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Bonjour à toutes et à tous. Pardon de vous avoir fait un tout petit peu attendre. Je vous en prie, les collègues, approchez-vous. Madame la préfète de région, je salue également les membres de la mission. qui va appuyer et l'État local, et les collectivités locales, et l'État national, et donc le gouvernement, dans les efforts de reconstruction et de redémarrage du territoire. Nous avons tenu une longue réunion avec l'ensemble des acteurs socio-économiques et politiques de la Gironde, mais aussi des Landes, et au-delà d'ailleurs de la Gironde et des Landes, tout ce que nous allons vous annoncer dans quelques instants. qui emmène aussi d'autres territoires qui ont pu être touchés ces dernières semaines par des incendies importants. Je pense notamment au Var, à la Corse, avec des enjeux de reconstruction, des enjeux de relogement, d'accompagnement en matière de solidarité d'un certain nombre de nos compatriotes. Enfin aussi des enjeux sur la résilience, comme on le dit, en tout cas l'adaptation de ces constructions à l'avenir aux risques incendies, aux différents risques aussi climatiques d'ailleurs qui peuvent découler de cela. à la relance des territoires en question, c'est vrai pour les finances des collectivités locales, singulièrement d'ailleurs les finances communales, enfin si le monde économique, surtout qu'à chaque fois nous sommes en général dans des départements touristiques qui sont largement impactés évidemment par la rupture que nous avons connue dans la saison. Je veux quand même démarrer en ayant évidemment un message. non seulement de reconnaissance, mais aussi de confiance dans les services de l'État. Ici en Gironde, la préfète de région, évidemment, Sophie Broca, le contrôleur général, le directeur départemental du service d'incendie et de secours, parce qu'on parle beaucoup de ce qui n'a pas été sauvé, c'est d'ailleurs bien légitime et bien naturel, mais enfin, il y a aussi tout ce qui a été sauvé dans la lutte contre ces incendies, les vies humaines, qui étaient quand même, évidemment, le... Le vrai sujet est la vraie préoccupation majeure pour nous. La mise en protection des sites Céveso ou les sites industriels dangereux, parce que l'actualité passe, mais on finit par oublier qu'il y a quelques semaines, nous nous posions quand même des questions qui étaient redoutablement complexes. Limiter évidemment les évacuations pour ce qui était nécessaire. Je rappelle aussi qu'il y a seulement quelques semaines, nous nous posions la question d'une évacuation tout simplement de la ville de Bordeaux, en tout cas jusqu'à la Garonne, et que tout a été fait avec l'ensemble des moyens qui étaient à la disposition de l'État. pour mettre en protection avant tout les personnes, ça n'a pas suffi, vous le savez, le ministre de l'Intérieur le sait mieux que quiconque, pour préserver la vie de deux sapeurs-pompiers qui ont perdu la vie ici en Gironde, qui sont morts au feu, qui ont rejoint malheureusement la liste d'autres sapeurs morts au feu cette année en France, et malheureusement la liste de celles et ceux qui ont déjà perdu la vie ces dernières années. Et puis bien sûr l'ensemble des biens qui ont été protégés, et donc ce qui nous amène aujourd'hui à nous... projeter un tout petit peu plutôt vers l'avenir et en disant comment on retrouve une vie normale ici dans les territoires concernés et comment on est capable de déclencher la solidarité nationale. Et c'est pour ça qu'on a choisi de le faire très vite ce 17 août parce que la saison touristique n'est pas complètement terminée, parce que la rentrée scolaire... constitue une angoisse importante pour les populations qui ont été évacuées et surtout sinistrées, qui ont tout perdu dans ces incendies et sur lesquelles il convient désormais de donner des outils, des moyens débloqués. des sommes d'argent importantes pour permettre au territoire de se projeter vers l'avenir, de réussir la rentrée autant que faire se peut, et surtout de préparer déjà les saisons qui viendront, notamment sur le risque d'incendie. La première chose que je veux redire, je l'ai dit tout à l'heure, mais je le dis parce que je vois bien ce qui a pu être dit ici ou là, soit par les polémiques politiciennes menées par les uns et les autres, surtout par les réseaux sociaux, par certaines sphères complotistes, nous n'avons rien à cacher sur le déroulé des opérations. La directrice générale adjointe de la sécurité civile est ici. Nous avons demandé avec Laurent Nunez à ce que des réunions puissent se tenir assez rapidement avec l'ensemble des communes concernées, tout simplement pour montrer, comme on le fait d'ailleurs dans les opérations militaires avec le pouvoir politique, ça m'est déjà arrivé de le faire comme ministre des Armées, qu'est-ce qui s'est passé minute par minute, comment les décisions ont été prises. Ce sont souvent des décisions qui n'ont pas été prises à Paris, ça coule sous le sens. En généralement, pas non plus à Bordeaux d'ailleurs, parce qu'on est sur des décisions tactiques de terrain. Et je pense qu'au fond, au moment où tout le monde a parfois dit un peu tout ou n'importe quoi, il n'est pas inutile de remettre un tout petit peu de rationalité, de vérité. Et en tout cas, on n'a rien à cacher. Et donc cette opération de transparence rationnelle... clinique, si j'ose dire, elle a beaucoup de sens. Elle permettra aussi à tout un chacun de comprendre la difficulté dans laquelle se sont retrouvés les services de l'État et les pompiers, avec une multitude de départs de feu et un phénomène climatique, je vous rappelle, tout à fait particulier ce jour-là, puisque d'un feu conventionnel, il est devenu convectif, avec donc un embrasement tout à fait particulier que nous n'avions pas connu jusqu'à présent. De cette vérité, cette transparence nous permettra aussi d'accompagner quand même un territoire qui est profondément bouleversé, dans lequel, on le voit bien, ça m'a été rapporté, y compris hier après-midi, où j'ai décidé de me déplacer sans caméra, sans protocole. J'ai passé plus de deux heures avec le maire des Porges et ça m'a permis d'avoir un contact particulier avec la population, pardon de le dire devant les journalistes, mais sans caméra, évidemment, ça change tout. Il y a un enjeu psychologique majeur. un enjeu de suivi des individus, des personnes fragiles, parfois des personnes moins fragiles, mais qui commencent à découvrir des fragilités, des gens en tout perdu. Et donc là aussi, il y a une approche profondément psychologique, sanitaire même, quelque part, qui va nous falloir muscler. Beaucoup de choses ont déjà été mises en œuvre, mais je commence par là, parce que c'est ce qui m'a le plus frappé dans les rencontres que j'ai pu avoir ce matin, mais surtout hier après-midi, sur la commune du Porsche. Ensuite, évidemment, un certain nombre d'annonces que le gouvernement met sur la table ce matin pour permettre de déclencher la solidarité nationale. Clairement, on assume de sortir l'artillerie lourde, parce que c'est cette artillerie lourde qui crée la rupture et qui permet à tout le monde de se projeter localement. La première des choses, évidemment, c'est la question du relogement. beaucoup de relogements d'urgence. On va augmenter les fonds d'accompagnement des collectivités locales pour ces relogements d'urgence, parce que parfois ce sont des solutions qui sont complètement temporaires, des mobilhomes, des meublés qui pouvaient être occupés par des touristes, mais comme il n'y a plus de touristes, ça permet d'accueillir des populations sinistrées. Tout ça, c'est le mieux que l'on pouvait faire dans les moments que nous connaissons. Un jour viendra l'hiver. Il faut donc trouver désormais des solutions de temps moyen et de temps long. Et donc ça, c'est évidemment un enjeu qui est clé. Je citais la rentrée scolaire. Et puis bien sûr, le relogement n'a de sens que si on ne donne pas une perspective de reconstruction. Alors là, ça pose des questions qui sont à la fois simples et redoutables. La question simple, c'est toutes les reconstructions d'habitations qui peuvent être faites. Je ne dirais pas à l'identique parce que les Françaises et les Français, nos compatriotes qui sont concernés par ça, n'auront peut-être pas envie de reproduire à l'identique la maison qu'ils avaient. C'est leur droit le plus strict. En tout cas, s'ils veulent reconstruire quelque chose d'équivalent, il faut que ce soit possible et possible très rapidement. Il y a un enjeu avec les assurances, j'en dirais un mot. Mais en tout cas, moi, je ne veux pas que la puissance publique, c'est-à-dire les communes et l'État, soient montrées du doigt ou qu'on leur reproche une bureaucratie excessive qui retarderait justement ce retour à la normale et qui retarderait... le deuil et qui retarderait au fond la capacité à retrouver une vie normale. Ce que nous allons donc faire, c'est que nous allons, pour les reconstructions en équivalence, faire en sorte que ces permis de construire puissent être délivrés globalement sous un délai d'un mois. Un mois, c'est rapide, ça peut être moins d'un mois. Je sais qu'un certain nombre d'habitants, qui me l'ont dit en tout cas, sont prêts pratiquement à les déposer rapidement. Tout le monde n'est pas non plus à égalité en fonction de si vous avez déjà votre architecte, où est-ce que vous en êtes avec votre assurance, etc. Mais en tout cas, on veut pouvoir aller très très vite. Et pour les reconstructions qui seraient plus délicates au regard de l'environnement, notamment lié à la forêt ou à des risques naturels, là aussi on va demander à la mission d'appui d'élaborer une doctrine très rapide qui va permettre à la préfecture et aux maires de pouvoir délivrer des permis de construire qui sont un tout petit peu différents. On sait qu'il peut y avoir des obstacles légaux importants. Loi littoral, l'oi sur l'eau, on est dans un environnement qui est contraint. Donc là, il y a un point d'équilibre à trouver entre rapidité et pas refaire ou faire n'importe quoi dans la construction. Les mêmes qui veulent que ça aille très vite aujourd'hui seront les mêmes qui, dans deux ou trois ans, diront « Mais pourquoi vous avez laissé faire ? » Un grand classique. Donc là, on va travailler très rapidement et on va reprendre ce qui avait fonctionné pour Notre-Dame de Paris. On a un texte sur le logement porté par le ministre Vincent Jean-Brun en ce moment, ici même. Et donc nous allons injecter un article dans cette loi de type Notre-Dame de Paris sur les zones dans lesquelles nous avons eu un sinistre qui va nous permettre justement d'avoir un véhicule législatif qui permettra... au maire, responsable de délivrer les permis de construire, et à la préfecture d'avoir une base légale particulière, extraordinaire, en quelque sorte, qui permettra d'aller vite. Alors la vitesse passera aussi par les assurances. Je ne vous cache pas que c'est le point le plus aigu de ce que j'ai pu entendre hier et ce matin. Je pense même pouvoir dire que nous nous sommes faits engueuler à la place des assureurs. Donc nous ne manquerons pas, évidemment, de restituer aux assureurs ce que nous avons entendu. J'ai demandé à l'État et au service de l'État de jouer les interfaces. Beaucoup trop de gens. Et je passerai un message personnel au grand patron des compagnies d'assurance. vraiment trop d'habitants qui sont complètement bouleversés par ce qui s'est passé. Et le méandre même de la relecture d'un contrat d'assurance, des petites polices, de savoir si on était à 150 mètres du feu ou pas à 150 mètres du feu, tout ça, déjà c'est très compliqué, mais en fait ça devient un obstacle quasiment insurmontable. Donc on ne va pas se substituer aux assureurs, mais enfin on va quand même se mêler de la relation entre les assurés et leurs assurances, et on va le faire avec beaucoup de loyauté. vis-à-vis des compagnies d'assurance, on n'est pas là pour taper sur elles. Enfin, je le dis quand même, celles et ceux qui joueront le jeu, on dira lesquelles, et celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, on dira lesquelles aussi, parce que c'est encore un univers concurrentiel dans lequel nous avons bien le droit de donner notre avis. Ensuite, il y a un enjeu de solidarité territoriale important. C'est un très grand département, les Landes aussi, le Var aussi, un département particulièrement peuplé. Là, on va avoir globalement plusieurs outils qu'on débloque maintenant. Le premier, c'est évidemment pour les collectivités locales. Françoise Gattal s'en est occupée. C'est au fond, on a des collectivités qui ont clairement été mises à l'épreuve. Les réseaux, pour avoir vu ça de près hier, la situation des voiries, certains bâtiments qui ont parfois dû être déconstruits rapidement, bref. Et puis, pas que le curatif, pas que réparé, il y a aussi clairement dans ces communes un besoin de se reprojeter sur l'avenir. On est au début du mandat municipal en plus. On ne peut pas demander à un conseil municipal qui vienne se faire élire ou réélire que la seule feuille de route du mandat qui s'ouvre, c'est uniquement faire du poste incendie. Donc là, c'est le sens des 12 millions d'euros que nous débloquons, et pour les Landes et pour la Gironde, qui va vraiment être déléguée à la préfète de région, donc échelon local. Je reviendrai, c'est très important, moins on gère depuis Paris. Plus on redonne des capacités aux acteurs locaux, mieux ce sera. En tout cas, c'est notre philosophie. Et on va s'y employer. Mais cette somme d'argent, elle va être disponible dès maintenant. Et donc, elle va permettre aux collectivités de lancer les travaux sans retard. Et au fond, aussi, leur permettre de bâtir une forme de plan de relance. L'autre grand enjeu, c'est évidemment le soutien au monde économique. Alors là, au fond, vous avez deux zones. zones qui ont été évacuées slash sinistrées. D'abord sinistrées et donc évacuées, puis les zones évacuées sans être sinistrées, pour faire très vite. Première famille de territoires et de communes qui nous font impérativement traiter en urgence, j'en dis un mot tout de suite. Puis les territoires non évacués, dans lesquels heureusement il n'y a pas eu de sinistres, mais dans lesquels il y a quand même eu un choc économique. La ville de Bordeaux, la métropole de Bordeaux, étant sans doute d'ailleurs le meilleur des exemples, et pour autant c'est quand même cette métropole qui a accueilli les personnes déplacées, qui a évidemment pris le choc sur le volet touristique. Là, on va donc adapter nos outils pour qu'on ait vraiment quelque chose de sur mesure. Pour l'ensemble du monde économique, plusieurs outils ont été mis sur la table par le Conseil régional, par la métropole. On va les accompagner. Nous, l'État, Serge, nous mettons aussi en place un certain nombre de plans de soutien à l'économie qui va passer notamment par des exonérations de cotisations sociales. L'exonération, ce n'est pas report. C'est-à-dire, en clair, l'État, ferme oratoire, efface les cotisations sociales, période de 3 mois, dans lequel... l'ensemble des entreprises et des acteurs économiques qui ont connu le sinistre ou qui sont dans une zone évacuée verront un accompagnement de cette nature. Ce qu'on va faire pour les cotisations sociales, comme nous l'avons déjà fait pour le chômage partiel, je vous le rappelle, qui est déjà lancé, le décret a été pris, il a été publié au journal officiel, on va le faire également sur la fiscalité, notamment sur la taxe foncière dans laquelle l'État acquittera la taxe foncière à la place de ses entreprises. pour les collectivités locales. Et donc là, on a bien une relance, et fiscale et sociale, avec beaucoup de rapidité. Ce sont donc des dispositifs que vous retrouverez dans le projet de loi de finances pour 2027, dans le texte initial du gouvernement. Ces exonérations ont été demandées, vous l'avez entendu sans doute, il y avait beaucoup de craintes que ce soit seulement un déport ou un report de paiement, pour avoir fait mon petit tour, y compris hier, j'ai bien vu que ça ne fonctionnerait pas. Et donc on va évidemment vers une mesure qui est assez radicale, un peu coûteuse. pour les finances publiques, mais bon, je l'assume, dans la mesure où en plus vous avez beaucoup d'acteurs économiques qui sont saisonniers, et dont, pardon, l'enfant c'est une porte ouverte, mais ça veut dire aussi que l'hiver ne leur permettra pas de récupérer ce qu'ils ont perdu l'été, et donc ça nous renvoie à l'année prochaine, et le vrai risque c'est de voir des acteurs économiques touristiques disparaître, et de voir au fond un restaurateur qui ne rouvre pas, un loueur de matériel nautique qui disparaît complètement, le risque est réel. Même si les chiffres de la saison à 7 mi-août sont contrastés en fonction des communes, soit ça va beaucoup mieux dans certains endroits, soit ça va pas. Toujours pas bien dans d'autres. Donc en fait, on a aussi quelque chose qui n'est pas du tout à égalité territoriale et qu'il va nous falloir évidemment accompagner. D'autres mesures, je ne vais pas tous les présenter, on va vous les communiquer, mais sont mises sur la table. Enfin, vous le voyez, globalement, on a sorti, comme je le disais, l'artignerie de l'autre. Ensuite, on va essayer quand même très rapidement d'avancer sur quelques sujets importants. La civiculture, l'ensemble de l'économie de la forêt, qui draine évidemment une création de richesses locales extraordinairement importante. C'est vrai pour la Gironde, Mathieu, c'est vrai aussi pour les Landes, dans lequel là, je vous rappelle qu'il faut 30 ou 40 ans pour voir un arbre repousser. Donc on a un énorme enjeu de valeur. Là aussi, des mesures fiscales seront mises sur la table pour accompagner la filière. Il y a un enjeu de dialogue, on le sent bien, avec les collectivités locales. avec les habitants, comment on repeuple ces forêts autour. Là, il y a un équilibre à trouver entre rapidité et en même temps l'urgence de réfléchir pour être complètement transparent. Ça renvoie, et là pour le coup la mission y travaillera, ça renvoie à la question de ces fameuses ELD, ces obligations légales de débroussaillement, dont on ne peut pas dire que ce fut très respecté. Je crois pouvoir le dire et qui n'est pas du tout neutre, parce qu'y compris avec les pompiers qu'on a pu voir ce matin et je reverrai cet après-midi. On le voit bien qu'intervenir dans des zones propres, nettoyées ou dans des zones qui ne l'étaient pas a tout changé, évidemment, pendant le traitement tactique du feu. Et évidemment, là aussi, il nous faudra y revenir. Une catastrophe peut en annoncer une autre. L'ensemble de ces... et de ces arbres pompés énormément d'eau dans des zones qui, jadis, étaient lumides, comme vous le savez, et qui ont été asséchées justement par la civiculture. Tout ça remonte à Napoléon III et depuis. Bon, désormais, on a donc un risque d'inondation qui peut être important pour l'hiver prochain et sur lequel les services de la préfecture ont déjà commencé à travailler avec, évidemment, l'ensemble des élus, des enjeux de biodiversité. Je pense qu'on a tous été émus et bouleversés. parce qu'on n'a pas réussi suffisamment à sauver, et pourquoi c'est la faune, qui quand même paye un très lourd tribut dans ces incendies. Donc là aussi, c'est vraiment un sujet qu'il faut mettre sur la table. Agriculture, la ministre est là avec un bon échange ce matin avec les représentants de la Chambre d'agriculture, parce qu'on aurait pu craindre plus de feux de culture au début. Enfin, l'impact quand même est réel, plus les filières pêche, parce que les ostréiculteurs également. évidemment, portent aussi un impact important sur ce qui a été fait. Donc au fond, on aura un retour d'expérience comme on l'a fait à chaque fois. Le tout, évidemment, c'est d'en tenir compte, puisqu'on voit bien que j'étais ministre des Armées en 2022. J'avais mobilisé l'embryon d'Ephaistos à l'époque qu'on avait renforcé. J'ai regardé le retour d'expérience de 2022. Il faut être honnête, il y a toute une partie qui a bien été prise en compte. Contestablement, tous ceux qui disent que c'est faux, etc. ne connaissent pas le dossier. Après, il y a un problème de rapidité. En fait, on ne peut pas dire qu'il n'y a rien de fait, on ne peut pas dire que les mauvaises expériences du passé sont mises de côté, ça va être dans un tiroir, on ne regarde pas, c'est faux. Il y a un problème de vitesse d'exécution. Il est certain que la manière dont on met ça en œuvre désormais doit être beaucoup plus rapide et fait avec beaucoup plus de radicalité peut-être et d'urgence que ce n'a été fait jusqu'à présent, mais je pourrais répondre à vos questions. Voilà. Est-ce que les ministres vous souhaitaient compléter d'un mot sur quoi je n'ai pas été... Vas-y, ça, je suis trompé.
Juste un mot pour compléter ce que vous venez de dire, M. le Premier ministre. D'abord, la constitution d'un fonds de garantie entre la BPI, donc l'État, et la région. À date, il est de 30 millions. d'avoir un effet levier 30 millions, c'est-à-dire que quand la région met 1 euro, la BPI met 2 euros, et donc il pourrait s'ouvrir à beaucoup plus que ça, si nécessaire. Mais ce fonds va être intéressant, parce que c'est un fonds qui, en termes de reconstruction, va compter. Il peut aller beaucoup plus loin, on en a discuté avec le président de région, pour refaire venir les touristes aussi. Puisque l'activité touristique a besoin d'être relancée, nous avons constitué un plan de communication, avec une stratégie de communication destination Land-Gironde, avec un budget de 2 millions d'euros, qui est constitué d'acteurs privés, d'argent local, avec la commission départementale régionale du tourisme, avec la région et avec l'État. Et puis, Atout France est en train de travailler aussi à l'étranger. Parce que les images qu'on a vues, là, des feux, voilà, ont quand même joué un rôle très négatif. Donc il faut corriger ça, aller revoir dans les bureaux tous les touristes anglais, notamment néerlandais. allemands qui étaient habitués à venir dans cette belle région, donc les convaincre qu'ils peuvent maintenant revenir. Et puis nous organiserons un partage d'expériences sur ce qui s'est passé sous l'égide de l'ONU-tourisme avec des pays comme le Portugal, comme l'Espagne, comme la Grèce ou même le Canada qui ont subi ça pour que nous en tirions des expériences et que nous puissions les travailler. Voilà, monsieur le Premier ministre.
Merci M. le Premier ministre. Bonjour à tous. M. le Premier ministre parlait tout à l'heure de retour d'expérience. Et dans le retour d'expérience, il y a aussi la validation de ce qui a bien fonctionné. Et donc je voudrais saluer l'engagement exemplaire de l'ensemble des élus des départements qui sont touchés par ces graves incendies, la capacité de solidarité entre les communes, les départements, les régions, mais aussi le travail remarquable de coopération qui a été fait avec... les préfets. Ensuite, il y a l'aide de l'accompagnement financier dont le Premier ministre parlait, qui démarre par cette aide d'urgence, qui sera ensuite complétée. Et puis, il y a un besoin qui est fortement exprimé par les élus locaux, c'est l'efficacité, la rapidité et la capacité à construire des réponses jusqu'au bout. Et il y a des dispositions importantes qui ont été prises en plus de la mission de reconstruction et d'adaptation. C'est la création d'une fonction de coordinateur auprès des préfets qui permettra pour les collectivités d'avoir un interlocuteur et d'identifier un responsable. de mise en œuvre de tous les services de back-office pour permettre aux élus locaux d'accomplir toutes les opérations qui sont nécessaires, de délivrance d'autorisation, mais aussi de reconstruction de certains équipements. Et puis enfin, une chose aussi extrêmement importante, c'est la manière dont nous allons pouvoir ensemble mettre en œuvre Tous les services techniques de l'État, je pense au CEREMA pour identifier des fragilités d'infrastructures routières ou parfois de ponts. Donc un accompagnement technique des collectivités pour les aider à aller plus vite et plus loin et en tout cas de réussir cette phase de reconstruction. Et puis je voudrais parler des plans communaux de sauvegarde. La plupart des communes de ces territoires avaient des plans communaux de sauvegarde, c'est-à-dire la prévention, en quelque sorte, la définition de l'organisation, comment on gère une crise, comment on protège, comment on sécurise, comment on héberge les gens, comment aussi on nourrit les pompiers, tous les bénévoles qui viennent aider. Ces plans communaux de sauvegarde ont plutôt été efficaces. Monsieur le Premier ministre l'a rappelé, il n'y a pas de victime civile. à déplorer. Nous déplorons naturellement le décès des sapeurs-pompiers, mais nous avons eu des choses qui ont très bien fonctionné et avec les préfets, nous ferons aussi des retours d'expérience sur ces plans communaux de sauvegarde pour les mutualiser à une échelle d'importance.
Les agriculteurs ont contribué puissamment à la lutte contre les incendies et je veux leur adresser aujourd'hui l'expression de ma reconnaissance. Ils ont mis à disposition leurs engins agricoles, ils ont véritablement lutté pied à pied contre le feu et apporté une aide substantielle à nos pompiers. Ils ont été utiles aussi parce que le fait même de cultiver la terre, d'élever des animaux, est une façon de lutter contre un embroussaillement, une déprise qui peut favoriser la propagation du feu. Rien n'est plus efficace pour lutter contre le feu qu'une parcelle irriguée, qu'une prairie pâturée, qu'une viticulture entretenue. Et je pense que cela doit nous inspirer une réflexion dans la reconstruction des territoires touchés par les incendies. L'agriculture est un outil de résilience et de lutte contre les incendies. Je pense qu'il faut que nous en tirions tous les enseignements.
Bonjour à tous. Comme le disait très justement M. le Premier ministre tout à l'heure, l'enjeu du relogement est évidemment au cœur des préoccupations de chacun d'entre nous. Je voudrais d'abord me féliciter du travail excellent qu'il y a pu avoir entre les services de l'État, Mme la Préfète, avec l'ensemble des collectivités locales et tous nos partenaires, que ce soit les bailleurs sociaux, actions logement et y compris d'ailleurs les assurances. On a beaucoup parlé des assurances tout à l'heure. On veillera à ce qu'elles soient pleinement mobilisées. Ils ont pris un certain nombre d'engagements en ce sens. liés au mieux à l'urgence du relogement pour que chacun puisse être accompagné. C'est le cas aujourd'hui. 100% des personnes qui se sont signalées aux différents centres uniques d'accompagnement ont aujourd'hui une solution d'hébergement. Évidemment, il est notre responsabilité de se projeter sur le long terme. Monsieur le Premier ministre, on avait ensemble préparé le Notre-Dame du logement. On ne pensait pas que la symbolique irait jusqu'à... parler de bâtiments détruits par les flammes et cette nécessité de le reconstruire le plus vite possible. Mais évidemment, ici, cela prend tout son sens, cette capacité à construire vite, bien et même mieux, puisque l'idée c'est de construire. de manière plus sécure par rapport aux risques incendie bien sûr, c'est-à-dire pas forcément dans les mêmes zones. Il y aura quelques zones probablement qui seront identifiées comme nécessitant de ne plus construire là, et je sais que c'est le travail de la mission. Et puis évidemment, pour tout le reste, la capacité à reconstruire le plus vite possible. Ça signifie, comme l'a dit M. le Premier ministre, d'avoir des règles d'urbanisme qui permettent d'aller le plus vite possible, notamment quand on reconstruit quelque chose à gabarit équivalent. Et c'est vrai sur la capacité à délivrer un permis de construire très rapidement, un mois, comme l'a dit M. le Premier ministre, mais également dans le fait de limiter les recours des tiers, c'est-à-dire les recours contentieux contre le projet de reconstruction, avec l'idée là aussi de raccourcir les délais d'une part, et deuxièmement de ne permettre aux requérants que d'attaquer les éléments qui seraient différents. de ce qu'était le bâti à l'époque. Et donc finalement, si vous rajoutez une extension dans votre reconstruction, là on peut éventuellement avoir un recours des tiers. Sur le reste, non. Grâce au projet de loi Relance Logement, qui j'espère sera inscrit très rapidement à l'Assemblée nationale, on aura la possibilité d'apporter ces solutions pour accélérer la reconstruction. Dans les cas très particuliers où la construction serait un peu longue et qui nécessite de l'hébergement transitoire, on aura un décret qui permettra d'avoir des constructions dite provisoire, c'est-à-dire sans fondation, que ce soit sur votre propre terrain ou sur un terrain communal par exemple, qui jusqu'ici étaient autorisés pour un an et qui cette fois seront autorisés pour trois ans de façon à accompagner les projets qui nécessiteraient un temps un petit peu plus long. En tout cas, on serait évidemment au rendez-vous du relogement et de la reconstruction.
à tous, Monsieur le Premier ministre. S'agissant de la gestion de la forêt, celle-ci appelle à la fois des mesures d'urgence immédiates et des mesures de plus long terme qui vont contribuer à la façonner pour... Les décennies à venir, s'agissant des mesures immédiates, le gouvernement a pris un arrêté de sinistre reconnaissant la grande ampleur de ce feu au sens du code forestier, ce qui permet de procéder à des coupes sans plus de délai, notamment évidemment des arbres qui sont dépérissants, à la fois pour protéger les populations et puis pour prévenir le développement soit des squelettes, soit des insectes ravageurs. Parmi les mesures d'urgence également, le gouvernement va prévoir une aide au broyage pour les jeunes peuplements qui n'auront plus d'intérêt sylvicol pour les petits peuplements dans les mois et les semaines à venir, comme ça avait été fait en 2022, en anticipation des besoins des exploitants forestiers. S'agissant du moyen et du long terme, la mission va piloter la reconstruction de la forêt qui nécessite deux choses. A la fois, comme l'a dit le Premier ministre, du consensus local entre l'ensemble des acteurs, à commencer par les élus locaux, mais également les acteurs privés et publics de la forêt. Et puis un appui sur l'expertise scientifique avec ici, notamment pas très loin de Bordeaux, à Sestas, l'INRAE qui fournit une expertise scientifique. de référence et de qualité. Et puis, dans le moyen terme, il y a aussi évidemment le renouvellement forestier pour lequel les moyens seront en hausse dans le prochain projet de loi de finances. S'agissant également des mesures de moyen et de long terme, évidemment, il n'y a aucune forêt qui est pyro-résistante ou aucune silviculture qui est... Il faut donc renforcer nos actions de prévention, notamment en matière d'obligations légales de dévrosaillement, à la fois pour les clarifier, pour faire montre aussi de plus de pédagogie. Une fois que celles-ci ont été clarifiées et mieux explicitées, alors on pourra faire montre de plus de responsabilisation des personnes qui sont en charge de ces obligations. Et dernier point, pour la construction des pistes ou les aménagements des pistes dans les forêts de défense contre l'incendie, le gouvernement propose de déclarer une raison publique d'intérêt majeur, ce qui permet d'éviter le recours à une dérogation d'espèces protégées et donc de placer la protection et la sécurité publique au premier rang.
Merci beaucoup. Pardon, nous sommes un peu longs, mais au moins vous avez la vision panoramique de l'ensemble des mesures qui ont été mises sur la table et qui intéressent très directement les populations concernées pour cause de l'ensemble de ces mesures en général. On fait l'objet de demandes qui nous sont parvenues les jours qui ont précédé cette visite. Avez-vous des questions ?
À la rencontre, selon votre entourage de pompiers, de sinistrés, beaucoup vous attendaient devant la mairie, puis après devant cette caserne de pompiers. Pourquoi ne pas être allés à leur rencontre alors qu'ils ont l'impression parfois que l'État les abandonne
'État ne les abandonne pas. Je pense que l'ensemble des annonces qu'on vient de faire montrent l'inverse. J'ai fait deux choses, à vrai dire. Hier, j'ai tenu vraiment à y aller sans corps préfectoral, sécurité la plus minimaliste. avec le maire et ça m'a permis vraiment de rencontrer un certain nombre d'habitants. On est allé saluer d'ailleurs par ailleurs les CRS qui font la sécurité sur la plage du Porges. Et puis ça m'a permis, sur carte, de véritablement aussi travailler, notamment affiner les mesures telles que nous le faisons aujourd'hui. Après, vous commencez à me connaître, je ne cours pas après la communication, je le dis avec respect pour les chaînes info. Enfin, soit on court après la com et on travaille mal à la fin. Parce qu'en plus, la présence de caméras modifie tout. Pour nous, aussi pour les populations concernées, puis aussi pour vous d'ailleurs. Soit on cherche à travailler sérieusement, et au fond, on fait un peu moins de com. D'autres le font pour nous, ça tombe bien, mais on fait un peu moins de com. Et c'est vrai que je préfère faire ça. Après, est-ce que dans le montage du déplacement entre nous, aller au Porge après les annonces aura été mieux ? Sans doute. Ça, je le concède bien volontiers, parce que ce matin, on a reçu le collectif, qui était représentatif justement des gens qui étaient non loin de la mairie ou du centre d'incendie de secours. Et elles-mêmes, d'ailleurs, nous ont dit qu'elles prenaient des notes pour expliquer aussi tout ce qu'on a pu dire dans le cadre de cette réunion. Après, il est vrai qu'aller au porge, après les annonces que je viens de vous faire, change un peu les choses. Il se trouve que pour des raisons d'agenda, c'est l'inverse qui a été fait. Mais le font. De toute façon, les gens qui ont perdu leur maison. Je trouve que pour toute autre raison, j'étais proche qui, dans d'autres incendies, ont pu connaître ça. C'est quelque chose d'épouvantable. Même quand il n'y a pas de victime humaine, la blessure et donc la colère que ça peut évidemment susciter est énorme. Moi, je le comprends très, très bien. Un peu plus d'empathie que moi sur cette affaire-là. Mais justement, plutôt que des grandes phrases. Plutôt que de faire des tweets, plutôt que de se montrer en photo, et plutôt que de se mettre en scène, je préfère mettre du concret. Et c'est vrai, c'est ma culture d'élu. Je fais confiance au maire, au conseil municipal. Les gens que vous avez vus ce matin, ils ont voté au mois de mars pour des gens qui sont légitimes, pour travailler avec nous, pour nous demander des choses, pour nous engueuler, pour nous dire que c'est bien, pas bien. Et c'est vrai que je fais ça. Un peu à l'ancienne, mais j'assume. Ça n'enlève rien au respect que j'ai pour tous les gens qui étaient là ce matin. Mais ce sont les résultats qu'il faut être jugés.
Monsieur le Premier ministre, bonjour. Jefferson, d'Espoir pour Sud-Ouest. En août 2023, dans le colonne de Sud-Ouest, Gérald Darmanin, qui est alors ministre de l'Intérieur, annonçait la création d'une seconde base de l'essai qui a été civil à Mont-de-Marsan, base pérenne, permanente avec des moyens aériens. Cette question a été au centre des derniers incendies. Est-ce que cette promesse de l'État est définitivement intéressée ? Où est-ce que les lignes peuvent encore bouger ? Et juste une précision sur le relogement. Est-ce que les personnes seront relongées le temps de la reconstruction qui a duré peut-être plusieurs mois ? Merci.
Laurent, tu veux...
Je suis là, je suis là.
M. le Premier ministre, sur la base, effectivement, il y a eu une annonce, il y a eu un projet, et puis qui n'a pas été abandonné, il n'a pas été mis en œuvre pour des raisons essentiellement opérationnelles, pas financières, mais opérationnelles. Les ministres de l'Intérieur successifs ont préféré in fine ce qu'on appelle le prépositionnement opérationnel de moyens aériens au plus près des théâtres d'opération. C'est ce qui se fait ici dans cette zone, avec des prépositionnements notamment à Bordeaux-Mérignac. avec notamment un, plusieurs dash, des airtracteurs. Voilà. Donc c'est le choix qui a été fait. Maintenant, et ça a été évoqué ce matin, ça a été clairement évoqué ce matin, plusieurs élus ont interpellé le Premier ministre, m'ont interpellé. Et le président d'ailleurs du Conseil départemental des Landes a écrit au Premier ministre qu'il m'a saisi pour que nous étudions la question. Voilà. À la fois financièrement, mais surtout opérationnellement. Il ne faut pas penser que ce... L'installation d'une base aérienne, ici, au plus près du massif des Landes de Gironde, serait la solution idéale. Il y a derrière des coûts de maintenance, il y a des coûts d'entretien, tout ça se regarde. En tout cas, pour autant, il ne faut pas dire que rien n'a été fait, il y a ce prépositionnement qui est fait tous les jours en fonction de la carte de vigilance météo et risque feu de forêt. Pour l'instant, le projet est à la demande du Premier ministre. Mes services vont procéder de nouveau à l'étude de cette implantation.
sur la question du logement, l'idée est évidemment d'accompagner toutes les familles. Beaucoup bénéficient d'un contrat d'assurance qui va leur permettre d'avoir un financement pour le relogement et un accompagnement pour la reconstruction de leur domicile, ce qui va permettre évidemment d'avoir un accompagnement sur le long terme. Il peut y avoir quelques exceptions. Les services de l'État et des départements sont évidemment très attentifs. Et là aussi, dans les cas très particuliers, on aura un suivi spécifique pour voir comment accompagner. Merci, Vincent.
Bonjour, Messieurs les hommes. Julien Mignot pour France Inter. Question à la fois pour M. le Premier ministre et M. le ministre de l'Intérieur. Question finalement sur la valeur, la crédibilité de la parole politique. Hier soir, nos contrats de Mediapart ont révélé un enregistrement la semaine dernière pendant une réunion que vous avez tenue de ce ministre avec les syndicats de pompiers, dans lequel, au moment où vous évoquiez les arguments tout l'été du gouvernement sur les moyens aériens qui auraient été largement suffisants selon vos dires et selon plusieurs autres ministres du gouvernement, Vous auriez dit dans cette conversation, selon l'enregistrement, qu'il s'agissait aussi de posture politique. Alors, question d'abord à vous, M. Nunez, est-ce que vous assumez ces propos ? Et puis à vous, M. Lecornu, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que globalement, vous ne trouvez pas que ça décrédibilise encore peut-être un peu plus la parole politique de déjà vous
tu veux. Comme vas-y, si tu veux. Je vais peut-être commencer, puisque c'est moi qui ai tenu ces propos, si M. le Premier ministre m'y autorise. D'abord, c'est une réunion entre un ministre de l'Intérieur et des organisations syndicales. Moi, dans ma carrière administrative et un peu politique, quand j'étais secrétaire d'État, j'en ai tenu plein. J'ai jamais vu ça. J'ai jamais vu qu'on enregistre comme ça, sans le dire, de manière sauvage, des propos qui sont tenus dans une ambiance qui, normalement, est plutôt franche et courtoise. Et elle l'a été. J'ai effectivement, au début de la réunion, au tout début de cette réunion, puisque l'essentiel de la réunion a été consacré à la discussion sur les moyens des services d'incendie et de secours, notamment les moyens... terrestres, les moyens humains, les moyens de protection. Sur les moyens aériens, ce que j'ai dit au début de la réunion, et d'ailleurs j'ai remercié les organisations syndicales pour ce faire. Je leur ai dit qu'elles nous entendaient puisqu'elles nous font le reproche de dire que les moyens sont suffisants et que finalement nous exagérions, que nous sommes dans le déni de la réalité. Je leur ai dit en début de la réunion que lorsque nous disons que les moyens sont suffisants, nous répondons à des attaques qui nous sont faites sur l'insuffisance des moyens aériens. Nous n'avons eu de cesse d'ailleurs d'être interpellés au Parlement pendant les questions d'actualité dans les médias sur ce sujet, les moyens aériens. Et je leur ai dit que ma posture était aussi celle d'une posture politique de rabâcher, de ressasser sans cesse que ces moyens aériens sont suffisants. La flotte aérienne a été multipliée par deux depuis 2022. C'était effectivement une posture politique. Mais rien dans mes propos ne remettait en cause la position qui consiste à dire que les moyens aériens sont... Suffisant. Bien au contraire. Bien au contraire. Bien au contraire. Mais posture, c'est une maladresse. Alors ce que je leur disais, c'était ma façon d'agir, ma façon d'être en politique, c'est de défendre évidemment ce qui a été fait, fois deux pour la flotte aérienne. Et donc je leur ai expliqué que quand je disais que les moyens étaient suffisants, je pensais évidemment aux moyens aériens. À preuve, à preuve, on a passé deux heures. A discuter ensuite de ce qu'il fallait faire pour renforcer les moyens terrestres. J'ai rappelé que nous avions mis en œuvre un PAC capacitaire depuis 2022, 150 millions d'euros, où l'État est venu abonder le budget des SDIS. J'ai leur rappelé tout ce qu'avait fait les SDIS. On est passé d'un budget qui était de 4,9 milliards d'euros en 2017. On est à plus de 6 milliards. Et donc nous avons essentiellement discuté des moyens terrestres. les moyens en ressources humaines. Ils m'ont fait un certain nombre de demandes. Et la discussion, d'ailleurs, tout au long de la discussion, nous avons évoqué, nous avons évoqué, j'en parle très librement, puisque nous en avions parlé avec le Premier ministre auparavant, avec Mme Françoise Gattel également auparavant, nous avions évoqué, pour augmenter les moyens terrestres, RH, des services départementaux d'incendie de secours, il faut augmenter. le budget des services départementaux d'incendie de secours. Et c'est une discussion que nous avons avec les associations d'élus et qui devrait trouver son aboutissement dans le projet de loi de finances pour 2027. Et nous avons passé une partie de la réunion d'ailleurs à discuter de cela. J'ai écouté ce que les organisations syndicales... On dit en termes de moyens. Mais il n'y a rien dans le début de cette réunion, dans la phrase qu'on impute... Encore une fois, qui a été prise à mon insu. Je le redis, puisque c'est particulièrement indélicat. Mais il n'y a rien qui remet en cause ce que j'ai pu dire jusque-là. Voilà. Nos moyens et rien. Sans suffisant, notre flotte a doublé. En revanche, nous continuons à travailler et c'est normal. On l'a fait avec le capacitaire, on le fait avec les élus locaux. Ce matin, certains élus nous ont encore interpellés sur la nécessité de poursuivre l'augmentation évidemment des moyens en véhicule. Il y a des nouvelles normes pour les véhicules terrestres, les véhicules de secours de lieu contre les incendies. Évidemment qu'il faudra poursuivre cet effort et nous réfléchissons au financement. Voilà, je n'y dis que ça, rien que ça. Il n'y a aucune remise en cause de la parole politique que j'ai pu tenir.
Merci beaucoup. Vous me posez la question de ce que j'en pense. Je vais vous répondre franchement. La forme est le fond. Dans mes fonctions gouvernementales, j'ai été habitué au dialogue social, comme maire, comme président de département, accessoirement comme président par deux fois du service départemental d'un service de secours de l'heure, que l'on puisse enregistrer. des conversations de cette nature, et livrer... Alors que Mediapart en fasse un recel douteux, on a l'habitude. Mais en termes de qualité de dialogue social et de confiance, c'est un précédent très grave. Alors après, on peut aussi tout trumpiser. Nous aussi, je peux donner instruction au ministre d'enregistrer toutes les conversations qu'ils ont avec les gens de l'extérieur, comme ça on pourra aussi les diffuser pour se protéger. C'est un autre pays, c'est un autre monde, c'est une autre culture. Moi, je connais bien les syndicats de sapeurs-pompiers dans mes fonctions précédentes, comme élus locales. Je les aime beaucoup, j'ai beaucoup de respect pour eux. Il y a des congrès à l'automne, je sais ce que ça veut dire, c'est la vie normale. Mais j'appelle quand même à une forme de retenue, parce que pour avancer sur le fond des dossiers, il faut quand même respecter aussi les interlocuteurs. Et enregistrer à son insu le ministre de l'Intérieur, ça ne me semble pas envoyer un bon signal aux Françaises et aux Français. que Mediapart, une fois de plus, en fasse un usage tronqué en plein mois d'août, pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière. Donc ce n'est pas le sujet de la parole de l'État, c'est autre chose. Après, il y a le fond. Le fond, il faut dire la vérité quand même, parce que plus personne ne creuse vraiment, donc plus personne ne travaille, on finit par aller trop vite. Il se trouve que nous appartenons, en tout cas pour l'instant d'entre nous, à un gouvernement, des gouvernements depuis 2017, en tout cas pour ma part, qui avons considérablement augmenté les moyens. Donc en fait, la polémique sur les moyens, mais qu'ils soient aériens, terrestres, civils ou militaires, mais un peu étrangères, il faut être honnête avec vous. On peut toujours dire qu'on n'en a pas fait assez, c'est déjà pas pareil que dire qu'on n'a rien fait. Surtout, il va falloir quand même poser des questions à ceux qui étaient là avant, parce qu'en fait, on a vraiment l'impression que le monde d'avant 2017 est un monde sans armée, sans policiers, sans justice et sans pompiers. Et puis quelque part, à la rigueur, on a envie de dire aussi aux Françaises et aux Français, si on a un déficit public important aujourd'hui, c'est bel et bien parce qu'on a augmenté beaucoup les moyens. D'ailleurs, le sujet, ce serait plutôt de nous dire « mais comment vous le financez ? » et non pas « pourquoi ce n'est pas financé ? Il n'y a pas eu d'argent ». Un milliard d'euros de plus sur les SDIS, c'est considérable. Ça n'avait jamais été fait. Impact capacitaire, c'est des trucs technos, tout ça. Moi, je vais vous le dire autrement. Historiquement, les pompiers, ce sont les communes. Ensuite, on a départementalisé. Ça n'a jamais été l'État. Pour la première fois, le contribuable de l'État met de l'argent pour justement acheter des camions, des moyens nautiques, etc. Ça n'avait jamais été fait avant. Donc en fait, moi je suis tranquille avec tout ça. Et je vais vous dire un truc, les équipes qui vont devoir nous suivre, parlementaires, ministres, il va bien falloir qu'ils continuent ce qu'on aura commencé. Mais pour continuer ce qu'on a commencé maintenant, on est dans un deuxième débat. Et c'est tout le débat entre les organisations, les associations d'élus, j'étais président de département, etc. Leur demande, parce qu'on regarde le ministre de l'Intérieur, mais ce n'est pas lui qui est propriétaire des moyens des SDIS. Le SDIS de Gironde, ce n'est pas le ministre de l'Intérieur. Il peut donner des ordres quand il y a un feu, quand il y a des évacuations, mais ce n'est pas lui qui dirige les moyens, ce sont les élus locaux. Mais on est en Gironde, donc soyons un peu Girondins. La demande qui monte maintenant, c'est d'augmenter la taxe sur les polices d'assurance. Tout le monde nous met la pression pour qu'on dise oui. Je n'ai pas dit non. J'ai quand même dit au ministre, on va quand même concerter tout le monde. Parce que tout le monde dit que c'est formidable. Mais enfin, quand les Français vont commencer à comprendre que leur police d'assurance augmente parce que la fiscalité sur les assurances augmente, les gens diront que le gouvernement augmente les impôts. Puis il n'y aura plus personne pour dire que... On verra si les enregistrements des uns et des autres sortent, pour le coup. Donc voilà. Moi, je mets un peu de méthode dans tout ça parce qu'on a plein de choses qu'on n'a pas bien faites. Mais il se trouve que sur le régalien en global... Nous sommes l'équipe qui avons remis des moyens sur la table. Ça, c'est incontestable. Autre question on est en fin d'année. Donc en fait, vous avez une part de crédit qu'on peut remettre, de crédit de l'année qu'on peut réinjecter. Enfin, vous voyez bien que là, on est surtout sur 2027. Donc crédit nouveau. Sur le montant global, on n'emprunte pas complètement les mêmes lignes budgétaires. Mais enfin, vous voyez bien, quand on dit exonération de cotisations sociales et de recettes fiscales, vous voyez très très bien qu'on peut très très vite atteindre des sommes qui peuvent aller au-delà de 100 millions d'euros. Donc on est sur des sommes qui sont tout à fait considérables. C'est pour ça que tout ça ne sont pas que des mots. Mais les millions, les milliards, les gens... Moi, ce que je sais, c'est que ça correspond aux attentes. Vous interrogerez les gens qui étaient là tout à l'heure dans la réunion de travail. Ça va correspondre en tout cas aux attentes immédiates. Mais après, c'est toujours la même chose. Il faudra voter un budget pour 2027. Parce que tous celles et ceux qui nous ont dit qu'il n'y avait pas assez de moyens pour la justice pendant la fin de l'IANA... vont se rappeler qu'il faut voter un budget. Tous celles et ceux qui nous ont fait la leçon sur les canadaires et les moyens de sécurité civile pendant le mois de juillet vont se rappeler qu'il faut voter un budget. Vous allez pouvoir reprendre toutes les polémiques du printemps et de l'été. Et quand on va y apporter des réponses, je ne doute pas que celles et ceux qui nous ont demandé prendront leurs responsabilités, parce que ce n'est pas que l'affaire du gouvernement. La classe politique aussi doit prendre sa responsabilité. Ce n'est pas parce qu'il y a des élections présidentielles qu'il faut faire n'importe quoi. Merci beaucoup.
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