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Merci beaucoup les camarades, merci beaucoup chers amis. Quel plaisir de vous voir si nombreux et surtout quel plaisir de vous voir avec autant d'énergie à Blois. Un grand merci, un grand merci à celles et à ceux qui ont permis l'organisation de ce moment. Bien sûr, merci au Parti Socialiste et à ses équipes, à Olivier Faure, à la Direction Nationale. Merci aux dizaines de bénévoles, aux services d'ordre qui rendent ces événements possibles. Merci à Marc Grécourt, maire de Blois, pour son accueil année après année. Cette année, à Blois, nous tenions le campus des jeunes socialistes pour la cinquième année. Toujours en innovant, toujours en rythmant, ce moment de temps de formation, de débat, d'échange. Et surtout donc, un grand merci à vous. Un énorme merci à vous, camarades jeunes socialistes, toujours présents, en force ! Camarades, vous êtes la jeunesse qui ne baisse pas les yeux, vous êtes la jeunesse qui ne baisse pas les bras, vous êtes la jeunesse dont le cœur bat et le poing se lève toujours pour défendre la gauche et qui ne renonce jamais. Camarades, nous nous retrouvons après un été qui restera dans les mémoires, un été avec des canicules à répétition, un été où des départements entiers ont brûlé, un été où des familles ont tout perdu en une nuit. Je veux d'abord dire notre reconnaissance profonde à tous nos élus de terrain, à nos sapeurs-pompiers, aux agents de la sécurité civile, aux bénévoles devenus héros du quotidien. Quand les flammes montaient, ils n'ont pas hésité. Quand le danger menacé, ils ont accouru. Quand il fallait sauver des vies, ils ont tout donné. Je veux aussi que nous pensions à celles et ceux qui ont étouffé dans le silence, aux ouvriers des chantiers, aux livreurs sous le soleil, aux étudiants coincés dans leur chambre de bonne sous les toits, et qu'on le dise une bonne fois pour toutes, et en particulier à ceux qui commentent depuis le plateau. La crise climatique est une lutte des classes. Oui, nous ne sommes pas tous égaux face au dérèglement du climat. Le peuple étouffe dans le béton pendant que les milliardaires se prélassent dans leur jet privé. Plus que tout, cet été a donc révélé les inégalités qui traversent notre pays et qui s'expriment face au changement climatique. Il a révélé, une fois de plus, l'impréparation totale du gouvernement qui n'anticipe rien, qui découvre année après année avec le même air surpris que le thermomètre grimpe et que les forêts brûlent. Et que fait l'extrême droite pendant ce temps ? Rien. Le vide absolu. Quelle est la réponse de Jordan Bardella et Marine Le Pen face au drame du siècle ? Après avoir nié l'existence même du changement climatique, les voilà affichant une nouvelle priorité, installer des climatiseurs. Voilà le niveau zéro de leur pensée politique, la clim pendant que le monde brûle. Les Français méritent mieux que ça. Alors je le répète, parce que le capitalisme épuise les hommes et détruit la planète, nous devons changer de système. Et dire cela, ce n'est pas être anachronique, c'est dire la vérité des choses. D'un côté, les travailleurs subissent l'effort et la rigueur. De l'autre, les privilégiés inventent des besoins artificiels pour gaver des industries prédatrices. C'est une rupture morale historique que nous devons refuser. Et pour y faire face, il nous faudra allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté, pour reprendre les mots de Gramsci. Allier une critique ferme de ce système pour opposer un nouveau modèle. Alors finissons-en avec l'accumulation et la prédation et instaurons le partage dans la justice et la solidarité. Nous nous retrouvons aussi avant une année qui doit permettre de tout changer, une année d'élection présidentielle, une année qui ne doit pas être une année de plus, mais une année pour tout bousculer. Notre génération, la jeunesse, sera la première concernée par cette échéance. Dans le monde d'aujourd'hui, on nous promet l'angoisse, le travail précaire, le logement inaccessible, le poids des bombes lancées par les dictateurs. Mais nous ne sommes pas nés pour subir. Rien ne nous sera donné et ce sera à nous de nous battre pour. Pour que notre naissance ne conditionne pas notre destin, pour décider de notre avenir, pour un emploi que l'on choisit et non que l'on subit, pour un environnement respirable, nous pouvons tout changer. Le temps de l'alternance est venu. Alors faisons entendre notre génération. Faisons-la entendre ici, mais aussi par le vote. En octobre, dans quelques semaines, les socialistes désigneront leur candidat qui devra faire gagner la gauche pour 2027. Pas pour un candidat de plus, mais pour un candidat qui peut gagner. Et je vous le dis, je crois sincèrement que rien n'est joué et que la gauche, elle doit accéder au second tour, mais elle doit surtout gagner au second tour. Et elle ne gagnera pas sans la jeunesse. Nous avons lancé, il y a plusieurs mois, une campagne d'écoute de la jeunesse. Et bien ces 15 prochains jours, nous continuerons de la porter partout. Parce que de Morlaix à Joigny, de Gap à Rennes, de Fleury-les-Aubé à Montauban, nous irons écouter cette jeunesse qui désespère et qui doit se faire entendre dans cette campagne. Et nous présenterons les résultats de cette consultation à tous les candidats à la primaire. Et pour cela, je le dis aussi à cette jeunesse. qui nous regarde et qui veut enfin espérer qu'elle nous rejoigne, qu'elle rejoigne ce processus de primaire, qu'elle prenne sa carte, qu'elle adhère, parce qu'elle doit savoir qu'elle n'est pas seule, qu'ici aussi il y a des gens qui se battent au quotidien pour faire gagner leur valeur. Nous sommes, avec les jeunes socialistes, une génération révolutionnaire, non pas par nostalgie dans l'autre siècle, mais parce que la période actuelle l'exige. Se révolter aujourd'hui, c'est préparer l'avenir. Alors camarades, Rappelons-nous les mots de Victor Hugo. Ce qui est combat dans le présent est victoire dans l'avenir. Voilà le sens de notre combat, voilà l'engagement qui est le nôtre, voilà notre idéal socialiste. Cet idéal socialiste, nous le faisons vivre au sein du Parti Socialiste. Alors j'aimerais, chers camarades, que vous accueilliez de la meilleure manière possible, avec le plus de bruit que vous savez le faire, le premier secrétaire du Parti Socialiste, celui qui a redressé un parti que tout le monde disait mort, celui qui a réussi à faire de notre famille politique le camp central en France pour gagner en 2027. Je vous demande d'accueillir... Olivier Faure
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de cette septième édition à Blois de notre campus. Merci à Antoine et à la Fédération du Loir-et-Cher pour votre accueil. Merci à Rémi et à l'ensemble des JS pour l'enthousiasme que vous mettez dans nos réunions. Merci aux secrétaires nationaux. Merci aux permanents, merci à toutes celles et ceux qui, avec le service d'ordre, font que notre réunion puisse être dans si bonnes conditions. Vous avez toute notre gratitude. Je remercie également, évidemment, nos partenaires écologistes, communistes, de Debout, de L'Après, de Place Publique, de la GRS, d'avoir répondu présent. Vous êtes ici, chez vous. Au cœur de la gauche, sur notre campus. Chers amis, chers camarades, cet été, la France a brûlé sous nos yeux. Ce n'était plus une métaphore. Des hectares de pain, de garigues, de chênes centenaires sont partis en fumée en quelques heures. Des villages évacués en pleine nuit. Et à chaque nouveau feu, La même sidération, celle de voir se consumer en quelques heures ce que des générations avaient mis des siècles à faire pousser. La même stupeur de voir périr piégé par les flammes des millions d'animaux, chevreuils, écureuils, lapins, c'est tout le vivant qui meurt. À quelques kilomètres de chez moi, la forêt de Fontainebleau, vieille de 40 000 ans, Des impressionnistes, forêts dont Victor Hugo fut membre du comité de protection, a été elle aussi dévorée par les flammes. Sur ces bois calcinés repose la suie de nos lâchetés et le charbon de nos aveuglements. Nous avons vécu un été dans l'enfer d'une canicule dont nous savons qu'elle sera désormais non plus l'exception, mais la norme. Et si nous ne changeons rien, une étape vers pire encore. Enfer des incendies. Je ne crois pas qu'on devrait applaudir là. Parce que cet enfer, enfer des incendies, enfer des inondations, enfer des tornades, enfer des vies détruites. Je veux saluer ici nos maires, nos présidents de départements, de régions qui ont lutté et protégé nos concitoyens. Je veux évidemment... Avoir une pensée toute particulière pour notre camarade Martial Zaninetti, maire du Porge, et les habitants de sa commune, dont 183 habitations ont été détruites. Saluer le courage absolu des pompiers, des militaires, des agriculteurs, de tous ces bénévoles qui sont venus combattre les flammes à plus de 1000 degrés. Oui, vous pouvez les applaudir. Oui, ils méritent ces applaudissements. Bien sûr, je pense aussi au drame absolu que subit le Népal. Le monde entier est en proie aux conséquences de la crise climatique et la solidarité internationale se mobilise. Mais il ne suffira plus de dire notre peine ou de louer le courage. Il faut maintenant agir. En 2022, après les incendies historiques de Gironde, Les ministres se sont déjà déplacés. Ils ont déjà promis de tirer les leçons, déjà annoncer des moyens nouveaux. Quatre ans plus tard, la catastrophe est encore supérieure et les visites d'État ont surtout visé à masquer une improvisation coupable. Ils ont asséché les crédits aux collectivités, divisé par quatre le fonds vert, reporté l'achat de Canadair. Toutes ces restrictions qui se voulaient économies ont au final conduit à des pertes qu'ils estiment eux-mêmes à 15 milliards. Alors qu'est-ce que c'est que ce plan d'urgence annoncé par le gouvernement ? 12 millions d'euros pour les collectivités quand l'achat d'un seul Canadair en vaut 47. Il faut reconstruire le Porge. Accompagner les enfants traumatisés, les habitants qui ne savent plus où dormir et qui doivent faire face aux assurances. Aider les entreprises sinistrées, leurs employés et toutes les communes touchées. Mais pourquoi reconstruire à l'identique si c'est demain pour connaître les mêmes conséquences ? Il faut désormais mettre un mot sur notre responsabilité, l'habitabilité. Rendre habitable, c'est garantir les conditions d'une vie digne, de l'eau disponible, d'un air respirable, des écoles où l'on puisse apprendre, des forêts vivantes, une agriculture capable de produire, des villes où l'on puisse encore marcher et vivre dehors. Le climat n'est plus une politique parmi d'autres. La transformation écologique doit imprégner toute notre action. Je le dis, l'heure du socialisme écologique a sonné. La bifurcation écologique doit d'urgence devenir un investissement national. Je propose de créer un grand fonds national et européen. dotés de ressources permanentes permettant d'investir sur 20 ou 30 ans dans la diversification des forêts, les sols, la circulation de l'eau, la restauration des zones humides, la prévention des incendies et des inondations, l 'adaptation des villes et la protection des populations. Il faut programmer. Planifier car rien ne se fera en trois mois. Les annonces marketing sans lendemain, ça suffit. L'environnement n'est vu par la droite et l'extrême droite que comme une dépense. C'est tout le contraire. La transformation écologique est un gisement d'emplois et une nouvelle odyssée industrielle à construire. Alors il faut mettre le paquet sur les énergies renouvelables qui sont les seules à garantir un approvisionnement à la fois décarboné et vraiment souverain. Il faut faire ce que la France a su faire dans les années 70 avec la filière nucléaire. Elle doit maintenant le faire de la même manière avec les renouvelables. Nous devons changer notre manière de définir nos fondations. Nous savons très bien valoriser une route ou un réseau électrique, mais pas ces infrastructures sur lesquelles repose pourtant notre vie. Un sol capable de retenir l'eau, une forêt résistante au feu, une zone humide qui amortit une crue, une canopée qui protège une ville pendant une canicule. Nous appelons encore environnement ce qui est en réalité au cœur de notre sécurité collective. Notre système est devenu absurde. Seule la destruction est rentable. Nous donnons un prix à l'arbre lorsqu'il est coupé, mais pas lorsqu'il retient l'eau, stocke du carbone, protège un sol ou rafraîchit un territoire. Il faut inverser cette logique qui privatise le bénéfice de la destruction et fait payer à la collectivité le coût de la réparation. Le toxin doit sonner. Tout le monde doit s'y mettre. Il faut cumuler investissement public et privé. Je propose de suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s'engage pas résolument dans sa propre transformation écologique. Pas écolo, pas de cadeau. Assez perdu de temps. On nous dira écologie punitive. Mais la punition, elle est déjà là. Et cette dette-là, la dette écologique, personne ne pourra jamais l'effacer ni la rembourser. Voilà ce que devraient dire les agences de notation. Alors, soyons clairs, malgré tout... L'écologie ne convaincra jamais si elle consiste à demander aux plus modestes d'abandonner un mode de vie qu'ils n'ont pas les moyens de quitter. On ne pénalise pas celui qui utilise sa voiture quand aucune alternative crédible n'existe. La justice sociale est la condition de la réussite de la transformation écologique. Notre projet ne peut pas être celui du moins pour tous. Il doit être celui d'une autre abondance. Plus de transports publics, plus de logements confortables, plus d'arbres, plus de services publics, plus de temps, plus de santé, plus de nature accessible, moins de gaspillage matériel et davantage de vie. Les libéraux veulent, paraît-il, une règle d'or. Nous leur en proposons une, simple. Vous avez déifié l'or noir. Eh bien, nous voulons maintenant sanctuariser l'or vert. Plus aucun budget de l'État ne devra être présenté s'il demande plus à notre terre que ce qu'elle peut nous donner. J'entends déjà le cœur des pleurnicheurs. Parfois, réunis au même endroit à Roland-Garros. Tous ceux qui vous diront qu'ils vont maintenant quitter le pays, parce que décidément, nous soyons une gauche réfractaire au business. On nous promettra le FMI, la ruine, la désolation. Mais rassurez-vous, rien de tout cela n'arrivera. En revanche, si nous ne faisons rien, vous vivrez, vous, vos enfants, vos petits-enfants et leurs enfants après eux, les pénuries et l'inflation sur les produits alimentaires, les conflits d'usage autour de l'eau, les passoires thermiques, le travail rendu impossible dans tous les métiers où la climatisation est absente, la dépendance énergétique. Chers amis, j'espère que nous serons moins chauds que le climat. Nous devons devenir une nation résolument verte. Et parce que la France adoptera cette attitude implacable avec les pollueurs, vous verrez, vous verrez, le monde l'adoptera. François Mitterrand avait cette si belle formule. Quand la France rencontre une grande idée, Elles font le tour du monde ensemble. Je le crois toujours. Chers amis, je suis aussi venu vous parler d'un autre feu qui avance à la même vitesse, avec la même logique de dévastation. et que nous regardons parfois avec la même sidération impuissante qui précède trop souvent le moment où il est déjà trop tard. Ce feu-là ne brûle pas les arbres. Il brûle ce que nous avons mis, nous, socialistes, et toute la gauche, à un siècle à construire. La sécurité sociale, l'école de la République, le droit d'asile, l'égalité devant la loi, le refus des discriminations, l'état de droit. Ce feu qui vient de l'extrême droite n'a pas besoin de vent pour se propager. Il se nourrit de la peur, du ressentiment, des frustrations. Et il faut bien le reconnaître, son meilleur combustible, c'est la politique menée depuis dix ans par Emmanuel Macron. La richesse par habitant se positionnait 15% au-dessus de la moyenne des pays de l'Union européenne. Aujourd'hui, nous sommes en dessous de la moyenne. La fable du ruissellement, que l'on nous a tellement servi, plus les riches seraient riches et plus les gouttes vinaient par nourrir celles et ceux qui, au bas de l'échelle, n'attendent. que leur ruissellement. Cette fable ne tient plus, le chômage est reparti à la hausse, la dette se creuse et tout indique notre affaiblissement. Le macronisme a tourné le dos à notre passé de grande puissance industrielle, scientifique, sanitaire, diplomatique. Alors oui, on est là ! On est là ! Chers amis, vous avez raison de dire que nous sommes là. Mais regardons tout de même les choses en face. A huit mois de la présidentielle, l'extrême droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé. Elle n'est plus simplement à la porte du pouvoir, elle a déjà mis un pied dans notre baillement. Elle prospère sur le terreau que nous connaissons si bien, la désindustrialisation qui a vidé nos villes moyennes. Le constat d'un État qui a déserté certains territoires avant que l'extrême droite vienne elle-même y installer ses propres permanences. La peur du déclassement chez ceux à qui on avait promis que leurs enfants vivraient mieux qu'eux. Et comme les feux de cet été. L'incendie politique avance vite parce que les conditions sont réunies. Une défiance sèche comme l'herbe en août. Un débat public qui s'embrase à la moindre étincelle des digues républicaines qu'on croyait des pare-feux et qui cède une à une. Ce n'est plus un risque lointain, c'est déjà une trajectoire. La question n'est plus de savoir si le feu peut arriver jusqu'à nous. Il est déjà là. Et je le dis avec une colère qui n'est pas feinte. Cette progression de l'extrême droite, la droite dite républicaine, n'y est pas pour rien. Elle y participe jour après jour, qu'elle l'assume ou non. Elle a commencé par emprunter son vocabulaire. puis ses obsessions, puis de plus en plus souvent ses voix à l'Assemblée et au Sénat. Chaque fois qu'elle choisit de débattre sur le terrain de l'extrême droite plutôt que de le refuser, elle légitime un peu plus cette idée que le terrain de l'extrême droite est le seul terrain possible. Chaque texte sur l'immigration, chaque convergence, qu'elle soit murmurée ou plus assumée, est un pas de plus dans la même mauvaise direction. Et je leur dis, on ne se rapproche jamais du feu sans s'y brûler. Et ceux qui pensent pouvoir emprunter les mots et les propositions de l'extrême droite sans en payer un jour le prix, se trompent devant l'histoire. Voilà pourquoi nous devons dresser la digue. Ne rien lâcher de ce qui fonde l'identité profonde de notre pays depuis la Révolution française. Nous sommes là, vous et moi, comme au premier jour, humbles, mais fiers d'une histoire qui se confond avec celle de toutes les grandes conquêtes sociales. Nous sommes, c'est vrai. entrer dans le temps des ogres. Le pouvoir brut est de retour et ne se cache même plus. L'extrême argent, c'est cyniquement choisi l'extrême droite comme allié et réciproquement. C'est notre mission de les arrêter avant qu'ils ne nous dévorent. Nous assistons à une nouvelle mutation du capitalisme. Entendons-nous bien. Je ne parle pas ici des entreprises intermédiaires, des PME ou des petits entrepreneurs qui défendent leur métier avec passion. Je parle du système capitaliste incarné par les grands groupes, de la tech, de l'énergie, de l'agroalimentaire, souvent détenu par des fonds de pension sans âme. Le capitalisme des premières révolutions n'était pas le paradis, loin de là, mais les combats du mouvement ouvrier. Nos conquêtes politiques avaient permis d'arracher des droits nouveaux et de mettre le partage de la valeur à l'agenda. Désormais, la planète brûle par l'avidité sans fin d'un néocapitalisme forcené qui ne voit dans la nature qu'un immense champ de profits financiers. Les nouveaux cannibales ne ressemblent pas aux industriels du 19e siècle ni même aux conglomérats du 20e. Ils portent le capitalisme dans sa forme prédatrice ultime. Ils mangent la planète comme on dévore un capital, joyeusement, méthodiquement, en se distribuant des dividendes jusqu'à l'os. Le capitalisme numérique et énergétique a besoin de métaux critiques, de terres rares, de capacités de calcul, d'accès à une énergie abondante et stable. Il ne peut pas fonctionner sans lithium, sans cobalt, nickel, cuivre, graphite, gallium, silicium, et pour assurer sa domination. Ce capitalisme n'est plus seulement un système de production et d'échange. Il ne produit plus, il capte, il capte l'eau, l'énergie, les sols, les ressources rares. Les urgences collectives n'entrent plus dans ces préoccupations. Ce qui les enrichit, en réalité, nous affaiblit. Licencier des salariés dont on ne connaît ni le visage ni le nom, barrer la route des baleines pour installer une plateforme de forage, exploiter la forêt d'Amazonie jusqu'à sa destruction totale, tout cela relève de la même mécanique, leur profit avant nos vies. Les États-Unis d'Amérique, qui sont à la fois la plus grande démocratie du monde et la plus importante force militaire, s'affranchit désormais du droit international et menace l'ordre mondial pour imposer un nouvel ordre géopolitique. La liberté que promeuvent Trump et ses amis, c'est la liberté des nouveaux colons à la recherche de nouveaux esclaves pour servir de nouveaux empires. C'est le retour de la loi du plus fort. Et bien moi, je veux porter avec vous la loi du plus juste. Il y a une différence fondamentale entre la droite, l'extrême droite et nous. Il nous répète à toute tête que la liberté serait l'absence d'entrave, l'absence de règles, de lois, qu'il suffirait de retirer l'État, qu'il faut limiter la redistribution pour libérer les énergies. La liberté consisterait simplement à ne pas être empêchée. Ce qu'ils nous vendent, en réalité, c'est la liberté du renard dans le poulailler. Pourtant, c'est la règle qui protège et donne à chacun les conditions de sa liberté. Et c'est précisément ce pare-feu, l'État social, que la droite et l'extrême droite, sous couvert de rendre aux Français leur liberté, s'apprêtent à démanteler. Elles agitent bruyamment la tronçonneuse de Milley et de Trump. Moins d'impôts, moins de protections, moins de services publics. Mais pour nous autres, qu'est-ce qu'est la liberté ? La liberté, c'est disposer réellement des moyens de devenir ce qu'on est capable d'être. En théorie, bien sûr. En théorie, bien sûr, la misère ne supprime pas la liberté, mais en pratique, elle la rend inaccessible. Le socialisme est d'abord une politique des capacités réelles. Il ne promet pas seulement l'égalité devant la loi, il donne à chacun les moyens de sa liberté. Cette liberté ne tombe pas du ciel, elle se construit et se protège. C'est tout le sens de ce que, face à la loi du plus fort, j'appelle la loi du plus juste. Non pas une loi qui contraint la liberté, mais la condition qui la rend possible. La sécurité sociale n'a jamais été une entrave à la liberté des Français. Elle est au contraire ce qui a permis à des millions d'entre eux de ne pas être esclaves de la maladie ou de la vieillesse. L'école gratuite n'a jamais confisqué la liberté des enfants. Elle leur a donné chaque digue. Chaque digue que la gauche a bâtie au XXe siècle n'était pas une prison, elle était un pare-feu. Et nous devons maintenant retrouver le fil historique du socialisme français. A chaque époque, la gauche, nous avons identifié une nouvelle frontière de l'émancipation. Hier, il fallait arracher l'enfant au travail. Hier, le salarié à l'arbitraire patronal. Le malade à la peur de ne pas pouvoir se soigner. Le vieillard à la misère. Sur tous ces conquis, il ne faut pas reculer, mais consolider. Mais aujourd'hui... Oui, il faut consolider. Mais aujourd'hui, de nouvelles vulnérabilités apparaissent. L'accès à une alimentation de qualité, le logement, la dépendance, l'isolement, la précarité du travail, l'enfance mal protégée, les fractures territoriales. Notre devoir n'est pas simplement de conserver pieusement l'état social du XXe siècle. C'est déjà pas mal. mais il est d'en prolonger la promesse au XXIe siècle. fera des pupitres un jour avec un truc pour mettre le verre d'eau. Aujourd'hui, un Français sur cinq. renonce à bien manger faute de moyens, pendant que l'agro-industrie dicte ce qui finit dans nos assiettes. Est-ce que la qualité de l'alimentation, est-ce que c'est juste que cette qualité dépende de vos revenus ? Est-ce juste ? qu'il y ait une malbouffe pour les plus pauvres et un accès à une nourriture de qualité pour les plus aisés. Je le dis avec vous, la liberté de bien manger ne peut dépendre du seul compte en banque. Une sécurité sociale de l'alimentation est déjà expérimentée à l'état embryonnaire dans plusieurs villes. Demain, elle peut prendre la forme d'un fonds national qui permette aux familles les plus modestes de faire leurs courses à des tarifs réduits pour une nourriture de qualité en quantité suffisante et c'est cela que nous devons maintenant chercher à conquérir. ne peut pas être une tiédeur, une mollesse. Le socialisme est dans son essence même révolutionnaire. Alors notre radicalité n'est pas tonitruance, mais elle consiste à aller à la racine des choses. Quand le logement absorbe la moitié des salaires, quand l'école n'a plus les moyens d'empêcher la reproduction des inégalités, quand le travail ne permet plus de vivre décemment, quand l'héritage décide de davantage un destin que le mérite ou le talent, nous ne pouvons pas nous contenter de poser des rustines sur l'injustice. Nous devons en supprimer les causes. Alors, tous ensemble, nous porterons dans cette campagne qui s'annonce cette radicalité tranquille mais tranchée, celle de François Mitterrand et de la gauche unie en 1981. Cette radicalité souriante, celle de Léon Blum et du Front populaire en 1936. Cette radicalité méthodique, celle de Lionel Jospin et de la gauche plurielle en 1997, qui oserait dire... Que les socialistes n'ont pas changé la vie. Toutes les grandes lois sociales l'ont été sous nos gouvernements. Les cinq semaines de congés payés, la retraite, les 35 heures, la couverture maladie universelle, le revenu minimum, les droits dans l'entreprise et de l'abolition de la peine de mort avec Robert Badinter au mariage pour tous. Avec François Hollande, nous avons donné à l'humanisme son accomplissement. Et c'est nous qui porterons dès les prochains jours la loi intégrale contre les violences faites aux femmes. avec Céline Thiebaud-Martinez, avec Boris Vallaud, avec Patrick Cannaire. Et c'est nous qui portons le combat des 160 000 mineurs qui sont aujourd'hui confiés à l'aide sociale à l'enfance avec Isabelle Santiago et Aïda Adizadeh. Oui. Oui, il nous reste tant à faire. Et avant d'aller plus loin, je veux justement m'adresser à la jeunesse, trésor d'une nation. Je suis le repère de quatre enfants, d'une tribu de six avec ma compagne. Ma maison, je dois bien le confesser, est une auberge espagnole. Je dis ça pour nos amis du PSE qui sont parmi nous. Et un salut fraternel à notre camarade, ami et modèle, Pedro Sanchez. Oui, je voulais m'adresser à la jeunesse de notre pays parce que je mesure tout ce que nous ne lui avons pas donné. Jeunesse de ce pays, nous vous devons des excuses, sans ironie ni démagogie, pour n'avoir pas su vous protéger du chaos écologique. Pour n'avoir pas enrayé une pauvreté qui broie aujourd'hui 10 millions de personnes et singulièrement plus de 4 millions parmi les moins de 30 ans. Pour vous avoir trop souvent négligé plutôt que de répondre aux angoisses de votre génération. Alors je vous le dis et je le dis en notre nom à tous parce que je sais que nous partageons ce point de vue. Je ne peux. Nous n'accepterons pas l'effondrement psychique de notre jeunesse. Un lycéen sur cinq confie, hélas, avoir eu des pensées suicidaires. Cette dégradation amplifiée depuis la Covid tient à l'angoisse climatique. 70% des jeunes se déclarent éco-anxieux, au harcèlement numérique, aux inégalités et aux discriminations. Alors nous proposerons un retour massif des psychologues scolaires et de tous les encadrants capables d'alerter, d'apaiser et de soigner. Je ne peux pas, nous ne pouvons pas accepter que des enfants soient battus, violés dans le silence des familles, écrasés par la honte et l'inertie des services sociaux exsangues. Alors à ces enfants, je le dis, je vous crois, par principe, contre vents et marées, je vous crois. Au pays des hussars de la République, nous voulons des classes à 19 élèves pour donner à chacun sa chance et mener le grand combat pour l'éducation. Celui que la militante, l'activiste pakistanaise Malala Yousasai, je ne sais pas si je prononce bien et je m'excuse déjà auprès d'elle si elle nous écoute. prix Nobel à 17 ans et qui, à la tribune des Nations Unies, avait prononcé cette phrase magnifique « Un enfant, un professeur, un livre et un stylo peuvent changer le monde ». Pour les enfants qui arrivent le ventre vide à l'école, je veux un petit déjeuner gratuit dans les écoles. Nous le ferons en consultation avec les maires. La période appelle des mesures tranchées et concrètes. Nous sommes le pays de racines. Hugo, Zola, Dumas, Baudelaire, Duras, Saussonard, Vuillard, Mathieu, Slimani. J'en oublie tant. Et je veux avec vous que nous redonnions le goût et le plaisir de lire qui est le meilleur antidote aux écrans. Pardon de convoquer un souvenir personnel, mais enfant, mon père nous lisait à voix haute les pièces de théâtre et les livres qu'il aimait. Un souvenir qui m'a armé pour la vie. C'est un grand service public de la lecture que je vous invite aujourd'hui à créer, en y associant les auteurs, les créateurs, les poètes, les comédiens au service des plus beaux textes. Ouvrir la culture à tous, c'est offrir à chacun sa liberté. Je veux que chaque enfant... Dispose d'un capital républicain qui permette notamment à ceux qui ont quitté le système scolaire prématurément de disposer d'une seconde chance pour se former, se reconvertir ou créer son activité professionnelle. Économiser sur nos enfants, c'est faire tourner le monde à l'envers. Il faut assumer. Oui, il faut assumer la bataille de la fiscalité. L'impôt n'est pas une punition. Il est la cotisation que nous versons à la civilisation commune. L'impôt n'est pas un gros mot. L'impôt finance ce que personne ne peut financer seul. Enfin, je parle pour le commun des mortels, mais pour tous les autres. L'école. La santé, la justice, la sécurité, toutes ces infrastructures qui créent la solidarité entre toutes et tous sont financées par l'impôt. Et nous devons donc maintenant veiller aussi à ce bien commun, remettre de la progressivité là où elle a reculé, évaluer systématiquement les centaines de milliards d'aides et de niches fiscales. conditionner les aides publiques à des obligations précises en matière d'emploi, de salaire, d'investissement et de localisation de l'activité. Il n'y a pas de hasard, il y a des choix. Chaque réduction fiscale non évaluée est une école qui n'ouvre pas, un service d'urgence qui ferme. La fiscalité, c'est le miroir qui nous est tendu, qui nous dit qui nous avons décidé de protéger en priorité. Tout est question de choix. Nous avons découvert. Pendant la crise sanitaire, que la France ne produisait plus le paracétamol qu'elle consommait, ce n'est pas un accident de l'histoire, c'est le résultat de 40 années de délocalisation au nom du profit et au détriment de notre système de santé. La même vulnérabilité traverse notre défense. La loi de programmation militaire, le pilier européen de défense, ce ne sont pas des défis réservés aux experts. Un continent qui ne peut pas assurer sa propre sécurité n'est pas un continent libre. Il est un continent qui négocie sa liberté avec ceux qui ont gardé les moyens de la leur. Alors nous ne voulons pas d'une Europe qui dépende des humeurs erratiques. du locataire de la Maison Blanche, nous sommes, nous serons aux côtés de la résistance ukrainienne pour défendre leur et notre liberté. C'est ça la France. C'est ça la France. Et j'en viens précisément à ce que L'extrême droite essaie sans cesse de nous voler. Notre identité. L'extrême droite a fait de ce mot son arme favorite, en le rétrécissant jusqu'à l'étouffement. Une identité fermée, rabougrie, figée, qui exclut plus qu'elle ne rassemble. Alors, relisons Patrick Veil, Amine Malouf, Edouard Glissant. L'identité française ne s'est jamais construite dans la pureté, elle s'est construite dans la relation. Nous sommes une France qui n'est ni éternelle. Ni nouvelle, mais vivante. Un pays dont l'identité a évolué au fil des siècles, qui s'est métissé. Un pays qui s'est enrichi de ses apports extérieurs. Aucune couleur de peau, aucune religion, aucune généalogie ne définit l'appartenance à la nation. Nous sommes toutes et tous les héritiers des soldats de Valmy, des résistants du Vercors, des combattants de Birakheim, dès lors que nous épousons les valeurs de la République. Je le sais, et vous aussi, plus que jamais, parce que le racisme... L'islamophobie, l'antisémitisme explose dans notre société. Nous devons nous battre contre les préjugés. Il n'est pas acceptable qu'une partie de la population ait moins de chances de réussite, moins d'accès à l'emploi. Il est indigne qu'une partie de nos compatriotes se voient dénier le droit de se sentir pleinement français, génération après génération. Alors, personne, je dis bien personne, ne nous reprendra le mot de nation. La nation n'est pas l'addition de ceux qui se ressemblent. Elle est l'organisation politique de nos différences autour d'un destin commun. C'est la défense commune d'un idéal qui se résume de quatre mots. Liberté ! Égalité, fraternité, laïcité. Notre patriotisme n'a rien à voir avec le nationalisme. Le nationalisme a besoin d'ennemis pour fabriquer de l'unité. Le patriotisme républicain, lui, construit de l'unité en donnant à chacun une place dans le récit commun. Et ces racines communes, c'est notre état social qui les tisse, la sécurité sociale. L'école, les services publics, ce ne sont pas des dépenses, ce sont les seuls lieux qui restent où un enfant de cadre, un enfant d'ouvrier partage encore quelque chose. Voilà pourquoi nous tenons à la mixité scolaire. Quand l'école se ferme sur elle-même, c'est la nation entière qui perd son ciment. Défendre l'état social. C'est défendre le seul endroit où l'on continue de faire nation ensemble. Voilà pourquoi les services publics sont aussi des institutions démocratiques, une maternité, une école. Une gare, un bureau de poste, un tribunal, un commissariat ne sont pas seulement des lignes budgétaires. Ils disent à chaque citoyen « Où que tu habites, tu comptes, tu comptes, oui, pour la République ». Et quand ils disparaissent, ce n'est pas seulement un service qui s'éloigne. C'est la République elle-même qui devient plus lointaine. Et c'est dans ce vide que s'installe alors le ressentiment, l'abandon et tous ceux qui ne croient plus que la démocratie peut encore les protéger. Car ce qui se joue derrière chaque incendie que j'ai décrit, c'est une bataille pour l'imaginaire. Regardez bien Poutine. Xi Jinping, Trump, ce sont des hommes qui ont compris l'intérêt de confisquer l'imaginaire d'un peuple pour décider de ce qui est racontable, de ce qui est pensable, de ce qui est désirable. L'autoritarisme du XXIe siècle ne commence pas forcément par des chars et des canons. Il commence d'abord par des récits qu'on nous impose, par une histoire qu'on nous vole. Et défendre la liberté, aujourd'hui, c'est aussi défendre notre droit collectif, à raconter notre propre histoire. C'est défendre la culture et la liberté de l'information. Les forces autoritaires prospèrent lorsqu'elles réussissent à convaincre qu'il n'existe plus d'avenir commun, seulement des menaces, des ennemis et des déclins. Alors, affirmons-le, un autre futur est possible. La politique est la capacité d'un peuple à imaginer ensemble un avenir qui n'existe pas encore et à décider de le construire. L'État doit se comporter en stratège protecteur et organisateur du temps long. Un État qui ne se contente pas ou plus de compenser les dégâts après coup. Un État qui fixe des priorités nationales, investit dans de nouvelles odyssées industrielles, anticipe, organise les transitions sociales, garantit l'égalité entre les territoires et protège les biens essentiels. Il nous faut retrouver la capacité à penser. à 10 ans, à 20 ans, à 30 ans. L'un des drames de nos démocraties est qu'elles savent ce qui les menace, mais qu'elles continuent à gouverner à l'horizon du prochain trimestre budgétaire. Gouverner, c'est aussi représenter les générations futures qui, par définition, ne votent pas encore. Gouverner ne devrait jamais consister à sacrifier l'avenir au présent. Cela passe par le budget qui vient. J'assume d'avoir cherché, avec Boris et tous nos camarades du groupe socialiste à l'Assemblée, avec nos camarades du groupe socialiste au Sénat, j'assume et nous assumons d'avoir cherché à obtenir un compromis sur le budget précédent. Nous avons tenu des avancées. La suspension de la réforme des retraites. Le repas à 1 euro, c'est cher à Fatia Kelua Hachi. La hausse de la prime d'activité pour les salariés modestes. Nous avons obtenu que l'on ne touche pas aux franchises médicales, que les pensions de retraite ne soient pas sous-indexées, que les prestations sociales, RSA, allocations aux adultes handicapés, ni même vieillesse, allocations pour le logement ne soient pas gelées. que plusieurs centaines de milliers de salariés non imposables ne rentrent pas dans l'impôt sur le revenu. Sur tous ces sujets, nous avons obtenu qu'en 2026, le musée des horreurs demeure une fiction. Nous avons là obtenu un répit. Mais comprenons-nous bien ce que nous voulons. Ce n'est pas simplement une trêve momentanée, c'est un changement de politique. Le Premier ministre entend ouvrir le dialogue. Nous ne l'avons jamais refusé. Mais nous viendrons avec nos propositions, celles qui seront définies dans les prochains jours avec les groupes parlementaires. À quelques mois d'une élection présidentielle, Chacun aura à se définir. Je souhaite que dans le débat, nous puissions démasquer l'extrême droite, que chacun comprenne ce qu'elle défend et qui elle défend, au-delà de ses slogans. Ce débat budgétaire sera partie intégrante du débat présidentiel. Mais je le dis aussi, qui pense sérieusement que le Premier ministre aura encore la force d'imposer à ses deux prédécesseurs à Matignon le moindre compromis ? Gabriel Attal et Edouard Philippe annoncent vouloir rapprocher le net du brut par une baisse des cotisations sociales. Et comment ces génies entendent s'inoncer ces pertes pour la sécurité sociale ? la protection sociale et augmenter parallèlement l'impôt le plus injuste, la TVA. Bilan des courses. Ce que les salariés pourraient connaître peut-être comme embelli la première année, ils le rendront à la caisse du supermarché. En revanche, pas touche multimillionnaire aux milliardaires avec la taxe Zuckmann. Quant au second, Edouard Philippe, il entend livrer 15% de nos retraites à la capitalisation, alors même qu'il sait parfaitement, cyniquement, que les Français qui ont tant de mal à finir le mois n'auront jamais aucune épargne à placer. Et les femmes plus touchées par le temps partiel et les écarts de salaire seront doublement pénalisées par ce modèle strictement individuel. Eh bien moi, je leur dis en votre nom, Les cotisations ne sont pas des charges, mais notre protection collective. Et si vous voulez augmenter le pouvoir d'achat des Français, alors augmentez le SMIC. Convoquez une conférence salariale où l'État conditionne ses aides à l'augmentation des salaires. Et commencez par ceux des femmes. Encadrez les loyers. Faites baisser le coût de l'énergie. fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG pour la rendre progressive. Et ne comptez pas sur nous pour assurer la survie du macronisme. Nous avons su prendre nos responsabilités dans le cadre d'un compromis exigeant qui a évité de cumuler la crise politique à une crise géopolitique et énergétique. personne ne nous fera avaler cette potion qui n'a ruisselé nulle part depuis dix ans. Si la copie qui sort des débats est celle de messieurs Attal et Philippe, avec le soutien de l'extrême droite, alors, je le dis, nous censurerons ! Voilà, mes amis, nous y sommes. C'est maintenant que tout commence. Nous sommes toutes et tous engagés ici, dans cette salle, pour vivre ces moments, ces combats portés à l'incandescence, car cette bataille présidentielle sera aussi le grand moment de la bataille culturelle. Elle peut se résumer à une question. Quel prix accordons à notre commune humanité ? Quel prix accordons-nous à l'émancipation, au progrès social, à la vie digne, au droit de chacun à vivre dignement, pleinement, totalement, dans sa diversité, dans son unicité ? Nous voulons un monde ouvert où chacun peut développer ce qu'il est, où il est, en contribuant à son bonheur et à celui du pays où il vit. C'est le respect de la dignité humaine, de la démocratie, de l'universalisme. C'est la bataille de la paix, non seulement dans notre pays, mais entre les nations, de Boucha à Gaza. Chaque vie compte. Le droit international doit être respecté. La Convention de 48 sur la prévention des génocides doit être respectée. Et nous devons revendiquer d'être au premier rang de ces combats. J'ai en mémoire, chers camarades, la phrase émerveillée prononcée par... Yuri Gagarin. Ce n'est pas courant de citer Yuri Gagarin dans les discours, mais je vais le faire. Après son russe, qui plus est, c'est dire leur influence. Je fais toujours un appel à Poutine avant de commencer quoi que ce soit pour être sûr qu'il approuve. Je vais citer effectivement non seulement un Russe, mais un Soviétique, Yuri Gagarin, qui après le premier vol spatial accompli par un être humain, 108 minutes de vol en orbite, et à la descente, cette phrase peut -être simple, mais magique. Yuri Gagarin dit... C'est tout simplement merveilleux. La Terre est bleue. Tous les astronautes de la Terre le disent. Vu de l'espace, il n'y a pas de frontières, pas de guerres. Que la beauté des mers, des montagnes, des rivières est infiniment bleue. Cette harmonie est le vrai sens de la vie. C'est à cela que nous devrions nous consacrer, à créer l'harmonie, en prenant des décisions basées sur la loi du plus juste. Au socialisme, depuis l'origine, s'est battu pour que chacun ait sa part du monde. Il doit désormais se battre aussi pour que le monde lui-même demeure habitable et partageable. L'histoire attend de nous, du courage, de l'audace et de l'humanité. Les dix ans qui viennent de s'écouler ont abîmé notre pays. Emmanuel Macron a raté son rendez-vous avec ce pays, avec la grandeur de son histoire, la soif de justice des Français. C'est terminé. Ces anciens premiers ministres pourront se couvrir de cendres. C'est terminé. Le bloc central va s'effondrer. C'est terminé. La seule question est désormais de savoir qui sera chargé de reconstruire. Tout reconstruire, tout réparer, tout réorganiser. Et je veux dire à ceux qui nous écoutent et nous attendent, nous sommes prêts ! Nous avons travaillé. Merci à tous ceux qui ont contribué autour de Chloé Riedel, autour de Johanna Roland, Pierre Jouvet, Boris Vallaud, Patrick Cannaire, les groupes parlementaires, avec tous ceux qui ont fait de notre travail collectif un projet. Nous ne permettrons pas des mirages. Pas plus que du sang et de nouvelles larmes pour ceux qui ont déjà trop pleuré. Mais nous promettons de tout rebâtir ensemble. Et je vous le dis du fond de mon cœur, de mon être, vos combats, vos joies, vos peines, vos espoirs, je les fais mien. Et nous pouvons ensemble encore changer la vie. La politique n'est ni impuissance, ni résignation, elle est la porte des possibles. N'écoutez pas les ricaners, les analyses, les sondages. Barre, Balladur, Juppé, Fillon, Zemmour, Pécresse, tous ont été sacrés champions des sondages. Balladur, Barre, Fillon n'ont pas atteint le second tour. Juppé n'a pas passé sa primaire. Zemmour n'a été qu'un feu de paille. Pécresse n'a pas fait 5%. Et je me souviens, en revanche, et vous aussi, j'en suis sûr, que François Hollande a commencé à 3% et qu'il est devenu président de la République française. Rien ne se passe jamais comme prévu. Nous avons décidé d'une primaire ouverte à tous. Nous débattrons et nous choisirons dans la clarté. J'appelle sur raison de dire que nous gagnerons. Je ne sais pas qui est le nous, mais je le prends comme un nous collectif. Et effectivement, à la fin de cette primaire, il y aura un nous collectif, il y aura des gens qui se dresseront ensemble, qui feront face ensemble et qui iront chercher la victoire. Alors, j'appelle tous nos concitoyens, sans distinction, à se joindre à nous, à venir choisir entre les candidates et les candidats, et à l'issue, à accompagner la campagne et la victoire. Faisons tous ensemble, faisons tous ensemble, j'ai dit tous ensemble. Honneur à la gauche. Montrons que la confrontation d'idées n'a pas besoin de la disqualification de l'autre, que nous avons entendu les Français, que nous sommes en mesure de leur offrir un avenir désirable. Chers camarades, j'achève mon propos en revenant à ces images qui ont brûlé nos écrans tout l'été. Un pompier qui a combattu les incendies vous le dira. On n'arrête pas un feu en versant de l'eau au hasard sur sa crête. On l'arrête en préparant bien avant l'été des pare-feux. Dans moins d'un an, la France choisira entre deux récits. Celui d'un pays qui laisse le feu décider à sa place. qui a eu le courage de stopper la reprise de flammes avant qu'il ne soit trop tard. Nous ne promettons pas que tout le monde aura la même vie, mais nous garantirons à chacun la même dignité, la même considération et les moyens d'exercer sa liberté. Qu'un enfant naisse riche ou pauvre dans une ville, un village, une banlieue, en métropole ou en outre-mer, dans ces pays des océans, qu'il soit valide ou avec un handicap, qu'il croit au ciel ou qu'il n'y croit pas, je veux avec vous qu'il puisse regarder son avenir sans que quelqu'un l'ait déjà écrit à sa place. Le socialisme n'a jamais eu pour ambition de fabriquer des vies identiques, mais il a toujours porté cette magnifique ambition. Empêcher que la naissance, l'argent, la maladie, la géographie ou la domination décident seuls de nos destins. C'est cette promesse d'émancipation que nous devons remettre au cœur du pays. Nous regardons le monde qui vient et nous avons choisi ensemble de ne pas le subir. Nous sommes ensemble, prêts à le transformer. En 2027, la France a rendez-vous avec son histoire. Alors, je le dis, nous serons au rendez-vous. Vive la République et vive la France !
C'est parti !