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L'informatique qui est présentée comme une aide à la production, c'est en fait un bouchard, un bouchard sophistiqué. A l'usine Arbus de Marignan de Marseille, nous sommes environ 12 000 travailleurs, dont 4 000 sous-traitants, à fabriquer des hélicoptères. Et la pression des actionnaires, comme dans toutes les autres entreprises, s'y fait sentir. Et cette pression s'accroît avec la crise et la guerre. Par exemple, la veille de la fermeture de fin d'année, le 18 décembre, la direction a annoncé la fermeture d'une chaîne pour les 15 premiers jours de janvier, l'hélicoptère léger, celui qu'on appelle l'écureuil, jusqu'au 19 janvier. La raison serait des problèmes d'approvisionnement en structure venant d'autres sites. 84 salariés ont donc appris qu'ils auraient deux semaines sans activité à la rentrée 2026 et devraient récupérer en partie sur leur RTT ou en venant travailler les samedis, bien sûr sans majoration. Et derrière le prétexte de l'urgence de la chaîne hélicoptère léger, il y a eu une attaque contre nous tous. La direction a insisté que la production allait passer de 400 à 500 hélicoptères par an et qu'il fallait donc être agile. Ça, ce sont leurs mots. Et ce qui est présenté aujourd'hui pour une urgence pour une chaîne, ça risque de se faire pareil. Pareil ailleurs. Donc de nombreux travailleurs ont bien compris qu'en deux mois plus tard, il a été question de faire la même chose sur une autre chaîne. Et là par contre, le petit réseau de travailleurs s'est réactivé, des regroupements ont eu lieu, et c'est le patron du hangar qui a dû venir lui-même expliquer que c'était un malentendu tout en reconnaissant qu'il l'avait bien envisagé. Donc la pression est manifeste sur des entraves à la pause de congé, est-ce qu'il faudra travailler l'été ou pas, et aussi le fait que la journée commence en se connectant à l'ordinateur pour démarrer une opération de travail, et ça déclenche un chronomètre. L'informatique qui est présentée comme une aide à la production, c'est en fait un mouchard, un mouchard sophistiqué. Le temps a joué à certaines tâches, les chronomètres font des opérations élémentaires a aussi été baissé. Et maintenant, une question aux arrêts de travail. Et donc, le directeur avait en particulier déclaré « Parfois on est malade, mais parfois c'est la facilité. Une contrariété et on s'arrête. » Donc, sans commentaire. Et maintenant, ils vont téléphoner aux gens en arrêt maladie à la maison, les chefs, pour officiellement prendre des nouvelles par bienveillance et en parlant aussi du boulot qui s'accumule.
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