Chargement...
Chargement...
Et d'ailleurs, les propositions qui sont en débat dans cette rentrée, ce n'est pas la première fois que je viens aux universités d'été du MEDEF. Merci Patrick Martin pour l'invitation faite au Parti communiste français de venir plancher devant vous et devant les entrepreneurs. Mais j'allais dire, c'est la même rengaine que nous entendons tous les ans. On demande aux Français de travailler plus et de gagner plus. Et là, j'entends encore une fois les chefs d'entreprise qui veulent gagner plus sans produire plus. Et le vrai enjeu pour moi, mon cher Patrick, le vrai enjeu pour moi, on en parle à chaque fois, le vrai enjeu pour moi, c'est effectivement de produire plus dans notre pays, de créer les conditions d'une croissance utile, socialement utile, écologiquement utile et bénéfique à la nation. à la France afin qu'elle retrouve son indépendance et qu'elle ne dépende plus de pays étrangers, que ce soit les Etats-Unis, la Chine ou d'autres pays. Reconstruire une France forte, industriellement forte. Or, excusez-moi, mais je le disais tout à l'heure, je vais vous redonner quelques chiffres, ça fait 20 ans qu'on applique ces mêmes recettes qui font qu'on tape sur le coût du travail qui serait excessif. Dans l'industrie, Une heure de travail coûte 47,7 euros en France contre 49,8 euros en Allemagne. Et ça n'empêche pas l'Allemagne d'avoir une industrie plus forte qu'en France. Parce qu'ils ont une politique, une stratégie préservant notre industrie. Il n'y en a pas en France. Nous avons un pays ouvert aux quatre vents et nos usines partent à l'étranger. Et ils partent à l'étranger malgré toutes les... Les mesures qui ont été exigées et mises en oeuvre ces 20 dernières années. Exonération de cotisation sociale, ça coûte 70 milliards d'euros à l'Etat aujourd'hui. Baisse des impôts de production, entre 10 à 15 milliards d'euros par an. Baisse de l'impôt sur les sociétés, de 33% à 25%, ça coûte là aussi 10 milliards d'euros par an. Je pourrais les aligner comme ça, il y a une commission d'enquête qui l'a fait, et les chiffres sont pharaoniques, 200 milliards d'euros. d'aides publiques accordées aux entreprises. Nous ne sommes pas contre les aides publiques accordées aux entreprises. Nous ne sommes pas contre. Il y aura toujours, toujours besoin d'accompagner nos entrepreneurs, mais avec des conditions, des garanties, que l'on relocalise la production en France, que l'on crée des emplois en France, que l'on arrive enfin à reconstruire une base industrielle forte. Or, ce n'est pas ce qui s'est fait ces 20 dernières années. Ça nous a coûté beaucoup d'argent. à l'Etat et ça n'a pas créé d'emplois. Au contraire, nous en avons perdu plus d'un million dans l'industrie. C'est pour ça qu'il faut changer la tendance. L'argent de l'Etat, l'argent de nos impôts entreprises doit servir à créer des emplois et à relocaliser l'activité. Donc, il faut mettre des critères à chaque fois que l'on donne de l'argent public. Il ne peut pas y avoir un guichet ouvert comme ça. Et puis, encore une fois, Moi je ne me retrouve pas dans ce discours où d'un côté l'Etat serait un ennemi et en même temps une vache à lait dans laquelle il faut puiser pour payer les exonérations de cotisations sur les salaires. Et de la même manière je ne dis pas que les entreprises sont des prédateurs et elles aussi des vaches à lait qui devraient tout payer. C'est bien la raison pour laquelle je dis, je le redis ici, nous avons des défis immenses à relever dans notre pays. Le défi climatique, la transition écologique, quand on voit les ravages que ça a fait cet été, est un des défis les plus importants. Mais celui aussi de la formation. Je vous parle à vous qui êtes chef d'entreprise. Si on veut relocaliser l'industrie ici, si on veut avoir une industrie compétitive, nous allons avoir besoin d'ouvriers qualifiés, de soudeurs, d'électromécaniciens, mais aussi de chercheurs, d'universitaires, de mathématiciens. Il faut les former. La formation est un enjeu. Or, aujourd'hui, il y a des dizaines de milliards d'euros mis dans la formation, mais c'est un puissant fond. On voit bien que nous avons un problème de formation dans notre pays. Rien que ces défis-là vont coûter des centaines de milliards d'euros sur plusieurs années. C'est donc un choc d'investissement massif qu'il faut faire pour pouvoir relancer notre industrie et la reconstruire. Et on ne le fera pas, et je le dis clairement... d'ailleurs, à gauche, c'est une voix différente que je porte. On ne payera pas ces investissements colossaux pour notre pays en taxant seulement les grandes fortunes, en allant mettre des impôts supplémentaires sur les dividendes. Ça, c'est pour le fonctionnement de l'Etat. Donc vous avez dit pas seulement, donc j'entends. Pas seulement. Il faudra le faire quand même un petit peu. Vous nous annoncez des hausses d'impôts massifs. Chacun doit contribuer à la hauteur de ses moyens et c'est normal. Or, aujourd'hui, ceux qui ont vu les impôts et la fiscalité le plus baisser sont, ces dix dernières années, les grandes entreprises et les grandes fortunes. Et donc, il est normal qu'il y ait une contribution supplémentaire qui soit supportée par cela, mais ça ne suffira pas. Ce ne sont pas les 20 à 30 milliards d'euros supplémentaires que nous pourrons récupérer qui permettront de financer ce plan de relance. C'est pour ça que je parle de planification. Vous avez beaucoup planifié, mais il faut que vous laissiez, David. Il avait un temps de parole, il a pris du temps tout à l'heure. On marche au chrono tous les deux, il n'y a pas de problème.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.