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Votre première réaction, Manuel Bompard, peut-être à ce qu'a dit le président de la République sur, évidemment, la crise majeure des carburants et notamment le fait que, dit-il, rien n'est exclu, y compris une baisse des taxes. En tout cas, ça fait partie de l'éventail. Qu'en pensez-vous
'ai l'impression que le président de la République ne réalise pas vraiment le niveau de souffrance sociale qu'il y a aujourd'hui dans le pays, puisqu'il nous dit que la situation est durable, les prix des carburants vont augmenter pendant encore plusieurs semaines ou plusieurs mois. Mais il refuse en réalité de prendre des mesures qui sont des mesures capables et susceptibles d'améliorer la situation rapidement. Il se contente des minuscules aides qui ont été annoncées par le gouvernement et qui concernent quelques millions de personnes, à compter que ces personnes en fassent la demande et qui ignorent l'essentiel des Françaises et des Français. Il nous dit, le président de la République, qu'il faut agir pour baisser les prix. Et il refuse d'utiliser la seule méthode pour le faire. C'est ce qu'on appelle le blocage des marges, c'est le blocage des prix. Puisqu'il nous dit que... Total, où les raffineurs ne font pas de marge en France, c'est faux. Ils ont vu leur marge augmenter multipliée par 7 depuis le début de la crise. Et pourtant, ils refusent de bloquer les marges, qui est la seule mesure qui permettrait de ramener le prix du carburant autour de 1,70€. C'est le prix auquel il était avant le déclenchement de cette crise.
Votre réaction à l'adjectif qu'il emploie à Emmanuel Macron dit Total est patriote.
Total a mis en place, vous le savez, des mesures de plafonnement des prix. Mais ces mesures-là, elles sont une goutte d'eau. Pourquoi ? Parce que... Total lui-même dit que c'est une mesure qui lui coûte autour de 300, 400 millions d'euros. Mais dans le même temps, cette entreprise fait plusieurs milliards d'euros de sur-profit. Donc la vérité, c'est qu'il faut par la loi décider d'aller plus loin. Et décider d'aller plus loin, c'est bloquer les marges, c'est refuser que ces marges augmentent de manière significative. Et alors ça aura un impact immédiat pour tous les Français qui nous écoutent sur le prix du carburant. C'est pas très compliqué à faire, il faut juste la volonté politique de le faire.
Manuel Montpard, quand on voit la situation, et là quelque chose évidemment de très angoissant, là c'est le côté train fantôme. On va parler dans un instant de ce qui se passe sur le front est de l'OTAN, ce qui se passe au Proche-Orient, la crise des carburants, on vient de le dire, la crise des taux d'emprunt. Tout ça, c'est vraiment extrêmement grave. Et le président de la République vous désigne, vous, les oppositions, tout à l'heure en disant que le fait que la France n'ait pas pu réformer les retraites, ça reste la marque de ce quinquennat, le grand blocage de ce quinquennat.
Écoutez, franchement, ça n'a aucun rapport. Monsieur le Président de la République a, lui, une responsabilité directe dans l'augmentation de la dette, plus de 1000 milliards de dettes supplémentaires, dans l'augmentation des déficits, notamment parce qu'il a multiplié depuis son élection les cadeaux aux ultra-riches, aux très grandes entreprises. Par exemple, il a supprimé l'impôt de solidarité sur la forque. Il a introduit ce qu'on appelle la flat tax qui permet aujourd'hui de payer moins d'impôts sur le capital. Et si ces cadeaux-là n'avaient pas été faits depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, à l'heure où on se parle aujourd'hui, le déficit en France serait inférieur à 3% du PIB. Si M. Macron n'avait pas fait 60 milliards d'euros de cadeaux par an, c'est lui qui a une responsabilité dans cette situation. Après, il peut appeler à la responsabilité de tout le monde, mais il devrait commencer par s'appliquer cette règle à lui-même. que quand on est dans une situation difficile, ce n'est pas encore aux Françaises et aux Français qu'il faut s'en prendre, mais au contraire, il faut mettre à contribution celles et ceux qui ont les moyens d'être mis à contribution, les grandes entreprises, les ultra-riches, celles et ceux qui font des profits gigantesques, extraordinaires ces derniers mois, et à qui M. Macron ne veut pas dire qu'il faut faire un effort. Si vous êtes patriote, faites un effort. pour que le pays tout entier puisse sortir
de cette situation difficile. Monsieur le député, j'aimerais vous entendre sur la situation militaire et les menaces guerrières sur l'Europe. Ce sera largement discuté avec les dernières informations que nous recevons ce soir à ce sujet. C'est la CIA qui aurait, selon El Mundo, donné des informations à la France, à l'Italie et à l'Espagne sur les menaces de drones, d'un type de drone précisément, les drones Gerbera, qui menacera un certain nombre de sites en... en Europe et surtout en France, en Italie et en Espagne. Le président de la République dit qu'ils n'ont pas reçu d'informations de la CIA. En revanche, il y a bien une menace potentielle sur des sites. Est-ce que pour vous cela change la donne ? Est-ce que vous considérez que la France est plus menacée qu'on ne le pensait ?
Écoutez, d'abord, vous l'avez dit, mais je veux le redire, le président de la République a lui-même démenti ces informations et des ministres italiens les ont démenties également. Pour autant, évidemment, on est dans une situation qui est une situation d'approfondissement du conflit et de la guerre qu'a déclenché aujourd'hui la Russie contre l'Ukraine, de montée en tension, de montée en puissance, d'escalade. Et évidemment que cette escalade, elle est extrêmement dangereuse et que la France doit mettre sur la table et décider des politiques qui lui permettent de se protéger. pas faire que ça elle doit aussi essayer d'empêcher cette escalade et au contraire d'ouvrir une logique et une logique de désescalade et c'est ce que nous demandons avec jean-luc mélenchon depuis plusieurs années maintenant de dire il faut commencer par des objectifs concrets alors là le président de la république pour la première fois propose ce fameux double moratoire en disant les russes s'engagent à ne pas frapper les infrastructures énergétiques ukrainienne les ukrainiens s'engagent à ne pas frapper les infrastructures énergétiques russes je pense que c'est dans cette direction qu'il faut aller c'est-à-dire des petits pas, des actes concrets qui permettent à cette logique d'escalade, de substituer au contraire une logique de désescalade et d'ouvrir un chemin vers
la paix. C'est dans cette direction qu'il faut aller. Est-ce que là, vous l'approuvez ? Quand Emmanuel Macron dit qu'on va négocier un double moratoire avec les Urusses et les Ukrainiens, on n'est plus tout à fait dans la posture d'avant en disant qu'on va se battre jusqu'au bout, jusqu'à la libération de tous les territoires, Crimée comprise. Là, on négocie. C'est quand même un grand, grand changement. Est-ce que pour vous, c'est une bonne nouvelle ?
Écoutez, c'est plutôt lui qui nous approuve, puisque en l'occurrence, c'est ce que nous mettons sur la table depuis plusieurs mois, de dire qu'il faut sortir d'une simple logique de monter en tension et de participer nous-mêmes à l'escalade. Au contraire, il faut construire des actes de désescalade et ça commence par des petits pas,
par des petits gestes. – Des gens comme Boris Johnson vous disent que c'est du défaitisme, on se bat jusqu'à la libération de son territoire, on ne dit pas on négocie.
écoutez, moi j'étais à la réunion qui a été organisée par le président de la République la semaine dernière, je ne veux pas y dévoiler des informations confidentielles, mais je pense que je peux dire ça, tout le monde en est conscient, c'est qu'aujourd'hui ce conflit il est durablement enlisé, et que si l'un ou l'autre des belligérants, et je n'oublie pas évidemment que c'est d'abord la Russie qui a déclenché cette guerre, veut vraiment l'emporter, c'est-à-dire remplir ses objectifs militaires, ça va prendre sans doute plusieurs années, et des centaines de milliers, voire des millions de morts. Donc si on veut sortir de cette situation, il faut ouvrir un chemin de paix. Et pour ouvrir un chemin de paix, il faut commencer par des actes pour petit à petit créer un climat qui permet ensuite d'aller plus loin. Avec Jean-Luc Mélenchon, nous avions proposé par exemple, comme premier acte, de sécuriser les centrales nucléaires. Là, le président de la République parle des infrastructures énergétiques. Je pense que c'est dans cette direction qu'il faut aller. Parce que sinon, c'est très facile sur les plateaux de télévision d'avoir des discours belliqueux. Sauf que ce n'est pas nous qui en payons les conséquences. le prix, y compris le prix humain. Donc je pense que quand on est sérieux, au contraire, il faut agir pour la paix, il faut construire la paix. Ce n'est pas facile, évidemment, mais c'est dans cette direction que la France doit mettre tous ses efforts.
Un mot encore sur ce sujet. Ce soir, Marine Le Pen dit qu'il y a des petits marquis belliqueux, elle reprend dans un autre genre ce que vous dites. Votre réaction à ceux qui vous accusent régulièrement depuis quelques temps d'être le parti de l'étranger ? Beaucoup au centre disent que l'ERN est un parti de l'étranger et la France insoumise est un parti de l'étranger. Mais
monsieur Rochebin, ne vous faites pas le relais des accusations infamantes. Vous savez, le parti de l'étranger, c'est une rhétorique très dangereuse. Oui, je ne vous le reproche pas, mais vous savez, le parti de l'étranger, c'est une rhétorique très dangereuse qui a été utilisée, y compris au cours du XXe siècle en France par l'extrême droite. Je recommande de ne pas utiliser ce type d'expression. Rien dans ce que je viens de vous dire et rien dans les positions que nous défendons ne revient à prendre parti pour un pays étranger, mais bien au contraire, tout au contraire, il s'agit de sauvegarder à la fois les intérêts de la France, évidemment, et l'idée qu'on se fait des droits humains, c'est-à-dire protéger les vies civiles, faire en sorte que la guerre s'arrête. le plus rapidement possible. Voilà tout simplement quel est notre objectif et je pense qu'au contraire c'est un objectif qui devrait
être partagé par tous. Est-ce qu'il y a un parti belliciste en France ? Ce soir on va écouter toutes les réactions. Il y a ceux qui disent qu'on en fait trop pour l'Ukraine, ceux qui disent qu'on n'en fait pas assez. Il y a vraiment toute la gamme. Est-ce qu'il y a d'après vous un parti de la guerre en France ?
écoutez, c'est normal qu'il y ait des débats sur ces sujets. C'est plutôt sain dans une démocratie d'avoir des débats sur ces sujets. Je pense qu'il y a parfois des discours ou des illusions qu'on sortirait de ce conflit par la guerre et qu'on a vendu pendant des années et des années dans les médias en particulier. Je crois que tout le monde est en train de revenir à un principe de réalité. Et ce principe de réalité, c'est que pour faire la paix, il faut négocier. Et pour négocier, il faut y compris ouvrir des discussions, y compris avec ceux qui ont déclenché la guerre, même si on désapprouve absolument leur action. Sinon, on ne peut pas faire la paix. Et donc, il faut aller dans cette direction. Et tous ceux qui essayent de venir sur les plateaux de télévision pour dire non, non, ce n'est pas ça qu'il faut faire, il ne faut pas faire la paix, il faut continuer la guerre. Bien souvent, ce n'est pas eux qui payent les conséquences de la guerre, vous voyez. Donc moi, je sais très bien que ce n'est pas moi qui paierai les conséquences. Mais je ne me permettrais pas d'aller dire aux gens qu'il faut aller faire la guerre, faire la guerre, faire la guerre. Au contraire, je pense qu'on doit construire et ouvrir un chemin de paix. Je pense que c'est la seule option raisonnable et c'est celle que la France doit défendre.
Merci beaucoup, Manuel Bonpart, d'avoir été notre invité. Vous êtes dans votre local de campagne ? Je suis dans ma permanence. Il y a votre portrait à côté de vous. À Marseille. Merci beaucoup
d'avoir été avec nous. La fin de semaine, vous savez, on est en circonscription. Merci à vous.
Merci d'avoir été avec nous en direct.
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