Chargement...
Chargement...
Vous parliez à l'instant des Français. Ces dix derniers jours, leur consommation de carburant a baissé, enfin s'est effondré plutôt, de 30%. Si demain, des panquiers de l'économie, le BTP, les infirmières à domicile, les aides à domicile, les artisans, les agriculteurs... Son faillite plonge à cause du coût des carburants. Est-ce que vous ferez, malgré tout, malgré ce que vous venez de dire, un geste ? Quitte à vider un peu plus les caisses, parce qu'il y aurait alors
urgence absolue. Je n'aime pas qu'on dise un geste, ça donne le sentiment qu'il y aurait quelqu'un avec sa carte. Il ne s'agit pas de dire le mot. Non, mais il faut agir. Est-ce que vous
iriez plus loin
? Bien sûr, le gouvernement sera à côté des Français. d'abord de nos compatriotes et de l'économie, et agira... Par quel moyen ? Des baisses de taxes ? Et donc on ne va pas laisser les prix s'envoler. Par quel moyen ? Et donc on a plusieurs moyens. D'abord, il y a un premier moyen que vous n'avez pas évoqué depuis tout à l'heure, quand on parle des plafonnements chez les voisins. Nous, on a un opérateur qui est Total Energy. Et donc, on a obtenu de cet opérateur qui plafonne les prix. Donc cet acteur, et c'est une chance pour les Français, c'est le fruit de notre histoire économique, industrielle, il plafonne les prix. Donc vous avez de l'essence qui a un 99 plafonné et un diesel à 2,15 plafonné dans les stations qui dépendent du réseau Total. Donc on a déjà ça. C
'est tout ce qu'on demande à Total ou on peut lui demander plus ?
Mais déjà, continuons à lui demander ça. de manière constante et le maximum d'efforts. Pourquoi justement qu'il fasse sur les Français de la marge ?
Juste, monsieur Pouyanné, un ordre de grandeur. Ce qu'a fait Total en limitant le prix du gazole et de l'essence sans plomb, lui a coûté, c'est le PDG de Total qui le dit, monsieur Pouyanné, à peu près 300 millions d'euros ces cinq derniers mois. C'est beaucoup d'argent. Ces six derniers mois... Total a réalisé un bénéfice net de 10 milliards d'euros. Et donc, peut-on, doit-on, au nom de l'équité et de l'effort partagé, demander à Total, certes, groupe glorieux, vous venez de le dire,
de donner plus ? Ce débat viendra, et il vient chaque année, et il est légitime au moment du budget. Mais ce que je dis juste, c'est que si nous n'avions pas Total en France... on n'aurait même pas ce plafonnement.
Mais vous ne répondez pas tout à l'heure à la question. Je vous dis déjà juste ça.
Donc ensuite, on va regarder... au niveau européen et mondial, comme on l'avait fait d'ailleurs au moment de la crise énergétique, les marges excessives. Mais ce que je dis, c'est que nous, déjà en France, ce qu'on fait et qui me semble beaucoup plus pragmatique et pertinent, c'est qu'au lieu de s'empresser à aller taxer, on dit ne faites pas de gras sur nous. Ces milliards que le groupe fait à l'international, il le fait parce qu'il produit, que les prix montent, donc il gagne plus d'argent, parce qu'il... Il fait chaque jour de l'achat et de la vente, donc il fait aussi de la marge là-dessus, et il raffine, et donc les raffineurs font beaucoup de marge. Et donc nous ce qu'on dit c'est, vous êtes français, patriotes, ils sont patriotes, ils ne font pas de marge chez nous. Et donc ce débat est légitime et viendra, je ne l'écarte pas, mais je dis de manière pragmatique... Si on taxait, on n'aurait pas des prix plus bas à la pompe. Là, par le plafond mis en place, on a des prix plus bas. Donc ça, c'est la première action. Ensuite, si les prix devaient continuer à monter, évidemment... Au-delà de 3 euros par exemple ? Mais non, mais n'allez pas. On est à 2,20 en moyenne en France sur l'essence et à 2,40 sur le diesel. C'est très dur déjà pour nos compatriotes. Il ne faut pas en plus les mettre dans des scénarios cauchemardesses. Donc voilà, il faut... La situation est grave, on est à leur côté. Comme vous le dites, on a beaucoup de nos compatriotes qui renoncent à des transports, renoncent à aller voir des proches, des membres de leur famille, parce qu'ils n'arrivent plus à boucler le mois. Mais donc là, il faut être à leur côté. Vous avez parlé
des Gilets jaunes, vous avez cité les Gilets jaunes. Vous parlez
d'une première piste, quelle serait la deuxième ? Après, aucune piste n'est terminée, le gouvernement met tout sur la table. Et s'il faut aller plus loin ? Et y compris ouvrir des chantiers comme celui que vous avez ouvert, il n'y a pas de tabou. On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français. Et donc le gouvernement est à la manœuvre. J'ai eu le Premier ministre tout à l'heure sur ce sujet. Et en fonction de l'évolution, il prendra toutes les dispositions. Jusqu'à y compris baisser les taxes, chose que vous n'avez pas faite jusqu'à présent ? Je pense qu'en fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure. Je ne vais pas vous dire ce soir, on ne le fera jamais. Ce que je vous dis, c'est que ce n'est pas la décision la plus vertueuse. Et on ne l'avait d'ailleurs pas fait. Entre 2022 et 2024, parce que cette décision, au-delà d'être très coûteuse, elle n'est pas ciblée. C'est-à-dire que quand vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde, y compris les gros rouleurs qui auraient les moyens de se payer le plein. Et donc c'est plus intelligent d'aider les gens qui en ont le plus besoin. Maintenant, rien n'est fermé, le gouvernement fera tout ce qu'il faut. et accompagnera, et donc on sera pragmatiques. Parce qu'il faut
éviter la colère.
Et on essaiera de continuer aussi les choses intelligentes. C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui des Français qui, quand même, ces dernières années, ont beaucoup changé leur pratique. Et donc ils ont changé leur contrat d'électricité. Je vous le dis aussi parce qu'on parle de l'hiver. Aujourd'hui, on a 85% des Français qui se sont mis dans des tarifs réguliers, des tarifs longs. Donc ils ne vont pas être impactés comme à l'hiver 22 sur leurs tarifs d'électricité jusqu'à la fin de cette année. On a des Français qui ont changé leurs habitudes. Et donc par exemple, qui ont beaucoup plus acheté des véhicules électriques. Quand j'ai été élu, il y avait 1% de véhicules électriques qui étaient achetés. Aujourd'hui, on est à plus de 45%. Donc tout ça, c'est des choses intelligentes qu'on a su faire tous ensemble. Et donc ça, il faut le continuer.
Et donc
aussi, on doit continuer le plan d'électrification, l'accompagnement, la mobilisation du parc électrique. Donc c'est un ensemble de mesures pragmatiques.
Encaisser ce choc. Vendredi, vous avez appelé les Français à rester unis, ce sont les mots que vous avez utilisés. Est-ce que dans ce climat-là que vous décrivez ce soir, est-ce que vous craignez, vous avez évoqué les Gilets jaunes, une forme de colère sociale, est-ce que c'est ça que vous voulez à tout prix éviter
? Non, ce que je veux, d'abord, moi je veux... régler nos problèmes pour que la vie soit meilleure. Ensuite, dans ce contexte, c'est normal qu'il y ait de la colère, parce que quand ça va mal, les gens se retrouvent confrontés à une vie impossible, et donc, en effet, sont en colère. Ils sont mal dans leur vie, parce qu'ils n'arrivent pas à boucler la fin du mois, parce que même s'ils arrivent à faire le plein, ça retombe sur les courses, etc. Donc, face à ça, la réponse pour moi, elle est surtout d'améliorer les choses. Ensuite, il y a des mouvements sociaux qui émergent. Bon, il y en a face auxquels le gouvernement apporte une réponse, et à juste titre, qui est de les accompagner, c'est des réponses sectorielles que j'évoquais. Ensuite, je vois des voix qui s'élèvent pour rappeler à un mouvement social généralisé. Je pense que ça ne nous aiderait pas collectivement. Parce qu'un mouvement social peut se faire pour demander à un gouvernement de changer quelque chose, une décision qu'il vient de prendre. Quand il y a un mouvement social, parce que vous passez une réforme des retraites pour vous dire revenez en arrière, on peut le comprendre, on peut être en désaccord. Mais le mouvement social a un débouché qui est dans la main de ce face à qui il manifeste. Quand il y avait des taxes carburants qui avaient d'ailleurs été votées avant ma première élection mais qui impactaient. Le coup de la vie, les Français sont sortis sur les ronds-points, on dit vous devez nous écouter, faites pas ça. Si là il y a un mouvement, on va pas faire un mouvement contre la guerre qui est lancée par la Russie en Ukraine et Hormuz. En tout cas, dans ces cas-là, je peux y participer parce que moi aussi je suis contre ces guerres. Donc je ne pense pas que ce soit une action utile. A l'inverse, on doit rester unis. Et donc, je pense que ce qui est important, c'est d'avoir de la solidarité entre nous, dans ce moment, d'avoir des forces politiques qui soient le plus responsables possible, c'est-à-dire être le moins possible dans la démagogie, qui consiste à dire, sortez, allez attaquer ce gouvernement, parce que ce n'est pas ce gouvernement qui vous a mis dans cette situation, et essayer de prendre toutes les décisions qu'on peut, responsables, pour protéger les Français qui sont en difficulté. pour continuer à préparer le pays à l'avenir, parce que je considère une priorité, il ne faut pas oublier ça, et pour que ces conflits trouvent une issue. Et donc moi, c'est là-dessus que je continue de me concentrer. Et mon rôle, c'est d'être... sur l'Ukraine, sur Hormuz pour essayer de régler les problèmes et la cause première de ce qu'on vit.
Les Français précisément, votre gouvernement prépare un budget qui va demander aux Français 54 milliards d'euros d'efforts supplémentaires, les APL, les retraités, d'autres encore, les arrêts maladie. Est-ce que c'est juste ?
D'abord, c'est juste d'avoir un budget qui tient les objectifs, c'est-à-dire le gouvernement... Ça c'est nécessaire,
la
question
est plutôt est-ce que c'est juste ?
Non, c'est juste aussi, parce que si le gouvernement laissait filer le déficit, ce ne serait pas juste, parce qu'il accroîtrait le report qu'on fait sur les générations suivantes ou même sur leurs successeurs. Donc la priorité du moment, à mes yeux, c'est la stabilité financière et la stabilité politique. Donc le gouvernement a raison de faire un budget solide, et le Premier ministre en a présenté les équilibres, il a raison. Est-ce que c'est un budget qui est excessif, qui est un budget d'austérité ? Non, c'est un budget de responsabilité. Et donc les axes qu'il a définis me paraissent justes parce qu'il demande des contributions proportionnées à peu près à tout le monde. au système social, aux collectivités locales, à l'État, et aux différentes catégories, un peu aux entreprises, un peu aux ménages. Et c'est de préserver au maximum ceux qui sont les plus fragiles. Donc oui, je pense que c'est responsable et juste. Et donc le gouvernement aura à présenter... 1er octobre, ce budget, et ensuite il fera son chemin parlementaire. Il
fera son chemin parlementaire qui ne sera pas forcément évident. Juste pour aller très vite, est-ce que vous excluez ce qu'on a pu lire ici ou là, ou entendre ici ou là, une dissolution
pense que ce ne serait pas bon pour le pays.
La première n'a pas été extraordinaire non plus, elle
a été catastrophique. La première, elle a été faite en conscience, c'est ma responsabilité, et je la prends. après deux ans de majorité relative, et des partis politiques qui disaient haut et fort, on fera tomber le gouvernement en septembre. Et deux ans durant lesquels, je n'avais pas réussi à convaincre les uns et les autres de faire une coalition, et on était une majorité relative. – Mais c'était le purgatoire, là, c'est un peu l'enfer. – Non, non, mais donc, 'ai remis le pouvoir aux Français. Je leur ai dit, cette situation me paraît trop fragile, elle n'est pas souhaitable, vous m'avez donné les clés il y a deux ans, Je vous redemande de voter pour un Parlement. Les Français ont fait leur choix. Vous pouvez l'aimer, pas l'aimer. C'est le choix des Français. Ce n'est pas de jugement. La France est en situation totalement instable et très coûteuse. Je pense qu'il faut arrêter de culpabiliser les Français. Les Français, ils ont fait un choix à l'été 2024. Moi, j'ai pris mes responsabilités, je leur ai donné. Qu'est-ce qu'il y a de plus démocratique que ça ? Ils ont fait leur choix, ils ont pris leur responsabilité. Les forces politiques qui en sont sorties n'ont pas voulu faire une coalition totalement majoritaire. Mais il y a une coalition qui s'est dessinée, d'ailleurs, où ceux qui ne voulaient pas travailler ensemble avant juillet, ils sont venus, le centre et la droite, et se sont mis ensemble et ont une majorité relative à nouveau. Donc, c'est la situation qu'ont choisi les Français, et après, c'est le choix des forces politiques. Moi, j'aurais préféré que les forces politiques, comme là aussi chez beaucoup de nos voisins, fassent une grande coalition majoritaire, ça aurait été plus stable. Mais je ne suis pas les forces politiques du pays. Maintenant, on en est là, là où je pense que c'était souhaitable. de demander aux Français de clarifier, à 3 ans des échéances prochaines, donc à l'été 24, je pense que ce serait mauvais aujourd'hui de faire une dissolution. Parce qu'aujourd'hui nous sommes à 8 mois d'une présidentielle. Et donc si on faisait une dissolution aujourd'hui, on ajouterait à la guerre, au problème de pouvoir d'achat et à un budget à passer l'instabilité politique, on bloquerait... le prochain président, la prochaine présidente, la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire de majorité. Donc ça n'est pas souhaitable. Mais tout ça implique quoi ? Que l'esprit de responsabilité... soient partagés par toutes les forces politiques.
Et avec le recul, justement. Et donc,
que l'ensemble des forces politiques se disent, en ce début octobre, notre priorité, ça doit être que le gouvernement puisse aider nos compatriotes, qu'ils puissent aider les communes et les régions qui ont été frappées par les incendies et une sécheresse record. On n'en a pas parlé, mais on a eu les plus grands incendies depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'une des plus grandes sécheresses qui puisse aider nos agriculteurs. Tout ça, s'il n'y a pas de budget, on ne peut pas le faire.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.