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Il y a aujourd'hui un vrai problème avec les deux guerres. On l'a déjà expliqué, mais la guerre contre la Russie fait baisser la production de diesel en particulier, d'essence en général, en raison en particulier des frappes dans la profondeur orchestrées par l'Ukraine et ses alliés sur les raffineries russes.
Bonjour Régis.
Bonjour Joséphine.
Régis, hier soir Emmanuel Macron s'est exprimé en direct sur TF1 et France 2, interrogé par Gilles Boulot et Caroline Roux. Je vous propose de revenir ensemble sur ces principales déclarations, mais avant, je crois que vous avez un mot pour nos auditeurs.
Oui, un mot, on l'a déjà annoncé, mais pour vous assurer que le magazine est désormais en kiosque depuis hier, donc vous pouvez le trouver. dans toutes les bonnes librairies et les bons distributeurs, 5000 points de vente en France, URSS, le spectre autoritaire, c'est passionnant, je vous encourage à aller le chercher le plus rapidement possible. Voilà.
Régis Emmanuel Macron a d'abord annoncé l'envoi de moyens militaires français en Arabie Saoudite pour sécuriser les exportations de pétrole. Cette réponse suffira-t-elle à faire baisser les prix à la pompe
réponse est non. En tout cas pas dans un premier temps. Disons que c'est un élément qui peut peut-être montrer que la France essaye justement de faire en sorte que… Les prix baissent, et en particulier les prix du diesel, parce que l'Arabie saoudite est un gros exportateur de diesel, qu'il n'est plus question depuis d'ailleurs des années de compter sur le diesel russe, qui est aussi un gros exportateur. Le premier producteur de diesel au monde, ce sont les États-Unis. La Russie était numéro 2. Il y a aujourd'hui un vrai problème avec les deux guerres. On l'a déjà expliqué, mais la guerre contre la Russie fait baisser la production de diesel en particulier, d'essence en général, en raison en particulier. des frappes dans la profondeur orchestrées par l'Ukraine et ses alliés sur les raffineries russes. Il y a encore eu une raffinerie ce matin qui a été atteinte. Volodymyr Zelensky estimait dans une allocution avec Donald Trump que 45% des raffineries russes avaient été touchées ou mises hors d'état de fonctionner. Et qu'est-ce que ça fait ? Ça fait que la Russie, qui était, comme je le disais, le deuxième producteur de diesel au monde, ne peut plus... produire autant. Les États-Unis, bien conscients du manque d'essence et du manque de diesel, vont peut-être se résoudre à... arrêter leurs exportations pour les garder pour la production, pour la consommation interne. N'oublions pas par exemple que 80% des poids lourds américains fonctionnent au diesel et que si les poids lourds ne peuvent plus fonctionner, c'est l'économie qui se met en berne. Donc ça peut avoir des conséquences extrêmement graves. Donc ce qui est en train de se passer, c'est que face à cette pénurie, les Etats-Unis pourraient être tentés par l'isolationnisme et finalement... à couper l'exportation. Mais le risque c'est que ça provoque à nouveau une flambée des prix. Et pour ce qui est de l'Arabie Saoudite, en effet, le terminal de Yambou, on en a déjà parlé dans pas mal d'entretiens ici d'ailleurs, c'est très intéressant parce que des choses qu'on disait il y a un mois, un mois et demi, qui n'étaient pas du tout d'actualité, le fait que l'Iran possède une capacité de dégrader l'appareil de production d'hydrocarbures des pays du Golfe, donc leur principal. sources de revenus et manes financières, est en train de se mettre en application, si vous voulez. Avec l'offensive des outils, et encore bien avant le fait que les outils conquièrent les pourtours de Babal Mandab et menacent de bloquer un nouveau Détroit, ces mêmes outils avaient ciblé... Les installations Aramco sur le terminal de Yambou. Expliquons bien où est le terminal de Yambou. D'ailleurs, c'est un terminal qui se trouve sur la mer Rouge, à peu près à équidistance entre le canal de Suez et le détroit de Babalmandab. Et par ce terminal, ce terminal finalement fait la jonction entre les champs de pétrolifère de l'Est. Et la mer rouge justement, où les cargaisons, les super tankers saoudiens et autres peuvent être chargés en pétrole grâce à un pipeline qui s'appelle le pipeline Est-Ouest. Et ce pipeline a été endommagé. Donc l'Iran a commencé à procéder à une dégradation des moyens de production, dégradation limitée. Et l'intervention des Français dans ce cas précis, justement en essayant d'opérer une défense du terminal de Yambou, serait justement de permettre à l'Arabie saoudite de continuer à approvisionner, de continuer à écouler une partie de son pétrole en sachant que... Même avec toute la bonne volonté du monde et l'appui des Français, la quantité de pétrole qui est actuellement exportée par l'Arabie saoudite est très réduite. On estime qu'on s'approche de volumes qui n'ont pas été aussi bas depuis 1990.
Régis, le président, a également démenti toute alerte de la CIA sur un projet d'attaque de drones russes visant le sud de l'Europe. Ce démenti reflète-t-il une vraie divergence avec les services américains ou vise-t-il surtout à rassurer ?
ne pense pas. Il y a eu une manière aussi de rassurer, oui. C'est normal parce qu'on est quand même dans une période où l'Elysée et le même Emmanuel Macron ont quand même agité la menace et provoqué les peurs en réunissant les chefs de parti dans une salle sécurisée, la salle Vega, à l'Elysée, avec des airs d'union nationale, en fait, contre la menace, pour expliquer que... la guerre hybride était battée son plein, qu'on avait une augmentation des menaces et des attaques hybrides, toujours assez difficile à vérifier, même si elles sont réelles, ne nous voilons pas la face. Il a été reproché à Emmanuel Macron, d'ailleurs, par deux journalistes très connus, Georges Malbruneau et Jean-Dominique Merchet, ayant de vraies connexions avec les milieux du renseignement, d'avoir, on va dire, gonflé la menace. Et donc là, Emmanuel Macron a pris le problème à l'envers, enfin a pris le contre-pied, on va dire, de ce qu'il avait fait avant, en expliquant que cette information n'était pas exacte, alors qu'elle ait été prononcée. ou annoncée par la CIA. C'est aussi une possibilité. Mais moi, je la situerai, et j'en parlais hier, avec Alain Jubillet, l'ancien directeur du renseignement à la DGSE, qui connaît bien ces milieux et qui m'expliquait qu'il n'était pas impossible que ce soit, en langage diplomatique et en langage du renseignement, une manière de dire aux Russes « n'allez pas trop loin ». les drones qui se baladent, les hélicos qui franchissent la frontière polonaise pendant quelques secondes, comme ça a été le cas hier. Ça, c'est des menaces tolérables. Mais ce que veut dire, en annonçant une info pareille, la CIA indique aux Russes qu'ils sont vigilants et qu'il faut s'arrêter là. C'est comme ça qu'on peut interpréter cette annonce. Immédiatement, en fait, démenti par le président français.
justement, le président français juge pourtant possible une attaque de drone contre un site français, comme en Allemagne en août dernier. Comment expliquer ce grand écart entre le déni et la reconnaissance du risque
C'est toujours le problème d'Emmanuel Macron, c'est la difficulté de... Pour nous, observateurs, pour nous, analystes, de déchiffrer le vrai du faux ou le vrai de l'exagération. C'est-à-dire qu'effectivement, on vit une période où la guerre hybride est activée, où les Russes s'attaquent à nos intérêts, ce qui est assez logique quand on regarde la part grandissante qu'ont pris la France et l'Europe dans le soutien à l'Ukraine. C'est-à-dire qu'on est dans une période où il est difficile de... de contredire le fait qu'on n'est pas en guerre ou qu'on n'est pas co-belligérant. Au fur et à mesure que cette guerre s'est développée, la France et l'Europe ont pris le leadership du soutien à l'Ukraine, les États-Unis étant en retrait, même si l'Europe achète du matériel américain pour le donner aux Ukrainiens, c'est bien l'Europe qui a le leadership aujourd'hui, à la fois au niveau financier, au niveau militaire. Donc cette implication, notamment avec les systèmes d'armement et la défense antiaérienne en particulier, l'usage des missiles à longue portée, le déploiement des drones, quand l'Ukraine déploie 1600 drones en une soirée, dont une partie dans le ciel de Moscou, vous pouvez vous douter que l'Occident est derrière, la France, l'Angleterre, l'Allemagne. Et donc face à ça... évidemment qu'il faut s'attendre à ce que les Russes ripostent. Moi, je trouve ça assez indécent, le discours qui consiste à dire, oui, il y a eu une guerre hybride, ah là là, ces sales Russes, je ne veux pas les excuser, mais dans la montée en puissance de cette guerre, dans l'implication toujours... plus importante de l'Occident aux côtés de l'Ukraine, le prix à payer, c'est une menace plus importante des Russes. Voilà.
enfin, Régis, Emmanuel Macron a évoqué une Russie, justement capable de mobiliser 300 000 hommes de plus et annonce une protection renforcée des sites sensibles. Est-ce un changement de doctrine face à une menace jugée désormais directe ?
Pour le coup, c'est un constat assez juste de la part d'Emmanuel Macron, même s'il n'y a aucune confirmation de la part des Russes qu'on va arriver à une nouvelle conscription et la mobilisation de 300 000 hommes. C'est clair que la Russie peut en arriver là. Elle peut décider d'appuyer sur l'accélérateur et un des paramètres. qu'elle a à disposition, et justement d'augmenter le nombre de soldats mobilisés. Elle ne l'a pas fait jusqu'à présent, il n'y a pas eu de mobilisation générale depuis très longtemps. Il y a eu une mobilisation partielle qui était fin 2022, mais depuis il y a eu énormément, la Russie s'est énormément basée sur le principe du volontariat. C'est-à-dire des soldats qui reprennent du service moyennant une rémunération assez intéressante. Donc là aussi, on dit, oui, les Russes ont beaucoup de pertes, mais comment se fait-il qu'ils les supportent plus qu'à l'époque de l'Afghanistan ? À l'époque de l'Afghanistan, on était dans un système communiste, et quand les veuves voyaient leur mari revenir dans un cercueil, disons qu'il n'y avait pas de compensation. Je ne dis pas que les Russes aujourd'hui sont joyeux de voir des cercueils revenir, mais disons que là aussi, les choses sont... Le soldat qui s'engage ou qui se réengage a une solde assez importante et c'est une manière aussi de rendre la guerre. un peu plus supportable. Mais voilà, ce système jusqu'à présent a fonctionné. Le rouage du nationalisme et de la patrie attaquée avait fonctionné remarquablement à l'époque de Soudja et de Kursk, puisque l'Ukraine avait envahi une partie de la Russie. Ça avait stimulé encore les volontaires et les endroits de recrutement. Il n'y avait pas de pénurie et il y avait toujours des volontaires à venir. Là, aujourd'hui, c'est un peu plus délicat parce que la guerre va bientôt rentrer dans sa cinquième année. Il y a une forme de lassitude. Beaucoup de gens s'agitent autour de Poutine pour demander à ce que cette guerre se termine. Plutôt en disant qu'il faut qu'on aille plus loin. La donne, c'est plutôt que Poutine ait qu'ornaqué. par des individus comme Medvedev, Tolstoy et autres, qui agitent pour faire pression sur le président, pour qu'il accélère le tempo opérationnel en Ukraine, et qu'il vainque définitivement l'Ukraine. Parce que c'est ça aussi, on arrive à la cinquième année, la Russie n'a toujours pas vaincu l'Ukraine, l'Ukraine résiste remarquablement, elle est même capable de faire des contre-offensives, il y en a eu une couronnée de succès sur l'Ukraine. la ville de Liman, dans le Donbass. Donc on est... Pardon, Liman, c'est Kharkov. Mais au nord des deux grandes citadelles que convoitent les Russes, que sont Sloviansk et Kramatorsk, ça complique singulièrement les choses pour les Russes, qui ont des succès à d'autres endroits, au Rikiv, par exemple, qui est le verrou pour Zaporizhia, où là, les Russes ont bien avancé. Ils avancent aussi vers Kramatorsk et Sloviansk. Donc si vous voulez... Et là, pour le moment, il n'y a pas d'évolution majeure sur le front. Mais oui, la Russie a ce paramètre à disposition. Elle peut mobiliser 300 000 hommes. Emmanuel Macron est assez juste dans le fait de noter ce fait.
Régis.
Merci Joséphine.
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