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Interview politique d'Amélie Carouer. Amélie, ce matin, vous recevez Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités. L'occasion aussi de vous dire que vous pouvez bien évidemment continuer à poser vos petites questions. Alors là, je ne vais pas y arriver. Voilà, le QR code, il est ici. Ce n'est pas facile, Amélie. Vous allez peut-être m'aider. Posez vos questions. Amélie, il se fera un plaisir de les relayer au ministre. Bonjour, Amélie. Bonjour,
bonjour à tous. Merci beaucoup, monsieur le ministre, d'avoir accepté notre invitation ce matin. On a beaucoup à faire ensemble. Vous trouvez que c'est suffisant, monsieur le ministre, 100 euros versés pour les gros rouleurs sur trois mois, quand pour certains, ça représente... Surtout 300, 400, 500 euros supplémentaires par mois. Vous, si vous étiez dans cette situation, vous trouveriez ? Ça suffisant ?
'abord, moi j'ai parfaitement conscience, c'est difficile pour les Français. Cette hausse inédite des carburants pose des problèmes à des gens qui doivent prendre la voiture tous les jours pour aller travailler. Bien évidemment, cette prise de conscience, elle est réelle. Après, le choix qu'on a fait depuis le début, et on est constant, c'est d'aider au maximum le monde du travail. Les entreprises, les salariés et les gros rouleurs. Et sur les gros rouleurs, on a décidé de renouveler l'aide. Donc c'est 100 euros, mais pas sur 6 mois, sur 3 mois. Et quand vous faites des calculs de consommation, à peu près des kilométrages qu'on peut estimer, on arrive à 40 centimètres. Donc c'est quand même conséquent. Et je rappelle que ce n'est pas le plein total qu'on compense, c'est le delta de prix. Donc cet effort il est fait et on a élargi la base. Deuxièmement, c'est que maintenant on va aider des ménages, par exemple une ménage avec deux enfants, le foyer jusqu'à 6 000 euros. Donc ce n'est plus seulement les salariés modestes, c'est même la classe moyenne qu'on vient aider.
Monsieur le ministre, est-ce que de nouvelles aides sont possibles ? Est-ce que ce sont les toutes dernières cartouches ? Est-ce que vous dites à d'autres spectateurs que ça s'arrêtera là, quoi qu'il en soit ? Quel que soit le scénario, alors que le ministre de l'Economie lui-même a commencé sa conférence de presse... en disant que oui, la situation pouvait possiblement s'aggraver
Il faut voir que le choix aussi qu'on a fait, c'est un choix de sérieux. Parce que comment on finance ? On veut absolument que toutes les mesures que nous faisons depuis le début de l'année, parce qu'il y a eu Hormuz en février dans le premier système d'aide, puis il y a eu les canicules, il y a eu les pompiers, il y a eu les incendies, il y a eu aussi les agriculteurs. Vous savez qu'on a fait un plan spécial agricole, vu l'état de sécheresse incroyable qui vient de taper les agriculteurs. Et maintenant c'est un deuxième plan d'aide au carburant. A chaque fois, on finance cela sur le budget de l'État, par des économies sur le budget de l'État.
Et ça s'arrêtera là quoi qu'il en soit ? Ça commence à être
très difficile, on racle vraiment les fonds de tiroirs, on se sert tous, tous les ministères se serrent, et ça fait plusieurs coups de serrage de ceinture qu'on a fait tout au long de cette année, c'est encore quasiment 500 millions d'euros qu'il va falloir trouver pour financer les nouvelles aides au carburant, oui c'est très tendu parce qu'on ne veut faire ni des impôts ni de la dette, ça veut dire quoi financer ? Ça veut dire augmenter les impôts, dans ce cas-là vous reprenez du main ce que vous avez donné, et la dette c'est les impôts de nos enfants, de nos petits-enfants, donc on est dans le sérieux budgétaire, on finance ses aides, et donc c'est vrai que c'est de plus en plus difficile. Sur le financement des aides,
on a compris qu'à la base, il y avait une enveloppe de 1,4 milliard et que vous en utilisez 450 millions supplémentaires depuis les annonces de cette semaine. Il ne reste plus rien ? Il n'y a pas de solde pour ajouter un peu plus pour les Français ? Ou au contraire, il reste quelques cartes à jouer ?
Moi, je pense qu'il ne reste pas grand-chose. En tout cas, je peux vous dire pour mon ministère, mais tous mes collègues vont dire la même chose. On a serré, serré, serré. Donc ça devient compliqué maintenant. C'est-à-dire quoi ? Par exemple, on va arrêter toutes les aides aux chômeurs, on va arrêter toutes les formations, on va arrêter l'apprentissage. Vous voyez, c'est ça, on en est là maintenant. C'est-à-dire que maintenant, on vient... taper d'autres politiques publiques, parce que pour trouver de l'argent pour les gros rouleurs, il faut serrer d'autres politiques publiques, donc il faut faire très attention aux moyens que sont les nôtres pour financer ce genre d'aide. Il
y a un gros sujet, c'est qu'il y a des aides qui existent depuis un moment maintenant, mais il y a beaucoup de Français qui témoignent auprès de nous, ils ne les ont pas reçues, ils ne les reçoivent pas, beaucoup de retard à l'allumage. Je vous propose d'écouter ce témoignage d'un patron, c'est une entreprise de transport, et il appelle devant nous pour demander de l'aide. Où sont mes aides ? Regardez.
n'avons touché que le mois d'avril et depuis, nous n'avons rien touché. Il faut attendre le traitement, ça ne va pas tarder. Je ne vous cache pas qu'en termes de trésor, depuis le mois de mai, ça devient dur. Je
bien. Je crois qu'il parle de 60 000 euros par mois, ce patron. Que se passe-t-il ? Comment vous l'expliquez ? Et surtout, comment vous allez régler ça ?
Sur les trésoreries, je vous parle du ministère du Travail. J'ai les URSAF chez moi, donc on a donné des décalages de versement des cotisations en termes de trésorerie. On l'a fait aussi d'ailleurs en Gironde. Vous savez que les entreprises touchées par les incendies, tout de suite, on a déclenché des décalages qui donnent des aides aux trésoreries. Après, les remboursements, ça peut varier. Il y a différents systèmes de remboursement. Ils sont en train d'arriver. Certains se font avec un délai de mois, d'autres sont un peu plus longs. La machine se met en place et les remboursements arrivent maintenant dans les entreprises. Utilisons
les mots forts. Est-ce qu'il y a aujourd'hui, est-ce que vous êtes même prêt au sein du gouvernement à l'assumer, est-ce qu'il y a un risque de récession ? Moins de consommation, moins de croissance, donc impact sur les entreprises, des secteurs au ralenti. C'est la récession qui nous attend ?
On n'en est pas là, les chiffres ne disent pas ça, on est encore en petite croissance en moyenne. Il y a aussi des secteurs qui vont bien, tout l'export va bien. Il faut faire attention à l'analyse, on peut voir ce qui ne va pas, il faut voir aussi ce qui va. L'export se porte bien, l'aéronautique, l'industrie de la défense par exemple, ça va bien. On a tous les programmes du nucléaire qui portent. Alors c'est vrai que le contexte, il est compliqué. Cette crise d'Ormos qui dure, qui rend bien sûr le coût des carburants très élevé, le coût de l'énergie très élevé, finit par ralentir la croissance, finit par ralentir la consommation. Les patrons, moi j'étais chef d'entreprise, dans ces moments-là, lèvent un peu le... créé en matière d'investissement, en matière de projet, ce n'est pas la meilleure période pour le développement économique. Une fois qu'on a dit tout ça, on est toujours en croissance positive. Donc attention à ce qu'on dit, on n'est pas en récession, on est en croissance positive. Donc pas de catastrophisme,
malgré tout, Patrick Matin, le patron du Medef, le dit, les entreprises elles aussi sont sévèrement impactées par l'inflation. On parle beaucoup des pêcheurs, on parle des infirmières, mais quels sont les secteurs qui aujourd'hui souffrent ? Je sais que vous nous parlez de ce qui va bien, mais on s'intéresse aussi à ceux qui ne vont pas fort. Quels sont les secteurs qui vont mal aujourd'hui à cause de la crise ?
Sur la crise, vous en avez parlé, il y a les secteurs directement impactés qui ont besoin de beaucoup de carburant, mais c'est ceux-là qu'on aide. On a ciblé les aides sur eux, dont les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP. Mais est-ce qu'il
y a d'autres secteurs aujourd'hui qui commencent à être franchement à la peine ?
Alors après, vous avez tous les secteurs qui vivent de la consommation des ménages, dont les services, la grande distribution. On sait bien que là, les Français font attention à leur pouvoir d'achat, ils consomment moins. Donc effectivement, tous les secteurs qui vivent de la consommation des Français, c'est tendu en ce moment, bien évidemment, les vêtements, etc. Oui, tout ça est tendu parce que les Français font attention. Les Français doivent consacrer un peu plus de leur budget au carburant et tout ça tend la consommation.
Est-ce que le chômage va augmenter ? On est à 8,3%. J'ai regardé l'INSEE prévoit 8,6% fin 2026. Ce sera pire ?
Non, on a des prévisions récentes qui sont à 8,4. Alors c'est vrai que là encore, le chômage, ça vient de quoi ? On a beaucoup de gens qui demandent des emplois, et tant mieux. Et les emplois augmentent, mais pas suffisamment pour faire face au volume de la demande. Ça vient de là. On n'a jamais eu autant de personnes dans l'emploi dans ce pays. Le taux d'emploi a progressé de 5 points en quelques années. Donc il y a un mouvement sur l'emploi.
Compte tenu de la crise, est-ce que ce mouvement ne va pas s'arrêter net et est-ce que la situation ne va pas se dégrader sérieusement ? C'est ça la question.
S'arrêter net, non. Heureusement, l'économie française est résiliente. Mais c'est vrai que là encore, de la même manière que pour les entreprises, ce n'est pas la meilleure période en matière d'économie, la conséquence de ça, ce n'est pas non plus la meilleure période en matière d'emploi, bien évidemment. Pour autant, ça ne résiste pas si mal. Moi, les prévisions que j'ai, ce n'est pas 8-6, c'est plutôt 8-4, les dernières prévisions. Donc on voit bien une légère dégradation. Je rappelle que pendant longtemps, le chômage en France, il était à plus de 10%. Bon, là, on est autour de... 8, 8,5 et un peu plus. Bien évidemment, là encore, la perte économique n'est pas la plus facile en matière de création d'emplois.
Pour les salariés et pour les entreprises. Et pourtant, vous dites aux entreprises, au sein du gouvernement, entrepreneurs, entreprises, réveillez-vous, aidez les salariés. Vous appelez au versement de primes, les primes carburant défiscalisées. Là encore, je vais citer le patron du MEDEF, Patrick Martin, qui dit oui, les entreprises, attention, elles ne répercutent pas entièrement l'inflation pour le moment sur leurs prix. Et donc, elles réduisent leurs marges et elles ont moins de possibilités de les verser, ces primes. Attention aux entreprises. Et plus fort encore, il y a M. Chasseret qui représente 40 millions d'automobilistes sur ce plateau qui disait, le mot est fort, l'acheter. Le gouvernement ne fait pas le travail, on demande aux entreprises de le faire alors qu'elles ne vont pas fort.
Le gouvernement, ce n'est pas lui qui fait les politiques salariales dans les entreprises. Ce n'est pas nouveau, c'est une règle éternelle. Le gouvernement, là-dessus, il peut agir sur le SMIC, on l'a fait. Cette année, on a augmenté le SMIC, donc ça, on a fait notre travail. Il faut que les branches remontent tous les minimas conventionnels branche par branche. C'est en cours. Je crois qu'il y a une soixantaine de branches déjà qui ont remonté les minimas au moins. au niveau du SMIC et ce travail va se continuer. Ensuite, les entreprises, elles ont une réalité diverse. Il y a celles qui peuvent, il y a celles qui ne peuvent pas. Celles qui ne peuvent pas, elles ne peuvent pas, bien évidemment. Et ce n'est pas le ministre du Travail qui va décréter qu'elles peuvent. Mais il y a aussi d'autres entreprises qui vont pas mal. Attention, il ne faut pas être catégorique. Il y a des secteurs, je vous l'ai dit, les secteurs de l'armement, ils vont très bien. Ils recrutent énormément. Le secteur du nucléaire, il va très bien. Le secteur de l'aéronautique, il va très bien. Eux pourraient
faire plus, ces secteurs pourraient faire plus pour leur salaire. Ça
a eu de voir. Je ne vais pas décider à leur place. On leur donne la possibilité de faire. Là, pour le coup, on entend beaucoup salaire brut net. Cette prime carburant jusqu'à 1000 euros, c'est le salaire brut égale le salaire net net, puisqu'il n'y a même pas d'impôt. C'est un instrument très puissant qui permet à un patron, quand il donne 1000 euros à un salarié, d'être sûr que le salarié touchera 1000 euros. Il n'y a pas de cotisation, il n'y a pas de fiscalité.
Vous avez une journée noire, elle est promise comme ça, qui vous attend ? Elle est promise par la CGT, Sophie Minet, c'est le 29 septembre prochain. A la base, c'était pour la fonction publique, la CFDT s'est jointe au mouvement. Mais le carburant s'invite, bien sûr. Et plusieurs candidats à l'élection présidentielle font savoir que oui, éventuellement, ils pourraient se tenir aussi à leur côté, aux côtés de ces grévistes. Est-ce que vous redoutez une forte mobilisation ?
Je vous le redis, je suis conscient que les Français ne sont pas contents. Mais est
-ce que vous redoutez une forte mobilisation ? On verra bien. Vous
savez, moi, le social, j'ai l'habitude. J'étais patron de la SNCF, donc ça me connaît le social. Je ne trouve pas anormal que les salariés manifestent, que les salariés expriment leur mécontentement. C'est la vie démocratique sociale. Donc il est normal. C'est le syndicat. Les syndicats font leur travail. Ils écoutent ce que disent les salariés. Ils le transforment en revendications. Ils peuvent organiser les manifestations, les moments sociaux. C'est le jeu normal.
Mais ce sera une grosse journée ? Vous pouvez dire à nos Français ? qui nous regardent oui préparez vous dès mardi mercredi ça va être très compliqué c'est
pas à moi faire des pronostics non mais vous avez forcément
vous connaissez ces baromètres là vous savez oui c
'est très difficile à prévoir parce que vous avez mécontentement est ce qui est réel là il est ça oui je peux vous dire je suis parfaitement conscient le mécontentement est large comment ça va se transformer en par exemple un acte de grève j'en sais rien du tout vous n'en savez rien à ce stade vous
dites je vais écouter c'est normal c'est légitime de se mobiliser à apporter à ceux qui seront dans la rue des réponses supplémentaires ? Ça
dépend ce qu'on nous demande. Si on nous demande de baisser la TVA sur les carburants, c'est non.
Et sur les salaires, par exemple ?
Les salaires, c'est pas le gouvernement qui fait les salaires, c'est les entreprises. Les entreprises, elles verront qu'est-ce qu'elles peuvent faire. Vous avez des clauses de revoyure, parfois, dans les négociations obligatoires, est-ce qu'elles les déclenchent ? Ça, c'est le jeu normal du dialogue social dans les entreprises. Et si vous
n'avez pas de réponse à apporter, est-ce que vous êtes prêt à assumer un bras de fer jusqu'au bout ?
Mais ce n'est pas un bras de fer, il n'y a pas de bras de fer, il n'y a aucun bras de fer, c'est une discussion, c'est un partage des faits, c'est identifier le champ du possible en mettant toutes les contraintes sur la table. Alors
il y a un autre sujet qui pourrait s'inviter, c'est la question des arrêts maladie. Vous avez vous-même annoncé il y a quelques jours le lancement d'une discussion avec les partenaires sociaux sur cette question des arrêts maladie. Il y a un rapport publié ces dernières heures que vous avez forcément vu dans le Figaro qui propose de confier de premiers jours d'arrêt maladie aux employeurs. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, faire peser les premiers jours d'arrêt maladie ? aux entreprises, sur les épaules des entreprises ?
mais les arrêts maladie, il faut poser le problème. D'abord, les Français le ressentent. Quand on fait des sondages, c'est ni de droite ni de gauche. Tous les Français ressentent bien quelque chose qui ne va pas. Ils voient plutôt les arrêts courts, d'ailleurs. Vous savez, les gens qui ne viennent pas au dernier moment, ce qu'on peut considérer comme petit abus. On s'est tordu le pied pendant le week-end, un jour au tennis, pouf, on a un arrêt maladie. Alors justement, sur ces petits arrêts,
est-ce qu'il faut dérembourser ces petits arrêts ? C'est ce que demande le patron du MEDEF. Il dit en plus, ça aurait un impact comportemental sur les salariés et les entreprises.
Alors, il est important. Ce ressenti est largement partagé. Il y a aussi les arrêts longs. Les arrêts longs, les gens ne font pas exprès d'avoir un cancer, les gens ne font pas exprès d'avoir une dépression, les gens ne font pas exprès... Mais
sur les arrêts pro, est-ce qu'on dérembourse les petits arrêts ?
Alors, sur les arrêts courts et les arrêts longs, nous on propose justement, je vais bientôt saisir les partenaires sociaux, je l'ai déjà préavisé, pour une réforme de fonds. En fait, quand on se compare par rapport à d'autres pays européens, moi j'ai le sentiment qu'on protège trop les arrêts courts. Il n'y a pas assez d'incitation dont les gens peuvent abuser des arrêts courts et peut-être qu'on ne protège pas assez les arrêts longs. Et donc on pourrait dérembourser
des arrêts courts, pardon, j'insiste lourdement, mais est-ce que vous pourriez envisager de dérembourser des arrêts courts ? Je
veux surtout que les partenaires sociaux s'en occupent. Si le patronat a des idées, qu'il en discute avec les syndicats, parce que moi je suis d'abord... en partant pour du dialogue social, on va proposer aux partenaires sociaux, dont patronat et syndicat, de travailler sur ces sujets. Moi, je serais ravi qu'ils nous fassent des propositions. Mais
vous allez arriver avec une copie aussi, vous-même une proposition, j'imagine, au sein du ministère. Qu'est-ce que vous allez préconiser
Non mais nous, il y a le cadre constant, et puis il y a changer la loi. Changer la loi, c'est ça, arrêt court, arrêt long, c'est un changement profond. Donc il faut que les partenaires sociaux travaillent sur le sujet, et en fonction de leurs résultats, on sera capable d'engager une transformation profonde. Après nous, ce qu'on peut faire, c'est travailler par décret. Bon, on peut le faire, mais c'est plutôt budget. Ça ne change pas le fond. J'espère que les partenaires sociaux seront en capacité de retravailler sur le fond la manière dont en France, on couvre les arrêts maladie.
Vous voulez économiser combien ? Sur les arrêts maladies ? Sur les
arrêts maladies, ce qu'on a mis dans le budget, c'est 600 millions d'euros. D'accord, ça c'est l
'objectif
? C'est l'objectif, exactement. D
'accord. Et donc, cette idée, pardon, j'y reviens, mais je ne suis pas sûre d'avoir saisi la réponse, de faire peser sur les entreprises, de pousser sur les entreprises le financement des premiers jours d'arrêt maladie ?
Je vous dis, il faut que le patronat s'en empare. On s'en remet aux consultations. Quand on dit le mot entreprise, vous voyez le mot entreprise, renvoie aux organisations patronales et aux concertations. Et je souhaite que les partenaires sociaux s'emparent du sujet très vite.
Bon, je vais tenter ma chance sur
les
retraites,
monsieur
le ministre. Allez-y. Allez-vous geler les pensions de base pour les retraités touchant au moins 2034 euros par mois, comme on l'a vu émerger depuis quelques jours maintenant ?
Non, l'objectif, ce n'est pas tellement la modalité. La modalité va être discutée au Parlement. Moi, je me souviens, l'année dernière, j'arrivais d'ailleurs, je découvrais tout ça. Vous savez, le gouvernement lance une copie initiale, mais le Parlement s'en empare. Et donc, quelle
est votre copie initiale à vous ? Que propose le gouvernement ?
Alors, c'est une copie initiale. Allez-y,
mais c'est 2034 euros.
Ce qu'on propose, c'est d'ouvrir deux pistes. En fait, l'amont, c'est quoi ? C'est qu'il y a des efforts à faire. La sécurité sociale, ça dérape gravement. On est en train de s'installer dans un déficit structurel de 20 milliards par an. Ce n'est pas normal. La sécurité sociale devrait être équilibrée. Et nous, le projet qu'on va présenter, c'est une baisse drastique du déficit. On veut le baisser de 10 milliards. Vous avez deux grands champs dans la sécurité sociale, la santé et les retraites. Les retraites, c'est chez moi. Et on veut gagner à peu près moins de 6 milliards. Le Premier ministre a donné le quantum. Autour de 6 milliards. Il y a deux moyens pour le faire. Est-ce qu'on revalorise ? Dis-moi. les retraites, tout le débat sur l'indexation, les seuils, etc. Mais les seuils, c'est un poteau départ. Moi, je ne rentre pas dans le débat. Et deux, il y a l'abattement aussi sur les faits. Non,
mais c'est intéressant pour savoir d'où on parle, justement. Le poteau départ, c'est lequel, pour le gouvernement ? Quelle est votre préconisation à vous ? On en discutera.
Je vais dire, moi, je suis très ouvert sur le sujet, donc je vous réponds. Ma préconisation à moi, c'est discutons au Parlement pour voir comment, ensemble, on peut faire un effort autour de 6 milliards. Je rappelle que l'effort qu'on demande aux retraités, parfois on me dit, vous visez les retraités. Non, non, l'effort, tout le monde doit le faire. Les retraités, c'est... C'est un quart de la population, en gros 25% de la population. On leur demande un effort de l'ordre de 10% de l'effort global. Donc je trouve que c'est proportionné et raisonnable.
Est-ce qu'avec 2000 euros, on vit correctement ?
Mais moi, je ne vous rentre pas dans ce sujet. Le ministre de
l'économie est rentré dans ce sujet. Il a lui répondu et estimé qu'avec 2000 euros, on vit correctement.
Je vous donne ma réponse. Je vous donne ma réponse. Je dis que ça dépend. Ça dépend, c'est pour ça que c'est compliqué. Si vous avez votre maison, vous avez zéro frais de location, ça peut aller. Si vous devez payer une location d'appartement, vous voyez bien que ce n'est pas la même chose. Donc moi, je dis que ça dépend et je n'ai pas de réponse abrupte à ce genre de questions. Et
quant à baisser à 3 000 euros le plafond d'abattement fiscal pour les retraités, je sais, je tente tout, j'y vais, je suis dans mon rôle. Est-ce que vous... Non mais celui-là, il m
'intéresse davantage parce que... Ah, parce que... Oui, moi j'aime bien les principes, vous voyez, avant les modalités. Abattement pour frais professionnels, quand vous êtes à la retraite, ça vous fait pas un peu bizarre, professionnels retraite ? Vous voyez, donc c'est le fondement même. de cet amendement qui questionne. Je trouve que se poser la question en disant est-ce qu'on a les moyens au fond d'avoir un amendement professionnel les retraités, je trouve que ça c'est une bonne question et ça mérite d'en débattre.
Et abasser à 3 000 euros, ça vous semble être la bonne...
C'est un seuil, et puis après il y aura des combinaisons entre les deux mesures. Moi j'aime bien revenir au fond des mesures, le sens des mesures. Mettez-nous d'accord sur le sens, et je suis sûr que si on y arrive, vous verrez qu'on trouvera les modalités.
Est-ce que vous êtes pour le fait de travailler 30 minutes de plus par jour ? C'est une proposition de Bruno Rotaillot, il veut sortir des 35 heures, laisser les entreprises déterminer la durée du travail, et il propose notamment que 30 minutes de travail supplémentaires par jour soient mises en place pour permettre à un salarié de gagner un peu plus.
Il faut être très prudent, parce que là pour le coup c'est presque un totem, le temps de travail, les... acquis sociaux sur le temps de travail c'est quelque chose de très profond et moi je recommanderais vraiment d'en discuter je pense que le problème c'est peut-être celui là mais c'est surtout comment les jeunes travaillent davantage comment les seniors travaillent davantage je crois que c'est plutôt ça oui il faut travailler davantage dans la population française mais c'est pas forcément les travailleurs qui travaillent c'est plutôt comment on met dans l'emploi plus vite les jeunes comment on garde dans l'emploi le plus longtemps possible parce que je
crois qu'il y a une question de français sur ce sujet dans quelques instants mais je découvre avec vous la première question elle est là c'est daniel qui est à montluçon je comprends que les français vont devoir faire des efforts. Et les députés, les ministres, il vaut aussi en faire. Alors je dois dire que cette question, elle revient très régulièrement dès qu'on reçoit un membre du gouvernement sur le plateau.
Non mais c'est une bonne question. C'est qu'on doit montrer l'exemple, bien évidemment. Déjà l'État en grand, l'État doit montrer l'exemple dans les budgets de l'État. Et vous savez que le budget de l'État va vraiment être en dessous de l'inflation, moi-même en dessous en niveau. C'est la première fois qu'on va présenter un budget de l'État qui va être en dessous. du budget de l'année d'avant. Donc vous rattrapez non seulement l'inflation, mais vous faites encore des économies. Donc globalement, le budget, et les ministres, vous savez que le Premier ministre a lancé le débat, est-ce qu'il ne faut pas réfléchir à une baisse du salaire des ministres ? Vous êtes prêt ? Oui, j'y suis prêt.
Largement
? Largement, que ça vous appelle largement. Je ne
sais pas, parce que je ne sais pas combien vous gagnez.
Oui, on gagne 10 000 euros brut par an.
Et donc vous seriez prêt à avoir ? mois, pas par an, vous ne gagnez pas 10 000 euros brut par an ? Par mois,
par mois. Non,
non, je vous en prie. Et donc du coup, jusqu'où vous êtes prêt à...
On décidera, là encore, je veux dire. Mais je pense qu'il y a le montant, mais il y a le symbole. Je pense qu'effectivement, et moi j'y suis prêt, ce n'est pas que ça me fait plaisir, moi je suis comme tout le monde, mais si symboliquement c'est important de montrer qu'on est prêt à faire des efforts, il faut le faire, parce que ce n'est pas la somme qu'on va gagner, on va gagner 450 000 euros. Donc ce n'est pas avec ça qu'on va sauver le budget de la France. Mais si symboliquement les Français ont besoin de le voir, moi je suis prêt à m'inscrire dans cette histoire-là.
Bon, on découvre l'autre question qui concerne effectivement les retraites. Les dispositifs de retour à l'emploi pour les seniors sont-ils adaptés ? Donc pas pour les retraites, le retour à l'emploi des seniors. Pardonnez-moi Xavier Montpellier,
vous en prie. Oui, mais c'est une très bonne question, il faut se battre là-dessus. En France, on est bon dans l'emploi jusqu'à 60 ans, quand on se compare aux autres pays européens. Après 60 ans, c'est la catastrophe. On a un taux d'emploi des seniors qui baisse, ce qui est un peu paradoxal d'ailleurs avec la volonté de les faire travailler davantage. Là, on a un problème spécifique à la France. Alors ça bosse là-dessus, il y a eu un accord interprofessionnel pour amener des nouveaux outils. dans les entreprises, il y a même une loi qui est passée, moi je suis en train de voir comment le renforcer, moi ce que je voudrais, je voudrais deux choses, je voudrais que dans chaque entreprise il y ait une vraie politique RH pour les seniors, pour garder les seniors et pourquoi pas en recruter, et deuxièmement je voudrais que chaque salarié à partir de 45 ans, 50 ans se dise c'est pas fini ma vie professionnelle, j'ai un projet devant moi, donc j'ai une dynamique, j'ai une envie, je veux me former, je veux me développer, je veux peut-être changer de métier, et là on va les aider, voilà, et on va d'ailleurs proposer deux outils de type application, l'une dirigée vers les entreprises, l'autre vers les salariés, pour stimuler un peu cette envie des seniors. à travailler et cette envie des entreprises à garder les seniors.
Bon, allez, on prend la question de Sophie. Alors Sophie, je découvre avec vous. Sophie, bonjour, vous êtes à Tours. Est-ce que l'intelligence artificielle va bousculer le monde du travail ?
Ah oui, oui, on ne sait pas encore exactement comment, mais oui, la réponse est oui. Et d'ailleurs, pas plus tard qu'hier, j'ai lancé un grand plan Impulse IA 2027. Le premier objectif, c'est former tous les salariés de France. On voit bien qu'il y a une peur et des questions, et la question, elle est très bonne. Et on se demande si on est prêts, on a l'impression que ça va beaucoup
plus vite que nous.
Voilà, et c'est pour ça que je veux accélérer. Donc dès l'année prochaine, on va proposer à tous les salariés de se former. qui le font, mais nous on aura vraiment une capacité à former tout le monde, c'est 30 millions de salariés qui pourront se former, donc c'est un plan très massif. On va aussi mettre des aides aux petites entreprises, parce que les grandes entreprises se débrouillent, les petites on va les aider, notamment avec France Travail qui leur proposera du consulting, j'allais dire, autour des sujets de l'intelligence artificielle, et puis en fait le dialogue social par rapport aux craintes qui sont derrière, il n'y a qu'une solution, c'est absolument nécessaire, c'est parler, dialoguer, notamment avec les organisations syndicales.
Nicolas Dose, bonjour. Bonjour, je vais
faire comme Amélie, je vais être dans
mon rôle, Pierre
Farandou. Les économies attendues du ministère du Travail, je lis qu'on sera sur un montant totalement historique de 2 milliards et demi d'euros en 2027. Vous me confirmez que le ministère du Travail, dans sa globalité, signera 2 milliards et demi d'euros d'économie ?
Oui, exactement, mais en remplant quand même que j'ai obtenu les arbitrages sur des priorités, on a le choix, vous savez, on a vu la période actuelle, vous faites du rabot, moins 10% à tout le monde, c'est pas toujours très mal. Mais 2 milliards et demi, c'est du jamais vu. Là, ce que j'ai dit, j'ai convaincu le Premier ministre, et j'en suis très heureux de dire, il faut des priorités. Une priorité générique, c'est la jeunesse. La jeunesse, deux dispositifs, l'apprentissage, dont l'apprentissage est préservé au niveau national, à la fois les aides aux entreprises, comme l'argent qu'on donne au centre de formation des apprentis, mais pour les former. Deuxièmement, c'est moins connu du grand public, c'est les contrats d'engagement jeunes, c'est les missions locales, au plus près du terrain, c'est France Travail, des jeunes en difficulté, 18 ans, décrochage scolaire, encadrement familial un peu incertain, on leur tend la main, on leur fait passer un contrat, on leur donne des sous et on les aide. à se former et à trouver du travail. Et ça, ce dit politique sera maintenu. Donc deux priorités, et dans le reste, et oui, on va faire des économies sur le
reste. Autre question, on sait que le RSA, le minimum vieillesse, l'allocation adulte handicapée seront préservés en 2027. On n'a pas beaucoup d'éléments concernant la prime d'activité. Ce supplément de rémunération pour les petits salaires qui avait été considérablement rehaussé après les Gilets jaunes, il continue sa vie normale en 2027, indexé sur les prix ou pas ?
– La réponse est en creuse. On a dit qu'on garantissait l'index à 100% sur RSA, adultes handicapés et minimum vieillesse, et donc que les autres, ce n'est pas 100%. – Ah, donc de
facto, si la prime d'activité n'est pas citée, elle fait partie des éléments qui pourraient être plutôt gelés. –
Oui, certainement, c'est
QFD. – Dans mon rôle toujours, un autre chiffre… – Monsieur Macron,
pardon. – Tout ça,
à l'occasion du débat parlementaire, tout ça va se… – Probablement, ce sera une sous-indexcession, voire une non-indexcession de la prime d'activité. – Ça peut être une variable, d'ailleurs. rapport à la clôture du budget voyez comment on le fait par décret on a un peu le temps pour décider donc on va se donner on va voir comment le budget avance et on va voir jusqu'où il faut aller dans le gel pas gel, le gel partiel de la prime d'activité.
Dernière question très rapidement toujours dans mon rôle voilà le compte personnel de formation il est question qu'un ticket modérateur qui était de 150 euros dans certains cas soit de 350 euros quand la formation est un peu décalée par rapport aux objectifs professionnels réels vous confirmez qu'effectivement on passera à 350 euros de sa poche pour cette formation oui c'est confirmé
et je vous réponds d'abord un peu dans l'ensemble quand même, laissez-moi un peu poser les choses. En fait, ce qu'on a voulu, c'est revenir aux sources du compte personnel de formation, qui est quand même l'insertion professionnelle. C'est un projet de formation pour faire un parcours professionnel. On a constaté que ça a divergé pas mal. Alors ça reste toujours individuel, mais si vous voulez apprendre l'italien, si vous avez un projet professionnel pour faire de l'export en Italie, ok, mais c'est juste pour vous faire plaisir, pourquoi pas ? Mais on n'a pas à soutenir ou autant soutenir ce type de formation. Donc oui, il y aura des tickets modérateurs, ils seront à zéro quand il y a un cofinancement ou quand c'est vraiment pour une formation professionnelle. Pour l'IA par exemple, ça sera zéro, et puis il y aura des tickets qui vont monter, là encore il y a des seuils, on verra jusqu'où. Mais l'idée quand même, c'est vraiment de dire l'argent public, l'argent du ministère du Travail, c'est vraiment pour aider les gens dans des projets professionnels.
20 euros, c'est un chiffre à retenir ?
Il
y a des tickets
à 0, à 150 et à 300. On est très éloigné d'un projet professionnel.
Merci beaucoup Nicolas Dose. Merci beaucoup M. le ministre Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités. Merci à vous de nous avoir regardé. Rendez-vous demain, même heure, même endroit. Mais là tout de suite, c'est David Doucan qui reprend la main. Belle journée.
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