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Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. C'est vendredi et comme chaque vendredi puisque Chaque Voix Compte C'est à vous que nous donnons la parole pour une émission consacrée ce soir à cette crise sans précédent qui touche le logement en France, que l'on cherche à louer, à acheter, voire à construire. Il n'a jamais été aussi difficile d'avoir un toit sur la tête depuis 50 ans. Comment la machine s'est-elle enrayée ? Comment la débloquer ? Sommes-nous condamnés d'ailleurs à attendre la présidentielle pour que les choses bougent ? Eh bien, on va en parler ce soir avec nos invités d'abord. Anaïs Belouassa-Scherifi, bonsoir. Bonsoir. Députée de la France... Insoumise du Rhône, vous avez rédigé plusieurs propositions de loi sur le logement en cette rentrée, notamment sur l'encadrement des loyers, l'adaptation aux fortes chaleurs et l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Frédéric Falcon, bonsoir. Bonsoir. Député Rassemblement National de l'Aude, vous êtes aussi le monsieur logement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Et bonsoir Marie-Cœur de Roy. Bonsoir. Elle sera mon arbitre ce soir, Marie, journaliste spécialiste IMO à la Tribune dimanche et à BFM. Merci Marie d'être là et merci à nos députés d'avoir accepté de jouer le jeu des questions réponses avec notre public. Alors j'ai autour de moi des étudiants, des agents immobiliers, des propriétaires, des locataires. On va se parler, s'écouter, confronter nos points de vue. Cette émission... C'est vous qui allez la faire, c'est pas moi. Donc je compte sur vous, vous pouvez intervenir à tout moment, cordialement. On lève la main, on prend le micro et on pose des questions et on raconte aussi son vécu. Et vous, chez vous, installez-vous confortablement. Chaque voix compte, c'est parti. Des étudiants qui dorment chez des amis ou qui restent chez leurs parents. Des salariés avec des bons revenus qui se retrouvent dans l'incapacité de trouver une location. Près de 3 millions de demandes de HLM en attente. Une construction qui s'effondre. Des taux de crédit qui s'envolent. On va s'arrêter là parce qu'en fait, tous les indicateurs du logement sont dans le rouge. Et à 7 mois de l'élection présidentielle, le sujet devient un champ de bataille politique. Etat des lieux d'abord en chiffres avec Marco Pommier.
loger en France, c'est le parcours du combattant.
Cette crise du logement qui mérite d'être qualifiée comme étant la pire que connaît notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale.
Une crise pour les locataires d'abord, soumis à une rude concurrence dans les grandes métropoles. 13 candidats en moyenne pour une seule annonce. Nice et Paris atteignent des sommets avec plus de 40 candidats par logement. 18 à Marseille, 16 à Lyon, 14 à Bordeaux. Et une fois les clés en poche, reste une autre difficulté, le loyer, le premier poste de dépense des Français. L'an dernier, il consacrait en moyenne 715 euros par mois, charges comprises, pour une surface d'environ 40 mètres carrés. Face à cette pression, les candidats à la présidentielle avancent leurs solutions.
Je propose un bouclier logement qui fasse en sorte qu'il n'y ait personne qui puisse dépenser plus de 30% de ses revenus pour se loger.
Mais derrière les prix des loyers, il y a surtout un problème d'offres. Les logements manquent. Un chiffre résume peut-être à lui seul la crise. 2,9 millions de ménages sont aujourd'hui en attente d'un HLM.
devons donner la priorité d'accès au logement social aux Français.
sur le marché de l'achat, ce qui coince, ce sont les taux d'intérêt. Ils repartent à la hausse depuis cet été, autour de 3,4% pour un endettement sur 20 ans, contre 1% en 2021. Le gouvernement tente de répondre à la crise et met en avant son plan de relance. Hier, Sébastien Lecornu a souligné une première en baie.
Les premiers résultats sont là. Plus 14% de permis de construire en 6 mois, plus 11,8% de mise en chantier.
Objectif du gouvernement, 2 millions de logements d'ici à 2030.
Voilà, cette crise du logement, c'est simple, elle nous touche tous de près ou de loin. On a tous connu quand même une galère de logement dans notre vie. Mais les jeunes, qu'ils soient étudiants ou déjà actifs, sont sans doute ceux qui payent le plus lourd tribut aujourd'hui. Et cette rentrée universitaire en est encore la preuve. Je voudrais qu'on commence tout de suite en donnant la parole à Maëlle. Bonsoir, Maëlle. Maëlle, vous avez 20 ans. Vous êtes étudiante à Paris, vous cherchez actuellement un logement tout en étant en master de sciences sociales. Vous avez déjà un long parcours de galère, on peut le dire, en termes de logement. Racontez-nous, aujourd'hui, vous dormez où
Aujourd'hui, là, je dors chez une amie qui veut bien m'héberger. J'alterne de temps en temps avec un autre ami qui m'héberge. Donc ça dépend un peu leur disponibilité pour savoir où est-ce que je vais dormir le soir.
que vous n'avez pas trouvé logement
avril ? Oui. Là, depuis fin avril où j'ai lâché mon logement parce qu'il était dans des conditions hyper insalubres, je marchais sur mon parquet et il y avait de l'eau qui sortait. Entre autres, je vivais avec quatre mecs. Vous étiez dans une colocation ? Oui. On avait une salle de bain pour nous cinq, une cuisine et un... Tout petit salon assez ridicule, sans fenêtre. Bref, ça ne donnait pas très envie de continuer à vivre là-bas. Donc j'ai lâché mon logement à la fin de l'année scolaire. Je suis repartie chez mes parents à Dunkerque pour l'été. Et depuis fin août où je suis revenue sur Paris, je ne trouve pas de logement. Donc heureusement que la solidarité et les amitiés sont là. Et merci à l'associative parce que je suis engagée d'avoir permis de rencontrer tous ces gens-là. Sinon, je serai à la rue.
J'imagine évidemment que vous avez fait des demandes de logements au Crous.
j'ai fait des demandes de logements au CRUS qui n'ont pas abouti. Là, aujourd'hui, il y a la demande pour tout étudiant s'il reste des places dans les logements CRUS. On va voir ce que ça donne cette procédure-là. Juste, c'est très compliqué. La demande, elle est très, très élevée dans les logements CRUS. Et justement, on voit notamment sur Paris qu'on a beaucoup moins de logements au CRUS qui sont proposés. Qu'est-ce qu'on
vous
répond au CRUS
? On vous dit, attendez, il y a peut-être un bien qui va se libérer, un petit studio ?
C'est très dématérialisé les demandes au CRUS. Donc juste, on n'est pas prioritaire. Moi, je ne suis pas assez boursière. Je suis à un échelon trop bas et il y a trop de demandes. Et pas assez de logements.
Et vous avez cherché
dans le parc privé, j'imagine ? Oui. Le parc privé, c'est très compliqué parce qu'à la fois, c'est très cher. Il faut pouvoir assumer un loyer autour de 800 euros, ce qui n'est pas forcément le cas. Que ce soit des solutions de colocation ou de vivre seul, les appartements sont très... On n'a pas envie d'y vivre, quoi.
-ce que, pardon de vous poser la question, mais est-ce qu'il y a eu chez vous à un moment la peur de dormir à la rue
? Cette peur-là, elle n'est jamais arrivée parce que je sais que j'ai un entourage à la fois amical, très fort, qui fait que je ne serai jamais à la rue et j'ai toujours la possibilité de rentrer par le biais du train chez mes parents. Mais si je n'avais pas toutes ces solutions-là, oui, la peur, elle serait là, elle serait constante.
C'est de la débrouille. Et est-ce que, par ailleurs, vous vous êtes dit qu'à un moment, il allait falloir abandonner peut-être vos études ?
J'y ai réfléchi, oui. Je n'ai pas envie d'y arrêter mes études parce que j'aime beaucoup ce que je fais. Donc, je n'ai vraiment pas envie d'arrêter et je continuerai à chercher et à trouver des solutions alternatives. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. À côté de ça, je suis engagée dans une association. On fait de la défense des droits, donc les étudiants peuvent nous écrire. Vous défendez
les autres avant de vous occuper de votre logement, en fait. Non,
pas que... Mais oui, on accompagne énormément à l'AGEP l'ensemble des étudiants et on voit qu'il y a des étudiants qui renoncent réellement à l'entrée en études.
avez face à vous deux députés qui appartiennent à deux partis dont les candidats font partie des favoris de la prochaine présidentielle. Quelles questions avez-vous à leur poser
Par rapport à toutes ces questions-là, je me demandais quelles sont vos propositions et vos mesures concrètes pour construire et pour avoir de nouveaux logements, à la fois sociaux ou pour le CROSS.
laisse ma collègue commencer.
Si vous le souhaitez. Déjà, merci Marion pour ton vécu, pour ce que tu nous dis. En réalité, c'est un vécu qui est traversé par beaucoup d'étudiantes et d'étudiants. Aujourd'hui, on a à peu près 170 000 logements Crous sur l'ensemble du territoire pour environ 3 millions d'étudiants. Donc on voit bien que depuis des années, il n'y a pas de construction qui s'est faite. En moyenne, c'est entre 1 500 et 2 000 logements Crous qui sont construits. tous les ans et qu'on arrive à un point de non-retour. Nous, ce qu'on propose bien évidemment pour cette campagne présidentielle, c'est de construire davantage de logements CRUZ, de faire en sorte que dans le parc privé, il y ait un encadrement des loyers pour que vous puissiez aussi vous loger dans de bonnes conditions et que ce soit aussi abordable et accessible pour les étudiantes et pour les étudiants. Il y a un sujet d'actualité qui sont les APL. Aujourd'hui, il y a aussi le gouvernement qui souhaite geler les APL. Bien sûr, nous sommes opposés à cela puisque ça enlève du pouvoir d'achat aux citoyens et aux citoyennes qui ont déjà des grandes difficultés dans le logement. Et il y a aussi la volonté pour le gouvernement. On a entendu qu'il voulait indexer le revenu des parents pour calculer l'inflation pour les jeunes. Donc je trouve ça infantilisant. Je trouve ça complètement délétère dans la situation dans laquelle sont les étudiantes et les étudiants aujourd'hui puisqu'ils sont traversés par de la précarité. du renoncement à trouver un logement convenable. Vous avez parlé de logements insalubres. Vous étiez, je ne sais pas combien, dans votre colocation. Je ne sais pas combien vous payez. Vous avez le chiffre ? On payait
775 euros. À chacun
individuellement ? Chacun. Chacun. Pour combien de mètres carrés
Je crois qu'au total, il faisait environ 55 mètres carrés.
Oh, oh, oh ! Non
mais j'avais trouvé, moi j'étais arrivée sur Paris pour commencer mes études après la fin de ma licence où je l'avais faite à Toulouse. Donc les logements déjà à Toulouse c'est un peu compliqué mais je suis arrivée à Paris sans logement. J'ai vécu chez la famille pendant deux semaines où je faisais deux heures de trajet par jour que seulement aller et ensuite j'ai trouvé ça... En dernier...
Et si je peux me permettre, puisque vous avez fait le lien avec la bourse, vous avez dit que vous n'étiez pas assez boursière. Bien évidemment, une des propositions qu'on formule pour l'élection présidentielle, c'est l'allocation d'autonomie. Ça permet justement d'avoir un revenu jeune pour pouvoir vivre dignement et pouvoir assurer à la fois les loyers. C'est une allocation d'autonomie qui serait soumise évidemment à des plafonds de revenus. Alors, ce serait pour tous les jeunes, puisqu'on considère qu'aujourd'hui, les jeunes sont en grande difficulté. C'est une catégorie sociale qui est une des plus précaires. À peu près 14% des jeunes sont en dessous du seuil de pauvreté dans notre pays. Et bien évidemment, nous, ce qu'on veut, c'est qu'il n'y ait pas de renoncement, notamment aux études, puisqu'on constate qu'aujourd'hui, il y a un choix qui est fait, et malheureusement, c'est un choix qui est difficile, entre se loger dans une ville où on souhaite faire nos études et renoncer à faire ses études, puisqu'on ne trouve pas de logement dans cette ville.
la situation que vous vivez, elle est dramatique. Et les premières victimes de la crise du logement, des étudiants qui sont concernés par la crise du logement, ce sont les étudiants de la France périphérique. Ceux qui ne sont pas dans des villes, qui ne vivent pas déjà dans des villes, où il y a déjà des pôles universitaires, comme chez moi à Narbonne, où les étudiants sont obligés de partir à Montpellier ou à Toulouse. Parce que quand vous vivez sur place, c'est un peu plus facile, vous avez votre famille, vous pouvez vous arranger, traîner quelques années chez vos parents. Et quand vous vivez à la campagne et qu'il n'y a rien, et que vous devez partir à 40, 50 ou 100 kilomètres de chez vous, là ça se complique. Donc il y a un sujet d'offre, ça c'est clair. Donc l'offre locative s'est effondrée en 3 ans, moins 50%. En partie à cause des normes, on va en parler un petit peu plus tard, des normes DPE qu'on souhaiterait faire sauter. On va essayer de prendre les
problèmes les uns après les autres. Mais bien sûr, tout est imbriqué. Mais restons sur le logement étudiant en particulier.
C'est une des raisons. Oui, mais le logement étudiant, ce n'est pas dissociable non plus d'une politique globale du logement. Donc je suis obligé d'en dire un mot. Il y a ce sujet-là. Il y a le problème de recréer de la confiance auprès des bailleurs pour recréer de l'offre. Vous avez un retrait massif des logements. du marché, je vous l'ai dit, ça s'effondre, au moins 50%. Donc il faut absolument qu'on trouve une solution parce que c'est le parc privé qui porte l'offre, ce n'est pas forcément le parc public. Il aide, il pallie, notamment les résidences étudiantes, le logement social. Le logement social à lui seul ou les résidences étudiantes seules ne peuvent pas proposer une offre suffisante à tous les étudiants. Donc ça c'est le premier point. Deuxième point, sur les résidences étudiantes qui sont pour nous assimilées à du logement social, on souhaite y appliquer une priorité nationale parce qu'il y a 35% d'étudiants étrangers. Alors on n'a rien contre les étudiants étrangers, simplement on estime que s'ils viennent faire leurs études en France, ils doivent être capables de s'assumer. Et on réfléchit à un système de quotas pour respecter la coopération avec la francophonie. et permettre à des étudiants étrangers, certes, de venir, mais qu'ils soient quand même en capacité de subvenir à leurs besoins et qu'ils ne prennent pas forcément la place d'étudiants français dans les CROSS. Donc ça, ce sont les deux gros points que nous proposons pour relancer la machine, mais il va falloir aussi construire. déborde aussi sur la politique globale du logement. Il n'y a plus de construction dans ce pays pour tout un tas de raisons, mais normes également. Et on est prêt à planifier la construction massive de logements, mais le temps que ça se mette en place, le temps qu'on réquisitionne des terrains, ça va prendre du temps. Et on a une solution qui nous semble innovante et qui a été soumise d'ailleurs à un certain nombre de professionnels, c'est l'exploitation des millions de mètres carrés de bureaux qui ne sont pas utilisés aujourd'hui, qui sont vides. Vous avez 6 millions de mètres carrés de bureaux en région parisienne parce que le marché du bureau est en train de s'effondrer. Et l'idée, c'est de créer une sorte de... sur les plateaux, de créer des cellules, des appartements qui seraient en co-living ou en colocation, en urgence. Ça peut aller très vite. En quelques mois, on peut réussir à faire ces aménagements sur des grands plateaux pour pouvoir y loger en urgence. Vous savez
que la première députée qui m'en a parlé sur ce plateau, c'est Daniel Simonnet, sur la réquisition des logements vacants à Paris.
Je ne vous ai pas parlé de réquisition. Là, je vous ai parlé de mobilisation avec les acteurs, avec eux. On ne réquisitionne pas. Alors ça, c'est plutôt du côté de la France Insoumise. Du coup, comment vous faites ?
J'aimerais bien savoir. Comment vous tordez le
bras
?
C'est
super simple. Aujourd'hui, un bailleur, il n'a aucun intérêt à avoir des surfaces de bureaux vides. Ça coûte de l'argent, il y a des taxes. Et donc, en urgence... Ce ne sont pas les bailleurs qui
sont les bureaux.
Ce sont des bailleurs. C'est des entreprises
? Des
entreprises, oui, mais ce sont des bailleurs. C'est pas tout à
fait la même chose. C
'était des bailleurs initialement, ils louaient en bureau. Donc il n'y a plus aujourd'hui de débouché pour lui en bureau. Donc ils sont prêts, même si la rentabilité est moindre, ils sont prêts à éventuellement faire cet effort et à transformer au moins pour une période, en urgence, des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux en logement.
Marie-Cœur de Roy, on a l'impression que désormais, quand vous voulez entreprendre des études, il y a une première galère, c'est Parcoursup, et on oublie que derrière, il y a une autre galère qui va être se loger. Oui,
c'est toujours la course et c'est de pire en pire. Alors après, je vais peut-être essayer de rejoindre les deux députés, chacun de leur côté, sur le problématique de l'offre et de la demande. Sur la demande, d'abord, et sur les locataires étudiants qui sont dans une extrême précarité, aussi parce que quand il y a l'encadrement des loyers, il n'est pas respecté. Le cas de Maël, il en dit long, c'est un marchand de sommeil, purement et simplement, il n'y a pas de moi à dire. Et l'encadrement des loyers est détour avec ce qu'on appelle le complément de loyer. C'est-à-dire que vous avez des biens qui sont mis à la location et qui ne respectent pas l'encadrement des loyers. Et ça, il y en a plein partout. Je vous conseille d'aller regarder sur les sites internet. Des milliers d'annonces à Paris. Voilà, incroyable. Donc déjà, vous avez des propriétaires bailleurs qui ne respectent pas l'encadrement des loyers. Maintenant, derrière, sur les propriétaires bailleurs, et effectivement, on a besoin du parc privé parce que malheureusement, et ça, le gouvernement en est partiellement responsable, on n'a pas assez de logements sociaux aujourd'hui en France pour pouvoir héberger tout le monde. Donc il faut qu'on puisse aussi inciter... et qui ont un bien à mettre à la location, à le faire de manière digne, aux bonnes normes énergétiques, avec des loyers convenables. Et ça, pour le coup, tant que fiscalement, on continuera à leur dire, vous avez plus intérêt à essayer de faire de l'optimisation fiscale en faisant du meublé, où vous pourrez dépasser l'encadrement, ou le bail code civil, que personne n'a compris aujourd'hui, mais qui en réalité, c'est un bail qui ne doit pas être utilisé au titre d'une résidence principale. C'est-à-dire que votre locataire, ce n'est pas sa résidence principale, or il y en a de plus en plus partout, donc il faut bien lire les petites... parce que ça, le bail code civil, c'est pas d'encadrement du tout, pas de complément, c'est le tarif qu'il veut. Donc, un, on change la fiscalité pour les propriétaires bailleurs, on alourdit celles sur ce qu'on veut plus, c'est-à-dire du meublé super cher, mais on allège celles sur le logement vide, classique, avec des loyers modérés, et de l'autre côté, on surveille les marchands de sommeil davantage, parce qu'effectivement, c'est pas possible qu'on ait un effondrement de l'offre, et des marchands de sommeil, il faut aussi qu'il y ait du contrôle. Maëlle,
vous avez essayé de le dénoncer, votre propriétaire, ou vous êtes partie parce que vous avez dit c'est le cas ? Non, je suis juste partie. parce que j'en avais marre. David ? David, bonsoir. Vous êtes directeur d'agence immobilière à Paris. Sans doute est-ce que vous allez être sollicité après l'émission. Quand vous publiez une annonce aujourd'hui pour un appartement correct, alloué, rien qu'à Paris, qu'est-ce qui se passe
si on laisse le téléphone allumé après avoir mis en ligne l'annonce, on a des dizaines et des dizaines d'appels sans cesse. Donc on a arrêté, en fait, de... de mettre en ligne les annonces sur tous les portails sur lesquels on travaillait. On les met juste sur nos portails à nous. Oui, c'est-à-dire que vous
ne mettez plus sur seloger.com, par exemple ? Non,
mais sur notre portail censure I21 directement. Et généralement, on publie nos annonces le soir, avant de partir, pour ne pas pouvoir recevoir des appels, non pas qu'on ne veuille pas les prendre, mais qu'on ne peut pas traiter. Il y a vraiment des centaines de demandes. On reçoit toutes ces demandes, on regarde ce qu'il y a comme caractéristiques dans les demandes de chacun et on programme des visites ensuite. Quand
vous dites qu'on demande les caractéristiques de chacun, est-ce que quand quelqu'un est intéressé par une annonce de biens alloués chez vous, vous demandez, comme c'est de plus en plus souvent le cas, un dossier avant d'accepter une visite ?
Notre agence, non. On fait des visites par rapport à ce qui est indiqué dans la demande du client. On pense que ça correspond plus ou moins à ce qu'il indique par rapport à l'appartement et à ses critères de salvabilité. On fait ensuite la visite et on demande un dossier pour ne pas avoir à détenir des documents des personnes avant qu'ils aient visité si l'appartement ne leur plaît pas.
En toute honnêteté, quand un dossier étudiant arrive dans votre agence, est-ce qu'il a une chance d'aboutir ?
Totalement. Parce qu'en fait, souvent, c'est plutôt des bons dossiers. Parce qu'il y a
des parents derrière ?
Il y a des parents ou des garants qui ne sont pas forcément les parents, ou des amis de la famille, on prend tout le monde. Et c'est cumulable avec une assurance loyer impayée. Donc souvent, en fait, ça plaît beaucoup aux propriétaires. Et il y a beaucoup de typos d'appartements, notamment comme les studios, qui correspondent aux profils étudiants qu'on recherche et que les propriétaires recherchent.
Est-ce que vous pouvez nous donner des tuyaux, des petites astuces pour mettre toutes les chances de son côté quand on repère une annonce de biens alloués et qu'on sait qu'on va être 150 candidats sur cette annonce
? Ce que je peux vous dire, c'est qu'il ne faut pas hésiter à pousser la porte de l'agence et à se présenter. Il ne faut pas hésiter à appeler quand même ou à envoyer des mails. Mais au-delà de ça, c'est quand vous avez la visite et que vous visitez l'appartement et s'il vous plaît, il faut prévoir un dossier de location qui soit déjà prêt en amont, qui soit un seul fichier. qui regroupe l'ensemble du dossier. Mais ça, c'est déjà
le cas. Plus personne ne visite un appartement sans avoir son dossier sous le bras. Oui,
mais la façon dont le dossier est envoyé aujourd'hui, parfois on a des clients qui nous envoient 10 mails avec 10 pièces jointes dans chaque mail ou avec des photos dans le corps de mail. Et c'est beaucoup plus compliqué à travailler et à comprendre. Et surtout, un mail d'accompagnement qui explique la nature du dossier. Pourquoi on prend cet appartement ? Parce qu'on est étudiant, par exemple. Pour combien de temps on en a besoin ? Et en fait, c'est beaucoup plus clair dans la compréhension du dossier. Et ça nous permet de travailler plus rapidement pour la personne qui nous... La
crise du logement, de quelle façon elle change votre métier d'agent immobilier en ce moment
De plusieurs façons. Sur la location, de la même façon que les candidats sont en tension, nous aussi, parce que ça va très vite. Les gens sont toujours très pressés de louer, donc ils veulent rentrer assez rapidement dans un appartement. Donc nous, il faut qu'on ait déjà un dossier côté propriétaire qui soit prêt, des diagnostics de location à jour, de quoi pouvoir faire établir le bail, des documents de charge à jour. Ça change aussi, si vous voulez, dans le... Il y a beaucoup d'aspects juridiques qui rentrent en compte dans un bail de location, aussi bien que quand on vend un appartement. Donc il faut être de plus en plus formé pour pouvoir louer un appartement. C'est notre cas chez nous. Et je dirais qu'il faut aussi qu'on arrive à convaincre des propriétaires à qui on veut vendre des biens, qui sont des investissements locatifs. que ça reste intéressant quand il y a l'encadrement des loyers, quand il y a des travaux d'isolation à prévoir, quand il y a une note énergétique qui n'est pas bonne, est-ce qu'on va pouvoir réussir à améliorer la note énergétique ?
Donc
on a beaucoup de sujets aussi à la transaction pour vendre ces liens.
Vous aviez des questions à poser à nos invités
J'ai quelques questions.
Ah, il a pris des notes.
des notes. Donc voilà, à Paris, le marché locatif est extrêmement tendu pour les jeunes actifs, les étudiants ou les familles monoparentales. Pour avoir des logements alloués, il faut avoir des propriétaires bailleurs, ça on l'a dit. En 2021, l'investissement locatif représentait 32,5% des achats à Paris. En 2025, cette part est tombée à 24%. Entre les contraintes liées au DPE, à l'encadrement des loyers, la fiscalité, la hausse de la taxe foncière ou encore celle des coûts de financement, l'investissement locatif a fortement reculé. Que comptez-vous faire concrètement pour redonner envie aux investisseurs privés d'acheter à Paris ou ailleurs, en France bien sûr, et remettre davantage de logements sur le marché locatif dont on a... Tant besoin.
avez fait un portrait assez exact de la situation, c'est-à-dire que les propriétaires ne veulent plus louer aujourd'hui parce que c'est devenu très compliqué. Il y a une multiplication des contraintes qui s'est installée ces dernières années, ce qui fait qu'on a professionnalisé. Le métier de bailleur, j'emploie le mot de métier de bailleur parce que c'est devenu une profession aujourd'hui, c'est tellement compliqué. Le petit bailleur qu'on avait il y a 20, 30, 40 ans, qui loue un studio en prévision de sa retraite ou autre, aujourd'hui il est en train de disparaître parce qu'il n'a plus envie de s'embêter avec ça. Et les dernières contraintes qui sont apparues notamment en matière de DPE, de performance énergétique, on en parlera un petit peu plus tard parce que ça fait débat. sur le déclenchement, à notre sens, de l'effondrement, de l'accélération de l'effondrement de l'offre locative, il y a des chiffres qui circulent, on a beaucoup de mal à des chiffres officiels, on a des chiffres qui viennent des plateformes, on a des chiffres qui viennent, comme Sologer, pour ne pas les citer, bien ici, qui nous disent, nous on a 60-70% d'annonces en moins, donc ça dit quelque chose, ou Foncia, ou encore... Mais donc ça veut dire,
c'est autant de passoires thermiques qui sont sorties... Je vais y venir, pas
forcément, parce que, si vous voulez, ce sont des propriétaires qui en ont assez et qui n'ont plus envie forcément de... de se lancer dans des travaux qui n'ont pas l'énergie face à la complexité et qui préfèrent donner des congés pour vente ou vendre. Moi j'ai dit il y a trois ans dans l'hémicycle, j'ai dit avec ce que vous êtes en train de mettre en place en 2022, 2023, parce que c'était le début de l'arrivée de ces normes, vous allez assécher le marché locatif, les gens vont se retirer, ils ne veulent plus s'embêter avec ça. Donc ce qui fait que vous avez un marché de la transaction qui ne se porte pas trop mal, alors après les prix montent, les prix baissent, ça c'est pas notre problème, et vous avez un effondrement de l'offre locative dans ce pays, plus personne ne veut de bailleur. Donc, il va falloir trouver une solution. Nous, on n'a pas 36 promesses à faire, c'est la suppression massive des normes et des contraintes, tout simplement, en revenant au niveau... d'avant 2022, 2021, en faisant sauter notamment cette norme DPE, et on va en parler, qui est complètement arbitraire parce que ça change tout le temps de règles. Vous avez des décrets qui arrivent et qui, du jour au lendemain, vous sortent un million de logements, des passoires thermiques, qui redeviennent louables, comme par miracle. Donc ça devient quand même très problématique. Vous n'avez pas d
'intervenir. En
l'occurrence, c'était juste pourquoi ils sont redevenus louables pour la plupart, c'est parce qu'on a considéré qu'il fallait rehausser le coefficient pour les logements chauffés à l'électricité. Oui, le but
c'était de remettre des logements... sur le marché. Ou
alors peut-être de revaloriser l'électricité au moment où on essaie de lancer... Le but,
si vous parlez avec le ministre ou alors avec un certain nombre de collègues qui ont oeuvré dans la majorité à cela, c'était de remettre sur le marché des centaines de milliers de logements qui n'étaient plus louables.
Je crois que c'était plutôt pour rééquilibrer par rapport au gaz dont le coefficient reste à ce stade plus faible que celui d'électricité. Mais c'était peut-être aussi
les deux et en tout cas ça a
permis
de remettre sur le marché
des dizaines de milliers de biens. On a beaucoup bougé le thermomètre, là en l'occurrence pour le coup s'il y a bien une mesure qui pouvait s'entendre au moment où on veut cette électrification... on veut sortir de notre dépendance des énergies fossiles. Bon, là,
je... Alors, ça, c'est un vrai débat politique qui va animer, je pense, la présidentielle parce que la France, elle est très, très loin dans ses normes. On est le seul pays d'Europe à avoir imposé des interdictions louées. Le certificat, elle existe partout, mais on est le seul pays à dire on arrête de louer à partir d'un DPE qui est très aléatoire. Je rappelle que la note, elle change d'un diagnostiqueur à l'autre. Dans 70% des cas, c'est pas très fiable. Et ça va jusqu'à, vous le savez, monsieur, influer la valeur du bien. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui se retrouvent avec une valeur amoindrie de 20-30% de moins parce que le DPE tombe. et c'est F ou G. Donc on arrête avec ce délire socialiste, on assume clairement, on revient à un peu plus de liberté, on fait confiance, on poursuit... la trajectoire de rénovation, mais sans la coercition, parce que ça ne fonctionne plus, les Français ne réagissent plus à la coercition, ils arrêtent, ils se retirent, ils disent, moi, je ne veux plus d'ennuis, je vends, je récupère le capital et je l'investis ailleurs, ou je m'achète une résidence secondaire, parce qu'il y a ça aussi. D'ailleurs,
vous dites, je vends, mais rien qu'à Paris, 139 000 logements vacants.
J'aimerais qu'on ne parle pas toujours que de Paris, parce que c'est vrai qu'ici, on est à Paris, mais la situation, elle est grave aussi dans la ruralité. C'est pour ça que je dis rien qu'à Paris, donc j'imagine
la proportion ailleurs, mais je trouve que c'est le problème de la... des logements vacants. La dépréciation
du bien aussi, elle va encore plus loin, c'est-à-dire que les banques ne veulent plus financer des logements F ou G, c'est-à-dire que vous habitez à la campagne, vous avez une vieille ferme, vous voulez la vendre, elle est F ou G, avec des travaux de rénovation, vous avez tout un tas de banques qui ne voudront pas l'acheter. Donc vous vous dites, on allège le
DPE, et ça ne va plus être qu'un indicateur, mais ce ne sera plus... On revient à la situation
d'il y a 4 ans, et à mon sens, on n'était pas non plus au Moyen-Âge il y a 4 ans, et on poursuit la rénovation par l'incitation
pour
créer
l'offre. Oui, peut-être pour
essayer de recentrer le débat. autour de l'investissement locatif, puisque c'est votre question, monsieur. Je crois qu'il y a deux types d'investissements. Il y a ceux qui sont multipropriétaires, donc 25% des multipropriétaires détiennent 65% du marché privé. Et on remarque aujourd'hui que l'investissement locatif... pour avoir un appartement, un studio et en berne à cause des taux bancaires. On l'a vu au début de cette émission qui est presque à 3,6 ce mois-ci. Donc c'est un frein aussi, notamment sur les charges, notamment sur les prix de l'électricité. Et là où je crois qu'il y a une incohérence dans ce qu'a proposé le gouvernement en termes de réhabilitation des logements, c'est sur ma prime Rénov'. Depuis deux ans, le dispositif a changé 20 fois. Donc il y a aussi une incohérence de compréhension. Monsieur Falcon et son parti, eux, veulent supprimer la prime Rénov' et veulent faire un prêt à taux zéro pour les personnes qui souhaitent. Bon, ça reste quand même une dette et ça reste imputable à celui qui veut investir puisque c'est un prêt bancaire et donc c'est plus un investissement de l'État, chose avec laquelle on n'est évidemment pas d'accord. Donc c'est un frein à l'investissement. Nous, nous sommes favorables à ce que les gens puissent avoir un investissement locatif. peut-être 1 pour avoir la retraite, mais nous ne sommes pas favorables à ce que la multipropriété justement dérégule le marché, fait en sorte que les prix augmentent et fait en sorte qu'on ait des loyers toujours plus exponentiels puisque c'est ça aussi la difficulté. Et une contre-vérité qu'il y a ici, on dit souvent l'encadrement des loyers. empêche l'investissement locatif. C'est faux. Dans les villes où il n'y a pas l'encadrement des loyers, il n'y a plus d'investissement locatif. En raison des taux, en raison de la baisse de la construction, en raison d'énormément de facteurs qui sont liés notamment au prix de l'électricité et de l'énergie qui ont fait qu'augmenter et surtout au manque de pouvoir d'achat des gens.
-ce que je pourrais ajouter une chose ? On mélange beaucoup de choses. Nous, on fait vraiment la distinction entre le marché locatif et le marché de la transaction. C'est deux choses complètement différentes. Que le marché de la transaction bouge avec les taux, dans les années 90, il y a eu une crise immobilière qui était très grave, les taux étaient remontés et les prises étaient effondrées de 20 à 30 %. Nous, on ne veut pas intervenir là-dessus. Et le marché locatif, c'est autre chose. C'est l'offre qui permet aux étudiants de se loger, aux jeunes actifs de se loger, aux précaires de se loger. Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas, malheureusement, être propriétaire ou qui, tout simplement, n'ont pas envie d'être propriétaire pour tout un tas de raisons. Vous le disiez vous-même au début, tout est imbriqué,
c'est-à-dire que ces personnes qui ne peuvent pas acheter restent locataires et empêchent le marché d'évoluer. La
transaction résidence principale, ça, c'est un marché qui se régule tout seul, mais l'offre locative, elle a toujours bénéficié d'un soutien de l'État. L'État est toujours intervenu pour soutenir l'investissement. justement parce qu'il y a une vocation sociale derrière. Il faut absolument faire lever toutes ces contraintes. Je veux juste ajouter une précision sur ce qu'a dit ma collègue. Effectivement, on voudrait supprimer ma prime rénov' pour la remplacer par un prêt à tout zéro.
Il existe déjà, ça s'appelle l'éco-PTZ. Oui, non, mais c'est
pas... Nous, c'est universel, madame. C'est pour tout le monde, quels que soient les revenus, quelle que soit la zone, partout. Voilà, on ne catégorise pas les Français et les territoires. Je suis curieuse de savoir si les
banques accorderont des crédits à des gens qui ont la suivi. Je vais terminer. Parce que nous, on propose un pôle public bancaire. Je vais terminer.
Pourquoi le prêt ? Parce que quand vous financez des travaux, vous participez quand même à améliorer le bien. La valeur du bien, c'est-à-dire que l'État n'a pas vocation non plus à faire des chèques à tout le monde et à vous payer tous vos travaux. Donc on propose ce prêt original, in fine, qui est remboursable à terme. On ne va peut-être pas pouvoir entrer dans la technique, mais quand vous faites en général 20 000 euros de travaux dans une maison, vous savez, vous êtes agent immobilier, je l'étais aussi, vous valorisez davantage, il y a une plus-value. Il y a toujours une prime en France pour les travaux. Donc si vous avez une maison à 200 000 euros, vous faites 20 000 euros de travaux, la valeur sera plus de 220 000, ça sera peut-être 250 000. Donc à un moment donné, l'État veut bien vous aider avec un prêt à taux zéro, mais l'État ne peut pas... pas non plus vous prendre par la main et financer gratuitement tous vos travaux. Donc ça, c'est un changement de philosophie aussi qu'on propose. Après, je peux rentrer dans les modalités de 100% Rénov'. Il ne faudrait pas qu
'on rentre dans une émission d'experts. C'est une émission du public avec vous.
Je l'entends. Vous me
disiez, il n'y a pas que Paris. Oui, il n'y a pas que Paris, mais c'est la première ville qui mettra en place la surtaxe sur les logements vacants de 60% à partir du 1er janvier 2027. Ça ne va rien changer. Ça ne va rien changer. Ce n'est pas rédhibitoire d'avoir un logement vacant. Il y en a 139 000 en ce moment à Paris et donc la mairie adopte cette surtaxe.
30 %
de la valeur cadastrale du logement la première année, 60 % la deuxième année.
Ce chiffre est celui de la mairie de Paris, je le conteste. Vous prenez le chiffre de l'INSEE, c'est plutôt 1 %. Dans ces 130 000 logements... Paris communique là-dessus avec des grandes affiches dans Paris. Vous avez les résidences secondaires, les résidences... Enfin, ils mettent tout et n'importe quoi. Mais les logements réellement vacants...
Marie-Cœur de Roi, j'ai besoin de votre arbitrage. Si vous prenez
la déficient de l'INSEE des logements durablement vacants, c'est 1%, c'est les successions, c'est les travaux, c'est les ventes.
Alors, c'est vrai qu'effectivement, la mairie de Paris a tendance à mettre tout dans les logements sous-occupés. Mais c'est un sujet, les logements sous-occupés, y compris les logements vraiment vacants, les logements résidences secondaires, à savoir combien de temps ils sont occupés l'année, et le problème de la fiscalité. c'est qu'à ce jour, on a une fiscalité qui permet à des propriétaires, finalement, de payer moins en ne mettant personne dedans 90, voire 100% de l'année, plutôt que s'ils le mettaient à louer. Donc là, l'idée, c'est de dire, je ne dis pas que c'est bien ou que ce n'est pas bien, je dis juste que l'idée, l'esprit de la mairie de Paris, c'est de dire, si aujourd'hui, tu es plus fiscalisé quand tu le laisses vide que quand tu mets un locataire dedans ou que quand tu le vends, ça peut les inciter. Donc, ce n'est pas de la pure réquisition, c'est fiscalement, j'utilise l'arme fiscal. pour essayer d'orienter david
vous qui êtes agent immobilier à paris vous vous dites que ça va donner de l'air au marché
va libérer sûrement certains logements. La mairie parle de 20
000 biens qui reviendraient dans la location.
pense que ça peut aider certains biens à revenir à la location. Pas tous. Il y a des propriétaires qui sont, je dirais, un peu dégoûtés de la mise en location et qui ne mettront plus en location leurs biens, pour certains, et qui vont préférer les mettre en vente. Et d'autres qui étaient un peu en stand-by. Il y en a beaucoup qui attendent de voir leurs travaux, leurs notes de DPE, etc., qui sont un peu entre deux. Et peut-être que cette surtaxe les aidera à mettre en location.
Moi, je pense sincèrement que c'est quelque chose à observer. C'est-à-dire que se saisir de cette arme fiscale pour réorienter, plutôt que tout de suite dire réquisitionnons ou alors ultra-libérons le marché, pour le coup, je pense qu'il y a vraiment ce sujet de cette manière, grâce à la fiscalité, d'inciter les propriétaires bailleurs à investir ou à rester sur le marché et entretenir les biens. Le diagnostic de performance énergétique, il a eu le mérite de créer une valeur, une échelle de valeur, la valeur verte. Si demain, vous dites à tous les propriétaires bailleurs de Bonnefoy qui ont fait les travaux de rénovation, que finalement, il n'est plus opposable ce diagnostic, il n'a plus de valeur, c'est-à-dire que leur bien qui a été survalorisé par les travaux, il risque d'en perdre. Moi, j'ai peur de ces allers-retours sur la réglementation en matière de rénovation. Je voudrais qu'on donne la parole à Arthur,
parce qu'Arthur va pouvoir nous en parler. Oui, Arthur. Arthur, vous pouvez prendre un micro. Arthur, vous avez 34 ans. Alors, vous êtes locataire d'un studio sous les toits. qu'on appelle une bouilloire thermique aujourd'hui. Il a fait combien chez vous cet été ?
40.
Il a fait très chaud. Moi, je me souviens surtout de 37 degrés la nuit. Et autant le jour, je m'en arrange à peu près. Autant la nuit, quand on ne peut pas se rafraîchir, ça devient vraiment compliqué.
Vous avez fait comment
Je ne sais pas trop. Je m'allongeais par terre parce que j'ai du carrelage au sol.
dormiez sur le carrelage pour être au frais
Comme les
chats.
Les chats font ça aussi. Sinon, j'ai eu la chance de pouvoir partir, je crois, à la troisième canicule. Mon père m'a proposé de partir parce que lui non plus, il n'en pouvait plus. J'étais sur l'occasion.
Mais là, vous vous dites, vous êtes locataire, vous en avez parlé avec votre propriétaire ?
Non, j'avais d'autres soucis déjà. Ça faisait des années que j'avais des infiltrations parce que je suis vraiment... Là, on voit, c'est une photo de... Moi, c'est les deux dernières fenêtres au fond.
Bienvenue chez Arthur. Voilà.
Donc, en fait, quand il pleuvait, il pleuvait chez moi.
D'accord. C'est bien, vous profitez du temps extérieur. Quand il pleut chez vous, quand il fait chaud, c'était
un four. C'est vrai, je dors presque à la belle étoile. Donc, du coup, j'ai d'abord réglé ce problème-là qui m'a pris beaucoup de temps, beaucoup d'énergie, beaucoup de charge mentale. Il fallait rappeler
le propriétaire pour lui dire maintenant, il fait trop chaud.
c'est ça. Nos rapports ne sont pas forcément vus de cet incident-là. Chaque jour de son temps, j'ai géré la partie infiltration. Il y a eu des travaux, enfin. Et après, pour le DPE, je pense que je vais juste déménager.
Vous
songez à déménager
Oui.
Mais ça en dit long, son témoignage est hyper frappant, parce qu'au moment où on veut justement alléger les contraintes énergétiques, rallonger le calendrier de rénovation, puisque c'est ça qui est au programme, parce qu'on nous explique que mieux vaut dormir sous un toit un peu pourri que d'une part, on a vu tout cet été des gens dormir dans des parts. Je pense que vous
n'êtes pas honnête, parce que vous pouvez avoir un très bon DPE, on l'a vu cet été. et un DPEA, et dans 30 ou 40%... Non, mais ça, c'est votre argument, monsieur, à chaque fois, c'est la même chose. Vous allez dire, les logements sont rénovés et
ils sont mal rénovés. Même dans le
neuf. J'habite dans le sud de la France, j'ai la chance d'avoir la crime chez moi. J'ai un logement neuf, RE 2020, dernier cri. Quand il fait 45 dehors, on a fait le test, il fait 30 ou 35 à l'intérieur, même avec les dernières normes. Donc même avec les dernières normes d'isolation qui gardent la chaleur, parce que tout est fait pour garder la chaleur. Donc c'est génial en hiver. En hiver, normalement, quand c'est hyper isolé, il n'y a pas de sujet, vous consommez moins. Mais l'été, ça devient... infernale la chaleur reste enfermée donc il faut quand vous avez la chance d'avoir la climbe. Oui, mais bien sûr. Et il faut climatiser massivement, et c'est ce qu'on propose avec Marine Le Pen, un plan climatisation. Je ne vois pas comment on peut faire autrement. J'ai des exemples à Paris. Je prends toujours l'exemple de mon frère qui vit dans un immeuble ancien qui a été rénové. Il est DPEC, donc c'est génial pour l'ancien à Paris. C'est rare qu'on ait cette note-là. Il a dû quitter son appartement pendant deux mois parce que c'était incroyable. Le DPE ne suffit pas à... Quand le DPE a été mis en place, le confort d'été n'a
jamais été pris en compte dans la réhabilitation. des logements.
Justement, on se dit qu'il y aura un avant et un après cet été 2026. Pour les logements comme celui d'Arthur, pour un propriétaire, il vit sous les toits. Donc à un moment, le pape a beau être à Paris, il n'y aura pas de miracle pour ceux qui vivent sous les toits.
C'est l'horreur. J'ai vécu 15 ans sous les toits, je me suis tapé des canicules, il faisait 35 degrés chez moi.
Désolée, madame, mais je ne vous ai pas entendu.
Je n'ai
pas
entendu
votre question.
Ma question, elle est, on fait quoi pour ces logements-là ? J'ai l'exemple sous les yeux de Grégory Doucet, le maire de Lyon, qui vient de classer parmi les critères d'insalubrité la chaleur extrême en été d'un logement. Donc ça veut dire que l'appartement d'Arthur... On le retire du parc locatif, en fait ? Alors,
moi, déjà, je veux dire que cet été a été l'horreur pour les locataires et pour ceux qui vivent dans des logements trop chauds. Ça a des conséquences sanitaires, la chaleur. Ça multiplie par deux les risques de maladies cardiovasculaires. Et là où je m'inscris en faux de ce que dit M. Falcon, c'est de dire qu'aujourd'hui, le DPE ne rénove pas correctement. Parce qu'on n'a pas pensé à une chose, c'est-à-dire la réhabilitation des logements en cas de forte chaleur. Donc c'est une politique d'adaptation au changement climatique. Et pardon de dire, la clim ne va rien résoudre. Qu'est-ce qu'elle fait, la clim ? Évidemment, ça rafraîchit votre logement. Mais ça expulse quoi ? De l'air chaud. Donc ça rafraîchit les villes encore plus. Moi, je viens de Lyon, deuxième ville de France la plus chaude l'été. Et donc c'est invivable parce qu'il y a évidemment beaucoup de béton et dans les îlots de chaleur, ce sont souvent les grands ensembles, les quartiers populaires. Donc moi, je veux dire que la clim ne résout rien, qu'il faut réhabiliter les logements. Appelez le propriétaire d'Arthur pour lui dire. Malheureusement, on a une loi qui est présentée par le ministre du Logement en ce moment, qui prévoit justement de remettre sur le marché locatif les DPE G et F. Moi, je trouve ça inadmissible en raison de ce qu'ont vécu les gens cet été. Il y a des gens qui sont morts dans leur logement parce qu'il ne faisait trop chaud. Donc, soit on pense à une planification, c'est-à-dire à une politique d'adaptation au changement climatique, on a un investissement politique. public dans la réhabilitation de ces logements, que ce soit le parc privé, mais aussi le parc public, et on investit massivement. C'est ça, en fait, qu'il faut voir pour les prochaines années, parce que ça va aller de mal en pire.
Marie, moi, quand je les écoute, je me dis qu'on est dans la quadrature du cercle. C'est-à-dire que si on enlève les DPE, on va remettre sur le marché soit des passoires thermiques, soit des bouilloires thermiques, soit les deux, on aura froid en hiver, on aura trop chaud en été, et en même temps, si on met des DPE, on sort des milliers de biens du marché. En fait, c'est pour ça qu'il faut... Ou on met
le curseur. En fait, c'est pour ça qu'il faut arrêter les gros allers-retours. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le diagnostic de performance énergétique, il n'a rien sur le confort d'été. Vous avez un petit smiley, c'est bon, moyen, mauvais. Donc oui, c'est ça qu'il faut améliorer. Améliorer le diagnostic de performance énergétique. Mais bien sûr, mais il y a d'autres sujets. Par exemple, on voyait chez vous, le problème, c'est que même si votre propriétaire était de bonne foi, ce dont je doute, si visiblement ça fait des années qu'il pleut chez vous, il y a quand même un sujet autour des architectes des bâtiments de France, de la capacité en copropriété de pouvoir faire les bons travaux. Mettre des volets, c'est bête, mais quand même, ça aide. Mettre des volets, avoir une isolation correcte, c'est pareil. Les isolants utilisés dans le logement neuf, c'est intéressant de savoir quel type d'isolant. C'est peut-être un peu technique, mais en fonction des isolants, c'est tout pourri ou c'est vachement bien. Excusez
-moi, mais moi, j'habite à côté de l'Espagne. Vous savez, j'habite à côté de l'Espagne et les débats qu'on a ici aujourd'hui sur la climatisation leur paraissent mais complètement délirants, complètement obsolètes. Nous, tout ce qu'on veut, c'est améliorer le confort des logements des Français. Donc pouvoir mettre des
volets alors, si vous voulez. Oui,
mais bien sûr. Vous avez voté contre
en commission. Je vous
ai expliqué que les bâtiments de France refusaient. Contre les volets et contre les brasseurs
d'air. On ne veut
pas des brasseurs d'air, on ne veut pas des brasseurs d'air dans un toit, on veut la climatisation. Je
pense que monsieur serait content d'avoir un brasseur d'air.
Si je peux terminer. C'est très bien. Nous, on veut mieux que ça. On veut au moins la climatisation. Pour les logements anciens en centre-ville, vous avez raison, c'est un vrai problème avec les ABF. On a une réflexion des ingénieurs, avec des architectes pour pouvoir déployer massivement la climatisation dans les centres-villes sans faire n'importe quoi, sans tout dénaturer et que ça ne soit pas l'anarchie dans les copropriétés. Je ne vois pas comment on va faire autrement. On est très en retard. Quand vous prenez la carte de la surmortalité cet été, je l'ai dit en commission, vous étiez sans doute là, la surmortalité, elle est dans l'Ouest. et dans le nord de la France, là où il y a peu de climatisation par habitant dans les départements, et le sud s'en est plutôt bien sorti, entre guillemets, parce qu'on est déjà équipé. Ce que vous dites, c'est que la clim, elle a
sauvé des vies. On n'a
pas le choix.
Elle va devenir inévitable. Assez sincèrement, elle va devenir inévitable. Ça va être une pression sociale,
c'est-à-dire que, qu'on le veuille ou non, de façon idéologique, il y a des collègues, pour des raisons idéologiques, qui refusent la climatisation, mais ça va être une exigence sociale très forte. Lyon, on vivait une ville où c'est l'enfer l'été, il fait 40 degrés. Je ne sais pas comment vous allez faire, uniquement avec des volets, vous allez peut-être gagner tant mieux, mais vous n'arrivez pas à ce 20, 25 degrés.
Quand vous allez sur le terrain, en circonscription, quand vous êtes face aux électeurs, quand vous allez sur les marchés, Comment ils vous parlent de la clim, les gens ? Ils ne vous disent pas, mais il faut que vous bougiez sur ce sujet. Mais déjà, en fait, ils n'ont pas les moyens de la clim. J'ai craqué,
j'en ai acheté une de clim. Je suis désolée, les gens n'ont déjà pas les moyens de mettre la clim chez eux, premièrement. Deuxièmement, ça dépend si c'est un bailleur privé ou un bailleur public. Aujourd'hui, les gens, ce qu'ils veulent, c'est, à Lyon, on a un gros problème, il n'y a pas de volet, il n'y a pas de brasseur d'air. Et donc, il y a aussi une volonté pour les propriétaires bailleurs. privés et publics d'imposer tout ça. Puisque si votre logement, il n'est ni traversant, il n'a pas de brasseur d'air, il n'a pas de volet, c'est l'enfer. Donc il y a déjà une réhabilitation à ce niveau à faire. Et je pense que nous, on est dans une volonté de planification. C'est-à-dire qu'on constate que l'adaptation au changement climatique, il faut qu'on mette des politiques en place pour justement ne pas souffrir comme on a souffert cet été. Donc c'est-à-dire mettre en principe élémentaire ce que je viens de dire, volet, brasseur d'air, isolation, isolation thermique aussi. Et puis ensuite, on voit comment on arrive à faire en sorte de réhabiliter les logements qui sont déjà sur le marché, qui ne sont plus sur le marché pour d'autres parce qu'il n'y a pas assez de personnes. Il y a énormément de choses à faire et je pense que la question du logement, elle n'est pas juste unilatérale. Il y a plusieurs piliers et il faut engager une politique vraiment de rupture.
Il faut qu'on aborde aussi le sujet du mal-logement, qui fait aussi partie de cette crise. Avoir un toit au-dessus de la tête, c'est bien. Quand il pourrit, on fait quoi ? On a commencé à en avoir un aperçu avec Arthur. Je vous propose de regarder ce reportage à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Là-bas, le maire a pris un arrêté pour bloquer le paiement des loyers dans un immeuble HLM qui était rongé par l'humidité et les cafards. Thibaut Henoch.
Le 193 Avenue Jean Jaurès à Aubervilliers est un ensemble typique des cités ouvrières des années 30. Du dehors, rien n'a signalé, mais à l'intérieur, certains des 196 logements sont insalubres, rongés par l'humidité et les cafards. Cet habitant de 78 ans, sans eau chaude depuis un an, se lave à la casserole.
est abandonné complètement, c'est tout. On est abandonné. Et à partir du moment où vous réglez votre loyer convenablement, c'est fini. En plus, j'ai donné l'autorisation de prendre sur mon compte chaque mois. Je suis foutu maintenant.
expertise judiciaire a été demandée par la ville. Des études ont été réalisées en juillet et des travaux ont débuté dans quelques appartements. Le maire de la ville a pris un arrêté pour bloquer le paiement des loyers.
Ce n'est pas une fin en soi, la suspension des loyers, même hors charge. Ce que nous voulons, c'est une réhabilitation globale ici et des parties communes. et des logements pour que les locataires vivent dans les meilleures conditions parce que c'est leur droit. C'est ça qu'il faut avoir en tête. Et je rappelle que cette résidence n'a pas connu de travaux de réhabilitation depuis plus de 30 ans.
le gérant immobilier, seulement 6 logements sont concernés par ces problèmes.
Les travaux dans les 6 logements dont les loyers sont suspendus sont déjà terminés.
Début 2027, l'ensemble des fenêtres, la distribution d'eau, le chauffage et les salles de bain seront concernées par des travaux. Deux ans seront nécessaires pour venir à bout des cinq bâtiments.
pour cette affaire de logement insalubre. Il faut en arriver, Marie-Cœur de Roi, à ces solutions de suspension des loyers. On bloque le paiement, mais attention. La dame peut, évidemment,
quand même elle est prélevée tous les mois, elle peut stopper, elle appelle sa banque et puis elle stoppe le paiement. Après, c'est partout pareil. C'est-à-dire que vous avez des bailleurs sociaux, des bailleurs privés qui ne respectent pas la règle. Après, sur les bailleurs sociaux, je mets toujours un petit truc. Quand même, je pense qu'il faut mesurer pourquoi on a autant de demandes, aussi peu d'offres aujourd'hui et aussi peu d'entretiens aussi, parce qu'il y a encore malheureusement des bailleurs qui n'arrivent plus à entretenir. le parc HLM, il y a quand même une mesure qu'a mis en place le gouvernement depuis une petite dizaine d'années, depuis 2018, ce qui s'appelle la réduction du loyer de solidarité. Je vais vous faire le sketch parce que c'est un peu complexe, mais je vais essayer de simplifier. La réduction du loyer de solidarité, ça a l'air super sympa, mais en fait, ça ne l'est pas. C'est une baisse des APL pour les locataires du parc social. Donc vous dites que c'est très très méchant, mais pour que ce soit un dolore pour eux, qu'est-ce qu'ils ont demandé ? L'État a demandé aux bailleurs sociaux de baisser d'autant les loyers. Donc c'est vrai que c'est un dolore pour les locataires HLM. baisse de loyer. Mais ça équivaut à leur baisse d'APL. Ça veut dire quoi ? En cumulé sur deux mandats, ce sont... 10 milliards d'euros qui ont été récupérés de dépenses en moins pour l'État d'APL, mais du coup de frais supplémentaires ou en tout cas de manque de trésorerie pour les HLM. Et donc aujourd'hui, ils ne construisent pas, ils ne rénovent pas assez. Pourquoi ? Parce qu'aussi, on leur a retiré de l'argent. Et ça, il faut quand même le dire, parce que c'est un sujet. On ne peut pas s'étonner que la crise du logement soit ce qu'elle est aujourd'hui dans le privé comme dans le social et en même temps ponctionner 10 milliards d'euros au HLM depuis 2018.
Chacun son tour. Vos préconisations pour le logement social ? si votre candidat est élu à la présidentielle ?
La première chose, et je rejoins ce que vous avez dit, c'est évidemment, depuis des années, on a un désinvestissement de l'État sur la question de la compensation du gel des APL et de la baisse des APL de 5 euros en 2017. C'est 10 milliards d'euros en moins pour les bailleurs sociaux. Je suis allée au congrès de l'USH et j'ai rencontré la présidente qui m'a dit pour rénover le parc, nous avons besoin de 8,6 milliards d'euros. C'est un congrès qui vient de se tenir à Bordeaux. Tout à fait. Et donc, je crois qu'évidemment, on peut faire le calcul assez justement que... c'est un manque pour elles et eux pour réhabiliter le parc social bien sûr nous il ya la réhabilitation du parc social l'aide aux bailleurs sociaux et puis aussi la question de la construction de logements supplémentaires on y reviendra peut-être tout à l'heure mais je crois que vu du changement démographique de notre pays, des familles monoparentales, du vieillissement de la population et aussi la volonté pour nos aînés de rester chez elles et eux, on arrive dans une tension et donc il faut construire des logements. Et là où je crois qu'il faut aussi aller, c'est peut-être la question de la commande publique. Parce que le secteur du bâtiment, aujourd'hui, est en perdition. Il y a moins de commandes publiques parce que les collectivités territoriales ont moins de moyens. Donc ça, c'est le projet de loi de finances que M. Falcon vote. En tout cas, vous ne le censurez pas. Il n'y a pas eu de deal avec le PS. Vous êtes dans l'hémicycle. Vous voyez, toutes ces questions sont très liées. Il y a la question de la réhabilitation, de la construction et bien évidemment du soutien aux bailleurs sociaux.
Frédéric Falcon.
Déjà, pour ce qui est de la situation de traite résidence, c'est inacceptable. C'est un bailleur social, il a un agrément, il touche des aides, des subventions. Les bailleurs sociaux sont très aidés, ils sont exonérés de la taxe foncière, ils sont exonérés de l'impôt sur les sociétés. Je ne vais pas rentrer en détail. Je pense qu'il y a autant d'histoires que de villes. Oui, mais c'est inacceptable quand c'est un bailleur social. J'ai discuté encore hier avec un ami qui est locataire du parc social, qui a eu un problème, il n'a plus de soldes, ça fait trois mois, c'est la RIVP à Paris, ça traîne, ça traîne, on vous envoie des prestataires de prestataires. C'est très compliqué aujourd'hui quand vous avez un pépin dans un logement social pour qu'il se bouge et qu'il réalise des travaux. Donc ça, Oui, mais quand c'est du public, ça ne devrait pas se passer comme ça, parce que ça devrait être très cadré. Le public devrait être exemplaire. Vous faites
quoi ? Attendez, à
ma gauche, on a les défenseurs de l'USH et madame Koss, parce que c'est quasiment la même rhétorique que vous venez de développer. Pour le logement social, on a eu un discours avec Marine Le Pen à Enna Beaumont, on en a parlé il y a quelques jours sur votre plateau, qui est assez radical. Nous, on supprime la loi SRU. on instaure la priorité nationale, uniquement sur la nationalité, bien sûr, le seul critère, ça sera uniquement ça. Est-ce que vous êtes parvenu
à chiffrer cette mesure, d'ailleurs, à chiffrer le nombre de logements ? Il y a une
surreprésentation dans les attributions de 25% d'étrangers, donc voilà, on estime que... C
'est faux.
Et autre sujet, on vend... Déjà, c'est
14% de personnes... Ça, c'est les
chances. Et après, c'est les chances, quand vous déposez votre dossier, d'avoir un dossier accepté. Et après, vente d'une partie du parc social aux locataires en transport. transformant une partie des loyers en apports. Il ne s'agit pas de le faire n'importe où, n'importe comment, mais il faut absolument qu'une partie des locataires du parc social puisse devenir propriétaire de cette manière-là, parce
que
sinon, ils n'y arriveront pas, tout simplement. Après, on peut rentrer dans le détail, mais il y a des débats idéologiques là-dessus. À Paris, on refuse de façon idéologique la vente HLM.
Je comprends, parce que vos mairies ne respectent pas la loi SRU. Quand vous
vendez des HLM, quand vous vendez des logements en HLM, à des locataires, le produit de la vente rapporte des revenus. Il y a 10 000 ventes HLM par an sur 5 millions de logements. L'idée, c'est de monter à 40, 50, 60 000. Il n'y a pas assez
de logements sociaux à louer et vous, vous proposez de les vendre. Non, on
continue. Il y aura les deux. Il y aura à la fois la poursuite de la construction. Il y a un rythme de 100 000 constructions de logements sociaux par an. Il n'y a pas de souci, mais une partie sera également affectée à l'accession sociale à la propriété. Vous sortez une partie des locataires du parc existant vers l'accession sociale à la propriété, vous libérez des places. Donc vous
remettez l'AP à l'accession qui a été supprimée ? On n
'est pas contre, et je m'étais battu but pour le maintenir avec d'autres collègues. Et donc on passe d'une logique de stock à une logique de flux. Parce que sinon, on assigne les Français à résidence. Alors tout le monde ne pourra pas bien sûr devenir propriétaire. Je peux revenir sur ça, parce qu'il y a ça,
déjà. Déjà, je veux
juste dire une chose, c'est... c'est qu'il y a 70% des ménages français qui sont éligibles au parc public. Donc ça veut dire à des loyers qui sont encadrés, modérés. Donc ça, c'est la première chose. Je ne crois pas que, vu les taux bancaires auxquels nous avons le droit aujourd'hui, permettent un accès à la propriété facilité. Vous voulez supprimer la loi SRU. Depuis qu'elle a été créée, c'est un million de logements qui sont sortis de terre. Oui, mais pas grâce à vos mairies. Ça fait 40 000 par an. On n'a pas attendu la loi SRU. le fait qu'elle est hors la loi en ce qui concerne la loi SRU. Il n'y a plus de foncier,
madame. C'est vous qui voulez supprimer
la ZAN. Bien sûr qu'il y a du foncier, mais du coup, il faut réguler les prêts du foncier. La ZAN, c'est le zéro artificialisation nette. Mais vous n'êtes pas cohérent sur la loi SRU. Vous dites qu'il y a un problème de construction. dites qu'il y a un problème d'accès au logement et vous voulez faire en sorte qu'il n'y ait pas de logement accessible et abordable. La loi SRU, elle permet... Pardon de dire, mais... vos mairies ne respectent pas la loi SRU et fait payer aux contribuables les taxes et les amendes de la loi SRU. Mais comment ça se passait
avant 2000 ? Alors c'est bien parce qu'on a le débat sur le plateau de chaque voie-compte avant l'hémicycle. Ce qui est intéressant, c'est comment on a un débat de fond parce qu'on aurait aimé avoir un collègue de la majorité parce qu'ils ont quand même un bilan à défendre et ils esquivent mais au moins on n'est pas d'accord, on n'a pas la même vision. Vous esquivez vos propositions. Ah non, pas du tout, nous c'est très clair, on a deux visions extrêmement différentes mais au moins on a deux visions. Mais au centre, ça aurait été sympa d'avoir un collègue de la majorité qui puisse un peu rendre des comptes sur... parce que nous, on n'est pas au gouvernement, on n'est pas responsable quand même. Quand il
n'y a plus assez de logements, on finit aussi par inventer d'autres façons de se loger et c'est pour ça que je voulais donner la parole à Sarah. Bonsoir Sarah, vous êtes étudiante à Paris, vous avez 20 ans et vous vivez en colocation. Quel âge a votre coloc ?
94 ans.
94 ans. Je peux vous demander comment vous avez atterri chez elle ?
En fait, déjà, il faut savoir que je ne viens pas du tout de Paris. Je viens du centre de la France. Et une fois que j'ai obtenu mon bac en fin terminale, vient le moment, qu'est-ce qu'on fait après ? Et donc, vous l'avez compris, le centre de la France, c'est une petite ville, il n'y a pas beaucoup d'études post-bac. Et donc, j'ai été acceptée ici, à Paris. Et je me suis dit, pourquoi pas ? J'avais déjà entendu parler, entendu dire qu'il faut aussi prendre à l'avance au niveau du logement, mais je ne pensais pas que ça allait être aussi compliqué. Et j'avais foi au Crous, mais finalement un peu comme Maëlle, sans succès. Et pourtant j'ai beaucoup relancé, j'ai fait toutes les phases d'admission, mais à chaque fois sans succès. Je me suis retrouvée au début du mois de septembre sans logement. Là, de cette année ? Non, non, non, moi là je suis en troisième année, de ma première année, du coup sans logement. Et j'ai une tante qui a bien voulu m'héberger chez elle. Mais c'est vrai qu'au bout de quelques mois, ça commence à être un petit peu tendu parce que ce n'est pas chez moi. Il faut que je commence à trouver un logement. Et voilà, c'est pas méchant du tout, mais bon, c'est pas ma maison. Et voilà, cette pression de trouver un toit rapidement. Et comment vous arrivez à une
colocation intergénérationnelle ? Parce que c'est comme ça que ça s'appelle.
Bah c'est ça, j'y arrive. Cette pression, du coup, ça m'a... En fait, j'ai tenté partout, j'ai encore continué le Crous, encore sans succès, de particulier en particulier. Et j'ai un ami qui m'a... qui m'a parlé du coup d'une association qui s'appelle Ensemble de Génération, qui rallie des personnes âgées qui souffrent d'isolement ou qui ont une chambre à proposer pour un jeune, et des jeunes, des étudiants ou bien des jeunes travailleurs qui souffrent de précarité. Donc là, aujourd
'hui, vous êtes chez cette dame qui a 94 ans. Oui. Vous vous entendez bien, ça va ? Oui, on s'entend bien. C'est
super sympa. Et
alors, est-ce que vous lui payez un loyer
? Non, en fait, j'ai une somme symbolique tous les mois de 10 euros. J'ai une cotisation annuelle. On vous voit toutes les deux. Vous lui payez 10 euros par
mois ? Voilà, c'est ça. Et en échange ?
en échange, des services, une présence la nuit. le soir pour dîner avec elle. Bien sûr, j'ai des soirées de libre une fois par semaine. J'ai des week-ends de libre où je ne suis pas obligée de rentrer parce que voilà, elle peut s'occuper, elle a d'autres personnes qui s'occupent d'elle. Donc tout est bien encadré par un contrat de cohabitation intergénérationnelle. Donc on a vraiment été accompagnés de A à Z, notamment avec ma référente qui se trouve à ma droite, Géraldine Douté. Voilà, l'association, elle est très bienveillante et elle se situe, elle se soucie énormément du bien-être du jeune et de la senior pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'abus des deux côtés. Donc voilà, c'est super bien. On disait, on invente.
Oui, mais ça, c'est génial. En fait, ce système d'habitat intergénérationnel, ça fait quelques années qu'on en parle, c'est formidable et pour les jeunes, et c'est formidable pour les seniors. Il faut se rendre compte qu'aujourd'hui, vous n'avez pas de senior qui a envie de finir sa vie en EHPAD, qui plus est aujourd'hui. Et donc, pour rester chez soi, en fait, seul faire appel à des gens qui vont passer, là, on est en train aussi d'optimiser l'occupation des logements. Quand on dit que, par exemple, il y a beaucoup de seniors qui habitent des logements beaucoup trop grands pour eux, parce qu'ils ont perdu leurs compagnons, les enfants sont partis depuis longtemps, etc. Au lieu, peut-être... de leur retirer le logement, pourquoi ils n'abriteraient pas des gens qui cherchent ? C'est grand chez vous,
Sarah ? Je pense à peu près 70 mètres carrés. Donc
à deux, c'est...
12 pièces à Paris.
Alors j'ai ma chambre. Mais vous vous dites que c'est un vrai choix que vous avez fait ou vous le subissez quand même un peu ? Parce que dans l'idéal, vous auriez aimé avoir un petit studio au Cruz, voir une chambre à vous toute seule.
Au début, je me suis dit, avant de connaître ça, je me suis dit, c'est un peu... comme vous dites, subir la chose. Mais au final, on s'entend trop bien. Et puis, j'ai même hâte de rentrer le soir pour être avec elle. Vraiment, je suis trop contente de cette solution.
'est super touchant. Je trouve que c'est une bonne manière de voir l'évolution démographique de notre pays. D'un côté, on a une crise du logement et un manque de logement. Et d'un autre, on a aussi nos aînés qui souhaitent rester chez elles et chez eux, qui souhaitent continuer à être autonomes. Et vous l'avez évoqué, avec notamment les scandales qu'il y a pu avoir dans certains EHPAD, une peur aussi de partir de chez elles et chez eux. Et je trouve ce projet formidable, surtout que là, pour le coup, c'est encadré par une association. Il y a des choses qui sont... qui sont faites et à l'heure où la santé mentale des jeunes aussi c'est une question, que la santé mentale de nos aînés vis-à-vis de l'isolement c'est une question, je trouve que c'est un bon procédé et je pense que vous avez beaucoup à vous transmettre et que peut-être que tu apprends beaucoup et elle apprend beaucoup de toi. Frédéric Falcon, ça vous inspire ce genre d'initiatives,
d'expériences ? Nous, on est pour la liberté, donc que les Français s'organisent, trouvent des solutions pour cohabiter de façon intergénérationnelle, c'est très bien, il n'y a aucun problème. Mais ça n'enlève rien au fait qu'on manque de logements, qu'il faut en produire massivement.
Oui, et qu'on en arrive à des solutions comme celle-ci. En préparant cette émission, j'ai découvert
que... Je ne sais pas, ça peut généraliser à... Jamais
les Français n'ont été aussi nombreux à vivre en colocation. C'est-à-dire qu'à un moment, en fait, il n'y a plus le choix. parce que les petites surfaces, il n'y en a pas sur le marché, et là, je parle sous le contrôle du directeur de l'agence immobilière, mais 44 % des candidats à des colocs sont des actifs et la moitié d'entre eux sont en CDI. Vous le voyez, vous aussi, dans votre agence, David ? Prenez un micro.
a beaucoup de demandes de colocation, surtout aux rentrées étudiantes, et on a un manque cruel de propriétaires qui comprennent... Le besoin de la colocation, ils sont frileux parce qu'ils ne connaissent pas bien et en fait ils ont des a priori étudiants, soirées étudiantes. Donc c'est vrai que le bailleur privé et la colocation, il y a des appréhensions. Donc on essaye de les lever parce qu'en fait, bien qu'on loue en colocation et ceux qu'on gère, ça se passe parfaitement et souvent c'est des étudiants qui sont dans leurs études, dans leurs stages et qui restent généralement entre un an et trois ans et le propriétaire récupère facilement. son appartement après, sans problème.
Bon, vous savez, l'heure est déjà passée, on n'a pas eu le temps de parler des taux de crédit immobilier, on parle de 4% en 2027, c'est... Même d'ici
la fin de l'année, on prend les paris, Aline, allez, 3,9 à la fin de l'année.
a compris que c'est un des thèmes... sans trop de la campagne présidentielle qui commence, que la crise du logement, il va falloir un Big Bang dont les candidats vont devoir s'occuper aussi. Merci vraiment à tous les deux d'être venus ce soir sur le plateau de Chaque Voix Compte. Merci Marie-Cœur de Roy. Merci à vous, chers publics, d'avoir joué le jeu ce soir et à vous, chez vous, de nous avoir suivis. Cette émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. Vous la retrouvez aussi à tout moment sur lcp.fr. Passez une belle fin de semaine sur la 8 et à mardi 19h30 pour Chaque Voix Compte en direct. Bye bye.
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