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RTL Matin RTL Matin 7h41, langue l'écho, François Langlais, Raphaël Glucksmann, désormais candidat à la présidentielle, sait où trouver de l'argent. Lui, il propose de prendre 15 milliards dans les poches des milliardaires en taxant les méga-héritages. Il veut s'en servir pour augmenter les salaires et éviter, François, que la France ne devienne un pays d'héritiers et de rentiers.
Constat de base de Glucksmann qui est tout à fait juste. Dans le patrimoine des Français aujourd'hui, la part de la richesse héritée ne cesse de progresser au détriment de la part de la richesse provenant du travail. En 1970, l'héritage ne comptait que pour un tiers des patrimoines. Alors que les autres deux tiers, ça provenait du travail de l'individu en question. Aujourd'hui, c'est presque l'inverse. C'est-à-dire que les deux tiers proviennent de l'héritage et un tiers seulement du travail. Et c'est un problème dans une société d'héritage. l'échelle sociale est figée, ça veut dire que vos chances de réussir sont établies une fois pour toutes au moment de votre naissance. C'est le contraire de la promesse républicaine qui ambitionne de faire progresser l'individu à la mesure de son travail, de son talent. En plus, on hérite de plus en plus vieux. grâce à l'allongement de la durée de la vie. L'âge moyen de l'héritage, il est de 56 ans, alors qu'on est au seuil de la retraite. Ça veut dire que la richesse passe des très vieux aux vieux. C'est plus du tout une aide pour s'établir dans la vie.
Et comment ça s'explique une telle évolution au-delà de l'espérance de vie
Alors, écoutez, d'abord, on hérite aujourd'hui de la génération des baby-boomers. Elle a deux caractéristiques. Elle a travaillé, beaucoup plus que les générations actuelles. Et elle a été chanceuse. Elle a connu le plein emploi, elle a pu se constituer un patrimoine immobilier à une époque où croissance forte et augmentation des salaires en rendaient la charge plus faible. Les successions importantes d'aujourd'hui, c'est l'écho lointain des Trente Glorieuses. Alors qu'aujourd'hui, évidemment, la croissance est cinq fois plus faible. Deuxième élément, depuis 35 ans, la rentabilité du patrimoine. Celle des actions notamment, elle a été inhabituellement élevée. Quand on regarde sur l'histoire longue, grâce à la... qui a décuplé la taille et les profits des grandes entreprises. Grâce aussi à la baisse de l'inflation, l'argent a donc produit davantage d'argent, ça a fait boule de neige. D'autant que l'impôt sur le capital a été globalement abaissé pour éviter les délocalisations fiscales.
Une fois qu'on a posé le constat, François, qu'est-ce qu'on peut faire pour avoir une société moins inégalitaire ?
Alors vous l'avez dit, Glucksmann donne sa solution, taxer les uns pour redonner aux autres, taxer les 1% d'héritage les plus élevés. C'est les successions supérieures à 3 ou 4 millions d'euros pour récupérer 15 milliards par an et les redistribuer aux salariés français en baissant les charges sur le salaire. On fait le calcul, ça représente quelques dizaines d'euros par mois. Donc quelques centaines d'euros par an, c'est pas anodin. Au-delà des difficultés techniques et constitutionnelles qui auraient à mettre en œuvre ce système, elles sont bien réelles, je rentre pas dans le détail, mais constitutionnelles... On peut se demander si c'est la bonne route. Parce que pour réparer l'ascenseur social, est-ce qu'on n'a pas mieux à faire qu'un simple jeu de bonnes taux où on prend aux uns pour donner aux autres ? Est-ce qu'il ne faut pas plutôt travailler à améliorer la croissance en stimulant l'innovation, l'investissement, en améliorant l'éducation ? C'est le problème de la gauche française. Quel que soit le sujet, elle commence par le traiter avec un impôt sur les riches.
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