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Mesdames, Messieurs, les chefs d'État et de gouvernement, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les représentants permanents, distingués et invités, Frères Maxime Haïtiens. En prenant la parole à cette Assemblée Générale, je mesure la poids de l'histoire. Il y a plus de 80 ans, au lendemain d'une guerre qui avait plongé le monde dans le chaos, Haïti, membre fondateur des Nations Unies, s'unissait aux nations du monde pour faire le pari de la paix, du dialogue, du respect et de la dignité humaine. Aujourd'hui, alors que les crises et conflits meurtriers se multiplient, que l'urgence climatique s'intensifie, que de nouvelles fractures menacent la stabilité d'Haïti et du monde, Ce pari fondateur est de nouveau mis à l'épreuve. Il est impératif que face aux crises qui frappent Haïti, comme à celles qui bouleversent tant de régions du monde, les nations fassent fonds communs autour de l'essentiel, la paix, la sécurité et le bien-être de tous les peuples. C'est tout le sens du thème qui nous rassemble cette année. Monsieur le Président, je vous félicite pour votre élection à la présidence de l'Assemblée générale. Je tiens également à saluer le Secrétaire général, Monsieur Antonio Guterres, pour son engagement constant en faveur de la paix. Je garde un souvenir ému de sa visite à Port-au-Prince le 16 juin 2026, un témoignage fort de sa solidarité envers le peuple haïtien. Dans les heures difficiles que traverse notre pays, Haïti tient à exprimer sa reconnaissance à tous les partenaires et amis qui continuent de se tenir à ses côtés. Je voudrais à cet égard saluer l'engagement du système des Nations Unies et tout particulièrement celui du Conseil de sécurité, ainsi que celui de l'Organisation des États américains. de la CARICOM et de l'Union européenne dont le soutien demeure plus que jamais essentiel. Je rends un hommage particulier aux peuples frères qui contribuent à la force de répression des gangs et en soutenant son plein déploiement ont choisi de partager avec nous le poids du combat pour la paix et la sécurité. Haïti n'oubliera ni leur solidarité ni leur sacrifice. Je veux également souligner le partenariat privilégié des États-Unis d'Amérique, l'appui déterminant du Canada, le précieux accompagnement de partenaires tels que la France, le Chili et le Mexique dans la modernisation de nos capacités nationales de sécurité. De même que l'ouverture de la République dominicaine au dialogue et son plaidoyer en faveur d'une résolution durable de la crise haïtienne. Enfin, nous exprimons notre reconnaissance au BINU, aux agences, fonds et programmes présents sur le terrain, ainsi qu'à l'ensemble de nos partenaires multilatéraux pour leur engagement constant aux côtés du peuple haïtien. Monsieur le Président, Devant cette auguste assemblée, je porte la voix d'un peuple qui a gravé son nom dans les annales de l'histoire en osant accomplir l'impensable. Briser les chaînes de l'esclavage et faire naître sur une terre conquise par le sacrifice, la sueur et le sang, la première république noire libre du monde. Cette épopée est la preuve éternelle qu'aucun empire n'est plus puissant que la soif de liberté d'un peuple. Comment oublier le destin et les larmes cachées de toutes ses ouvertures, arrachées brutalement à sa terre natale, jetées dans la solitude glaciale de cachots au fort de Joux ? La privation et l'humiliation ont eu raison de toutes ses ouvertures. Mais son combat pour la liberté reste vivant à travers Dessalines, Christophe, Pétion et tous les autres pères et mères fondateurs. Toussaint l'ouverture, on l'avait prédit. En me renversant, on a abattu à ses domaines que le tronc de l'arbre de la liberté. Il repoussera, car ses racines... Elles sont profondes et nombreuses. L'arbre a repoussé. Il a grandi. Il a traversé les siècles. Et il poursuivra son chemin. Et même si aujourd'hui, la violence criminelle menace ses racines et cherche à dérober nos enfants les fruits de cette liberté si chèrement conquise, Haïti résiste. Haïti est debout. Elle est debout parce que les peuples nés de la lumière n'abdiquent jamais devant les forces du chaos. Elle est debout parce que les peuples nés du sacrifice savent le prix de la liberté, de la paix et de la sécurité. Haïti sait pour l'avoir appris dans sa propre chair que ses conquêtes ne sont jamais définitivement acquises et que les scones sont menacées, il faut avoir le courage de les défendre. C'est le combat qu'Haïti mène aujourd'hui. Et c'est pourquoi elle appelle le monde, non pas à la sauver, mais à se tenir à ses côtés, pendant qu'elle reprend en main son destin. Monsieur le Président, je porte aujourd'hui la voix d'Haïti, mais aussi celle de ces peuples auxquels notre monde demande trop souvent de supporter le poids des crises qu'ils n'ont pas créées. Pour les petits États comme Haïti, La facture du dérèglement climatique est devenue insoutenable. C'est une injustice profonde que ceux qui y ont historiquement le moins contribué soient pourtant parmi ceux qui en paient le prix le plus lourd, souvent au détriment de leur propre développement. Les moyens consacrés à l'adaptation et à la résilience doivent être à la hauteur de ces défis. Aucun peuple ne devrait choisir entre répondre à l'urgence et financer son développement. L'accès au capital, au marché et aux technologies doit être plus équitable. Notre architecture financière internationale doit évoluer pour mieux répondre aux besoins et aux réalités des pays les plus vulnérables. L'intelligence artificielle ouvre des possibilités immenses, mais sans règles ni garde-fous. Éthique, elle risque d'accentuer les fractures. La technologie doit demeurer un instrument de progrès partagé au service de l'humanité. Nous devons rester les maîtres de la technologie et jamais les sujets. Et aucun peuple ne doit être laissé de côté. Nous devons aussi tenir la promesse d'un monde où nul n'est condamné à la fin, privé de soins, déplacé par les armes ou victime d'inclusion et de discrimination. Cette même exigence de dignité doit guider notre regard sur l'immigration. Car, derrière les statistiques et les débats, Il y a des femmes, des enfants et des hommes qui portent avec eux une histoire, des talents, des espérances et parfois le poids de l'exil. Depuis des générations, les Haïtiens et les Haïtiennes établis à l'étranger contribuent aux sociétés qui les accueillent. À cette tribune, je tiens à exprimer notre gratitude au pays qui leur ouvre leurs portes et favorise leur intégration. Haïti a été une terre d'accueil, de refuge et d'espérance. Nous travaillons pour qu'elle le redevienne, un pays où l'on puisse rester, revenir, vivre et construire son avenir dans la dignité. Mais je veux aussi rappeler avec force notre attachement au respect de la dignité et des droits fondamentaux de tous les migrants, quelle que soit leur situation, aucune circonstance. ne sauraient justifier leur dignité, soient bafouées. La protection d'une frontière et le respect de la dignité humaine ne s'opposent pas. Ils doivent aller de pair. Une frontière peut et doit être protégée sans jamais que la dignité humaine ne soit sacrifiée. Le destin des migrants nous appelle à une responsabilité partagée et à des réponses durables. Car les crises que l'on laisse durer nourrissent les déplacements et les migrations contraintes. C'est le cas avec la crise de sécurité en Haïti qui a provoqué l'exode de milliers d'Haïtiens. La réponse à cette crise en Haïti passe par le rétablissement de la sécurité, la stabilité et la relance économique, les trois priorités de mon gouvernement. Monsieur le Président, la République d'Haïti demeure profondément attachée au multilatérisme et à la capacité des nations à unir leurs forces lorsque l'urgence l'exige. À un moment où les Nations Unies doivent produire des résultats concrets pour tous, Haïti peut devenir un modèle de réussite de la coopération internationale, la preuve de ce que nous pouvons accomplir ensemble dans le respect de la volonté des nations et autour d'une vision portée. par le pays lui-même. Car aussi complexe soit-elle, la crise haïtienne n'est pas insurmontable. Nous sommes à un moment décisif. Ce moment ne peut plus s'accompagner de demi-mesures, d'engagement partiellement honoré ou de réponse trop timide face à l'ampleur de la menace. Les massacres, les familles endeuillées, les femmes victimes de violences, Les enfants privés de leur innocence et les communautés chassées de leur foyer doivent nous interpeller. Ils doivent surtout nous porter à agir. Je veux ici saluer la mémoire de toutes les victimes de cette violence. Leur perte nous impose le devoir de justice. Je rends aussi hommage aux policiers et soldats haïtiens, kéniens et aux ressortissants des autres nations tombées au service d'Haïti. Par leur courage, ils ont écrit avec l'encre de leur sein une page de notre combat pour la sécurité et pour la paix. Haïti n'oubliera jamais leur sacrifice. Pour eux, pour leur famille, pour ces 12 millions de femmes, d'hommes et d'enfants. Des enfants qui ne demandent qu'à grédir, à rêver, à vivre en paix. Nous ne pouvons nous résigner à voir les morts et les blessés devenir de simples chiffres dans nos rapports. Nous devons agir parce qu'en Haïti aujourd'hui, une victime de plus est une victime de trop. Et Haïti agit déjà. Nous avons fait le choix. de renforcer les capacités opérationnelles de nos forces nationales de sécurité. Car la sécurité d'Haïti à terme doit reposer sur les capacités de l'État haïtien. Nous recrutons, nous formons, nous renforçons. À travers le programme P4000, nous poursuivons la formation de 4000 policiers. Plus de 2000 ont déjà été formés. Et une nouvelle cohorte doit sortir de l'Académie de police en novembre prochain. Parallèlement, plus de 1 500 nouveaux soldats ont déjà été formés. Et nous mettons en place un programme visant à former 15 000 nouveaux soldats au cours des trois prochaines années. Nous avons également augmenté le budget d'investissement de nos deux forces de sécurité. Notre objectif ? n'est pas seulement de répondre à la crise d'aujourd'hui, il est de construire les capacités qui permettront demain à Haïti d'assurer elle-même pleinement et durablement sa sécurité. Il est regrettable que la force appelée à soutenir temporairement ses efforts ne soit pas encore pleinement opérationnelle et n'est toujours pas atteinte sur le terrain. l'effectif prévu de 5500 membres. C'est pourquoi, à cette tribune, nous insistons sur la nécessité du renouvellement du mandat de la force de repression des gangs et de son plein déploiement avec les effectifs, les équipements et les moyens nécessaires à l'accomplissement de sa mission. L'expérience de la mission multinationale d'appui à la sécurité doit nous servir de leçon. Un mandat ne suffit pas. Il faut des effectifs, il faut les moyens, il faut la détermination d'aller jusqu'au bout. Mais il y a un autre enjeu sécuritaire qui doit nous interpeller collectivement. Le trafic illicite d'armes et de munitions. Les armes qui tuent les Haïtiens, qui sèment la terreur dans nos quartiers et fauchent des vies innocentes ne sont pas produites en Haïti. Elles arrivent par des filières criminelles qui alimentent l'insécurité, renforcent la capacité d'action des gangs et menacent la stabilité de toute notre région. Tant que ces trafics prospéreront, la violence trouvera les moyens de se perpétuer. Leur démantèlement est une responsabilité partagée. Il faut donc aller au-delà des plaidoyers en faveur d'Haïti. La sécurité de l'île passe aussi par le contrôle effectif de la frontière. Monsieur le Président, l'impunité est un autre visage de la sécurité. Nous devons la combattre avec la même détermination. C'est pourquoi nous avons institué deux pôles judiciaires spécialisées pour renforcer la lutte contre l'impunité, la criminalité financière, les crimes de masse et les violences sexuelles. Le 1er janvier 2027. Avec l'entrée en vigueur de nos nouveaux codes pénals et de procédure pénale, Haïti franchira une étape historique dans la modernisation de sa justice. Car il ne suffit pas seulement d'arrêter ce qui théorise la population. Il faut les juger. Il faut que la justice soit rendue. Dans le même temps, nous avons réactivé la Commission nationale de désarmement. de démantèlement et de réinsertion, et lancer le Fonds pour les dividendes de la paix en Haïti, que j'invite tous nos partenaires à soutenir. Il est impératif d'enlever à la violence sa capacité de recruter, en offrant à nos jeunes des alternatives crédibles et de véritables opportunités. C'est là que sécurité et développement se rejoignent et devront avancer de concert. L'un ne peut être durable sans l'autre. Monsieur le Président, l'aide d'urgence a sauvé d'avis. Haïti est reconnaissante. Mais le bien-être durable d'un peuple ne peut rester indéfiniment suspendu à l'aide et à la charité. Nous ne pouvons pas demander à la sécurité seule de porter le poids de la paix. La relance économique doit en être l'autre pilier. C'est pourquoi nous accueillons favorablement la décision de l'administration du président Donald Trump de prolonger jusqu'en 2028 les préférences commerciales Hope Help. Nous sommes profondément reconnaissants de ce geste d'amitié qui constitue une étape importante pour la relance de notre économie et nous appelons à une prolongation de 10 ans. Nous exprimons également notre reconnaissance envers le Royaume-Uni. pour le Developing Countries Trading Scheme et appelons davantage de pays à mettre en place des mécanismes similaires, capables de transformer l'accès au marché en opportunités de commerce et d'investissement. Haïti a besoin d'investissement pour construire son avenir. C'est pourquoi, aujourd'hui, Haïti appelle à un changement de paradigme. Passez de l'aide à l'investissement. de l'assistance à la production, de la dépendance au partenariat et transformer progressivement les ressources mobilisées pour gérer la crise en investissements capables de créer des emplois et des opportunités durables, notamment pour nos jeunes et pour nos femmes. Lorsque nous n'entendrons plus le bruit des armes, il faudra entendre le son de la paix. Les moteurs qui redémarrent, les chantiers qui reprennent, les marchés qui s'animent, les femmes qui entreprennent, les jeunes qui travaillent, le rire des enfants qui jouent et nos rouilles qui retrouvent le rythme de notre musique et de la vie. Ceux qui ont eu le privilège de connaître Haïti savent que tel pays existe derrière les images de crise. Un peuple accueillant, hospitalier. une culture vibrante, des saveurs uniques, des plages magnifiques et un patrimoine d'une richesse exceptionnelle. Nous devons recréer les conditions pour que le monde vienne en Haïti, la découvre, y investisse et entreprenne, y séjourne et y revienne. Voilà aussi à quoi ressemble la paix que nous voulons, que nous devons et que nous allons construire. Monsieur le Président, la sécurité pour laquelle la communauté internationale doit rester pleinement mobilisée à nos côtés doit aussi nous permettre d'honorer le deuxième engagement majeur du gouvernement que je dirige, rendre la parole au peuple haïtien par les élections. Je suis de cette génération qui a connu la dictature. qui avait placé tant d'espoir dans la démocratie d'après 86, mais qui a trop souvent vu ses espoirs se heurter à l'instabilité politique et aux transitions à répétition. C'est pour rompre ce cycle que j'ai accepté de servir mon pays, avec la conviction que cette transition doit prendre fin, et elle prendra fin par un bulletin de vote dans les urnes. C'est pourquoi nous avons engagé le processus électoral dans le respect du Pacte national pour la stabilité et l'organisation des élections, fruit d'un large consensus au sein de la classe politique. Aujourd'hui, les ressources nécessaires sont mobilisées, les centres d'inscription sont ouverts, les citoyens et les citoyennes s'inscrivent. Les partis et groupements politiques sont agréés et les candidats et candidates accomplissent les formalités nécessaires à leur inscription au scrutin. Nous voulons des inscriptions libres, crédibles, inclusives et intègres. La participation des femmes est encouragée et les jeunes sont appelés à y prendre pleinement leur place, comme électeurs, candidats et acteurs de notre démocratie. Et outre des dispositions qui ont été prises pour préserver l'intégrité du processus, la violence, les réseaux criminels, les financements illicites et ceux qui les soutiennent ne doivent trouver aucune voie d'accès aux urnes. Car ces élections ne concernent pas seulement le prochain gouvernement. Elle concerne l'avenir d'Haïti. Et cet avenir porte d'abord le visage de notre jeunesse. Monsieur le Président, la crise haïtienne est aussi l'une des expressions les plus douloureuses des fractures de notre époque. Ce chaos n'est pas un accident de l'histoire. Il plonge ses racines dans des siècles d'injustice, dont la dette de l'indépendance demeure le fardeau le plus lourd. C'est pourquoi nous saluons les travaux de la Commission mixte d'historien haïtiano-française et attendons avec une grande attention la publication de son rapport. Monsieur le Président, Hier, nos ancêtres ont arraché la liberté aux ténèbres de la servitude. Aujourd'hui, notre génération arrachera la paix aux ombres de la violence. Nous rendrons la sécurité à nos communautés, la parole à notre peuple et l'espoir à notre jeunesse. Les défis sont d'immenses. Mais notre volonté est plus grande encore. Nous avons prouvé au monde que la liberté était possible. Nous lui démontrons demain que la paix se construit, se défend et peut triompher de la fatalité. Il y a deux siècles, Haïti a dit au monde qu'un peuple pouvait briser ses chaînes. Aujourd'hui, du haut de cette tribune, Haïti dit au monde qu'aucun peuple Haïti dit au monde qu'un peuple peut aussi briser le cycle de la violence, de la transition et de la dépendance. Notre sécurité reposera durablement sur nos propres institutions et notre développement passera de l'aide à l'investissement, de la dépendance au partenariat, de l'urgence à la prospérité. L'arbre de la liberté dont parlait Toussaint est toujours debout. A notre génération déjà en main de lui donner les fruits de la paix. C'est notre responsabilité, c'est notre devoir, c'est notre promesse à nos enfants. C'est notre rendez-vous avec l'histoire. Que Dieu bénisse la République d'Haïti, que Dieu bénisse le monde. Merci.
Je
remercie le Premier ministre de la République d'Haïti. Je donne maintenant la parole à madame... La vice-première ministre, ministre des Affaires étrangères, de l'environnement, de la culture, de la principauté de Liechtenstein, Madame Sabine Monony. Je prie le protocole de bien vouloir accompagner son Excellence et lui donne la parole. Monsieur le Président, le Liechtenstein a rejoint les Nations unies il y a 36 ans. En tant que 160e membre de l'organisation, nous étions alors convaincus qu'en tant que plus petits membres de la communauté internationale, nous devrions Tout de même, participer à la conférenciation sur la gouvernance mondiale avec tous les autres États, petits ou grands, afin de mettre au point ensemble les normes internationales et de veiller à ce que ces normes soient respectées. La souveraineté était un thème clé des discussions qui ont débouché sur notre adhésion à l'organisation. Nous l'avons fait parce que nous étions convaincus que nous avions besoin des Nations Unies pour assurer le respect de notre souveraineté en faisant respecter le droit international comme base de notre sécurité et de notre prospérité. A cette fin, nous avons décidé d'apporter notre propre contribution et à utiliser au mieux en tant que petit État, l'occasion qui nous était donnée de participer activement à ce projet majeur pour la paix, le plus grand qui a été lancé dans l'histoire de l'humanité. Notre conviction dans les Nations Unies reste inébranlable, car c'est le lieu où nos voix sont entendues. C'est là que nous pouvons avancer nos idées, où nous pouvons nous réunir pour essayer de résoudre les problèmes qui nous concernent tous. Nous avons d'ailleurs grandement tiré parti de notre adhésion. L'ONU a toujours été et continue d'être une instance. essentiel pour notre politique étrangère. Notre adhésion a d'ailleurs toujours joué de soutien de la population au Liechtenstein. Mais aujourd'hui, Nous nous trouvons à une époque où l'instabilité et l'incertitude dominent la discussion. Notre organisation ne semble plus être en mesure de tenir la promesse fondamentale contenue dans la charte des Nations Unies, préserver les générations futures du fléau de la guerre. Elle ne peut plus compter sur le soutien inconditionnel de ses membres les plus forts pour... ce qui est du respect du droit international. Elle est de plus en plus ignorée ou écartée dans les efforts qui sont déployés pour relever les défis anciens ou nouveaux, comme par exemple la réglementation de l'intelligence artificielle. Elle est sous pression permanente sur le plan financier, les obligations juridiques, en matière de contributions financières à l'organisation. Les Nations unies sont aujourd'hui instrumentalisées pour exercer une influence politique. Les Nations unies sont donc aujourd'hui en crise. Nous ne pouvons plus continuer de prendre pour acquis le fait que notre peuple pourra continuer d'apporter son soutien. à cette organisation dont nous sommes toujours membres. C'est un moment difficile dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui, mais plutôt que de faire des hypothèses pessimistes, apocalyptiques, nous devons trouver la possibilité de relever le défi. La majorité écrasante des États présents dans cette salle croient encore dans l'organisation et souhaitent voir advenir un changement positif pour que l'ONU devienne plus forte, plus efficace, plus pertinente. Mais nous devons nous préparer à faire partie de ce changement. Nous devons résister à la tentation de l'inertie collective. Nous ne pouvons pas nous contenter d'attendre que le changement survienne. Il faut investir activement, investir politiquement dans ce changement. Et nous remercions le secrétaire général Gutiérrez du travail qu'il fait.
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