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Bonjour Alexis Poulain. Bonjour Richard, bonjour tout le monde. Très heureux de vous retrouver pour cette nouvelle saison de Ligne Droite. Alors, vos vacances ont été studieuses, vous avez parcouru la France, vous vous êtes épuisé en d'austères travaux.
Pas vraiment. Enfin, d'austère, oui. L'écriture d'un livre, ça prend du temps, mais ça permet aussi de se poser. Donc, c'était plutôt agréable. Et ce n'est pas fini, malheureusement. Et puis, plein d'autres choses. J'ai suivi l'actualité quand même, puisque ça ne s'arrête pas même quand le président de la République fait du jet ski. Donc, on a un peu suivi. Et visiblement, c'est la rentrée. Université d'été du MEDEF, c'est le passage obligé des politiques. à la fin de l'été. Et cette année présidentielle, c'est une édition spéciale, puisqu'il y a eu hier un débat des candidats présidentiels. Alors, pas tous. Certains, d'ailleurs, ont noté que les candidats libéraux, David Lysnard, Sarah Knafo, étaient relégués non pas aux cours principales de Roland-Garros, là où se tiennent les universités d'été, mais dans des cours parallèles. Il ne fallait surtout pas parler d'économie de manière sérieuse. Finalement, au MEDEF, on parle... de ce capitalisme de connivence, de l'État qui doit subventionner. Rien ne change, tout continue. Et d'ailleurs, ce qui m'a choqué dans ce meeting pré-présidentiel, dans ce faux débat, c'est de voir le nombre de candidats qui arrivaient en expliquant que la situation était catastrophique pour les entrepreneurs, mais qu'ils avaient un plan. La plupart de ces candidats étaient responsables de la situation catastrophique, pour ne citer qu'Edouard Philippe et Gabriel Attal. Donc, il y a quelque chose de surréaliste à voir des patrons applaudir Gabriel Attal, qui n'a proprement rien fait, si ce n'est accompagner la politique de faillite d'Emmanuel Macron, pour expliquer qu'il va falloir maintenant se remonter les manches, trouver des vraies solutions, faire que le travail paye et que les entreprises soient un peu plus libres d'entreprendre en France. Bon, évidemment, ça n'arrivera pas. avec les candidats qui étaient sur la scène. Et c'est bien tout le problème. C'est pourquoi le Medef n'utilise pas... cette capacité pour faire un débat un peu plus musclé, un peu plus sérieux, plutôt que de refaire un débat de politique politicienne qu'on va voir, je ne sais pas combien de fois, sur les chaînes d'info en continu et les chaînes d'État, où on va nous vendre ceux qui sont responsables du désastre comme ceux qui ont la solution. Le pire étant, bien sûr, Raphaël Glucksmann, qui n'a parlé que d'Europe. Voilà, pour lui, toutes les solutions au malheur français, eh bien, c'est l'Europe. On voit où ça nous a mené 50 ans plus tard. Et Bruno Le Maire, évidemment, alors lui n'était pas au débat, mais il était venu un peu avant se faire siffler par les patrons en disant qu'auparavant il se faisait applaudir, donc effectivement un peu d'hypocrisie. Bruno Le Maire qui essaye simplement de dire « Oh, c'est pas seulement ma faute ». Voilà, c'est un programme, c'est pas seulement sa faute, mais ils sont nombreux à être fautifs et à faire croire que c'est pas seulement leur faute et que donc finalement c'est la faute de tous les Français qui vont devoir... encore une fois, payer de leurs poches et continuer. D'ailleurs, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a montré le bout de sa permanente impeccable sur le cours de Roland-Garros en expliquant que l'Europe avait un plan dorénavant, c'est vous faire les poches, oui. Elle en veut à l'épargne des Français et l'épargne des Européens parce que c'est une épargne feignasse, une épargne feignante, a-t-elle dit, qui ne travaille pas assez. Il va falloir la mettre à profit. Alors pour ça, sans doute, des lois de fléchage de l'épargne vont sortir, mais peut-être pire encore, des lois de césure. Il va falloir trouver, puisque nous sommes en guerre contre la Russie, des moyens pour financer cette guerre qui n'est pas la nôtre puisqu'elle est hybride. Mais allez savoir. Bon, bref, vous avez compris, c'est une rentrée. mal à me mettre dans le costume.
Merci, c'était un excellent résumé de l'université du MEDEF. Et effectivement, il y a quand même quelque chose de stupéfiant, et ça a commencé pendant le mois d'août, de voir Gabriel Attal et Edouard Philippe parcourir toute la France, pendant d'ailleurs qu'Emmanuel Macron, de son côté, quand on regarde l'agenda présidentiel, nous explique qu'il va aller en Lozère, qu'il va aller à Saint-Pierre-et-Miquelon, qu'il va aller dans tous les départements français dans lesquels il ne s'est pas encore rendu. On ne sait jamais, peut-être qu'il va trouver des... des millions de voix pour applaudir Gabriel Attal, ou peut-être qu'il va enfin trouver les Français qui sont contents de son action, c'est ceux qu'il n'avait pas encore rencontré. Et il y a donc une espèce d'impudeur totale, dont d'ailleurs Marine Le Pen s'est étonnée hier, de la part de gens qui ont été aux commandes, parfois pendant plusieurs années. Edouard Philippe, c'est pas l'un des premiers ministres les plus courts de la Ve République, comme Gabriel Attal. Il a passé du temps au pouvoir, et ces gens-là sont en train de découvrir le fait que l'immigration est un souci, en train de découvrir que la sécurité est sans doute un problème, en train de découvrir que vraisemblablement, l'industrialisation magnifique du pays est peut-être un leurre. Personne ne leur pose la question. C'est surtout ça qui est surprenant.
Non, mais moi, je ne comprends pas la douceur avec laquelle ces gens sont traités. Je vais vous dire, pour moi, Bruno Le Maire, il devrait être personnel en grata, il devrait être interdit d'université du MEDEF. Pareil pour Edouard Philippe, même s'il est candidat. ou Gabriel Attal, en disant qu'on ne peut pas faire confiance à des gens qui sont aussi calamiteux et qui ont prouvé par l'exercice du pouvoir qu'ils n'étaient pas faits pour ça. Donc, il faut se protéger. Il faut dire à un moment, on va arrêter les frais. On sait très bien... Même si ce sont majoritairement des mauvais acteurs plutôt que des gens qui ont réellement le pouvoir. Mais quand même, il faut se protéger de ces gens-là. Et donc, je trouve qu'ils sont reçus encore avec beaucoup d'honneur. Ursula von der Leyen, il faut voir la haie d'honneur qu'elle a eue pour arriver au MEDEF. Bisse de Jean-Noël Barraud, bisse du patron du MEDEF. Tout le monde était là. Bravo pour l'acclamer, pour dire je vais vous faire les poches et vous allez voir ce que vous allez voir. Donc, c'est incroyable. Et les patrons envoûtés, capables d'applaudir Gabriel Attal et même Raphaël Luxman. Là, on est quand même dans quelque chose de particulier, une sorte de syndrome de Stockholm. Il va falloir un moment que ça se réveille, que les gens prennent conscience que ces partis qui gouvernent depuis 50 ans sont responsables de cette faillite assumée de par d'ailleurs leur idéologie européiste forcenée, de par leur idéologie dirigiste étatiste forcenée et qu'aujourd'hui, on se retrouve bien simplement dans le mur et ça va faire très mal. Et d'ailleurs, ils ne disent que ça. simplement que la situation calamiteuse... et qu'ils promettent du sang et des larmes. Et on applaudit. Bon, alors là, franchement, je ne sais pas quoi faire. Et en même
temps, vous avez raison, et vous l'avez souligné tout au début, c'est du capitalisme de connivence. Patrice Huban, qui intervenait juste avant vous, disait que les 70% des aides aux entreprises sont captées par les grands groupes. Autrement dit, le MEDEF applaudit les hommes politiques qui vont lui servir la soupe. Le MEDEF applaudit les hommes d'État qui vont continuer à avoir une vision extrêmement étatiste et qui vont... vont continuer à arroser les entreprises du Medef au détriment des PME, des PMI. Donc, en fait, d'un côté, on pourrait avoir l'impression que c'est un vrai syndrome de Stockholm, mais en fait, pas du tout. Ils sont en train, une fois plus, sur le tel du Medef, de sceller le pacte du capital et de la fonction publique sur le dos des Français, puisque vous avez raison, c'est nous qui allons payer et ce ne sont pas les grandes entreprises qui continueront à pratiquer l'optimisation fiscale, avec d'ailleurs Bercy qui pond régulièrement des lois extrêmement complaisantes et des règlements extrêmement complaisants quand il s'agit de protéger les grandes fortunes.
Vous avez tout à fait raison. D'ailleurs, c'était assez drôle de voir le discours d'introduction du patron du MEDEF qui expliquait qu'en Chine, c'est l'État qui dirige et que finalement, il y a de la commande publique, qu'aux États-Unis, c'est grâce à la commande publique que les GAFAM ont pu voir le jour, etc. Et en France, alors c'est tout l'inverse, c'est-à-dire qu'il n'y a pas vraiment de commande publique, on n'a pas le droit puisque l'Union européenne l'interdit. Donc en fait, on crée des bidules qui permettent de flécher des impôts vers des entreprises qui ensuite embauchent peu. pour débaucher et dire que ça n'a pas fonctionné. Et évidemment, on va refaire la même chose. Enfin, quand on entend les différents candidats, on voit très bien qu'ils n'ont pas du tout l'intention de faire une révolution économique dans ce pays. Sauf peut-être Jean-Luc Mélenchon avec la dette sur la BCE. Et là même, je ne suis pas sûr qu'il serait en capacité de le faire. Mais au moins, il a le mérite de lancer le débat. Pour les autres, c'est exactement la même chose. Alors, ce ne sera ni une économie volontariste d'innovation comme la Chine, ni une économie prédatrice et impériale comme les États-Unis. Ce sera encore une fois faire les poches des Français pour créer vaguement des emplois le temps d'une élection et dire, regardez, c'est formidable. Ah non, on a encore fermé des usines dans ce pays. Voilà, je suis dépité en fait. Et je me dis, mais est-ce que c'est un problème de confort ? Ces gens-là sont beaucoup trop dans le confort. Un problème de... génération. Aussi, ils ont peur de voir le monde changer et ils s'accrochent à ce qu'ils n'ont plus. Ou simplement un problème d'idée. Finalement, les grandes écoles, enfin ce qu'on appelle les grandes écoles, produisent des idiots.
Excellente conclusion. Merci beaucoup Alexis Poulin. On a jusqu'en juin 2027 pour se forger une opinion sur la question. Merci.
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