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Donc on a Emmanuel Macron qui est aujourd'hui aux Etats-Unis pour tenter de discuter des questions d'approvisionnement, notamment sur le gazole, parce que c'est là où on a les tensions les plus fortes. Est-ce que vous craignez désormais, Olivier Garnier, qu'on passe d'une crise où finalement le pétrole est plus cher mais on n'a pas de problème d'approvisionnement, à un vrai problème de pénurie ?
ça fait partie, il y a le pétrole, il y a aussi, dont on parle moins, il y a le gaz, parce que l'Europe est très dépendante du gaz, et là on a un sujet aussi de réserve, et là il peut y avoir des tensions, on avait vu lors de la crise précédente que c'est le gaz d'ailleurs qui avait eu le plus d'effet, et là c'est un problème qui est plus... Le pétrole c'est un problème mondial. Donc il peut y avoir éventuellement des accords et on voit que tout le monde essaye des Chinois aux Américains en passant par les Européens. Là sur le sujet gaz, c'est un sujet qui est plus spécifique. à l'Europe et donc on a un vrai sujet. Parce qu'on consomme
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beaucoup plus de gaz que les autres ?
Non mais c'est parce que... On n'en importe plus. Et puis on est complètement dépendant d'importation. Là comme c'est le gaz liquéfié, etc. Les asiatiques aussi demandent... On n'a pas un prix unique. Le gaz c'est pas le pétrole, il y a un prix mondial en gros du pétrole. Dans le gaz, le prix du gaz n'est pas le même aux Etats-Unis, n'est pas le même en Europe et n'est pas le même en Asie. Et donc là c'est un marché qui est beaucoup plus... cloisonnés et d'où un risque de tension. plus important.
Et d'où un risque, Christian, potentiellement, avec des Américains qui disent « le GNL, je vous en envoie moins, le gazole, je vais le garder pour moi ». Ce n'est pas un problème, parce
que les Américains nous en donnent du GNL, ils en ont trop même. Le problème, eux, c'est qu'ils font du pétrole de schiste, et dans le pétrole de schiste, on extrait du gaz. Et même, ils sont en train de le brûler des fois, tellement qu'ils ne savent pas où le mettre. Le gros problème, c'est qu'ils n'ont pas les méthaniers pour nous les exporter. C'est ça leur gros problème. C'est pour ça que le marché est fragmenté, c'est parce que ce n'est pas un marché qu'on peut ajuster facilement. c'est le Qatar et ils viennent de nous dire que pendant peut-être deux ans ils ont eu des destructions qui va peut-être prendre deux ans pour revenir et donc le Qatar ne livre pas ce qu'ils avaient promis de livrer à l'Europe et donc du coup on ne veut bien acheter le gaz mais à part si vous faites un long tuyau entre les Etats-Unis et l'Europe pour l'instant on n'a pas de solution idéale pour le faire. Donc
il va manquer des capacités ? Il y
a un vrai problème aujourd'hui on est à 69% de taux de remplissage de nos stocks avant l'hiver, si on a un hiver froid on risque d'avoir des pénuries de gaz. Donc il y a un vrai problème. Donc ça va s'ajuster par le prix. On va diminuer notre consommation de gaz. Comment ? En montant le prix, tout bêtement. C'est que comme ça qu'on arrive à faire les choses. Donc oui, il y a un problème sur le gaz. Il y a aussi un énorme problème sur les produits distillés, plus que sur le pétrole brut. Parce qu'aujourd'hui, le pétrole brut, c'est les réserves stratégiques américaines qui alimentent et qui équilibrent le marché. Alors, les Etats-Unis ont bien compris que c'était un problème. Là, par contre, on est sur un produit mondial. Quand vous dites distillé, c'est raffiné ? Raffiné, oui. Il y a un déséquilibre. Pour l'instant, la demande est plus forte que l'offre, quoi qu'il arrive, à cause du détroit d'Hormuz, à cause de tous les problèmes, même si on essaie de régler le problème. Les États-Unis savent que le prix est mondial. Ils savent qu'ils ont les capacités d'exporter leur pétrole, même qu'ils produisent. Un pétrolier américain, soit il fournit son marché intérieur, soit il l'exporte à l'Europe. Comme on a les capacités, là, oui, il y a un prix mondial. l'administration Trump, c'est qu'ils utilisent des stocks stratégiques qui diminuent, 1980 au plus bas depuis 1982, et qui montrent qu'il y a toujours un déficit. Pour moi, tant que ces stocks diminuent, c'est un signal qu'on est en déficit malgré tout ce qu'on dit sur le nombre de pétroliers qui passent ou pas. Il y a un déficit, sinon les stocks ne seraient pas en train de baisser. Donc on équilibre le pétrole brut. Le gros problème, c'est les capacités de raffinage. Et c'est là où on a un vrai problème, parce qu'aujourd'hui, la Russie, qui est exportateur de produits raffinés, est fermée. La Chine, qui a du mal quand même à s'approvisionner en pétrole brut, limite ses exportations de produits raffinés parce qu'ils ne veulent pas acheter à prix d'or du pétrole brut pour l'exporter et nous l'offrir. Donc ils préfèrent garder leur pétrole brut. Donc la Chine consomme moins de pétrole brut, mais c'est pour... réduire ses exportations de produits raffinés. Donc on a un vrai problème. Donc il reste que l'Inde aujourd'hui qui profite, qui achète du pétrole et qui le raffine, mais on a un vrai problème de capacité de raffinage. Et ça c'est le gros problème, c'est le problème du diesel aux Etats-Unis, etc. On a une pénurie de produits raffinés parce qu'on a cette guerre, c'est pour ça que Trump de nouveau s'intéresse à l'Ukraine aujourd'hui et demande à l'Ukraine de ne plus bombarder les capacités russes. Capacité de raffinerie,
de raffinage qu'on a fait baisser quand même ces dernières années parce que ça ne rapportait rien.
Parce que l'Inde, la Chine... la Russie nous cassait les prix, parce qu'ils étaient en capacité accidentaire, qu'ils les exportaient. Donc c'est une question, mais du jour au lendemain, vous ne construisez pas des capacités, donc vous n'avez pas un ajustement immédiat. Donc c'est là où est vraiment l'inquiétude aujourd'hui, parce que, n'oublions pas, les capacités de raffinage du Moyen-Orient sont bloquées aussi. C'est pour ça qu'on est en tension aujourd'hui.
Et d'autant plus que, comme c'est un conflit géopolitique, enfin c'est un problème géopolitique depuis le début du conflit, par exemple même... tout au début du conflit, on parlait du gaz de schiste en disant voilà, ils viendront en complément, mais il y en a plein qui ne voulaient pas en fait... augmenter, passer à un niveau supérieur de production, parce qu'ils ne savaient pas pour combien de temps. C'est-à-dire que eux, s'ils n'avaient pas une certitude qu'il allait y avoir une pénurie pendant au moins 24 mois, ils ne faisaient rien. Donc, ils n'ont rien fait. Donc, du coup, aujourd'hui, effectivement, on serait tous dans cette situation. Et c'est le cas aujourd'hui, même quand on parle des capacités de réfinage. Est-ce que ça vaut le coup pour quelqu'un de les augmenter, étant donné, de passer vraiment à un niveau supérieur, alors qu'avant le conflit, on était en excédent ? En fait, c'est toute la difficulté, c'est-à-dire que la situation aujourd'hui est bloquée à cause de conflits et de tensions géopolitiques, mais comme on n'a aucune visibilité sur sa fin, effectivement, ceux qui produisent ne peuvent pas se lancer sur un projet si dans six mois c'est terminé.
Juste un petit point technique aussi, attention, le Brent, c'est livraison fin novembre. Et par contre, si vous voulez acheter aujourd'hui un baril de pétrole pour être livré demain, c'est beaucoup plus cher, 35 dollars de plus. que le Brent. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, les marchés futurs disent, du jour au lendemain, Trump peut serrer la main au président iranien, on va débloquer le détroit d'Harmouz, et donc du coup, il n'y a plus de problème. On va rééquilibrer l'offre et la demande. Et donc, personne n'est prêt à mettre les cours à 150 dollars et à parier à 150 dollars au mois de novembre, parce qu'on se dit que c'est une question politique, demain, on peut régler le problème. Donc, du coup, les futurs vous donnent... Alors, oui, mais déjà, on est à un niveau plus haut, on ne revient pas à 60 dollars. On ne va pas revenir à 60 dollars. Donc on restera plus haut, mais on tient compte de ces destructions de capacités. Mais la situation peut se débloquer très vite. Du coup, on a peut-être une mauvaise image quand on voit les cours du pétrole. On parle toujours du futur. Par exemple, là, en ce moment, on regarde le contrat de novembre. Mais parce qu'on intègre peut-être une solution cette semaine entre Trump et le président iranien. Mais ce n'est pas le vrai prix. Le vrai prix, c'est... combien j'ai mon baril de pétrole aujourd'hui livré dans ma raffinerie. Et ça, c'est beaucoup plus cher. Donc ça montre qu'il y a quand même une vraie tension, il y a une vraie pénurie aussi.
Olivier, je reviens quand même à mon consommateur français qui va se manger la hausse du gaz cet hiver, s'il en a. Les assurances qui augmentent, le pouvoir d'achat sous pression. Je ne vois même pas comment on peut tenir les 0,5 de croissance. C'est-à-dire que là, on est quand même sur une somme de difficultés assez importantes.
qui ne sont pas d'ailleurs spécifiques à la France. Le consommateur allemand a le même problème. Il y a peut-être plus de marge de manœuvre. il y a eu des annonces de baisse de prix à la poule. Ça, c'est l'avantage d'avoir une dette plus faible. On revient à la question initiale. C'est une des raisons pour lesquelles il faut avoir une dette plus faible pour pouvoir, en cas de problème, utiliser les marges de manœuvre. Or, aujourd'hui, on n'a pas vraiment de marge de manœuvre. Surtout, ce qui enseigne un peu... Normalement, les principes sur un sujet comme ça, c'est qu'il faut, s'il y a des aides, c'est qu'elles soient ciblées et temporaires. Alors, le ciblage, c'est toujours un peu compliqué. Et puis le temporaire, ça l'est aussi. Surtout qu'on est dans une situation, là qu'on vient de le dire, on ne sait pas combien de temps. Si on était sûr que ça durait un mois, dans ce cas-là, pourquoi pas ? faire des aides, on se dit, mais sinon vous prenez un pari, d'ailleurs en termes de coût, quand on a fait le bouclier tarifaire, si ça avait duré beaucoup plus longtemps, ça pouvait être une machine, c'est comme si sur les marchés vous preniez une position et vous pouvez avoir des pertes colossales, avec une position ouverte, donc il faut faire attention, surtout qu'on n'est pas sûr aussi politiquement, parce qu'un autre schéma, quand on dit il faudrait faire des taxes qui s'ajustent, est-ce que lorsque les prix redescendront ? Est-ce qu'on pourra communiquer et dire, mais dans ce cas-là, maintenant j'augmente les taxes et je maintiens le prix du carburant au même niveau pour compenser finalement le coût des baisses que j'avais faites avant. Ce qui serait normalement la bonne politique. Donc tout ça fait qu'on a très peu de marge. Sans doute essayer de continuer à voir côté offre, côté desserré, c'est ce qu'on essaie de faire un peu dans l'ensemble du monde, de voir ce qui peut être fait. Et puis après, du point de vue dans le ciblage, de voir où est-ce que c'est les situations les plus critiques, et notamment du point de vue des entreprises. Mais parce que
beaucoup attendent de cet après-midi, 17h, de la prise de parole de Roland Lescure, une baisse à la pompe. Mais ça n'est pas possible, Nathalie.
Franchement, vu la situation dans laquelle on est au niveau budgétaire, et même le gouvernement a rappelé qu'effectivement l'objectif n'était pas d'aider tout le monde, c'est-à-dire qu'effectivement après il n'y a que ceux, le problème porte sur les grands rouleurs. Juste pour faire un petit rappel, parce que j'aime toujours, c'est Jean-Marc Daniel peut-être qui m'a donné cette envie, mais si on regarde 74, ce qui était quand même le choc de référence, on a toujours un pouvoir d'achat. un peu supérieure par rapport au choc qui avait été subi par la population à l'époque. Donc effectivement, si on veut vraiment aller sur cette question de pouvoir d'achat et de gens qui effectivement se posent la question de comment aller travailler, il faut rester effectivement sur un ciblage. Si vous êtes sur la TVA, tout le monde effectivement bénéficie et on voit bien que les pays qui l'ont fait, ce sont des pays, comme l'a rappelé Olivier Garnier, qui en fait ont des situations budgétaires qui sont bien meilleures que la nôtre, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie. parce qu'effectivement, ils peuvent se le permettre, mais je rappellerai encore une autre chose, c'est que si vous allez sur la TVA, en plus, vous rentrez frontalement, c'est antagonique à votre politique verte de transition. Pourquoi à un moment donné, il faut quand même arrêter d'être schizophrène ? Que vous avez dit les populations très affectées, voilà, c'est une question qui se discute, mais d'aller remettre un prix qui est plus bas alors que vous êtes en train d'inciter les gens à passer électrique, ce n'est pas possible. Les derniers mots, Inouas ? Oui,
les derniers mots, je dirais juste des fois, il faudrait peut-être raisonner plus simplement, parce que je prends l'exemple des infirmières, elles sont à un acte, les actes sont payés, sont définis, il y a un tarif, pourquoi on n'en demande pas carrément leur acte ? C'est plus ça, ce n'est pas de baisser les prix pour tout le monde, c'est d'indexer en partie. Je sais qu'on n'aime pas indexer ça sur les prix d'énergie, mais d'indexer leur acte médical par rapport à leur coût. Tout simplement. Donc c'est ça où est le problème. C'est qu'on a fait des prix fixes. Vous avez des choses
qui n'ont pas le vrai prix en fait. Voilà, qui n'ont pas de
vrai prix et qu'il faut juste tenir compte de leur coût, c'est tout. Donc à ce moment-là, voilà, pour ces cas-là, on nous donne toujours les mêmes cas, mais c'est un peu ça. C'est que normalement, il faut ajuster les prix par rapport aux coûts. Toute entreprise le fait. Donc c'est là où on a des problèmes. C'est quand l'État s'en mêle et quand l'État veut fixer les prix absolument, c'est là qu'on revient à des machines à gaz.