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sur MAV.fr La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
Et avec nos esprits libres du vendredi, Géraldine Wessner, journaliste et rédactrice en chef au Point, et Jean-Marie Colombani, que vous retrouverez demain à 8h dans l'émission Commentaires, qui a eu bien du mal à rejoindre notre studio ce matin, car évidemment nous sommes en direct tous les jours. Jean-Marie, la ville est quadrillée à cause de la venue du pain, vous pouvez en témoigner. Absolument,
j'ai découvert ce que c'est qu'un vrai quadrillage. Parce que vous partez dans une direction et on vous oblige à aller, je ne sais pas, un kilomètre plus loin. pour pouvoir remonter dans une autre direction tout ça avec un jeu de barrières les unes contre les autres les stations de métro sont certaines sont fermées enfin c'est impressionnant impressionnant alors on dira grand professionnalisme des forces de l'ordre certes mais voilà c'est absolument un labyrinthe
En tout cas, vous êtes là, mon cher Jean-Marie, et nous nous en réjouissons. Le pape, on en a parlé, on va parler de l'intervention du président de la République hier à la télévision. J'ai envie de vous demander ce que vous en avez retenu, Géraldine. On sent
une volonté en tout cas d'expliquer aux Français la hausse des prix des carburants, de contenir une colère qu'on sent monter dans l'opinion publique à un moment qui est complexe et au seuil d'une campagne présidentielle. En même temps, une tentative de justification que j'ai trouvée quand même assez exagérée. Justification des prix de l'essence ? Non, sur la dette. le bilan sur la... Mais finalement, cette dette, c'était un tiers le Covid, un tiers des dépenses d'avenir, et puis un tiers de réformes que je n'ai pas pu faire. Bon, la réalité des chiffres n'est pas exactement celle-ci.
Un tiers sur l'état-providence, en fait, c'est ça ce qu'il a voulu dire. C'est bien
plus d'un tiers, en fait, c'est beaucoup plus de la moitié. Simplement, les dépenses d'avenir, c'était... Vraiment, plan de relance plus la défense, même en additionnant large, on arrive au max 200 milliards d'euros, c'est... un cinquième de la dette. Je ne suis pas très bon
en finances publiques, mais j'ai trouvé cette justification assez intéressante. Cette dette, elle raconte quand même l'histoire des dix ans de son quinquennat qui ne sont pas faits que de dépenses inutiles.
Et puis surtout, l'argument fort sur le plan de la dette, c'est de dire qu'il est face à une demande de tout secteur qui souffre de la hausse du prix du pétrole, du coût de la pompe à essence. une demande de renouveau, de remettre en jeu ou en circuit tout ce qui... Je paye, j'indemnise, alors là ils font cibler mais quoi qu'il en coûte est la revendication générale du pays aujourd'hui. Tout en reprochant. Son argument de ce point de vue là est valable, consiste à dire mais le quoi qu'il en coûte était précisément à l'origine d'une part non négligeable de la dette, et donc je ne vais pas refaire de la dette aujourd'hui, donc comprenez que le quoi qu'il en coûte on ne peut plus le faire, et donc comprenez qu'il faut autre chose. Voilà, c'est son point fort, parce que c'est vrai que l'opinion ne l'a jamais crédité du quoi qu'il en coûte, mais ce quoi qu'il en coûte a eu lieu et a permis de traverser la période du Covid sans trop
de dommages. Vous avez parfois les mêmes qui réclamaient du quoi qu'il en coûte qui lui reprochent la dette. Bien sûr. Je veux dire, la presse est très versatile à ce niveau-là. Absolument,
mais de ce point de vue-là, sa défense, je veux dire, est légitime. Alors après, c'est vrai qu'on peut mettre à son débit les réformes qu'il n'a pas faites, et puis surtout son plaidoyer insisté. sur la dissolution et les motifs de la dissolution. Ça, ça ne passe pas. Personne n'y croit. En plus, la cause est entendue. De toute façon, les Français l'ont compris. C'est une erreur même
avant la dissolution. Certains disent qu'il aurait dû s'allier avec la droite dès sa réélection, sa deuxième élection, et choisir un Premier ministre LR et tenter de gouverner avec Renaissance et les LR, ce qu'il n'a pas fait.
Il y a quelque chose qui me gêne dans sa démarche-là. C'est que... exprimé de cette façon depuis deux ans et donc un président en pleine crise dans toutes les crises qui nous assaillent qu'il parle comme ça au compte gouttes Et de façon assez limitée, c'est étrange. Parce qu'on est quand même dans un univers où, comme il le faisait d'ailleurs au temps du Covid, on a besoin de prise de parole régulière, d'une pédagogie régulière, d'une alerte régulière. Ce qui fait que, voilà, on découvre tout d'un coup la menace russe. Mais la menace russe, pourquoi n'en a-t-il pas parlé chaque mois ou chaque cinq semaines ? Géraldine Boissner,
vous êtes d'accord sur le fait qu'on avait besoin d'entendre le président plus souvent ? Moi, j'ai ressenti très souvent une forme de saturation. interventions seules trop longues, émissions parfois d'échanges avec les journalistes assez peu regardées. Bref, il y en a un
qui est resté dans votre esprit.
Non, mais il y a l'art et la manière. Moi, je comprends l'intention de s'exprimer, mais je crains que ce soit encore à contre-emploi, parce qu'encore une fois, plus de la moitié de la dette, elle vient du déficit courant. Elle vient des réformes qu'il n'a pas faites et des impôts qu'il a baissées avant de réduire les dépenses. Donc intervenir comme ça pour dire j'ai tout bien fait et vous n'avez pas compris, parce que c'est encore ce qu'il a répété, je pense que c'est contre-productif.
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