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est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes vice-président du Rassemblement National, vous êtes député du Nord. D'abord retour sur Emmanuel Macron hier, qui dans le contexte international, on va évidemment y revenir, et quel est le rôle et quelle est la position du RN vis-à-vis notamment de la Russie, mais sur la question du prix du carburant pour la première fois. Alors un peu poussé dans ses retranchements, il finit par dire... qu'il faudra peut-être baisser les taxes. C'est bienvenu, j'imagine, pour vous.
Alors, est-ce que ça veut dire qu'Emmanuel Macron va se résoudre à appliquer le programme de Marine Le Pen ? Est-ce qu'Emmanuel Macron va venir sur les positions que nous défendons depuis si longtemps ? Puisque je rappelle que Marine Le Pen porte cette baisse de TVA sur les énergies depuis déjà plusieurs années. Et qu'Emmanuel Macron, en ne l'écoutant pas, en ne nous entendant pas, a perdu du temps. Marine Le Pen, elle avait anticipé la colère des Français, puisque ça fait cinq ans. En réalité, elle porte cette proposition. Donc, si Emmanuel Macron vient sur nos positions, nous en serons ravis, mais que de temps perdu. Mais je note que ce n'est pas ce qu'il a dit exactement. Alors, on n'y est pas encore.
Il dit qu'il faudra peut-être en arriver là, mais ça n'est pas son souhait. Et surtout, il rappelle que ça coûte très cher. Une baisse de 20 centimes, c'est 1 milliard d'euros pour les finances de l'État.
madame, mais les gestes que nous allons faire aujourd'hui, nous allons probablement les récupérer demain. Vous savez, lorsqu'une crise est courte, les Français n'ont pas le temps de changer leurs habitudes de consommation. Là, nous avons une crise qui est longue, qui s'installe, qui empire. Nous approchons, nous tutoyons bientôt les 3 euros du litre, que ce soit gasoil ou sans plomb. Et donc, dans ces cas-là, les Français changent leurs habitudes de consommation. C'est-à-dire qu'ils commencent à arbitrer entre aller conduire les gamins à l'école en prenant la voiture ou... pas l'utiliser, à sortir ou à faire des économies, à ne pas aller au cinéma ou au récent. Ils arbitrent. Et donc ça veut dire que c'est de la TVA qui va finir par entrer en moins dans les caisses de l'État. Et à partir du moment où l'État choisit de ne pas baisser, de façon pérenne en plus, évidemment cette TVA, et pas seulement la TVA mais aussi la TICP, enfin ce qu'on appelle l'assise, qu'on pourrait geler pendant les crises internationales, eh bien le gouvernement va se retrouver perdant sur tous les tableaux. c'est-à-dire chute de la consommation, baisse de rentrée de TVA dans les caisses. Donc nous nous disons depuis longtemps, et c'est ce que font les partenaires européens, quelles que soient les économies d'ailleurs des pays qui sont autour de nous, l'Espagne ou l'Allemagne n'ont pas exactement... Oui, de gauche comme de droite. Voilà, les mêmes économies, les mêmes dirigeants. Mais ils n'ont pas non
plus le même état de finances.
D'accord, enfin l'Allemagne on peut regarder, il y a quand même, c'est souvent un peu le modèle qu'on prend en exemple, ce sont des gens qui sont plutôt rigoureux dans leur façon de gérer. Les comptes publics, ils ont considéré que la baisse des taxes de la... La TVA de 20 à 5,5 en ce qui concerne la TVA en France était une solution. Le ministre de l
'économie ce matin précise un petit peu le calendrier et il repousse en effet l'échéance d'une baisse de taxes. Il dit ce sera en tout cas pas avant l'année prochaine. Il dit en attendant les aides ciblées, c'est vraiment le choix du gouvernement.
Mais les aides ciblées, vous l'avez bien vu, elles touchent finalement assez peu de Français. Même s'ils élargissent un peu, à la fin ça touchera. 14% des 40 millions d'automobilistes. Tous ne le demanderont même pas. Donc si vous voulez, on est sur des cycles et sur des nombres de Français touchés qui seront... tellement faibles par rapport aux besoins qu'il faut des politiques qui soient non seulement ambitieuses, mais pérennes. Si on avait des politiques qui étaient pérennes, cette baisse de TVA dans le temps qui était installée, ce serait des amortisseurs formidables par rapport aux crises géopolitiques. Je note aussi quand même que M. Macron et ses premiers ministres, M. Philippe en particulier, ont été les artisans de cette gabegie. Quand Edouard Philippe a augmenté la TICPE les premières années, ça a créé les gilets jaunes en réalité.
Globalement Emmanuel Macron d'ailleurs hier dit au fond il y a trois tiers dans le dérapage du déficit et de la dette. Il dit il y a une partie qui est en effet le quoi qu'il en coûte mais il assume. Il y a une partie qui est l'accompagnement des français dans les crises. Et il y a une partie qui est effectivement de ne pas avoir réussi à changer le modèle en quelque sorte. Et c'est sur cette seule partie là qu'il exprime un mea culpa.
Non mais Emmanuel Macron fait l'impasse sur les économies, les réformes. profondes dont notre État a besoin. La réalité, c'est que notre pays a besoin de réformes profondes, de revisiter évidemment sa fiscalité, mais également de redessiner des priorités budgétaires pour notre pays.
Mais vous, par exemple, si vous faites baisser les taxes et vous persistez à estimer que c'est la bonne solution, vous le redites ce matin, quand il dit une baisse de 20 centimes, c'est un milliard d'euros, ça veut dire qu'il faut trouver ce milliard ailleurs. Donc vous, vous faites quoi ? Bien sûr,
madame. Vous le trouvez où ? Et nous avons nous-mêmes validé le fait que c'était un coût de 14 milliards. d'euros au global. Mais nous avons évidemment, de l'autre côté, imaginé des recettes et des baisses de dépenses qui permettraient cela. Je vous donne un exemple. Évidemment, c'est le tabou suprême dans le monde politique français. On ne touche pas à la dépense sociale qui concerne les étrangers. Elle représente 25 milliards d'euros. Je vais même vous donner une chose très précise que j'apprenais la semaine dernière. Le nombre de nuitées en Ile-de-France pour héberger des étrangers, vous savez, dans les hôtels, type Formule 1, etc. C'est toujours la faute
des étrangers.
Non mais j'y viens, c'est une des sources en tous les cas. C'est quelque chose qui pèse beaucoup sur les finances publiques. C'est 1,6 milliard par an juste. Pour l'île de France, on se rend compte que ce sont quand même des priorités budgétaires qu'a l'État français que d'accueillir des bergers, de nourrir, de mettre un toit sur la tête à des gens qui viennent du bout du monde, que nous n'avons pas les moyens d'assumer. Il n'y a pas que ça. J'entendais Bruno Le Maire qui, après nous avoir insulté pendant des années quand on disait il faut faire baisser la contribution de la France à l'Union Européenne, dit finalement c'est peut-être une bonne idée. Donc à la fin, ils viennent tous sur ce que nous proposons. baisse de TVA, pourquoi pas, dit finalement le président de la République, baisse de la contribution à l'Union Européenne, pourquoi pas, dit Bruno Le Maire. Donc finalement, ces solutions que nous proposons, elles sont de bon sens, elles sont concrètes, elles sont applicables, elles ne sont pas pratiquées ailleurs, et ils nous ont fait perdre. énormément de temps, parce que quand bien même l'État aurait récupéré quelques dividendes, où les a-t-il utilisés ? Tous nos services publics sont exsangues. La réalité, c'est que la gestion des comptes publics par la Macronie en 10 ans, Philippe, Attal, Borne, Castex, Barnier, Bérou, tout ça sous l'autorité de Macron est une catastrophe pour notre pays.
Sébastien Chenu, on va parler aussi des conséquences en France, de la question de la colère, des manifestations aussi de la semaine prochaine, mais si on tire... j'allais dire presque le chemin géographique de tout ce problème-là, avec le pétrole. L'annonce hier d'Emmanuel Macron d'envoyer des moyens militaires pour protéger le port saoudien, qui est un site énergétique clé de la mer Rouge, pour permettre au pétrole de sortir de cette région. Le fait d'y aller militairement, est-ce que vous estimez que c'est une bonne chose et que c'est notre rôle ?
Moi je suis très réservé, on est très réservé sur ça. Alors évidemment, il faut trouver, et il y a d'autres moyens. moyen évidemment d'essayer de trouver, à travers notamment notre diplomatie, de trouver des voies pour sortir de ces conflits, qui sont des conflits. Mais le fait d'envoyer des militaires français en Arabie Saoudite, un pays avec lequel nous n'avons pas d'accord de défense. Nous avons des accords de défense, par exemple, avec les Émirats arabes unis. Donc il est normal, ou avec d'autres pays, vous avez raison. Nous avons des intérêts économiques avec quasiment le monde entier. Il y a des intérêts économiques français. Mais pourquoi on ne ferait pas un accord de défense avec eux ? Mais ils en ont déjà des accords de défense, notamment avec la... Turquie et le Pakistan. Donc la question c'est peut-être de leur demander... Pourquoi ne se tournent-ils pas vers leurs partenaires naturels, Turquie et Pakistan, pour se protéger, pour permettre d'ouvrir ce débat ? Quand vous dites, je ne
trouve pas que c'est une bonne idée, est-ce que ça veut dire que vous vous y opposez ? Vous ne souhaitez pas l'envoi ? Oui,
aujourd'hui, nous considérons que ce n'est pas la bonne idée, ce n'est pas la bonne voie. Il ne faut pas envoyer de militaire ? Non, il ne faut pas envoyer de militaire aujourd'hui dans cette zone de la planète.
Est-ce que vous iriez jusqu'à dire que ça nous entraîne dans une forme de co-belligérance ? Je recite Jean-Luc Mélenchon. qui hier réagit en disant des troupes en Arabie Saoudite, c'est s'installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l'Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution, il appelle à un vote et à ce que l'Assemblée dise non. C
'est en tous les cas nous engager dans une situation, dans un coin du monde où la situation n'est pas stabilisée. Et donc c'est prendre un certain nombre de risques que nous ne voulons pas prendre et que nous n'avons pas à prendre, encore une fois, parce que nous n'avons pas ces accords de défense qui... nous lie et qui font de l'Arabie Saoudite un partenaire. Est-ce que vous estimez qu'il faut qu'il y ait un vote ? Que l'Assemblée nationale
se prononce ? Oui,
mais à partir du moment où on n'a pas d'accord de défense, j'allais dire le vote est un peu superfétatoire. On pourrait considérer que si... Mais s'il y avait un vote, vous diriez non ? Mais s'il y avait un vote, on ne serait pas d'accord.
L'autre théâtre des opérations qui ont des conséquences sur évidemment les cours du pétrole, c'est la Russie et l'Ukraine. Emmanuel Macron qui hier a parlé de cette menace, il en avait parlé déjà vendredi lors de cette réunion où était présent Jordan Bardella, la nature. l'agressivité russe des menaces en Europe changent. Le tableau est sombre. Voilà ce que dit Emmanuel Macron. Comment est-ce que vous estimez que la réponse que doit être la réponse de la France ?
menace de la Russie, elle est multidimensionnelle, comme l'a dit Jordan Bardella, et elle est effectivement de plus en plus intense. C'est une réalité. Nous en avons bien conscience et nous ne sous-estimons pas, nous ne négligeons aucun des dangers dans aucun des conflits qu'il y a actuellement sur la France. planète. La menace russe, c'est une menace qui existe. Que faut-il faire ? Est-ce qu'il faut ne plus parler ? Elle existe cette
menace ? Non, parce que j'ai regardé les messages d'un membre de votre parti, Thierry Mariani, qui est député européen RN, qui je crois a toujours l'étiquette RN. Lui, il estime que c'est une diversion.
Écoutez, moi je pense que la menace, je le répète, c'était les propos de Jordan Bardella, et moi j'y souscris, elle a de multiples dimensions, et elle est intense. Non, non, mais ça j'ai bien compris votre position, j'ai d'ailleurs compris, je crois, celle de
Marine Le Pen, qui dit « Nous ne tolérerons jamais qu'une puissance étrangère, en l'occurrence la Russie, puisse espérer dicter directement ou indirectement la politique de notre pays par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique. » Mais alors, que faites-vous de Thierry Mariani ?
Écoutez, vous lui poserez la question, mais je
crois que... Mon problème, ce n'est pas de savoir ce qu'il pense, parce que lui, j'ai bien compris ce qu'il pensait Thierry Mariani. Mon problème, c'est de savoir ce que vous, vous pensez de Thierry Mariani.
Non, mais je pense qu'il fait erreur lorsqu'il dit qu'effectivement, c'est sous-estimé. Il ne dit pas que
c'est sous-estimé, il dit que c'est de la diversion.
Oui, alors je lui laisse ce propos parce que moi, je crois qu'il faut voir les choses telles qu'elles sont avec beaucoup de froideur. Il a une menace, elle a de multiples dimensions et il faut la prendre au sérieux. Une fois qu'on a dit ça, est-ce que ça veut dire qu'on ne parle plus aux Russes ? En fait, je vais vous
reposer la question. Thierry Mariani a-t-il encore sa place au RN ?
Oui, mais Thier Thierry Mariani est un patriote qui défend les intérêts de la France. Il a une appréciation. Il défend les
intérêts de la France ? Ah oui, je pense que
Thierry Mariani est un honnête patriote qui défend les intérêts de la France. Quand
il estime que qualifier la menace et prendre le temps hier de s'adresser aux Français pour leur dire que la menace est importante ou réunir, comme il l'a fait vendredi, les chefs de parti avec les services de renseignement, comme l'ont fait à peu près d'ailleurs tous les autres chefs d'État européens et les autres services de renseignement européens, c'est faire de la diversion.
Non, je crois que là où il est d'accord, et là où il nous rejoint, et là où il a évidemment sa place dans le combat patriote, c'est qu'il dit qu'il faut aller vers la paix. Et qu'en fait, la nécessité de prendre des initiatives de paix, dont nous voyons que la France, à laquelle la France n'est pas associée, et Trump associe assez peu la France aux initiatives de paix, et le président de la République, et on peut le regretter, car Marine Le Pen a fait des propositions en disant, il faut mettre, que ce soit dans le conflit Russie-Ukraine, ou que ce soit dans le conflit au Moyen-Orient, les parties prenantes. autour d'une même table, et c'est à la France de prendre ces initiatives parce que nous avons une position d'équidistance entre chacun, et bien je pense que cela, évidemment, nous y souscrivons tous.
Vous ne pensez pas parfois que Thierry Mariani est en quelque sorte partie prenante aussi d'une sorte de bienveillance au minimum vis-à-vis de la Russie ?
Non, je ne crois pas. Je pense que Thierry Mariani est guidé toujours par l'idée de savoir comment on arrive à la paix, comment on défend les intérêts de la France. Et je crois que la ligne que développent Marine Le Pen et Jordan Bardella est la bonne et sur celle sur laquelle nous sommes tous alignés. Ce matin,
Gabriel Attal dit que Marine Le Pen agit comme un proxy du régime du Kremlin depuis le début de cette guerre.
Il ne veut pas aider les Français. Gabriel Attal qui a fait exploser le déficit. Gabriel Attal qui nous a montré l'étendue de sa nullité pendant les six mois où elle était à Matignon. Heureusement qu'il n'a pas été là plus longtemps d'ailleurs. Il n'a pas beaucoup de leçons à donner. Gabriel Attal c'est vraiment l'empire de la fake news. Essayer de faire peur aux autres. Quand on a laissé une ardoise pareille, on s'abstient de commenter les autres. Nous ce que nous vous disons... Marine
Tondelier ce matin elle dit voter Marine Le Pen, c'est voter Poutine.
On s'enfonce. Non mais à un moment la situation est si grave, si... angoissante pour beaucoup de Français. Si on pouvait s'abstenir de déclarations de politique qui n'arriveront jamais aux responsabilités, Mme Tondelier ne va pas devenir présidente de la République demain. Donc elle peut raconter n'importe quoi. Elle peut s'y faire peur. Quelles solutions elle propose ? Nous, ce que nous proposons, et ce que Marine Le Pen propose par exemple, c'est qu'on mette les belligérants dans le conflit russo-ukrainien autour de la table. Pas uniquement d'ailleurs la France, mais aussi avec l'Allemagne, avec la Pologne, avec la Turquie, de prendre des initiatives qui vont vers la paix. Pourquoi ? parce que Marine Le Pen l'avait très bien dit il y a longtemps, où cette guerre, on fait entrer l'ONU dedans et c'est la troisième guerre mondiale, ou alors c'est la guerre de cent ans, on s'enlise et on n'en sort pas, et on a des conséquences que payent très chèrement les Français. Il y a une dernière option
pour obtenir aussi la paix, c'est d'obtenir une victoire de l'Ukraine. Or, dans le contexte actuel, Marine Le Pen a insisté hier, nous n'avons plus les moyens d'aider l'Ukraine, vous reconnaîtrez que ce... Ce serait aussi une des solutions pour sortir de cette guerre.
Ce que nous, on veut, c'est créer les conditions d'une négociation qui amène la paix. Et les négociations qui amènent la paix au bénéfice, évidemment, de l'Ukraine. Au bénéfice de l'Ukraine ? Bien sûr, au bénéfice de l'Ukraine, qui est le peuple agressé. Mais maintenant... C'est une utopie ? Non, ce n'est pas une utopie. Parce que Marine Le Pen a rappelé une chose. Nous soutenons l'Ukraine matériellement, financièrement, à travers la formation, à travers les engagements qui ont été passés, ce soutien. Il n'est pas remis en cause. Il coûte aujourd'hui aux Français 8 milliards d'euros. Même un peu plus si on ajoute la cote-part que la France prend via l'Union européenne. Si on ajoute la cote-part que la France prend via l'Union européenne, on en est à plus de 25 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine. Est-ce que demain, nous avons les moyens de faire de nouveaux chèques ou des prêts qui ne seraient pas ? Pas rembourser. La réponse est non. Et c'est même honnête de le dire à l'Ukraine. Si c'est pour balader l'Ukraine et Zelensky en lui disant « Vous pouvez attendre que nous déversions des milliards d'euros supplémentaires au-delà des engagements que nous avons pris et qui seront respectés, continuité de l'État républicain », eh bien, si c'est lui faire croire cela, c'est le tromper. Nous sommes des gens honnêtes. Nous disons la réalité. Nos efforts, nous les porterons vers la paix.
Sébastien Chenu, vous avez toujours dans le programme du RN de sortir du commandement intégré de l'OTAN ?
Oui, mais pas en période de conflit.
Donc ce ne serait pas le cas.
Pas en période de conflit, mais c'est toujours dans notre programme. Mais pas en période de conflit. Ça veut dire que
si Marine Le Pen arrivait au pouvoir au printemps prochain, elle ne sortirait pas immédiatement si les conflits perdurent. Mais quand on dit pas en période de conflit, c'est... C'est quel conflit ? De quel conflit on parle ? Il y aura toujours un conflit sur la planète, si je peux me permettre.
Pour l'instant, celui dans lequel nous sommes très partie prenante, nous ne sommes pas qu'au belligérant, mais nous sommes partie prenante, c'est le conflit russo-ukrainien dans lequel l'Ukraine a été agressée. Et donc nous considérons que tant que nous ne sommes pas arrivés à des solutions qui amènent vers la paix, au bénéfice évidemment de l'entité de l'Ukraine, et bien effectivement, nous n'allons pas sortir du commandement armé de l'OTAN pendant ce temps-là. Nous n'y avons pas renoncé, c'est toujours dans notre programme, tout comme est dans notre programme le fait que la France bénéficie uniquement de sa dissuasion nucléaire et de la stratégie de celle-ci. Quand j'entends le président de la République nous raconter qu'on va ouvrir un parapluie avec la Lituanie, on n'a pas bien compris ce qu'il voulait faire, on va sans arrêt apporter... Il n'a jamais dit que la Lituanie allait
appuyer sur le bouton nucléaire. D'accord,
mais on ne comprend pas bien ces histoires de partage de la dissuasion nucléaire. La dissuasion nucléaire, les Français l'ont payé, ce sont des choix politiques très forts. Elle appartient aux Français, à la France. Son outil appartient à la stratégie. Ce que vous voulez dire, c'est que vous ne voulez pas que potentiellement on
utilise l'arme atomique pour protéger les Lituaniens
tout cas, aujourd'hui, nous considérons que la stratégie qui doit être imaginée, elle est au bénéfice uniquement et dans les mains de la France. Mais je ne sais pas bien ce qu'on fait avec la Lituani. Si la
Pologne est attaquée... Et si la Pologne estime qu'il ne s'agit plus de provocation mais de véritable attaque, faut-il que la France soit en soutien ?
On verra, je crois qu'on n'en est pas là. Je ne me lance pas dans des politiques de fiction. Je vous le redis, parce qu'on en parle assez peu. prenons des initiatives pour essayer d'aller vers la paix, plutôt que d'imaginer des initiatives qui soient des initiatives d'escalade. Moi, je ne vois pas, et j'ai été déçu dans le discours d'Emmanuel Macron, vous me direz, ça c'est normal que je sois déçu d'Emmanuel Macron, comme 84% des Français qui sont déçus d'Emmanuel Macron dans les sondages aujourd'hui. Je considère que je n'entends pas un président de la République française qui prend des initiatives pour aller vers la paix. Et ça, ça me choque profondément. Parce que la guerre, c'est des morts. Parce que la guerre, ça nous coûte très cher. Parce que la guerre, ça abîme notre économie. Je l'ai dit pour commencer, ce sont des victimes, des civils aussi en Ukraine. Donc moi j'attends d'Emmanuel Macron et nous attendons d'Emmanuel Macron des initiatives fortes.
Sébastien Chenu, retour en France, mais tout est lié avec la question du budget. Est-ce qu'il y a un scénario dans lequel vous pourriez voter le budget ?
non, voter le budget n'est pas une possibilité. Quand j'entends hier le ministre du Travail nous dire qu'il va geler ou sous-indexer la prime d'activité qui touche 4 millions de foyers français, qui est à peu près de 183 euros la prime d'activité, qui touche 21% de familles monoparentales et qui est un encouragement à l'activité, au travail, et qu'ils sont comme pour les retraites dans l'idée de geler ou de sous-indexer un certain nombre de retraites à partir de petites retraites, à partir de 1260. Ils veulent déjà sous-indexer les retraites. Il ne faut pas compter sur nous pour voter un budget pareil. Alors,
voter non, mais est-ce que vous pourriez vous abstenir ?
Alors après, c'est autre chose. Ah non, c'est abstenir non. Non, on va voter contre un budget à partir du moment où il touche aux retraites, où il touche à la prime d'activité, où il touche aux abattements fiscales des retraités, où il
touche
aux APL. On n'est pas du tout en capacité de voter ce budget. Donc il n'y aura
pas d'abstention, vous voterez contre. Pour autant, vous n'irez pas jusqu'à censurer.
On attend de voir la feuille de route. Mais là, ce que je vois, je vous rappelle que le gel des APL, en tous les cas, ou la baisse des APL, je ne sais pas ce qu'ils feront exactement, c'est toujours très trouble. Ça nous ramène au début du premier quinquennat Macron, Edouard Philippe. Ils sont obsédés par l'idée de taper les aides au logement des Français. Donc nous, qui ne comptent pas sur nous pour aller faire les poches des retraités, des Français qui travaillent, des Français qui ont besoin de la société nationale. Je vous pose la question différemment. On a bien compris,
vous ne voterez pas pour, vous voterez contre. Pour autant, au moment où l'on se parle, envisagez-vous de le censurer ?
Ensuite, on verra, parce que le gouvernement aura plusieurs possibilités. Une loi spéciale, ce serait épouvantable. Pourquoi ? Parce qu'une loi spéciale, ça va nous enfermer. Ça veut dire que si demain, au mois de mai, le 2 mai, au soir du second tour, les Français choisissent que Marine Le Pen redresse le pays, si elle est bloquée par une loi spéciale, elle ne pourra pas changer ce budget. Nous, nous voulons faire évoluer ce budget. On ne veut pas réparer simplement les erreurs d'Emmanuel Macron. Nous avons besoin non seulement de faire des économies... mais aussi de mener d'autres politiques économiques, fiscales. et sociale au bénéfice des Français, et par conséquent, il nous faudra des marges de manœuvre. Donc, il vaut mieux, peut-être, comme l'a dit Marine Le Pen, un mauvais budget, qu'on peut changer, qu'on peut faire évoluer, qu'on peut radicalement, oui, changer, modifier, plutôt qu'effectivement, être enfermé dans un carcan budgétaire qui empêcherait tout changement, comme nous le souhaitons et comme les Français le souhaitent. Donc, l'enjeu, aujourd'hui, ce n'est plus la censure en tant que telle, c'est est-ce qu'on pourra changer la trajectoire budgétaire ? si on arrive aux responsabilités. C'est bien le but.
Merci beaucoup Sébastien Chenu d'avoir répondu à mes questions ce matin.
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