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Monsieur le Premier ministre, nos entreprises n'ont pas déclenché la guerre au Moyen-Orient, mais ce sont elles qui en payent aujourd'hui la facture. Depuis le mois de février, le détroit d'Hormuz est fermé. Ce point de passage par lequel transiter environ un quart du pétrole mondial est aujourd'hui infranchissable et rien n'annonce un retour à la normale. Disons les choses simplement, cette crise risque malheureusement de s'installer et notre économie devra apprendre à vivre avec. Le baril de pétrole est passé de plus de 70 dollars avant la guerre à plus de 100 dollars aujourd'hui. Le prix du gaz, lui, a encore augmenté de plus de 15% au 1er mai et notre croissance des affragiles en paye le prix. Derrière ces chiffres, il y a des entreprises, des pans entiers de notre économie et surtout le quotidien de celles et de ceux qui travaillent l'agriculture, où la flambée des engrais conduit certains à différer leurs achats en espérant un répit qui tarde à venir. La pêche, où l'énergie peut représenter plus d'un tiers des coûts. Le transport routier et les taxis, où chaque plein rogne des marges déjà bien minces. Le bâtiment où les prix changent en quelques jours, au point qu'un artisan ne peut plus établir un devis fiable partout, ce qui a été engagé hier se paie aujourd'hui sur les marges et demain sur l'emploi. Car aujourd'hui, la vraie question, c'est comment investir, embaucher, s'engager quand personne ne sait ce que coûtera un plein de carburant ou une tonne d'engrais dans 15 jours. A chaque nouvelle crise, le constat se répète. Notre économie redécouvre sa vulnérabilité et ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix. Ainsi, monsieur le Premier ministre, ma question est simple et je la pose pour eux. A l'agriculteur qui n'ose plus commander ses engrais, aux pêcheurs qui calculent chaque sortie en mer, à l'artisan qui ne sait plus chiffrer son prochain chantier, que répond l'Etat concrètement pour qu'il puisse continuer à travailler? Je vous remercie. Monsieur le Président, la parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci, madame la présente de l'Assemblée nationale. Mesdames et messieurs les députés, monsieur le Président, monsieur le ministre Marc Angeli, l'Etat répond évidemment qu'on n'abandonnera aucun des métiers que vous avez listés dans votre question au gouvernement et pour cause, parce que c'est la philosophie de notre accompagnement depuis le début, qui est un accompagnement à l'activité. Je vais y revenir dans un instant avec un soutien ciblé. Merci d'avoir refait le lien avec la géopolitique, parce que parfois dans notre vie politique, on finit par isoler ce qui se passe de manière domestique avec les grands conflits qui nous guettent. Et je l'avais dit au président Marc Fainaut il y a de cela 15 jours ou 3 semaines, malheureusement, cette géopolitique s'est installée dans le réservoir des Françaises et des Français. Et malheureusement, nous le voyons sous une forme ou sous une autre. cela va durer. Il ne faut pas mentir aux Françaises et aux Français, les guerres hybrides ou malheureusement les guerres plus directes vont se multiplier. Et donc évidemment, nous payons cash nos dépendances en la matière. Vous l'avez dit vous-même, à chaque crise, ce sont toujours les mêmes qui paient. C'est vrai, même si, heureusement, par rapport à la guerre en Ukraine, ce n'est pas complètement la même problématique, le même enjeu que nous avons devant nous, parce que la guerre en Ukraine présentait une crise de volume, d'accès à l'énergie, d'accès au gaz, là où cette crise du transport maritime... pour l'instant, et heureusement, les infrastructures de production de pétrole n'ont pas été touchées autant qu'on pouvait le redouter au début du conflit, fait que nous avons une crise d'une inflation importée sur l'énergie. En tout cas, tous les scénarios sont sur la table sur le terrain géopolitique, et je veux le dire à travers vous, aux Françaises et aux Français, malheureusement, la reprise des combats. Et de cela, évidemment, il faut nous y préparer. La deuxième des choses, et je sais que votre groupe y est attentif, c'est l'impact sur les finances publiques. Là aussi, cette chose-là, parfois, est mise un peu rapidement de côté parce que les taux d'intérêt, parce que l'activité, madame la ministre des Armées, de nos forces armées en opération extérieure sur l'ensemble de la zone, inévitablement... des dépenses, des impacts sur les finances publiques qui n'étaient pas prévus lorsque nous avons voté le budget. Une fois de plus, c'est une guerre et je pense que les 6 milliards d'euros que nous avons documentés devront être remis à jour dans les temps qui viendront. Cela va sans dire qu'on y reviendra en transparence. Depuis le début, mon obsession, celle du gouvernement, à titre personnel, est de faire en sorte que des pans entiers de l'activité économique du pays ne se mettent pas aux arrêts. Les pêcheurs sont toujours l'exemple le plus facile à expliquer. Nos amis pêcheurs font un calcul coût avantage. Soit il y a une rentabilité à sortir, les bateaux prennent la mer, soit il n'y a pas de rentabilité à sortir, les bateaux restent acquis. L'ensemble de cette philosophie est celle qui nous a guidés pour les transporteurs, pour le BTP, pour les agriculteurs. Après la crise dure, il va falloir se mettre à l'échelle aussi, soit par filière, soit en fonction de métiers nouveaux qui pourraient être concernés. nous sommes en train de mettre une dernière main, si j'ose dire, à ces différentes annonces. Ensuite, ça pose la question, monsieur le ministre, au fond, du dynamisme de notre activité et donc aussi de la croissance qu'on est en droit d'espérer, en tout cas d'aller chercher pour cette année 2026. On est seulement au mois de mai, il y a des choses qu'on ne maîtrise pas et des choses qu'on maîtrise. On le voit bien, on a des filières économiques qui tirent notre croissance vers le haut. La défense, et merci pour la manière dont les débats se sont déroulés dans cet hémicycle pour la loi de programmation militaire, on ne peut pas voir que la défense, ou dans sa dualité, l'aéronautique, va largement participer au soutien de cette activité. La communication, les secteurs de l'innovation, et puis l'énergie. Et heureusement que nous avons pris le décret pour la programmation pluriannuelle pour l'énergie. Heureusement que notre parc nucléaire aujourd'hui produit beaucoup plus en disponibilité que pendant la guerre en Ukraine, parce que c'est un des éléments d'amortissement de cette crise que beaucoup de partenaires européens n'ont pas et d'autres pays dans le monde. Ensuite, on a des filières qui sont tangentes. J'en cite que deux, il y en a d'autres. Je n'en cite que deux, l'agriculture et le logement. Pourquoi tangent ? Parce que la capacité à produire est là. Pourquoi tangent ? Parce que malheureusement, le coût des intrants, et pas que le GNR, pas que le rouge, mais les engrais, vous l'avez cité, et l'ensemble des matériaux dérivés du pétrole, le plastique, pour ne citer évidemment que celui-là, mais il y en a d'autres en dérivés plus lointains, créent évidemment une inflation qui peut être contagieuse. Mais je dis tout de suite, mais... Il ne faut pas que certains secteurs en profitent pour jouer de cette inflation. Aujourd'hui, nous devons constater uniquement une inflation sur ces coûts dérivés des produits du pétrole et pas autre chose. Le ministre Serge Papin a reçu une mission de ma part pour bien clarifier l'ensemble des impacts de prix sur les filières. Le BTP est au coeur de ces préoccupations. Ensuite, vous avez une filière dont on parle peu. qui, elle, est très fortement exposée en ce moment et sur lequel je demandais au ministre Lescure et Martin de me faire rapidement des propositions, c'est la chimie, qui est un secteur industriel important dans notre pays, qui compte dans bon nombre des circonscriptions qui sont ici et sur lequel, évidemment, l'exposition est très importante. Je ne veux pas être plus long, mais on le voit bien qu'on ne peut pas se comparer à la crise du Covid. Et pour cause, le pays tourne. On ne peut pas se comparer... Merci pour votre dignité. On ne peut pas se comparer à... Même quand un sujet est grave, mesdames et messieurs les députés de la France insoumise, vous allez chercher la querelle et le désordre. Merci pour votre contribution au désordre une fois de plus dans cet hémicycle. Mais puisque vous me tendez la perche
et que
souvent la classe politique n'a pas toujours une bonne mémoire, je rappelle que celles et ceux qui se sont succédés sur les plateaux de télévision à l'automne et à l'hiver dernier et qui ont expliqué droit dans les yeux en montant aux Françaises et aux Français qu'on pouvait ne pas avoir de budget et que nous pouvions rester en loi spéciale mettant la pression sur l'ensemble des groupes politiques de cet hémicycle pour qu'il n'y ait pas de budget. S'il n'y avait pas de budget, il n'y aurait pas d'aide. S'il n'y avait pas de budget, il n'y aurait pas d'accompagnement. Ni pour les pêcheurs, ni pour les agriculteurs, ni pour le BTP, ni pour les transporteurs. S'il n'y avait pas de budget, il n'y aurait pas de loi de programmation militaire. S'il n'y avait pas de budget, il n'y aurait pas eu une niche de relance pour le logement. Halte à votre cynisme. Ce sont des guerres qui menacent la sécurité des Françaises et des Français, des Européens, notre économie. Maintenant, il est temps d'être patriote, d'avoir le canne des vieilles troupes. Et enfin... de traiter les problèmes à la racine.
Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. Monsieur le Président. Merci, monsieur le Premier ministre, pour cette réponse complète. Très important ce que vous avez dit dès le début. Il faut que nos concitoyens, nos compatriotes sachent que cette crise va durer. Ils ont besoin de visibilité. L'activité économique a besoin de visibilité et peut-être davantage de calme dans l'hémicycle aussi.
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