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Bonjour Manon Ombry. Bonjour. Hier soir c'était le premier débat entre les candidats à la primaire de la gauche du pôle socialiste avec entre autres, alors il y avait Olivier Faure, Raphaël Guzman, Ségolène Royal notamment. D'ailleurs est-ce que vous, vous avez regardé ne serait-ce que par curiosité
être honnête, je n'ai pas regardé. J'avais un entraînement de waterpolo et je crois que j'avais un peu mieux à faire. Mais j'ai cru comprendre que nos oreilles ont beaucoup sifflé.
Alors, on va y venir, mais est-ce que vous déjà, je vous en ai cité quelques-uns, est-ce que vous avez un favori
Non, je crois que je ne me sens pas directement concernée, vous l'avez compris. Eux, ils se battent pour devenir le nouveau premier secrétaire du Parti Socialiste. Nous, écoutez, on fait campagne pour l'élection présidentielle, on veut gouverner la France, on veut un débat de fond, et on est déjà en campagne, quand on parle d'augmenter le SMIC à 1 700 euros net, quand on parle de la retraite à 60 ans, quand on parle du blocage des prix, c'est ça qu'on met dans le débat, et non pas notre relation aux autres partis, comme il semble être le sujet de débat principal au Parti Socialiste. Effectivement, il a
été pas mal question de Jean-Luc Mélenchon, principalement à la fin de l'émission. Olivier Faure a réaffirmé qu'il n'y avait pas de gauche irréconcilable. S'il remportait cette primaire, faisons un peu de politique fiction, est-ce que vous pensez que Jean-Luc Mélenchon pourrait obtenir son soutien, voire même son ralliement, dans le cadre de sa campagne pour 2027 ?
Pourquoi faire ? On a fait le nouveau Front Populaire en 2024 et la NUPES avant. Moi, je n'ai aucun regret de l'avoir fait. Simplement, force est de constater que le Parti Socialiste n'a pas tenu ses engagements en refusant de censurer à plusieurs reprises les gouvernements macronistes, en acceptant de laisser passer des budgets qui ont fait la poche des Françaises et des Français dont on paye encore aujourd'hui le prix. Donc moi, ce que j'attends en politique, c'est de la cohérence. Et la cohérence, ce n'est pas vraiment ce qui a marqué le Parti Socialiste ces dernières années. Maintenant, moi, je m'adresse aux électeurs, pas aux formations politiques. Il y a plein d'électeurs de gauche qui sont peut-être orphelins aujourd'hui et qui se disent, voilà, c'est quoi aujourd'hui l'option, la solution pour l'emporter face à l'extrême droite ? Il n'y a que Jean-Luc Mélenchon qui est en capacité d'aller au second tour. Donc, au peuple de gauche, mobilisez-vous, venez nous aider.
Quand même sur le papier, est-ce qu'il faut faire une alliance avec le PS pour les législatives ?
Je
vous redis
la même réponse. La question, c'est pourquoi faire ? Si on a une alliance et que le jour d'après, ou deux semaines après, ou deux mois après, ce sur quoi ils se sont engagés n'est pas respecté, que vaut cette parole ? Donc moi, cette alliance-là, j'ai envie de le faire avec... le peuple de gauche avec les électeurs de gauche, et c'est eux que je vais essayer d'aller convaincre pendant toute la campagne, jusqu'au 18 avril, date du premier tour, jusqu'au 2 mai, date du second tour, pour leur dire, en fait, c'est possible d'avoir la gauche au second tour avec Jean-Luc Mélenchon. On est déjà 380 000 parrainages citoyens sur Mélenchon2027.fr. Venez nous aider, on aura besoin d'un maximum de gens. Mais j'imagine que pour Jean-Luc Lanchon, il vaut mieux qu
'Olivier
Faure gagne cette primaire plutôt que ce soit Raphaël Guzman. Ce sera plus simple. Franchement, je ne suis même pas sûre que le gagnant de la primaire sera sur la ligne de départ à la fin. Pourquoi vous dites ça ? J'ai cru comprendre que François Hollande était en embuscade, mais je vais être honnête. Vous pensez
que ce sera lui à l'arrivée ? J'en sais rien, mais tout ça ne
nous concerne pas vraiment, vous l'avez compris. Nous, on est en ordre de bataille. Ce que j'observe, c'est que... qu'à la différence, on a une équipe qui est prête à gouverner, qui est soudée derrière un programme commun. Eh bien ça, c'est quelque part une force dans cette campagne politique que le Parti Socialiste sans doute n'aura pas. Alors face à la crise des carburants,
le gouvernement a décidé d'élargir les aides, notamment pour les gros rouleurs. 5,5 millions de Français sont déjà remets éligibles. Ce sont des aides ciblées. Ça devrait vous réjouir parce que
c'est plus de justice sociale. La vérité, c'est que ce gouvernement continue à faire une forme de saupoudrage parce que, et je cite là le ministre du Commerce et des TPE, qui a dit qu'il ne veut pas embêter Total. En ne voulant pas embêter Total, la vérité c'est qu'ils embêtent des millions de Français, parce que ce n'est pas juste 5 millions de Français qui sont concernés aujourd'hui par la hausse des prix du carburant, c'est l'ensemble de la population française, que ces aides, elles sont absolument dérisoires. Sur les aides qui concernaient 3 millions de Français jusqu'à présent, il y en a seulement 650 000 en pratique qui ont touché. Ça, ce n'est pas de la faute du gouvernement. Oui, sauf que vous faites un système au recours complexe. Alors que la seule véritable solution, je vous le dis, c'est le blocage des prix de l'essence à 1,70€, soit le niveau d'avant-crise. C'est fait par un certain nombre d'États dans le monde. C'est fait sur l'île de la Réunion. Sauf que ça coûte
cher. Certains économies disent que ça crée des pénuries. Et je reviens à mon argument de départ. C'est ciblé, donc ça profite à tout le monde. Moi, je pensais que vous vouliez rendre de l'argent au plus modeste.
Il y a un outil formidable pour ça qui s'appelle l'impôt. C'est ça qui est censé redistribuer les richesses. Malheureusement, ce gouvernement a multiplié les cadeaux fiscaux ces dernières années aux plus riches, y compris aux grandes entreprises en supprimant la surtaxe d'impôt sur les sociétés. Franchement, vous trouvez ça normal qu'une entreprise comme Total fasse plus de 5 milliards d'euros de bénéfices ce dernier trimestre, que les marges des pétroliers aient été multipliées par 7,5 ? Donc on a inventé, en fait, il y a une nouvelle forme d'impôt qui existe. qui est sur la mobilité des Français, et cet impôt, c'est Total qui le prélève. Sauf
que ces Français, aujourd'hui, se ruent dans les stations Total. Total prend sa part, la compagnie plafonne ses prix, coût de la mesure 500 millions d'euros. C'est une entreprise, alors certes, elle est française, mais elle est privée, elle n'est pas obligée de
le faire aussi. Une entreprise comme Total, qui plafonne à l'heure actuelle le prix du carburant à 1,99€, ils font encore des profits colossaux. Je vous disais, 5 milliards d'euros de profit, rien que sur le dernier trimestre. Ils ont fait plusieurs dizaines de milliards d'euros ces dernières années de profit. Ça veut dire que même en plafonnant 1,99€, il faut encore du profit. Ça veut dire qu'il y a un petit peu de marge pour redescendre le prix du carburant à 1,70€. Et vous voyez, moi je préfère embêter Total pour reprendre l'expression du ministre. plutôt qu'embêter des millions de Français qui sont en train de crever la bouche ouverte, littéralement, puisque les derniers chiffres de l'INSEE disent qu'on a un Français sur cinq qui dépense plus d'un mois de salaire en carburant. On ne peut plus continuer. Jean-Luc
Mélenchon veut aussi le blocage des marges des compagnies pétrolières, sauf que dans les faits, on ne peut ni bloquer ni plafonner les marges de raffinage. Les prix sont définis par les marchés. Alors comment vous faites ? Ce n'est
pas vrai. Si vous regardez l'évolution des courbes, vous avez les prix du Brent, donc du pétrole brut. Et le prix final à la pompe, l'écart, donc c'est la marge qui est faite par les entreprises pétrolières, cet écart-là a été multiplié par 7,5%. Oui, mais ce sont les marchés qui vont fixer les
prix à l'arrivée.
Comment vous faites
?
Sauf qu'aujourd'hui, le prix du marché, il n'est pas au prix colossal auquel vous vendez. Donc il y a bien des marges indues qui ont été faites au milieu. Ces marges-là, elles ont cessé d'augmenter. On n'est pas aujourd'hui sur les mêmes marges qu'il y a deux ans, qu'il y a cinq ans, qu'il y a dix ans. Il y a déjà eu du prix du pétrole brut à ce niveau-là, sans pour autant que le prix à la pompe soit si
cher. Sauf que Total réalise 95% de ses bénéfices à l'étranger. Vous savez, on ne peut pas taxer les bénéfices à l'étranger. Donc comment vous faites ? Je pose ma question.
Donc il y a un double problème avec Total. Le premier, c'est qu'ils déplacent artificiellement une grande partie de leurs bénéfices, selon les économistes comme Gabriel Zuckmann, c'est 25 à 30% de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux. Et la deuxième chose... C'est la solution que nous on propose, c'est un impôt universel sur les entreprises. Vous savez que moi j'ai travaillé pour l'ONG Oxfam, j'étais spécialiste des questions de lutte contre l'évasion fiscale. Et justement ce qu'on propose c'est de recalculer la manière, la base fiscale, l'assiette fiscale d'une entreprise comme Total pour que les bénéfices déclarés en France correspondent à l'activité économique réelle. Par exemple ils ont 20% de leurs employés en France, c'est pas normal qu'ils aient payé 0€ d'impôt sur les sociétés ces dernières années.
combien a rapporté la taxation des super profits sur les pétroliers ? On l'a déjà fait en 2022, ça a rapporté combien ? 2 milliards d'euros ? Ça a rapporté à peine 100 millions d'euros, c'était 69 millions très précisément parce que justement il y a de l'optimisation fiscale. Et donc quand on met en regard ces 69 millions d'euros taxés et quand on voit que Total met 500 millions pour le plafonnement
à la pompe...
C
'est intéressant ce que vous dites, parce qu'il y a des entreprises qui font de l'évasion fiscale, donc la solution c'est de supprimer la taxe et de faire payer les Français. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas si simple. Ce n'est pas une option, c'est une option. L'autre option que moi je propose, c'est se donner des moyens véritables de lutter contre l'évasion fiscale. On a un vrai sujet en Europe, et je le dis singulièrement en tant que députée européenne, c'est qu'une grande partie de l'évasion fiscale se fait au sein même de l'Union Européenne avec des États européens. Il s'agirait de... Commencer par considérer des États comme Malte, l'Irlande, les Pays-Bas comme des véritables paradis fiscaux et de prendre des sanctions.
Deux dernières questions. Lors de son discours à l'ONU, Emmanuel Macron ouvertement critiquait les agissements d'Israël en Cisjordanie, en affirmant même, ce qui a fait polémique, et une grosse polémique, que le Hamas n'a jamais sévi sur ce territoire. Il a aussi dénoncé, je le cite, ce spectacle qui nous fait honte à tous. Il parlait de Gaza. Jean-Luc Mélenchon parle de discours de remords. Et vous, est-ce que vous n'y avez vu aucune... Le
problème avec Emmanuel Macron, c'est qu'il y a Dr Emmanuel à New York et Mr Macron en France. Le même Emmanuel Macron qui dénonce à juste titre les agissements du gouvernement israélien qui commet des crimes au regard du droit international en Palestine et le même qui refuse de prendre des sanctions à la garde du gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui refuse de demander la suspension de l'accord d'association entre l'Union Européenne.
Mais qui a fait la reconnaissance
de l'État de Palestine. par la France. Donc ça, ce n'est pas des paroles, c'est du concret. Et il s'est passé quoi depuis ? Il n'y a même pas une ambassade de la France en Palestine. À l'anniversaire des un an de la reconnaissance de l'État de Palestine, l'avion de Benjamin Netanyahou a survolé l'espace aérien français alors qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. Vous voyez, les Palestiniens, ils n'en peuvent plus des paroles, des belles paroles à la tribune des Nations unies. Ce qu'ils veulent, c'est des actes. Et en l'occurrence, la France et l'Union européenne ont continué leur complicité dans le génocide en Palestine. ont refusé de prendre les sanctions qui sont nécessaires, malgré la demande de plus d'un million de citoyens qui ont signé notre initiative citoyenne européenne pour suspendre l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël. Donc il s'agirait de le faire.
Emmanuel Macron qui ne va pas assister aux deux messes célébrés par le pape qui arrive demain, il a raison ?
crois que c'est le respect strict de la laïcité. J'observe qu'il n'a pas toujours eu la même stratégie, la même attitude. Je ne sais pas si c'est en même temps d'Emmanuel Macron. Il le reçoit aussi comme un chef d'État, le pape et le chef d'État du Vatican. Mais je crois que c'est bien de ne pas tout mélanger en effet. Merci Manon Aubry, bonne journée à vous. Merci beaucoup Manon Aubry d'avoir été notre invitée du 7h40 France Info.
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