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Oui, mais sauf que malheureusement, le discours de M. Trump à la nation américaine est tout à fait ahurissant, puisque tout se base sur des choses, des appréciations et des descriptions qui sont tout à fait fausses. C'est-à-dire qu'on ne sait pas du tout où on va. Et pour quelqu'un qui voulait arrêter, et sa base le lui demande, des aventures militaires inconsidérées des États-Unis comme celles de l'Irak, que tout le monde a en mémoire, c'est fort de carré. Puisque si je puis dire, il doubles down, comme on dit en américain. C'est-à-dire il surenchérit. Puisqu'il n'y a pas d'objectif, il n'y a pas de méthode, vous venez d'en discuter. Il s'agit manifestement de renverser le régime et d'annuler ses capacités nucléaires, balistiques et tout ce qui va avec. Ce qui est déjà un objectif en soi, quand même. Ce qui est déjà un objectif, à améliorer le régime. Il faut bien se souvenir, pour un commandant en chef qui s'est débiné lors de la guerre du Vietnam, et ce n'était pas le premier, que les militaires sont quand même plus aguerris et savent mieux les choses. Je vous rappelle que pour l'Irak, le colonel, le général Powell, pardon, excusez-moi, qui était secrétaire d'État à cette époque-là, avait bien dit d'éditer ses règles, c'est-à-dire une intervention avec un objectif précis, atteignable, dans un délai. connu, court, possible, et un retrait pour éviter de s'embourber pendant des années. Alors c'est exactement la direction que... que prennent les États-Unis. Moi, ce qui m'a frappé, je vais peut-être vous amuser un instant dans cet événement tragique, mais j'ai pensé à la vache et aux prisonniers quand j'ai entendu Trump ce matin. C'est la première fois que je vois quand même le soldat israélien tiré par la corde la vache américaine pour lui faire faire tout ce qu'elle veut. C'est absolument ahurissant et c'est en effet, du point de vue de Netanyahou, une fenêtre d'opportunité, un cadeau du ciel que d'avoir quelqu'un comme Donald Trump. On pourrait développer davantage. une inconsidération et une irresponsabilité dans toutes les déclarations, dans la toile de fond qui dresse, qui est censée être la logique stratégique. Elle est absente. On va absolument vers un désastre. Je voulais intervenir parce que l'image qui est donnée...
est une image très connotée et très négative, c'est-à-dire que c'est Israël ou les Juifs qui tirent par la corde les États-Unis. Les États-Unis sont tellement puissants, tellement riches, et Israël est un tout petit pays. Qui peut croire que c'est Israël qui force les États-Unis à faire ce qu'il ne veut pas faire ? Les États-Unis, tout en tout cas Trump et l'administration américaine, considèrent que c'est vital pour les États-Unis de faire ce qu'ils font. Je ne dis pas que ce sera positif ou négatif, mais en tout cas c'est une décision américaine et ce n'est pas un lobby sioniste qui impose aux États-Unis de faire ce qu'ils ne veulent pas faire.
Je ne vais pas parler de toute la description. Si, vous dites... Les liens entre les deux, je ne fais pas d'action ni d'un côté ni de l'autre. Les liens entre les deux et le fait que, si vous voulez, sur ce terrain-là, la force de pénétration politique et d'influence de Netanyahou qui a passé son Noël en Floride où est son fils, etc., il y a une proximité très forte et il est très fort aussi à manipuler, si je puis dire, les approches culturelles des États-Unis. Mais il faut rappeler une chose importante qu'on oublie toujours, c'est que les États-Unis, Trump ou pas Trump, ont quand même un compte à régler aussi avec l'Iran. C'est quand même dans l'esprit des gens américains.
Je vous rappelle, il y a déjà des années, le sénateur McCain, dans sa candidature, avait sur une estrade de campagne chantonné. Oui, c'est ce que j'ai chantonné tout à l'heure. Exactement. Oui, mais ça a marqué les États-Unis pendant très longtemps. Mais s'il suffit de passer un Noël en Floride pour imposer aux États-Unis de faire ce qu'ils veulent, moi j'irais passer de nombreux Noëls en Floride. Mais l'image n'était pas très heureuse d'une vache les États-Unis. J'ai beaucoup de respect pour les vaches. mais les vaches n'ont pas un grand quotient intellectuel.
L'intérêt national américain, je suis désolé, Trump décrit la menace iranienne sur tous ses alliés, sur la capacité de pouvoir frapper les États-Unis, tout ça n'existe pas en réalité. Et paradoxalement, j'ajouterais une chose vis-à-vis d'Israël, c'est qu'en réalité dans la région, le grand paradoxe historique c'est celui-là, c'est que l'Iran chiite serait logiquement un des meilleurs alliés d'Israël dans la région. Sauf qu'évidemment l'obstacle c'est un, le régime, et deux... la logique de politique intérieure aux Iraniens comme aux Israéliens du Likoud d'ailleurs, de cette obsession du nucléaire qui nous amène vers des terrains très différents, très éloignés malheureusement des négociations diplomatiques par exemple que les États-Unis d'Obama avaient entrepris avec l'accord des Européens et l'implication d'autres puissances. Donc ce chemin-là de dévastation, il n'amène rien puisque vous imaginez bien qu'il ne va pas y avoir, vous évoquez le fils du chat, il n'a pas mis les pieds en Iran depuis 40 ans et le régime du chat avait été... Il y avait quand même une révolution, elle n'était pas que religieuse, il y avait le bazar, il y avait toutes les classes moyennes et les classes populaires contre ce régime autocratique et policier qui a fait beaucoup de choses pour l'Iran mais aussi beaucoup d'erreurs. Donc si demain les objectifs militaires sont remplis, admettons. Qu'est-ce qui va se passer ? On sait que les gens vont descendre dans la rue et qu'il va y avoir un régime qui va se faire. Cette amnistie dont parle le Trump n'a absolument aucun sens, comme vient de le rappeler Harold Iman très justement, il ne sera pas le président de l'Iran, il y aura un régime, il y aura un chaos en réalité. Donc on va vers un désastre.
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