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Nous allons ouvrir donc une grande page politique en ce week-end évidemment très chargé. Jordan Bardella faisait sa rentrée ce matin, ça fait un petit moment qu'on ne l'avait pas entendu, c'était à Chalon en Champagne et il a tenu un point presse. Le président du Rassemblement National a indiqué avoir beaucoup travaillé cet été sur le programme de redressement de notre pays, dit-il, en particulier à propos d'un grand plan de nettoyage des finances publiques. Je vous propose de l'écouter.
Les enjeux économiques vont évidemment être au cœur de la campagne présidentielle. Et vous le savez, et Marine en a parlé au MEDEF avant-hier, nous allons préparer, proposer aux Français dans quelques semaines, le plus grand plan de nettoyage des finances publiques et de lutte contre les gaspillages d'argent public qui existait. La France doit réduire, en tout cas l'État doit réduire son train de vie, doit baisser ses dépenses pour baisser la pression fiscale. qui pèse sur nos compatriotes et sur la France du travail. Et si je suis chef du gouvernement demain, nous nettoierons les finances publiques. Et c'est précisément l'un des sujets que je suis venu aborder ici, aux côtés des artisans, des commerçants, des chefs d'entreprise et des agriculteurs à la foire de Chalon, et plus largement des Français et des contribuables.
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Alors Antonin André, contrairement à d'autres personnalités politiques françaises, Jordan Bardella est resté très discret cet été. Est-ce que vous le comprenez ? Ou est-ce qu'il encaissait un petit peu la décision du 7 juillet ?
On l'a entendu là, c'est pas très simple, parce qu'il y a eu un petit bouger depuis avant l'été, c'est-à-dire qu'il est passé de quand je serai président à quand je serai premier ministre. Donc il est descendu d'une marche, et évidemment il se préparait lui à la fonction suprême, et c'est vrai qu'y compris chez les commentateurs... L'épée de Damoclès qui pesait sur Marine Le Pen rendait crédible cette hypothèse d'un Jordan Bardella candidat. Finalement l'histoire ne s'est pas écrite comme cela et je pense que Jordan Bardella effectivement doit encaisser. Vraiment on ne se rend pas compte mais quand on se programme pour une présidentielle et que tout d'un coup on vous retire cette candidature-là, humainement c'est un choc politique qu'il faut encaisser. Et l'autre aspect qui est intéressant, je trouve, dans le sonore qu'on vient d'entendre, c'est que le sujet de l'économie va rester quand même un sujet compliqué, parce que la présidente et le Premier ministre du Rassemblement national n'ont pas l'air totalement alignés. J'en veux pour preuve l'audition de Marine Le Pen devant les patrons cette semaine, où elle leur a dit quand même... Dans les yeux, et je vous avoue que moi j'ai été à la fois surpris, et en même temps je porte crédit de ça Marine Le Pen, d'assumer, de dire au chef d'entreprise, écoutez, les charges sont très lourdes sur le travail, mais dans l'état actuel des finances publiques, je ne peux pas vous promettre qu'on va baisser les charges dans un premier temps et dès le début, parce qu'il faut financer la protection sociale, et parce qu'elle tient toujours à incarner une forme de positionnement économique social, et évidemment on est loin de la ligne Bardella. Donc on voit que ce bouger... perturbe un peu la rentrée du RN. En même temps, c'est un dialogue qui peut-être portera des fruits.
Et Raphaël Steinville, j'en veux pour preuve aussi évidemment, le cas de François Durvy. Alors peut-être que nos auditeurs ne savent pas exactement qui est François Durvy. C'est un polytechnicien libéral qui s'est engagé auprès de Marine Le Pen et surtout auprès de Jordan Bardella, officiellement depuis quelques mois, officieusement en réalité depuis des années. Et alors son départ a été annoncé... le moment où Marine Le Pen était précisément devant les patrons et alors Libération révèle évidemment les coulisses de ce départ ce matin. Chers auditeurs, je me permets de vous les raconter, c'est assez croustillant. Bardella se trouvait donc dans une pièce le 7 juillet dernier. Il était avec Nolwenn Olivier, la directrice de communication de la campagne et il était avec François Durvis, ce conseiller plutôt libéral qui a notamment aidé le Rassemblement National sur ce côté. On parle au patron, nous sommes un peu plus libéral. Et puis finalement, François Durvie, après la décision de Marine Le Pen et des juges, sur un ton semi-sérieux, dit à Bardella de descendre annoncer sa candidature. Nolwenn Olivier fait filtrer l'information et Marine Le Pen assène plus tard, par message à François Durvie, que la confiance est brisée. Raphaël Staville, on a un peu l'impression aussi de revenir à roseur du Front National, où certaines coupures, certaines rivalités, certains problèmes de loyauté revenaient, disons, devenaient plus sonores.
moi, je n'en ai pas tout à fait la même lecture. Moi, je pense que si Marine Le Pen a fait le choix ou a poussé à la sortie François Durvi, qui était à la fois son conseiller économique et celui de Jordan Bardella, c'est précisément parce qu'elle n'est pas seulement la candidate du Rassemblement National à la présidentielle, mais qu'elle est en réalité la patronne du Rassemblement National, quand bien même Jordan Bardella a le titre de président du parti. En réalité, c'est elle qui mène la campagne, c'est elle qui incarne la ligne du Rassemblement national. Et François Durvy, de cette manière, l'a expliqué très honnêtement, au-delà de ces péripéties qui faisaient qu'il était plus enclin à soutenir la candidature de Jordan Bardella que celle de Marine Le Pen. Il a expliqué qu'il ne se sentait pas à l'aise à l'idée de défendre dans l'opinion. des idées économiques qui pourraient être contraires aux siennes. Donc il y a une sorte de normalité finalement, de cohérence à ce qu'ils se mettent en retrait et qui recouvrent sa liberté pour laisser Marine Le Pen et Jordan Mardella conduire la campagne. D'autres personnes en interne qui peut-être avaient voulu s'émanciper de la ligne de Marine Le Pen. parce qu'ils avaient fait le pari que ce serait Jordan Bardella, sont peut-être eux aussi, non pas sur le départ, mais peut-être davantage en retrait dans les semaines et à venir pour pouvoir mener cette campagne et incarner le projet tel que Marine Le Pen entend le voir défendu et proposé aux Français.
Ce qui
est
intéressant, et j'anticipe un peu Hélène Pardon sur nos discussions, mais c'est que ce positionnement tout d'un coup du Rassemblement National, sur la ligne Le Pen, comme Raphaël l'a décrit, c'est-à-dire quand même un programme qui est très social, qui fait la part belle à l'État-providence, à l'État-protecteur, plutôt qu'un État-stratège, plutôt qu'un État-stratège, ça dégage un espace quand même à droite assez singulier, et je pense notamment à Sarah Knafo, qu'on a interviewé longuement dans le journal du dimanche-demain, qui sort un livre très intéressant sur le casse. de l'argent public, la façon dont l'État dissimule, pique l'argent aux Français, le gâche, et au lieu de le reverser, le fruit de leur travail. Et ça dégage tout d'un coup un espace pour Sarah Knafo, et pour Éric Zemmour, donc pour Reconquête, sur un axe d'une droite. très libéral et très assumé, qui là pour le coup est une offre totalement antinomique avec celle de Marine Le Pen. Si Jordan Bardella avait été le candidat, je pense que leur espace aurait été beaucoup plus restreint. Donc ça va être intéressant de suivre dans cette campagne comment c'est dynamique ce concurrent. Même sans
parler de reconquête, même Bruno Retailleau.
Même Bruno Retailleau, même la droite libérale. Non mais c'est une possibilité, après moi je pense qu'on a quand même très largement voulu accentuer le côté libéral qu'aurait pu avoir Jordan Bardella, qui se définissait comme... business, pro-entreprise, mais sans véritablement définir ce que recoupait ce concept qu'il défendait. Est-ce que ça voulait dire qu'il était libéral ? Je ne sais pas. Le fait est de se dire pro-entreprise, honnêtement, à part LFI, qu'il ne l'est pas.
En revanche, il y en avait un autre qui était très libéral, et pour le coup, ça va être intéressant de voir comment il va réagir maintenant, c'est Éric Ciotti, qui d'ailleurs n'était pas là pour accompagner Marine Le Pen au MEDEF.
Non mais, Éric Ciotti, qui a donné une grande interview au JDD cet été, expliquer qu'il ne désespérait pas de pouvoir faire infléchir la ligne. Vous avez compris, la campagne présidentielle se joue essentiellement au JDD. Vous avez raison, Antonin. Ne désespérez pas de faire infléchir la ligne économique du RN, notamment sur la question des retraites. On a vu à l'occasion de cette première prise de parole de Marine Le Pen qu'elle gardait le cap. Alors, ça ne veut pas dire qu'à la marge, il n'y aura pas des accommodements, des inflexions du programme plus général du Rassemblement National pour donner une plus large prise à ses partenaires, à ses alliés. Pour autant, c'est vrai qu'on voit à quel point... aujourd'hui Marine Le Pen est celle qui incarne et veut peser sur la ligne du Rassemblement National. Moi je pense qu
'elle a raison. Je pense qu'elle a raison parce qu'elle a construit, c'est quand même sa grande réussite politique, elle est partie du Rassemblement National de Jean-Marie Le Pen qui était sur des sujets très immigration, qui était très libéral, très en défense des petits patrons. Elle a élargi aujourd'hui la base du Rassemblement National. la base électorale, en allant chercher les petites gens, les classes populaires, en ayant un discours pour ces gens qui ont du mal à finir la fin de mois, pour la France des Gilets jaunes, pour les anciens bassins miniers du nord de la France, tous ces gens-là qui votaient à gauche. Et aujourd'hui, ces gens-là votent Rassemblement National et sont très sûrs de leur vote. Et je pense qu'elle a raison dans son positionnement d'une certaine façon, parce qu'elle représente, elle incarne une alternative, à mon avis, plus puissante, face à un bloc central, macroniste, Retailleau, Attal, et même les sociodémocrates qui sont... vraiment sur une pente... beaucoup plus libéral. Donc je pense qu'elle a raison, elle n'aurait rien à gagner à vouloir infléchir son discours en étant, en paraissant trop libérale. Et surtout,
cette
teinture
libérale qu'elle aurait pu laisser gagner et imprégner son programme si elle ne s'était pas privée des ressources intellectuelles d'un François Durvie, c'était aussi donné prise à LFI, qui, il faut le reconnaître, est en dynamique, a le vent en poupe. abandonner, ou en tout cas ne pas parler de manière extrêmement claire aux classes populaires, c'était prendre le risque que Jean-Luc Mélenchon et ses amis soulignent finalement les têtes à queue idéologiques de Marine Le Pen et de ses amis.
Alors nous n'allons pas parler de LFI, mais je vous propose quand même de partir sur l'autre base de l'échiquier politique, à savoir le Parti Socialiste, qui faisait sa grande rentrée. Alors Antonin André, je sais que vous êtes un observateur aiguisé. Je suis Sophie
Roney.
Alors récapitulons parce que c'est vrai que c'est quand même... Très très compliqué à suivre, on parle d'une primaire fermée, elle coûtera 15 euros. Il y a des personnes qui restent en surplomb, comme François Hollande, comme Bernard Cazeneuve, qui ne veulent pas participer à cette primaire. Karim Boimbran, le maire de Saint-Ouen, artisan de la guerre contre Master Poulet, rejette aussi cette primaire. Et dans cette primaire, bon, Olivier Faure n'a pas profité en tout cas de ce campus d'été pour se déclarer. Antonin, que fabrique le parti socialiste ? C
'est le parti socialiste que je connais depuis très longtemps, c'est le parti de la tambouille, de la cuisine, des recettes compliquées. accommodements enfin c'est vraiment il faut être solferinologue poursuivre le ps alors ils ont acté l'idée d'avoir une primaire une primaire qui est ouverte au parti socialiste à place publique avec un montant pour voter la primaire qui est 15 euros olivier fort a voulu que ce montant soit plus beaucoup plus modique pour avoir une base beaucoup plus large dans cette primaire sont déclarés rafael glucksmann qui d'une certaine façon a été quand même la vedette des rencontres de blois on voit même qu'il a volé la vedette d'une certaine façon olivier fort Philippe Brun, ce député de l'heure socialiste qui s'est illustré cet été en parlant de retraite par capitalisation. Ségolène Royal. dont elle dit qu'elle sera candidate, et qui est un peu la revenante, et qui est quand même celle, il faut le rappeler, la primaire socialiste qu'elle avait remportée en 2006, elle avait plié au premier tour Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, excusez du peu. Donc vous avez ces candidats qui sont déclarés, Olivier Faure qui va se déclarer, c'est un secret de polichinelle, et donc de cette primaire sortira un candidat que tous s'engagent à soutenir, et puis vous avez, vous l'avez dit, les embusqués, il y a Jérôme Guedj aussi qui connaît, les embusqués, François Hollande et Bernard Cazeneuve, qui eux sont... embusqués et qui attendent que tout ce petit monde s'auto détruise pour au mois de décembre dire les gars il n'y a pas de problème je suis là je suis le recours j'arrive mettez vous derrière moi on va y aller on va gagner.
Il y a eu une scène à Blois, Raphaël Stainville où Olivier Faure s'est imposé au milieu de la haie d'honneur qui était réservée à Raphaël Glucksmann et lui-même disait vouloir éviter du sang sur les murs. Est-ce que ce genre d'épisode ne dément-t-il pas par l'effet le discours d'apaisement ? En fait tout le monde est en train de prétendre qu'ils s'entendent assez bien et que tout va bien se passer alors qu'en réalité ces personnes-là ont du mal à se voir. voir dans la vraie vie.
Oui, vous avez raison, c'est que Olivier Faure s'est invité sur la photo, ce qui devait être une arrivée triomphale et solitaire au milieu des militants pour Raphaël Glussmann, c'est transformé en un partage de l'affiche pour deux potentiels candidats, puisqu'il faut le rappeler, aujourd'hui Olivier Faure ne s'est toujours pas déclaré. Mais là où c'est intéressant, c'est qu'effectivement on pressent, quand bien même aujourd'hui dans les sondages, Raphaël Glussmann est très largement donné favori. que cette primaire pourrait être beaucoup plus ouverte que l'on pourrait le penser. Et ça prédit des débats, des intrigues qui vont rendre cette primaire peut-être beaucoup plus cruelle et assassine que certains voudraient bien l'entendre. Donc oui, moi je pense que rien n'est acquis et qu'on voit aujourd'hui... un certain nombre de postures que un certain nombre de coups bas seront à attendre.
Je
rebondis sur ce que dit Raphaël, parce que j'ai regardé notamment dans les visages qui entouraient Gluck Spahn pour sa campagne, il y a notamment Christophe Borges et David Assouline, qui étaient deux socialistes, alors là, de l'ancienne époque, qu'on a ressorti du placard, et Borges notamment, faisait partie de la petite équipe qui, autour de Martine Aubry, avec Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartholone, étaient des grands magouilleurs en chef, qui étaient très habitués de truquer les élections, c'est-à-dire que vous avez les remontées de résultats. Et puis les mecs prennent les tableurs Excel et bifent allègrement les chiffres pour les remplacer par d'autres. Enfin, il n'est pas exclu qu'on revive une sorte de congrès de race, un peu en petit, parce qu'aujourd'hui le Parti Socialiste c'est plus un groupuscule qu'un grand parti de gouvernement. Mais dans la tradition socialiste, les magouilles, ça fait un petit peu partie du jeu.
Et alors, Antonin, André, Raphaël Glucksmann subsiste quand même un petit point noir justement dans toutes ces négociations. Raphaël Glucksmann voulait inscrire dans la charte des valeurs l'interdiction de tout accord avec la France Insoumise. La demande a été rejetée par la direction du Parti Socialiste. Est-ce que ce refus n'est-il pas le signe que le parti n'a pas vraiment tranché sa ligne stratégique vis-à-vis de Mélenchon ? Et même, est-ce qu'à la fin, de toute façon, comme Olivier Faure reste le premier secrétaire du Parti Socialiste, c'est Olivier Faure qui l'emportera et puis de toute façon, ils finiront par s'allier parce que Jean-Luc Mélenchon, c'est lui aujourd'hui. de la gauche.
Là où vous avez raison Hélène, parfaitement, c'est que Olivier Faure, s'il est candidat, se mettra en retrait de la direction du Parti Socialiste, mais ne quittera pas la direction du Parti Socialiste. Il restera premier secrétaire une fois les primaires terminées et notamment s'il ne les emporte pas. Et du coup, comme premier secrétaire du Parti Socialiste, qui négociera les accords aux législatives ? Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, qui évidemment aura besoin, parce qu'après la présidentielle, il y a les législatives, on le perd un peu de vue, mais les législatives, ça va être décisif. Et là, évidemment pour les législatives, bien sûr que le Parti Socialiste se laisse la possibilité de conclure des accords avec LFI sous peine de disparaître complètement de l'échiquier politique.
Alors je vous propose désormais de parler de Sarah Knafo. Antonin André, vous avez il y a quelques minutes commencé à esquisser la une du journal du dimanche de demain. Donc c'est une grande interview de Sarah Knafo qui présentera notamment son nouvel ouvrage Le Casse du siècle, publié aux éditions Fayard. Il sortira le 2 septembre. Il a été numéro 1 des ventes Amazon pendant notamment très longtemps. Il l'est toujours. Il l'est toujours. Eh bien Raphaël Stainville, avant de rentrer dans le fond, c'est notamment l'objet également de sa première question au JDD si je ne m'abuse. Sarah Knafo, contrairement aux autres politiques, elle ne parle pas d'elle dans l'ouvrage. Elle parle d'économie, elle parle de France, elle parle de ce qu'elle appelle justement le casse du siècle. Est-ce que cela vous paraît opportun ? Est-ce que justement ce travail journalistique façon Watergate va être un outil véritablement de conviction électorale ou alors c'est un livre politique comme le font les autres ?
Vous l'avez dit. l'objet déjà en soi est assez inédit. Là où nombre de politiques se mettent en scène ou se mettent en scène en écrivant une biographie d'un personnage historique dont ils aimeraient qu'on puisse les comparer, Sarah Knafo, elle fait le choix inverse, elle fait le choix de parler des Français, elle fait le choix de mener une enquête pour comprendre comment l'argent qui est versé à un salarié finalement disparaît dans des services publics inefficaces alors qu'ils sont lourdement prélevés. prend comme le point de départ de son livre, c'est la fiche de paix de Nicolas. Vous connaissez ce mouvement, c'est Nicolas qui paie. Et elle analyse, elle décrypte et elle essaye de démontrer de manière assez convaincante, avec toute l'habileté et le talent qu'on peut lui connaître, comment finalement l'argent qui est prélevé ne sert plus à rien et détourné. Et elle explique cette asphyxie des Français. c'est malin, c'est que non contente de mener cette enquête, elle propose un certain nombre de solutions. Et je rejoins Antonin lorsqu'il disait que c'était un programme extrêmement libéral qu'elle préconise, puisqu'elle en arrive à lister 130 milliards d'économies par an.
Alors Antonin André Chassel Naturel, il revient au galop. Si Sarah Knafo parle d'économie, elle parle évidemment aussi d'économie sur l'immigration. Alors j'ai lu ce passage que je trouve assez intéressant. Elle s'appuie sur des travaux d'économistes comme Assez Moglu, Autor ou Cass pour soutenir qu'une main d'oeuvre étrangère abondante et bon marché, ça retarde l'automatisation et l'investissement des entreprises dans la technologie. Donc en gros évidemment elle rentre dans l'idéologie de reconquête, c'est-à-dire que ça ne sert à rien de faire venir de l'immigration parce que ça empêche les entreprises d'investir. Est-ce que vous partagez cette... analyse, est-ce que vous la trouvez pertinente ? Elle s'appuie notamment sur des auteurs, sur des économistes américains, où la situation du marché du travail français est structurellement différente de l'exemple en l'occurrence américain et ça ne fonctionne pas. Je
pense surtout que l'investissement dans l'intelligence artificielle et les missions de l'intelligence artificielle, des supercalculateurs, des modélisations, des capacités d'anticipation ne sont pas substituables par une main d'oeuvre étrangère. la plupart du temps, est peu qualifiée. Donc je ne suis pas sûr que ce raisonnement sur l'intelligence artificielle aille jusqu'au bout. En revanche, elle assume toujours, sur le plan de l'immigration, et c'est aussi une différence vis-à-vis d'une partie de la droite et du centre qui parlent de maîtrise de l'immigration, mais qui ne mettent pas forcément en avant le remplacement culturel ou la substitution à la culture française par des cultures étrangères, qui est un discours qu'elle assume toujours, et qui est un discours de reconquête, ce que je trouve intéressant. C'est que là où Éric Zemmour est quand même un personnage qui est très talentueux, très intelligent, très lettré, enfin c'est vraiment quelqu'un, moi quand je converse avec lui, je mesure à quel point c'est un homme intelligent, mais qui dans le rôle du politique, je trouve, est très rapidement caricaturé ou s'enferme dans des raisonnements qui sont... très liée à l'immigration et peu étoffée pour le reste. Je trouve ce qui est intéressant chez Sarah Knafo, c'est qu'il y a un discours quand même sur l'économie qui est intéressant. Et puis, elle était magistrate à la Cour des comptes, si vous voulez. Ce n'est pas des petits calculs et de la petite mathématique. Donc je trouve qu'elle étoffe. forcément le positionnement de la conquête et qu'à l'aune de ce que je viens de vous dire, il me paraîtrait sage et logique de la part d'Éric Zemmour de éventuellement envisager de se mettre en retrait et d'être le penseur et l'idéologue qui insuffle à Sarah Knafo les arguments pour qu'elle porte une candidature à la présidentielle, ce qui me semblerait... vu les temps qui arrivent, le plus pertinent, mais je me mêle de ce qu'il ne me regarde pas.
Il n'y a pas encore d'informations, j'imagine, sur le nom du candidat de Reconquête dans l'interview. Non mais cette
question lui est posée, et elle rappelle que le candidat naturel de Reconquête, c'est Éric Zemmour. elle ne confirme pas le fait qu'il sera forcément candidat, même s'il a déjà fait état de ses intentions. Elle maintient quand même malgré tout un flou. Là où je rejoindrai Antonin sur la personnalité de Sarah Knafo et sa manière finalement d'élargir encore le spectre du zémourisme, c'est qu'au-delà d'être le visage souriant de Reconquête et du zémourisme, le fait de s'attaquer en profondeur comme ça à des sujets économiques, là où on pourrait s'attendre, d'un Éric Zemmour qui laboure de manière habituelle les sujets qui sont les siens, ceux de l'immigration, ceux de l'islamisation de la France, elle s'attaque à un sujet qui aujourd'hui, je pense, est obsédant pour les Français. Souvenez-vous, Marine Le Pen en avait fait même son thème de campagne, c'était le pouvoir d'achat.
À
la question du pouvoir d'achat, et au fait qu'aujourd'hui, les Français se sentent finalement à sec, sans marge de manœuvre pour pouvoir... ne serait-ce que faire un plein d'essence, Sarah Knafo, elle répond à cette question à sa manière, de manière extrêmement aboutie, extrêmement détaillée.
Baisse des impôts, baisse des dépenses publiques, c'est ce qu'on retiendra évidemment de ce livre Le Casse du siècle. La grande interview est à retrouver dans le journal du dimanche, évidemment demain. Et alors dans le journal du dimanche, Antonin, il y a aussi un baromètre qui n'est pas vraiment favorable pour le président et le Premier ministre. Oui, c'est un
été meurtrier pour le Premier ministre et pour le président de la République. Le baromètre CSA JDD que... on fait tous les mois, mesure une chute de 7 points dans les sondages d'Emmanuel Macron et une chute de 5 points de Sébastien Lecornu. Je dirais que pour Sébastien Lecornu, ça s'explique assez logiquement parce que cyberattaque sur Bercy, les incendies, les canicules, la répétition, le débat sur le budget qui se lance sur les désindexations des retraites, on voit bien qu'il y a des motifs de fond qui exaspèrent l'opinion. Sur Emmanuel Macron, je ne me l'explique moins. Sinon, par une posture qui... quand même pour moi interroge sur la communication du président. La seule carte postale, la seule carte postale d'Emmanuel Macron aux Français cet été, c'est lui tout biceps dehors avec une espèce de regard de braise de cinéma sur un scooter des mers, ce cabran et lui maîtrisant sa machine. Et envoyer cette carte postale en une de Paris Match à des Français qui ont parfois tout perdu dans les incendies, dans les canicules, je me dis mais enfin, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Je vous le dis, je le raconte dans l'article, mais je peux vous dire que En interne à l'Elysée, cette photo a été très mal comprise, y compris par des communicants. qui s'en sont ouverts au président. Et le président a eu cette réponse de dire, c'est toujours comme ça, c'est pas moi, j'ai rien fait, les photographes de Paris Match étaient là, ils ont leurs photos. Mais bon, connaissant un peu, ayant pratiqué un peu Emmanuel Macron, tendance à l'égotisme qui quand même chez lui tourne à l'obsession, je ne m'explique pas cette faute de communication et qui lui coûte très cher politiquement.
Oui, on
pourrait ajouter, et la proximité d'Emmanuel Macron avec Mimi Marchand, l'une des patronnes de Best Images, l'origine de ces photographies.
Alors rapidement, Antoine André et Raphaël Saint-Ville, je voulais évoquer avec vous un tout dernier sujet. C'était le recrutement d'un de nos confrères, Charles Sapin, qui a fait beaucoup de remous, notamment sur les antennes de France Inter. Dans un communiqué publié, les syndicalistes de Radio France dénoncent l'arrivée sur les ondes de Charles Sapin. C'est le nouveau directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles. Intitulé « La direction de France Inter révèle ses vraies valeurs ». Le texte fustige l'embauche de celui qui appartiendrait, je cite, à un organe de l'extrême droite. Raphaël Saint-Ville, je voulais... Évidemment, votre impression quand on lit ce genre d'informations, on n'a pas le sentiment que la commission d'enquête à l'oncle n'a pas encore vraiment porté ses fruits.
Mais c'est surtout qu'on peut juste se dire que cette commission à longue, qui justement a pointé du doigt le fait qu'aujourd'hui le service public était devenu une machine de propagande aux mains d'une pensée gauchisante, voit sa démonstration par le rejet massif dont fait l'objet notre confrère. Effectivement, vous avez raison, les conclusions de la commission. à l'oncle n'ont pas encore porté les fruits loin de là. Il faudra attendre peut-être une nouvelle majorité pour que ces préconisations soient mises en oeuvre.
Oui, surtout quand on a André, le communiqué attaque valeur actuelle, il assimile Charles Sapin en plus à valeur actuelle, alors qu'il vient seulement d'arriver. Est-ce que vous avez le sentiment un peu d'une certaine injustice ? Alors qu'on sait qu'il y a aussi des chroniqueurs chez France Inter qui viennent de médias assez politisés, mais juste dans l'autre sens.
Oui, oui, il y a évidemment, et en même temps, on entre dans une période présidentielle pour faire court, donc si vous voulez, on sent bien que ces questions-là sont sensibles. note que Charles Sapin par ailleurs, qui était également sur l'antenne de TF1 le week-end, n'y sera plus. Donc on voit bien qu'il y a une espèce de débat et d'ambiance idéologique, de malaise idéologique qui infuse un peu dans tous les médias, qui paralyse un peu et qui parfois donne des décisions qui sont difficilement ératiques. Absolument Raphaël.
Un très grand merci Antonin André, un très grand merci Raphaël Saintville de m'avoir accompagné dans cette deuxième heure d'Europe 1 Soir.