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La première chose que je dois vous dire, c'est qu'en tant qu'écologiste, nous avons toujours été très clairs, nous condamnons la violence, toute la violence, systématiquement. Et moi, je suis capable de vous dire ça. J'aimerais que le Premier ministre et que le ministre de l'Intérieur, puisque c'est leur prérogative, soient capables de dire quand des gestes de certains membres des forces de l'ordre... sont inadmissibles. Parce qu'en quelques jours, on a vu une tentative de noyade sur un jeune. On a vu une jeune reprocher un policier de l'avoir étranglé en disant « j'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourir ». La tentative de noyade est vraiment contestée, madame Pannot. Oui mais tout est contesté, tout est contestable. On a bien compris, on a bien compris mais quand on regarde les réseaux sociaux, on voit des choses illégales à longueur de vidéos. On a un bilan qui est clair aussi, c'est un jeune qui a perdu l'usage de sa main à Lens où j'étais ce matin, moi j'étais lycéenne à Lens et je vous avoue que quand on manifestait il y a 25 ans jamais en tant que lycéen on imaginait que ça puisse nous arriver. Il y a un autre jeune qui a la mâchoire défoncée, un autre qui a perdu l'usage de son oeil et dans n'importe quelle démocratie. Un seul de ces trois cas de figure serait arrivé, qu'on devrait tous s'arrêter en se disant que ce sont des mineurs, ils manifestent, c'est leur droit, on doit leur permettre de manifester en sécurité. Qu'est-ce qu'on fait ? ensemble pour que ça n'arrive plus ? Jamais. Est-ce qu'on continue l'usage du LBD tel qu'il a lieu actuellement en France, ce qui est un cas unique en Europe dans le nombre d'usages et les mutilations qui en résultent ? Est-ce qu'on continue avec les grenades de désencerclement qui sont des armes de guerre qui ne sont autorisées pour le maintien d'ordre dans aucun autre pays d'Europe ? À quel moment, dans notre démocratie qui va si mal, on se pose ces questions ensemble et on prend les décisions pour que ça n'arrive plus ? Ça me paraît... Assez logique de faire comme ça. Et si le ministre de l'Intérieur n'est pas capable de poser ces questions de la doctrine du maintien de l'ordre en France et de la manière dont elle est mise en œuvre par certains ou certaines, alors il doit démissionner. Ce n'est pas possible de faire comme si de rien n'était, d'expliquer que c'est légitime, que c'est proportionnel. Comment peut-on justifier ? qu'un jeune sorte du manifestation avec une main, une mâchoire ou un œil au moins. Il n'y a rien
qui justifie ça. Marine Tourdelier, c'est un drame et vous avez raison de le rappeler. Mais je vous inverse la question. Vous avez dénoncé aujourd'hui un manque d'humanité de l'État. Mais face cette fois-ci à des individus cagoulés, masqués, qui vous jettent des pavés et des mortiers, vous leur répondez avec quoi si vous n'avez pas d'armes intermédiaires ? Vous recevez les pavés sur la tête ? Madame Mabrouk,
Mme Magrouk, le jeune annonce, correspond-il? au classement que vous venez de faire, à la description que vous venez de faire. Il était en deuxième ligne. Son père était venu, comme d'autres parents d'ailleurs, à l'entrée du lycée pour s'assurer que la manifestation s'en passe bien. Mais 20 minutes avant le drame a dû partir pour aller au travail. Ce jeune était en deuxième ligne. Il n'était pas en première ligne. Tout ça, c'est des éléments que l'on connaît. Alors, il y aura une enquête. Moi, je ne suis pas enquêtrice qui en dira peut-être plus. Mais vous voyez bien que les cas que vous décrivez, ce sont des cas de casseurs. Ce ne sont pas les cas de lycéens qui sont là pour porter... de revendication de leur lycée. Et plusieurs lycéens qui ont fait l'objet de violences inadmissibles, et encore plus quand il s'agit de mineurs, ne correspondent absolument pas à la description que vous faites. Et si on s'habitue à ce que vous dites, c'est-à-dire à dire, bon, il y a des casseurs, donc maintenant on peut faire ce qu'on veut envers les jeunes dans ce pays, alors ce sera très grave pour notre démocratie, je refuse ça. Vous reconnaissez que c'est une question ? Je sais aussi qu'il y
a... Madame Tandolivac, si je n'ai pas dit ça, je vous pose la question. Mais je vous pose une autre question, Madame Mabrouk.
Mais quel est le rôle des chaînes d'actualité en direct aussi là-dedans ? Parce que vous savez bien qu'il existe une forme de pornographie de la violence où des gens restent sur leur canapé à regarder toute la journée. Quand il y a une poubelle qui brûle à l'image, ça fait aussi plus d'audience. Et on s'habitue à ça. On s'habitue à ça et même quelque part, de manière assez morbide, certains recherchent ça dans les images. Et donc, moi, je pose la question sur notre responsabilité collective. Parce qu'il y a aussi des jeunes qui peuvent considérer que pour passer à la télé, pour qu'on parle d'eux, il faut faire ça. Et moi, je dis, ce que je souhaite, ce soir et tous les soirs qui suivront, c'est qu'on parle des revendications des lycéens qui sont précieuses et dont sont solidaires, je pense, la grande majorité des Françaises et des Français. Parlons-en si vous voulez bien, Marie. Le débordement des uns et des autres, on ne parle pas des revendications. Merci
à vous. Parlons-en, mais on ne peut pas aussi passer sous silence certaines violences. Je l'ai rappelé tout à l'heure, il y a eu un fait très grave. Mais j'ai commencé par dire que je l'ai condamné, il n'y a pas de problème. Non, je sais bien, sur un bébé, mais on ne peut pas masquer les violences également parce que certains regardent la télévision. Les revendications des lycéens, elles sont légitimes. Mais quelle réponse politique peut être apportée, Marine Tondelier, par un gouvernement sans argent et sans ressources financières dans une situation de crise de la dette telle que nous la connaissons ?
Alors déjà, il faut arrêter avec l'argument sans argent. On a un gouvernement qui a accordé 63 milliards par an de baisse d'impôts, en fait. Et surtout quand même pour les plus riches, à part la taxe d'habitation qui a bénéficié à toutes les Françaises et tous les Français. Et donc une fois que je vous ai dit ça, on voit bien que de l'argent, il y en avait, il y en a moins aussi parce que l'État a décidé de baisser les impôts et de baisser ses recettes fiscales au profit notamment des plus riches. Quand on en est dans les lycées, à ne pas avoir assez de papier... toilettes dans les toilettes, puisque c'est une des revendications des lycéens qui pourrait prêter à sourire si ce n'était pas aussi grave. On ne peut pas dire « désolé, vous n'aurez pas de papier toilette dans les toilettes parce qu'il n'y a plus d'argent ». À Amiens l'année dernière, il y avait 15 degrés dans les salles de classe. Au Conseil Régional des Hauts-de-France, nous sommes venus, les écologistes, avec des moufles et des bonnets en séance pour montrer ce qui se passait dans ce lycée à Amiens. C'est ça la situation dans beaucoup d'établissements en France aujourd'hui. Des salles de classe qui manquent de chaises et de tables, qu'on doit déménager à chacun de court pour que tout le monde puisse s'asseoir. On en est là. Et pendant ce temps-là, on ne taxe pas les
ultra-riches. Excusez-moi, ça n'a aucun sens. Donc vous pensez que cet argent doit venir, ces 10 milliards qui sont demandés par la taxation des ultra-riches ? Nous sommes dans une situation malgré tout contrainte sur un plan budgétaire, un gouvernement sans argent en fin de règne. Et vous dites aujourd'hui qu'il doit faire un effort de 10 milliards notamment.
Je vous donne un exemple, c'est ce qui s'appelle la grande transmission. D'ici 2040, il y a 9000 milliards d'euros qui vont passer d'une génération à une autre par le biais de l'héritage, des flux successoraux qui, du fait de la pyramide des âges, vont être très élevés, beaucoup plus que les années précédentes, d'ici 2040. 9000 milliards d'euros. Je propose avec les écologistes qu'on ne touche pas à 99% des héritages parce que les Français veulent transmettre à leurs enfants, c'est logique. Mais pour les 1% des héritages les plus élevés, c'est-à-dire les héritages de plus de 4... millions d'euros. On propose de taxer de 10% de plus qu'aujourd'hui. Et pour les 0,1% des héritages les plus élevés, c'est-à-dire les héritages de plus de 13 millions d'euros, 10% supplémentaires. Avec ça et quelques niches fiscales successorales qui n'ont pas lieu d'être, on récupère 10 milliards dès 2027, puis 15 milliards par an jusqu'à 2040. Là-dedans, nous, on proposait de mettre tous les ans 2 milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire. C'est une proposition que les écologistes portent depuis des mois. Eh bien, vous voyez, avec 2 milliards d'euros par an, on pourrait en rénover des écoles, des collèges et des lycées pour qu'ils aient des températures convenables l'hiver et l'été et qui sortent de l'insalubrité puisque plusieurs établissements sont insalubres avec des rats, des cafards, c'est impossible de laisser notre jeunesse étudier comme ça.
– Oui, Tondelier, puisque vous êtes attachée comme nous à ce que les manifestations se passent bien pour qu'on parle des revendications, qu'est-ce qu'il faut des jeudis ? Est-ce qu'il faut de nouveau la présence des parents ? Est-ce qu'il faut de nouveau les services d'ordre de certains syndicats ? Est-ce qu'il faut de nouveau les casques blancs ou les brassards blancs, comme on les a appelés ?
Moi, je lance un appel à tous les parents qui nous regardent parce qu'en réalité, ils regardent vos émissions, ils regardent sûrement les réseaux sociaux, ils voient ces vidéos terribles. Et chaque parent de ce pays se demande s'il a raison ou pas de laisser ses enfants manifester. Et certains ont le réflexe que je peux complètement comprendre de ne plus laisser sortir leurs enfants en disant tu ne vas pas manifester, c'est trop dangereux. Moi, je pense qu'on pourrait faire l'inverse, c'est-à-dire de dire à vos enfants, bien sûr que tu dois manifester, bien sûr que tes revendications sont légitimes. un monde en guerre, en effondrement climatique, où l'intelligence artificielle va remplacer vos futurs emplois, où Parcoursuc est un enfer, où vous n'avez pas des profs assez bien payés par rapport à la moyenne européenne dans des classes qui sont les plus chargées d'Europe, bien sûr que tout ça est légitime. Mon enfant, je serai à tes côtés en manifestation pour m'assurer que ça se passe bien. Alors là, on peut faire quelque chose. Vous savez, ce qui se joue aussi là, c'est la bataille de l'opinion en ce moment. C'est est-ce que ce mouvement, il est à bout de souffle et c'était un... barreau d'honneur aujourd'hui, c'est terminé, ou est-ce que c'était aujourd'hui la première étape de quelque chose de bien plus grand ? Et moi, je pense que c'était la première étape de quelque chose de bien plus grand, que les luttes vont converger entre les fonctionnaires, entre les précaires, entre les travailleurs, entre les femmes, entre les mamans. Il faut qu'on soit tous ensemble dans la rue, dans les semaines qui viennent, pour obtenir enfin ce que les macronistes nous ont refusé pendant 10 ans, et cela jusqu'à la victoire en 2027. Et pour ça, on a besoin de se dire qu'on manifeste et qu'on est en sécurité. Donc j'appelle tous les... à se munir de vêtements blancs, de brassards blancs, de casques blancs, à être avec leurs enfants en solidarité sur les blocages dans les manifestations. Et ce qu'on a vu à Paris aujourd'hui, jusqu'à la dispersion qui est un grand classique de fin de manif où ça se passe rarement bien, mais toute la manifestation s'est bien passée. Parce qu'en première ligne, il y avait des écologistes avec des casques blancs qui ont fait en sorte que les choses étaient respectées et que ça s'est bien passé de deux côtés. Eh bien c'est comme ça qu'il faut organiser ces manifestations désormais. Donc parents, habillez-vous en blanc et soyez dans la rue avec vos enfants. C'est comme ça qu'on va pouvoir les aider et leur garantir un avenir plus vivable.
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