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Olivier Faure, lui par exemple, dit être prêt à gouverner avec la France Insoumise.
J'ai le sentiment que le cœur de leur débat va tourner autour de nous. Vous voyez, je ne vais pas le regarder demain, mais je pense que nos oreilles vont siffler. Ça dit quelque chose de la pauvreté du débat politique. J'observe que cette primaire, pour le moment, elle porte essentiellement sur qui a le droit d'être candidat ou pas, sur quel débat ils vont participer ou non, leur relation à la France insoumise ou pas. J'ai envie de dire, laissez-nous tranquilles, faites votre congrès. à ciel ouvert pour savoir qui va être le premier secrétaire du Parti Socialiste. Moi, j'ai envie de faire campagne en m'adressant aux millions de Français, pas juste aux quelques Français qui vont payer 15 euros pour voter à cette primaire, et de faire campagne pour faire gagner la gauche. Il y a une personne qui est en situation de faire gagner la gauche en 2027, il s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Il est à la tête d'une campagne qui reprend l'essentiel du programme du nouveau Front Populaire et qui permet de soulager les gens. On parlait du blocage des prix de l'essence, mais aussi de l'augmentation du salaire minimum à 1700 euros net. Mais Jean-Luc Mélenchon, il n'a
pas un plafond de verre à un moment donné ? Vous n'aurez pas besoin quand même de l'apport des socialistes ou des écologistes ?
C'est assez intéressant parce qu'on nous dit ça à chaque campagne. Et à chaque campagne, ce plafond de verre est repoussé. Vous savez, quand on a commencé la campagne pour les élections présidentielles précédentes en 2022, on a commencé la campagne, on était autour de 8 à 10% dans les sondages. On a terminé autour de 22%. Aujourd'hui... A l'amorce, au début de cette campagne, on est 14, 15, jusqu'à 18% dans les sondages, donnés au second tour dans beaucoup d'hypothèses, ce qui est nouveau. Et j'observe que ce plafond de verre est déjà repoussé. Mais il y a quand même une
déperdition des voix aujourd'hui. On me posait la
même question en 2022. On me disait, vous avez un plafond de verre, que vous n'arrivez pas à repousser. Force est de constater qu'aujourd'hui, on démarre cette campagne dans de bien meilleures conditions. Et ça tombe bien. La campagne, elle est faite pour convaincre un maximum d'électeurs. de gagner un maximum d'électeurs, de se mobiliser, un maximum d'électeurs, d'aller voter. Et je vois, j'observe par exemple la victoire de Die Linke aux élections municipales à Berlin, comme un signe non seulement de la volonté de faire gagner la gauche de rupture à New York, à Berlin et dans plein de zones dans le monde, Et surtout, ce qui s'est passé à Berlin, c'est qu'il y a eu une sur-mobilisation, il y a eu une augmentation très importante de la participation, et c'est ça qui a fait la différence, et c'est ça aussi qui pourra faire la différence en 2027. La
primaire du Parti Socialiste, elle ne vous intéresse pas, pourquoi ? Parce que vous vous dites, de toute façon, ils viendront quémander naturellement dans l'entre-deux-tours ? Non,
moi j'ai du respect pour eux, je ne dis pas qu'ils vont venir quémander, c'est juste que je ne me sens pas concernée. Enfin, ils sont susceptibles
de pouvoir éventuellement faire partie d'un gouvernement avec vous ?
Je vais être sincère, la question c'est pourquoi faire ? Quand on a eu des désaccords avec le Parti Socialiste ces derniers mois et ces dernières années, après avoir fait le nouveau Front Populaire, moi je ne regrette pas du tout d'avoir fait le nouveau Front Populaire, je pense qu'il fallait unir la gauche sur un programme de rupture. Nous l'avons fait. Mais je regrette qu'ensuite le Parti Socialiste ait refusé de censurer à plusieurs reprises les différents gouvernements macronistes et laisser passer un budget qui déjà faisait la poche des Français, on en parlait juste avant. Et donc il y a une question de cohérence politique. Je pense qu'il peut y avoir un front de la censure et qu'on peut réunir ce front de la censure à gauche et qui dépasse les rangs de la France Insoumise. Vous avez raison de dire, on ne gagnera pas tout seul. Mais ce que j'observe, c'est que plutôt que le nombre de formations politiques sur la ligne de départ qu'il nous faut, ce qui compte... Avant tout, c'est le nombre d'électeurs pour remporter l'élection.
Et Marine Tondelier, vous lui dites quoi ? Laisse tomber, tu risques de nous faire perdre, rallie-nous.
Là aussi, je n'ai pas de leçon à donner à des dirigeants politiques. Je respecte tous les dirigeants politiques, qu'ils soient d'ailleurs de gauche ou de droite. Il y a un risque que ce
soit des gens qui fassent 2 ou 3% et qui vous fassent perdre l'accession au second tour. Moi, je m'adresse aux électeurs,
aux militants, aux élus, écologistes. En leur disant qu'à l'Assemblée nationale, pour le coup, on a 80-90% de nos votes en commun. On a voté l'ensemble des censures ensemble. Et je pense, Marine Tondelier le disait elle-même, qu'elle ne sera pas le bulletin de vote qui fera gagner le Rassemblement national. Donc ils ont une responsabilité, vous avez raison, dans la nécessité de se regrouper pour pouvoir l'emporter en 2023.
Justement, vous vous souvenez du syndrome Taubira qui avait fait perdre Jospin avec ses 3% en 2002 à 200 000. voix près. Et c'est pas la grosse inquiétude de la France Insoumise ça ?
D'ailleurs la même Christiane Taubira qui en 2022 était candidate à l'élection présidentielle avait fini par se retirer et appelé dans la dernière ligne droite à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Donc j'observe que certains ont pu tirer des leçons parfois. C
'est ce que doit faire Marine Tourdelier ?
De nouveau, je n'ai pas de leçon à donner à Marine Tondelier. Ce n'est pas à moi de lui dire quoi faire. Moi, je m'adresse aux électeurs, aux militants écologistes. Et je sais qu'il y a un certain nombre de militants écologistes qui savent, y compris, que faire advenir un programme qui permet de prendre à bras le corps la lutte contre le réchauffement climatique, de faire une véritable planification écologique, c'est le programme de la France insoumise.
Parlons de la colère sociale. Si ce soir, les mesures ne sont pas à la hauteur et qu'un certain nombre de gens appellent à se réunir autour des ronds-points, qu'est-ce que vous dites aujourd'hui, notamment à Laurent Nouni ? qui qualifie de très grave, irresponsable et déconnecté du monde réel les appels de certains hommes politiques à participer au blocage lié au prix des carburants.
C'est extrêmement grave. On a un ministre de l'Intérieur qui, quelque part, insulte, réfrigne, menace des gens qui pourraient se mobiliser en France. Mais, pardon, la liberté de manifestation, il en est... aussi le garant. Et j'observe que ça commence à faire beaucoup pour ce même ministre de l'Intérieur, qui a outrepassé son rôle en révélant des informations fausses sur ma collègue Rima Hassan, prétendant qu'elle possédait de la drogue. Oui, sauf que vos confrères de complément d'enquête, qui sont journalistes et qui ne sont pas connus pour être des partisans de la France insoumise, ont révélé précisément que Laurent Dunez... à violer le secret de l'enquête, révéler des informations qui sont confidentielles, et pire que ça, à utiliser les moyens du parquet antiterroriste pour traquer une opposante politique. Qu'est-ce qui vous permet aujourd'hui
d'affirmer qu'il est impliqué ? Vous en êtes certaine ?
J'observe comme vous, j'ai regardé ce complément d'enquête, j'invite tout le monde à le regarder, il est assez éloquent, et il révèle, en l'occurrence, des journalistes qui témoignent, qui disent
très clairement...
Oui, sauf que c'est paroles contre paroles et qu'aujourd'hui, il y a des informations qui ont été révélées dans la presse, que ces informations ont ensuite été prouvées comme fausses. C'était des fake news. On a sali ma collègue Rima Hassan, prétendant qu'elle possédait de la drogue, alors que les analyses ont confirmé que c'était du CBD parfaitement légal en France et qu'elle n'en possédait pas. Vous maintenez votre appel à la
démission de Laurent Nunez ? Oui,
plus que jamais. Un ministre de l'Intérieur ne devrait pas dire cela. pas faire cela. Et je crois qu'aujourd'hui, il n'est... plus digne d'occuper ce poste, au-delà des désaccords politiques que nous avons. Il est le gardien de la République, de son bon fonctionnement, et aujourd'hui il n'en est plus digne.
Manon Aubry, députée européenne de la France Insoumise. Dans la deuxième partie, un auditeur vous interrogera sur le rapport de la France Insoumise aux médias. On parlera également de la déclaration d'Éric Ciotti. Et puis dans vos trois minutes pour convaincre, vous avez choisi d'aborder la question de la contribution des milliardaires. On se retrouve dans quelques secondes. Manon Aubry, députée européenne de la France Insoumise, est notre invité. Dans quelques secondes, vous réagirez à la question d'un auditeur sur votre rapport aux médias. Mais tout d'abord, vos trois minutes pour convaincre, vous souhaitez aborder la question de la contribution des milliardaires. Quelle est votre proposition Manon Brie ?
Ma proposition, je sais, qui a fait beaucoup parler ces dernières semaines, c'est d'interdire tout simplement le fait de pouvoir devenir milliardaire dans notre pays. On parlait un petit peu avant de la question budgétaire, de comment on trouve un équilibre budgétaire, et il se trouve aujourd'hui dans notre pays qu'on a un tout petit nombre de foyers, de milliardaires, qui ne payent pas, par exemple, d'impôts sur le revenu, quand vous, en tant que journaliste, tous ceux qui nous écoutent... payent de l'impôt sur le revenu et donc en proportion sont davantage taxés. Ça, c'est complètement injuste. Et pour bien comprendre ce dont on parle, un milliardaire, si on prend le salaire médian, donc un peu plus de 2000 euros par mois, il faut plus de 37 000 ans pour devenir milliardaire. Donc on est dans des sommes. complètement indécente, 80% des milliardaires sont des héritiers, donc tous les tenants de la méritocratie devraient aussi partager ma proposition de dire, au bout d'un moment, il y a une question de redistribution des richesses, les milliardaires profitent aussi du fonctionnement... Et concrètement, ce serait quoi cette
redistribution ? Quel mécanisme ?
c'est de faire un héritage maximum à 12 millions d'euros, ce qui est déjà pas mal pour commencer dans la vie. Il y a la moitié des Français qui héritent de moins de 70 000 euros par mois, dans leur vie. Évidemment, ça, on n'y touche pas. La maison que vous allez hériter de votre père, de votre mère, etc. Là, on parle des milliards qui sont transmis de génération en génération et qui fait qu'aujourd'hui, on ne part pas tous sur la même ligne de départ. Et cette proposition, elle permet... de financer une allocation d'autonomie pour tous les jeunes, qui n'est pas à travailler en même temps pour leurs études, et qui est une forme aussi de redistribution intergénérationnelle. Vous
préférez une France sans milliardaires qu'une France sans pauvres ?
Justement, en fait, penser que la question des milliardaires n'est pas liée à la pauvreté est une terrible erreur. c'est, Victor Hugo disait, vous savez, c'est de l'enfer des pauvres qui a fait le paradis des riches. Et c'est précisément aujourd'hui, les milliardaires se sont enrichis sur l'exploitation des travailleurs, je pense à des gens comme Bernard Arnault, se sont enrichis aussi sur un système économique de prédation. Et donc c'est précisément parce qu'il y a 10 millions de pauvres aujourd'hui dans notre pays, et que ça m'est insupportable, que la question de la distribution des richesses doit être reposée. On
va écouter Manon Aubry, une question d'un auditeur qui vous interroge.
Madame Aubry, je suis Olivier de Colomiers. Plusieurs élus se sont réjouis de l'élection de Charles Sapin de France Inter, tandis que LFI a boycotté BFM pendant une semaine et refuse maintenant d'aller dans l'émission de Sophia Mabrouk. La France insoumise est-elle intolérante au pluralisme ? Merci à vous pour votre réponse.
Je répondrais que la France Insoumise est intolérante à l'intolérance, intolérante aux violations des droits fondamentaux. Parce que Charles Sapin, en l'occurrence, il travaillait pour un média qui n'est pas juste un média d'opinion. Vous savez, moi j'ai l'habitude de débattre avec des journalistes du Figaro, dont on sait très bien qu'ils sont classés politiquement à droite. Mais quelle différence il y a alors
entre le Figaro et...
et c'est quand même assez curieux que j'en arrive à défendre le Figaro, le Figaro n'a pas été condamné comme Valeur Actuelle a été condamné pour des caricatures racistes. Oui, mais ce n'est pas un petit sujet. Quand vous avez été condamné pour des caricatures racistes d'une de mes collègues, Daniel Obono, qui est une députée noire, qui a été dépeinte en esclave, oui j'estime que ce n'est pas juste un média d'opinion, c'est un média... qui a été condamné pour racisme et qui n'a pas sa place, ni sur le service public, ni ailleurs d'ailleurs.
Et donc, tout journaliste qui travaille pour ce média-là sera marqué au fer rouge, quoi qu'il arrive ? Je pense
que c'est un choix de pouvoir travailler pour ce média. Je vous prends d'autres exemples, il doit y avoir un certain nombre de chroniques avec lesquelles je ne suis pas d'accord sur Sud Radio, sûrement des débats que vous animez. Mais c'est le principe
du débat, on peut ne pas être d'accord.
Je viens ici. précisément pour faire vivre le débat. Mais ce n'est pas la même chose, et je pense que le débat médiatique doit avoir un certain nombre de bornes. Ces bornes-là, c'est le respect des droits fondamentaux, le respect de la dignité humaine. Et j'estime que quand vous avez été condamné pour racisme, oui, ces bornes-là sont franchies.
Passons à l'actualité des réseaux et notamment à cette phrase d'Éric Ciotti qui a beaucoup
fait parler. Oui, le maire de Nice, président de l'UDR, qui a porté des accusations assez fortes contre vous, contre votre candidat Jean-Luc Mélenchon. Écoutez, c'était sur CNews, la vidéo a pas mal tourné sur les réseaux sociaux.
Ces gens sont dangereux. est une menace pour la République, pour la liberté, pour la démocratie. Si ces gens arrivaient au pouvoir, nous rentrerions instantanément dans une dictature. Instantanément. Ce sont des ennemis de la liberté.
'est-ce que vous pouvez lui dire à Éric Ciotti pour le rassurer ? Jean-Luc Mélenchon n'a pas l'âme d'un dictateur. Non, moi je
ne veux pas rassurer Éric Ciotti, c'est juste que le programme que nous défendons est justement de redonner le pouvoir au peuple quand on prend de la 6ème République, quand on prend un référendum d'initiative citoyenne, des référendums révocatoires des élus, c'est redonner le pouvoir au peuple. Si c'est ça sa dictature, on repassera en revanche. Si Eric Ciotti veut parler de dictature, je pense qu'il s'y connaît bien, parce que ses alliés au niveau européen, les alliés de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, c'est Victor Orban, qui n'a pas été connu pour sa manière dont il a traité l'état de droit, les médias, l'indépendance de la justice. Eric Ciotti, c'est celui aussi qui fait beaucoup de mal aux Niçois et aux Niçoises. Eric Ciotti, c'est celui que, quand il est devenu maire... Donc Jean-Luc Mélenchon, c'est l'anti
-dictateur pour vous ?
Mais Jean-Luc Mélenchon n'a absolument pas ni l'âme, ni l'avocat, d'un dictateur. En revanche, je sais qu'Éric Sauti fait beaucoup de mal aux Niçois et aux Niçoises. Vous savez quelle a été sa première décision... Attendez, je termine sur Éric Sauti. Vous savez quelle a été sa première décision quand il est devenu maire ? Supprimer les allocations de rentrées scolaires et les fournitures scolaires aux Niçois et aux Niçoises. Voilà comment il prend soin des petits Niçois et des petits Niçoises qui vont à l'école et qui demain, les familles vont se retrouver à être saignées encore plus. Eh bien, vous voyez, moi, ce maire-là, je vais le combattre de toutes mes forces et c'est contre ces gens-là qu'on va se battre pour l'élection présidentielle.
Quand la France Insoumise refuse d'aller débattre par exemple dans une émission sur BFM. Est-ce que ce n'est pas d'une certaine façon se restreindre et une petite vue de l'échange et de la démocratie ?
Écoutez, je suis ici. C'est bien la démonstration que je ne me restreins pas. Je vais débattre partout. Pour le reste, il y a une question d'équilibre politique qui a été posée avec BFM. C'est l'objet de discussions qu'on a eues avec eux. Comprenez que
l'idée qui consiste à dire je veux débattre avec qui je veux, quand on rentre dans ce discours-là, on arrive sur un terrain un peu glissant quand même ?
Non, vous savez, par exemple, je me souviens pendant la campagne des élections européennes où j'étais tête de lit, j'avais proposé à plusieurs reprises un débat face à Jordan Bardella et c'est lui qui l'avait refusé. La moindre des choses, c'est qu'on ne peut pas dire que je suis d'accord avec Jordan Bardella et j'observe que c'est... C'est plutôt lui qui fuyait la confrontation. Vous choisirez
vos médias une fois que vous serez au pouvoir ?
Non. Non, et en l'occurrence... C'est le
sentiment que ça donne quand même.
Non, en l'occurrence, s'il y en a un qui choisit ces médias, à l'heure actuelle, c'est Emmanuel Macron. Vous avez peut-être entendu protester vos confrères journalistes de la presse présidentielle qui ont à plusieurs reprises protesté contre le fait que l'Elysée choisissait trier sur le volet les journalistes qui l'accompagnaient en déplacement. Avec nous, ça ne se passera pas comme ça. Donc voyez, soyez rassurés, la liberté de la presse sera davantage garantie avec nous. Ce d'autant plus qu'il y a un vrai sujet médiatique aujourd'hui. Et en France, on a 90% des médias qui sont possédés par 9 milliardaires. Et donc, quand on sera au pouvoir, on démantèlera notamment l'Empire Bolloré pour garantir davantage de pluralité médiatique. Et croyez-moi que ça fera du bien.
Merci beaucoup Manon Aubry, députée de la France Insoumise, était l'invité de Sud Radio ce matin.
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