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Autre sujet à présent, Philippe de Villiers, on l'a appris cette semaine, le président de la République, Emmanuel Macron, a fait savoir qu'il n'assisterait pas aux messes présidées par le pape Léon XIV. Il s'avère qu'un autre président de la République a pu réagir à ce propos, il s'appelle Nicolas Sarkozy, il était l'invité de ce matin sur Europe 1 et sur CNews, de ce vendredi matin, et je vous propose de l'écouter sur sa présence. ce samedi à la messe.
Certains disent au nom de la laïcité, on ne doit pas y aller. Ça n'a aucun sens. La laïcité, c'est pas une interdiction. La laïcité, c'est un droit. Le droit de croire ou de ne pas croire. Le droit de pratiquer ou de ne pas pratiquer. Le droit de transmettre à ses enfants ou de ne pas transmettre à ses enfants. Donc moi, je ne commande pas le choix du président de la République. C'est un choix très personnel. Mais vous me posez la question, si j'avais été président de la République, oui, j'aurais été à cette messe.
Alors, Philippe, comment est-ce que vous expliquez cette absence d'Emmanuel Macron ? Est-ce que c'est un caprice ou est-ce qu'il y avait une raison de principe ?
je vais... Évidemment, je pourrais tenter de vous répondre... C'est le énième caprice d'Emmanuel Macron. Mais je ne crois pas. Je crois que c'est... Nous sommes sur une raison de principe. Et je vais vous l'expliquer. Le pape... vient en France pour un voyage pastoral qu'il a placé sous le signe de la vie. La vie qu'on donne et qu'on ne retire pas. La vie qu'on protège, la vie qu'on sauve. Avec une devise pour que le monde ait la vie. Alors que Emmanuel Macron... Lui a placé son décennat finissant sous le signe de la mort. L'interruption de la vie commençante, placée dans la Constitution comme norme suprême, et l'interruption de la vie finissante avec une loi sur l'euthanasie dont tout le monde dit dans le monde entier qu'on n'a jamais vu une loi aussi laxiste, aussi permissive et aussi dangereuse. Et donc, c'est le choc entre la vie et la mort. Et c'est l'arrière-plan du voyage. Puisque si on en croit le pape, le droit à la vie est constitutif de tous les autres droits. Or, le droit à la vie en France n'est plus garanti. Non seulement ça, mais si vous dites que vous êtes pour la vie... Vous courez le danger d'une sanction pénale. Alors en fait, je pense que la présence à la messe d'Emmanuel Macron aurait été choquante. D'abord pour les tenants de la vie qui eussent été blessés par une arrogance néronienne. Je pense à Néron, qui, après avoir mis le feu à sa ville de Rome, vient au balcon pour constater, observer de manière jubilatoire la portée des flammes et des incendies qu'il a lui-même allumées. Et j'ajoute, pour être très vrai, compte tenu des informations qui sont les miennes. Et par rapport au serment que j'ai fait en faisant cette émission de toujours vous dire la vérité, en tout cas celle que je connais, je pense que sa présence aurait choqué ses commanditaires d'éloges. En effet, il ne faut jamais oublier que le 5 mai 2025, Emmanuel Macron... s'est rendu à la Grande Loge de France pour une visite solennelle. C'est même unique dans l'histoire de France. Il a déposé son serment. Il a confié à la Grande Loge de France sa communion de pensée avec la franc-maçonnerie. Et il a remercié la Grande Loge de France de lui avoir fourni des textes. Vous pouvez le vérifier. qui ont servi de base au projet de loi, en discussion trois jours avant, votée par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée, et en discussion dans l'hémicycle sept jours après, le 12 mai, par l'Assemblée nationale. Et ce jour-là, devant la Grande Loge, Il a déclaré de manière solennelle, chaque mot a un sens, la France est la fille naturelle de la République. Donc la France n'est plus la fille aînée de l'Église, elle est la fille aînée des loges où se tapissent les législateurs de l'ombre. Et ça m'amène à dire ceci. Pendant dix ans, cet homme-là aura essayé de fabriquer une société qui est devenue un laboratoire planétaire de la diversité. Mais c'est plus grave que ça. Il a trituré la société. Il a touché à la vie, il a touché à la mort, il a touché à la filiation. Cet homme est faustien. Il rêve de dérober la vie. Il est prométhéen. Il rêve de dérober le feu, le feu de la guerre. « Sicud dei eritis ». « Vous serez comme des dieux », dit le serpent à Ève. « Sicud dei eritis ». En fait, Emmanuel Macron, il a changé le drapeau. C'est vous qui me l'avez fait remarquer ce matin. Il n'y a plus de drapeau français. Le drapeau français, dans son bureau, est accolé au drapeau européen. Il ne veut plus de la France. Il ne veut plus de l'ancienne France. Il a une détestation de l'ancienne France. Il a une détestation de la France éternelle. C'est pourquoi le pape a eu raison. C'est un acte de courage inouï. de lui avoir dit tout à l'heure à l'Elysée, un président de la République qui ne parle pas avec les catholiques et qui ne tient pas compte du fait catholique en France n'est pas dans sa fonction.
voudrais qu'on continue d'aborder cette messe historique ce samedi, la messe à la Concorde, devant une foule considérable. Et permettez-moi de vous proposer deux archives. D'abord, on en verra une autre sur un autre thème dans quelques instants, mais la dernière visite officielle d'un pape en France, c'était il y a 18 ans, c'était aux Invalides. Avec cette formule de Benoît XVI, n'ayez pas peur. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, regardez.
sais qu'il y a des gens qui me reprochent souvent.
Benoît XVI, on va l'écouter dans quelques instants. Peut-être qu'on la verra après votre explication. Est-ce selon vous un événement, cette messe à la Concorde, qui fera date ? Que dites-vous et que pensez-vous du lieu ? Pourquoi est-ce si symbolique le lieu, Philippe de Villiers
D'abord, je pense à la phrase de De Gaulle. Le 24 août 1944, quand il arrive à Paris, il descend les Champs-Elysées et il dit « C'est la foule, c'est la houle, c'est la mer. » Et demain, ils seront encore plus nombreux. C'est une sorte de libération. C'est une joie de la libération, une libération spirituelle, et non plus temporelle, mais une libération quand même. Et je pense à la phrase de la Rochefoucauld. Le soleil et la mort ne se peuvent regarder fixement. Demain, le soleil et la mort se regarderont fixement. L'hôtel regardera les chavots. Car l'hôtel sera disposé, on n'a pas les images malheureusement, mais l'hôtel sera disposé là où était l'échafaud. Et ce n'est pas rien dans l'histoire de France. C'est un moment inouï. Et je vais expliquer pourquoi. Parce qu'au pied de l'hôtel, on entendra la lame. Au métal infernal qui a tranché 1120 têtes. Olympe de Gouges, Lavoisier, la République n'a pas besoin de savants. Mais aussi bien sûr Madame Élisabeth dont le dossier de béatification est actuellement en cours au Vatican. Et bien sûr Louis XVI et Marie-Antoinette. Il arrive dans l'histoire de l'Église, il est arrivé que... Ce que je dis n'est pas tout à fait en accord avec les images, là il y a quelqu'un qui chante, donc j'ai du mal à me concentrer. Mais... Il faut imaginer... que dans l'histoire de l'Église, il y a eu des moments où l'Église a choisi de dresser un autel à l'endroit même du sang des martyrs. Ça s'appelle une messe de réparation. Et là, qu'elle soit volontaire ou involontaire, c'est une messe de réparation. C'est-à-dire un rite pénitentiel de réparation. Et j'explique pourquoi. Il faut imaginer au pied de l'hôtel, place de la Concorde, Louis XVI, le roi déchu, qu'on appelle désormais Louis Capet. Il s'avance lentement, il prononce les prières des... et les psaumes des agonisants. Puis on lui découpe le col, on lui coupe les cheveux. Il monte les marches avec sérénité, avec tranquillité. Il se tourne vers le bourreau et il lui dit à voix basse, a-t-on des nouvelles de monsieur de la Pérouse parce qu'il continue à faire jusqu'au bout son métier de roi. Et on n'a plus de nouvelle notion de la Pérouse qui a fait le tour du monde. Et puis, on fait donner les tambours pour que la foule n'entende pas son dernier message, qui est le suivant. Je prie Dieu en cet instant pour que jamais mon sang ne retombe sur le peuple français. Le coup près tombe. C'est fini. C'est la fin d'un monde. C'est la fin de l'ancienne France. C'est la fin d'une religion, en effet. C'est la fin de la matrice anthropologique de la France. C'est-à-dire que la Sainte Lame, comme on l'appelle, elle a sectionné deux liens. Le lien entre le pouvoir et la famille, pour lutter contre l'instant, la dynastie. Ce qui faisait dire à Balzac, on a tué le père et à travers lui tous les pères de famille. Et le deuxième lien, c'est le lien entre le pouvoir et le sacré. Le pouvoir a besoin de s'entourer de mystères. Le pouvoir et le sacré. Le nisi potestas adeo, nul pouvoir qui ne vienne de Dieu. Et à la place de cette matrice, la Révolution française a installé un nouveau programme. C'est ainsi qu'on l'appelle. Un programme à partir de la Bible, avec un mot détourné de la Bible, qui s'appelle la régénération. La régénération baptismale, c'est-à-dire l'onction baptismale invertie. Cette onction parodique vise à faire sortir du néant un peuple nouveau. Rien de moins. Pourquoi ? Parce qu'on considère que le passé, tout le passé national, porte dans ses entrailles la présomption lancinante de la déliquescence et de la corruption. Les sans-culottes travaillent à une sémantique. de nature théologique. C'est Mona Ozouf dans le dictionnaire critique de la Révolution avec François Furet qui dit ceci. Il s'agit de retisser un réseau aussi serré de rites, de croyances et de gestes, aussi serré que... capable de rivaliser avec l'emmaillotage ancien. Au pied de l'hôtel, au pied de l'échafaud, vous penserez, au moment de la messe, à ceci. C'est là que la Révolution française a annoncé le peuple purifié par le sang. Le peuple purifié par le sang. L'homme nouveau universel, l'humanité lustrale. En d'autres termes, par la dépuration cathartique de l'homme, la révolution française s'apparente à une annonciation de type eschatologique, avec l'évangile de droit de l'homme qui remplace l'évangile tout court. Alors oui, demain, Sur la place de la Révolution, puisque c'était son nom, devenu la place de la Concorde, ce sera une messe de réparation. Pourquoi ? En cet instant, je pense à Solzhenitsyn, au Luc, le 25 septembre 1993, qui a parlé du pardon devant l'innommable. Pour pardonner, normalement, il faut être deux. Mais dans le christianisme, il suffit d'être seul. Bonchamps est seul quand il pardonne. Et Solzhenitsyn a cette définition du pardon. Le pardon, c'est l'alchimie du sentiment qui convertit le mal en nouvelle chance. Donc, classe de la concorde. Deux siècles après. Le pape va dire la messe sur l'autel du saint sacrifice, là où était l'échafaud du sacrifice. Ce sera une messe de réparation, c'est-à-dire de l'expression de la souffrance rédemptrice, de la souffrance sublimée. Ça, c'est la grandeur du christianisme.
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