groupe droite républicaine.
Vous le savez, avec notre groupe de la droite républicaine, nous défendons fermement la France qui travaille et notamment la fin des entraves qui touchent les artisans commerçants. Depuis 1947, les boulangers, fleuristes, bouchers restaient ouverts le 1er mai sur la base du volontariat et d 'un accord avec les salariés. Cela ne posait aucune difficulté pour les commerçants comme les salariés avant que l 'administration s 'en mêle. Depuis 2023, l 'inspection du travail a remis en cause cette autorisation par des contrôles et des verbalisations. Cette insécurité juridique est symptomatique d 'une bureaucratisation de notre pays au mépris du bon sens et de la volonté même des commerçants qui veulent simplement travailler. Pour mettre fin à cette absurdité, en janvier, nous avons inscrit, lors de notre journée d 'initiative parlementaire, une proposition de loi portée par notre collègue Thibaut Bazin. Elle a été adoptée en commission des affaires sociales. Mais l 'obstruction systématique de la France insoumise a empêché d 'achever son examen. Vendredi, nous avons une nouvelle opportunité de concrétiser cette avancée pour la France qui travaille. Nous avons la possibilité de restaurer un minimum de bon sens en permettant simplement à ceux qui veulent travailler de le faire. Pouvez -vous vous engager, vous et votre gouvernement, à tout mettre en oeuvre pour que cette loi puisse être votée et surtout s 'appliquer dès le 1er mai prochain?
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Madame la présidente de l 'Assemblée nationale, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Jérôme Durie, l 'Assemblée nationale aura bientôt l 'occasion d 'examiner, après une première tentative en janvier, vous l 'avez rappelé, dans le cadre de votre niche parlementaire, une proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai. Cette proposition de loi d 'initiative parlementaire entend encadrer strictement mais clairement les conditions dans lesquelles certains établissements et services peuvent, à titre dérogatoire, faire appel à leurs salariés le 1er mai. Il ne s 'agit en aucun cas de remettre en cause le caractère férié et chômé de cette journée, mais bien de reconnaître la spécificité de certaines activités. Soyons clairs, en ce qui concerne le gouvernement, nous ne souhaitons pas revenir sur l 'acquis du 1er mai chômé pour l 'immense majorité des salariés de notre pays. Ce n 'est pas non plus l 'ambition des auteurs de cette proposition de loi et des soutiens de ce texte. Le 1er mai est un symbole pour les travailleurs de notre pays et des organisations syndicales. Comme ministre du Travail et des Solidarités, je partage cet attachement. Je souhaiterais que cette journée soit un moment de cohésion et de concorde autour des travailleurs, des entreprises et des salariés qui font la fierté de notre pays. S 'agissant plus précisément de nos boulangers et de nos fleuristes, cette proposition de loi vise simplement à sécuriser le cadre juridique existant pour permettre de travailler sur la base du volontariat un 1er mai. Cette mesure correspond dans les faits à l 'usage sur le terrain depuis de nombreuses années, sans que cela soit contesté. Si la loi est adoptée, le gouvernement fera le nécessaire pour que le décret d 'application soit pris à temps pour que la loi entre bien en vigueur le prochain 1er mai. Je vous remercie.
A Saint -Denis, dans la ville des rois morts et du peuple vivant, des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées samedi pour proclamer un front antifasciste et dire non au racisme. Cet événement historique est né du déferlement de haine. qu 'a subi Bali Bagayoko depuis son élection. Que les racistes se tiennent pour dit, c 'est toujours par milliers que nous leur tiendrons tête. Bali Bagayoko n 'est pas seul, il fait la fierté de toutes celles et ceux qui ont été trop longtemps privés de représentation politique. Si un siècle de combats philosophiques et politiques nous ont appris une chose, c 'est que les êtres humains sont jetés dans le monde avant de pouvoir se définir. Le racisme a ceci de les réduire, de les déshumaniser, de les assigner, et ce, avant même qu 'ils ne prennent la parole. Comble de l 'horreur pour ses opposants, Balibagayoko n 'est pas seulement un élu noir, c 'est un élu noir qui veut partager les richesses. Voilà ce que vous ne supportez pas. D 'ailleurs, vous avez immédiatement attaqué son arrêté anti -expulsion. Collègues, il faut dire le moment politique que nous vivons, celui d 'un racisme répugnant où ressurgissent les structures héritées de l 'histoire coloniale. Les responsables sont connus et récidives à toute occasion. Car pour une chaîne comme CNews, le racisme n 'est jamais un dérapage, c 'est un modèle économique. A cet instant, certains silences sont intolérables. La France insoumise ne se laissera pas donner des leçons de République de la part de ceux qui ont tant tardé à réagir. Vos condamnations à retardement, votre soutien à reculons et le silence de l 'homme qui est censé présider la République. Emmanuel Macron appelle Éric Zemmour pendant 45 minutes quand celui -ci est pris à partie dans la rue, mais n 'a rien à dire au maire de la deuxième ville d 'Ile -de -France lorsqu 'il est traité de singe sur les plateaux. Faut -il être condamné pour provocation à la haine raciale pour recevoir un geste de solidarité du président de la République? Si l 'on ne s 'entend pas sur l 'évidence que la République refuse le racisme, alors il ne vous faudra plus parler de République.
Merci beaucoup, madame la présidente Pannot. La parole est à monsieur le Premier ministre.
m 'a interpellé sur ce sujet et sur lequel il faudrait affirmer, et je l 'ai dit avec force, le racisme n 'est pas une opinion et donc il doit être combattu à chaque moment et à chaque instant. Et c 'est pour cela que j 'ai demandé au préfet de la Seine -Saint -Denis de se porter parti civil auprès et aux côtés du maire de Saint -Denis, justement, dans les démarches qu 'il a faites. La justice est saisie et les enquêtes devront effectivement dire le droit. Vous voyez, sur la première minute de votre question, madame la présidente Panot, j 'étais d 'accord avec vous. Et puis au bout d 'une minute, c 'est plus fort que vous, vous avez joué de l 'ambiguïté, laissant à entendre au fond que le gouvernement de la République pouvait être raciste, laissant entendre que celles et ceux qui soutiennent ce gouvernement pouvaient être racistes. Et je le redis avec beaucoup de force, vous participez à une banalisation du mal, vous participez à la banalisation de ce racisme, et c 'est dangereux justement pour cette cause. Autre ambiguïté, il ne peut pas y avoir de discrimination à la carte. Ce qui est abject pour le racisme est abject pour l 'antisémitisme, pour l 'homophobie, pour l 'ensemble des discriminations, car la République, c 'est le refus de toutes les discriminations. C 'est la différence entre le communautarisme et la défense de la République. Refusons le racisme, l 'antisémitisme, l 'homophobie avec la même force et pas à la carte.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à Monsieur Sébastien Chenu pour le Rassemblement national.
Monsieur le Premier ministre,
on
connaissait le jeu des sept erreurs. Voilà celui des sept mensonges. Il y a quelques semaines, les carburants n 'augmenteront que de quelques centimes. Les prix s 'envolent aujourd 'hui. Il
n
'y aura pas de pénurie d 'essence. Les Français font la queue chaque Elle a augmenté d 'un pour cent. Il n 'y aura pas de hausse d 'électricité, pas de hausse de prix du gaz. Aujourd 'hui,
il
faut s 'attendre à une hausse importante, à une envolée des prix. L 'Etat n 'engrange pas de surplus fiscaux. Il en a enregistré pour 280 millions d 'euros. Il n 'y aura pas de répercussions sur les certificats d 'énergie. On a appris que son ancien dirigeant avait empoché des centaines de milliers d 'euros. Vos mensonges masquent vos mauvaises décisions, votre incapacité totale à vous remettre en cause. avec vous sur ces sujets. Nous demandons depuis des années la baisse de la fiscalité de façon durable sur les énergies. Les énergies, pas seulement les carburants, ce sont des biens de première nécessité. Nous le demandons au bénéfice de la France qui travaille, mais aussi de tous ces Français qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer, pour s 'occuper de leurs enfants, pour s 'occuper de leurs parents. Comme l 'avait dit Marine Le Pen, si vous ne savez pas faire, laissez la place à ceux qui savent. Combien de temps encore allez -vous mentir?
Merci, monsieur le député. La parole est à madame Maude Bréjon, ministre en charge de l 'Energie.
Merci, madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Chenu. D 'abord,
je
suis très étonnée d 'entendre votre question sans que vous ayez prononcé une seule fois le mot international, le mot Moyen -Orient, le Détroit d 'Hormuz. Vous abordez le sujet comme si c 'était au fond un sujet uniquement franco -français et en faisant complètement fi de la situation internationale dans laquelle on se... se trouve et dans laquelle se trouve l 'ensemble des pays du globe. Ce n 'est pas un problème franco -français et vous ne pouvez pas l 'aborder comme un problème franco -français. Je vais répondre à vos différents points ensuite. D 'abord, la question des ruptures d 'approvisionnement, puisque vous en avez beaucoup parlé ces derniers jours. Je le redis, il n 'y
a
pas de problème d 'approvisionnement au sens où la matière, le pétrole brut ou raffiné... arrive sur le sol français.
Il
n 'y a pas de difficulté dans les raffineries, il n 'y a pas de difficulté dans les dépôts. Il y a une difficulté importante sur un réseau de transport. Il s 'agit en l 'occurrence du réseau de transport de TotalEnergie. Vous savez pertinemment pourquoi. Quant à la question des aides, nous avons fait le choix de répondre très rapidement au secteur qui avait le plus de difficultés. Ca ne règle pas l 'ensemble des problèmes et de nouvelles aides seront annoncées.
dans
les jours à venir. Encore une fois, je le redis, nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent. Nous n 'avons jamais laissé tomber les Français qui travaillent. Mais votre proposition, la TVA à 5 .5, c 'est près de 12 milliards d 'euros. Où
est
-ce qu 'on trouve l 'argent, monsieur Chenu? Vous allez me dire facile, c 'est l 'Union Européenne, on va prendre à l 'Union Européenne. Tout ça est absolument irréaliste quand on prend de l 'argent quelque part. il faut bien le réimputer à un autre endroit. Il faudra nous dire que si on coupe dans l 'éducation nationale, dans la sécurité ou dans la santé, ça, vous ne donnez jamais le moindre élément là -dessus. Et ensuite, je vais vous redire ce que j 'ai dit ce matin, monsieur le député Chenu. Ne soyez pas méprisants, monsieur Tanguy, s 'il vous plaît. Je vais vous redire ce que j 'ai dit ce matin, monsieur Chenu. L 'Etat ne profite pas de la crise, mais le Rassemblement national spécule sur le dos de cette crise.
Et
je noterai, monsieur Chenu... Merci, madame la ministre. Désolée.
Monsieur Chenu.
Oui, pour savoir qui spécule, quand vous proposez un prêt à 3 ,8 % aux entreprises pour payer leur essence, on se demande vraiment qui spécule, si ce
n
'est vous. Vous avez vidé les caisses.
Monsieur le ministre
de l 'Intérieur, dans quelques jours,
je
quitterai mon mandat de député après neuf années passées sur ses bancs. Désormais, j 'ai l 'honneur d 'exercer celui de maire de Rhodes, un mandat qui, à mes yeux, reste le plus beau, mais aussi le plus exigeant. Ce passage du législatif à l 'action quotidienne, du national au local, s 'inscrit dans la continuité d 'un engagement que j 'ai toujours voulu ancrer dans la réalité. Comme dans toutes les villes de France,
ce
sont des situations concrètes auxquelles il faut répondre sans délai. Une intervention en centre -ville pour des troubles à l 'ordre public, un agent confronté à une situation tendue avec des usagers, des incivilités répétées qui font monter l 'attention dans un quartier. d 'un chef de police municipale assassiné en plein centre -ville dans l 'exercice de ses fonctions en 2018. A travers lui, je veux saluer l 'engagement de toutes celles et tous ceux qui, chaque jour, veillent sur nos concitoyens. Au fil des années, les polices municipales sont devenues indispensables et pleinement intégrées au continuum de sécurité. En 25 ans, elles ont profondément évolué, plus nombreuses, plus sollicitées, plus exposées, mais leur cadre juridique est resté largement échangé depuis plus de 30 ans. Ce constat a appelé une évolution législative, tel est l 'objet du projet de loi que vous portez, issu du Beauvau des polices municipales, déjà enrichi par les travaux du Sénat et qui sera examiné par la commission des lois de notre assemblée dans les prochains jours. Ce texte confère notamment aux policiers municipaux des prévocatives nouvelles pour constater certains délits en dresser procès -verbaux ou recourir à l 'amende forfaitaire délictuelle. Cette extension de compétences soulève légitimement la question de garantie entourant l 'exercice de ces nouveaux pouvoirs. Je vous invite à préciser le cadre juridique dans lequel les policiers Quelles mesures sont prévues pour accompagner cette réforme, notamment en matière de formation des agents, d 'articulation entre l 'autorité du maire et celle du procureur de la République, et plus largement de ces conditions concrètes d 'exercice?
La parole est à monsieur Laurent Nunez.
Monsieur le député, bravo pour votre élection comme futur maire de Rodez. Un mot sur les polices municipales.
Je
vais répondre très précisément aux questions que vous me posez. Vous avez raison, les polices municipales sont montées en puissance ces dernières années. C 'est bien pour cela que mon anté -prédécesseur, Gérald Darmanin, a lancé le beau veau des polices municipales pour tirer toutes les conclusions de tout cela. Et les conclusions de tout cela, ça a été effectivement d 'aboutir à un projet de loi qui a été adopté en première lecture au Sénat et qui viendra bientôt sur les bancs de l 'Assemblée nationale. Ce projet de loi vient renforcer les compétences des polices municipales en créant ce qu 'on appelle des compétences judiciaires élargies qui vont permettre aux police municipales de constater un certain nombre de délits. Je dis bien constater, ce ne sont pas des actes d 'enquête, mais c 'est le constat d 'un certain nombre de délits qui sont ceux qui empoisonnent le plus la vie de nos concitoyens et qui se rattachent bien à la compétence de tranquillité publique des collectivités locales et donc des polices municipales. leur chef, le maire. Ces compétences vont s 'exercer évidemment sous l 'autorité. fonctionnelle des procureurs de la République, puisqu 'on parle de judiciaire, mais sous l 'autorité hiérarchique des maires, et nous avons eu l 'occasion de le rappeler lors des débats au Sénat, le maire conserve évidemment le pouvoir de direction de sa police municipale. C 'est bien lui qui pourra leur demander d 'aller plutôt sur des occupations de hauts d 'immeubles que sur des usages de stupéfiants sur la voie publique. Il aura toujours la maîtrise, la direction de sa police municipale. Ça me permet important de le rappeler, même si fonctionnellement, les procureurs pourront effectuer des contrôles. Mais une inquiétude était... N 'oublions pas non plus que ce texte dote les polices municipales de moyens techniques nouveaux, la possibilité d 'utiliser des drones dans certaines conditions, la pérennisation des caméras individuelles qui sont aussi étendues aux gardes champêtres et puis l 'usage accru du lapis. Enfin, oui, monsieur le député, il y aura bien des mesures de formation étendues et notamment pour avoir un peu l 'équivalent d 'une formation d 'OPJ pour les policiers municipaux qui auront à mettre en oeuvre ces compétences judiciaires élargées.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur Thierry Sauter pour le groupe socialiste.
Monsieur le Premier ministre, chers collègues, 2 ,25 euros à Paris, 2 ,15 euros à Strasbourg. Partout en France, le prix de l 'essence explose. Derrière la hausse des carburants, il y a les professionnels du social, l 'infirmière libérale, l 'artisan, le parent isolé, la famille qui parcourt des kilomètres pour accompagner un enfant à une compétition sportive. Ceux qui soignent, ceux qui aident, ceux qui travaillent, ceux qui accompagnent, ceux qui vivent loin des centres. A la veille de ce dernier grand week -end, j 'ai vu une grand -mère retraitée comparer sur son cahier les prix à la pompe pour savoir dans quelle station elle se rendrait et si elle pourrait rendre visite à sa famille. Qui sait combien de personnes ont dû renoncer à voir leur famille ce week -end pour ne pas avoir à se priver durant tout un mois? Se déplacer devient un luxe tandis que la voiture est encore une nécessité. De cette crise, il y en a même qui tire profit. Le rapport Greenpeace nous apprend que les compagnies pétrolières enregistrent 80 millions d 'euros de surprofits par jour à l 'échelle européenne. Déjà, cinq Etats demandent la mise en place d 'une taxation européenne des surprofits énergétiques pour financer des aides aux consommateurs. Mais où est la France? Les socialistes ont formulé des propositions, chèques ciblés pour les ménages les plus en difficulté, baisse des taxes de l 'Etat sur le prix de l 'essence, le tout financé par les surprofits de l 'Etat et surtout par la taxation des groupes pétroliers qui profitent de la crise. Pendant ce temps, le gouvernement reste dans l 'attentisme au plan national comme au plan européen, pendant que les Françaises et Français, eux, paient l 'addition chaque jour un peu plus cher. A Paris, l 'exécutif hésite, à Bruxelles, la France est absente. Ma question est simple, quand allez -vous sortir de l 'attentisme et dépasser enfin les seules mesures sectorielles? Et allez -vous au nom de la France défendre à l 'échelle européenne la taxation des surprofits pour que les bénéfices des compagnies pétrolières ne se paient plus par le recul du pouvoir de vivre des Français?
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à madame Maude Bréjon, ministre en charge de l
'Energie. Merci, madame la présidente. Monsieur le député, on va être très clair sur la question de la taxation européenne. Nous n 'y sommes absolument pas défavorables. Le Premier ministre a demandé à l 'ensemble des ministres concernés, je pense évidemment à Roland Lescure, à David Daniel et à moi -même, d 'instruire cette proposition. Nous n 'avons jamais fermé la porte et c 'est actuellement à la demande du Premier ministre. Vous avez complètement raison. Il y a des professions qui sont particulièrement touchées. Le Premier ministre aura l 'occasion d 'annoncer un dispositif de soutien supplémentaire dans les jours à venir parce qu 'ils n 'ont pas d 'autre choix que de prendre leur voiture pour aller au travail et que la hausse des coûts du carburant pèse lourdement sur leur capacité à exercer et sur leur pouvoir d 'achat. Nous l 'avons fait avec les secteurs économiques les plus en difficulté. le faire spécifiquement avec les Français qui travaillent, qui ont du mal à boucler les fins de mois et qui roulent beaucoup. Nous partageons le constat, tant sur la question de la taxation européenne,
que
sur le soutien au pouvoir d 'achat. Nous allons continuer à avancer, j 'espère,
avec
vous dans les jours et dans les semaines à venir.
Merci beaucoup. La parole est à présent à monsieur Benjamin Lucas, lundi, pour le groupe écologiste et social.
Samedi,
à
Saint -Denis, il y avait des milliers de citoyennes et de citoyens pour un sursaut contre le racisme. Des parlementaires, des élus locaux, mais il n 'y avait ni vous, ni monsieur Nunez, ministre de l 'Intérieur censé assurer la protection des élus de Bali -Bagayoko et des autres, ni madame Gatel, la ministre responsable des collectivités locales, ni madame Berger, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, ni Votre réponse, il y a quelques instants, à la présidente Panot, est lamentable. Vos réactions tardives, souvent ambiguës, ne peuvent compenser vos silences, vos tergiversations, vos provocations. Vous avez répondu par la polémique. C 'est médiocre. Vous vous placez sur le terrain administratif plutôt que sur l 'enjeu moral et historique. C 'est misérable. Si vous n 'étiez pas là, c 'est parce que vous avez votre part de complicité dans cette situation. Avec votre loi immigration qui a repris les thèmes et les termes portés par la famille Le Pen depuis 50 ans. Avec cette complaisance coupable à l 'égard de l 'Empire Bolloré et de CNews, première chaîne raciste de France. avec le double standard érigé en doctrine de gouvernement en toute matière ou presque, selon qu 'une victime est ukrainienne ou palestinienne, selon qu 'on dénonce les deux abominations que sont l 'antisémitisme ou l 'islamophobie, selon que l 'écharpe tricolore est portée par un élu de droite ou un élu de gauche, et pourquoi ne pas le voir selon la couleur de sa peau en une décennie? Célébrer tout le week -end par vos amis le macronisme qui est arrivé au pouvoir sur la seule exigence de barrage à l 'extrême -droite a déchiré ce serment humaniste et républicain conclu avec les Françaises et les Français. Monsieur le Premier ministre, vous devriez avoir honte.
Monsieur le député, ceux qui doivent avoir honte et les seuls qui doivent avoir honte, ce sont ceux qui, dans notre pays, continuent à considérer le racisme, l 'antisémitisme ou les discriminations comme étant légitimes. Eux se couvrent de honte. En revanche, ici, au sein du gouvernement, personne, jamais, ne s 'est rendu ou ne se rendra complice. d 'une quelconque manière avec le racisme, avec l 'antisémitisme ou avec les discriminations, pour une raison simple qui a été rappelée par monsieur le Premier ministre. C 'est que nous croyons à la République. Nous croyons à l 'universalisme républicain. Et quand nous sommes des universalistes, nous ne trions pas, nous ne hiérarchisons pas. Il n 'y a pas un racisme qui serait plus grave que l 'autre. Il y a tous les racismes, toutes les discriminations.
Et
dans le même mouvement, nous sommes capables de condamner tous les faits de racisme, y compris ceux inacceptables... le maire de Saint -Denis a subi, y compris quand ce sont des députés de la France insoumise qui les subissent, puisque le gouvernement a fait sous notre autorité des signalements au procureur de la République pour dénoncer les courriers qui ont été reçus par des élus de la France insoumise. Il n 'y a pas de tri, il n 'y
a
pas d 'hierarchie, il y a une seule exigence, une exigence républicaine qui fait que nous combattons dans le même mouvement l 'antisémitisme, le racisme et toutes les discriminations et que tout cet hémicycle devrait se comporter de la même manière. Monsieur le député.
Quand des historiens viendront à dater l 'expression née avant la honte, ils pourront dater les 10 ans de macronisme.
Vous
venez d 'en apporter la démonstration.
La honte,
ce
sont ceux qui servent de marche -pied à l 'extrême droite. C 'est exactement ce que vous êtes en train de faire.
Merci beaucoup, madame la ministre. Mes chers collègues... Mes chers collègues, s 'il vous plaît, nous venons d 'apprendre une nouvelle qui va réjouir, je crois, l 'ensemble d 'une nation. Cécile Collère et Jacques Paris sont dans un avion pour Paris. 277 jours loin de leur patrie, loin du territoire national, d 'abord en détention dans des conditions particulièrement douloureuses et ensuite en résidence à l 'ambassade de France. C 'est un immense soulagement. Nous pensons évidemment à eux en premier, à ce qu 'ils ont subi, également à leurs familles, à leurs amis, à leurs collègues qui se sont tout au long de ces plus de trois années fortement mobilisés. pour leur libération. Je voudrais, au nom de la représentation nationale, adresser un immense remerciement au service du ministère des Affaires étrangères, à vous, monsieur le ministre. Nous savons que vous vous êtes mobilisés sans relâche avec vos services pour leur libération, et c 'est essentiel. La France a montré un visage d 'unité, de mobilisation sans faille. Pour obtenir cette libération, je voudrais aussi saluer les parlementaires pour la première fois de l 'histoire de notre Assemblée. Nous avons affiché leur portrait sur les grilles de l 'Assemblée nationale. Je sais qu 'ils les ont vus alors qu 'ils étaient détenus et grâce à ces portraits, à cet affichage, ils ont pu voir que l 'ensemble de la nation se tenait à leur côté. Donc nous avons hâte de les serrer dans nos bras. Merci à tous pour votre mobilisation et nos pensées vont évidemment à eux deux qui doivent être tellement heureux de nous rejoindre et rejoindre le sol national. Merci à tous. Je voudrais donner la parole à monsieur Thierry Benoît pour le groupe Horizon.
Je voudrais, au nom des députés du groupe Horizon,
vous
remercier pour cette information que vous nous communiquez et naturellement me réjouir de cette bonne nouvelle, de la venue parmi nous, la libération de Cécile Collère et de Jacques Paris. Comme vous venez de le faire, remercier les membres du gouvernement et plus particulièrement le ministre Jean -Noël Barraud, ainsi que la diplomatie française et toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, ont permis à nos deux compatriotes de retrouver le sol français aujourd 'hui. Monsieur le ministre de l 'Economie, je vais raccourcir ma question. Deux questions ont été posées à l 'instant concernant le prix du carburant pour les particuliers dans le parcours domicile -travail, mais aussi pour celles et ceux qui travaillent à domicile. en Moyen -Orient, une situation internationale de guerre, de crise dans le domaine de l 'énergie. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. l 'énergie est directement impactée. Pour relayer la parole de certains artisans, de certaines entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics, il y a des profiteurs de crise ou des bénéficiaires de crise.
Je
voudrais que le ministre de l 'Economie vous alertez sur la nécessité de mobiliser la DGCCRF, mais aussi la Direction générale des finances publiques,
pour
que celles et ceux qui passent des hausses inexpliquées, inexplicables et qui fragilisent les plus petites entreprises, les très petites entreprises, les PME et les PMI. Les grands groupes ont la surface financière. pour assurer cette solidité. Mais il faut vraiment que d 'urgence, l 'Etat, le gouvernement, se mobilise pour concentrer... qui abusent de la crise. Pour les particuliers, il n 'y a rien de pire que d 'aller au travail avec un carburant qui est très cher. Il n 'y aurait rien de pire pour les particuliers que de perdre leur emploi parce que leur entreprise aurait eu à faire face à des profiteurs de crise.
question qui, contrairement à d 'autres, met bien en perspective cette crise, comme les conséquences pour le tissu entrepreneurial français d 'un véritable choc international auquel nous devons faire face ensemble et pour lequel la vraie question qui se pose, c 'est comment on s 'assure que les coûts de ce choc auquel nous faisons face sont équitablement partagés. Et vous l 'avez dit, les petites et moyennes entreprises du secteur du bâtiment, parmi d 'autres, elles ont d 'une certaine manière la double peine. Elles sont exposées à la hausse des carburants, comme nous tous. Mais elles sont souvent en plus dans une position de négociation plutôt faible par rapport à des grands donneurs d 'ordre, qui peuvent d 'ailleurs en passant être publics ou privés, qui ont parfois tendance à exagérer un peu. La manière dont on fait face à cette situation, et j 'en profite pour excuser mon collègue Serge Papin qui est actuellement au Sénat, qui est directement en charge des petites et moyennes entreprises. D 'abord, rencontrer les filières en question. Il m 'a chargé de vous annoncer qu 'il réunira à nouveau la filière. pour évoquer avec eux les situations et les réponses à y apporter. De s 'assurer que les donneurs d 'ordre payent rubis sur l 'ongle les factures qu 'ils doivent, publics ou privés. Nous mettons en mobilisation le médiateur des entreprises. La DGSSRF peut intervenir aussi. Il faut que les entreprises en question qui se sentent victimes d 'un abus puissent... Et trois, on n 'échappera pas, évidemment, à un débat, et la porte -parole du gouvernement l 'a dit, à un débat sur celles et ceux qui, peut -être, ont profité un peu plus que d 'autres de cette crise, ce
qui,
je le répète, est un choc qui va nous coter à tous, et ce sera un débat, évidemment, qui sera ici à l 'occasion des mois qui viennent. Merci,
monsieur
le député.
Nous remercions la diplomatie française pour son action. Monsieur le Premier ministre, aujourd 'hui, il y a deux Frances. D 'un côté, la France asphyxiée, à Ambazac, à Limoges, à Saint -Julien, celle qui paye 2 ,30 euros le litre de gasoil et plus de 100 euros le plein. C 'est la France de Camille, salaire de 1 000 euros, 200 euros de carburant par mois. Pascal,
l
'infirmière, pour un nouveau patient, nous lui demandons où il habite avant même de savoir de quels soins il a besoin. Tout le monde y passe. Les agriculteurs, Mathieu,
à
Bujaleuf, plus de 4 000 euros par mois. Les transporteurs, les artisans, les pêcheurs, les aides à domicile,
les
PME, tout le monde voit sa trésorerie s 'effondrer. Tout le monde se rationne. Armel, Pierre, Hélène, Mehdi, tous ont renoncé à aller voir de la famille ou à partir quelques jours. Dans la cité d 'Autriche à Limoges, le club de rugby songe à annuler les déplacements si les prix restent ainsi. Pareil pour le club de foot de la Zub de Laurence, trop cher, les petits n 'iront pas voir la mer. Le rationnement... Il est là, il existe, il se rationne pour la deuxième France, celle qui se gave. Le 26 février dernier, Patrick Pouyanné, PDG de Total Energy, formulait ce vœu. A 110 dollars le baril, je suis content. Si le détroit d 'Ormousse venait à être fermé, le pétrole monterait. Son vœu est exaucé. Les bombes pleuvent sur le Moyen -Orient, le détroit d 'Hormuz est fermé, les victimes s 'accumulent, mais surtout pour lui, le pétrole monte. Sur le mois de mars, Total Energy a réalisé un milliard de dollars de profit. Ils ont misé sur la guerre, stocké du pétrole, revendent au prix fort ce qu 'ils ont acheté au prix standard. C 'est l 'asphyxie de la France du travail pour les profits des pétroliers et de Total. Vous ne répondez que par des petites aides, payées par les impôts. Alors qu 'il existe une mesure plus simple, qui ne coûte rien... bloquer les prix en prenant sur leurs super profits. Avec cette mesure, le sans -plomb et le gazole reviendraient à 1 ,70€ le litre ou à 1 ,80€ le litre. Monsieur le ministre, combien de temps encore allez -vous laisser les pétroliers se gaver sur le dos des Français?
Merci beaucoup monsieur le député. La parole est à Maude Bréjon, ministre en charge de l 'énergie.
Merci madame la présidente, mesdames et messieurs les députés. Monsieur le député, on peut vous le répéter autant de fois que vous le souhaitez, le blocage des prix. C 'est l 'autoroute vers des problématiques d 'approvisionnement et vers la pénurie. Toutes les personnes que vous venez de citer dans votre question qui ont besoin de la voiture pour aller au travail, pour se déplacer dans leur quotidien, pour faire vivre des associations, des clubs sportifs, ne pourront plus trouver et avoir accès à du carburant si on va vers le blocage des prix que vous proposez de mettre en place. Par ailleurs, on ne sait pas trop pourquoi 1 ,70€, pourquoi pas 1 ,70€. Tout ça n 'est fondé absolument sur rien. Nous ne sommes pas dans une économie administrée, nous sommes sur un marché mondial. Si la France bloque les prix à 1 ,70, alors le carburant qui est censé arriver en France arrivera ailleurs et les Français que vous prétendez défendre n 'auront tout simplement plus accès. à du carburant. Nous les aidons, nous aidons les secteurs économiques en difficulté, je l 'ai dit, et nous le faisons précisément sans augmenter les impôts, contrairement à ce que vous avez dit. Et de nouvelles aides, là encore, pour être aux côtés des Français qui travaillent et qui roulent beaucoup, seront annoncées dans les jours à venir, je vous
l
'ai dit tout à l 'heure.
Merci beaucoup, madame la ministre. La parole est à présent à monsieur Julien Limongy pour le Rassemblement National.
Merci Madame la Présidente. Je voudrais également m 'associer au nom du Rassemblement national à notre réjouissance de voir Cécile Collère et Jacques Paris s 'être libérés. C 'est un grand soulagement. Merci à tous nos services diplomatiques mobilisés. Ma question s 'adresse à monsieur le ministre de l 'Economie. A Grand -Puy, en Seine -et -Marne, l 'usine d 'engrais lattes nitrogène fermera cet été. 115 salariés, des emplois en direct, des sous -traitants.
C
'est tout un tissu économique autour de Nanji que vous abandonnez. Derrière ces chiffres, il y a des vies. Des hommes et des femmes qui vont perdre leur métier, souvent sans perspective de retrouver leur emploi. Et face à cela,
que
fait l 'Etat? Rien. Pas de réaction, pas de stratégie. pas même en échange avec les salariés. Et pourtant, ces salariés ont cru en leur usine, se sont battus pour la faire vivre et pour maintenir sa compétitivité malgré toutes les contraintes. Ce qui arrive à Grand -Puy n 'est pas un accident. C 'est le décrochage industriel de la France qui se poursuit. Oui, le contexte international est grave, mais plus le monde est instable, plus nous devons défendre nos capacités de production. Vous faites exactement le contraire. A Grand -Puy, vous laissez fermer une usine stratégique qui produit de l 'ammonitrate, c 'est -à -dire des engrais pour notre agriculture et de l 'alcalie pour le refroidissement de nos centrales nucléaires. Il
y
a quelques années, vous avez laissé cette entreprise passer sous Alors même que leur prix explose et sacrifie nos agriculteurs, vous regardez le navire industriel français dérivé sans jamais reprendre la barre. Un pays qui ne produit plus ce dont il a besoin est un pays qui ne maîtrise plus son destin. Allez -vous enfin agir pour Grand Puy alors que la procédure de licenciement va s 'ouvrir demain? Et plus largement, je vous pose une question simple, celle qui m 'ont posé les salariés de Grand Puy mobilisés devant leur usine. Combien d 'usines, comme à la leur, faudra -t -il encore fermer? Combien d 'emplois seront -ils encore sacrifiés avant que vous décidiez? enfants de défendre la France et sa souveraineté.
Merci, madame la présidente, mesdames, messieurs les députés, monsieur le député Limongy. Merci de votre question qui me permet d 'évoquer une situation difficile. Une situation difficile qui sont effectivement les trois usines reprises de Borealis par le tchèque Agrofert, il y a maintenant un peu plus de trois ans, dont deux, heureusement, se développent, mais dont la troisième, vous l 'avez dit, va devoir fermer. C 'est le cas de l 'usine de Grand Puy qui faisait face à des enjeux de compétitivité. Je suis particulièrement triste et déçu de cette fermeture à un moment où, évidemment, dans le monde, on risque aujourd 'hui de manquer d 'engrais. Ce qui
doit d 'ailleurs nous conduire à nous interroger collectivement sur nos
L 'entreprise s 'est engagée dans une démarche sérieuse de réindustrialisation de l 'ensemble du site. L 'entreprise s 'est engagée
dans une
démarche
sérieuse de
réindustrialisation de l 'ensemble du site. qu 'on laisse tomber ce territoire. Une entreprise qui ferme, c 'est toujours une catastrophe.
Et
là,
je
vous rejoins. Mais reconnaissez bien avec nous que nous avons tout fait pour accompagner les salariés, accompagner le territoire qui est le vôtre et accompagner le site industriel vers des voies de la reprise.
Merci, madame la présidente. Mesdames les ministres, messieurs les ministres, mes chers collègues, depuis des mois, les révélations de piratage massif de données personnelles s 'accumulent dans notre pays. Après les attaques ayant touché des millions de Français via des opérateurs télécoms, des plateformes publiques ou encore des acteurs de santé, c 'est désormais l 'intimité même de nos concitoyens. qui se retrouvent exposées et parfois à très grande échelle. Ces données sont utilisées par les acteurs du narcotrafic et du grand banditisme, ce qui provoque une menace directe pour la sécurité quotidienne de nos concitoyens. Ces faits
ne
sont plus anecdotiques. Ils traduisent une réalité préoccupante. La France est devenue une cible systémique et notre dépendance technologique fragilise directement notre souveraineté. Face à ces attaques, à ces tentatives d 'ingérence et de déstabilisation de l 'étranger de plus en plus nombreuses et dangereuses, quelles réponses efficaces, urgentes et radicales apportons -nous? A l 'échelle européenne,
tout
d 'abord, comment pouvons -nous construire une architecture commune de sécurité plus efficace qui nous protège des fuites de données et des attaques? le projet de loi Résilience, à même de renforcer notre protection, va -t -il être définitivement adopté? Enfin, en matière de technologie, nous avons en France des entreprises performantes, des champions de la cybersécurité, capables de concevoir des solutions robustes, souveraines et adaptées à nos besoins. Je pense particulièrement à Class Business Computer chez moi. Pourtant, ces acteurs sont trop souvent écartés au profit de solutions étrangères dans les marchés publics et parfois même au sein de nos propres administrations. Ce paradoxe n 'est plus tenable. Comment pouvons -nous protéger les données des Français si nous ne faisons pas confiance en nos propres capacités et en nos acteurs pleinement engagés? Dès lors, les questions sont simples. Quelle stratégie le gouvernement entend -il mettre en oeuvre pour faire de la cybersécurité un pilier effectif de notre souveraineté nationale en s 'appuyant concrètement sur les acteurs français et européens, en mettant fin à leur marginalisation dans les choix publics? Je vous remercie.
l
'ensemble des acteurs économiques, publics et privés à ce risque énorme, qui est un nouveau risque d 'une dimension existentielle pour certaines entreprises et pour lesquelles souvent les petites et moyennes entreprises ne sont pas suffisamment préparées. De rappeler que quand vous êtes victime d 'une cyberattaque, il faut absolument porter plainte de manière à ce qu 'on puisse instruire le dossier, éventuellement trouver les compables et les punir si c 'est possible. Trois, vous dire effectivement qu 'il faut à la fois, comme vous le demandez, agir à court terme, agir à moyen terme, agir à long terme. Agir à court terme, ma collègue Anne Le Hénanf a convoqué à Bercy l 'instance stratégique de sécurité numérique dès vendredi dernier, de manière à ce que chaque administration, victime ou pas, puisse mettre en place un plan d 'action à court terme, de manière à améliorer la sécurité. Moyen terme, vous l 'avez dit, c 'est les aspects réglementaires et législatifs, et je suis en mesure de vous annoncer que le projet de loi Résilience sera... à l 'ordre du jour en juillet prochain, de manière à ce qu 'un examen puisse être complété. Et à long terme, vous avez raison, la préférence européenne, elle ne doit pas uniquement concerner des entreprises industrielles, des entreprises énergétiques, des entreprises d 'engrais, mais aussi les entreprises de cybersécurité. Parce qu 'au fond, la meilleure manière d 'être collectivement protégé, c 'est qu 'on se protège entre nous, en européen et pas seulement en français, mais en européen. C 'est évidemment le message que nous souhaitons donner à l 'ensemble de l 'écosystème. Achetons Européens, protégeons -nous Européens et faisons en sorte qu 'ensemble, on soit plus forts.
Avec le groupe socialiste, nous nous réjouissons de la bonne nouvelle concernant Jacques Paris et Cécile Collère et leur adressons toutes nos pensées. Ma question s 'adresse au ministre de la Justice, monsieur Gérald Darmanin. Monsieur le ministre, depuis le 2 avril 2026, les tribunaux français raisonnent d 'un silence inhabituel. Les avocats, robes noires déployées, ont posé leur dossier et leur plaidoyer. Leur grève, reconductible et massive, n 'est pas un simple mouvement de plus. Elle est le cri d 'alarme d 'une profession qui voit s 'effriter. pierre après pierre les fondements d 'une justice équitable. L 'examen de la loi Sûr au Sénat dès demain est l 'instauration d 'un plaidé coupable, dont l 'extension aux crimes les plus graves soulève de nombreuses questions. Les avocats, soutenus par une partie des magistrats et des associations de défense des droits, dénoncent une justice expéditive et une remise en cause du droit à un procès équitable, avec des audiences qui pourraient se tenir sans témoins ni experts, réduites à une demi -journée, et où les prévenus, surtout ceux en détention provisoire, pourraient être poussés à accepter des peines réduites par nécessité. Le risque, c 'est le déséquilibre entre célérité de la justice et respect des droits des victimes et de la défense. Le risque, c 'est que cette réforme pensée sans moyens supplémentaires ne conduise à une justice administrative plutôt qu 'à une justice rendue au nom du peuple, où l 'on gère des flux plutôt que des vies et des destins. l 'insuffisance des moyens humains, les locaux inadaptés et les tribunaux engorgés. Sans moyens supplémentaires, une justice rapide ne sera jamais une justice digne et équitable. Pour exemple, il y a un an, je vous questionnais sur le projet de cité judiciaire à Nancy, que les magistrats avocats et justiciables espèrent depuis des années. Un an plus tard, nous attendons toujours votre réponse.
Merci beaucoup, madame la députée. La parole est à monsieur Gérald Darmanin, garde des Sceaux et ministre de la Justice.
Merci, madame la présidente. Mesdames et messieurs les députés, vous avez raison, la justice a besoin de moyens, encore plus de moyens. Vous votez, vous l 'avez accepté dans le compromis avec le Premier ministre sur le 49 .3, 800 millions d 'euros de plus cette année pour la justice. Depuis 2017, c 'est 1 450 magistrats recrutés et affectés, plus de 2 000 greffiers. Rien que la cour d 'appel de Nancy,
je
me suis permis de regarder, madame la députée, avant d 'arriver à vous répondre. C 'est 112. d 'ici l 'année prochaine, 44 attachés de justice et 48 greffiers. Faut -il continuer à augmenter les moyens? La réponse est oui. Nous devons augmenter nos moyens pour l 'ensemble du service public de la justice vis -à -vis des autres pays qui nous entourent. C 'est absolument indispensable. La difficulté, vous avez parfaitement raison, il faut trouver l 'équilibre entre les droits de la défense mais aussi les droits des victimes à connaître un jugement. Aujourd 'hui, une victime de viol, elle attend six ans en première instance. pour connaître un jugement et 8 ans pour un homicide. Il y a des affaires à la
cour
d 'appel d 'Aix, à la
cour
d 'appel de Paris, à la cour d 'appel de Douai, à la cour d 'appel de Saint -Denis -la -Réunion qui attendent depuis 13 ans, 14 ans, 17 ans même. Il faut donc que nous vous inspirions de ce qu 'on font tous les pays qui nous entourent.
C
'est le cas de l 'Espagne, de l 'Italie, de l 'Allemagne, des Pays -Bas, de la Belgique, de l 'Angleterre. La façon dont on veut mieux organiser la justice criminelle. Évidemment, il y a le projet de loi que je propose lundi prochain. Je cherche à trouver le consensus le plus important possible avec les avocats, avec la représentation nationale,
pour
trouver le bon moyen de pouvoir juger, non pas de façon expéditive, mais peut -être deux fois plus rapidement. Si quelqu 'un attend six ans pour un viol, demain attendra trois ans, je pense que nous ferons bon office pour la victime qui doit se reconstruire, pour l 'accusé qui vit en détention provisoire et pour la société qui attend des réponses.
Merci beaucoup, monsieur le ministre.
Monsieur le ministre, vous n 'avez pas répondu à ma question.
La parole est à madame Marie Pochon pour le groupe écologiste et social.
Monsieur le ministre de l 'Economie, en moins de trois semaines, le gaz a bondi de 50%, le pétrole de 27 % et l 'essence dépasse désormais 2 euros le litre partout en France. Chez moi, ce sont des aides à domicile, des artisans, des agriculteurs, des taxis, pourtant également transporteurs sanitaires qui galèrent, des familles qui ne partent plus en vacances, des rendez -vous qu
'on
décale, l 'isolement qui se renforce, les stocks qu 'on fait pour la suite, un logement qu 'on ne chauffe plus en attendant que ça aille mieux. On s 'inquiète et des bombes qui pour les classes populaires, ça n
'est
pas allé mieux après la crise des gilets jaunes. Tant que notre alimentation, notre chauffage, nos capacités de production et nos déplacements dépendront de ce qui se passe à l 'autre bout du monde, ça n 'ira pas mieux. Tant que vous laisserez TotalEnergie faire la loi dans le pays, en choisissant de plafonner ou non ces prix à la pompe, ça n 'ira pas mieux. Il est là le vrai enjeu de la souveraineté nationale. Pourtant, pour certains, ça va toujours et même de mieux en mieux. Les multinationales des fossiles qui accumulent plus de 2 ,5 milliards d 'euros de super profits en Europe pour le seul mois de mars. Plus d 'un milliard pour TotalEnergie, pour avoir acheté des stocks au plus bas et les avoir revendus à prix d 'or. L 'Allemagne, l 'Espagne, l 'Autriche, l 'Italie, le Portugal appellent à taxer ces super profits, pas la France. Monsieur le ministre, qu 'attendez -vous pour récupérer ces milliards? Qu 'attendez -vous pour les rendre aux Français? qui en ont besoin pour travailler et vivre. Qu 'attendez -vous pour encadrer les marges, pour rendre accessible à prix coûtant, sans aliment sain, comme vous l 'ont demandé les associations, pour remettre en route le leasing social, pour indexer les salaires sur l 'inflation? Qu 'attendez -vous pour faire en sorte que ça aille un peu moins bien pour les profiteurs de guerre, mais beaucoup mieux pour les gens? Monsieur le ministre, allez -vous enfin taxer les super profits de TotalEnergie?
Merci.
Madame la députée Pochon, je suis d 'accord avec vous sur votre diagnostic sur l 'urgence à sortir de nos dépendances pour se chauffer, notre dépendance énergétique, notre dépendance alimentaire. On en parle beaucoup ici. Je vous ramène à la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l 'énergie par le Premier ministre qui avait pour objectif de sortir de cette dépendance. 60 % d 'énergie fossile importée, 60 milliards d 'euros par an. Je vous renvoie ensuite vers le plan d 'électrification qu 'on va présenter dans les jours à venir.
Vous
parliez de leasing social, ça fera évidemment partie de ce plan d 'électrification. Comment est -ce qu 'on change de vecteur énergétique dans les logements individuels et collectifs? Comment est -ce qu 'on change de mode de déplacement? Vous savez qu 'on a beaucoup travaillé dessus, on continuera à travailler dessus et j 'espère qu 'on pourra vous avoir à nos côtés pour ça. En revanche, le plafonnement du prix imposé par l 'Etat. Le blocage des prix, l 'encadrement des marges, là, on a un désaccord absolument majeur. Parce que dans un marché qui est un marché mondial, avec une augmentation des cours qu 'on paie sur le sol français, mais qui sont une augmentation à l 'échelle internationale, bloquer les prix... Ça n 'a pas de sens. Et encadrer les marges, ça n 'en a pas non plus, puisque nous suivons déjà l 'évolution des marges auprès des distributeurs. Et on s 'est engagé dès le début à s 'assurer qu 'il n
'y ait
pas d 'augmentation indue des marges de la part des distributeurs. En l 'occurrence, nous n 'en avons pas observé et ces données sont publiques. Je terminerai sur la taxation des surprofits. J 'en ai parlé tout à l 'heure. Il y a effectivement une initiative à l 'échelle de l 'Union européenne à laquelle nous ne fermons absolument pas la porte et que le Premier ministre nous a demandé d 'investiguer.
Vous préférez protéger les intérêts de TotalEnergie plutôt que les Français?
La parole est à monsieur Paul -André Colombani.
Depuis ce matin, tous les ports de Corse sont à l 'arrêt, bloqués par les pêcheurs qui dénoncent la spirale mortifère de l 'augmentation des prix du carburant. Cette crise énergétique liée au conflit mondial frappe tous les territoires et met partout à mal, particuliers comme professionnels. Mais en Corse, la crise conjoncturelle vient aggraver de lourdes difficultés structurelles. Depuis 2019, j 'interpelle le gouvernement sur le surcoût des carburants dans l 'île. En Corse, à l 'inverse, l 'application du bouclier tarifaire de Total, en dehors de toute régulation, fragilise le réseau de distribution largement assuré chez nous par des indépendants qui ne peuvent s 'aligner. Dans ce contexte tendu, l 'explosion du coût des carburants se répercute directement sur la petite pêche artisanale déjà fragilisée. de 20 à 30 % plus cher en Corse que sur le continent. Les pêcheurs le dénoncent depuis longtemps. Mais aujourd 'hui, la situation devient intenable. Le différentiel de prix s 'accroît de jour en jour et avoisine désormais les 50%. En effet, si sur le continent, le prix moyen du gasoil détaxé est passé de 64 centimes à 1 ,09 en un mois, en Corse, il atteint désormais le prix record de 1 ,45
€.
Face à la flambée des prix, le gouvernement a annoncé un plan de soutien à la pêche avec un remboursement de 20 centimes par litre. Mais en Corse, cette aide est totalement insuffisante. Elle ne permettra ni de couvrir les coûts, ni d 'éviter l 'arrêt de l 'activité. Les pêcheurs réclament des mesures spécifiques à la hauteur de la réalité économique de l 'ordre de 40 centimes par litre. Monsieur le ministre, quelles mesures immédiates comptez -vous prendre pour répondre à l 'urgence dans les ports corses? Et quelles réformes structurelles pouvez -vous... Envisagez -vous pour mettre fin à cette inégalité durable? De votre réponse dépend la survie de la pêche corse.
Merci, madame la présidente. Monsieur le député, d 'abord, je vous prie d 'associer à ma réponse, madame la ministre Chabot, en charge de la pêche, qui est malheureusement actuellement absente. Donc je vais répondre pour toutes les deux. D 'abord, on est pleinement conscient des difficultés auxquelles les pêcheurs font face, évidemment en Corse, mais partout ailleurs. Et c 'est pour ça que ça a fait partie des tout premiers secteurs que l 'on a souhaité aider dans les jours qui ont suivi le conflit. Parce qu 'effectivement, quand le gazoil pêche atteint un certain niveau... Il n 'est même plus soutenable, je ne dis pas rentable, mais soutenable d 'aller en mer et donc c 'est toute une activité économique qui s 'arrête avec les impacts sociaux que ça a derrière. Je pense évidemment à la question des salaires. Nous entendons que les 20 centimes annoncés qui étaient une aide d 'urgence, là encore pour pallier à des premières difficultés dans un contexte qu
'on
sait évolutif et auquel on doit s 'adapter, peuvent être insuffisants pour le contexte particulier que connaît la Corse. Il y a des échanges avec les acteurs concernés et la ministre qui... pourront déboucher rapidement sur une solution concrète qui permette à l 'activité économique de reprendre et qui ne mette pas en péril les emplois et le secteur localement. Et puis, il y a la mission que le Premier ministre vous a confiée. Parce que vous l 'avez dit, quand bien même la fiscalité est différente, est inférieure en Corse par rapport à Paris, le prix est... Il y a une réflexion à porter, et c 'est ce que vous allez faire sur une objectivation. On a besoin d 'objectiver ces prix qui sont plus importants. Il y a des facteurs structurels que l 'on connaît et qui peuvent expliquer partiellement aux approvisionnements par voie maritime, à la saisonnalité des consommations, à un marché moins concurrentiel.