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Saint-Père, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités, c'est pour la République française un grand honneur et aussi une grande joie que de vous accueillir aujourd'hui sur notre salle. Un grand honneur et une grande joie en ce que, confronté souvent au spectacle des misères du monde, beaucoup de nos compatriotes ressentent avec votre visite en France une espérance. Oui, comme il est dit dans l'Ecclésiaste, il ne faut pas s'attrister comme ceux qui n'ont pas d'espérance et c'est un sentiment, je le sais, que vous partagez. Vous voici. 18 mois après le commencement de votre pontificat. Et vous voici pour un temps long que vous nous offrez et qui nous touche. C'est ici que débute ce chemin de foi, si j'ose dire, qui va vous mener du cœur de Paris à Notre-Dame, de l'Elysée à l'UNESCO, de la place de la Concorde à Saint-Denis, du Stade de France à la Maison Bakhita, de Lourdes, ville de Bernadette-Soubirous, à Metz, carrefour des mémoires chrétiennes de notre Europe. Autant d'étapes qui disent votre lien personnel avec notre pays. Très Saint-Père, nous sommes fiers de vos racines normandes, et vous verrez que nous avons même trouvé des racines béarnaises et bigourdaines. Autant d'étapes, comme autant d'épisodes qui racontent aussi cette histoire si particulière qui lie le christianisme à notre pays. Histoire deux fois millénaire dont témoignent ces paysages de France, parsemés de cathédrales, basiliques, églises, monuments venus du fond des âges, inestimables dons de ceux qui nous ont précédés et qui se faisaient de notre pays une certaine idée. Il fut long. Ce temps où la religion chrétienne, ambitieuse d'être l'architecte de l'universel, guidait nos ancêtres à tailler la pierre afin de laisser inscrite dans la chaîne des temps la trace visible de leur idéal. Croire, c'est créer. Et c'est au nom de cet héritage que nous avons œuvré Après le terrible incendie de Notre-Dame de Paris, pour qu'elle puisse être rebâtie en cinq ans et rendue non seulement aux catholiques, mais à tous les Français et au-delà encore au monde entier. Et tant de talents, d'artisans, d'apprentis, de bénévoles s'y sont donnés avec cette espérance chevillée au cœur. Car Notre-Dame est une part de nous, un emblème de cette volonté si française d'offrir au monde toutes les beautés que peut engendrer l'esprit humain dès lors qu'il est mu par un idéal de fraternité universelle. Oui, cette histoire deux fois millénaire a créé un lien singulier entre la France et l'Église catholique. Et lorsque la République décida, il y a un peu plus de 120 ans, de la séparation entre l'Église et l'État, elle donna forme à une laïcité française qui n'est nullement la négation de la religion. La République se fait un devoir de permettre à chacune et à chacun en conscience de penser et d'exprimer son point de vue dans toutes les sphères de son existence, de croire ou de ne pas croire, dans l'intimité comme dans la sphère publique, à condition d'en respecter les lois. C'est dans ce cadre très Saint-Père que vous solliciterez la conscience de tous les Français qui s'associent en pensée et en action à ce que vous représentez. A eux, à tous ceux qui, en France comme ailleurs, sont attentifs à ce que vous avez à dire au monde, et je m'en réjouis. La République veille aussi. Depuis 15 ans, les actes commis à l'encontre de personnes ou de biens en raison de leur religion ont malheureusement connu une recrudescence. Et ces insupportables démonstrations d'intolérance frappent la religion chrétienne au cœur. Les communautés juives et musulmanes en sont aussi victimes. Et c'est un combat essentiel que nous menons et mènerons pour protéger les lieux de culte, continuer de former les esprits à la tolérance, en même temps que nous encourageons le dialogue interreligieux si vivant dans notre pays. La quête de la paix... sur tous les fronts, est une nécessité existentielle. Et il n'est pas un catholique qui ne puisse être sensible à ce combat pour le bien commun. Et j'ajouterai, pas un juif, pas un musulman, pas un protestant, ni un orthodoxe ou un bouddhiste. Il n'est personne en France, croyant ou non, qui puisse refuser de faire sienne cette quête. La paix est aussi cet horizon pour lequel nous oeuvrons ensemble. Vous avez placé les premiers mois de votre pontificat sous le signe d'une paix désarmée et désarmante. Exigence qui prend une force particulière alors que la guerre meurtrit notre continent. et que partout, tensions et conflits ressurgissent. Exigence qui rappelle aussi que la paix est davantage que le silence des armes et qu'elle suppose justice, sécurité, respect des droits de l'homme, souveraineté des nations et droits des peuples à disposer d'eux-mêmes. Et plus fondamentalement, la capacité à reconnaître l'autre pour ce qu'il entend être. La France se tient du côté de la paix, du multilatéralisme d'action, du respect du droit international et de la charte des Nations unies. Et nous nous y tenons partout, sans double standard, avec cohérence et constance, car une vie vaut une vie et tous les peuples sont à défendre. Ce combat pour la paix est inséparable de celui pour la dignité humaine et la lutte contre les injustices. Partout, ce sont toujours les plus fragiles qui paient le prix des crises et des conflits, qui contraignent tant de femmes et d'hommes à fuir leur pays. A la maison Bakhita, vous rencontrerez celles et ceux qui accueillent les exilés, les plus pauvres, les plus isolés. Là encore, la République et l'Église croisent souvent les mêmes visages. Le visage de ceux qu'il nous faut voir en face, le visage de ceux dont la voix peine à porter, de ceux qui nous rappellent l'exigence de fraternité, celle la même qui fait de l'autre son frère en République, cette attention que nous devons aux plus fragiles. Et je veux saluer ici l'engagement quotidien. de tant de Français, de bénévoles, d'associations, et notamment chrétiennes, qui servent quotidiennement leurs prochains. Leur dévouement, leur solidarité disent un formidable élan d'espoir, comme je veux saluer l'engagement de tous ceux qui contribuent à l'éducation de nos enfants, qu'il s'agisse de l'enseignement public ou de l'enseignement privé dans notre pays. Tous sont aussi au service de la défense du bien commun que nous partageons par-delà les frontières. Notre planète est le vivant. C'est pour cela que la France a porté l'accord de Paris il y a 11 ans et s'est battue pour obtenir l'accord sur les océans l'année dernière. C'est pour cela aussi que nous continuons de défendre le pacte de Paris pour les peuples et la planète, afin que nul pays n'ait à retarder sa transition faute de moyens, ni à choisir entre son développement et la préservation de la planète et du vivant. Climat et biodiversité irriguent les choix de notre siècle. L'Église catholique, avec le pape François, puis avec vous-même, l'a toujours rappelé sans ambiguïté. Nous vous en rendons grâce. Ce n'est pas seulement affaire de technologies ou d'ajustements. Cela relève notre manière d'habiter le monde, d'y produire, de consommer, de concevoir ensemble la voie du progrès humain. Telle est notre responsabilité commune. Et elle ne s'arrête pas là. Les ruptures technologiques de notre époque risquent d'engendrer des ruptures anthropologiques inédites. L'être humain ne doit pas être lié par le numérique, mais libéré. Question vertigineuse pour notre génération, parce qu'elle touche non seulement à ce que nous faisons, mais plus encore à l'essentiel, à ce que nous sommes. L'intelligence artificielle bouleverse déjà le travail, la création, la recherche, l'éducation, l'information, le lien social. Elle décuple nos capacités mais substitue la prédiction au jugement, la performance à la conscience et nous conduit à déléguer une part de notre liberté. Dès les premiers mois de votre pontificat, vous lui avez consacré l'encyclique Magnifica Humanitas. Et ce message est essentiel. Face à la puissance de la machinerie numérique, l'être humain doit garder la place qui est la sienne. L'intelligence artificielle doit être un serviteur et non un maître. La révolution numérique doit entraîner et non enchaîner. La responsabilité nous revient donc de ne pas permettre que les modèles les plus performants ne se retrouvent entre quelques mains qui auraient à décider pour toute l'humanité, ni que ces avancées les plus exponentielles ne nous conduisent à perdre le contrôle. C'est pour cela que nous devons trouver la voie d'une organisation internationale réconciliant progrès technologique, justice et humanisme. De la même manière, comme nous sommes en train de le faire pour les réseaux sociaux, il nous faut protéger nos enfants et accompagner nos adolescents. Leur développement affectif et cognitif suppose en effet de les protéger pour pouvoir transmettre et les préparer à la vie. L'apprentissage, les arts et la culture, le sport et le temps avec les autres sont des trésors à leur donner et à protéger des écrans, des algorithmes comme des chatbox. Protéger nos enfants, accompagner notre jeunesse dans ses interrogations et accueillir son besoin de sens et son engagement sont nos plus beaux devoirs. La veillée des jeunes que vous présiderez au Stade de France aura une force toute particulière. Des milliers de jeunes y seront, en demande d'une parole de responsabilité et de lucide espérance. Leur soif d'engagement dit toute leur vitalité. Ils ne demandent pas qu'on leur promette un monde facile, ils demandent à pouvoir bâtir un monde meilleur. Très Saint-Père. Lors de votre visite, vous allez rencontrer la France, pays de la diversité, comme le disait l'un de nos plus grands historiens, Fernand Braudel. Et c'est précisément parce qu'elle est patrie de liberté et d'esprit que la France est diverse, nation qui nourrit une passion particulière pour le débat permanent. Ainsi faut-il la considérer pour bien l'aimer. Les grands débats sociaux et sociétaux de ces dernières années en attestent, l'éthique est l'un de nos grands sujets français. Où est la frontière entre le bien et le mal ? Comment concilier les progrès technologiques, notre conscience, notre attachement à la dignité humaine ? Ainsi sommes-nous attentifs toujours à toutes les réponses qui peuvent être apportées à ces questions fondamentales. Et soyez assurés très sympaires que tous les Français, moi le premier, vous écouteront avec le plus grand intérêt. Je veux vous redire mon attachement à cette écoute qui a pour vocation de nourrir un dialogue exigeant avec l'Église catholique comme avec tous les autres cultes, avec les croyants comme avec les non-croyants, avec toutes les traditions philosophiques et humanistes qui font notre pays. parce que la République ne craint pas les consciences libres, parce que notre nation est forte du dialogue nécessaire entre toutes les opinions, en demeurant fidèle à notre humanisme, notre attachement à la dignité humaine, en fondant nos décisions sur la science tout en veillant aux plus fragiles. Très Saint-Père, je forme le vœu que ces quelques jours vous permettent de rencontrer la France dans toute sa vérité. ses forces, sa diversité, ses débats. Une France empreinte de spiritualité et cherchant toujours l'universel. Une France émancipée, attachée à son projet de liberté, d'égalité et de fraternité, diverse et unie. Une France engagée, sensible à votre présence et dont vous sentirez la ferveur. Très Saint-Père, c'est cette France qui vous reçoit aujourd'hui avec beaucoup d'humilité, avec beaucoup d'honneur et une très grande joie. le bienvenu.
A présent, veuillez suivre l'allocution de sa sainteté le pape, Léon XIV.
le président, distingués autorités, membres des codes diplomatiques, mesdames et messieurs, c'est pour moi une grande joie d'être parmi vous aujourd'hui. Je vous suis particulièrement reconnaissant, Monsieur le Président, de votre cordiale invitation à venir visiter la France et je vous remercie des paroles de bienvenue que vous venez de m'adresser. À travers vous, je salue aussi tous ceux et celles qui habitent ce pays au vaste patrimoine, moine, culturel et religieux. Ils forment ensemble un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique et enrichir l'art de vivre ensemble. Je tiens également à vous assurer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, que la France est très souvent au cœur de la prière du Pape. qui n'oubliez pas ses origines familiales normandes et bernaises. Ma visite en France commence par la capitale de votre pays, Paris, souvent désignée comme la ville d'Humière. Depuis des siècles, la France brille comme un phare culturel, artistique et spirituel, mais aussi dans le monde. Forte de ses écoles cathédrales, de ses universités, de ses académies, l'use essentielle des recherches de la vérité, la France a contribué à forger l'intelligence des populations, bien au-delà de ses frontières. L'illumination des esprits d'exception français qui étaient en même temps du grand catholique, soulignent combien des sciences, les arts, la littérature, la philosophie peuvent concourir au bien de l'humanité dès lors qu'ils sont orientés vers la recherche du beau, du bien et du vrai, afin que le monde ait la vie. Le savoir-faire français est synonyme d'excellence dans de nombreux domaines. Il s'est notamment illustré de manière remarquable dans le vaste chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Aucun nombre d'institutions, tant privées que publiques, ont, dès les débuts, participé. Et à laquelle vous avez, Monsieur le Président, réservé une attention particulière. Je vous remercie. Je salue avec reconnaissance tous les artisans et corps des métiers qui s'y sont investis. La récente ouverture de la cathédrale à la célébration du culte divin, comme aux visiteurs du monde entier, n'est pas seulement le coronement d'une prouesse technique, mais le symbole d'une espérance retrouvée. La preuve que ce que l'on croyait détruit à jamais pourrait naître grâce à la collaboration de chacun est le témoignage d'une unité réalisée dans l'effort commun. Un si bel accomplissement doit inspirer à tous les acteurs de la vie politique, sociale et religieuse du pays une nouvelle élam pour ouvrir sans cesse un esprit d'unité avec la force d'une vivante espérance. La France est aussi une terre aux riches racines chrétiennes. Depuis Saint-Irénée et le baptême de Clovis, l'âme de votre patrie s'est déployée en puissant dans le christianisme, une génie spirituelle, culturelle, intellectuelle, artistique et missionnaire qui rayonne aujourd'hui à travers le monde. C'est ainsi que, dans la France du XVIe siècle, s'est épanoui l'humanisme qui cherchait à unifier l'héritage gréco-romain et la foi chrétienne. Au célèbre pensée de la Renaissance, puis du Grand siècle, feront suite ceux des Lumières, la France apportant alors un monde de véritables conquêtes. Parmi elles, la reconnaissance des droits de l'homme inscrits dans la nature de la personne humaine, en particulier la liberté religieuse. Cette attention permanente à la dignité inhérente à toute personne humaine trouve un écho dans votre devise nationale. La liberté, l'égalité et la fraternité. ne sont pas des simples mots gravés sur les frontons de vos édifices publics, mais renvoient à des exigences éthiques universelles qui trouvent aussi dans le message évangélique une source inépuisable d'inspiration et d'accomplissement. La Déclaration universelle des droits de l'homme, qui fut proclamée dans cette ville de Paris, où le juriste français et prix Nobel de la paix René Cassin jouant un rôle de premier plan dans son élaboration a eu pour but de créer une conscience générale de la dignité inaliénable de la personne humaine. Sainte Jean-Paul II qui considérait ce document comme une véritable pierre militaire sur le chemin du progrès moral de l'humanité, avait conscience que toute menace contre les droits humains, aussi bien dans le cadre des biens matériels que dans celui des biens spirituels, est également dangereuse pour la paix. car elle touche toujours l'homme dans son intégralité. La question du respect de la dignité humaine et des droits et libertés fondamentaux qui dérivent de la nature humaine suppose à toute époque et doit accompagner les évolutions de la société et du progrès technique. En effet, au fil des siècles... Le développement technologique a contribué à une amélioration significative des conditions de vie de l'humanité. En même temps, chaque étape du progrès a également révélé la face ambiguë d'utiles susceptibles de causer du tort lorsqu'ils ne sont pas mis au service du bien. Déjà, on s'entend. Georges Bernano percevait le risque de voir l'obéissance à Weigle et l'irresponsabilité devenir maître d'un paradis des machines. Il soulignait comment, pour leur échapper, la civilisation française avait, au contraire, travaillé pendant des siècles à former des hommes libres, pleinement responsables de leurs actes. Pour cette raison, il m'est apparu indispensable d'aborder dans ma première lettre encyclique le thème de l'intelligence artificielle, afin de replacer la personne humaine au cœur de toute réflexion, pour ne pas perdre notre humanité au milieu du paradis des machines qui envahissent et conditionnent notre quotidien. Il est urgent d'informer les esprits à un discernement d'éthique, capable de voir ce qui est moralement bon. Cette exigence est requise pour reconnaître le bien véritable qui fait grandir l'homme selon sa vocation première, dans le respect inconditionnel de sa liberté intérieure et de sa dignité sacrée. A cet égard, je voudrais rappeler qu'une société authentiquement libre n'impose pas l'uniformité, mais protège la diversité des consciences en prévenant les dérives autoritaires et en favorissant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social. Ce dialogue est d'autant plus aux gens dans le contexte de la France d'aujourd'hui, où des personnes de différentes appartenances culturelles et religieuses sont appelées à vivre ensemble et à donner leur contribution à l'édification de la société. C'est justement grâce à la richesse de son tissu social que depuis des siècles La France se distingue par une attention à la diversité et un fort désir de solidarité. Par l'œuvre enseigne d'hommes et des femmes des murets fidèles à leur humanité et au value de l'Évangile, l'Église catholique en France n'a cessé d'œuvrer pour le bien des plus démunis. suffisant du visage vivant de la tendresse et de la compassion de Dieu. Pensons aux œuvres de Saint Vincent de Paul, aux rénovations caritatives du XVIIe siècle, et aujourd'hui encore aux nombreuses institutions catholiques où des soignants accompagnent nos frères et soeurs fragilisés par la souffrance. Leur témoignage d'attention et de service constitue une véritable école d'humanité sur la grandeur des soins et un rappel vibrant de la valeur unique et irréplaçable de chaque être humain. Ils sont aussi une invitation à la fraternité renouvellée qui nécessite d'apprendre à accouiller la vie sans condition. à soutenir la fragilité avec tendresse, accompagner avec respect et dans la confiance réciproque chaque étape de l'existence, et à défendre avec courage et compassion ceux qui n'ont pas de voix ou qui ne se sentent pas suffisamment soutenus. C'est pourquoi je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constituent les fondements incontournables de toute autre droite humaine. Il existe de nos jours la tentation d'attendre de la science, une solution et une consolation à toutes nos souffrances. Le risque est souvent de tomber dans l'illusion. Lorsque la science et la technologie ne sont pas éclairées par la conscience, elles peuvent proposer des solutions immédiates qui semblent répondre aux désirs et aux dolors des hommes et des femmes, mais qui en réalité peuvent gravement les détourner du bien auquel ils aspirent profondément. Je constate parfois avec préoccupation les dérives actuels des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes ou l'offre d'une mort programmée. N'oublions pas que le respect mutuel et la protection de la vie de toute personne humaine est une responsabilité de chacun et de tous, qui commence par une conversion de l'intelligence et du cœur, et qui nécessite un engagement réel et désintéressé envers nos frères et soeurs. Comment ne pas voir aussi dans un tel engagement l'expression de la juste laïcité de la citat terrestre ? Les chrétiens impliqués dans la vie publique et agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi ne peuvent être considérés comme un prosélytisme ou une menace à l'unité de la patrie. En effet. La véritable laïcité n'exclut pas la dimension religieuse, mais c'est, au contraire, en tirer parti comme d'une ressource éducative. C'est précisément la raison pour laquelle l'école catholique a toute sa place dans le passage éducatif d'un pays comme la France. Cela s'inscrit, d'ailleurs, dans une attitude plus large, indispensable et à tout dialogue, à l'école comme dans la société, connaître et aimer ce qu'on l'en est, pour savoir aller à la rencontre de l'autre, avec respect et au futur d'esprit. Une juste laïcité. ne consiste donc pas à exclure la religion du espace public ou de l'éducation, mais à travailler pour que l'État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun, pour que le monde ait la vie à cet égard. Je salue le travail effectué dans le cadre de l'instance de dialogue entre le Saint-Siège, l'Église catholique en France et le gouvernement français. Du fait, l'infatigable œuvre de l'Église catholique, à travers la richesse de ses expressions et institutions, est assurément précieuse et louable pour le bien-être de toute la société. Toutes les chances illustrent très heureusement cette saine complémentarité qu'il faut réaffirmer lors du Concile Vatican II, en ce sens que la communauté politique et l'Église, quoiqu'il y ait des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront d'autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu'elles rechercheront davantage entre elles une sainte coopération. Je constate également avec joie que cette même volonté de servir ensemble toutes personnes, quelle que soit son origine, inspire depuis des siècles la coopération entre la France et l'Église catholique au service des chrétiens d'Orient. L'action éducative, sociale, culturelle et humanitaire menée dans les pays du Moyen-Orient en lien avec diverses associations telles que l'aide à l'Église en détresse, ou l'œuvre d'Orient, et une précieuse contribution au dialogue entre les peuples et au soutien des droits de toute personne. Il y a là un témoignage éloquent où culture et foi se présentent comme les piliers qui favorisent l'harmonie entre différents peuples et religions pour le service de la paix et de la médiation entre les hommes. Ici également, l'éducation constitue un enjeu particulièrement important. Elle dit mieux du fait l'un des principaux domaines de coopération, trouvant notamment une expression concrète et féconde à travers les fonds pour les écoles d'Orient. À Sous-José, je souhaite exprimer ma reconnaissance à toutes les personnes investies dans ce projet. qui depuis sa fondation en 2021 a permis d'apporter un soutien à plus de 260 établissements d'enseignement au Moyen-Orient, y compris à cette université au Liban et à l'Université de Bethlehem. Mais comment évoquer cette région du monde où est né le Prince de la Paix il y a 2000 ans ? Sans penser aussi à toutes ces populations affectées par les conséquences du conflit et à tous ceux qui sont affligés par le fléau de la guerre. Nous ne pouvons pas rester indifférents devant de telles souffrances qui blessent la dignité humaine et créant justice à Dieu. La gravité de ces situations doit nous interpeller et appeler chacun, là où il se trouve, à une véritable conversion du cœur et à un changement d'attitude. C'est en reconnaissance humblement du besoin que nous avons les uns des autres que nous pourrons ensemble ouvrir davantage à la construction de la civilisation de l'amour. au cœur de notre monde, devenue si complexe et interdépendante. En même temps, comme l'affirmait déjà en sautant mon sainte prédécesseur Jean XXIII, la justice, la sagesse, le sens de l'humanité réclament qu'on arrête la course aux armements. Elle réclame la réduction parallèle et simultanée de l'armement existant dans les divers pays. La proscription de l'arme atomique et enfin le désarmement d'humains effectués d'un commun accord est accompagné de contrôles efficaces. En effet, se répand de plus en plus la conviction erronée que la possession de l'arme nucléaire serait un gage de sécurité, ce qui alimente une nouvelle course aux armements difficilement contrôlables. Or, la paix n'est pas un équilibre de force, elle se construit chaque jour par le dialogue et la justice. Je vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d'une guerre en la considérant comme inévitable, mais à promouvoir son relâche du dialogue et la diplomatie afin de préserver des sociétés pacifiques, respectueuses de la dignité et des droits de la personne et des peuples. Face au bruit des bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de démarrer un artisan infatigable du paix et du multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. Puisse la France, dans la fidélité à ses valeurs, crescer les sillons d'une paix désarmée et désarmante. et offrir avec responsabilité sa contribution irrépressable en faveur de la paix. Que votre liberté grandisse sans cesse dans le souci du bien commun. Que votre fraternité embrasse l'humanité toute entière. Que l'égalité à laquelle vous aspirez s'establisse toujours sur les fondaments de la justice et de la charité. sans supprimer les différences entre les personnes, mais en les faisant fructifier harmonieusement au profit de la société toute entière. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je désire une fois encore vous exprimer ma gratitude pour cette rencontre qui pourrait prendre les paroles significatives pour chacun. prononcé par Votre Excellence aux évêques de France en 2018, souligne combien une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n'irait pas au bout de sa vocation et qu'un président de la République prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques manquerait à son devoir. Soyez assurés de ma févente prière pour votre belle nation. Que Dieu lui conseille de la paix, l'unité et la prospérité, afin que le monde ait la vie. Je confisez-vous à l'intercession maternelle de la bienheureuse Vierge Marie, patron principal de la France. Que Dieu bénisse la France et tous les Français.
Mesdames et messieurs, les allocutions sont à présent terminées. Nous vous demandons à nouveau de bien vouloir rester à vos places. Merci.
Merci.
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