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Hier, vous avez vivement réagi, après l'interview du président, où il a annoncé notamment l'envoi de moyens militaires, je le cite, en Arabie Saoudite pour protéger un site d'exportation saoudien. Ça veut dire qu'à vos yeux, il participe de l'escalade
? Ben, que voulez-vous que je dise d'autre ? Depuis quand envoyer des moyens matériels avec les gens qui les font fonctionner ? Et peut-être davantage, on n'en sait pas plus. On ne sait pas combien de gens ils veulent envoyer là-bas. Mais vous vous mettez sur un théâtre de guerre, parce que c'est un théâtre de guerre. les bases d'Arabie Saoudite et des pays voisins sont toutes bombardées. C'est d'ailleurs bien pour ça qu'ils demandent de l'aide. Donc nous, les Français, on irait là et on ferait quoi ? On dirait non, non, on est impliqués. Donc on se retrouve dans une situation à terme de belligérant. même si on ne veut pas. Je veux dire, même si on se raconte des histoires, on dit, vous voyez, nous, on vient avec des armes défensives, j'ai déjà entendu cette histoire, à dormir debout et te raconter, mais vous êtes là, vous êtes un détachement de l'armée française, vous prenez une ou deux bombes, vous faites quoi, rien ? Non, ça n'existe pas, ça. Vous répliquez. Ou alors on est devenus fous. Bon, donc on répliquera, on se retrouvera en situation de belligérant. La Constitution prévoit que lorsque notre pays engage... des moyens militaires il y faut un vote du parlement et c'est l'article 35 de la constitution c'est celui qui a servi notamment et en dernière limite à voter pour la première intervention dans la guerre du golfe donc je connais le sujet parce qu'à l'époque ce fut particulièrement douloureux pour moi j'ai voté contre donc je sais toutes les discussions que ça avait donné donc là on ne va pas devenir belligérant sans au moins en avoir parlé au parlement et on s'y opposera Voilà. Alors je suis conscient du fait que c'est une situation compliquée, parce que la France a des relations assez amicales et serrées avec l'Arabie saoudite. Mais encore une fois, tout est fait en dépit du bon sens. Parce que cet été, il y a eu des discussions au mois d'août, il y a eu des documents signés, personne ne sait ce qu'il y a dedans, on ne sait pas à quoi on s'est engagé, la commission de la défense n'en a pas parlé, et maintenant on vient nous annoncer qu'on va envoyer du monde avec le matériel. Quel genre de matériel pourrait-on avoir là-bas ? Évidemment, des missiles et une défense de la défense antiaérienne. Quoi d'autre sinon ? Ça n'en vaut pas la peine. Ce n'est pas des armements annexes, ce n'est pas des choses secondaires dans l'état de guerre dans lequel se trouvent l'Arabie Saoudite et les autres pays du Golfe. Voilà pourquoi je crois qu'il est nécessaire que le Parlement délibère. Et vous voyez, souvent on dit « Ah bon oui, mais ça fait bien des histoires ». Oui, il faut que ça fasse des histoires. Quand nous avons décidé, quand le président Hollande a décidé qu'on intervenait au Mali, c'était une décision qu'il fallait prendre tout soudain. Bon ! On comprend, parce qu'une opération était engagée, on voulait... Bon, bref, ça s'est fait. Aussitôt, j'ai fait partie de ceux qui ont dit, maintenant, il faut discuter tout de suite de quand est-ce qu'on repart et dans quelles conditions. Bon, ah non, mais ça, c'était plus pressé. Résultat, nous sommes restés 9 ans au Mali et on a voté une fois. Et ça se termine par un fiasco total. Donc, il faut être très attentif au fait que les situations de guerre sont redevenues des choses sérieuses, qui engagent... souvent le destin des pays. Se mettre en guerre en Arabie Saoudite, c'est se mettre en guerre contre l'Iran. Parce que c'est là qu'est le problème. Vous voyez, déjà rien que de le dire, ça change un peu l'allure du truc. Il ne s'agit pas seulement d'être en Arabie Saoudite, il s'agit de s'organiser face à... Pourquoi on ferait ça ? Cette guerre est absolument illégitime. La guerre contre l'Iran est totalement illégitime. Il n'y a aucun mandat international. Et nous, on va se trouver un bringué là-dedans. Bon, déjà, je vous avais dit ce que je pensais de l'envoyer le porte-avions. C'était d'autant plus ridicule qu'on y allait, paraît-il, pour libérer le détroit d'Hormuz. Qui c'est qui bouchait le détroit d'Hormuz ? Nous. Alors, tout ça ne tenait pas debout. Là, je trouve que ça va un peu plus loin. Le président s'engage, et je trouve qu'il le fait un peu à la hussarde. Mais nous allons voir, peut-être qu'il va se décider à consulter le Parlement sur la question. Mais s'il ne le fait pas, il ne faut pas qu'il s'attende à avoir des compliments. Donc là, l'argument du défensif, il ne tient pas, selon vous, on est bien d'accord. Quand il parle du défensif, quoi, d'y aller en... Bien sûr que non. Mais encore une fois, imaginez-vous la situation. On va installer une batterie, ou deux, ou trois, de missiles, et on va forcément prendre un coup. Par définition, les autres, c'est ce qu'ils font. Ils tirent sur l'Arabie Saoudite pour arrêter ça, abattre ses capacités de défense. Par la force des choses, nous serons frappés. Alors ? Qu'est-ce qu'on va faire à ce moment-là ? C'est pourquoi l'argument de la position défensive n'a pas de sens. Et d'abord, ce pays se trouve en état d'avoir à se défendre parce qu'il est lui-même impliqué dans une guerre qui n'est pas la nôtre, qui ne nous concerne pas au point d'aller nous risquer à y mettre les doigts et les bras. Voilà.
Sur la réponse du gouvernement, sur les aides ciblées que le gouvernement a annoncées, la prolongation des aides ciblées, notamment sur la prime des gros rouleurs, le doublement de cette prime-là. Ah, d'accord. Hier, Emmanuel Macron a dit que la réponse du gouvernement était proportionnée, mais que la baisse des taxes n'était pas un tabou, que ça pouvait intervenir si jamais la situation devait empirer. Vous l'appelez une nouvelle fois, là, baisser les taxes, bloquer les prix le plus possible ? Non, non, c'est
pas pareil. Il faut du discernement dans les mesures. Bon, d'abord, ça prime ou rien, c'est à peu près pareil, compte tenu du niveau auquel ça se situe. Je crois que c'est 33 euros dans un mois. Si vous êtes, comme il dit, un gros rouleur, 33 euros dans un mois, c'est pas mal pour se faire un petit chapeau sur la tête, mais c'est tout. Donc c'est pas sérieux. Et deuxièmement, la solution, c'est pas les taxes. Je vous demande de réfléchir au caractère trompeur de cette affaire. Les taxes n'ont jamais empêché les prix d'augmenter. Donc si vous réduisez les taxes, vous allez les réduire de combien ? Non, c'est un ensemble de mesures. Il faut d'abord bloquer les prix. Et puis si on voulait faire les choses comme on les faisait à l'époque où l'État fixait les prix d'absolument tout, c'est-à-dire les années de Gaulle, quoi, il faudrait dire le prix. Et le prix auquel nous voudrions qu'on bloque, c'est 1,70. Et une fois qu'on a bloqué 1,70, on dit, ben, vous prendrez sur vos marges. de raffinerie vous prendrez sur vos marges à la production et à l'extraction c'est à eux de se débrouiller mais enfin on nous dit total et français alors ça sert à quoi d'être français si c'est pas pour aider la france quand elle va mal à la fin on finit par se demander de dans quel monde on vit et puis vous savez il ya des pays qui mettent le litre à 1 euro en chine alors bon c'est pas qu'ils aient du pétrole précisément ils en ont pas alors c'est qu'ils se sont organisés Vous voyez, on vend des stocks, on stocke, on... Bref, il y a toutes sortes de mesures. Mais pour ce qui concerne les prix, il faut fixer le prix et bloquer les marges. Parce que c'est toujours par là que vient l'augmentation. Et je vous prie de réfléchir aux chiffres. Les marges, c'est 7 fois et demi ce qu'elles étaient au début de la guerre. Alors ça s'appelle quand même profiter de la crise. Les marges ne sont pas restées ce qu'elles étaient avant. Pourquoi ? Elles étaient insuffisantes. Ils ont profité de la difficulté à acquérir le pétrole. Point. Ça s'appelle profiteur de crise, ça. Voilà.
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