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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est un peu comme si toute la classe politique était soulagée d'en finir enfin avec ce budget. Tourner la bâche d'une discussion qui aboutit à un compromis que personne n'assume réellement. Les patrons mis à contribution ne décolèrent pas et l'ensemble de la classe politique est pressé d'ouvrir maintenant une autre séquence. Comme on dit, celle des municipales, les 15 et 22 mars prochains. C'est l'élection, on le sait, préférée des Français. Près de 70% d'entre eux se disent... intéressés par ce scrutin. Dans un sondage IFOP, l'enjeu est de taille alors que tous les partis s'apprêtent à entrer. On le sait aussi, dans le combat de la présidentielle, ce vote fait figure de répétition générale et dessinera les rapports de force. Alors sur quoi vont se jouer ces élections ? Sur quel thème ? L'enjeu est-il national, local ? Quelles sont les villes à suivre ? On va faire un point ce soir. Municipale, les Français reprennent la parole. C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Jérôme Jaffray. Vous êtes politologue, chercheur associé au Cevipov. Fanny Guinochet, vous êtes éditorialiste économique à France Info. Votre édito du jour est intitulé « Budget 2027, retraité, passion et entreprise dans le viseur ». Nous y reviendrons au début d'émission. Mathilde Ciro, vous êtes rédactrice en chef du service politique à l'hebdomadaire Le Point. Je cite votre dernier article après l'adoption du budget « Le moins de soldats, le cornu, va-t-il viser 2027 ? » On posera la question dans un instant. Jérôme Fourquet, enfin, vous êtes directeur du département Opinion à l'Institut de sondage IFOR. Je rappelle, Métamorphose française, votre livre aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Enfin un budget, Jérôme Jaffray. Enfin un budget. Oui, dit comme ça, effectivement, c'est sinon l'enthousiasme, au moins la fin.
La fin d'une séquence assurément trop longue. Alors, je dirais, il faut distinguer le plan politique et le plan économique, certainement. Sur le plan politique, il y a quand même un succès et un échec à la fois, incontestablement. Le succès, imaginons que nous serions encore sous l'empire de la loi spéciale. C'est-à-dire que le budget n'aurait pas été voté, on serait toujours dans des discussions, et donc un certain nombre de choses, je pense en particulier à l'augmentation du budget de la Défense, dans cette période internationale si troublée, ne serait pas possible. Imaginons que la censure ait été votée. que les socialistes, finalement, aient décidé que les concessions n'étaient pas suffisantes. Et donc, ils votent la censure. Il aurait suffi que 20 d'entre eux, une pichenette du Parti socialiste, envoyait M. Lecornu dans le décor de la défaite. Et à ce moment-là, on se dirait, quel gouvernement ? Est-ce qu'il y a une dissolution ? Est-ce qu'il n'y a pas de dissolution ? Il n'y aurait pas de budget, il n'y aurait pas de gouvernement. Donc, c'est pour ça qu'il y a un soulagement. Et donc, le fait que, finalement, le budget ait été voté, apparaît, en fait, été voté, que la censure, que le 49-3 est permis, sans que le budget soit voté, il soit considéré comme adopté puisque le gouvernement n'est pas renversé. Voilà la formule exacte qu'il convient d'employer. Alors sur le plan économique, évidemment, d'autres sont mieux équipés que moi pour donner leur opinion, mais on voit bien que ça aboutit à un mécontentement général. C'est ça. Et en particulier, si vous voulez, au sentiment qu'il y a à la fois ni juste... fiscale, ça c'est le sentiment qui est répandu dans la gauche largement et qui met un peu à contre-pied le Parti Socialiste sur son soutien de fait au gouvernement Lecornu, ni remise en ordre des comptes et de l'état du pays même en prenant la direction d'aller dans ce sens et donc il y a une révolte des chefs d'entreprise pour couronner le tout. Et on va en dire un mot bien sûr. Ce qui fait que le bilan est vraiment...
Claire Obscur. Sébastien Lecornu dit ceci, ce texte n'est pas le texte du gouvernement. Il est le résultat d'un compromis parlementaire intégrant des amendements de tous les groupes. Ça n'est pas mon budget. Voilà ce que dit Sébastien Lecornu à l'ensemble des Français qui rentrent dans une campagne, celle des municipales. En gros, j'assume, mais uniquement la partie de ce que j'ai fait. Le reste, c'est le prix du compromis politique. Mais c'est vrai.
C'est vrai, quand vous regardez, je ne pense pas que Sébastien Lecornu aurait mis d'emblée, il ne l'a pas fait d'ailleurs, la suspension de la réforme des retraites. Ça c'est vraiment le fruit d'un compromis. La surtaxe sur les grandes entreprises, on aura l'occasion d'y revenir, là aussi c'était une façon de boucler le budget alors que le gouvernement s'était engagé à ce que cette surtaxe ne dure qu'un an, elle a été prolongée une deuxième année. On voit bien que sur un certain nombre de sujets, du quotidien d'ailleurs des Français, les franchises médicales, ça a donné du... à des débats, l'histoire des retraités, leur participation à un effort budgétaire finalement ils passent au travers, là aussi ça a donné lieu à des débats. Donc ce budget c'est un ensemble, c'est un budget qui a le mérite d'exister. Beaucoup vous disent, en tout cas du côté des économistes, que sans budget on aurait perdu des points de croissance. Et alors il faut savoir que la croissance on est à 0,9%. Alors certes on nous dit c'est très bien, mais enfin l'Espagne est à plus de 2%, la Pologne plus de 3,5%. Donc c'est pas non plus très glorieux. Si on avait perdu 0,1, 0,2% de croissance parce qu'on n'avait pas de budget, c'était un peu dommage quand même. Puis ce budget il arrive tardivement. Il a le mérite d'exister, il a le mérite de rassurer un peu quand même les marchés. Depuis qu'il a été adopté, on voit que ça s'est un peu calmé provisoirement du côté de la dette. Et puis il a aussi un autre mérite, c'est qu'effectivement il permet dans une situation internationale très tendue, Jérôme Jaffray l'a dit, d'avoir au moins un budget pour les armées avec une surmarche, c'est-à-dire une enveloppe budgétaire qui a été augmentée du côté des armées.
Jean-Pierre en Loire-Atlantique est d'accord avec vous. Nous avons un budget, nous avançons sans affauder les financiers. N'est-ce pas déjà une bonne nouvelle ? Non, ce qui est très étonnant, vous l'avez commencé à le dire un peu tous les deux, c'est qu'il ne satisfait personne. Même ceux qui ont contribué au compromis, au fond, prennent une distance polie avec cet objet non identifié en réalité. Oui, chacun cherche à s'en distancer. Surtout, j'allais dire, parce qu'au sein de l'Assemblée, vous avez les jeux des uns et des autres qui...
Bien sûr, pense à l'après et pense à se positionner pour 2027. Et pour se faire le plus beau possible pour 2027, surtout, on veut paraître le plus loin possible de cette photo, de cette saison budgétaire, parce qu'elle a été pénible, elle a été longue, que ça a été beaucoup de débats, finalement, sur la fiscalité, alors que le point de départ était, il faut qu'on fasse des économies et donc qu'on baisse les dépenses. De ce point de vue-là, il ne règle rien. Et surtout, c'est un budget de non-choix, parce que... Quel est le message politique, quelle est la vision politique ? Il n'y en a pas vraiment, si ce n'est celui de la stabilité. Et pour...
Les acteurs du bloc central, c'était vraiment le renoncement à tout ce qu'ils ont pu défendre et à la ligne politique du macronisme depuis 2017. J'ai pas compris parce que dans un tweet, Sébastien Lecornu dit que c'est un budget qui contient la dépense publique, qui n'augmente pas les impôts pour les ménages et les entreprises. Ce texte n'est pas celui du gouvernement, il est résultat d'un compromis. Sur le bilan économique, il a l'air de dire, bon, on s'en sort pas si mal.
La réalité, c'est que ça va creuser encore une fois la dette, parce que ce budget ne règle absolument pas le problème de nos finances publiques. Certainement, peut-être qu'on dira un mot, celui de 2027, encore moins, parce qu'on sera encore plus proche de l'échéance présidentielle. Donc ça veut dire que tout ça va peser sur la campagne présidentielle et sur les candidats, parce qu'on va forcément poser la question quand même des tabous qui sont les retraites et la protection sociale en France. Jérôme Fourquet, à l'heure du bilan.
– Les Français se disent, bon, au final, ils ont quand même réussi à se mettre d'accord tant bien que mal, c'était pas gagné, mais on est sortis avec un budget de compromis, ou est-ce qu'ils vont, à votre avis, sanctionner le spectacle de ces dernières semaines ? – Alors, tout dépend des électorats, parce qu'en fait, il y a deux camps qui se sont dessinés. Le camp qui a participé à ces tractations, donc le Bloc central, le Parti socialiste et les Républicains.
Et puis les deux autres grandes formations qui, elles, sont restées à l'écart et qui l'ont bien signifiée, la France Insoumise et le Rassemblement National. Hier soir, Mathilde Panot, chef du groupe LFI à l'Assemblée Nationale, a indiqué qu'il y avait à l'issue de ce non-vote par les socialistes de la censure qu'il y avait une clarification politique en disant « ça y est, les socialistes ». Cette fois c'est bon, on rallie le camp macroniste et participe donc de fait au maintien au pouvoir d'Emmanuel Macron. Et nous, nous sommes la vraie gauche qui restons fidèles au programme du nouveau Front Populaire. Idem pour le Rassemblement National qui dit que ce n'est pas un budget courageux, qu'on n'a aucune économie qui ont été faite, etc. Et donc il y a deux camps qui se dessinent avec les forces qui ont voulu... assumer leur part de responsabilité en disant on ne peut pas laisser le pays dans l'incertitude et il faut faire ses compromis et qui ont été globalement suivis ces forces là par leurs électeurs qui comprennent cette démarche là et puis quand même beaucoup d'électeurs qui sont assez mécontents alors tout ça a permis aussi de faire un peu baisser la température rappelez-vous en septembre il y a 4 mois Sébastien Lecornu démissionne aussitôt nommé à Matignon. Plus de 60% des Français souhaitaient des élections législatives anticipées. Un ancien Premier ministre avait appelé même à une présidentielle anticipée. Là, le cours des choses a été remis dans son axe. On a des municipales, donc les Français vont être appelés aux urnes. Et puis ensuite, on va rapidement basculer vers la présidentielle. Donc les Français prennent un petit peu leur mal en patience et ils ont tous en tête... que les vraies discussions, notamment économiques et budgétaires et politiques, ça va être la campagne présidentielle et qu'on a fait, on a caché tout ça sous le tapis puisque le Premier ministre se... ce targ d'avoir un budget qui respecte les équilibres économiques, on est à un déficit de 5 points de PIB, ce qui est quand même colossal. On rappelle, le critère de Maastricht, c'est 3%. Donc là, on est à 5. La charge de la dette va devenir le premier budget de l'État. Et donc les Français, sans avoir tout compris, parce que comme il y a eu des compromis dans tous les sens, se disent qu'en fait, on a colmaté un moment et que...
Rien n'est réglé que tout est devant nous en fait. On verra dans un instant si tout ce qu'on vient de se dire là peut peser sur le scrutin des municipales et comment. En effet, 400 heures de débat, des semaines de négociation, de discussion pour arriver à un budget de compromis qui ne satisfait, on ne l'a compris, personne. À part peut-être nos partenaires européens rassurés de voir que la France sort de l'impasse dans la catégorie des mécontents, même très mécontents, les chefs d'entreprise qui ne décolèrent pas. Théo Manval et Christophe Roquet.
Alors mes chers collègues, la séance est reprise. Après 5 mois et demi de débat, 2 premiers ministres et 6 motions de censure, dont les dernières hier. Aucune des 2 motions de censure n'ayant été adoptée, le projet de loi de finances pour 2026 est considéré comme adopté. La fin d'un calvaire pour des ministres presque surpris. 400 heures d'examen en séance, mais cette fois oui, c'est bien fini.
Satisfait qu'on ait passé cette première étape importante. On entre en 2026, j'allais dire enfin, on est en février, il était temps, avec un budget qui tourne, une France qui tourne, et surtout beaucoup de travail pour continuer à la développer. Parmi les principales mesures de ce budget 2026, le gel du barème de l'impôt sur le revenu, qui évite à 200 000 foyers modestes de devenir imposables.
Mais également de nouvelles taxes, 2 euros sur les petits colis en provenance notamment de Chine, et 20% sur certaines holdings pour les hauts patrimoines. Dans l'enseignement, généralisation des repas à 1 euro pour les étudiants, mais suppression confirmée de 4000 postes dans l'éducation nationale. Côté dépenses, peu d'économies in fine et une réduction du déficit limitée. Oui, nous tiendrons les 5% de déficit cette année, comme nous avons tenu les 5,4% de déficit l'année dernière. Le gouvernement se félicite d'avoir bouclé un budget de compromis. Il ne satisfait pourtant personne, y compris dans son propre camp. C'est vrai que ce budget ne prépare pas l'avenir, il ne prépare pas grand-chose. Son mérite, c'est d'en avoir un. À droite et au RN, on dénonce un texte final.
trop à gauche. C'est triste pour la France ce soir, ce qui vient de se passer à l'Assemblée. Les socialistes n'ont pas voté la censure, mais j'ai envie de dire, son logique avait que même, puisque c'est un budget socialiste, donc ils n'avaient pas besoin de le censurer. Budget d'austérité, estime au contraire la France Insoumise, qui dénonce dans cette non-censure une trahison de la part du PS. Nous n'avons plus d'alliance avec le Parti Socialiste, nous le disons, et aujourd'hui, le Parti Socialiste a définitivement trahi les engagements qui étaient pris devant les électeurs et les électrices, puisque je le rappelle.
Le programme du nouveau Front populaire commençait par cette phrase. Le nouveau Front populaire regroupe des femmes et des hommes qui s'unissent pour rompre avec la politique d'Emmanuel Macron. Nous avons servi les Français et la copie budgétaire que nous avons...
Désormais, puisque ça y est, nous sommes à la fin de cette séquence, c'est quand même pas celle que nous avait proposée M. Lecornu dès le départ. Elle a été considérablement améliorée. Une copie améliorée, ce n'est pas la vie des entreprises, en tout cas les plus grandes, qui vont fournir l'essentiel de l'effort en termes de recettes fiscales. La surtaxe sur leurs bénéfices est maintenue. Elle doit rapporter à l'État 7,3 milliards d'euros. En plus du gel de la cotisation sur la valeur ajoutée que l'État avait promis de baisser. Ce ne sera finalement pas le cas, ponction estimée à 1,3 milliard d'euros.
On va le payer très cher, on va le payer très cher parce qu'on se dit c'est 300 entreprises, c'est pas très grave, etc. C'est totalement faux d'abord, ce sont les entreprises les plus exposées à la concurrence internationale parce qu'elles sont elles-mêmes très internationalisées. Ce sont des entreprises qui alimentent tout le tissu économique, elles ont des dizaines de milliers de sous-traitants, de prestataires. À un moment donné, ces sous-traitants, ces prestataires des PME vont souffrir de cette mesure ciblée sur les grandes entreprises. Réponse de la ministre des Comptes publics, non, il n'y a pas de matraquage.
Il n'y a pas de hausse de charges sur le travail dans ce budget. Il n'y a pas de hausse d'impôt pour les TPE, il n'y a pas de hausse d'impôt pour les PME, il n'y a pas de hausse d'impôt pour les artisans. La réalité sur les grandes entreprises, c'est qu'elles perdront en 2026 exactement le même impôt que ce qu'elles ont payé en 2025. Le budget à peine adopté se profile déjà le chantier du prochain. Pour éviter un nouveau retard pour la troisième année d'affilée, les réunions préparatoires pour le budget 2027 commenceront dès le mois d'avril.
Alors nous allons évoquer ce soir les conséquences que tout cela pourrait avoir sur les élections municipales. Il y a une chose de sûre, ça aura des conséquences dans les relations entre le gouvernement et certaines forces politiques et les chefs d'entreprise. Oui, mais sachant que ces relations, elles étaient déjà nettement refroidies depuis la dissolution et le précédent budget, parce que la plupart des patrons des milieux d'affaires n'ont pas compris qu'Emmanuel Macron ait ce geste de dissolution, que ça a coûté cher à l'économie. On entendait Patrick Martin, évidemment, il est dans son rôle, dans sa posture de défendre, mais il défend les grandes entreprises. Ce sont surtout elles qui sont sollicitées une nouvelle fois. Et ça pèse sur 300 grands groupes, des multinationales, qui certes sont importants pour ruisseler, pour le coup, entre elles font travailler des sous-traitants. Mais quand on regarde du côté des petites entreprises, c'est un budget qui ne bouge pas, en fait, par rapport à l'année dernière. Et c'est vrai qu'on voit que... Patrick Martin, il est aussi pris dans des discussions patronales entre, d'un côté, des organisations patronales comme la CPME, qui sont beaucoup plus offensives, aujourd'hui, qui apparaissent comme beaucoup plus modernes, et un MEDEF qui est plus proche de la FEP, qui est l'association des grandes entreprises françaises et qui défend les grands groupes. Mais il faut se souvenir d'où on partait, quand même. La taxe Zuckman, elle n'était pas loin. Il devait y avoir une taxe sur les holdings. Certes, elle est dans le budget, mais elle est réduite à portions congrues. Le pacte d'Utreil était dans le viseur du... Le gouvernement, là, il est maintenu. Il y a beaucoup de postures. C'est ça que vous voulez dire ? Oui, franchement, vu d'où on partait, en tout cas, c'est vrai que l'atterrissage, et d'ailleurs, je me permets juste, pour 2027, je pense que ça va être compliqué, parce qu'au niveau du gouvernement, en tout cas, vous avez un certain nombre de ministres qui vous disent, vu comme râlent les chefs d'entreprise, finalement, on ne va pas avoir, il va falloir faire des économies, la marche, elle va être très haute, les aides aux entreprises, c'est quand même des dizaines et des centaines de milliards d'euros, finalement, on devrait peut-être regarder, se pencher sur cette...
de copie. Donc si ça se trouve, pour les entreprises, ça sera encore pire l'année prochaine. Vous allez les mettre en joie si vous écoutez ce soir. Il y avait cette question de Jean-Paul dans le Var. Ne vaudrait-il pas mieux laisser les économistes décider du budget de la France plutôt que de laisser faire les politiques ? Alors juste, je vous pose cette question, Jérôme Jaffray, c'est Jean-Paul dans le Var qui vous interroge. Je mets juste dans la discussion ce sondage publié dans la tribune dimanche. 58% des Français pensent qu'un patron ferait un bon président de la République.
Y a-t-il des velléités chez certains après ce qui s'est passé dans le débat budgétaire de se dire on se lance ? Alors il y a plusieurs questions que vous abordez. D'abord il y a un constat simple des députés, c'est les entreprises ne votent pas. Et comme les entreprises ne votent pas, on peut toujours demander un effort aux entreprises, surtout en parlant uniquement des grandes entreprises. Mais ce que les chefs d'entreprise ont entendu, c'est quand même un discours anti-entreprise, anti-confiance économique, anti-redressement et effort de l'économie française. C'est-à-dire qu'on continue de creuser la dette. comme Mathilde Sirot le disait il y a un instant, et donc on ne prend aucune mesure, et 5% de déficit, c'est-à-dire plus de 150 milliards de déficit, en expliquant formidable, la France arrive, elle fait 150 milliards de déficit annoncé, et donc on est dans une situation où les chefs d'entreprise sont extrêmement mécontents. Alors ils l'expriment à leur façon, et c'est vrai que par exemple le Medef sortant un contrat pour les jeunes consistant à... à reprendre qu'était le projet Villepin du CPE en 2006, je dis ça pour noter les spectateurs, ceux qui ont beaucoup de mémoire et sont nombreux politiques, ça avait mis toute la jeunesse dans la rue. Et ça avait mis fin aux velléités de candidature de Dominique de Villepin à l'élection présidentielle de 2007. Que le MEDEF fasse cette proposition, dont il sait à mon sens qu'elle n'a à deux mois des municipales au surplus pour créer un climat. excellent dans le pays, j'y vois un petit signe de vengeance. – Alors Mathignon a dit tout de suite qu'il en était hors de question. – Bien sûr, mais quand même le MEDEF a sorti que son idée c'était que les jeunes, il fallait pouvoir les licencier plus facilement, les payer moins cher et que tout irait mieux comme ça. Voilà, donc ça c'est un vif mécontentement. Alors derrière, il y a cette idée, mais la question que pose notre téléspectateur disant pourquoi pas des économistes qui feraient le budget, signifie en fait une franche hostilité fondamentale aux politiques. Et ça c'est grave, parce que les politiques ce sont les français qui les élisent, qui les choisissent. A partir du moment où on dit que la démocratie ne peut plus fonctionner parce que ceux que vous élisez vous n'en voulez plus et que n'importe qui ferait mieux, nous sommes dans un phénomène... d'amplification de la crise démocratique. Alors un patron ferait-il mieux poser en ces termes ? On aurait pu aussi, je suggère ça à l'Institut de sondage, ce n'était pas l'IFOP qui a opéré, un ouvrier ferait-il mieux comme président de la République ? Est-ce que ce serait bien ? Toute catégorie qui sort de la politique serait jugée meilleure que les politiques. Et un patron parfois, ceux qui ont parfaitement réussi dans leur domaine sont des modèles, bien entendu, mais est-ce que ça en fait des personnalités capables ?
de prendre des décisions politiques, de trouver des compromis, de parler aux électeurs, de conclure des alliances politiques, est-ce que c'est ça ? C'est rare comme profil. On va parler dans un instant des municipales avec cette campagne qui a tardé à se lancer justement en raison de ce débat budgétaire. Juste un mot sur Sébastien Lecornu dans la série Les gagnants, les perdants. Est-ce qu'il a tiré son épingle du jeu ? Est-ce qu'il peut en faire quelque chose de cette victoire, de ce compromis du fait de rester ?
Oui et non, je dirais, parce que la promesse de départ, c'était un budget avant les fêtes de fin d'année, et c'était un déficit en dessous des 5% du PIB et 149,3. Sur ces trois objectifs-là, on peut dire que le compte n'y est pas, mais malgré tout, ce qu'il réussit, contrairement à ses prédécesseurs, c'est qu'il évite la censure, donc il a quand même installé une forme de dialogue très imparfait, un début de culture du compromis malgré tout, et que là, il est bien parti pour durer, sauf... Il a des ambitions ? Alors, sauf accident majeur à l'Assemblée et sauf changement d'humeur présidentielle, il va rester à Matignon pour encore un moment, peut-être jusqu'à la fin du quinquennat. Est-ce qu'il a des ambitions ? Alors, il répète absolument non, non, non, jamais de la vie. Ça, c'est toujours un peu le postulat de base. Ensuite, par défaut, je dirais, comme on cherche un candidat, comme on cherche une incarnation dans cet espace politique-là, il a une carte à jouer évidente. Et parce que... personne ne tire vraiment son épingle au du jeu. Donc bien sûr, en tant que Premier ministre, il aura des choses à faire valoir. De quelle manière ? Il pèsera, bien sûr. Est-ce qu'il sera candidat ? On en est encore loin. Est-ce que c'est lui qui va conduire la bataille des municipales ? Est-ce qu'il va s'engager ? Alors, il n'en donne pas l'air. Il va se mobiliser, lui, à Vernon. Il sera numéro 3 sur la liste, il l'a annoncé, en disant, voilà, Vernon, c'est chez moi. Est-ce qu'il va faire le tour de France pour aller ici ou là soutenir des candidats ? Je ne pense pas. Et d'ailleurs, c'est assez frappant de voir que les maires sortants, les candidats aux municipales, ne sont d'ailleurs pas du tout en demande d'avoir des figures politiques nationales dans ce moment.
mener leur campagne. Au contraire, c'est surtout pas de nationalisation, on veut parler uniquement local. Cette campagne part tard ? Oui, on a une actualité internationale qui est extrêmement chargée, et donc les Français n'étaient pas très disponibles pour cela, et vous voyez, les audiences... que vos émissions peuvent recueillir sur ce type de sujet, ça préoccupait les Français. Et puis sur le front intérieur, si on peut dire, il y avait cette question du budget. Donc la campagne municipale commence maintenant. Là où elle n'est pas aidée non plus, c'est que, contrairement à ce qui se passait avant l'élection première d'Emmanuel Macron en 2017... Historiquement, il y avait quand même une dimension nationale très forte dans ces municipales, puisqu'il y avait des listes de gauche et des listes de droite. Et en général, le camp qui était au pouvoir au niveau national... partaient avec un sérieux désavantage aux municipales puisqu'ils payaient localement le prix de l'impopularité nationale. Et donc ça rejoint le rôle que pourrait jouer le Premier ministre Lecornu. On voit que les candidats macronistes, notamment les sortants, dans les villes sont quasiment inexistants. Donc cette impopularité de l'exécutif, elle ne peut pas se matérialiser sur un Pouchingbone local qui serait un maire sortant parce qu'il y a très peu de macronistes. Et de surcroît, quand ils ne sont pas sortants, souvent... ils partent dans des listes en alliance avec les Républicains, par exemple. Et donc la visibilité, la lisibilité de ce scrutin, au plan national, est moins évidente que par le passé, ce qui renforce la dimension locale du scrutin. Ça veut dire qu'on ne se décidera pas en fonction de la discussion budgétaire, des enjeux nationaux ? contre l'exécutif. C'est par exemple ce que disait Mathilde Panot, la France Insoumise, c'est nous la vraie gauche aujourd'hui, et donc si vous êtes électeur de gauche, il faut voter pour nos listes municipales, et non pas pour, par exemple, des maires sortants socialistes qui ont mêlé leur voix ou se sont alliés aux macronistes pour le vote du budget. On sait que c'est une élection qui intéresse les Français. C'est l'élection préférée des Français. L'élection municipale ?
Ou est-ce que c'est la présidentielle ? La présidentielle est quand même la première, c'est le scrutin roi, à la fois par l'ampleur de la décision que prennent les Français à cette occasion et par le taux de participation. Mais c'est un grand point d'interrogation, le taux de participation à ces municipales. Parce que, souvenons-nous, il y a six ans, les municipales ont eu lieu en plein Covid. Le premier tour a eu lieu l'avant-veille du confinement. Et on s'était posé la question, dans les jours qui précédaient le premier tour, de savoir si on en ait annulé le scrutin. Et le second tour, pour le coup, n'a pas eu lieu dans les huit jours qui suivaient, comme c'était toujours le cas. Et il a été renvoyé au mois de juin. On a voté en mars pour le premier tour, au mois de juin pour le second. Ce qui est quelque chose d'ahurissant, si vous voulez. Et donc on a eu un taux d'abstention à ces municipales, 55% au plan national, plus de la moitié. des français ne sont pas allés voter au municipal de 2020 alors que aux élections précédentes de 2014 ou de 2008 c'était 35%
Donc toute la question, c'est de savoir où nous allons nous retrouver. Justement, il y a cette question de Jean-Pierre, elle est intéressante en Mayenne. Vu le spectacle lamentable offert à l'Assemblée depuis deux ans, l'abstention ne risque-t-elle pas d'être importante aux municipales ? En tout cas, c'est vrai qu'on comprend ce que disait Mathilde de Sirot. On comprend pourquoi un certain nombre de maires qui sont en campagne aujourd'hui n'ont pas du tout envie d'être amenés au débat qui a eu lieu là, qui a duré des semaines. au sein de l'Assemblée, avec des invectives, avec des alliances parfois contre nature. On ressort de ce débat budgétaire. Avec beaucoup de confusion finalement, quels que soient les camps d'ailleurs. Alors certes, vous avez peut-être les extrêmes qui se sont démarqués, mais ils ont endossé la posture de on rejette tout, on est contre l'ordre établi, on va dans des postures très clivantes. Bon, ça correspond à certains électeurs. D'autres électeurs, c'est au nom de la stabilité, on a avalé des couleuvres, on a accepté des hausses d'impôts quand on était du côté... de la droite, on a accepté une suspension de la réforme des retraites quand on était macronistes, alors que pendant des années, on nous a juré que non. Donc vous voyez... Ça c'est le compromis ? C'est l'histoire du compromis, mais il en ressort, c'est ce que l'on disait au début de cette discussion, quelque chose qui n'est pas finalement satisfaisant, donc on comprend bien qu'on n'a pas envie d'endosser ce compromis, cette pseudo-victoire ou ce pseudo-échec, ça dépend de quel...
côté où on se situe. Pour les élus aussi, pour les responsables politiques aussi, il y a ce sentiment de se dire on ne va pas assumer cette séquence au-delà même du contenu budgétaire, de ce qu'on a été obligé de concéder ou alors de ces compromis qu'on a arrachés. Là, il y a vraiment, quand on dit la séquence des municipales s'ouvre, il y a une volonté de faire table rase. Quel est leur état d'esprit en ce moment ? Oui, c'est ce qu'on disait, c'est-à-dire que personne ne veut endosser ce budget, personne ne veut en être comptable. Et la grande question, c'est quel va être l'effet
de toutes ces discussions qu'on a vécues pendant des semaines sur les uns et les autres. Est-ce que ça va être encore une fois un carburant pour les forces extrêmes, notamment pour le Rassemblement national ? Ils ont quand même échoué à faire tomber le gouvernement malgré tout à la fin. Il n'y aura pas de censure ni de dissolution. Est-ce que ce sera favorable pour les forces du compromis ? A l'inverse, on peut se dire que de LR au PS, le risque, c'est cette espèce de magma informe de personnalités qui ont cherché avant tout à faire des arrangements pour...
ne pas retourner aux élections. Ça aussi, ça peut compter dans l'esprit général. Je pense que les effets seront peut-être à effet différé sur les gagnants et les perdants de cette longue saison budgétaire. Il y a une complète divergence, c'est ce qui est très intéressant sur le plan politique, entre ce que sont les municipales et ce qu'est la politique nationale. La politique nationale, elle est aujourd'hui largement dominée par les extrêmes. La possibilité du rassemblement national arrivant au pouvoir en 2020, C'est quelque chose de tout à fait réel. Et par une forme de radicalité dans les échanges, dans les comportements, comme le soulignait Fanny Guénochet. Et les municipales, c'est le contraire. Ce ne sont pas du tout les extrêmes qui dominent les villes qui existent. Le Rassemblement national, il n'a quasiment rien. Il a gagné comme grande ville Perpignan, point final. Il espère en gagner deux ou trois. Il y a plus de 40 villes de plus de 100 000 habitants en France. La France insoumise n'a rien. – Il y avait eu une vague verte, on peut faire un petit bilan de ce qui s'était passé en 2020, il y avait eu une vague verte. – Alors, vague verte, ils ont gagné des mérites très importantes, mais pas en si grand nombre que cela, ils sont très menacés. Mais je termine sur l'idée, ce sont les forces centrales qui dominent nos municipales. Et les forces centrales avec une volonté de rassemblement dans la ville. Donc c'est l'opposé de la radicalité au plan national et des extrêmes qui dominent. Donc c'est une divergence énorme.
Ce que je voulais juste ajouter, pour aller dans votre sens, c'est que par exemple, mais comme toujours, que par exemple le PS en 2020 avait conservé ces grandes villes, que les LR étaient le parti le plus représenté dans les mairies à l'issue de ces municipales de 2020, ce qui est loin de la photographie.
qu'on a aujourd'hui au niveau national. On avait une résistance de l'ancien monde au niveau local. Alors il y a peut-être aussi une dichotomie qui s'opère supplémentaire entre le national et le local. C'est qu'avec le principe de non-cumul des mandats, vous avez beaucoup de députés. qui ne sont pas candidats alors qu'ils l'étaient quasiment systématiquement par le passé. Certains vont tenter leur chance, notamment dans les forces des insoumis et du Rassemblement international. Ils vont essayer de se faire élire maires dans les communes qui relèvent de leur circonscription d'élection. Quand on disait tout à l'heure qu'ils vont endosser ce qui s'est passé à l'Assemblée, beaucoup de gens qui vont être tête de liste et qui sont maires... ne sont pas ceux qui ont participé aux négociations à l'Assemblée nationale. Et puis le deuxième point, la deuxième différence, c'est peut-être que certaines listes, notamment conduites par des sortants, vont avoir à cœur de montrer que si le pays au niveau national est à l'arrêt... Eh bien ici, dans la ville, on a fait des choses, on a piétonnisé le centre-vide, on a lancé des nouvelles lignes de transport en commun, on a transformé l'habitat, etc. Et donc essayer de montrer qu'au niveau local, les choses continuent d'avancer, qu'on a des projets, qu'on est tourné vers l'avenir, alors que les Français peinent.
à voir le dessin apparaître au niveau national. Juste un mot encore sur Sébastien Lecornu avant d'aller à notre deuxième reportage. Est-ce qu'il a des leviers pour poser sur le scrutin des municipales ? Là, dans le mois qui vient, j'ai vu qu'on va parler du logement dans un instant, qu'il ait fait un déplacement sur le logement, est-ce que vraiment les deux actualités sont différentes ? C'est-à-dire qu'on va avoir des candidats qui vont vraiment faire campagne sur des enjeux très locaux et le Premier ministre qui va tenter d'avancer sur des dossiers nationaux ?
C'est très compliqué, comme on l'a dit, il y a un déficit à 5%, et donc il n'y a pas de marge de manœuvre budgétaire pour dire, tiens, on va donner telle enveloppe budgétaire sur tel sujet pour aider telle municipalité, ou lancer tel grand projet, ce serait assez bizarre. Sébastien Lecornu, sur sa prise d'ampleur au niveau politique, il a été annoncé qu'il y aurait sans doute un remaniement. gouvernemental, alors ça ne va pas changer la face des municipales, mais c'est pour montrer qu'il assoit son autorité, qu'il se passe des choses.
Si on s'interroge sur les conséquences de cette campagne qui s'ouvre pour le gouvernement et pour le Premier ministre, on peut se dire que les enjeux partisans vont prendre d'autant plus de place qu'il y a ce scrutin. On sait que les élections municipales peuvent être aussi le top départ ensuite de la pré-campagne pour la présidentielle. Donc pour lui, ça va être quand même quelque chose aussi, un élément supplémentaire de difficulté. Ensuite, on voit qu'il a la volonté de tourner la page et d'enclencher un nouvel agenda, sauf que c'est contrainte. restent les mêmes, pas d'argent, Jérôme Fouquet vous l'avez dit, pas de majorité et un temps très limité parce que d'ailleurs le Parlement d'ici la fin du mois de février va suspendre ses travaux pour la campagne.
Remaniement parce qu'il y en a certains qui vont partir faire campagne. Remaniement parce qu'il y a quelques ministres qui sont candidats, à commencer par la ministre de la Culture, évidemment, Rachida Dati à Paris. Et on va en parler dans un instant de cette campagne, ce choc parisien. En tout cas, dans un instant, je vous poserai la question, Jérôme Fourquet, qui réserve votre réponse, sur ce qui peut jouer dans la détermination du vote en termes de priorité, quand on parle des thématiques qui intéressent les Français. En tout cas, je ne sais pas si vous me contredirez, mais c'est l'un des sujets de préoccupation. des Français à la veille de ces municipales, le logement, selon une enquête d'Odoxa, 7 Français sur 10 estiment qu'il est difficile de se loger dans leur commune. Julie Rico et Constance Meyer se sont rendus, vous allez voir, à Montpellier, dans une famille où, malgré le divorce, les parents continuent de cohabiter sous le même toit, faute d'offres et faute de moyens.
C'est une ville où il fait bon vivre. Montpellier séduit toujours plus d'habitants. Mais il est devenu très difficile de s'y loger. À une dizaine de kilomètres du centre-ville... Tu vas prendre quoi ? Du goûter aussi. Mandy, 45 ans, vit avec ses 4 enfants dans cette maison qu'elle cherche à quitter. En instance de divorce, elle doit cohabiter avec son ex-conjoint. Il y a une très bonne entente avec mon ex-mari. On est vraiment...
Je pense que pour le bien de tout le monde, ça serait bien d'avoir chacun notre logement pour vraiment acter le fait qu'on soit séparés.
Donc oui, c'est dur psychologiquement à vivre au quotidien quand même. Je trouve que c'est injuste qu'une mère avec quatre enfants ne puisse pas avoir un logement en sachant qu'elle se réveille des fois à 6h et finit à 18h. Il faut bien à un moment donné qu'on vive cette séparation de nos parents. Donc si on continue à cause du système de vivre avec nos parents.
Ensemble mais séparés, à un moment donné, forcément, ça va finir par peser sur tout le monde. Depuis cinq mois, impossible de trouver un logement à Montpellier et ses alentours, malgré un CDI et un salaire net de 1800 euros.
C'est une annonce sur laquelle je suis tombée sur Montpellier, un logement de 3 pièces, 66 mètres carrés, mais qui est déjà un loyer de 1113 euros. Quand on voit le descriptif, il demande la garantie loyer impayée, donc GLI. Ce qui veut dire qu'il faut gagner 3 fois le montant du loyer pour pouvoir accéder à ce logement, en sachant que je gagne 1800 euros net par mois. C'est pas possible pour moi. Mandy a le sentiment de faire partie d'une classe moyenne qui s'appauvrit.
Le SMIC, il se rapproche de plus en plus de mon salaire. Moi, mon salaire n'augmente pas parce que je ne suis pas au SMIC. Et le souci, c'est que la vie a aussi augmenté en fait. Ne serait-ce que les courses, c'est vraiment, c'est devenu très très compliqué. En 10 ans, le prix des loyers a bondi de près de 17% en France. À Strasbourg, Nawel aussi souffre de la crise du logement. Cette conseillère d'orientation de 41 ans vit dans cet appartement de 80 mètres carrés.
Il ne compte que deux chambres qu'elle doit partager avec ses quatre filles. Elles sont toutes dans la même chambre. Donc du coup, c'est une organisation. Il faut apprendre à être minimaliste. C'est tous les soirs la même routine. C'est de préparer le lit pour que les petites puissent dormir. L'année prochaine, elle envisage même de dormir dans son salon pour laisser une chambre à son aîné au lycée. C'est un sacrifice d'une mère pour ses enfants pour leur donner toutes les chances d'avoir un petit peu d'intimité, de pouvoir réussir au niveau de la scolarité. Cela fait trois ans déjà que Nahuel est sur liste d'attente pour un logement social. Là, quand vous voyez les statistiques pour mon quartier, aujourd'hui pour un 5 pièces, il y a 504 demandes, il y en a 151 disponibles, il n'y a eu que 5 attributions. Tous les jours, on se lève, on travaille. Je me dis, je paye mes factures, je suis une citoyenne, je respecte les règles, j'éduque mes enfants dans ce sens. Et puis, les politiques ne nous écoutent plus. Ils nous disent, écoutez, remplissez vos documents et attendez. Attendez quoi ? Quels sont les critères ? Pourquoi aujourd'hui, moi, je n'ai pas... possibilité d'avoir même eu mon dossier qui soit passé. Ne serait-ce qu'une seule fois en commission, je me sens vraiment abandonnée. J'ai l'impression que je suis seule à me battre pour un minimum de confort. Près de 3 millions de personnes sont en attente d'un logement social, un chiffre encore jamais atteint en France.
Alors si on fait le classement des priorités des Français pour ces municipales, qu'est-ce qui arrive en premier ? Alors c'est sécurité et santé, et l'État aussi des finances publiques locales, même si la taxe d'habitation a été supprimée pour beaucoup de Français. Beaucoup regardent quand même, parce que dans ce climat fiscalement incertain, beaucoup redoutent qu'on leur présente à un moment, à un endroit ou à un autre, la facture. Et alors curieusement, le logement est assez... est assez bas dans le classement, même si comme on le voit, c'est un sujet très important pour beaucoup de Français. Alors ce paradoxe s'explique par le fait qu'on retrouve sans doute de manière indirecte le logement dans la priorité numéro un au niveau national qui est le pouvoir d'achat. On rappelle qu'aujourd'hui le logement tout compris, donc le loyer ou le remboursement d'emprunts si vous êtes en accession à la propriété, plus électricité, eau et gaz. C'est à peu près 30% du revenu des ménages, contre 12% pour l'alimentation. Et par comparaison, au milieu des années 70, le poste de dépense-logement était au niveau... À 13 ou 14%, c'était au niveau de l'alimentation. Donc ça faisait jeu égal avec l'alimentation. Aujourd'hui, c'est 30% contre 12 ou 13% pour l'alimentation. Et votre reportage le montre très bien. Alors, il y a une crise du logement. On n'a pas construit suffisamment, notamment dans le logement social. On a aussi des réglementations sur les normes de construction. qui ont renchéri le coût de fabrication et de production des logements, donc le prix de l'immobilier a augmenté. Et puis on a aussi des évolutions sociétales, on le voit, les deux familles sont une séparée, enfin en instance de séparation, et la dernière personne qui vit à Strasbourg avec ses quatre filles, ou ses quatre enfants, manifestement vit seule. Et donc, vu le niveau moyen des salaires en France, si vous êtes un seul revenu...
pour devoir assurer ou déposer un dossier dans le parc locatif privé, c'est une mission quasi impossible dans les grandes villes. Mais du coup ça veut dire que là pour un scrutin, dans les situations qu'on vient de voir dans ce reportage, les gens qu'on a vus ne se tourneront pas vers leur maire en disant c'est à vous que je demande de m'aider pour la question du logement. Vous dites au fond c'est déconnecté. Alors ça pourrait, ça pourrait. Regardez ce qui s'est passé, on revient.
à New York, on revient aux Etats-Unis, mais avec la victoire du candidat Mandani qui a fait toute sa campagne sur le gel des loyers. Et il commence à Paris notamment à être repris, copié par certaines listes qui sont en compétition pour les municipales en disant on va essayer d'envoyer un message notamment à tout l'électorat jeune. ou catégories moyennes ou populaires qui n'arrivent plus à se maintenir en logement. C'est très présent dans les programmes des candidats dans les grandes métropoles françaises. Et faisons bien le distinguo quand même entre les très grandes villes et puis d'autres endroits où, comme on dit dans le marché de l'immobilier, la zone n'est pas tendue et les prix du mètre carré n'ont rien à voir.
– Jean-Bjaffray, sur ce reportage qu'on vient de voir, on a bien compris l'échelle, le classement des priorités, le logement est un sujet qui préoccupe les Français et c'est très étonnant et on le verra dans un instant puisqu'on va aller se pencher sur le cas de la bataille de Paris. C'est très présent dans la campagne parisienne aussi et dans le même temps on a un Premier ministre qui a fait un de ses premiers déplacements post-discussion budgétaire sur le logement en disant il faut construire parce qu'il y a une vraie crispation, je donne juste ce chiffre avec ma question à rallonge mais c'est pas grave, il y a plus de 600 000 personnes qui sont hébergées en France.
en France, de façon contrainte chez un tiers. C'est la Fondation pour le logement des défavorisés qui dit cela. Oui, si vous voulez, nous sommes dans la situation où, pour les municipales, bien sûr, ce n'est pas le maire qui décide de la politique de logement, et c'est beaucoup plus compliqué que ça, mais il y a un transfert des demandes des priorités des Français nationales vers la commune. qui jouent. Et c'est pour ça que Jérôme Fourquet le citait, sécurité, santé. Là aussi, quand je vois dans les sondages, par exemple, la place que prend maintenant la lutte contre le narcotrafic dans des grandes villes, qui est absolument saisissant, ce n'est pas les maires qui vont pouvoir régler ce type de problème. Mais pourtant... Les habitants réclament et attendent que ce soit intégré dans les politiques municipales. Alors que font les maires ? Alors d'abord, vous avez raison, le Premier ministre lui-même, il a pris des engagements forts pour les 4 prochaines années. Ce qui laisse entendre qu'il croit vraiment à rester très longtemps ou que ce type d'engagement ne conduira pas jusqu'à son terme. D'ici 2030, il veut 2 millions de logements nouveaux, 400 000 par an. Pour donner un chiffre, je fais mon Jérôme Fourquet un petit peu, là, la seconde, pour donner un chiffre précis, l'année dernière, il y a eu 270 000 logements construits. Ça veut dire que dès 2026, il faudrait passer d'un bond de 270 000 à 400 000. Ça me paraît très, très difficile comme marche. Et du coup, les élus locaux réclament beaucoup de simplifications, moins de normes. Gérer la... Par exemple, gérer la mixité sociale dans leurs communes, dans les logements, les maires réclament qu'ils retrouvent, eux, le droit d'attribution des logements sociaux qu'ils ont perdus. Mais ils l'ont perdu parce que c'était une grave accusation de clientélisme. Évidemment, si le maire distribue les logements, c'est un pouvoir qu'il exerce et qui est très important. Donc on voit bien que là, il y a une compétition entre les maires et l'État sur ces questions. Très vite. Et pour le coup, ça ne va pas s'arranger tout de suite, en fait. La crise du logement, effectivement, c'était un impensé.
de la politique d'Emmanuel Macron, c'est vraiment un angle mort. Il y a eu, effectivement, on a un déficit de logement. C'est aussi quelque chose qui pèse pour l'avenir. Ça pèse au présent, parce qu'on voit un certain nombre de foyers qui n'arrivent pas à se loger. Mais pour l'avenir, par exemple, c'est un des points, pas le seul, mais qui explique la baisse de la natalité. Parce que forcément, quand vous êtes extrêmement contraint dans votre logement, vous n'avez pas possibilité d'en changer, vous faites moins d'enfants. Et le gouvernement, si on peut dire juste un mot, a essayé de changer. changer la donne dans ce budget, il y a quelque chose de positif, il y a le statut d'un bailleur privé, ou en tout cas, c'est un statut qui doit permettre à ceux qui ont des logements de pouvoir les louer plus facilement et donc de détendre un peu ce marché, notamment de l'allocation.
Alors, nous revenons à la bataille des municipales, même si on ne l'avait pas tellement quittée, avec la question du logement qui est très présente, on l'a dit, dans la campagne à Paris. Ce sera la bataille capitale, sans mauvais jeu de mots, de ces municipales. Paris, où la succession d'Anne Hidalgo aiguise les appétits à un combat qui s'annonce très serré et qui a déjà commencé. Vous l'avez peut-être vu sur les réseaux sociaux, Léo Seux et Aurélie Sanner.
Paris vaut bien une bataille. Et pour ses municipales, c'est sur les réseaux sociaux que tout se joue. Et en la matière, tout est permis. Paris, c'est aussi la nuit. Paris, c'est aussi la fête. Même s'inspirer de ses concurrents. En tête dans les sondages avec 33% d'attention de vote, Emmanuel Grégoire.
Candidat de l'union des gauches, Aurèle Effy, pas toujours reconnu dans la rue. Contrairement à celui qui l'accompagne ce jour-là, un certain Bertrand Delanoé. Un candidat qui a un bilan à défendre. Moi je suis très fier de l'histoire de la gauche à Paris depuis 2001, qui est une action. en faveur du logement, en faveur du service public, en faveur des équipements de proximité. Les Parisiennes et les Parisiens le savent, le voient, en profitent, c'est ça qui est important. Face à lui, une concurrente féroce, l'actuel ministre de la Culture qui y prépare sa revanche depuis six ans, Rachida Dati. Grégoire, c'est Hidalgo Empire.
C'est la reconduction d'une équipe municipale qui a failli dans tous les domaines. Elle impose son style tonitruant à coups de vidéos sur les réseaux. C'est interdit. Oui, mais il faut partir. Allez, hop. C'est efficace. Mais il y a un problème. Elle n'a pas réussi à unir sous son nom la droite pour le premier tour. Il y a des candidats de mon âge, comme je viens de le dire, qui seront des candidatures du naufrage. Si vous prenez tout le bloc de la droite et du centre, nous sommes fortement majoritaires. Et donc il faut pouvoir, dès le premier tour, que les Parisiennes et les Parisiens votent utilement pour cette alternance. En deuxième position avec 26%, Rachida Dati voit s'évaporer sa réserve de voix pour le second tour, puisque dans les sondages, trois autres candidats dépassent le seuil pour s'y qualifier. A commencer par Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizon.
investi par Renaissance. J'ai la dynamique, nous montons en puissance et la confiance est de plus en plus forte sur le terrain. Car les Parisiens cherchent une solution pour ne pas avoir à subir le match de deux clans du passé, celui des sortants qui sont au pouvoir depuis un quart de siècle et qui ne cherchent qu'à conserver le pouvoir et de l'autre une forme de régression et de retour en arrière pour Paris, la démolition de Paris. Mais il y a aussi Sarah Knafo, candidate reconquête qui atteint désormais 10%.
Ce que je vais faire dans cette campagne au contraire, c'est de mobiliser des électeurs, mobiliser des gens qui peut-être n'auraient pas voté, mobiliser des abstentionnistes, mobiliser des déçus, des déçus des LR, des déçus du macronisme, que je vais amener au vote. Mon objectif c'est d'emmener tous ces gens à la victoire. Est-ce que vous vous désisterez s'il y a un risque pour Rachid Alati ? J'ai répondu que jamais je ne ferai perdre la droite. Donc on verra quels seront les scénarios au second tour. Sa stratégie, de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux.
Tant de femmes ont peur de sortir le soir, aujourd'hui, en plein cœur de Paris. En partie créée par intelligence artificielle. Une candidate d'extrême droite qui assume de reprendre les codes du candidat démocrate élu à la mairie de New York. Zoran Mamdani, un exemple aussi pour Sofia Chikirou, mais politique cette fois. Nous allons faire... la plus grande ville insoumise de France, mais j'ai aussi envie de dire du monde. Après New York, après Zoran Mandani. La candidate de la France insoumise est crédité de 12% d'intention de vote. Trois autres candidats sont également en lice. Thierry Mariani, soutenu par le RN et l'UDR, Blandine Chauvel du NPA et Marielle Solnier de Lutte Ouvrière.
Alors est-ce qu'il y a des dynamiques qui se jouent à Paris ?
Écoutez, pour l'instant, on rentre juste en campagne, on voit que ça s'agite sur les réseaux sociaux. Les différents sondages montrent une assez forte stabilité des blocs, avec néanmoins l'émergence de ces deux dernières listes qui ont été évoquées dans le reportage, celle de la France Insoumise et celle de Saracnafo pour Reconquête, qui tangentent les 10%. On rappelle que pour les municipales, il faut faire 10% des suffrages exprimés. Pour pouvoir se maintenir, le seuil de qualification est relativement bas. Et manifestement, dans cette bataille parisienne, les deux grandes forces peinent à occuper tout le terrain, puisqu'il faut ajouter en plus le candidat du bloc central qui lui aussi fait des voix.
Dans un scrutin comme celui-ci, comment se projeter dans le résultat de mars prochain ? Est-ce qu'il faut surveiller les dynamiques ? On a vu ce qui s'est passé en Haute-Savoie avec le candidat UDR qui l'a emporté dans un bastion de la droite traditionnelle face au LR. Est-ce qu'il faut surveiller ces dynamiques qu'on voit dans les sondages de Jérôme Fourquet ou est-ce que ce sont autant d'élections, autant de cas particuliers ?
La dynamique nationale, elle n'est pas évidente pour toutes les raisons qu'on a dites. C'est-à-dire que le pouvoir en place ne joue pas le fait de défendre des mairies en très grand nombre. Et du coup, ça crée une multiplicité d'élections locales. Ça ne nous empêche pas de tout surveiller tout de même. D'abord, à Paris, comme à Lyon et à Marseille, il faut souligner changement du mode de scrutin. Et ça change la donne, c'est-à-dire personnalisation à outrance de ces campagnes, puisque c'est une liste. pour tout Paris, pour tout Lyon, pour tout Marseille, et avec un leader de la liste. Ça n'est plus secteur, ça n'est plus arrondissement, qui faisait que c'était beaucoup plus compliqué, et que pour un électeur de droite dans l'Est parisien, ou pour un électeur de gauche dans l'Ouest parisien, il se disait, mon vote ne sert pas à grand-chose. Non, non, non, le vote de chaque électeur compte pour les résultats. Deuxième remarque, comme il y a beaucoup moins de meetings, beaucoup moins de mobilisation politique classique, c'est vrai que les réseaux sociaux jouent du coup un rôle... beaucoup plus important. Et New York, vraiment présent, Madani, dans toutes les têtes, a permis effectivement une progression fulgurante de sa campagne pour finalement gagner. Et dernière remarque, dans l'émiettement de notre vie politique, le seuil de 10% des suffrages exprimés pour se maintenir au second tour est un seuil bas. Il avait été fait il y a 40 ans, à un moment de la bipolarisation politique. Et du coup, maintenant, on peut se retrouver avec 4 ou 5 lisses se qualifiant dans des villes pour le second tour. Et... Conclusion de mon propos, le principal concurrent, le principal adversaire pour chaque liste, c'est le voisin. Et ce n'est pas du tout le camp d'en face. Pour Grégoire, ce n'est pas Dati son principal problème au premier tour. C'est LFI, la France insoumise, Chikourou, qu'il faut ramener à moins de 10%. Pour Dati, son souci, c'est que Bournazel ne soit pas trop haut et que Knafo ne la dévore pas. Pour Knafo, son idée principale, c'est d'expliquer qu'elle fait tout pour que Paris passe à droite et pour cela, de piquer le maximum de voix à Dati au premier tour. Bref, c'est un jeu de voisins dans lequel on pille le voisin si on peut.
et c'est ça qu'il faut surveiller. Quelle ville allez-vous surveiller les uns les autres ? Paris, ok, très bien. Il y a d'autres villes qui peuvent être des villes test pour, évidemment, ce que vous avez dit tout à l'heure, Mathilde Sirot, c'est un peu une répétition générale quand même avant la présidentielle. Alors il y a les grandes villes Paris-Lyon-Marseille, notamment Marseille, où le Rassemblement National, aujourd'hui, dans les sondages, devance assez nettement la liste de droite. d'alliances de droite macronistes, conduite par Mme Vassal. Et donc dans le scénario d'une éventuelle union des droites, il faut regarder ces villes du sud de la France. On peut en citer une autre, c'est Nice, où il y a un duel au sommet entre Estrosi et Ciotti, donc deux anciens de l'UMP et même des Républicains, qui aujourd'hui sont plutôt d'obédience macroniste pour l'un et l'autre ralliés au Rassemblement National. Il faut regarder aussi certaines villes écologistes. dont vous avez parlé tout à l'heure. Il y a le cas de Lyon avec le phénomène Ollas, mais on ne pourra rien extrapoler au niveau national du phénomène Ollas. Mais regardons aussi ce qui se passera dans une ville comme Strasbourg, où il y a une mer écologiste sortante. Le phénomène Ollas, c'est le candidat ancien patron de l'OL, qui dans les sondages est donné très largement devant son opposant. Alors, ses opposants, on a le maire sortant Grégory Doucet, et puis on a également d'autres listes. Et puis, il y a une autre ville aussi à suivre, qui est de taille plus modeste, qui s'appelle Roubaix, dans la périphérie lilloise, où on a un candidat insoumis qui veut essayer de montrer que cette stratégie insoumise d'implantation dans les quartiers populaires, et notamment dans des villes où la population issue de l'immigration est importante, va porter ses fruits.
Je suis sûre que vous, vous allez surveiller une ville en particulier, peut-être celle que surveille Jérôme. Une défaite d'Edouard Philippe au Havre le rendrait-elle hors course pour la présidentielle ? Ça, c'est un scousin qu'on va surveiller. Évidemment, parce que c'est vrai que l'ancien Premier ministre repart à la conquête de sa mairie, le Havre, donc il a vraiment suspendu quasiment intégralement sa... campagne présidentielle pour ces quelques semaines-là. Ce sera regarder sa dynamique, est-ce que vraiment il est mis en difficulté ? Je sais que là, cette fois-ci, donc évidemment, il y a la gauche qui est assez forte au Havre, mais il y a aussi la possibilité que le RN soit en triangulaire. Donc ce sera certainement un sujet à surveiller pour cet entre-deux tours qui sera plein de suspens, d'alliances et de configurations différentes. Edouard Philippe, il y a aussi François Bayrou, l'ancien Premier ministre aussi. À Pau, on se demande si ce qui s'est passé au niveau national pèsera dans cette élection à la mairie de Pau. Donc des figures quand même nationales qui vont jouer un rôle pour la présidentielle. Ensuite, c'est vrai qu'on ne peut pas calquer les résultats des municipales sur ce qui se passera pour la présidentielle. Sinon, les écolos auraient fait un très bon score. Anne Hidalgo aussi, parce qu'elle avait regagné la mairie de Paris en 2020. Mais disons que ça va dessiner un paysage politique. Et que ce qui est nouveau dans cette élection-là, c'est évidemment... Est-ce que cette dynamique... très forte du RN se traduit par un nombre conséquent d'élus locaux de maires qui seront élus, notamment dans des villes importantes. On pense, évidemment, peut-être à Toulon. Et est-ce qu'à l'inverse, LFI, qui cette fois veut jouer un rôle, notamment...
pour être dégagé le paysage de la gauche, quitte à faire perdre des maires sortants socialistes, est-ce qu'ils vont réussir aussi leur pari ? Jean-Luc Mélenchon va forcément s'en servir si ça lui est bénéfique. Effectivement, et c'est nouveau, il faut peut-être le souligner, LFI qui investit des candidats dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants et 85% des villes de plus de 30 000 habitants. Il y a vraiment une offensive de la part de LFI. Et du côté du Rassemblement national, énormément de candidats aussi avec la volonté d'avoir une implantation locale. On peut juste préciser...
que ça peut compter aussi dans les élections, dans l'implantation locale sur les sénatoriales ? Vous avez tout à fait raison. N'oublions pas les sénatoriales. Le scrutin de renouvellement de la moitié du Sénat a lieu fin septembre de cette année. Et l'objectif de LFI comme du Rassemblement national, c'est d'arriver à obtenir un groupe au Sénat, ce qui jusqu'à présent n'est pas le cas. Et nous revenons maintenant à vos questions.
Et on commence avec cette question de Serge dans le Loire-Atlantique. Rachida Dati a-t-elle vraiment une chance de remporter la mairie de Paris ? Alors c'est assez serré et on voit que la fin de mandat d'Anne Hidalgo est quand même assez compliquée. Mais comme l'a rappelé Jérôme Jaffray, elle doit faire face à une concurrence sur sa gauche avec Pierre-Yves Bournazel et sur sa droite maintenant avec Sarah Knaf. C'est une vraie difficulté pour elle puisque vu la sociologie parisienne, le RN... historiquement fait des très faibles scores à Paris. Et donc sur sa droite, elle était relativement tranquille, si je puis dire, jusqu'au surgissement de cette liste CNAFO qui l'oblige à se battre sur les deux côtés. Question de Gilles dans les Yvelines. L'élection municipale est un scrutin local. Ne vote-t-on pas en principe plus pour une équipe que pour un parti ? Alors...
– Notre téléspectateur a raison, il y a une dimension de vote personnel liée aux têtes de liste, aux maires sortants ou aux candidats au poste de maire, qui joue un rôle très très important au municipal. Prenons simplement l'exemple, les gaullistes qui ont tout raflé au début de la Ve République, présidence de la République, majorité à l'Assemblée nationale, n'ont jamais réussi une forte implantation aux élections municipales. Les partis de l'ancien monde, comme on aime à dire, SFIO, MRP, l'ancêtre du Parti Socialiste, et l'ancêtre du parti modéré, Modem, gardait une très forte implantation municipale, tenait le coup. Ça a été un élément très important pour la reconstruction du Parti Socialiste, mais à l'époque, il y avait le cumul des mandats, et ce cumul des mandats faisait que les maires, je pense à Gaston Deferre, par exemple, à Marseille, à Pierre-Mauroy, à Lille, pouvaient se présenter à la députation avec l'avantage d'être le maire sortant de leur ville, le maire en place, et ça leur donnait une dynamique.
nous n'avons plus ce genre de mécanique. – Quel est le bilan des villes avec un maire RN ? Claude dans la Marne. – Écoutez, il y a une dizaine de villes, il n'y en a pas énormément, souvent des villes de taille relativement modeste, Jérôme Jaffray, on a évoqué je crois Perpignan tout à l'heure, on a également Fréjus, mais donc sinon c'est des villes de taille relativement modeste qui… Il faut quand même le souligner, on reconduit leur maire dans les quelques villes où le RN était déjà présent en 2014. Ils ont été réélus. Ils ont un peu augmenté leur stock de municipalités. Mais là, l'enjeu, c'est de transformer l'essai au niveau national au niveau local. Qu'est-ce qui pourrait faire tomber Sébastien Lecornu d'ici l'élection présidentielle ? Éric en Haute-Garonne.
Peut-être le prochain budget. C'est ça, peut-être ? Il commence d'ores et déjà à travailler. Oui, Bercy travaille déjà sur demande du gouvernement. Et d'ailleurs, la marche, on le disait tout à l'heure, va être élevée. Et ça va être de nouveau des débats budgétaires. Ils ont été compliqués cette année. Mais quelque part, il y avait les municipales dans la dernière ligne droite pour calmer un peu le jeu. Chose qu'on n'aura pas l'année prochaine. Alors il y aura la présidentielle, mais je pense que ça ne calmera pas le jeu. Ça risque au contraire de...
Donc je pense que l'exercice va être encore plus ardu pour Sébastien Lecordu. Question de Jean-Pierre. Les locations de courte durée sont-elles la cause de cette pénurie de logements ? En référence au reportage qu'on a vu tout à l'heure. Dans certaines régions, très touristiques, sans doute en partie, mais pas dans beaucoup d'autres endroits en France. Ce budget ne reflète-t-il pas le manque de sens des responsabilités de nos élus ? Yannick Envendé.
On peut le penser, effectivement, quand on a regardé tous les débats budgétaires. C'est d'ailleurs ce qui… à mon sens, fait que les Français ont une distance vis-à-vis de leur classe politique et se disent, bon finalement, on va essayer de regarder ailleurs, un chef d'entreprise, vous disiez, en tout cas une personnalité qui est un peu plus ancrée dans le réel, en tout cas c'est souvent ce qu'on voit, je me tourne vers vous, mais dans les sondages, c'est souvent quand même le côté, ils font leurs petits arrangements entre amis et ils sont déconnectés, eux, des vraies réalités, pouvoir d'achat, sécurité, etc. Alors, beaucoup de questions.
Encore sur le budget, nous avons débuté notre émission en évoquant le vote, au final, même si vous avez précisé qu'il n'avait pas été voté. Mais que, bon, bref, il faut revoir le début de l'émission et l'explication brillante de Jérôme Jaffray. Question de Eric en Loire-Atlantique. Un budget, oui, mais où sont les économies que l'État devait faire ? Alors, il va en faire, si, si. Il assure qu'il va en faire dans les ministères, qu'il va en faire chez les opérateurs publics. Mais globalement, c'est vrai que les grandes masses du budget, qui sont la retraite, la protection sociale, l'assurance maladie, c'est là, c'est ce qui...
pèse le plus, on ne voit pas du tout d'économie pour le moment. Régis dans l'Essonne, nous retournerons voter quand les politiques nous donneront envie d'aller voter. On verra déjà si dans l'Essonne, le maire ou les candidats donnent envie à ce téléspectateur de se déplacer au moins à minima pour les municipales. En tout cas, c'est référence à notre titre ce soir, les Français ont la parole, là. Oui, et puis on est sur du concret. On dit la sécu, c'est très compliqué à réformer. Une ville... C'est pour ça que d'ailleurs beaucoup de députés à la fin du cumul de mandat ont choisi plutôt leur mandat de maire que celui de député en disant là au moins on a la main et on peut transformer un territoire et on peut faire des choses pour la population. Tous ces attermoiements autour du budget 2026 sont-ils coûtés cher aux contribuables ?
Le contribuable, il n'y aura pas d'augmentation manifeste des impôts puisque l'année blanche n'a pas lieu. C'est-à-dire que le barème des impôts, par exemple, va suivre l'inflation même si celle-ci a tendance à ralentir. Mais elle va coûter aux Français puisqu'on l'a dit, on creuse encore notre dette. Donc on remet à plus tard quand même un coût. C'est inévitable.
Alors, encore une question sur le budget. Le budget de finances, ça les passionne. Le budget de 2026 renue-t-il sur la part accordée à l'éducation et aux sociales dans notre pays ? On l'a dit, les seuls ministères, les seuls domaines dont les budgets sont voués à être augmentés, c'est les ministères régaliens et surtout la défense. Tout le reste, il y a des économies malgré tout, mais ce n'est pas majeur, surtout sur la question de la santé. Le budget de la sécurité sociale, on l'a vu, c'était surtout davantage de dépenses que des économies qui ont été réalisées. Il y avait une hausse aussi sur la taxe foncière dans certaines communes. N'a-t-elle pas un effet aggravant sur la crise du logement ? Ça peut jouer aussi.
Merci à tous les quatre. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir. Il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU. Bonsoir Anne-Elisabeth. Bonsoir Caroline. Au programme ce soir, quelle peine requise contre Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du RN. L'analyse à suivre de Patrick Cohen. L'affaire Epstein qui éclabousse la future reine de Norvège et menace là-bas la monarchie. Et puis une nouvelle attaque au couteau dans un collège. Une professeure d'art plastique poignardée par un élève. Le point dans le 5 sur 5 de Lorraine Sénéchal.
Très bonne émission à vous. N'oubliez pas que vous pouvez nous retrouver quand vous le souhaitez en replay et en podcast. On se retrouve demain en direct dès 17h30 pour un nouveau C'est dans l'air. Belle soirée.
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