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Bonjour tout le monde, nous sommes le 24 septembre et c'est le bonjour pour enfiler les gants de boxe comme les candidats à la primaire socialiste hier soir lors de leur premier débat sur LCI. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Chez Paul, l'émission, notre discussion hebdomadaire consacrée à la campagne présidentielle avec nos journalistes qui la suivent, l'analyse, enquête et écrivent sur ces candidats. Vous connaissez désormais la devise de notre émission, on parle de politique. Ici avec le ton... du comptoir plutôt que celui du perchoir. On est en fait dans la continuité de la célèbre newsletter politique de l'EB chez Paul. Sa rigueur et son impertinence passent désormais tous les jeudis matin à l'écran. Et aujourd'hui, on va s'attaquer aux socialistes qui s'attaquaient entre eux ce mercredi soir. Quelle drôle d'idée, me direz-vous, mais apparemment c'est tout le but d'une primaire. Se départager entre amis pour envoyer ensuite son meilleur élément, affronter ses adversaires politiques. Encore faut-il avoir un bon élément parmi ses candidats. Est-ce le cas des socialistes ? Qu'est-ce qui les différencie ? Le débat de ce mercredi soir était-il seulement intéressant ? J'espère que mes deux invités vont répondre par l'affirmative à cette question parce qu'on est parti pour en parler pendant 45 minutes. Anne-Sophie Lechevalier, chef adjointe du service politique est avec nous. Salut Anne-Sophie. Salut
Emmanuel.
Ainsi que Lucie Alexandre, journaliste politique chargée du suivi de la gauche qui est avec nous également ce matin. Salut Lucie.
Salut à tous.
Lorsqu'on aura passé en revue tous les enjeux de cette primaire et qu'on aura attribué les bons et les mauvais points, on recevra l'addition d'Etienne Baldi et je crois savoir qu'aujourd'hui il vient nous parler de sénatorial, d'un nouveau candidat à la présidentielle et d'expressions qu'on n'aurait pas pensé entendre en ce début de campagne. Mais commençons tout de suite par du fait maison. L'analyse de l'IB du débat des socialistes publié ce mercredi soir est titrée, ouvrez les guillemets, ce n'est pas quelqu'un à l'extérieur du PS. qui va définir la refondation de la gauche. Fermez les guillemets. Glucksmann endure les attaques de Royal lors du premier débat de la primaire socialiste. Alors vous, le tchat, avez-vous suivi le débat d'hier soir et qu'avez-vous pensé de cet affrontement entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann entre autres ? On vous lit et on relève vos remarques et questions pendant toute l'émission. Mais juste avant ça, Anne-Sophie, Lucie, qu'avez-vous pensé de ce débat ? Est-ce que ça valait vraiment la peine d'y consacrer sa soirée ou fallait-il lutter pour ne pas s'endormir ?
Alors évidemment, il faut que ça intéresse un peu, mais si ça intéresse un peu, oui, c'était intéressant et ça valait la peine de regarder. Peut-être qu'il fallait un peu lutter pour ne pas s'endormir au début, où on avait quand même un enchaînement de tunnels et pas beaucoup de dissensions et d'affrontements entre les candidats. Et au fur et à mesure de la soirée, à l'heure où on pouvait commencer à s'endormir, finalement, c'est là qu'on a été réveillés, parce que c'est là que le débat a fait sa fonction, c'est-à-dire qu'il a révélé les divergences de vues et de lignes entre les cinq candidats.
On parlait justement d'affrontements. De quelle nature ont été ces affrontements ? Est-ce que ça s'est vraiment bagarré dans les joutes verbales hier soir entre les différents candidats ? On parlait notamment de Ségolène Royal qui s'était un peu attendu à attaquer un petit peu Raphaël Glucksmann. Qu'en est-il entre ces deux-là et entre les autres
qui était assez rigoleux, c'est que du coup, le dispositif, ils étaient chacun un peu à un pupitre, assis, mais en randonnion. Donc déjà, ce n'était pas hyper mobile. Et au début, c'était un peu des longs tunnels sur tous les sujets. Et comme il y avait un peu l'idée dans cette campagne de la primaire de dire, oui, il ne faut pas qu'on s'égorge entre nous pour en sortir affaibli. Du coup, ils étaient tous... très polis. En plus, c'est des socialistes, c'est un peu censé être leur marque de fabrique. Du coup, ils étaient très calmes. Et chacun déroulait son truc. On voyait qu'ils avaient tous préparé leurs petites phrases, leurs petites punchlines, etc. Donc ça, c'était relativement chiant, en fait. Et en plus, on n'apprenait rien, parce que si on suit un peu, on connaît ce que les uns et les autres ont à dire. Et ensuite, il y a eu deux moments où ils ont commencé à s'énerver. Et du coup, le contraste était un peu saisissant, parce qu'ils ont passé de « on est très calme », à là, tout d'un coup, vraiment, on pète un câble et on commence... Pas à s'insulter, mais quand même à un peu s'attraper le col et tout ça.
C'était à quel sujet alors ces affrontements ? Du coup,
il y a eu sur l'international un peu la guerre en Ukraine, mais ça a été surtout sur Gaza, où là ils se sont un peu excités. Pourquoi sur
la guerre en Ukraine ? C'était quoi les différents créneaux ? Il y a
Ségolène Royal qui était un peu dans un truc, oui, il faut faire de la diplomatie, dans un truc un peu... qui pouvait paraître un peu complaisant vis-à-vis de Poutine. Donc un
peu ambigu par rapport à la Russie. Un
peu ambigu. Et du coup, comme Glucksmann, c'est son sujet de prédilection, il a sauté sur l'occasion pour commencer un peu à essayer de pointer ça. En plus, elle l'attaque quand même depuis une semaine dans la presse et dans les médias et tout ça. Notamment dans une interview
auprès de Libération où elle considère... Elle l'a traité de stagiaire.
Donc du coup, elle a profité de ça pour un peu essayer de... Enfin, il a profité de ça, pardon, pour un peu essayer de montrer qu'elle... selon lui, n'importe quoi. Et après, sur Gaza, du coup, c'est Olivier Faure qui... Enfin, Ségolène Royal, puis Olivier Faure, parce qu'il y avait un dispositif un peu marrant où, en fait, Ségolène Royal attaquait Glucksmann. Et après, Faure, souvent, attrapait la balle pour renchérir de façon un peu plus structurée, on va dire. Et forcément,
souvent, Jérôme Gage venait... Voilà, et Jérôme Gage
faisait un peu le même office, quoi, pour... pour attaquer fort. Il y en avait un qui faisait un peu l'excité de service, qui balançait une grosse attaque, et puis ensuite l'autre qui arrive avec des arguments un peu plus posés. Et du coup, sur Gaza, ils ont accusé Glucksmann de ne pas vouloir employer le terme de génocide. Et en gros, Olivier Faure a dit « Oui, tu t'es battu contre le génocide des Ouïghours, et là, il y a un peu deux poids, deux mesures, tu ne veux pas l'employer ». Et Glucksmann s'est défendu en disant que lui, il se fiait à la qualification de la Cour pénale internationale qui n'employait pas le terme de génocide.
Vas-y, vas-y, je t'en prie.
Et du coup, le dernier sujet, et là, je pense qu'on va détailler, parce que c'est le plus intéressant potentiellement et le plus structurant dans la compétition qui s'ouvre entre eux, c'est du coup arriver tout à la fin. C'était du coup le débat sur les alliances à gauche. Et là, on sentait qu'ils n'étaient plus forcément maîtrisent tous de ce qu'ils faisaient. Sauf c'est Glenn Royal qui avait vraiment préparé des interventions qui, là, à mon avis, étaient les plus réussies de sa part de la soirée. parce qu'ils ont commencé à vraiment s'énerver.
il était question des alliances, notamment aux législatives, entre s'allier potentiellement avec des candidats insoumis, donc de faire des accords électoraux avec la France insoumise, alors plutôt avec le centre ou la droite, c'est un peu ça le sujet de l'affrontement sur cette question des alliances
En fait, le truc, c'est que la question du rapport à LFI, depuis le début du macronisme, il y a dix ans, c'est un peu le sujet au Parti Socialiste qui clive dans le parti. Et jusqu'en 2022, ils n'ont pas fait d'alliance. Et puis à partir de 2022, il y a eu des alliances aux législatives. Et puis il y a d'autres élections entre-temps. Et du coup, tous les congrès maintenant du PS se jouent un peu là-dessus. Et là, fort, son dernier congrès, il a gagné, mais vraiment de très peu. Et dernièrement, après les municipales, il s'est trouvé à être mis en minorité par une nouvelle majorité au bureau national du PS, qui est en gros anti-alliance avec LFI et qui veut qu'on ne s'allie plus jamais avec LFI. Et en fait, Glucksmann, ça, c'est sa ligne. Donc en fait, là, dans la primaire, il y a ce rejou, en fait, un peu le débat interne du Parti Socialiste entre Glucksmann, même si lui, il n'est pas au Parti Socialiste, et Ford, qui est du coup dans cette ligne de « il faut faire alliance avec la gauche ». Et là, le sujet, c'est que du coup, Ford comme Royal ont accusé Glucksmann de vouloir, s'il ne faisait pas des alliances avec le reste de la gauche, dont LFI, vouloir faire des alliances avec le centre, voire la droite.
vous relève justement deux questions dans le chat, l'une sur la question des alliances, et puis ensuite on reviendra aussi de l'un des temps forts du débat d'hier soir, on commençait à en parler, mais des affrontements qu'il y a pu avoir sur la thématique liée à la situation à Gaza. La première question c'est sur les alliances, quelqu'un dans le chat s'interroge quand on est du PS et de gauche, quel est l'intérêt de voter à cette primaire, notamment par exemple pour Raphaël Glucksmann, sachant qu'il va, qu'il pourrait s'allier avec la droite et les macronistes.
-être déjà rappeler que Glucksmann ne dit pas pour l'instant qu'il veut s'allier avec la droite et les macronistes quand même sur les faits. Après, beaucoup de gens le soupçonnent, à commencer par Cécolaine Royal, il a pris des anciens macronistes dans son équipe de campagne, donc ça c'est un fait. Et après, c'est sûr que c'est, comme le disait Lucie, c'est une ligne de départage très forte, et par rapport notamment dans une perspective de deuxième tour de l'élection présidentielle. Qui pourrait, si on en croit les sondages, qui ne sont qu'une photo à un moment donné, se faire contre Marine Le Pen ? La question, c'est comment rassembler à ce moment-là et jusqu'où doit aller l'alliance ? Il y en a qui ont théorisé faire des alliances de Canfin à Ruffin. Est-ce qu'on englobe toute la gauche et rien que la gauche ou est-ce qu'ils vont plus loin ? Le départage se fait là-dessus, je pense.
En fait, ils ont aussi un débat de constat. C'est-à-dire qu'en gros, pour Olivier Faure, il y a trois blocs. La gauche, le bloc central, donc la droite et le centre, et puis l'extrême droite. Et donc, du coup, si on voit les choses comme ça, on se dit que forcément, du coup, il faut faire alliance avec toute la gauche. Sinon, à un moment donné, on ne peut pas être majoritaire. Et même en ayant seulement toute la gauche, il manque encore un peu des voix. Et Glucksmann, lui, il théorise, il dit non, il n'y a pas trois blocs, il dit il y en a quatre. Il y a la gauche, la droite, l'extrême droite, l'extrême gauche, un peu à l'ancienne, en fait. Et il pense que c'est fini, en fait, le macronisme avec, du coup, ces trois blocs, et que maintenant, du coup, on revient à un truc plus avec quatre blocs, quoi. Donc, en fait, ils ne sont pas d'accord sur le constat, et c'est vrai que ça change beaucoup de choses, parce que, du coup... Lui, Olivier Faure, il pense que c'est pas possible de gagner aux législatives ou même d'avoir un nombre important de députés sans que la gauche s'allie. Et du coup, il pense que Glucksmann a des intentions cachées et qu'en fait, même si c'est pas un accord pour les élections législatives, après, pour avoir une majorité, il fera une coalition. avec du coup la droite et le centre. Et pour être honnête, il y a des gens autour de Glucksmann, notamment des anciens macronistes, à qui ça va très bien, et qui disent aux journalistes en off, oui, oui, c'est ça qu'on va faire. Donc, c'est pas non plus complètement une théorie du complot.
Ça vous a étonné, vous, que ça s'écharpe autant dans ce débat sur la question des alliances, et notamment sur le rapport à LFI, parce que c'est vrai que du coup, le... Le nom de Jean-Luc Mélenchon a été prononcé du coup plus d'une fois à la fin du débat. Plus que celui de Donald
Trump, par exemple, finalement, par rapport à sur quoi apportait le débat. Mais non, c'est pas étonnant. Lui s'il l'a rappelé, ça a animé le nombre de congrès du PS. Et là, je pense qu'autant au début, on était sur quelque chose de très respectueux et très cadré. Et autant là, on a plus eu une idée de comment se dérouler de l'intérieur les discussions entre socialistes. Et après, on voit que c'est vraiment une ligne. Enfin, il y a le terme de gauche irréconciliable. a été prononcé et c'est vraiment une ligne de départage très forte entre les candidats. On voit que Gage, on peut rappeler ça peut-être, donc Jérôme Gage, il a été élu député de Lesson en 2024, il a rappelé hier qu'il avait... était élu sans le soutien de LFI, contrairement aux autres circonscriptions. Et il dit « je n'en tire pas Gloriole », mais enfin bon, il le répète quand même cinq fois.
Et Olivier Faure lui a rappelé qu'il n'y avait pas de candidat du bloc macroniste en face de lui. Exact, et qu'il n'y avait pas de candidat
Renaissance, c'est ça qui expliquait sa victoire. Donc en fait, là, c'est encore plus vif et c'est encore plus étalé, puisqu'en plus on a… une personnalité comme Jérôme Gatch, qui fait de cet argument anti-LFI, ancien compagnon de route de Jean-Luc Mélenchon, qui fait de cet argument anti-LFI une obsession. Après, la question, c'est est-ce que finalement, c'est vraiment tout l'enjeu et est-ce que ça doit occuper tous les débats, au détriment peut-être d'autres sujets de fond pour être intéressants de traiter ? Mélenchon, ça lui va très bien aussi d'être au centre et que ça se positionne. C'est vrai que c'est ce que disait par exemple Ségolène Royal, c'est qu'il ne parle que de ça et donc il le replace au centre du débat. Peut-être on peut aussi parler d'autres composantes de la gauche, des écologistes, des communistes et des différentes alliances qui pourraient se forger après. Et ça, ça a été vraiment à peine abordé. Fort
en a parlé un tout petit peu pour essayer de coincer Glucksmann à un moment donné, en disant que lui, il voulait travailler avec les anciens insoumis comme François Ruffin et Clémentine Autain, et les écologistes et les communistes, et que ces gens-là n'iraient jamais travailler avec Glucksmann. Et il a posé la question, prouve que tu peux travailler avec eux. Pour l'instant, eux ne veulent pas travailler avec toi. Du coup, il a essayé un peu de l'acculer là-dessus. Mais bon, ça n'a pas été vraiment creusé. En fait, ça aurait été plus pertinent que le débat porte là-dessus. Parce que pour de vrai, ça, c'est un vrai enjeu et une vraie question qui se pose. Alors que Mélenchon, on sait que pour l'instant, en tout cas pour la présidentielle, les socialistes ne vont pas rallier Mélenchon. Alors que les autres, la question pourrait se poser plus directement.
à noter aussi que tous essayent de dire qu'on ne veut pas confondre Jean-Luc Mélenchon en l'occurrence et les électeurs, parce que de toute façon les électeurs devraient être assez nombreux, pareil si on en croit les sondages aujourd'hui, et s'ils espèrent pouvoir les rallier, il faut aussi qu'ils ne les insultent pas. Les électeurs
et même d'autres élus insoumis, je crois que c'est Ségolène Royal qui disait à un moment donné, qui disait aussi que tous les élus insoumis ne sont pas Jean-Luc Mélenchon, n'ont pas le même style aussi, n'ont pas la même pratique de la politique. Elle l'a rappelé aussi à un moment donné. En
faisant un petit dérapage, parce que quand même, au début, on a entendu ça, on s'est dit ouais, ok, d'accord. Et puis ensuite, elle a dit oui, mais comme les élus RN, par exemple. Et du coup, c'était en fait le truc qui a démarré. Un peu
étonnant. Avant de revenir sur les sujets de fond un peu plus précisément, une question sur la globalité de ce débat-là, parce que forcément, après un débat, on se pose toujours la question de qui en sort gagnant, qui en sort perdant, qui a marqué le plus de points. Selon vous, qui sort véritablement gagnant à remporter ce débat ? Est-ce qu'il y a eu un vainqueur clair de ce débat d'hier soir, ou pas forcément
Je ne sais pas s'il y a un gagnant, mais je trouve qu'ils ont tous un peu marqué des points. On avait un peu le sentiment aussi, on l'a dit, ça s'est un peu excité à un moment donné, mais globalement que c'était très calme, etc. Et qu'en fait, comme il va y avoir trois débats et que c'était seulement le premier, j'ai l'impression qu'ils en gardent un peu sous le manteau et que le dernier, à mon avis, qui est d'ailleurs le débat partenariat avec Libé, va être potentiellement plus agressif. Mais du coup, là, ils étaient un peu à avancer et ils ont tous un peu marqué des points. Glucksmann, par exemple, son enjeu. C'était d'apparaître pas trop mauvais à l'oral, pour résumer un peu les choses, parce qu'il est caricaturé sur les réseaux sociaux pour le fait qu'il n'aurait pas de charisme, qu'il ne serait pas bon, etc. Et là, il n'était pas trop mauvais. Il n'y a pas de séquence ridicule qui est sortie du débat. Globalement, il s'en est plutôt bien sorti. Donc lui, il y a ça, qui était quand même un gros enjeu pour lui. Olivier Faure, même si sur un peu les tunnels de fond, je ne sais pas si... si lui il est très bon aussi pour parler à l'oral tout ça mais mais en tout cas sur la fin quand il a débattu de cette question des alliances Je pense que les gens qui regardent ça un peu de loin ont pu être séduits par son discours. Par exemple, les gens qui ont envie de continuer les alliances à gauche, qui veulent une ligne vraiment à gauche, il a réussi à faire passer ses messages.
que lui, c'est quoi son objectif pendant ce débat ? Il a quand même un statut plus particulier que les autres, dans le sens où il est premier secrétaire du parti. Il pourrait être, on pourrait se dire que ça devrait être lui le candidat naturel du parti socialiste à une présidentielle, si son statut en tout cas était « respecté ».
Ouais, après, c'est vrai que c'est pas très clair, parce que bon, du coup, Glucksmann est assez haut dans les sondages, testé jusqu'à 16, je crois, parfois. C'est plus le
favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann ? Bah,
il est favori pour deux raisons, déjà, parce qu'il est à 16% dans les sondages, et pour une autre raison, qui est que le corps électoral, on le connaît pas encore, puisqu'on peut, en théorie, s'inscrire. Jusqu'au 5 octobre. Mais en fait, si on prend le corps électoral de base, il y a deux tiers du PS qui est censé soutenir Glucksmann. Bon, ça, on n'est pas trop sûr. Mais on va dire un peu plus de la moitié qui est censée soutenir Glucksmann. Et ensuite, il a son propre parti, place publique. Et puis après, il y a le mouvement de Morel aussi, qui sera probablement après le second tour en sa faveur. Du coup, si on compte déjà les voix existantes... C'est plutôt en sa faveur. Et après, chez Place Publique, en ce moment, ils disent qu'ils ont plein d'adhésions, etc. Donc en fait, un peu numériquement et à cause de sa position dans les sondages, il n'y a pas trop de suspense. 'est ça. Et Ford, du coup... En fait, Ford, il était censé défendre la primaire, que moi j'appelle la primaire des unitaires, donc avec les anciens insoumis et les écologistes et générations, le parti fondé par Benoît Hamon. Donc Ford, il est censé avoir défendu ça de tout temps, tout ça. Mais en fait, il n'a jamais soumis cette option aux votes des adhérents socialistes. Alors est-ce qu'il l'a pas fait parce qu'il avait peur d'être mis en minorité et du coup de se montrer affaibli en tant que chef du Parti Socialiste ? Ça ressemble
à un désaveu en quelque sorte.
Est-ce qu'il l'a pas mis au vote parce qu'il avait du coup peur d'être mis en minorité et que ce soit un désaveu pour lui ? Ou est-ce qu'il l'a pas mis au vote parce qu'en fait finalement...
de chances de gagner peut-être aussi du coup pour lui.
En fait, c'est ce qu'il avait peur aussi de perdre cette primaire. Et qu'en fait, on sait que pour les socialistes, l'idée de se ranger derrière un ancien insoumis ou un écolo, c'est un peu inimaginable, en fait. Donc, lui, il y a quand même une petite ambiguïté. Et en plus du fait, comme il n'est pas très haut dans les sondages, là, dans cette primaire, il a un peu un enjeu à essayer de motiver les gens à venir voter pour lui. Et c'est pour ça qu'il s'en tient un truc de ligne très à gauche, à la fois du coup sur le... le conflit à Gaza, et sur les questions économiques, et sur l'union de la gauche, incarnez vraiment ce truc de dire, électeurs de gauche, si vous ne voulez pas des gauches irréconciliables, votez pour moi. Mais après, on ne sait pas trop s'ils gagnaient. Moi, je ne sais pas ce qui se passe, en fait. Personne n'est vraiment capable de le dire.
sur les autres candidats, qui a marqué des points ?
Moi, je pense que surtout, ils ont tous conforté les gens qui voulaient voter pour eux. Je ne vois pas quelqu'un qui a ramassé la mise. Est-ce qu'on peut parler d'un gagnant débat ? Je n'ai pas l'impression. En revanche, Emmanuel Morel, oui, c'est un peu la révélation. On voit que beaucoup de commentaires tournent autour de lui ce matin. C'était le
moins connu
aussi, peut-être des cinq candidats. Exactement, ça c'est sûr. Donc, il est député. Il fondait un parti qui s'appelle la gauche républicaine et socialiste. Et il a notamment à la fin joué le rôle un peu d'apaisement en disant peut-être il faut quand même garder une forme d'unité. La synthèse socialiste. Mais finalement, effectivement, les gens aussi ont dû sans doute le découvrir. Il siège à la commission des finances à l'Assemblée. Il intervenait déjà sur les sujets économiques, mais très peu connu du grand public, évidemment, si on compare à Ségolène Royal ou à d'autres.
Avant de passer à la suite, Lucie, tu nous as ramené un petit off ce matin, comme tous les jeudis dans Chez Paul, l'émission. On vous ramène un petit off avec nos journalistes qui recueillent des informations de coulisses, de terrain auprès d'entourages de certains candidats. Lucie, quel est le off que tu nous as ramené aujourd'hui
Moi, je m'amuse parfois pendant les débats comme ça à demander à des... des élus, et surtout dans l'entourage des candidats, un peu leurs supporters, de me donner leur sentiment de comment ils perçoivent le truc. Et du coup, ça va me permettre de parler de Ségolène Royal, justement, parce qu'il y avait un proche d'Olivier Faure. qui disait des choses gentilles sur force, ça c'est normal, mais qui en fait était un peu sans filtre en appréciant la performance de Royal, en me disant « ouais, elle raconte vraiment n'importe quoi, elle sort discrétos parfois des grosses dingueries et tout ça », mais tout en disant « mais parfois elle a des fulgurances assez géniales ». Et en fait, il disait ça aussi parce qu'en fait, justement, Royal... Même si parfois, elle faisait un peu des dérapages. J'ai cité celui sur le RN, mais il y en a eu d'autres un peu à d'autres mots. En même temps, elle garde une espèce d'expertise parce qu'elle était candidate à Pridentiel en 2007 contre Sarkozy. Et du coup, elle est parfois très forte en termes... d'éloquence et de stratégie pour faire passer des idées sur un plateau télé. Et là, c'est souvent au profit d'Olivier Faure, qui lui n'est pas très doué dans cet exercice. Donc en fait, c'est ça qui était assez rigolo. Et là, notamment, si on parle des gagnants du débat, elle, elle n'a pas forcément gagné en soi, parce que je ne sais pas si les gens vont la trouver très crédible en tant que candidate à l'issue du débat. Mais en tout cas, si son objectif, c'était d'attaquer Glucksmann et de lui mettre des petits... Elle a réussi, notamment à la fin, sur un argument qui était sur l'union de la gauche, mais surtout qui a un argument de dire aux socialistes « Là, vous allez vous faire piquer la question stratégique qui va induire ensuite la question de la refondation de la gauche par quelqu'un qui n'est pas socialiste. » confier la refondation de la gauche à quelqu'un d'extérieur au Parti Socialiste. Et c'est vrai que j'en discutais du coup avec Lauriki qui a fait le papier avec moi hier, mais on en discutait il y a quelques jours, Glucksmann s'est proche ces derniers jours, donc ça, ça peut être aussi un petit off, les proches de Glucksmann commencent un peu à... à s'exciter, s'enthousiasmer déjà en se disant « Ouais, et en fait, là, on va refonder la gauche autour de la social-démocratie sans LFI, avec une partie des écolos qui sont un peu sociodémocrates et tout. » Donc, en fait, ils sont même au tout début de la campagne et ils pensent déjà à comment, en fait, ils vont refaire une espèce de nouvelle gauche à leur sauce. Et ça, c'est vrai que de la part des autres gens de gauche... y compris d'une partie des gens OPS, ça peut être un peu perçu par, en fait les gars vous arrivez et tout d'un coup, enfin surtout Gluckman t'arrive et tu dis à tout le monde comment ça doit être la gauche quoi. Alors que t'es dans aucun des, on va dire, gros, quatre principaux partis, que lui, Place Publique, c'est un petit mouvement. Et que c'est le genre
de question qui peut peut-être être soumise au vote des adhérents. Oui, et puis que
lui, il est extérieur au Parti Socialiste. Donc en fait, là, justement, Royal, elle s'est empressée de le rappeler. Elle a dit, si vous avez été tête de liste européenne deux fois, c'est parce que le PS vous investit. C'est entendu, c'est le PS qui t'a fait, mec. Et du coup, maintenant, respecte-nous. Et du coup, elle a voulu un peu laisser entendre que le mec, il va prendre les clés de la boutique socialiste, il va tout saccager, faire le truc à sa sauce. C'est comme le mec qui débarque chez toi, il refait la peinture, il s'en fout. Et ça, c'est vrai que là où elle est forte, c'est que pour des adhérents socialistes, qui vont être quand même beaucoup les gens qui votent dans cette primaire, parce qu'ils sont plus nombreux que les adhérents en place publique, c'est un argument qui peut fonctionner.
parlais des dérapages de Ségolène Royal hier soir, ça me fait penser à une remarque que j'ai vue passer dans le chat de Kevin MG qui nous faisait remarquer que Ségolène Royal a fait une belle boulette sur les Juifs hier soir. Est-ce qu'on peut revenir sur ce petit moment ? Parce que c'est vrai que ça a été un moment quand même d'affrontement où, en fait, pour revenir sur ses propos, elle demandait notamment aux personnes juives en France de parler un peu plus et de se désolidariser un peu plus de l'action de Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. Ce à quoi faisait remarquer Raphaël Glucksmann et Jérôme Gage notamment, que c'était peut-être pas normal de demander, et c'était essentialiser les juifs de France, que de se désolidariser de Benjamin Netanyahou, comme on ne demande pas encore heureux aux personnes musulmanes en France de se désolidariser des actes du Hamas, puisqu'elles n'ont rien à voir avec leur action. C'était un moment assez étonnant aussi de ce débat d'hier soir.
Oui, et ça montre à quel point elle se singularise. De toute façon, depuis le début de la semaine, elle tente des... Des incursions dans le débat public en prenant des mesures différentes sur un autre sujet, sur l'aide aux carburants par exemple, sur l'aide aux Français face à la hausse des prix des carburants. Elle est la seule à défendre une baisse massive des taxes quand les autres prennent des mesures ciblées. On voit qu'elle fait entendre une voix assez différente et qui ne provoque pas du tout l'accord des autres. C'est typiquement ce que vous rappeliez, les carburants, la stratégie à adopter face à Poutine. Elle a dit, je ne peux pas être traité de poutinolâtre, ce n'est pas le cas, mais je pense qu'il faut construire la paix en dialoguant avec Poutine, là où Glucksmann dit, il faut surtout renforcer les moyens d'aide à l'Ukraine et les aider dans la guerre. Donc elle fait entendre une petite musique, mais ce que je trouve vraiment important, c'est ce que disait Lucie, c'est-à-dire qu'elle a expérience beaucoup plus longue que les autres. Elle sait très bien les phrases qui vont rester et les positions qui vont marquer le débat public. Je pense que cette semaine le montre bien. Elle rappelle quand même régulièrement qu'elle a recueilli 17 millions de voix à l'élection présidentielle de 2007 et qu'elle a fait le choix de ne pas créer un parti politique à elle alors que d'autres créaient leur boutique. Et donc, elle se met un peu en gardienne du temple du PS. Et elle dit aujourd
'hui, il y a des hommes politiques qui, quand ils récoltent 2000 voix, ils créent directement leur parti politique. C'est ça.
Et donc ça, elle dit, moi, j'aurais pu le faire, je ne l'ai pas fait. J'aurais pu faire Désir d'Avenir ou autre chose et je ne l'ai pas fait. Donc, elle se met un peu au service du PS. tout en faisant écouter une voix différente. Après, elle n'a pas de troupes au PS. Or, on sait que ce vote a priori, sauf si ça déchaîne les foules, se fera quand même sur un électorat restreint. Donc ces chances ne sont pas... Elles ne sont pas immenses de remporter ce scrutin-là. Et puis, quand même, c'est évident, mais il faut quand même le dire, c'est quand même la seule femme candidate au milieu des cinq candidats. Donc, sur le plateau télé, elle est au milieu, autour de quatre hommes. Elle en joue un peu, parce qu'elle dit « c'est messieurs », elle rattrape, je ne sais plus, c'était Raphaël Glucksmann. Non, c'est Getsch, quand il a dit « vous
êtes soumise à LFI », elle a dit « on ne dit pas à une femme qui est soumise ». Donc,
elle a Plus profondément, ça pose la question de comment ça se fait que cette partie-là de la gauche, quand il y a des candidats qui se déclarent à la primaire, on arrive avec une seule femme. Comment ça se fait ? Quand on interroge Olivier Faure sur ce sujet-là, il reconnaît que le plafond de verre n'a pas été complètement brisé, même dans des parties qui se disent progressistes et qui défendent l'égalité entre les hommes et les femmes. C'est un
vrai sujet OPS en ce moment.
Et sur Ségolène Royal, vous êtes plutôt d'accord avec Estainville Dynamics dans le chat, qui nous dit, pour moi, c'est Ségolène Royal qui s'est imposée calme, tranchante et sûre d'elle-même. Je voudrais passer à la suite en remontant sur les choses que tu nous disais, Anne-Sophie, tu nous parlais de sujets liés à la thématique de l'économie, qui a été forcément un sujet très important hier lors du débat. Est-ce qu'il y a eu, est-ce qu'on a aperçu des différences marquantes entre les différents candidats de cette primaire sur la thématique de l'économie ?
Finalement, pas tant de différences majeures. En tout cas, moins de fossés que sur la question de la stratégie politique. Ou que sur les sujets internationaux. Le sujet qui est quand même au cœur de l'actualité, là, c'est sur le prix du litre d'essence et qui atteint des records. On est à plus de 2 euros et quelques. La question, c'est est-ce qu'on arrive aux 3 euros et comment on aide à ce moment-là les Français à faire face à ça. Donc là, on a vu quand même deux lignes sur les aides ciblées. Donc on est dans une situation budgétaire catastrophique. Donc on ne peut pas ouvrir les vannes et pas subventionner. Tout le monde, comme on a pu le faire par ailleurs, subventionner l'essence, ça pose des questions sur les énergies fossiles et c'est des subventions aux fossiles, ce qui n'est pas tout à fait cohérent avec leur discours écologique par ailleurs. Et donc la plupart des candidats prenaient des aides ciblées aux populations qu'on avait besoin, rehaussées par rapport à ce que met le gouvernement sur la table aujourd'hui. Et de l'autre, c'est Golan Royal. Prenez, elle, plutôt une baisse de la fiscalité, interroge, comme à droite d'ailleurs, sur les certificats d'économie d'énergie, les CEE, et elle dit, elle, il vaut mieux bloquer les prix à 1,70€ jusqu'en décembre. On fait le bilan en décembre et on regarde. Alors, entre-temps, ça peut coûter assez cher, il faudrait chiffrer précisément. Mais, elle, son argument, c'est de dire, finalement, la colère sociale que pourrait provoquer... des prix aussi élevés de l'essence et sur le reste de l'inflation qui va s'en suivre, ça coûtera peut-être plus cher à calmer que de décider dès maintenant d'aider les populations très largement à faire face à ça. Mais ça pose. Les aides larges, on l'a vu, ça profite surtout aux gens qui ont des gros réservoirs et qui ont les moyens. La question s'était posée au moment de la première crise inflationniste en 1922 et on avait quand même remarqué qu'on subventionnait les gens qui partaient au ski en
SUV. Que ce soit pour des aides ciblées ou généralisées, est-ce que les différents candidats ont précisé la manière dont ils... Peut-être qu'on t'ait financé ces aides-là.
Ça va être toute la difficulté de ce débat à la présidentielle. Je crois qu'ils ont dit les super profits de Total quand même. Oui, ils ont parlé des super profits. La gauche est évidemment favorable à un relèvement de la fiscalité. Donc il y a la question des marges qui se posent. Et ça, il y a des mécanismes. Et là, d'ailleurs, Glucksmann a rappelé qu'il y avait des discussions en cours au niveau européen. pour actionner des mécanismes, pour récupérer sur les marges. Il y a d'autres sources de financement comme l'attaque Zuckmann qui a aussi été abordée, la question des héritages qui peuvent... Il y a eu des
positions différentes sur l'attaque Zuckmann ou est-ce que tous les candidats de cette primaire sont d'accord ?
Je
pense que Zuckman,
il n'est pas venu sur ce terrain-là, parce qu'en fait, la taxe Zuckman, il a un petit souci, c'est qu'il ne la veut pas en l'état. Du coup, sa formule qu'il a eu dans le monde, quand on lui a posé explicitement la question, c'était, j'en partage l'objectif, mais pas l'application. Donc, de toute façon, c'est un truc pour lui à un peu élaborer, on va dire. Donc, je pense que Ford ou je ne sais pas qui a dû en parler. Et puis, lui, il a un peu la part bondie.
Mais c'est sûr que le montant de la dette qui s'imposera à tous les candidats, qu'ils soient de droite ou de gauche, et qu'ils vont tous avancer en proposant des solutions sur comment... au moins la stabiliser et voir entamer sa décrue à moyen terme. Et là, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a mis dans le débat assez tôt la question de brûler ou de congeler une partie de la dette, celle détenue par la Banque de France et la Banque centrale européenne, c'est-à-dire 18% de la dette. Et ça, ils ont rebondi un peu là-dessus hier. Tous ne l'ont pas enterré, mais tous ont quand même assez pris leur distance avec cette proposition-là.
Est-ce qu'on a parlé des retraites, de la question de la réforme des retraites ? Parce que c'est vrai que c'est quand même une question importante, une question politique importante.
Finalement, très peu.
Moi, j'ai carrément loupé. Ils n
'ont pas du tout rentré dans les détails, mais ça, ça peut arriver peut-être sans doute dans les autres débats. Et Raphaël Luxemann, de mémoire, a dit qu'il était... pour l'abrogation de la réforme, qui est aujourd'hui suspendue, je crois. Mais ça n'a pas du tout été un des débats centraux. Ça a tourné aussi un peu autour de la question des familles monoparentales, qui est quand même un sujet aussi qui est assez important au niveau social, parce que le dispositif faisait qu'il y avait des Français qui posaient des questions directement aux candidats. Ce n'était pas un débat stricto sensu. Et il y avait des témoignages pour le coup certains assez intéressants, et notamment cette mère de famille monoparentale qui était en recherche d'emploi et qui racontait à quel point c'était compliqué de concilier. Le travail, les enfants et les gardes d'enfants et de boucler le budget, la question du logement et tout ça. Et ça, il y a eu Glucksmann qui a rappelé qu'il voulait créer un statut pour les familles monoparentales. Et de l'autre côté, Jérôme Engage qui connaît bien ces sujets-là puisqu'il est à la commission. Les affaires sociales à l'Assemblée nationale a aussi rappelé notamment le bilan du macronisme à cet égard avec les différentes réformes de l'assurance chômage qui n'ont fait que baisser les droits des gens en recherche d'emploi puisque finalement dans le débat politique aujourd'hui on parle plus que des gens qui travaillent et on oublie complètement les gens qui ne... peuvent pas, qui ne travaillent pas. Et c'est vraiment un angle mort. Et même dans un débat parmi les socialistes comme hier, ça n'a pas pris beaucoup de place. Alors que la lutte contre la pauvreté est quand même un axe majeur qui devrait être celui de la gauche. Et à un moment où le taux de pauvreté augmente de manière assez importante.
juste, oui, du coup, sur cette question, enfin, on va dire la question économique, tout ça, il y avait quand même, moi, une ligne que j'ai identifiée entre Glucksmann et Ford. Déjà Glucksmann, son programme n'est pas du tout sorti, mais une des propositions phares, c'est la taxation des héritages. mais pour financer quelque chose de précis qui est du coup rapprocher le salaire net du salaire brut via une baisse de la CSG. Et ça, c'est quelque chose qui ne fait pas du tout consensus à gauche, mais au sein du Parti Socialiste. Et c'est vraiment la mesure de Glucksmann qui du coup en fait un peu l'angle pour dire qu'il est de gauche, pour dire je suis contre une société d'héritiers, il va y avoir une grande... Transmission, il faut changer les règles de l'héritage. Il a balancé hier le mode d'héritocratie. Et en fait, à ça... fort, qui du coup est opposé à cette mesure, a plutôt parlé de revaloriser le travail financièrement au profit du capital, qui est là plus un bréviaire de gauche un peu plus radical et plus proche de quelqu'un comme François Ruffin par exemple, ou Jean-Luc Mélenchon, dans la façon de poser les choses, même si les autres veulent aussi taxer l'héritage. Là, c'est vrai que le gros débat aujourd'hui, En France, on est un des pays qui rémunère le plus le capital. Et donc du coup, il y a un sujet sur ça à gauche. Et c'est vrai que Fort a marqué le point là-dessus.
Sachant que dans le projet socialiste, le relèvement du SMIC à 1 700 euros est écrit noir sur blanc. Et que ça a été d'ailleurs discuté hier. Et que c'est aussi dans les propositions sociales des députés socialistes, en vue de l'examen du budget, qui va bientôt commencer.
Justement, pour en finir sur ce chapitre économique, c'est un sujet politique important, la question du budget. Le budget doit être examiné dans les jours à venir par les députés, sur les socialistes justement. Est-ce qu'il y a une seule ligne claire parmi les candidats et quelles sont les propositions sur le budget de la part des députés socialistes
Le projet de loi de finances pour l'année prochaine, il sera présenté par le gouvernement jeudi. On n'a pas encore tous les détails. Dans ce que le Premier ministre Sébastien Lecornu a pu dire déjà, on s'aperçoit que les grandes lignes risquent d'être difficilement compatibles avec le projet socialiste. Notamment, même si ce n'est pas tout à fait vrai, il répète qu'il n'y aura pas de hausse de la fiscalité. Et les socialistes demandent de... Dans leur proposition développe, on en a parlé de la taxe Zuckman, ils avancent aussi une taxe sur les géants du numérique un peu différente de celle qui avait été proposée les autres années. Ils veulent aussi un investissement massif sur la transition écologique avec ces environ 10 milliards qui veulent réussir à dégager dans ce budget pour financer la transition et accélérer. sur l'adaptation, notamment à la suite des canicules qu'on a connues cet été et des différents incendies. Et ça, clairement, dans ce qu'on sait du budget pour l'instant, ce n'est pas du tout ce qu'il y a dans les plans du gouvernement. Le gouvernement, il fait un budget en réduisant un tout petit peu de déficit à 5% et il dit on n'augmente pas les impôts et on coupe dans les dépenses, notamment de l'État et notamment dans les missions. qui ont été quand même bien rétrécies. Là, on verra dans quelle ampleur la semaine prochaine, il y a l'environnement. Donc on voit bien que ce sont deux approches complètement différentes. Donc la grande question, c'est, voilà, là, si on regarde les positions, ça paraît, là aussi, irréconciliable. Mais si après, ça fait deux ans que le gouvernement et que le budget, que le gouvernement survit et que le budget passent, parce que les socialistes disent, on n'est pas d'accord, On a quand même obtenu des victoires, la suspension de la réforme des retraites étant la plus éclatante l'année dernière. On n'est pas d'accord avec tout ce texte, mais on décide de ne pas censurer le gouvernement. Et là, la grande question politique qui va se poser et qui va nous animer dans les prochains mois, c'est est-ce que là, ils peuvent se permettre ou pas, à quelques mois de la présidentielle, de ne pas censurer le gouvernement ? Sachant qu'au gouvernement, ils disent, de toute façon, tant que la primaire est en cours, jusqu'à mi-octobre, on n'arrivera pas à négocier quoi que ce soit. Ils assurent, même si on a eu quelques doutes ces derniers temps, que c'est avec les socialistes qu'ils veulent continuer à négocier et pas avec le Rassemblement national, comme l'avait fait Michel Barnier, et ce qui avait d'ailleurs provoqué sa chute à la fin. Donc à voir comment ça évolue, mais il y a quand même un élément vraiment qui peut changer la nature des débats et changer les positions des uns et des autres à l'automne et cet hiver, c'est les risques d'une crise financière puisque le taux, c'est un peu technique, mais le taux auquel se refinance la France augmente et l'écart entre... le taux auquel la France emprunte et celui auquel l'Allemagne emprunte se creuse, et dans des proportions qu'on n'a pas vues depuis les années fin 2000, début 2010, au moment de la crise des dettes souveraines. Et donc ça, ça inquiète. Ça veut dire que les investisseurs, ils décident de s'attaquer à la France. Et ça, ça peut être clairement un argument qui est brandi dans le débat budgétaire pour dire... Regardez le risque qu'il y a. Est-ce qu'on sait que les investisseurs craignent le risque politique, et notamment les élections présidentielles ? Est-ce que le gouvernement peut dire, est-ce que vous voulez rajouter du chaos au chaos, et accélérer une éventuelle... C'est un argument auquel peuvent être sensibles
les socialistes. Et les
socialistes, ils peuvent dire, on ne va pas rajouter de l'instabilité, et nous on est responsables. Et on décide de laisser passer ce budget. Mais bon, en tout cas, c'est un argument nouveau par rapport
aux autres années. Dans quelques petites minutes, on va passer à l'addition avec Étienne Baldi. Mais juste avant, j'aimerais qu'on achève nos discussions, nous aussi, sur un petit peu le fonctionnement de cette primaire. Et je vais en profiter pour vous parler de mon archive du jour. J'aimerais vous lire une citation, une phrase d'un homme politique qui parle d'un autre homme politique. À vous qui nous suivez de me dire... De qui il s'agit ? Je pense que pour vous, Anne-Sophie et Lucie, ça va être plutôt facile. Je vous lis mon archive du jour et vous me dites dans le chat ce que ça vous évoque. Ouvrez les guillemets. Vous avez quelqu'un qui s'est présenté comme un homme d'État, qui a signé un contrat par écrit dans le cadre de la primaire et qui, quelques semaines après, revient sur sa parole et renie ses engagements. C'est exactement le contraire de ce sur quoi il s'était engagé. De qui est cette citation ? Ça, c'est un petit peu compliqué peut-être. Mais surtout, de qui parle-t-on ? J'imagine que...
On a la date, on peut avoir la date quand même. 2017. Ouais, c'est ça. C'est facile
en fait.
Facile sur l'auteur de la citation de l'archive ?
Bah... Je sais pas, on parle de Manuel Valls ? Moi je
dirais ça aussi. On parle de Manuel Valls et
je vois que dans le chat... C'est
potentiellement Benoît Hamon mais... Alors
l'auteur c'est Yann Gallu, le maire de Bourges.
D'accord,
ok. Ça c'était plus difficile. Ouais bon ça je
l'avais pas.
Manuel Valls était assez évident mais en effet, donc pour revenir un petit peu sur cette primaire de 2017, Benoît Hamon avait remporté cette primaire, face à Manuel Valls au second tour, Emmanuel Valls avait annoncé un petit peu après que finalement il allait voter Emmanuel Macron et donc... par cette occasion, trahir son engagement écrit, puisqu'il y a une charte, quand on s'engage dans la primaire socialiste, qui est de soutenir, qui est notamment de soutenir le vainqueur de cette primaire, ce qui n'avait pas été le cas de Manuel Valls. Et si je vous relaie cette archive, c'est notamment pour savoir si, dans le cas de cette primaire qui arrive, est-on bien sûr du fait que le vainqueur, ou la vainqueur, sera soutenue par les quatre autres candidats perdants.
question a été posée hier, ils ont tous juré la main sur le cœur que ça serait le cas et que Luxman a dit « je respecterai les règles ». Ils l'ont dit facilement
et clairement ?
Oui, après, il y a «
soutenir comme la corde le pendu », ça existe. Par exemple, Olivier Faure a soutenu Anne Hidalgo jusqu'à la fin de la présidentielle la dernière fois, mais c'était vraiment… il faisait une matinale pour parler de la campagne d'Hidalgo, c'était limite pire que bien. Et après, il faut que le candidat aille au bout. n'y a pas écrit dans la charte que le candidat est obligé d'être candidat jusqu'au bout ? Au premier tour. Ah oui, c'est une possibilité de se retirer avant. Ce document est très flou. Et ça, quand on leur dit
comment ça se fait que ce n'est pas spécifié, ils répondent que ça va de soi. Mais n'empêche que ce n'est pas écrit. Comme sur les alliances, ce n'est pas écrit dans la charte qu'il n'y aura pas d'alliance avec LFI. C'est marqué. Avec la gauche républicaine écologiste et sociale.
il est écrit qu'une alliance doit être exclue des alliances avec Alephi ? Non, non, non, c'est pas écrit. Luxman
voulait que ce soit écrit, mais ça n'a pas été écrit.
D'accord.
Donc la charte, elle est
à interprétation. Du coup, le candidat qui gagne les autres... Il y a plein de façons de... Vraiment être un traître, c'est faire comme Manuel Valls, c'est-à-dire aller soutenir un autre candidat alors que le candidat se lance. Mais les socialistes sont spécialistes de ça, on peut un peu se mettre en sommeil pendant la campagne, c'est-à-dire qu'on ne soutient pas un autre candidat officiellement, mais... Oui, il y a plein de nuances. On peut continuer à soutenir sans être très
démonstratif, comme on a pu le voir à la dernière élection.
Et c'est sûr qu'on a un peu du mal, vu l'état des relations entre Ford et Glucksmann ces derniers temps, on a un peu du mal à imaginer qu'ils vont être bras dessus, bras dessous pendant toute la campagne. Voilà, ça n'arrivera pas, je pense.
Et là, ça relance le débat sur est-il opportun de faire une primaire ou pas ? Est-ce qu'il peut plus s'abîmer dans cet exercice-là que sans avoir fait cet exercice ?
Merci à toutes les deux, Anne-Sophie et Lucie, d'être revenues sur ce premier débat des socialistes. Anne-Sophie, tu vas céder ta place à Étienne Baldi qui nous rejoint. Salut Étienne, merci beaucoup d'être avec nous. C'est d'ailleurs ta première chronique dans Chez Paul l'émission, puisque c'était Sylvain Chazot qui était avec nous d'habitude. Apparemment, on l'a dégoûté, donc il ne vient plus. Merci beaucoup Étienne d'être avec nous ce matin. Et ce matin, tu vas d'abord nous parler, je crois, d'une époque si proche et si lointaine à la
fois.
Oui,
je vous propose de monter dans la DeLorean. On part pas bien loin, mais pile poil 15 ans en arrière. On était tous un peu plus fringants aujourd'hui. Moi, en tout cas, le premier. Mais bon, c'est quand même particulièrement vrai pour le PS dont on vient de beaucoup parler. C'était donc le 25 septembre 2011. Il y avait des élections sénatoriales, comme ce dimanche, si vous l'ignoriez. Trois semaines plus tard, c'était le second tour de la primaire du PS, comme cet automne. Et sept mois plus tard, c'était la présidentielle, comme l'an prochain. On peut donc essayer de dresser un parallèle ou plutôt, je dirais, un anti-parallèle. Eh oui, parce que ce jour-là, c'est la gauche qui gagne. Ça fait bizarre à dire. Moi, ça me fait bizarre de l'entendre. Plus l'habitude. Donc, le Sénat, en plus, on pensait vraiment qu'il resterait à droite jusqu'à la fin des temps. Et en fait, il bascule à gauche pour la première fois depuis 1958, depuis la dernière fois aussi depuis 1958. On avait vu venir un peu cette victoire. On savait que la gauche allait progresser. Le PS avait gagné les élections intermédiaires, tous les scrutins locaux du quinquennat Sarkozy. Donc comme ce sont les élus locaux qui élisent les sénateurs, y avait un côté mathématique. Mais on ne savait pas dans quelle mesure la gauche allait vraiment gagner cette élection. Donc, Public Sénat avait pu se préparer. Ils avaient organisé une soirée électorale de gala, les petits plats dans les grands. Moi, je me suis refait le plaisir de regarder tout ça en replay. Je refuse de rien. Le vénard. Voilà. Et en plateau, on sent que les journalistes et les élus, ils tentent de garder leur flègue, de céder ni à la panique, ni à l'excitation. Mais petit à petit, plus personne ne peut trop se cacher non plus derrière la prudence qu'il faut garder quant aux résultats définitifs qui vont tomber dans la nuit, etc. Et il faut se rendre à l'évidence, oui, la gauche va gagner au Sénat. Et non seulement ça, mais en plus, elle va avoir la majorité seule, sans besoin d'alliance, ce qui est un enjeu au Sénat. Et même la présidence du Sénat semble être à leur portée, ce qui est vraiment la cerise sur le gâteau. D'ailleurs, un terreau surprise, qui était le président du Sénat à l'époque ? C'est quand même pas déjà le fameux Gérard Larcher. Je te le donne en mille, Emmanuel. Bien sûr, c'était déjà lui. Il était déjà là. Celle-là a été un peu facile. Plus dure maintenant, on monte en gamme. Qui va alors remplacer Gérard Larcher ? Pas la moindre idée, pas le moindre nom en tête. C'était Jean-Pierre Bell, et sans doute que le nom ne vous aide pas beaucoup. Ça a été le président socialiste du Sénat pendant trois ans, avant que l'archer et la droite reprennent la maison, puisque ça n'a été qu'une parenthèse enchantée. Donc tout ça nous rajeunit, et ce soir-là, forcément, la salle des conférences, qui est attenante à l'hémicycle du Sénat, avec belle moquette rouge, ses belles dorures, ses blindés de chez blindés. Tout le monde est là, sauf les sénateurs de droite qui se carapatent petit à petit puisqu'ils sont en déroute. Et c'est vraiment le crépuscule de la Sarkozy qui s'annonce ce soir-là. Mais sinon, tout le monde veut être de la fête et récupérer sa petite part de triomphe. Donc François Hollande et Martine Aubry, qui sont les deux favoris de la primaire socialiste, se radinent avec leurs entourages. Ils se montrent, ils expliquent que c'est une grande victoire pour tout le monde. Mais surtout, eux auront bien œuvré à ça en tant que premier secrétaire. Et puis il y a aussi le patron du PS de l'époque qui vient, et je vous pose la question, qui était le patron du PS à l'époque ? C'est une tête encore qu'on
voit actuellement ? Non. En 2011 du coup ? En 2011.
Patron du PS,
2011. On le voit plus du tout. Je vous aide, non.
'était pas Cambadélis
Non. Cambadélis est venu après. Donc le fameux prédécesseur de Jean-Christophe Cambadélis étant Harlem Désir. Voilà, donc la cure de jouvence continue ce matin. Ce soir-là encore, même Jack Lang est là, avec son beau sourire Colgate de 1981. C'est vraiment l'événement historique, c'est sûr, maintenant. Et donc c'est vraiment la grosse, grosse bamboche pour la gauche. La gauche qui d'ailleurs, semble-t-il, n'y croyait pas vraiment, puisque une petite preuve, c'est que son buffet de célébration de la soirée tombe rapidement à court d'amuse-gueule et de cacahuètes, comme l'a raconté Libé à l'époque. C'est anecdotique, évidemment, mais quand même, on sent qu'ils n'étaient pas tout à fait prêts à l'exploit qu'ils étaient en train de réaliser. Bon, si on reparle de tout ça aujourd'hui, c'est pour le plaisir, bien sûr. Mais aussi parce que trois semaines plus tard, Hollande gagne la primaire. millions de participants, ça donne une petite dynamique. Et en mai suivant, il entre à l'Elysée. Et donc on a un Sénat totalement anormal qui préfigure l'élection du président normal. Et on en revient donc à ton anti-parallèle. Oui, du coup, désolé, je casse l'ambiance immédiatement. Ce dimanche, donc pour les sénatoriales, je vous le rappelle, ont lieu. Ça ne ressemblera pas trop à ça. Je ne risque absolument rien à miser toutes mes économies sur le fait que cette fois-ci la gauche ne gagnera que dalle. Et si résultat historique il y a, ce sera plutôt du côté du RN qu'il faudra regarder. Leur objectif, c'est d'obtenir un groupe au Sénat pour la première fois. Ce n'est pas dit que ça arrive. Ils vont gagner des élus. Comme le PS à l'époque, ils ont gagné des élus locaux. Donc ils vont gagner quelques sénateurs. Maintenant, est-ce qu'ils en auront 10 pour faire un groupe ? On ne sait pas. C'est un des enjeux en tout cas symboliques. Il faudra suivre dimanche. Quant au PS, il attend 100 000 électeurs mi-octobre. Et ça, c'est si les débats comme celui d'hier soir et les deux prochains suscitent un engouement, ce qui reste à démontrer. Donc autant dire qu'ils n'attaqueront pas la présidentielle avec le même optimisme qu'il y a 15 ans. Heureusement, il y en a d'autres qui croient un peu plus en leur bonne étoile. Oui, l'histoire retiendra peut-être que le game changer de la présidentielle aura eu lieu ce jeudi, cet après-midi, avec l'annonce de la candidature de notre nouveau petit chouchou. On est fans. Je veux bien sûr parler du député centriste Olivier Becht. Que l'on connaît tous. Voilà, j'aime bien parler de gens que personne ne connaît. Alors j'entends les kissas dans la salle et dans le chat. Et moi, je trouve ça vraiment pas très sympa. Je trouve qu'on ne présente plus l'emblématique ministre du commerce extérieur d'Elisabeth Borne pendant un an et demi. Et j'ai envie de vous demander comment on pourrait oublier l'homme qui a présidé le groupe Agir à l'Assemblée de 2020 à 2022. pourtant, il est vraiment candidat. Il nous tease ça depuis le mois de juin avec une pré-annonce. Ensuite, il nous a laissé l'été pour digérer l'info. Il fallait un peu qu'on encaisse. Et là, c'est la rentrée. Donc cette semaine, il a annoncé qu'il allait annoncer quelque chose, comme ça se fait beaucoup de nos jours. Il nous a prévenu qu'il allait, je cite, « franchir une étape majeure de son engagement politique pour ouvrir un nouveau chapitre pour la France ». Donc gros suspense. Et puis on a appris cette semaine que son petit parti s'était doté d'une assaut de financement, ce qui est un passage obligé pour concourir à une élection nationale. Donc on avait un assez gros indice sur ce qu'il avait à nous dire. Et puis il devait l'annoncer cet après-midi depuis l'hôtel de ville de Rixheim, à côté de Mulhouse, dont il a été maire. Et il n'a pas pu attendre, il a craqué, il a tout balancé ce matin à Paris Match. Alors sa démarche est très sérieuse. Il dit, je cite encore une fois, vouloir... éviter à la génération de son fils de 14 ans de revivre les deux guerres mondiales. Bon, ça plombe un peu le truc. Mais il sait aussi ne pas complètement se prendre au sérieux. Il fait typiquement du Jean-Claude Dusse quand il dit donc à Paris Match, quand on n'a aucune chance, il faut la saisir. J'adore. Voilà, donc on a un 12 000e candidat à la présidentielle. Cette élection qui rend vraiment fou, mais sait-on jamais sur un
malentendu.
Ah oui, peut
-être. on termine cette addition avec des mots qu'on n'aurait jamais pensé entendre dans cette campagne
présidentielle. vraiment jamais, parce qu'on parle tout simplement de, je vais y redevenir un peu sérieux, mais de deux, des expressions nazies les plus connues qui soient. Donc c'est vraiment le genre de mots que normalement personne ne peut prononcer sans qu'une petite lumière rouge s'allume quelque part pour dire ça c'est pas possible. On a d'abord eu Gabriel Attal, qui est certes de droite, mais qu'on ne peut quand même pas suspecter d'une quelconque sympathie nazie. Mais il a diffusé la semaine dernière un tract sur les sujets d'éducation nationale intitulé « L'école, mon combat ». Et « Mon combat » en allemand, évidemment, ça donne... Allemand LV2 ici. Voilà, je te laisse y aller. Mein Kampf. Voilà, Mein Kampf. Donc on sait que l'éducation nationale, c'est le grand sujet d'Atal depuis son passage fondateur de 5 mois et 3 semaines rue de Grenelle. Donc on comprend que ça lui tienne à cœur, mais disons juste qu'on n'aurait pas forcément fait ce choix de slogan qu'on va mettre sur le compte de l'étourderie. Et puis, il y a Jean-Philippe Tanguy. Tanguy, c'est un des cadres RN les plus médiatiques. Il est envoyé tout le temps au front dans les médias, jour et nuit. C'est un des principaux relais de la parole de Marine Le Pen, justement parce qu'il maîtrise ce qu'il dit et qu'en général, il n'érape pas trop. Mais personne n'est jamais vraiment à l'abri. Et en meeting cette semaine, Tanguy a déclaré « le travail rend libre ». Soit en allemand, encore une fois, Emmanuel, puisque tu es comme ça. En allemand, le
V2 est un peu dépassé. — Mais peut-être que je l'ai noté sur une feuille.
Arbeidmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmärmär Et en l'occurrence, ça laisse un tout petit peu songeur. Alors, on aurait pu dire, voilà, c'était un petit truc comme ça, on ne va pas s'y attarder. Mais en fait, Tanguy, il est bien embêté cette semaine. Il n'arrête pas de devoir se justifier et de s'expliquer. Hier soir, sur BFM TV, il a dit qu'il écrivait très peu ses discours, je cite, et qu'il aimait donc plutôt improviser. Bon, on imagine que peut-être il le fera un petit peu moins à partir de maintenant. Ensuite, il a évidemment accusé LFI d'avoir orchestré une polémique infondée à partir d'un extrait, un propos sorti de son contexte. Et puis avant ça, mercredi, sur Europe 1 et CNews, donc chez Bolloré ou d'autres, il a expliqué qu'il n'avait, je cite, « rien dit de mal ». Il a même avancé pour sa défense que Nicolas Sarkozy avait usé des mêmes mots en son temps. Là encore, on aurait peut-être choisi un autre témoin de moralité. Mais enfin, qui sommes-nous pour juger
?
C'est bien vrai,
c'est bien vrai Etienne. Merci beaucoup en tout cas pour cette addition avec Etienne Baldi. Avant de se quitter, on regarde peut-être un petit coup du côté du calendrier politique des jours à venir. Toi Lucie, tu suis la gauche à Libération, je l'ai dit. Est-ce qu'il y a des événements marquants du côté de la gauche à suivre ces prochains jours
il y a la suite des débats. Il n'y en avait pas qu'un,
il y en a trois. Du rabat.
Ça arrive très vite tout ça. La semaine prochaine, c'est le 1er octobre, le prochain débat. Et après, il y aura le troisième débat, qui est donc sur BFM, en partenariat avec l'IB, le dimanche 4 octobre, donc le dimanche de la semaine prochaine, et qui est la veille du coup de la clôture des inscriptions, et une semaine avant le premier tour.
Ah oui, donc le premier tour, c'est le week-end qui suit ? Oui, à partir
du 9 octobre. Donc tout ça va arriver très vite et après sinon, la semaine prochaine, lundi 28 septembre, il y a un débat au salon du bâtiment avec Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal.
Ah oui, qu'il faudra suivre.
probablement oui évidemment sur libération c'est intéressant chacun fait ce qu'il veut bien
sûr et à noter d'autres non non enfin
je vais pas mais dans le calendrier immédiat c'est sénatorial c'est
sénatorial tout le monde parle merci beaucoup Etienne et Lucie à noter aussi que Ce jeudi soir, Emmanuel Macron s'adressera aux Français à 20h. Ça sera à suivre en direct sur le site de Libération. Une raison de plus de vous abonner à Libération pour suivre évidemment tous nos articles politiques, notamment chez Paul Lémission. On revient la semaine prochaine, jeudi, donc à la même heure et au même endroit avec Maude Benakcha. Merci beaucoup à vous de nous avoir suivis. Et cette émission sera disponible également en rediffusion dès cet après-midi sur notre chaîne. YouTube et sur le site de Libération. Merci beaucoup, salut tout le monde.
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