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Alors, écoutez, pour lancer le débat, on va d'abord vous faire un premier petit tour de table sur cette question pour poser un peu le débat de manière un peu générale et prendre un peu de hauteur sur cette question de l'intelligence artificielle qui bouleverse, vous avez entendu les chiffres, on est passé de 16% il y a 3 ans qui utilisaient l'intelligence artificielle à 54% des Français aujourd'hui, toutes catégories confondues, c'est 44% chez les plus de 65 ans par exemple, en moins de 3 ans, donc c'est une révolution qui bouleverse le monde, pas seulement. la France et qui va évidemment peser sur la présidentielle. Première question un peu à vous tous, opportunités, menaces au moment où on s'interroge sur, et certains et non des moindres, les créateurs de l'intelligence artificielle sur est-ce qu'on menace l'humanité ? Première question, première représentante, madame Knafou peut-être ?
Très bien, bonjour à tous, ravi d'être ici et d'avoir le stade Vélodrome pour nous tous seuls. Donc sur votre première question, je dirais que comme toute révolution technologique, elle porte en elle à la fois des menaces et des opportunités qui sont immenses et que l'avenir sera ce que nous allons en faire. Si je commence par les opportunités, je dirais que d'abord, dans ce que vous avez cité, on remarque que les Français se sont saisis de l'intelligence artificielle bien avant leur classe politique. J'utilise beaucoup l'intelligence artificielle, je code grâce à elle, je crée des simulateurs, des simulateurs de pouvoir d'achat. Et j'observe que dans la classe politique, on regarde ça avec parfois beaucoup de dédain, en s'imaginant que ça ne nous concerne pas, que c'est bon pour la Silicon Valley et que ça n'est qu'une menace et pas une opportunité. Alors qu'à l'inverse, ce qu'on observe dans d'autres nations, c'est qu'on a déjà réussi. à prendre en compte l'IA dans des progrès médicaux, je pense notamment à la Suède, qui arrive à dépister infiniment plus de cancers du sein, par exemple, et de rendre du temps aux soignants pour les cas complexes, je pense qu'on pourra en parler tout à l'heure. Je pense notamment à l'école, où chaque enfant de France pourra avoir un précepteur à soi, donc chaque Alexandre pourra avoir son Aristote. Je pense à l'administration, qui va pouvoir faire des gains massifs de productivité, et donc enfin arrêter de prendre autant d'argent aux Français, peuple le plus taxé du monde, rappelons-le. Chaque gain de productivité qui sera fait dans l'administration pourra enfin être de l'argent qu'on arrêtera de prendre dans la poche des Français. Donc j'y vois beaucoup d'opportunités et ça dépendra de nous.
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Olivier Faure, même question. Peut-être est-ce que l'humanité est menacée par l'intelligence artificielle ou au contraire est-ce qu'il faut la voir comme un formidable atout pour l'avenir de la société
évidemment toute révolution, elle a ses atouts, ses menaces. Et elles sont perçues comme telles. Il y a à la fois des Français qui sont sans saisis, d'autres qui sentent que leur emploi peut être menacé et donc qui hésitent sur la façon dont ils doivent appréhender l'intelligence artificielle. Pour la première fois, et c'est certainement pour ça que c'est la plus grande révolution de toute notre histoire de l'humanité, la machine semble penser plus vite que l'homme. En réalité, elle ne pense pas, elle imite. Et elle ne fait qu'agréger des données qui existent. Et la difficulté, c'est de ne pas confier à l'intelligence artificielle ce que nous confions à un être humain. Et notre humanité, de ce point de vue, est touchée. C'est ce que rappelle le pape régulièrement. Il faut savoir aussi désarmer l'IA. Ils ne placeront jamais la conscience humaine. Quand nous sommes aujourd'hui y compris confrontés à des guerres qui mêlent des drones avec l'intelligence artificielle, le dernier mot doit rester à l'être humain. Et donc ne pas s'emballer dans un espèce de rêve technophile qui nous conduirait finalement à une forme d'aberration où l'homme ne serait plus que la prolongation de la machine. Mais c'est aussi évidemment une formidable opportunité. Dans le domaine de la médecine, dans le domaine de la transformation écologique, dans le domaine éducatif, dans tous ces secteurs-là, effectivement, il y a des opportunités à saisir. Mais je pense que nous y reviendrons. L'intérêt aussi, c'est de savoir cadrer l'IA. C'est un outil, il doit rester un outil au service de l'homme et non pas l'inverse. Nous sommes là dans un stade, et bien un stade, c'est un lieu où il y a un cadre. Et quand le ballon sort du terrain, il y a touche. Pour l'IA, ça va être la même chose. Il faut encadrer l'IA, faire en sorte que les conséquences possibles négatives de l'IA soient évidemment cernées. Et la raison du politique, c'est précisément de faire en sorte que la technique n'emporte pas sur la démocratie.
reviendra sur cette question de la régulation, qui évidemment est un des grands débats autour de l'intelligence artificielle. Manel Bompard, vous êtes homme politique, mais vous êtes aussi mathématicien. Est-ce que vous avez ce rêve technophile ?
Alors merci d'abord de l'organisation de ce débat. Je pense qu'il faut se prémunir en quelque sorte de deux visions excessives qui, à mon avis, les deux sont une erreur. La première, c'est le catastrophisme. Oh là là, l'intelligence artificielle, c'est la fin de l'humanité dans dix ans. Attention, attention et on fait peur à tout le monde. Et puis le deuxième excès qu'il faut éviter, c'est l'enthousiasme aveugle. autour de l'idée que tout ce qui s'appelle intelligence artificielle serait bon par nature. Et comme ça a d'ailleurs été dit, parce que je pense que c'est un point qui fera assez largement consensus entre nous, il y a des usages de l'intelligence artificielle qui sont très positifs et qu'il faut non seulement développer, mais mieux maîtriser, mieux impulser dans le domaine de la santé, dans le domaine de la transition écologique, dans le domaine de l'augmentation de la productivité d'un certain nombre de processus de production. Et puis en même temps, il y a des dangers et il y a des risques. Et ces dangers et ces risques, il faut les contenir par des réglementations, par des règles, par l'interdiction de certains usages. Et puis il y a des contraintes. Et des contraintes qu'il faut aussi prendre en compte. Parce que si on ne les prend pas en compte, la vérité c'est qu'on va aggraver des problèmes auxquels on est déjà confrontés aujourd'hui. Développer à outrance et sans aucune régulation et sans aucun contrôle aujourd'hui l'intelligence artificielle, c'est par exemple ne pas tenir compte des limites planétaires existantes. Or... Le développement du numérique, c'est des besoins énergétiques, c'est des besoins en ressources naturelles et on ne pourra pas faire n'importe quoi, n'importe comment pendant des années et des années. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut avoir une maîtrise du contrôle, du développement. Il y a des enjeux de souveraineté, ça pose... beaucoup de questions politiques et je pense que c'est celles qu'on va aborder aujourd'hui dans le débat.
Oui, vous avez tout à fait raison et vous avez bien posé le débat effectivement sur la question de la souveraineté, sur la question des data centers. On y reviendra. Alexandre Loubet, je voudrais vous entendre, vous, plus généralement sur ce propos introductif, sur l'avenir de l'humanité. Est-ce qu'on peut être remplacé par l'IA ? Comment vous voyez les choses, vous, au Rassemblement National ?
'abord, merci pour l'invitation à ce bel événement et dans un cadre aussi magnifique. L'intelligence artificielle, c'est la révolution du 21e siècle. Ce n'est pas une option, c'est le sens de l'histoire. Donc soit nous la maîtrisons, soit nous la subirons. Comme toute technologie, elle représente des opportunités. C'est ce que nous croyons avec Marine Le Pen. C'est-à-dire qu'elle peut être un levier de développement, un levier de progrès social, économique, technique, mais à la condition, bien évidemment, de se préserver, de maîtriser les risques. qu'elle peut représenter. Les risques, je crois, ils sont doubles. Il y a d'abord un risque lié à la technologie même intrinsèque, lié à ses usages ou à une certaine autonomisation de l'humain, mais il y a aussi et surtout le risque de la dépendance, c'est-à-dire de la dépendance à des modèles de puissance étrangère qui viendraient nous dicter leurs codes. Par conséquent, pour maîtriser les risques, Tout en faisant de l'intelligence artificielle un véritable levier de développement, une opportunité, je crois que la réponse, elle tient en un mot, souveraineté. Souveraineté parce que c'est à la condition du développement d'une filière technologique et industrielle nationale de l'intelligence artificielle que l'on réussira justement à en faire un levier d'opportunité et de maîtrise des risques. Nous avons la chance en France d'avoir des entreprises qui représentent... la quasi-intégralité, pas la totalité malheureusement, mais la quasi-intégralité de la chaîne de valeur industrielle et technologique de l'intelligence artificielle. Seulement, elle n'attend qu'une chose, c'est de pouvoir se développer massivement. Et à ce titre, nous avons aussi la chance inouïe d'avoir des atouts considérables. Nous avons les talents, il faut former davantage d'ingénieurs. Nous avons... L'innovation, il faut la libérer face aux principes de précaution et déréglementer toutes ces normes excessives qui brident le progrès scientifique. Nous avons l'énergie, l'énergie grâce au nucléaire, pas chère, abondante, décarbonée. Il nous faut bien évidemment mettre cet avantage compétitif majeur, unique en Europe, au service de filières industrielles stratégiques comme les semi-conducteurs et de data centers français. J'incite là-dessus. Nous avons aussi un potentiel de financement. Et plutôt que financer la tech américaine, peut-être devrions-nous flécher davantage les capitaux à travers un fonds souverain comme le propose Marine Le Pen vers l'économie et la technologie française. Nous avons enfin, pour terminer, il y en a beaucoup d'autres, je pourrais dire un potentiel de débouché incroyable, formidable. Et en réalité, nous devons organiser la filière en structurant la demande. Cela passe par la commande publique, par la modernisation, cela a été dit de l'administration publique, mais aussi et surtout... par les entreprises. Il faut inciter les entreprises à se doter de solutions numériques
françaises. Merci, monsieur Loubet. Xavier Bertrand, que vous inspirent des voix de plus en plus nombreuses élèves pour dire qu'une machine humaine, peut-être pour la première fois, va échapper au contrôle de l'humanité ? Dit comme ça, ça paraît un peu peut-être réducteur, mais c'est au fond la question que posent les créateurs eux-mêmes de ces intelligences artificielles. Est-ce que dans votre région, dans vos fonctions, dans votre volonté de préparer une candidature à la présidentielle, est-ce que c'est quelque chose qui est au cœur de votre réflexion
sûr, mais je voudrais vous poser une question. Qui, ici, quelle que soit la qualité du débat, est prêt ? à désactiver l'application de ChatGPT, de Claude ou de Mistral. Est-ce que vous pouvez lever la main ceux qui sont prêts à le faire ? Deux personnes, trois, sur une assemblée, ce n'est pas forcément représentatif, on sondage, mais quand même. L'IA est là, dans nos poches, à la maison. Et on a pris goût à l'intelligence artificielle, aux usages de l'intelligence artificielle. Pour les responsables politiques, le problème est très simple. Soit... On surfe sur cette vague et on devient un pays qui saisit toutes les potentialités de l'intelligence artificielle et qui voit sans aucune naïveté les risques, qui traite les risques. Ou alors, on est comme au Moyen-Âge, on va tous se réfugier dans le château fort, dans le donjon. On relève le pont-levis, on prépare l'huile bouillante, on ne se dit pas chez nous. Il faut être réaliste. L'intelligence artificielle est là et la responsabilité, l'une des premières responsabilités du prochain président de la République, ça sera de préparer le pays le mieux possible, avec une ambition. Que notre pays soit dans les tout premiers au monde pour les usages et pour l'innovation en matière d'intelligence artificielle. Je ne suis pas trop du genre à manquer d'ambition, mais il faut reconnaître que les deux premières places sont prises, et pour longtemps. Etats-Unis, Chine, Chine, Etats-Unis, comme vous voulez, et je pense que la France, avec la qualité justement de ses chercheurs. avec justement tout le potentiel que nous avons, nous sommes certainement capables de viser plus la troisième que la cinquième place. Ça veut dire avoir une ambition nationale et une ambition stratégique pour cela. Et il faut aussi entendre les remarques des uns et des autres. On voudrait que la décision finale soit toujours humaine. Est-ce que c'est possible ? C'est vrai que si vous discutez, si vous entendez Laurent Alexandrière, il n'aura pas forcément la même réponse que moi, mais moi je fais de la politique parce que je crois qu'on peut changer les choses et qu'on peut apporter des garanties pour protéger. L'autre aspect, c'est comment vos données, nos données restent quand même confidentielles. Et surtout, dans cette course de vitesse, comment est-ce que l'on forme ? dès le plus jeune âge, mais aussi comment est-ce que l'on forme ceux dont les métiers vont être transformés, et parfois ceux dont les métiers seront supprimés, parce que ça existera. Et dans cette course de vitesse, et je vous remercie d'organiser ce débat, il faut tout simplement savoir quelle est notre volonté. Et quand on commence à dire, oui, mais peut-être bien qu'il faut profiter des opportunités, peut-être bien qu'il faut réguler, non, l'intelligence artificielle est là, est-ce qu'on prend ce sujet clairement à bras le corps ? Vous parliez notamment de la région des Hauts-de-France, parce que bon... On peut parler tous de l'intelligence artificielle, il y a ce que l'on fait. Moi, je pense sincèrement qu'il faut avoir à la fois les infrastructures, les fameux data centers, et je pense qu'on y reviendra tout à l'heure, parce qu'il y a une musique qui nous vient justement des folies américaines, qui commence à dire que les data centers, ce n'est pas bon, ce n'est pas bien, et surtout qu'il ne les faut pas chez nous. Oui, vous avez raison, on pourra parler de souveraineté. Quand ils seront installés aux États-Unis, en Chine ou en Pologne, on n'aura strictement aucune garantie. Alors que là encore, si on organise les choses, ce n'est pas du tout la même musique. Alors je dis cela, c'est vrai que nous sommes la région de France qui ambitionne de devenir la vallée européenne des data centers. Mais quand c'est chez nous, ça crée de la valeur. Ça crée des emplois parce que ce ne sont pas des grandes boîtes à chaussures sur ville avec personne à l'intérieur. Et que d'autre part, on est capable entre la construction, entre les usages et la formation. au métier de l'intelligence artificielle d'avoir des emplois, qu'au final, ce n'est pas quand on a un data center à côté de chez soi qu'on sera privé d'électricité à certaines heures de la journée. Heureusement qu'on a le nucléaire et qu'en 2035, dans le meilleur des cas, 4% de l'énergie sera consacrée au data center, pas 50%. Donc il faut aussi bien expliquer pourquoi on a besoin de ces infrastructures, mais le plus important n'est pas là, les usages. nos enfants, nos enseignants et nos salariés, de façon à ce que clairement, avec les usages, on soit capable d'être l'un des premiers pays au monde. En n'oubliant pas, parce qu'il y a des priorités, je le dis devant vous, c'est la question de la presse, c'est la question de la culture et de la création. Certains, qui sont les seigneurs de l'IA, ne se rendent pas compte que s'il n'y a plus de création, l'IA ne remplacera pas. Ça, en revanche, on doit apporter des garanties tout de suite, au niveau national, mais aussi et surtout au niveau européen. Là, il y a urgence en la matière, mais pour le reste, il y a des opportunités, alors on les saisit et on essaye de prendre un temps d'avance.
je rebondis sur les garanties que vous évoquez, Xavier Bertrand. Vous l'avez évoqué aussi, Olivier Faure, ce danger d'une IA qui nous échappe, d'un manque de contrôle. C'est d'autant plus inquiétant que les géants, les patrons de l'IA eux-mêmes s'inquiètent et disent que dans 6 à 12 mois, peut-être que les agents de l'IA auront pris le contrôle d'Internet et qu'il faut à tout prix ralentir l'évolution de cette technologie. Alors je vous pose la question, est-ce qu'il faut... Olivier Faure, freiner cette IA, freiner son développement, le contrôler ? Quelle forme de gouvernance ? Est-ce que ça peut être efficace quand on voit les déclarations hier soir de Donald Trump et de Xi Jinping ne souhaitant pas de nouvelles régulations sur l'intelligence artificielle
comprend bien que les deux empires américains et chinois ne veulent aucune régulation. Il ne faut pas contester l'idée que nous sommes face à un progrès qui peut être un progrès immense, c'est une évidence. Mais tous les progrès, toutes les révolutions industrielles ont été encadrées. Et moi, je n'adhère pas à ce discours qui est celui du sans entrave, sans régulation, sans rien, sans normes, parce qu'il faudrait en fait le Far West et que dans le Far West, les meilleurs s'y reconnaîtront. La réalité, c'est qu'il faut bien sûr, bien sûr encadrer. Il faudrait qu'à l'échelle mondiale, on ait l'équivalent de ce qu'on a fait sur le dérèglement climatique, qu'il y ait à la fois un GIEC avec des experts qui puissent objectiver, qui puissent permettre de dire ce qui se passe, qu'il y ait des rapports publics qui informent l'opinion publique justement sur ce qu'il se passe dans le domaine de l'IA. qu'il y ait des COP, comme on a des COP pour le climat, et bien qu'on ait des COP sur l'IA, avec la possibilité des États de se retrouver à rythme régulier pour définir ensemble ce que sont à la fois les opportunités et les limites, et puis qu'au plan national, nous ayons au fond ce qu'on a sur le médicament. L'Agence du médicament autorise les mises sur le marché de médicaments en fonction de... tests qui sont réalisés. Je souhaite que la puissance publique, là aussi, puisse dire quelles sont les IA à haut risque, celles qui peuvent menacer notre commune humanité, et puis autorisent ou n'autorisent pas les mises sur le marché. Oui, il faut une régulation, parce que l'évidence, c'est que nous avons besoin de maîtriser une technologie dont nous ne savons pas encore quelles sont ses réelles limites. Et il faut le faire à tous les niveaux, il faut le faire aussi au niveau de l'entreprise. Vous allez avoir des métiers qui vont être totalement bouleversés. Moi, je souhaite qu'il y ait des accords obligatoires avant la mise en place d'IA, dès lors qu'elle modifie substantiellement le travail des salariés. Et que ce soit une négociation, que ce ne soit pas simplement le fait du prince. des débauches, parce que ça va être le cas, qu'il y ait une obligation de reclassement ou de formation qui soit à la charge de l'entreprise qui supprime du travail humain pour le remplacer par la machine.
On pourrait imaginer d'interdire les licenciements économiques qui seraient liés à l'IA pour vous
on devrait à minima obliger à ce que les reconversions soient financées par l'entreprise. Je prends un exemple simple. Oui, après on va donner la parole pour que ça tourne un petit peu. Oui, mais je prends un exemple simple. Vous avez dans une entreprise 10 comptables, et puis demain vous n'en aurez plus qu'un seul. Et donc on peut se dire, c'est mieux pour l'entreprise. Elle a économisé 9 salaires. Oui, elle a économisé 9 salaires. Mais alors, ces 9 salaires, c'est à la fois 9 cotisations pour la protection sociale qui ne rentrent plus. Et puis, c'est 9 personnes qui sont au chômage et que l'État, que nous allons prendre ensemble, en charge avec les revenus de solidarité. Et donc, il y a la nécessité évidente de faire aussi en sorte qu'à un moment, sur le financement de la protection sociale, on élargisse l'assiette et qu'on fasse en sorte que la plus-value soit prise en charge et qu'il y ait une forme de dividende IA qui soit versée à la collectivité pour éviter. d'avoir progressivement l'attrition de notre propre système de protection sociale auquel nous tenons tant. Tout le monde va dire, j'adore la sécu, c'est formidable, il faut protéger les gens, il faut qu'ils aient une retraite, il faut qu'ils soient protégés contre la maladie, contre les accidents du travail, etc. Mais la réalité, c'est qu'il faut aussi la financer. Et pour cela, il faut que tout le monde puisse contribuer, y compris ceux qui utilisent massivement l'intelligence artificielle pour remplacer
le travail humain. Madame Knaffo, sur sa chaise, j'ai l'impression qu'elle n'est pas d'accord avec la position de M. Ford. On a eu tout le socialisme en cinq minutes. On a eu
obligé.
Je vais parler, monsieur, vous avez parlé pendant sept
minutes. Je pense qu'on en a assez, monsieur Ford, d'entendre le socialisme déverser sa haine du progrès, sa haine de la technologie et sa haine de tout adversaire politique. Donc on a entendu tous les mots du socialisme. Réglementer, interdire, obliger. Il a oublié le mot taxer. Mais vous avez compris à la fin que c'était implicite dans son propos. Bref, tout pour que la France soit à l'âge de pierre, puisque M. Fort ne veut pas voir la révolution qui vient alors que les Français, eux, la voient. Et vous avez eu raison de le souligner tout à l'heure.
On
est en train de vouloir réguler. quelque chose que nous ne produisons pas. Donc nous avons les Etats-Unis qui innovent, la Chine qui copie et qui innovent aussi, et l'Europe qui régule. Est-ce que c'est ça ce qu'on veut ? Est-ce qu'on veut rester hors du jeu et prétendre réguler une matière alors qu'on n'est même pas dans la course ? Ça n'est absolument pas ce que je veux. Vous citiez tout à l'heure les géants de l'IA en disant même les géants de l'IA nous disent qu'il y a des risques. Mais surtout les géants de l'IA. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent pouvoir réguler au maximum pour empêcher leurs concurrents émergents. de venir dans ce système. Donc en réalité, vous n'avez que les géants de l'IA qui viennent souligner des risques énormes avec beaucoup de catastrophisme pour forcer leur gouvernement à légiférer et empêcher la concurrence de venir. Ça n'est absolument pas ce qu'il faut faire. En revanche, il y a des risques. Et où est-ce qu'il faut légiférer ? À la frontière entre l'IA et l'individu. Je m'explique. Si vous avez... Par exemple, un agent IA qui imite la voix d'un petit-fils pour appeler sa grand-mère et lui extorquer de l'argent. Ça existe dans le code pénal français. Ça s'appelle une extorsion. Et là, ça doit être évidemment condamné. Si vous avez des images, du graphisme, qui imitent par exemple des propos électoraux ou alors des vidéos falsifiées qui imitent un politicien à la veille d'une campagne électorale, ça s'appelle une falsification électorale. Et ça doit être condamné. La bonne échelle, c'est le code pénal français qui définit ce qui est légal et illégal dans l'espace public français. Allez s'imaginer qu'on va négocier une charte à l'échelle l'Europe, des Nations Unies, que sais-je, avec M. Faure, il a peut-être de grandes idées pour l'humanité. On n'arrive déjà pas à gérer la France, mais M. veut gérer l'humanité. Donc peut-être qu'on va réussir à légiférer à l'échelle des Nations Unies, mais je vous préviens d'avance, merci messieurs-dames, mais je vous préviens d'avance que cette charte, ni Pékin ni Washington ne vont même la lire. A Pékin et à Washington, on se moque de ce que pense Olivier Faure. On n'écoute pas Olivier Faure. Ils sont en train d'avancer pendant que la France va rester à la traîne. C'est bien ça le problème. Donc nous, ce qu'on veut, c'est être une nation puissante, une nation qui innove et qui régule les risques lorsqu'ils sont face aux citoyens. On a pour ça notre code pénal. Et même si certes la technologie avance, on fait en réalité face à des risques qu'on connaît déjà. Les faussaires, ça existe depuis l'aube de l'humanité. Alors certes, grâce à Tchad GPT, grâce à Claude et grâce à toutes les autres IA, on peut falsifier beaucoup plus vite et à moindre coût. Mais des faussaires, ça existe depuis toujours. Je vous rappelle que la guerre de 1870 a été provoquée par un faux créé par Bismarck. On connaît ça depuis toujours et ça a même créé des guerres.
Olivier Faure, les problèmes sur le travail, etc. Vous êtes dans un parti où le président de Reconquête a dit qu'il fallait stopper l'immigration grâce à l'IA, grâce aux robots. Et remplacer l'être
humain par des robots. Depuis
tout à l'heure, il veut caser son attaque, alors au moins qu'il ait pu la dire. Est-ce que vous pouvez revenir sur l'immigration ? Je vais répondre à ça parce que c'est un sujet sérieux. Là, on parle des EHPAD, on parle des aides à domicile. Métier qui comporte une grande part de pénibilité qui explique qu'il y ait des difficultés majeures de recrutement. De quoi est-ce qu'on parle quand on parle de robots ? On va serrier les problèmes. On ne parle absolument pas de remplacer le lien humain. Un être humain qui est là pour tenir la main, pour consoler, pour venir accompagner une personne âgée, on en aura toujours besoin et c'est ce que l'IA ne remplacera pas. A l'inverse, qu'est-ce qu'on observe aujourd'hui au Japon ou en Corée ? Vous avez des fauteuils qu'on appelle des robots et qui servent par exemple, qui sont des lits connectés et qui permettent à la demande du résident de se surélever pour devenir un fauteuil, pour que la personne puisse déjeuner par exemple. Ça épargne à une aide à domicile, ça épargne à quelqu'un qui travaille dans un EHPAD de devoir porter des charges de 80 kg, de devoir les déplacer au bout d'un couloir. Et là, qu'est-ce que ça fait ? Grâce à la technique, on libère du temps humain, du temps humain que la personne pourra passer auprès du résident. Vous avez encore une fois ce même genre de fauteuil connecté qui permet au résident de se lever avec quelque chose qui va détecter les chutes potentielles, qui lui permet de retrouver une autonomie. Est-ce que ça, ça ne vous touche pas ? Est-ce que vous ne vous dites pas que grâce à la technologie, vous avez une personne âgée qui va pouvoir enfin de lui-même se lever... Vous n'avez pas vraiment répondu sur l'immigration, mais... Alors, excusez-moi, mais ça dépasse amplement le sujet de l'immigration, ce dont on parle. Au Japon et en Corée, il n'y a pas d'immigration. On l'utilise déjà parce que ça aide les personnes âgées et parce que ça libère les aides des tâches pénibles pour les libérer sur du temps humain.
On a compris votre position, Paraké. Aux antipodes de celle d'Olivier Faure. Monsieur Bompard, j'imagine que vous êtes dans le camp de la régulation, mais quelle régulation ? Est-ce que c'est une régulation au carré comme celle d'Olivier Faure ou une autre forme ? Vous avez imaginé une autre façon.
D'abord, je ne comprends pas pourquoi dans ce débat, on voudrait opposer régulation et développement de l'intelligence artificielle. On peut tout à fait considérer qu'il doit y avoir des usages de l'intelligence artificielle qui sont dangereux. et que donc il faut les empêcher et les interdire, et pour autant avoir une politique, y compris une politique publique, de développement de l'intelligence artificielle pour pouvoir profiter de ces effets vertueux. Donc vous me posez une question, pour qu'on soit concret, quel mécanisme de régulation ? Cette semaine, là, la semaine où on se parle, en début de semaine, en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies, il y a une initiative qui a été lancée par 20 pays, Finlande, Norvège, dedans vous avez l'Allemagne, l'Espagne, l'Afrique du Sud, qui disent qu'il faut installer une agence de l'ONU. pour travailler sur les questions d'intelligence artificielle et mettre en place un cadre... mondial sur le sujet. Je ne vous dis pas que c'est facile à faire, mais évidemment qu'il faut l'approuver, parce que désolé Madame Clafaux, mais vous ne voulez peut-être pas vous occuper de l'humanité, mais le problème c'est que la France, elle est dans l'humanité aussi. Ce qui se passe, moi je m'occupe des deux, vous voyez. Mais vous inquiétez pas, je m'occupe des deux. Mais vous savez, quand il y a des institutions internationales sur le climat, il vaut mieux s'en préoccuper, parce que vous savez, la France, elle fait partie du monde, et donc ce qui se passe à l'échelle planétaire, ça va nous concerner aussi. Et donc c'est vrai aussi sur les questions d'intelligence artificielle. Donc je suis favorable à une régulation. internationale premièrement et donc je comprends pas pourquoi la france participe pas de cette initiative elle a été lancée c'était lundi ou mardi donc je comprends pas pourquoi on y est pas attendez première chose comment
on force donald trump
mais on force ont construit des rapports de force pour installer des régulations internationales je ne dis pas que c'est simple mais sinon on fait quoi on fait rien donc on essaye de faire ça et ensuite on se dote d'outils nationaux de régulation et ensuite on se dote d'outils nationaux de promotion de l'intelligence artificielle, on n'est pas obligé d'opposer l'un à l'autre. Mais même vous, regardez, Madame Knafo, vous avez dit qu'il y a des usages de l'IA qui ne sont pas éthiques. Par
exemple, laissez-moi terminer. Pourquoi vous les polémiquiez
? Ne cherchez pas à polémiquer, on est en train de débattre là. Donc, attendez, regardez, vous venez dire... Par exemple, les usages affectifs de l'IA, c'est dangereux parce que quelqu'un peut se faire passer pour quelqu'un d'autre. Qu'est-ce qui nous empêche de voter une loi à l'Assemblée nationale en disant qu'on met des principes ? Non, pas sur ce sujet. L'intention des relations affectives, ça n'existe pas. On met en place un certain nombre de règles éthiques et on dit qu'on n'accepte pas ces usages de l'IA. Et après ? Évidemment, il faut aussi une politique publique. Nous, on propose de mettre en place ce qu'on appelle une mission nationale de développement de l'intelligence artificielle avec une planification pour qu'à un moment, on ne soit pas juste sur des banalités dans la discussion, mais qu'on rentre dans le concret. Vous voulez une politique en matière de souveraineté ? Je suis d'accord, il faut une politique en matière de souveraineté. Il y a juste un problème. 90% des projets de data center aujourd'hui en France, ils sont hors Europe. Ils sont hors détenteurs et capitaux européens. Donc si vous voulez avoir une politique de développement d'une intelligence artificielle souveraine, moi j'assume de dire par exemple, il faut un moratoire sur le développement des data centers non souverains, pour pouvoir précisément avoir une politique de développement de data centers souverains, qu'on contrôle, dans lesquelles on met les données publiques, et dans lesquelles on entraîne des modèles qui sont des modèles souverains, parce que sinon effectivement on n'aura aucun contrôle. Vous voyez, pas juste des phrases, la souveraineté, il faut la prendre dans
les détails. Sur les data centers, on va donner la parole à Xavier Bertrand, puisque c'est la région. actuellement où il y a le plus de projets d'installation de data center
n'est pas non plus des perdraux de l'année on n'est pas à leur dire et tapis rouge pour vous vous faites ce que vous voulez non seulement on a le droit de faire un choix, on n'est pas obligé de prendre des américains en premier déjà on peut aussi prendre des français c'est ce qu'on fait dans la région je vous propose non c'est pas ça c'est que si vous les avez chez vous pouvez leur dire que les données des entreprises nationales, elles resteront souveraines, même avec des Américains. Mais bien sûr que si, il y a une entreprise qui s'appelle Orange. Elle est quoi Orange ? Non,
attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi
Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Elle est quoi Orange
? Non, attendez. Elle est quoi Orange ? Non, attendez. Si, M.
Bertrand, la réalité, c'est qu'en accueillant les data centers à capitaux étrangers, M. Bertrand, qui est en train de freiner l'émergence de data centers français. Dire encore, on est en train, M. Bertrand, de mettre au profit de capitaux étrangers, en particulier américains, au détriment de la protection de nos données, l'atout. comparatif unique qu'est l'énergie nucléaire pour l'émergence de data centers américains. Et la réalité, vous savez, c'est que pour un data center, monsieur Bertrand, 10% de la valeur, c'est l'énergie. C'est ce qui reviendra à la France. Probablement quelques pourcents localement pour des emplois, et c'est tant mieux. Mais tout le reste. Plus de 80%, c'est de la valeur ajoutée qui partira dans les puces importées d'Asie et dans les logiciels qui sont des services américains. Donc plus on développera des data centers comme le souhaite la Macronie, dont vous êtes le bras armé dans votre région, et plus en réalité ces data centers à capitaux étrangers freineront, oui monsieur Bertrand, l'émergence de data centers français parce qu'ils satureront l'accès à notre réseau électrique qui est garant... 'énergie bas carbone, d'énergie abondante grâce au nucléaire et d'un prix compétitif. Et pardon, mais j'entends la gauche, monsieur Bompard comme monsieur Faure, évoquer le fait qu'il faille une filière nationale dans les data centers. Mais moi j'ai une question à vous poser, vous dites qu'il faut un morateur sur les data centers étrangers. Pourquoi pas ? Mais en réalité, avec toutes vos associations dont vous êtes amis, vous faites moratoire sur l'ensemble des projets industriels. Dès qu'on voudra installer une usine de semi-conducteurs, vous vous mobiliserez, vous ferez une ZAD, vous ferez des recours pour bloquer l'implantation d'usines sur le sol. Français. Et en réalité, comment vous voulez faire tourner, monsieur Bompard ? Comment vous voulez vous faire tourner ? Vous reprochez aux gens. Attendez, attendez. Monsieur Bompard, vos data centers s'ouvrent. Comment vous les faites tourner en matière énergétique, sans le nucléaire, puisque vous voulez arrêter le nucléaire ? Comment vous les faites tourner ? Répondez à cette question. Avec les éoliennes, qui ne fonctionnent que 20% du temps, c'est une question quand même qu'on peut se
poser. Monsieur Loubet, laissez monsieur Bompard.
Vous voulez que je vous réponde ou pas ? Oui, je vous en prie. Vous dites vous-même que vous êtes opposés. L'idée est qu'on continue à installer des data centers qui sont des data centers non souverains et vous vous en prenez à des citoyens et à des associations qui précisément mobilisent. Ce mobilisme qui bloque des projets, précisément, de data centers non souverains. Pardon, mais si vous êtes... Non, mais je ne sais pas, vous ne voulez pas que je réponde, je crois que vous parlez en tant que moi, mais si vous vouliez être un tout petit peu cohérent, vous ne devriez pas les critiquer, vous devriez plutôt les féliciter, parce que précisément, ils essayent de faire en sorte qu'il n'y ait pas des data centers non souverains, de manière anarchique, qui se développent sur l'ensemble du territoire national. Ils essayent qu'il n'y ait
que... Aucune usine, M. Bompard, sur le territoire. Merci, M. Bompard. Si vous me permettez, j'ai un principe,
c'est que je ne parle pas sur les autres politiques, parce que ceux qui écoutent ne peuvent rien entendre et rien entendre. comprendre. Mais maintenant que j'ai la parole, je voudrais aller jusqu'au bout. Et quand vous entendez les deux, heureusement qu'il y aura une autre voix que les deux extrêmes dans le débat présidentiel. C'est une bonne illustration. On va jusqu'au bout du raisonnement. Je vais jusqu'au bout du raisonnement. Aujourd'hui, regardez bien, comme il y a des critiques sur les data centers, tous ceux qui veulent enfourcher les colères commencent à dire, comme tous les complotistes, il ne faut pas les data centers, ou alors il faut des data centers. 100% français, ça veut dire prendre du retard. La vérité, c'est qu'il y a les diseux, il y a peut-être les faiseux. C'est-à-dire qu'on est capable aujourd'hui de dire aux entreprises, qu'elles soient américaines, qu'elles soient japonaises, qu'elles soient canadiennes et françaises, si vous venez, c'est à nos conditions. Une entreprise comme Orange est une entreprise française qui a créé une filiale française qui s'appelle Blue, qui dit notamment que ceux qui viendront exploiter les data centers le feront aux conditions de la loi française. Et que n'importe quelle cour fédérale américaine qui demandera avoir communication des données ne pourra pas le faire parce qu'il y a étanchéité. Que d'autre part, si les data centers sont chez nous... on va pouvoir imposer aussi que les universités, que les centres de recherche puissent avoir accès à la capacité de calcul de l'intelligence artificielle. C'est ça le véritable enjeu. C'est chez nous, on impose nos conditions. Si c'est loin de chez nous, vous pouvez faire des grands discours sur la souveraineté, ça n'existera pas. Le vrai sujet que nous avons aujourd'hui, parce qu'il faut revenir à cela, quand on parle des usages, c'est nos enfants. Est-ce que, clairement, on leur donne les clés, eux, pour maîtriser l'intelligence artificielle ? À partir de quel âge ? On donne le goût de la lecture pour montrer qu'il faut développer le sens critique. qu'il faut justement avoir des valeurs dès le départ. Comment on permet à nos enseignants, alors que l'obligation de formation en IA n'est pas aujourd'hui réelle dans le code de l'éducation nationale ? Ça, c'est à changer. Je l'ai décidé dans ma région de financer un diplôme universitaire pour les enseignants en termes d'IA pour aller plus vite qu'ailleurs. Et on va le déployer sur l'ensemble de la population. Un brevet IA qui permet, vous choisirez... Deux heures, dix heures ou vingt heures pour vous approprier, pour mieux maîtriser l'IA, c'est quelque chose que nous faisons dans la Haute-France qui doit être fait dans toute la France, de la même façon pour le reste. Mais là où je ne suis pas du tout d'accord avec Olivier Faure, c'est que dans l'agriculture, quand on a mis en place les premiers tracteurs, on n'a pas taxé les premiers tracteurs et on ne les taxe toujours pas aujourd'hui. Le vrai sujet qu'on aura à un moment donné, c'est qu'il y a des inégalités, des fractures que nous ne devons pas voir s'accentuer. Il y a deux fois plus de cadres que d'ouvriers qui utilisent l'intelligence artificielle. Et demain, nous savons bien qu'il y aura des changements profonds. pour le monde du travail, mais aussi pour la société. C'est la première fois qu'une révolution, c'est important, ne va pas toucher en premier les cols bleus, mais va toucher les cols blancs et les t-shirts. Sans oublier que la responsabilité du prochain président, au-delà des débats stériles, ce sera de préparer à l'IA, mais à celle d'après. Le mariage de l'IA et de la robotique. Et là encore, on a besoin justement de prendre ce temps d'avance. Et encore une fois, sur tous ces sujets, on doit avoir à la fois une vision. mais on doit être capable au jour le jour de comprendre les inquiétudes de nos concitoyens. et de les rassurer. C'est ça le rôle du politique. Ce n'est pas de hurler avec les loups ou de foutre la trouille à tout le monde.
Olivier Faure, pour peser dans ce débat-là, il faut aussi que la France puisse avoir, ou l'Europe, une IA qui fasse le poids peut-être face à d'autres IA. Est-ce qu'aujourd'hui, Mistral, qui est valorisé 21 milliards d'euros, peut faire le poids face à OpenAI ? qui dépasse les mille milliards de dollars
'abord, permettez-moi de revenir sur ce qui vient d'être dit à la fois par la droite et par l'extrême droite. Le retour au Moyen-Âge, ça n'est pas de la régulation, c'est l'inverse. Le Moyen-Âge, c'est le plus fort qui l'emporte toujours sur le plus juste. Et c'est malheureusement ce que l'on perçoit dans ce que j'entends ici, avec une espèce de... poussée technophile, où au fond, le progrès technologique apporterait nécessairement le progrès humain. Ça n'est pas vrai. Je prends un exemple que tout le monde peut comprendre sur la question de la culture. Vous avez aujourd'hui un pillage. qui est réalisée par l'intelligence artificielle dans les œuvres de tous les créateurs, aussi bien dans le domaine musical que dans le domaine de l'écriture, dans tous les domaines. Et l'IA ne verse jamais de droit d'auteur à qui que ce soit. C'est un sujet. Qu'est-ce qu'on fait ? Il faut, il y a une proposition de loi. Sylvie Robert, l'Andarcos qui a été voté au Sénat, qui a été bloqué par les macronistes à l'Assemblée et qui permet de présumer de ce pillage et donc de faire en sorte qu'il y ait une rétribution pour les auteurs. Parce que la création c'est essentiel et que le jour où il n'y aura plus de créateurs, alors nous serons là à retourner au Moyen-Âge. Et le Moyen-Âge c'est quoi ? C'est aussi tout simplement de détruire les outils de la solidarité collective. Moi, je veux bien qu'on dise que ce n'est pas grave qu'on perde des emplois, que ce n'est pas grave qu'on perde des cotisations, que ce n'est pas grave en finir avec la sécu. Mais Olivier Faure, vous savez très bien que les révolutions aussi créent de l'emploi. Mais il y a une forme de naïveté choumpiterienne. Oui, mais je sais bien qu'on a tous en tête cette théorie de la destruction créatrice. Il y a des métiers qui sont détruits et puis d'autres qui naîtront. On n'en sait rien pour l'instant. On n'en sait rien. Et donc, ça suppose d'avoir une forme de prudence là aussi. Bien sûr, je souhaite que l'IA permette de créer... Mais c'est là où il faut aussi maîtriser l'IA, faire en sorte que, par exemple, le crédit impôt recherche, il soit destiné non pas à subventionner n'importe quelle recherche, mais la recherche sur les intelligences artificielles. notamment ce qu'on appelle les IA étroites, qui permettront de faire avancer l'humanité, de faire avancer la société, de faire en sorte que l'IA ne remplace pas le travail humain, mais le complète, l'additionne et permette aux salariés de faire davantage et mieux.
On a compris votre propos. En deux mots, comment on conforte la seule IA qui ne soit pas américaine ou chinoise, en gros qui soit parmi les leaders, comment les Européens, les Français font ? C'est une question qui se pose maintenant.
Oui, c'est une question qui se pose maintenant. C'est aussi
une question de souveraineté.
Oui, bien sûr, il faut mobiliser le crédit. Mais là, je rejoins ce qui a été dit précédemment. On parle beaucoup des data centers. Il n'y a plus de crédit, M. Ford. Je peux vous parler du lien. On a, à quelques kilomètres de chez moi, à Fouju, un data center qui va à l'un des plus grands d'Europe. 11 unités.
50 milliards d'investissements.
50 milliards d'investissements. 90 hectares, puisque l'on est dans un stade, c'est 125 stades de foot. des terres agricoles qui vont être là, annihilées. On va avoir en consommation électrique l'équivalent de Flamanville.
On
va consommer, tenez-vous bien, 250 000 m3 d'eau pendant 12 ans pour la construction de ce data center, avec un conflit énorme d'usage avec le monde agricole qui, lui, subit la sécheresse, subit... Ce que nous avons connu cet été, la canicule. 15 tonnes de polluants éternels par an rejetés dans les sols et dans l'eau. Et avec une chaleur fatale qui va être impossible à traiter, puisqu'en réalité, on ne demande même pas à ces fonds qui vont venir. Je vais venir aux fonds qui investissent dans ce data center. qui ne veulent même pas être ceux qui organisent l'acheminement de cette chaleur fatale vers des équipements. Il y a un recours. Chez nous, c'est une obligation. Chez nous, c'est une obligation pour les résistants. Olivier Faure, on n'a pas entendu sur la question de Mistral. Je finis sur le fait que quels sont les fonds qui s'investissent là-dedans, essentiellement des fonds émiratis. Et Nvidia, américain, Mistral, résiduellement, la banque d'investissement, pareil, résiduellement. Et donc, moi, je vous pose une question simple. Construire un immense data center qui va consommer nos sols, notre eau, notre électricité, mais qui n'est même pas un data center souverain. Quel est l'intérêt de le faire ainsi ? Et donc, nous avons besoin là, effectivement, de parler de souveraineté. Mais la souveraineté, c'est aussi... d'accepter ou de ne pas accepter, de dire ça parfois non quand le projet ne correspond pas. Il nous faut investir
peut-être dans l'IA pour pouvoir peser face à Anthropik et OpenAI et Elon Musk.
Je ne voudrais pas trop embêter M. Olivier Faure, mais vous aurez remarqué que quand la gauche n'a pas préparé une question, ce qu'elle répond tout de suite, c'est qu'il faut mobiliser le crédit. Comme si l'État français, c'était Crézius qu'on roulait sur l'or et qu'on allait dépenser en tous sens, mobiliser le crédit. Bon, moi, je ne vais pas du tout répondre en ce sens. Vous avez posé une question précise. Comment est-ce qu'on fait en France sur le domaine de l'intelligence artificielle contre les géants qui se sont déjà créés aux États-Unis et en Chine ? Trois choses. On libère le temps des entrepreneurs. On libère leur argent et on libère la croissance. Comment est-ce qu'on libère leur temps ? Déjà par leur relation à l'administration, qu'il va falloir simplifier. Et ça tombe bien, la révolution de l'IA nous le permet. Je vous donne un exemple sur les permis de construire. Vous avez déjà de nombreuses communes de France qui le font, et il faut leur rendre hommage, qui ont automatisé le permis de construire. C'est-à-dire que pour le permis de construire, ce qu'il y a de positif, c'est que vous devez comparer. Une demande qui est faite a plusieurs critères qui sont objectifs et donc une machine peut le faire. Le recours évidemment doit rester humain, notamment pour les recours quand la décision est défavorable, mais vous avez une simplification drastique alors que les délais pour obtenir le permis de construire se sont allongés partout. Si je vous prends l'exemple de la ville de Paris, vous avez 400 personnes à la direction de l'urbanisme et on peut dire qu'ils prennent tout leur temps. pour répondre aux entrepreneurs qui ont besoin d'obtenir des permis de construire. Donc on libère leur temps en simplifiant les démarches, en simplifiant les procédures. Il y a par ailleurs une règle qui ne s'est jamais démentie. Plus vous mettez de fonctionnaires quelque part, plus il y a de complexité, que ce soit dans la commune ou dans le pays, plus vous avez de procédures, parce qu'ils doivent bien justifier le fait de travailler, donc ils vont créer des formulaires, des procédures, des serfas, etc. Moins vous avez de fonctionnaires, moins vous avez de complexité. Je propose la suppression de 800 000 postes de fonctionnaires. Sans lettre de licenciement, je le précise, simplement en ne remplaçant pas ceux qui arrivent à la retraite. Tout cela libère du temps pour les entrepreneurs. Ensuite, il faut libérer leur argent. Pour cela, ce que je propose, c'est que l'État dépense moins pour pouvoir taxer moins. Très concrètement, je propose une baisse de dépense de 140 milliards d'euros par an. La liste, je l'ai publiée, vous pouvez la retrouver sur saracnafo.fr. Vous avez toutes les sources, tous les chiffres, tout est sourcé. Ces 140 milliards, on arrête immédiatement de les prendre aux Français, avec comme perspective un budget à l'équilibre à la fin du quinquennat. Et dans l'intervalle, on baisse immédiatement les impôts. Premier élément, on supprime la CSG d'activité. Tout à l'heure, la gauche disait qu'il fallait... taxer la machine parce que la machine n'était pas taxée par rapport au salarié qui lui l'est, moi ce que je dis c'est que j'ai une solution, il vaut mieux baisser les taxes qui pèsent et les charges qui pèsent sur le salaire plutôt que s'imaginer qu'on va taxer la machine. Donc supprimer la CSG d'activité pour permettre de rendre et de donner du pouvoir d'achat aux français, ça fait plus 10% de hausse de salaire pour tous les salariés, pour les fonctionnaires, pour les indépendants, pour les artisans, c'est tout simplement la plus grosse hausse. de salaire collectif de toute la 5ème République. Et ça ne fait pas peser un seul euro sur la rentabilité de l'entrepreneur et des patrons puisque c'est l'État qui accepte enfin de faire un effort au lieu de demander aux Français de se sacrifier en permanence en baissant ses propres dépenses pour baisser ses impôts. J'ajoute également la suppression des droits de succession et nous sommes les seuls à le proposer. Enfin, la baisse de l'axi sur le carburant qui est très actuelle aujourd'hui. Pour que le prix de l'essence soit 1,80, ce n'est pas consacré à l'IA. Là, on est hors débat. Il faut libérer de l'argent et libérer la croissance. Libérer la croissance, ça passe par l'énergie. Avoir enfin un juste prix qui ne soit pas déformé par les règles du marché européen de l'électricité. Un juste prix pour les data centers. Et j'en finis par là, j'avais donné trois points. Libérer le temps, libérer l'argent, libérer la croissance. Et enfin par l'école. Un seul mot sur l'école. Je précise qu'à mes yeux, il ne faut pas apprendre aux enfants à prompter comme on l'apprend parfois. Il faut au contraire revenir aux savoirs fondamentaux. Parce que cette révolution technologique rend paradoxalement le savoir classique plus légitime que jamais. On a besoin de logique, on a besoin de parler correctement la langue française. Tout de suite, j'en termine par là. On a besoin de logique et donc des mathématiques. Et on a la chance en France d'avoir un niveau de mathématiques excellent. Et on a besoin d'une culture classique, philosophique et historique pour avoir le discernement face à la machine. J'en ai terminé.
Oui, bon, notre programme, il sort le 7 novembre en librairie, il y a 800 mesures, je ne vais pas vous les infliger toutes, je vais rester sur le sujet de l'intelligence artificielle. Bon, tout à l'heure, je disais qu'on pouvait avoir à la fois des politiques de régulation et à la fois des politiques de développement. Donc la question que je veux poser maintenant, puisque tout à l'heure, on a parlé de la régulation, c'est qu'est-ce qu'on fait pour promouvoir le développement de l'intelligence artificielle en France et de manière plus générale ? du numérique et comment on le fait de manière souveraine. Et pour ça, il faut quand même libérer des financements. Donc comment on libère ces financements ? D'abord, oui, moi j'assume, Madame Cetafo, un point de désaccord. Non, c'est pas ce que j'allais dire, mais... Vous allez le dire juste après. Non, pas du tout. Alors là, je pense que vous avez un petit problème, c'est que vous êtes venu avec des... Je vous ai enlevé une mesure. Non, c'est pas ça, c'est que vous êtes venu avec des idées préconçues. Mais laisser le débat, discuter, discutons. Voilà, on essaye de débattre pour avancer sur ce sujet. Il faut un plan d'investissement public massif. Il faut un plan d'investissement public massif, ça coûte des dizaines de milliards d'euros qu'il faut investir. Et moi, oui, je crois à l'investissement public, c'est clair. Deuxièmement, il faut réutiliser les outils d'accès au crédit. Il y a une banque publique d'investissement aujourd'hui qui fait des choix, qui sont quand même des choix parfois très contestables. Donc je suis pour réunifier tout ça dans ce qu'on pourrait appeler un pôle public bancaire dans lequel on va faciliter l'accès au crédit. Et troisièmement, attendez, attendez, madame Knafou, ne dites pas n'importe quoi. L'argent
public, ce n'est pas leur argent ?
Non mais Madame, l'Allemagne, vous aimez bien l'Allemagne d'habitude, vous dites qu'elle est une manière de gérer ses comptes très bien. Les Allemands viennent de décider d'un plan d'investissement de plus de 500 milliards d'euros. Donc si vous ne voulez pas qu'on fasse des plans d'investissement et qu'on prenne du retard, laissez-moi terminer, à la fin, dans 10 ans, on se débattra peut-être ici au Stade Vélodrome et vous direz, oh là là, on est en retard. Donc moi je vous propose des choses pour qu'on ne soit pas en retard. Ensuite, troisième élément, on a besoin de capitaux privés aussi. Et donc, il faut flécher l'épargne qui existe aujourd'hui en France pour favoriser les investissements, qui sont les investissements nationaux. Une mesure très concrète pour le faire. Aujourd'hui, sur l'assurance vie, vous avez un avantage fiscal. Et bien, on fait en sorte que cet avantage fiscal, il soit réservé pour les investissements qui sont les investissements nationaux. Vous fléchez l'épargne qui existe aujourd'hui pour permettre aux investisseurs et aux entreprises françaises d'avoir des capitaux privés qui sont... Et vous avez une politique et une politique de planification publique. Notre point de désaccord, Madame Knafo, et je vous le dis sans polémique, c'est que vous, vous considérez que c'est le marché qui va arbitrer tout ça. Et bien la vérité c'est que c'est ce qu'on a fait depuis des années et des années et ça produit un développement absolument anarchique. Ça se passe comment chez vos copains au Venezuela, en Corée du Nord ? Ça se passe comment l'investissement ? C'est vos amis le Venezuela. On est arrivé, vous avez une boîte à meux là. Non mais
vous comparez l'Allemagne, alors moi je vous
parle de vos copains. Madame Knafo, s'il vous plaît. Madame Knafo, on a tous parlé. du fait qu'il y avait des gens qui étaient en avance sur ce sujet. Alors moi, vous savez, j'ai plein de choses à reprocher à la Chine, par exemple. Mais dire qu'on ne met que des projets d'investissement qui sont des projets d'investissement souverains... Pardonnez-moi, c'est exactement ce que fait la Chine. En organisant une concurrence féroce entre des entreprises
privées. On peut parler du modèle chinois si vous voulez. Ne
me coupez pas la parole parce que sinon je pense que les gens qui nous écoutent ne vont rien comprendre. Je vous propose juste quelques mesures concrètes qui permettent de flécher de l'investissement. Ensuite, qu'est-ce qu'on fait des modèles ? C'est la question que vous avez posée. Moi, est-ce que notre objectif c'est d'être absolument concurrentiel sur les très grands modèles ? C'est une discussion qu'on peut avoir. Mistral est en train de se concentrer plutôt sur des modèles applicatifs. plus sobre et qui ont des usages qui sont des usages immédiats. Et ensuite, je termine, à mon avis, ce qu'on devrait faire nous, c'est plutôt investir dans les sauts technologiques. Donc oui, il faut avoir une politique de développement de la recherche fondamentale. Oui, favoriser la recherche appliquée. Moi, vous savez, je suis docteur en mathématiques appliquées. Mes premiers engagements professionnels, c'était il y a 10 ans, dans une startup qui travaillait déjà sur des méthodes d'intelligence artificielle. On a une école de ça en France. On est fort. En termes de recherche sur ce sujet, on a besoin de développer ces projets-là. Donc il faut investir dans les sauts technologiques pour être en avance. Et notamment, à mon avis, sur la question du quantique, je pense que la question du quantique, c'est le sujet sur lequel la France doit mettre le paquet. Parce que si on est les premiers à pouvoir industrialiser et développer ces technologies, là on aura une avance sur la scène internationale. Voilà moi comment je vois les choses, je ne voyais pas des polémiques, des choses concrètes.
On n'a pas d'argent.
Je vous ai proposé, Madame, attendez, on n'a pas d'argent. Excusez-moi, je viens de vous proposer précisément au moins trois propositions qui permettent de développer des financements.
Comment on conforte notre seule IA européenne et singulièrement française ? Par quels moyens, vous, dans votre mouvement, vous comptez la conforter ? Il faut
bien avoir conscience que les États-Unis et la Chine représentent respectivement 75. et 15% de la puissance de calcul mondiale. L'Europe seulement 5%. M.
Bertrand disait qu'on peut viser la troisième
place. Arrêtons, pour une fois, arrêtons de penser régulation. Je crois que le temps est venu de penser production et innovation. Mais à ce titre, je l'ai dit tout à l'heure, il faut organiser, maîtriser la filière dans l'objectif de maîtriser un maximum de maillons de la chaîne de valeur industrielle. Pour cela, je l'ai dit, on a des entreprises qui sont une véritable richesse pour notre pays, mais elles ont besoin d'un cap, une stratégie. Quelle IA voulons-nous en France ? Eh bien, j'ose le dire, il faut une IA, comme je l'ai dit, la plus indépendante possible, qui permette à la fois de maîtriser l'essentiel des usages courants. du quotidien des entreprises et des Français, mais aussi qui se spécialise dans quelques domaines de pointe, tels que l'IA embarquée ou décentralisée, la robotique, en particulier humanoïde, et je pourrais donner de nombreux autres exemples. Nos entreprises attendent un cap, nous leur proposerons avec Marine Le Pen cette stratégie pluriannuelle. Elles attendent, je crois, une méthode, parce que la puissance publique n'a pas à décider à leur place ce qui est bon pour... les initiatives privées. Nous croyons dans la méthode des comités de filière pour que, comme à l'époque... de partenariats publics privés pour réussir sur les innovations de rupture et les grands projets. Combien vous consacrez à l'IA ? Et enfin, et je réponds à votre question, nos entreprises attendent donc des politiques publiques vertueuses. Ça passe par de nombreux éléments que j'ai pu dire tout à l'heure. Augmenter la formation, le nombre d'ingénieurs formés, l'Allemagne en forme deux fois plus que nous. Libérer l'innovation notamment par la fin du principe de précaution dans notre pays et la déréglementation. Elles ont besoin, nos entreprises, de financement. Et pour répondre à votre question, est-ce que vous savez combien de capitaux français, de milliards d'euros de capitaux français, financent l'économie américaine et notamment leur tech ? 80 milliards dans la tech américaine, au total près de 400 milliards d'euros de capitaux français aux Etats-Unis. C'est dramatique, c'est un avantage comparatif qu'à la France et qui ne profite pas à l'économie, à la croissance française. Par conséquent, nous voulons créer un fonds souverain français qui permettra aux Français qui le veulent, sur la base du volontariat, je le précise, de flécher leur épargne vers l'économie réelle et l'innovation, parce qu'en réalité il n'y a plus d'argent public. Et donc, comme en 1958, avec le général de Gaulle et le plan Piner-Ruef, il faut redresser les comptes publics d'un côté, mobiliser... les capitaux privés pour, dans le cadre de partenariats publics-privés, relancer les grands projets, les innovations de rupture. Et c'est important, il faut structurer la demande, je l'ai dit, nous avons la commande publique en France qui peut acheter des solutions françaises. Il nous reste moins de 25 minutes pour ce débat,
alors on va essayer de faire un dernier tour de table. Je voudrais vous entendre Xavier Bertrand et vous faire réagir au pape aussi qui vient de s'exprimer, puisqu'il est à Paris et il a mis en garde contre... L'avènement des machines.
Du paradis des machines. Est-ce que vous
pouvez réagir aussi à ça ? Il n'y a pas
de paradis des machines. Le vrai sujet, c'est comment est-ce que la dimension humaine reste effectivement la plus déterminante. Et on peut prendre ça dans tous les sens. La question clé, c'est de se former, de s'approprier et que chacun ait une forme de maîtrise de l'intelligence artificielle. Et ça, ça s'appelle l'IA pour tous. Ce n'est pas un slogan ? C'est d'ailleurs le message qu'on a adopté, nous, dans la région des Hauts-de-France. C'est aussi un message que porte le Canada, du Premier ministre Mac Carnet. C'est lié à pour tous. Ça veut dire pour tous, quelle que soit, par exemple, la taille de votre entreprise. Pas réservée aux plus grandes. Et donc, comment on aide les petites entreprises à pouvoir accéder aux bons outils en leur donnant aussi les bonnes informations. Et après, ce sont les entreprises qui choisissent. C'est aussi lié à pour tous, quelles que soient les catégories sociales, ce que j'ai évoqué tout à l'heure. Ça, ça doit être une priorité politique. Parce que derrière, c'est ce qui permet, je l'ai dit tout à l'heure, les infrastructures, c'est bien, ce sont les usages qui font et qui feront la différence. L'autre aspect, vous avez parlé de la dimension européenne, déjà, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Et on ne met pas tous nos œufs dans le panier américain. On joue très clairement, il y a la concurrence entre les deux. On se donne la possibilité de choisir en même temps que l'on développe une offre européenne. Et vous avez eu raison de le souligner. Heureusement que nous avons Mistral, mais il faut aller sur des usages spécifiques de l'intelligence artificielle. Vous aviez hier AmiLabs, Mistral, là on est capable de faire notre différence et dans ces domaines-là, qui ne seront pas les modèles dominants, mais si dans ces domaines-là on est les plus forts, les autres seront obligés de composer avec nous et nous pourrons mettre en place un certain nombre d'intérêts qui nous sont propres. Et puis il y a la question de la commande publique, regardez ce qu'on a fait pendant des années et des années sur le cloud. On a fait n'importe quoi. On a été chez les Américains sans avoir la moindre garantie. Et ceux qui nous disent c'est aujourd'hui pour les data centers ne se sont pas beaucoup élevés. Reprenez chez moi, j'ai OVH qui est dans la région des Hauts-de-France. La région a aussitôt été cliente d'OVH pour l'hébergement. Pour l'État, il a fallu quoi ? Ça, c'est une priorité politique. C'est vrai au niveau national, c'est vrai au niveau européen. Et ça, ce n'est pas une question d'argent. C'est juste une question d'état d'esprit, voire même de réflexe. Mais si l'on fait ça, je suis intimement convaincu que plutôt que de pleurer, plutôt que d'essayer d'enfourcher toutes les colères, plutôt que de mettre en marche le trouillomètre pour faire peur à tout le monde, on va être capable de voir que nous sommes une nation qui non seulement sait gérer... Les inquiétudes de nos concitoyens, rassurer, mais qui est capable aussi de porter une vision. Les deux, la commande publique nationale et la commande publique européenne. Et si on veut aussi porter un message au niveau européen, il faut commencer par balayer devant notre porte et être exemplaire au niveau national. C'est possible, dans la région, il faut le faire au niveau d'une nation tout entière.
Sur la question précise de comment on conforte notre IA nationale et européenne, sur la question de la commande publique, Sarah Knafou, en un mot. Comment on fait ? Parce qu'on voit bien qu'on va encore rater le wagon. Alors
sur la commande publique, j'ai été rapporteur au Parlement européen sur le sujet de la souveraineté technologique. J'ai fait beaucoup de propositions pour dire qu'il fallait en finir avec la logique des subventions pour passer à une logique de commande publique. Mais j'aimerais juste conclure mon propos, puisque c'est bientôt fini, par une note d'espoir en vous parlant d'une entreprise française qui s'appelle Wondercraft. Cette entreprise a été fondée par deux personnes, dont l'un a un fils qui avait une maladie neurodégénérative qui l'empêchait de marcher. a créé un exosquelette, l'a mis sur son fils. Cet exosquelette permet de faire 30 000 calculs par seconde et son fils a marché. En direct d'ailleurs sur BFM. Son fils s'est levé et a marché. Un enfant qui ne pouvait pas marcher, la technologie lui a rendu la marche. C'est un sujet qui me touche particulièrement, je ne vais pas vous raconter ma vie, mais je trouve que c'est magnifique. Et que même si, on en a beaucoup parlé, il y a évidemment des menaces, il y a évidemment des risques en matière pénale, regardez ce que peut faire la technologie. Regardez ce dont est capable le cerveau humain. Soyons fiers de l'être humain, fiers de ce qu'il a réussi à créer, de rendre la marche à un enfant qui ne marche pas. Imaginez que nous aurons tous peut-être la chance de vivre dans un monde qui réussira à vaincre le monde. cancer c'est ça aussi la technologie et voilà la seule et unique raison pour laquelle je vous dis non ne mettons pas des freins au développement mais posons des limites sur l'usage malveillant qui peut en être fait à l'égard des individus mais regardez ce que peut faire le développement voilà ce que j'avais à vous dire
Merci à tous parce que ce débat touche à sa fin. Merci à vous tous d'y avoir participé et merci d'être venus jusqu'ici, jusqu'à Marseille au stade Vélodrome pour le débat de l'intelligence artificielle. Merci beaucoup.