Chargement...
Chargement...
Alexis Corbière, on vient de le voir dans le sujet. Vous avez en effet publié cette semaine une tribune dans Libération intitulée « Le pape Léon XIV est le bienvenu, mais n'abandonnons pas nos principes laïcs ». Vous vous appelez... à une sorte de vigilance.
Vigilance
sur quoi
? Déjà, des petites choses, c'est anecdotique, mais on est à l'Assemblée nationale pour la première fois. Au mois d'août, on a reçu, via les secrétaires généraux, le protocole de l'Assemblée nationale qui expliquait si on voulait participer à la messe, comment il fallait faire. Moi, je considère déjà que les fonctionnaires de l'Assemblée n'ont pas à être mobilisés pour savoir si des parlementaires veulent ou pas aller à la messe. C'est tout à fait le droit des parlementaires d'y aller.
Eux disent que ce n'est pas une initiative maison, mais c'est l'organisation, la Conférence des évêques de France. qui leur a demandé si les députés seront présents.
Vous confirmez ce que je suis en train de dire, c'est-à-dire que le protocole de l'Assemblée nationale a envoyé aux secrétaires généraux des groupes pour que... Bon, si des députés ont envie d'aller à la messe, mais c'est un droit, attendez, que les choses soient claires. J'ai appris, la presse nous dit qu'il y a à la fin 90 députés qui viennent aller, c'est-à-dire 15%, c'est très bien, ça veut dire que 85% des députés n'ira pas à la messe, pas besoin de mobiliser les services du protocole. C'est un détail, mais ça donne un état d'esprit. Qu'est-ce qui me chiffonne ? Je dis attention, la laïcité... ne peut pas être à géométrie variable. C'est tout, mais c'est un principe fondamental. La laïcité n'est pas tombée du ciel, en particulier dans la loi de 1905. Dans ce pays, beaucoup de confessions. Je rappelle juste au passage que la majorité de nos Français ne croient pas quand on leur pose la question. Et il est important, bien sûr, que le pape, qui est une personnalité majeure, soit très bien accueilli. Ça ne pose pas de problème qu'il y ait 15 000 policiers. C'est quand même beaucoup, mais 15 000 policiers qui soient mobilisés. Il est hors de question que ça se passe mal et je souhaite vraiment la bienvenue. Mais... Par exemple, à Metz, pourquoi 250 000 euros d'argent public ? Pourquoi ? Parce qu'on ne le fait pas pour d'autres confessions. Et enfin, sur cette histoire de la Concorde. Parce que quand je dis ça, on dit que Jean-Paul II était un pape qui avait un rayonnement mondial, il n'a pas eu la Concorde. Et c'était très bien, et il a mis un million de personnes, c'était au Bourget. C'était pareil aux places des Invalides, c'est pareil à l'Hippodrome de Longchamp. Pourquoi ? On accorde gratuitement, et là, il y a un sujet aussi que nous révèle le canard enchaîné, 3 km, parce que c'est pas la place de la Concorde, ça avait l'histoire de Maillot, pour ceux qui connaissent. Donc on va avoir un dispositif qui va être mis en place, de grandes mobilisations, gratuits, et évidemment, on n'accorde pas la même chose pour les autres cultes. Alors l'Eglise catholique, évidemment, a une place particulière dans l'histoire du pays. Évidemment. On n
'accorde pas ça à d'autres cultes, peut-être d'abord parce qu'ils ne l'ont pas demandé.
Vous voulez qu'ils le demandent ? Est-ce que c'est ça qu'on veut ? Le pape, c'est le pape. Ça veut dire quoi ?
mais ça veut dire qu'il y a-t-il une demande d'un autre culte
d
'organiser une messe qui rassemblerait tant de personnes sur les Champs-Élysées jusqu'à la Grande Armée ? J'ai écouté ce
que disent des gens. Il y a un monsieur qui s'appelle Général Badkamp, qui est le grand organisateur. Il dit clairement qu'il s'agit, pour les fidèles, de démontrer par leur enthousiasme, de donner envie aux gens de revenir vers la foi. Donc il y a quelque chose qui est prosélite. Est-ce que vous voulez que d'autres cultes pris par l'ardeur disent que nous aussi, on va faire une belle démonstration de force ? Est-ce que c'est ça qu'on veut aujourd'hui ? C'est ça que je suis en train de dire. Donc je suis d'avis que tranquillement, et il va de soi, que les catholiques de ce pays vont passer, j'espère, 4 jours, et ça va être intéressant. Moi-même, je vais écouter ce que dit le pape. En plus, c'est un pape qui dit des choses sur des sujets qui m'intéressent. Je veux dire, toujours, ça intéresse ce que disent les papes. Mais je vois bien comment certains, et ce sera peut-être, je ne veux pas parler à la place d'un contradicteur, ont tendance à dire que la religion catholique, c'est une religion particulière, pas comme les autres. dans lequel il est normal qu'on mette des moyens différents. Je dis attention de ne pas blesser nos compatriotes parce que dans ce pays, il y a des protestants. Et c'est précisément
ce que dit aussi la loi de 1905.
L'égalité des cultes. Expliquez-moi pour quelle raison le conseil municipal de Metz vote 250 000 euros d'argent public. Il se trouve que...
C
'est le concordat d'Alsace-Moselle qui date de 121 ans. Expliquez-moi pour quelle raison un concordat napoléonien est encore en activité qui amène à ce que dans trois départements français, la loi de 1905 ne s'applique pas et que mes impôts, mes impôts de moi qui suis de Seine-Saint-Denis, payent le fait qu'il y ait des ministres du culte de certains cultes, mais pas d'autres.
Mais par ailleurs, le tribunal administratif... Strasbourg qui avait été saisi d'un recours d'associations laïques s'est prononcé en l'occurrence et a rejeté la demande des associations laïques sur ces 250 000 euros. Je suis en désaccord avec ces décisions qui sont
choquantes et qui sont... Ce qui est un problème, expliquez-moi. La décision du tribunal est motivée
par l'intérêt général, c'est-à-dire les retombées économiques.
J'espère que la personne qui a écrit ça... Pour tous les cultes, pour quelles raisons des gens de notre culte ne vont pas dire qu'on fait une cérémonie très importante, pourquoi on n'a pas le droit à notre grand écran ? L'argument, il est dangereux, vous comprenez ce que je suis en train de dire. Et enfin, je termine, on y va vite. Pourquoi en France, la laïcité ne s'applique pas partout ? Pourquoi dans trois départements, on trouve normal... qu'on applique encore quelque chose qui date de Napoléon. Pourquoi ? Pourquoi on paye les salaires des prêtres, des pasteurs et des rabbins et on ne le paye pas pour d'autres cultes ? Mais ce n'est pas eux, ce n'est pas les gens de ces départements qui le payent, c'est tous les Français.
'est le Concordat.
Ben voilà, moi je pense qu'il est temps de l'abroger.
Christophe Benz, vous avez le bâton de parole, pas le bâton de pèlerin.
peu des deux.
Vous entendez quand même plus que les réticences d'Alexis Corbière
les entends, bien sûr. Permettez-moi d'abord en préambule de dire que personnellement, moi, je me réjouis de la venue du pape en France. Je me réjouis qu'il y ait des événements à Lourdes, à Paris, à Metz, que samedi, sur la place publique de la Concorde, il y ait une masse que le pape vient célébrer en tant que chef de l'Église catholique, bien sûr, en tant que chef d'État aussi. Il est reçu en tant que chef d'État. Et c'est à ce titre-là que la France déploie des moyens, notamment des moyens financiers, effectivement. Par parenthèse, chers collègues, je vous réponds sur l'Alsace-Moselle. En l'occurrence, effectivement, la loi de 1905 ne s'applique pas pour une raison simple. L'Alsace-Moselle était malheureusement allemande à l'époque. Et donc, elle n'est redevenue française qu'en 1919. Donc le droit ne s'applique pas. Et moi, je ne suis pas d'accord pour dire qu'on doit abroger. C'est l'histoire de France. C'est notre histoire. Ça fait 107 ans, juste au passage. Oui, bien sûr. C'est le Concordat. Mais écoutez, cher collègue, l'Alsace-Moselle a été... Moi, je suis Lorrain d'origine. Ma famille est Lorraine. C'est vrai ? Ma mère est originaire de Nancy. C'est quoi le sujet ? Eh bien, il se trouve que pendant 49 ans, l'Alsace-Moselle a été annexée par l'Allemagne alors qu'elle est française. Elle est profondément française. Et donc, effectivement, le droit ne s'applique pas. C'est léger comme argument. Non, non, non. Vous faites, je pense, chers collègues, une erreur sur l'interprétation que vous faites de la laïcité. 'est-ce que la loi de 1905 ? C'est une loi de reconnaissance des cultes. C'est une loi positive en réalité.
C
'est une loi qui dit qu'on va séparer. Ce n'est pas une loi de laïcité d'ailleurs, si on est précis, parce que le mot laïcité n'est pas dans la loi de 1905. C'est une loi de séparation. C'est une loi d'organisation des cultes, du financement du patrimoine religieux, qui reconnaît les cultes, tous les cultes. chrétiens, catholiques, juifs, musulmans, tous les cultes. Ils reconnaissent tous les cultes. C'est une loi positive. Et vous savez, l'essence même de ceux qui ont fait cette loi de 1905, c'est une conception profondément chrétienne, en réalité, qui est, à la base, la distinction entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, entre ce qui était, pour l'Église, le clergé séculier et le clergé régulier. Et vous le savez, chers collègues. Et le Vatican
va avoir quel avis sur cette loi chrétienne en 1905 ? Il met combien de temps à l'accepter ? Je vous dis que la
laïcité est française et d'origine chrétienne. Il faudra au moins
attendre une quinzaine d'années parce
que l'Église catholique condamne et refuse ça. Donc, écoutez, je veux bien que c'est une loi de reconnaissance, mais l'article 1 dit que la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte. Par contre, ce qui est vrai, c'est que c'est une loi qui permet enfin... la liberté de conscience, la liberté de croire, de ne pas croire, et de ne pas seulement être catholique, parce que jusqu'à présent, il y a quand même un problème, parce que l'histoire est longue dans ce pays, et l'histoire aussi, c'est celle de répression, il y a eu de la religion. Vous avez une petite chose qu'on appelle les protestants en France, qui pendant des siècles ont été martyrisés, juste un truc, ça appelle la nuit de la Saint-Barthélemy, plusieurs milliers de morts massacrés de protestants, juste la révocation de l'édit de Nantes, avec l'édit de Fontainebleau, qui amène à ce que 200 000 protestants. vont quitter la France pour aller vivre ailleurs parce que ça leur est interdit. Donc l'histoire, elle est douloureuse. Et fort heureusement, la laïcité permet de dire que toutes les religions vont pouvoir vivre ensemble, les fidèles, en plus pour l'église catholique, c'est une belle opération, les églises vont être prises en charge par les communes, donc tout va bien, en vérité. Et c'est très bien, et ça fonctionne comme ça. Mais la condition, c'est qu'attention, c'est pour ça que je suis tatillon, l'argent public ne doit pas servir à financer un culte et pas les autres. C'est ça qui me choque dans le concordat que vous maintenez. Pour quelle raison on ne salarie pas les imams ? Pourquoi ? Pourquoi ? On s'en va salarier les prêtres, les rabbins et les pasteurs, mais on va dire qu'il y a une religion. Eux, non. C'est blessant. Vous vous en foutez peut-être, mais pour les gens... Alors, qu'est-ce que vous
répondez à ça ? Parce que c'est une religion plus récente sur notre territoire. On parle, vous l'avez vous-même dit, on parle d'une loi qui a 107 ans. Donc, pardon, oui.
Vous savez que dans ce pays, on abroge des lois, c'est déjà arrivé. Très bien. Donc une loi de 17 ans, on peut l'abroger. Mais vous avez le droit de vouloir abroger. Mais je
découvre que vous n'êtes pas pour la laïcité sur tout le territoire. Vous êtes pour que des endroits où il ne s'applique pas. Je constate
que la loi de 1905 ne s'applique pas à l'Apsace-Moselle. Je n'ai dit ni moins, ni plus. Non, mais le constater comme député, vous avez quel
point de vue ?
On reste comme ça. Je ne suis pas pour l'abrogation.
D'accord, vous êtes pour le maintien.
Pour le maintien de la situation actuelle. Donc ça ne vous dérange pas qu'il y ait 2 à 3 millions de Français qui vivent en Ambro où il n'y a pas de C'est intéressant, c'est un point de vue. Vous l'avez dit, et là-dessus on a un point d'accord. La loi de 1905, c'est une loi de reconnaissance des cultes et de protection de la liberté de conscience. Vous l'avez dit vous-même à l'instant. Là-dessus on est d'accord, de toutes les religions. Donc c'est une loi d'équilibre. Permettez-moi de vous dire aussi que si je me réjouis de la venue du pape en cette fin de semaine, fin septembre 2026, c'est aussi parce que dans un pays où il y a une forme de désespérance... une situation économique ou de désespoir qui est compliquée les français souffrent et bien je considère que la venue du pape d'un chef d'une église c'est vrai l'église catholique romaine en l'occurrence mais aussi un chef d'état qui est reçu en France officiellement et bien peut-être que dans les messages qu'il transmettra il y aura des motifs d'espérance C'est normalement Lexicorbière qui devrait y être, sur l'immigration, sur l'écologie. Je vous pose la question à tous les deux.
Christophe Benz, vous avez prévu d'assister à une des messes
? Oui, tout à fait. Laquelle ? La messe du pape, place de la Concorde, tout à fait. Et alors
Alexis Corbière, le stade de France n'est pas dans votre circonscription de Seine-Saint-Denis.
Qui par ailleurs leur a accordé gratuitement par JL Events qui finance quand même, il y a un nombre de gestes. Du coup, on est plus sur l'argent
public là.
Oui, mais enfin bon, mais c'est très bien, tant mieux. Que ce soit clair, moi j'avais déposé un amendement, je ne souhaite pas qu'un élu escalité s'affiche dans des cérémonies religieuses. Je pense que moi... Donc on
ne va plus aux obsèques
? Non, non, je vais vous dire. Justement, dans mon amendement, je proposais la chose suivante, c'est que quand il s'agit effectivement de quelque chose qui est la marque, effectivement, de quelque chose, les obsèques d'une grande personnalité... Mais ce que je n'aime pas, je vais vous dire les choses, et là, je ne parle même pas de mon voisin, c'est la drague électorale. 'est les gens qui font les tournées, qui vont dans les mosquées, dans les églises pour dire aux fidèles, votez pour moi. Je n'accepte pas ça et je sais que certains le pratiquent. Donc je ne suis pas d'accord avec ça, c'est méprisant pour les fidèles. Mes convictions spirituelles, comme élus, je me fais un devoir sur les plateaux télé, je n'en parle pas. Voilà. Ce que je transmets à mes enfants, ça ne me regarde pas. L'ostentation de toute une série de gens. Et que les choses soient claires, on a le droit comme fidèles. Franchement, on a le droit d'être catholiques si vous avez une histoire personnelle. C'est pas le sujet, mais je vois qu'au monde des gens, je vois un Mario Maréchal Le Pen, il sera à l'église, tous ces gens, ça fiche, bon, c'est leur problème. Moi, je ne mange pas de ce pain-là, si je puis me permettre, mais je respecte évidemment ce qui a eu lieu. Le problème, ce que vous exprimez, c'est presque touchant. Vous pensez que dans la période, vous invitez les gens à se tourner vers la religion, vous pensez que c'est une réponse, c'est votre droit. Le pape invite, c'est le pape qui invite. Vous êtes heureux et vous pensez que dans la période, il y a une crise, il y a du désespoir. Moi, je pense que quand on est député, on ne doit pas dire ça, mais c'est un point de vue très personnel. Les gens y croient ou y croient pas, c'est leur affaire. Nous, on doit faire en sorte... notamment que la désespérance soit et pour réponse des services publics et pour réponse que les gens vivent bien. Pas de leur dire tournez-vous vers les religions. Ils font ce qu'ils veulent.
Là, le problème, c'est que c'est une religion à laquelle ils ont du mal à croire. Les services publics... Oui, mais j'entends bien, mais on est élus pour ça. On
n'est pas élus pour faire du prosélytisme religieux. On n'est pas élus pour dire aller dans les synagogues, aller dans les mosquées, aller dans les églises. Les gens font ce qu'ils veulent. Quand on a l'honneur d'être député et qu'on a la parole comme député... C'est pour ça que j'ai été tatillon, vous allez dire c'est une bricole, mais le protocole de l'Assemblée nationale n'a pas à me dire au fait... Parce qu'il ne va pas me le demander si je vais à la mosquée pour l'Aïd, il ne va pas me le demander si je vais fêter le nouvel an dans les synagogues. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et alors c'est quoi le discours qu'il y a derrière ? Et pour le coup, sans vous faire un faux procès, c'est qu'en gros, la France n'est pas un pays laïque, la France est un pays catholique, les racines chrétiennes de la France, et d'un seul coup, voilà, et on mélange tout. Et on amène à dire qu'il doit y avoir un privilège qui est accordé. Voilà. Et moi, je trouve que ça, c'est dangereux parce que notre beau pays a pour particularité, premièrement, et je tiens à le rappeler parce qu'on le dit trop souvent, qu'une majorité de nos concitoyens ne sont pas croyants. C'est quand même assez rare aujourd'hui. Deuxièmement, nous avons, je crois, les chiffres, 29% de nos concitoyens qui sont catholiques. Nous avons aussi beaucoup de gens de confession musulmane. On leur a consacré une émission hier. Oui, mais si on doit tous vivre ensemble, on doit faire une laïcité égale pour tous. Voilà, ceci dit, bienvenue au pape et j'espère que tout se passera bien.
Et juste au-dessus nous, la rue Aristide Briand, le père de...
Merci
à tous les deux.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.