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Sous-titrage Société Radio-Canada
'est l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Karim Bouamran, maire PS de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle. À 8h45, dans la deuxième partie de l'entretien politique, Karim Bouamran, vous répondrez aux questions de nos auditeurs. Vous avez également accepté de développer un thème de votre choix. Vous avez choisi les violences sur mineurs. Vous aurez donc cinq minutes pour convaincre. Et enfin, vous pourrez réagir à notre rubrique sur l'actualité des réseaux. Mais d'abord, vous répondez aux questions d'actualité.
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Bonjour Karim Bouhamran, soyez le bienvenu à Sud Radio. L'actualité c'est la déclaration d'Olivier Faure qui lui aussi se lance dans la course à la présidentielle. Une énième candidature à gauche, c'est pas ridicule ?
Une énième candidature à gauche, si c'est ridicule, non, parce qu'il n'y en a pas tant que ceux-là. Vous avez cinq, six candidats à la primaire. C'est pourtant ce que disent les gens, ça fait beaucoup. Les gens disent beaucoup de choses. Les gens disent que le Brésil a gagné la Coupe du Monde, ou l'Allemagne a gagné la Coupe du Monde. Donc si on se fie à ce que disent une bonne partie des gens, il faut regarder. Le plus important, c'est comme dirait Highlander, il ne doit en rester qu'un, il n'en restera qu'un. Et c'est la raison pour laquelle je suis candidat et je pense être celui qui pourra fédérer et rassembler.
Lui dit qu'il est le candidat des classes populaires, qu'il est le mieux placé, c'est ce qu'il a dit hier soir, pour parler des classes populaires mieux que vous. Moi, un
tutoriel personnel ? Oui. Je ne sais pas si Olivier Faure est mieux placé que moi pour parler des classes populaires. Je ne sais pas c'est quoi le critère. Ce que je sais, c'est que j'ai un ancrage dans le réel. J'ai été élu, réélu. Je connais les questions par cœur de logement, de pouvoir d'achat, de protection des mineurs, des mineurs de l'enfance, d'égalité femmes-hommes, des questions d'éducation. Et j'ai une pensée particulière pour tous les enseignants qui font leur rentrée. Je connais les questions de narcotrafic pour avoir démantelé tous les points de deal dans ma commune, de sécurité, de protection. Donc l'objectif, ce n'est pas essayer de faire un concours à celui qui est le plus populaire. Lorsqu'Olivier Faure
dit qu'il est le candidat des clauses populaires, vous qui êtes... Comment vous... Comment je réagis ? Oui, comment vous réagissez à ça ? C
'est une primaire. Mais sauf que cette primaire, vous n'y participez pas. Quand Olivier Faure, avec lequel j'ai eu la... l'opportunité d'échanger à Blois, justement, en lui disant « je ne participerai pas à cette primaire, j'y reviendrai, mais ce qui doit prévaloir, ce qui doit primer, c'est l'intérêt des Françaises et des Français ». Lorsque Olivier Faure dit je suis le candidat des classes moyennes, des classes populaires dans cette primaire, c'est en opposition avec la candidature probablement de Raphaël Glucksmann qui n'est pas issu des classes populaires. Vous voulez dire qu'il installe le match avec Raphaël Glucksmann ? On va y revenir justement
et à votre positionnement par rapport à tout ça. Mais quand vous entendez ça, alors qu'on sait au vu des résultats que le PS a perdu les quartiers populaires ?
Je fais 75% dans les quartiers populaires, cher monsieur. Je mets plus de 35 points de différence à ceux qui s'auto-proclament représentant des quartiers populaires, à savoir la France insoumise. Je suis réélu. J'ai gagné un canton avant dans les dix quartiers populaires en tant que vice-présent du département de Seine-Saint-Denis. Je vais vous dire, quand j'étais à Blois, j'ai organisé un pot avec une partie des militants et des sympathisants qui me soutiennent. en leur disant, ne faut pas avoir honte de ce que nous sommes. Et surtout, il ne faut pas laisser qui que ce soit faire une OPA. sur notre histoire populaire. Le peuple c'est nous, c'est le parti socialiste. Le peuple c'est nous et LFI parce qu'ils parlent plus fort, parce que derrière ils sont autoproclamés.
Vous faites allusion à vos victoires mais vous avez aussi perdu face au maire LFI de Seine-Saint-Denis pour accéder à la présidence de l'établissement en pleine commune. Je n
'ai pas perdu, il y a neuf maires, c'est une élection des grands électeurs. Vous n'avez pas été élus alors. Techniquement on savait qu'on n'allait pas gagner.
Mais reconnaissez que si vous n'avez pas gagné, c'est que vous avez perdu. Vous étiez face à Balibagayoko, il y avait un enjeu en Seine-Saint-Denis, et c'est lui qui a été élu. Donc c'est le signe que la
LFI est peut-être un peu plus populaire. Mais la LFI n'est pas plus populaire. Ce qui s'est passé dans cette élection, si vous voulez qu'on en rediscute techniquement parlant, mais je ne pense pas que ça intéresse les auditeurs, c'est qu'il y a neuf villes en pleine commune. avec des systèmes d'élections qui n'étaient pas du tout réactualisés. Et le message que je renvoyais, c'est justement, justement, la France Insoumise n'a pas le leadership dans ma zone. Et ça fait 60-40. Avec une ville qui fait quand même 130 000 habitants, la mienne fait deux fois moins. Mais on fera le point au mois d'avril, et on fera le point lors des législatives, et on verra. –
Sous tous
les
cas, vous soutenez le fait que pour vous, le PS n'a pas perdu les quartiers populaires. C'est le sens de
ma question. – Alors, combien j'ai fait chez moi ? Il y a le numéro 2 de la France Insoumise, président de la Commission des Finances, Éric Coquerel, qui se pavanait partout dans les studios, dans les émissions télé, en disant, vous allez voir une ville comme Saint-Ouen. Il est où ? Plus de 30 points de différence. Et c'est ce qui va se passer. Parce que, je vais vous dire... France Insoumise, dans les médias, partout, même dans les manifestations politiques, ils ont trois, deux, trois smoking, ils font croire qu'ils ont une garde-robe. C'est ça l'histoire. Et tout le monde tombe dans le panneau. Ils ont 10 000 militants. Et on est là, on les met à droite, à gauche, avec des drapeaux, parfois c'est drapeau bleu en route, parfois c'est drapeau des poings.
Ok pour le constat, mais après il y a la façon d'y arriver, et pour le moment, vous n'acceptez pas de participer à cette primaire, alors que vous auriez des arguments. Tous les arguments que vous voulez développer ici à ce micro, pourquoi vous ne saisissez pas l'occasion des primaires
pour vous exposer ? Ok, on ressort d'un break de 5 semaines. Vous avez croisé, vous, lors de vos vacances, des personnes qui vous arrêtez, ces chers messieurs, les primaires, ils vous parlent de quoi ? Et l'auditeur, il va me parler de quoi ? Il ne va pas parler des primaires. Ils vont me parler de pouvoir d'achat, ils me parlent de protection des mineurs, ils me parlent de moyens de démocratiser l'excellence et faire en sorte que leurs enfants puissent bénéficier d'une scolarité de qualité et ensuite un emploi de qualité et ensuite un logement de qualité. Avant de parler de ça en politique, il y a la question des moyens. Mais
comment vous allez faire pour vous défendre si vous ne passez pas par la case primaire qui, déjà on sait qu'il y a trois gros débats qui vont être... organiser dont un sur le service public à un horaire de prime time. Donc, je veux dire, ce sont des expositions qui sont très importantes et qui vous permettraient de gagner le match. Pourquoi vous n'y allez pas ? Alors, je vais vous dire,
comment on a fait en 2007, en 2011, en termes de participants ? Bah, en 2011, on a fait 3 millions.
Bah oui, 2 millions 6, je crois. D
'accord, exactement. 2 millions 8 pour être précis. Donc, vous croyez qu'on va faire 2 millions 8
? Mais ça n'a pas été un moyen pour François Hollande de devenir président de la République, c'est primaire
? C'était mal. 2 millions 8. 2 millions 8 de partis. participants, 1 euro. Je me souviens à l'époque, je les avais organisés. Donc le problème, c'est une question d'argent. Je reviens, il y a trois sujets. Le premier, c'est un, est-ce que c'est la priorité des Françaises et des Français aujourd'hui des primaires ? Non, la priorité, c'est d'aller à la rencontre des Françaises et des Français. Il y a à peu près 36 000 communes. Pour moi, j'ai 36 000 campagnes municipales pour être le prochain président de la République. Et il reste 8 mois. Je ne peux pas passer semaines en interne à débattre sur, on va dire, une assiette de 100 000. votant potentiel ce n'est pas possible premier point deuxième point j'ai pas aimé le coup des 1 euro j'ai pas aimé moi pour le coup vous avez parlé des classes moyennes je suis fils d'ouvrier et fils d'ouvrier je suis dans une ville où il ya un tiers de personnes très précaires un tiers de classe moyenne et un peu moins d'un tiers de classe supérieure quel que soit pour ces trois classes venir intervenir voter à deux trois pour Intervenir dans l'avenir de son pays à 15 euros, c'est scandaleux lorsqu'on se dit progressiste, socialiste et écologiste. Ça c'est le second point, puis le troisième point. Ça n'a pas rassemblé toutes. La famille sociale-démocrate. François
Hollande, vous ne craignez pas d'être déçu, de voir le train passer devant vous, de vous dire, mais il y a trois émissions, trois fois l'occasion de défendre mes arguments, je n'y suis pas. Ça va être inaudible pour les gens de se dire, vous êtes candidat à l'élection présidentielle et vous avez peut-être des arguments à défendre, mais vous n'êtes pas dans le match. C'est comme si vous me disiez, je vais gagner la Ligue des Champions, mais je ne joue pas les matchs en fait. Il y a les trains qui passent et moi
je suis le chef de gare. Donc, on n'est pas sur la ligne 13 des années 70-80, on est sur la 14. Et la 14, je la connais par cœur. Donc on fera le point fin octobre, et vous verrez que je serai en capacité de rassembler, de fédérer une bonne partie du pôle progressiste, écologiste, qui se disent « je ne veux pas tomber dans cette espèce de fatalité ». que tout le monde commence à répéter à l'envie que ce soit Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Donc, je reste convaincu qu'aujourd'hui, la campagne qui a démarré, en ce qui me concerne, je ne suis pas en campagne depuis trois semaines. Ça fait depuis 2020 que je suis en campagne. Donc on rencontre, que ce soit les agriculteurs, les ouvriers, les étudiants, les chefs d'entreprise, et j'en place une en même temps pour le MEDEF, parce que justement le chef d'entreprise...
Allez-y. Ça vous agace pas de voir que le MEDEF vous écarte de fait de l'organisation de son débat de la semaine dernière ? Ils écartent
Ségolène Royal, ils écartent David Lysnard, ils écartent ma personne. Pourquoi ? Parce qu'ils se disent, quand vous discutez avec eux en off... ils se la jouent, oui, la France doit innover, nous souffrons trop de cette sclérose, de ce conservatisme, ils ont invité exclusivement les personnes qui soi-disant sont déjà sondées. C'est ça la démocratie ? C'est ça leur conception de l'innovation ? C'est ça leur conception de se dire, on doit faire en sorte que la France pense, comme dirait les anglo-saxons, out of the box, et soit, comment dirais-je, pionnières d'une nouvelle façon de faire de la politique. Il n'y a pas que le MEDEF, les sondeurs non plus nous mesurent ça. Ça commence, sinon c'est pas vrai. Ah bon ? Bien sûr. Paris a démarré, Ipsos a démarré, BVA va démarrer.
Pas de 20 heures, pas de visibilité,
pas de MEDEF. J'ai fait les matinales. Je vais toutes les matinales. Suivez le flux, vous regardez. Regardez quand je passe quelque part et vous regardez le flux.
Mais derrière... On se demande quand même, Karim Bohamran, pourquoi vous restez finalement dans ce parti ? Vous êtes en opposition avec le patron, Olivier Faure. Vous refusez ces méthodes. Vous refusez la primaire. Vous essayez de faire une campagne. En double fil. Si vous êtes en conflit avec Olivier Faure, pourquoi vous ne prenez pas votre liberté ?
C'est dommage qu'on n'a pas passé un peu de temps à Blois, parce que vous auriez vu à quel point les militantes et les militants socialistes me soutiennent. Je suis fier d'être socialiste. Et je n'ai pas de problème personnel avec Olivier Faure, c'est ce que j'évoquais. Vous avez deux façons de voir les choses quand vous êtes non pas en opposition, mais quand vous avez des nuances de stratégie ou parfois de tactique, comme ce fut le cas lors du NFP ou de la NUPS, c'est-à-dire le nouveau Front Populaire. Soit vous quittez le parti ou soit vous le changez de l'intérieur. Et moi, ma façon de voir les choses, c'est lorsque j'ai un problème avec ma ville ou mon pays, je ne quitte pas ma vie, je ne quitte pas mon pays, je ne quitte pas mon parti. Je combats de l'intérieur. Et c'est comme ça, et c'est à l'image de ma vie. Et c'est comme ça qu'on gagne des batailles, c'est comme ça qu'on gagne les luttes. Un
mot de François Hollande qui a évoqué l'idée d'union sacrée des démocrates, précisément ce week-end. En gros, il plaide pour un candidat unique du Bloc Central. Qu'est-ce que vous en pensez ? Du Bloc Central ? Il s'est créé sur le Bloc Central ? C'est moi qui dis le terme Bloc Central. Lui, son terme, c'est union sacrée des démocrates. Je ne sais pas dans quel... C'est ça. J'étais
à Sens également, j'ai débattu,
puisque vous avez évoqué... Oui, et M. Cazeneuve a parlé de coalition désengagée. Donc voilà les termes
utilisés. Voilà, c'est ça. Une petite nuance politique sur les termes, parce que si on évoque le bloc central, ça signifie que tout de suite, on est sur une alliance centre-gauche, centre-droit, qui n'était pas le... En tous les cas, c'est la petite musique qu'on entend. C'est la petite musique qu'on entend. En tout cas, François Hollande, au même titre que... Alors lui, il est candidat putatif, il ne s'est pas déclaré. Moi, je suis le seul candidat. de gauche, socialiste, à dire « je suis candidat et je ne participe pas à la primaire ». François Hollande a refusé de participer à la primaire, deuxième représentant de la social-démocratie, Bernard Cazeneuve a refusé de participer à la primaire, troisième représentant de la social-démocratie. Donc aujourd'hui, il y a deux écoles, il y a celle de Cazeneuve, Hollande, Boimran qui se disent On fera le point au mois de janvier et le meilleur d'entre nous sera en capacité de rassembler le pôle progressiste. Et il y a ceux qui se disent, je passe par la case primaire. Karim Boamran,
François Hollande, il peut être le recours à gauche selon vous ? Mais le recours à gauche,
c'est moi le recours à gauche. C 'est pas François Hollande. Mais on verra au mois de janvier. François Hollande a raison de se dire, je peux être le recours. Et moi, je me dis,
je serai le recours. Mais attendez, vous êtes le recours, mais imaginons que Raphaël Glucksmann gagne cette primaire. Vous allez dire après Raphaël Glucksmann, moi je suis le recours ? Mais ce que
je veux dire à Raphaël Glucksmann, ou à Olivier Faure, ou à Philippe Brun, ou à Jérôme Gage, on fera le point au mois de janvier, et on verra qui est-ce qui sera le but. Mais sur la base de quoi ? Les sondages, les sondages. Les sondages
diront, j'ai gagné une
primaire. Ah bah je lui dis... Je leur dirais, camarades, c'est super, vous avez gagné. Comme dirait mon ami rabbin Mazeltov. En revanche, une fois que vous avez gagné au fin d'octobre, on est à huit mois des élections. On verra au mois de janvier et on se déterminera. Et c'est le meilleur ou la meilleure. qui seront capacés de nous rassembler et de faire en sorte que le ou la présidente de la République soit progressiste, écologiste et de gauche et apporte des mesures concrètes pour améliorer la vie des gens. Je pense être
la personne. J'aimerais vous entendre également sur la candidature de Ségolène Royal. Certains disent perturbatrice, favorite, ou bien certains disent c'est une bombe anti-Hollande. Qu
'est-ce que vous en pensez ? C'est une candidate. Franchement c'est une candidate. Elle était là en 2007, a fait un comeback 20 ans après. J'ai bien aimé sa sortie sur le MEDEF. Elle a eu raison, c'est bien ce qu'elle a dit, dans la continuité de ce qu'avait dit également Marc-Olivier Faudgel et puis d'autres militantes et militants. C'est une militante de gauche, on verra ce qu'elle pèsera à l'intérieur de cette
primaire. Merci Karim Boamran, mais on vous retrouve dans quelques minutes. Et dans ce deuxième quart d'heure, on vous a proposé de choisir un thème de votre choix. Donc au-delà de la politique politicienne, cette fois-ci on va parler d'un thème très précis. Vous avez choisi de parler des violences sur... mineurs dans le cadre des agressions sexuelles. Et puis également, vous réagirez à une question de l'un de nos auditeurs et il y aura également un face-à-face avec l'actualité des réseaux et vous pourrez répondre et réagir si vous le souhaitez. A tout de suite, il est 8h46 sur Sud Radio.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
8h49, Karim Bouamran, maire PS de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle, est notre invité. Dans un instant, on aura l'actualité des réseaux avec Benjamin Gleize, qui reviendra sur un événement politique du week-end, et vous pourrez répondre, monsieur Bouamran. Mais d'abord, chose promise, chose due, on a souhaité, et on le souhaite pour l'ensemble de ceux qui viendront nous voir à ce micro, que vous puissiez aborder. au-delà des questions de politique politicienne, un vrai sujet de fond, en l'occurrence celui de la violence sur mineurs et des victimes, qui sont victimes d'agressions sexuelles. Vous souhaitez aborder ce thème en cette veille de rentrée scolaire, parce que c'est l'un des sujets qui vous est cher. Karim Bouhamran.
Merci beaucoup de me donner la possibilité de m'exprimer là-dessus, avec un petit peu de hauteur. Je l'évoque dans le livre que je vais sortir début novembre, et lorsque j'ai fait mon Tour de France cet été, Le point commun, vraiment, que ce soit dans les Cévennes, en Bretagne, à Châtellerault, dans le Nord, en Picardie, c'était la protection de l'enfance. Il y a 170 000 enfants chaque année qui se font agresser sexuellement. Trois enfants par classe. À Saint-Ouen, avec le juge Durand et Arnaud Gallet, tout de suite, on s'est dit, il faut aller les trouver. Il faut aller les trouver, il faut détecter, il faut prévenir, il faut protéger. Pourquoi ? Parce qu'il y a plusieurs dénis dans notre pays. Il y a le déni climatique, on l'a évoqué tout au long de cet été, il y a le déni démographique, mais il y a aussi le déni des agressions sexuelles des gamines et des gamins. Le point commun qu'on a tous ici dans ce studio, c'est qu'on a tous été enfants. Tous, toutes et tous. Et il y a cette espèce de tabou, j'en parle avec les responsables politiques, qui disent « moi ça va, ça tient chez moi ». Mais ils sont où les trois ? Ils sont là quelque part. Donc un... Développer la culture du signalement. Plus il y a des signalements, la culture du signalement, plus on sera en capacité d'aller chasser les prédateurs. Ce
que propose le ministre de l'éducation nationale en cette rentrée, justement, ça passe par un signalement. Est-ce que c'est une bonne idée ? C'est très bien. Ça fait trois ans qu'on le dit.
Ça, c'est un élément. Les signalements, à titre personnel, en tant que maire, par exemple, j'ai une ligne directe. Vous êtes parent d'élève, vous détectez quelque chose d'anormal, un dysfonctionnement. Boum, vous m'envoyez un mail, ça revient directement chez moi. J'ai monté une équipe spécifique, violence sexuelle sexuelle. Donc une écoute
avec une ligne spécifique. Une ligne spécifique.
Ensuite, former les enfants à parler. Former les enfants ? Former les enfants. C'est-à-dire que mon corps, le consentement, mon corps, c'est mon corps. C'est mon droit. hyper important, de former les parents à gérer les signalements, former les élus et les administrations à apporter le soutien psychologique. Le soutien... C'est considérable ça. Exactement, le soutien Savez-vous que ce n'est pas parce qu'une affaire est classée sans suite qu'il y a forcément... que la personne est forcément innocente. C'est la raison pour laquelle moi, en tant que grand défenseur de la présomption d'innocence... J'ai mis un principe chez moi qui est le principe de précaution. Dès qu'il y a une animatrice ou un animateur qui est soupçonné ou impliqué dans une histoire d'un signalement de preuve de loin, elle est suspendue. Vous avez pris ce genre de décision ? Oui, c'est fait. C'est acté depuis deux ans maintenant.
Vous avez eu l'occasion d'écarter un certain nombre de personnels ? Bien sûr,
bien sûr, bien sûr. Et effectivement, ça peut être difficile parce que peut-être que la personne est innocente. Mais si la personne ne l'est pas, je ne peux pas laisser un prédateur potentiel dans mes équipes. Ensuite, il y a un élément qui est déterminant, sur le plan macro, je dirais, c'est donner plus de moyens à la justice. Vous avez aujourd'hui 10 000 magistrats, deux fois moins que la moyenne. européenne, il faut donner plus de moyens à la justice, je pense notamment en termes de magistrats, en termes de greffiers, mais il ne peut pas y avoir plus de moyens à la justice, plus de moyens en termes de greffiers, s'il n'y a pas plus de policiers, des enquêteurs. Vous voyez le nombre de dossiers qui sont en surcharge, aussi bien dans les commissariats...
On en revient toujours au problème de moyens, c'est le constat qu'on peut faire à chaque fois sur à peu près tous les sujets. Mais
tout dépend de la société que vous souhaitez avoir. Est-ce qu'aujourd'hui vous partez du principe que dans un pays comme le nôtre, dans une république comme la nôtre, on peut accepter autant de féminicides, parce que c'est lié, et autant de gamines et de gamins qui se font agresser chaque année ? 170 000 ! Trois enfants par classe ! Trois enfants toutes les dix minutes ! Vous vous rendez-vous compte ? Il y a cette espèce de déni global. Je ne vous parle même pas de la période des années 70-80 où il y avait cette espèce de banalisation de la pédophilie dans les classes intellectuelles parce que c'était une espèce de mode post-68-arde. Mais c'est gravissime. Donc nous, avec mes équipes, dans le cadre de cette élection présidentielle, comme on a fait à Saint-Ouen, on considère que protéger... Nos enfants, au même titre que protéger les femmes dans ce pays, doit être la première cause. Et je terminerai là-dessus. On crée un gros séminaire le 5 septembre prochain, parce que ça concerne la sphère éducative. Le 5 septembre, c'est la
fin de la semaine.
Voilà, samedi prochain, c'est la sphère culturelle, la sphère éducative et la sphère sportive.
Alors on va écouter un auditeur qui a souhaité vous poser une question, Karim Boamran, je préviens tout de suite sur un tout autre sujet, on le découvre.
Bonjour Jean-Jacques, éleveur de poulet en Occitanie. Tout simplement, en tant qu'éleveur, je produis des poulets de qualité Labelle Rouge. Mes poulets, quand ils partent de chez moi, ils sont à des prix, ils font plus de 2 kilos, ils sont à des prix bas. Et quand ils se retrouvent à l'étalage, ils sont multipliés par 4 ou 5. C'est quand même dommage que nous, producteurs français, nous n'arrivions pas à nourrir notre propre population, car les marges, à mon avis, sont trop élevées, et que derrière, les gens se tournent vers le moins de 10 ans social et
environnemental. Karim Boabran, qu'est-ce que vous feriez, vous, pour répondre à cette question ?
Simplification en termes de normes, mettre en avant le manger français, d'une part, pour des raisons de... souveraineté agricole, mais aussi de santé alimentaire. On l'a vu avec l'histoire de Master Poulet, j'étais un des premiers à combattre la santé alimentaire et ne pas privilégier le poulet ukrainien ou espagnol, qui est souvent Ross 355. C'est une souche qui est, on va dire, nocive sur le plan sanitaire. Et puis surtout, leur apporter des aides ciblées et qui ne partent pas, qui ne s'évaporent pas dans le cloud, comme c'est le cas. J'ai eu la chance de... De rencontrer plusieurs producteurs de poulet en Côte d'Armor cet été, et c'est exactement ce que vient de dire ce monsieur. C'est-à-dire que, un, on a le sentiment que notre pays, qui est un pays porté sur l'agriculture, ne l'est plus. Ils ont le sentiment d'être délaissés, et surtout, derrière, par du principe que... à partir du moment où il y a une réduction du nombre d'agriculteurs divisé par deux en l'espace de 30 ans, que cette question-là est une question anecdotique au regard des enjeux politiques qui seraient plus se tourner vers un autre électorat. Ça les renvoie à quoi ? Ça les renvoie automatiquement aux extrêmes, c'est-à-dire le Rassemblement National, alors que ce sont des personnes qui sont très progressistes, très portées vers une souveraineté et très portées vers un patriotisme et une certaine générosité. Donc voilà ce que je
réponds. Alors dans ce deuxième quart d'heure, on a souhaité également vous faire réagir à l'actualité des réseaux. Bonjour Benjamin Glez, on vous retrouve avec cette séquence insolite qui a fait le tour des réseaux sociaux. Edouard Philippe et Gérald Darmanin qui ont servi des frites hier à Tourcoing.
Bah oui, après le poulet, on passe à l'accompagnement. Les frites ! Effectivement, symbole d'une alliance entre Gérald Darmanin et Edouard Philippe. C'était à Tourcoing, à l'occasion de la rentrée politique du garde des Sceaux, qui a décidé de soutenir Edouard Philippe. Avec cette candidature à l'Elysée, ils se sont mis en scène devant les caméras, en train de servir des frites. Depuis une baraque à frites, le tablier enfilé par-dessus la chemise. Certains ont appelé d'ailleurs, vous allez entendre, l'ancien locataire de Matinois, à être un peu plus généreux dans la distribution de ses portions. Vous la trouvez ridicule ou pas cette mise en scène ?
Gérald Darmanin est issu des classes populaires. J'ai du respect pour le monsieur, pour le responsable politique. Mais il faut qu'on arrête ce côté clownesque. J'ai vu Edouard Philippe, je crois que c'était à Mayotte. dans un champ de canne à sucre, en train de se la jouer populaire. Moi, mon père, il est ouvrier. Moi, ça m'aurait fendu le cœur de voir un responsable politique qui descend dans un chantier, qui retrousse ses manches et qui, pendant 5 minutes, 10 minutes, prend des parpaings. Si vous voulez être respectueux à l'endroit... des classes populaires, augmenter les salaires, donner leur plus de moyens pour lutter contre les déserts médicaux.
Sauf que c'est le genre de séquence qui fait du buzz, qui fait parler. Quel buzz de quoi ? Et est-ce que c'est pas précisément ce qui vous manque dans la campagne, de faire du buzz, de faire parler de vous ?
Je veux vous dire, cher monsieur, ça fait depuis 30 ans que je suis militant politique, moi je ne me compromets pas, et j'ai trop de respect pour les classes populaires, j'ai trop de respect pour notre électorat et pour les... administrer que de ne pas me déguiser, que ce soit en victime de violences sexuelles lorsque je rencontre des victimes, ou en agriculteur lorsque je rencontre des agriculteurs, ou en chômeur lorsque je rencontre des chômeurs. Ça, c'est la théâtralisation. Mais vous l'avez théâtralisé, vous l'avez mise en scène, votre opposition à Masturboulay. J'ai théâtralisé quoi ? Mais à la région de Masterpoulet, vous étiez mis en scène. Avec des vidéos sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas déguisé en poulet, je ne suis pas déguisé en mangeur de poulet. Je suis arrivé et j'ai expliqué que derrière, l'appropriation de l'espace public est illégale. Nous sommes dans un état de droit que la santé alimentaire, ce n'est pas parce qu'on est issu des classes populaires. C'est très différent de la séquence qu'on vient de voir. On est assigné à résidence intellectuelle, territoriale, comme souhaite nous le faire LFI. Qu'est-ce que c'est que ça, franchement ? Tu veux être président de la République, vous retrouvez qu'un tablier en train de servir des frites ? Non mais qu'est-ce que c'est que ça ? Si vous êtes en déplacement dans le Nord, parlez de déserts médicaux, parlez de protection de l'enfance, parlez d'industrialisation, parlez de l'IA, parlez de paix, parlez de comment on va apporter un certain nombre d'emplois comme l'a fait le maire de Dunkerque, parlez de rentrée scolaire. On arrive, on met un tablier, on sert des barquettes de frites et on est content. C'est sérieux ça ? Bah non, je suis désolé, moi je ne fais pas le buzz comme ça. Moi je fais le buzz en apportant des solutions concrètes qui améliorent concrètement la vie des Françaises et des Français. C'est pour ça que je suis candidat et c'est pour ça que les Français sauront détecter l'authenticité, la sincérité. Il faut arrêter de se déguiser. Et il faut arrêter de croire que les Français sont des imbéciles. Bien au contraire, ils sont très intelligents.
Merci infiniment Karim Bouhamran et très bonne journée à vous. On verra dans les prochains mois si votre stratégie est brillante. Bien sûr, rendez-vous au mois de janvier. Absolument, avec plaisir. Dans la prochaine heure, la vérité en face, Françoise Degoy et Elisabeth Lévy avec ce thème du jour autour de cette gauche éclatée. Dans un instant, bien sûr, ce sont les informations. Avec vous, Clara Pierney.