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En mars 2024, Gabriel Attal s'en prenait frontalement à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qui l'accusaient de défendre une même vision des politiques sociales françaises. Le ton était particulièrement offensif ce jeudi 28 mars 2024, en déplacement à l'usine L'Oréal de Rambouillet. Gabriel Attal a vivement critiqué les positions défendues par les deux principales figures de l'opposition, alors que le gouvernement préparait une nouvelle réforme de l'assurance chômage. Pour le Premier ministre, le débat ne pouvait toutefois pas se résumer à une simple question budgétaire. Gabriel Attal met Mélenchon et Le Pen dans le même sac. Gabriel Attal a alors choisi une formule particulièrement mordante pour résumer sa position. Selon lui, l'extrême droite comme l'extrême gauche menaient un combat contre le travail. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen auraient ainsi, sur les questions sociales, un et même parti, estimaient-ils. Une accusation lourde, alors que les deux camps politiques défendaient pourtant des projets très différents sur de nombreux sujets. Mais aux yeux du chef du gouvernement, leur approche des prestations sociales reposait sur une même logique. Ils dénonçaient ainsi leur logiciel du tout allocation, qu'ils jugeaient incompatible avec la volonté de favoriser davantage le retour à l'emploi. Cette sortie intervenait surtout dans un contexte particulièrement sensible. Gabriel Attal venait d'annoncer une nouvelle réforme globale de l'assurance chômage, avec l'objectif de réduire la durée d'indémonisation des demandeurs d'emploi. Le texte devait être préparé dans les mois suivants, pour une mise en œuvre envisagée d'ici à l'automne. Le Premier ministre assurait néanmoins vouloir respecter les différentes étapes du dialogue social. Les partenaires sociaux, eux, n'avaient pas tardé à réagir à cette nouvelle perspective de réforme, alors même qu'une convention récemment négociée devait encore être validée. Marine Le Pen n'avait d'ailleurs pas mâché ses mots face aux annonces gouvernementales. La présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale dénonçait une escroquerie dont le véritable objectif serait, selon elle, de faire payer les Français afin de renflouer les comptes publics. Gabriel Attal défendait au contraire une réforme destinée à inciter à l'activité. A ses côtés, la ministre du Travail Catherine Vautrin devait prendre en charge les négociations à venir, dans un dossier qui s'annonçait déjà particulièrement explosif. Pour justifier son projet, Gabriel Attal défendait une idée simple, davantage de personnes en emploi permettrait aussi d'augmenter les recettes destinées au financement des politiques publiques. Plus vous avez de gens qui travaillent, plus vous avez de recettes, expliquait-il. Interrogé sur un éventuel virage vers l'austérité, le premier ministre rejetait fermement cette qualification. Il estimait plutôt qu'un pays lourdement endetté ne pouvait pas disposer d'une liberté totale dans ses choix. Une manière de défendre sa réforme tout en maintenant une ligne politique présentée comme différente de celle de l'austérité classique.
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