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Bonjour Guillaume Bernard.
Richard XVI.
Alors, Marine Le Pen est rentrée en campagne. C'est très officiel, puisque c'est le MEDEF qu'il a reçu avec tous les autres candidats. Je trouve fascinant que ce soit le MEDEF qui, en quelque sorte, donne le coup d'envoi de la campagne. D'ailleurs, en établissant tout de suite, et d'une manière assez honnête, mais stupéfiante, un départ entre les candidats qui ont des chances et les candidats qui n'en ont aucune. C'est-à-dire, il y avait le grand oral avec les gros candidats. et sur les petits cours de Roland-Garros, exactement comme dans un match de tennis, il y a les têtes d'affiches sur le grand cours, il y a les autres qui sont reléguées sur les autres cours, il y avait les petits candidats. Que penser de la manière dont Marine Le Pen rentre en campagne, donc sous la bannière du MEDEF comme tous les autres
Vous venez de le dire, il va y avoir vraisemblablement beaucoup de candidats, mais au final, il devrait y avoir, pour chacun des camps politiques, une sorte de vote utile. Et donc, effectivement, le fait de distinguer entre les gros et les petits candidats n'est sans doute pas très courtois à l'égard des petits, mais sans doute réaliste tout de même. L'entrée en campagne, il me semble que lors de ce débat, chacun a joué sa propre partition. C'était, je dirais, égal à lui-même et a été finalement à ce qu'on en prévoyait. Dites-moi.
Non, non, à un moment donné, le micro n'était pas bon du tout, c'est pour ça. Chacun a été conforme
et
on s'est rendu compte que Marine Le Pen était assez libérale dans un certain nombre de... comment dire, de matière, même si sur les retraites elle n'a pas changé d'avis, et certains lui en font grief en expliquant qu'elle prétend réformer l'État mais qu'elle ne procède pas à la mère de toutes les réformes, elle s'est au contraire montrée très libérale en matière de fiscalité immobilière, puisqu'elle tient véritablement à rendre aux Français le droit de propriété que l'État français s'acharne à leur dénier depuis quelques dizaines d'années.
? Oui, alors si vous voulez, moi je crois qu'on avait une vision, alors j'espère que vous m'entendez correctement, je crois qu'on avait une vision... Je crois qu'on avait une vision déformée de ce qu'était le RN, c'est-à-dire que sous prétexte qu'il défendait des positions sociales, on disait de lui qu'il était socialiste. Moi, pour ma part, je n'ai jamais fait ce grief au RN. Je lui ai même plutôt reproché, disons-le, d'être un peu trop libéral en matière de mœurs et de bioéthique. Donc voilà. Non, il me semble qu'après, évidemment, c'est une question de dosage dans le discours. Il est clair que face aux représentants du MEDEF, Marine Le Pen avait intérêt à faire valoir le fait qu'elle était effectivement hostile à une fiscalité spoliatrice, ce qui conduit donc à donner une image plus libérale que celle qu'elle aurait eue habituellement. Mais il ne me semble pas qu'il y ait une modification radicale du programme ou du positionnement du RN à cet égard.
Alors, ce Front National qui essaye de montrer qu'il a en fait un fonds libéral et qui n'est pas ce prétendu parti socialiste que dénoncent ses adversaires, y compris à droite, s'avance en campagne avec d'abord une espèce de plébiscite avant même que l'élection n'ait lieu, c'est-à-dire... Tout le monde donne évidemment Marine Le Pen présente au second tour, ce qui en fait d'ailleurs une campagne assez intéressante. Alors que tous les autres candidats sont obligés de se battre pour essayer d'être le candidat du premier tour de leur camp, Marine Le Pen se bat presque déjà pour rassembler comme si c'était un second tour. Ce ne sont pas du tout les mêmes dynamiques pour le rassemblement national et pour les autres.
alors c'est en cela d'ailleurs que cette élection pourrait être historique et que certains comparent 2027 à 1981, dans la mesure où 81 militaires emportent l'élection et c'est pour la première fois l'alternance dans le cadre de la Ve République. Et puis 2027, ça pourrait être la victoire d'un parti qui a été honni pendant des décennies, même si naturellement... Il ne faut quand même pas le négliger, le Rassemblement National n'est plus l'ancien Front National et qu'il y a eu toute une édulcoration de son programme, plus de peine de mort, plus de chèque scolaire, plus de salaire maternel, etc. Donc tout un ensemble de dispositions que l'actuelle direction du RN a trouvé trop clivantes et qui fait que le RN n'est plus le FN. Mais il n'empêche que, évidemment, ce serait un tremblement de terre politique. très clairement, si quelqu'un ayant le patronyme de Le Pen remportait l'élection présidentielle. Ce serait évidemment un événement historique extrêmement important. Alors du coup, pour Marine Le Pen, son principal handicap, vous venez de le dire, c'est le fait qu'elle ait donné favori, favori du premier tour et favori même du second tour, puisque en théorie, quels que soient les... quelle que soit son adversaire du second tour, elle l'emporterait. Alors avec une marge, je dirais, plus ou moins grande tout de même. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que pour elle, il y a trois difficultés. C'est-à-dire, premièrement, le fait qu'il pourrait y avoir une démobilisation d'une partie de son électorat, dans la mesure où ce serait déjà gagné. Il y a une deuxième difficulté, dans la mesure où ça pourrait conduire à la naissance de candidatures parasitaires. Et donc peut-être que le vote utile, je dis bien peut-être, que le vote utile dans le camp national populiste pourrait moins jouer que dans les autres camps, où à l'évidence, il devrait y avoir une mobilisation au profit du principal candidat dans les autres camps. Et puis il y a une troisième conséquence, je dirais, à cet handicap, au fait d'être donné... pleinement favoris très longtemps à l'avance, c'est que Marine Leffen fasse une campagne de second tour au premier. Et on se souvient, le dernier exemple en date... qui a donné une catastrophe industrielle, entre guillemets, c'est le cas de Lionel Jospin, en 2002, qui fait, dès le premier tour, une campagne de second tour, pensant qu'il était assuré d'y être, et finalement, il n'y a pas été. Alors là, aujourd'hui, évidemment, l'avance de Marine Le Pen est telle qu'a priori, ça ne devrait pas avoir cette conséquence-là. Cela étant dit, je voudrais quand même rappeler qu'en 2022, elle avait été déjà... à donner très haut, au-dessus de 30%, à 31, 32, 33%, et qu'elle avait fait 10% de moins dans les urnes, c'est-à-dire qu'elle avait fait 23%. Là, elle est donnée à entre 35 et 38. Donc là, l'avance est colossale. Est-ce que ça va rester ainsi jusqu'à la fin de la campagne et jusqu'au premier tour ? Écoutez, là, pour le coup, je n'ai pas de boule de cristal, je ne peux pas vous répondre.
Et Louis Rigaudière le rappelait la semaine dernière. Il y a un an, on donnait Valérie Pécresse présente au second tour. Donc effectivement, les sondages sont... Apprendre avec des pincettes. Si nous avons intitulé cet entretien le parcours d'obstacles de Marine Le Pen, c'est qu'il y a plusieurs difficultés. La première, effectivement, être le Rassemblement National et donc avoir contre soi l'intégralité des médias ou presque. Être le Rassemblement National et donc être l'objet toujours d'un cordon sanitaire. On annonce à chaque fois que ce cordon a disparu, on voit qu'il se reforme. systématiquement, la droite et la gauche, ou le bloc central et la gauche sont en train de se battre comme des chicandiers, mais justement pour essayer d'arriver à avoir une seule candidature à gauche, alors François Hollande, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, on ne sait pas, et une seule candidature à droite, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, qui appelle à une primaire, on ne sait pas, mais il Il y a une volonté, évidemment, de contrecarrer cette victoire annoncée.
il y a une volonté de contrecarrer. Il y a surtout déjà une volonté d'essayer... d'atteindre le second tour. Parce que ce qui se profile, pour l'instant, c'est quand même la dynamique de Jean-Luc Mélenchon. Et donc, ça voudrait dire qu'après la grande coalition macronienne des modérés, on aurait un second tour entre les extrêmes, entre Marine Le Pen d'un côté et Jean-Luc Mélenchon de l'autre. Donc déjà, la volonté d'essayer d'avoir un seul candidat pour le bloc central et la droite, et puis un seul candidat, pour la gauche modérée, qui finalement ne s'en sort pas si mal que ça, parce qu'elle a réussi à continuer à exister à côté de LFI, c'est déjà d'essayer de réussir à faire que leur candidat atteigne le second tour. D'où le fait qu'effectivement, il y ait des appels à la primaire dans cet espace du spectre politique, pour essayer d'avoir le moins de candidats possibles. Mais il est vraisemblable tout de même que le mécanisme, comme je l'ai évoqué tout à l'heure, du vote utile, même s'il y avait une pluralité de candidats, devrait conduire, je dirais, à faire que certaines personnes soient très en retard. sur d'autres pour justement éviter le scénario catastrophe aux yeux de certains, à savoir un second tour, Le Pen-Mélenchon.
pour atteindre ce second tour, on voit que les gens de gauche font assaut de propositions. qui lorne du côté de l'électorat et les filles, et que le bloc central fait assaut de propositions qui lorne du côté du Rassemblement national. On s'est rendu compte que Gabriel Attal et Édouard Philippe n'aimaient pas l'État, n'aimaient pas les immigrés, n'aimaient pas la faillite de l'éducation nationale. Donc on a découvert des anciens premiers ministres qui renient absolument tout ce qu'ils ont pu faire, tout ce qu'ils ont pu dire et même tout ce qu'ils ont pu écrire de la part d'Édouard Philippe qui conteste à Marine Le Pen. le fait d'avoir bien lu le livre qu'il a écrit lui-même, prétendument.
Vous savez, c'est ce spectacle politicien-là qui conduit à deux choses. D'une part, la montée des extrêmes et d'autre part, évidemment, l'abstention. C'est-à-dire qu'on est quand même avec des hommes politiques qui n'ont aucune décence. C'est flagrant et ça irrite tout de même très largement nos compatriotes. Cela dit, on est quand même très, très tôt dans la campagne. On est à peine au début septembre. Enfin, on n'est même pas aujourd'hui encore en septembre. La campagne va véritablement se lancer, me semble-t-il, lorsqu'il y aura les débats sur la loi de financement de l'État et la loi de financement de la sécurité sociale, donc à l'automne, et puis après Noël et le jour de l'an, en janvier-février, c'est là que la campagne se battra pleinement, arrivera à son niveau d'intensité le plus important. On verra bien quels sont les candidats qui existeront encore à ce moment-là, mais c'est vrai que la démagogie, pardonnez-moi, la démagogie des hommes politiques est extravagante. Vous avez raison évidemment de le noter. Ce qui est intéressant aussi peut-être, De voir, c'est que malgré l'existence de la grande coalition des modérés, et je le répète, je l'ai déjà dit sur cette antenne, ce n'est pas parce qu'il y a une animosité envers Emmanuel Macron que pour autant le spectre politique ne contient toujours pas, enfin ne contiendrait plus cette offre politique et cet espace politique-là. Ça correspond toujours sociologiquement, géographiquement, idéologiquement à quelque chose de réel dans le pays. le bloc central, même s'il s'est émoussé par rapport aux victoires de Macron de 2017 et de 2022. Bon, enfin, en tout cas... Ce qu'on constate, c'est qu'effectivement, il y a deux pôles qui attirent, c'est LFI et le RN. Et que par conséquent, pour essayer de capter de l'électorat, il faut essayer de venir sur les plates-bandes ou utiliser un vocabulaire qui tendrait à séduire les électeurs de LFI et du Rassemblement national. C'est ce que François Mitterrand a fait avec le programme commun de la gauche dans les années 70. C'est ce que Nicolas Sarkozy a fait dans les années 2000 avec ce qu'on a appelé la ligne Buisson. Je ne suis pas certain que ça refonctionne à nouveau une deuxième ou une troisième fois.
Alors, il y a aussi quelque chose qui est fascinant, donc c'est la manière dont, bien sûr, les politiques sont indécentes, mais c'est aussi la confirmation, malgré tout, de ce mouvement d'extrogir que vous diagnostiquiez. Et il y a quelques années, les gens, au début, trouvaient que vous alliez vite en besogne, et chaque décision prouvait que le mouvement d'extrogir n'existe pas. Là, on se retrouve avec l'immigration qui est remise en cause. De Gabriel Attal à Ruffin, on se retrouve avec non plus un sentiment d'insécurité, comme disaient encore les ministres de la Justice et les ministres de l'Intérieur, mais avec une vraie problématique sécuritaire. Donc la droite informelle a quand même, non pas réussi à installer ces thèmes, mais a réussi à déciller en partie les yeux de la gauche.
alors moi ce que j'ai appelé le mouvement d'extrégir, pour être bien clair, ça ne veut pas dire qu'il y aura une victoire électorale inéluctable, ni même que ceux qui vont l'emporter seront nécessairement doctrinalement très cohérents. Ce que j'ai appelé le mouvement d'extrégir, c'est le fait que le réel réimpose dans le débat public un certain nombre de positions et d'analyses qui en avaient été exclues. et que ces analyses, ces thèmes, eh bien, ils viennent désormais par la droite du spectre politique et non pas par la gauche. Voilà. Eh bien, oui, là, je crois qu'effectivement... toute l'évolution que nous voyons se dessiner depuis maintenant la décennie 1990, eh bien, tend à prouver la réalité de ce phénomène. Ça ne veut pas dire que demain, ceux qui seront au pouvoir seront animés par une philosophie politique classique aristotélicienne et thomiste, ce que je regrette amèrement. Mais enfin, disons qu'il y a, comme vous le dites, évidemment, un glissement de terrain. Rappelez-vous, dans les années 80, le sujet de l'immigration n'était même pas légitime. Aujourd'hui, c'est un sujet politique légitime. Ça ne veut pas dire qu'il sera bien traité, que la question sera résolue, mais en tout cas, on a, entre guillemets, le droit d'évoquer cette question et de considérer que c'est véritablement un problème. Ce qui est peut-être un peu regrettable, c'est que, disons que les ténors de la droite, modérée comme de la droite nationale n'ait pas compris qu'ils pouvaient pousser leur avantage encore plus loin et étendre sur d'autres sujets des positionnements de droite sans que cela ne choque l'opinion publique. Moi, il me semble qu'il n'y a pas besoin, je dirais, de chercher à cajoler l'opinion publique ou que l'on prendrait un risque incommensurable à évoquer des positions de droite, non seulement sur l'immigration, la sécurité ou la fiscalité, mais aussi sur les questions de culture, de mœurs, de bioéthique, etc.
il n'y aurait pas ce risque, mais néanmoins ce risque existe dans une sphère particulière. On va y revenir juste après ce petit rappel. Je reçois Guillaume Bernard avec plaisir pour parler de Marine Le Pen et des obstacles entre elle et la présidence. Et tout à l'heure, ce sera la chronique de Gabriel Fouquet. Avant que je ne reçoive Olivier Vial. Guillaume Bernard, dans cette... Dans cette configuration, on sent qu'il n'y a bien sûr aucun danger à parler aux Français de ce qui les inquiète, de ce qui les préoccupe, le pouvoir d'achat, l'avenir du système de protection sociale, l'immigration, la sécurité, l'éducation, tout ce qui ne va pas. Mais la sphère médiatique, elle, continuent à être farochement opposés. On a un journal Le Monde qui n'a même plus 50 000 lecteurs, on a un journal Libération, on a Le Parisien qui est en déficit permanent, mais tous ces grands journaux et toutes les grandes chaînes de télévision continuent non pas à former l'opinion, mais à constituer autour des candidats une espèce de barrière de respectabilité républicaine qui fait qu'on ne peut pas dire les choses, on est obligé de les dire ailleurs.
mais bien sûr, vous savez, je pense sincèrement que vous, comme moi, comme les auditeurs de Courtoisie ou comme les lecteurs de Libé ou du Monde, on se soumet aux médias qui nous confirment dans notre interprétation des choses. Je ne suis pas certain qu'il y ait une influence telle qu'à court terme, bien sûr, les médias dominants peuvent. empêcher l'expression d'un certain nombre d'idées, mais à long terme, cela ne peut pas aller à l'encontre d'une évolution sociale souterraine et profonde. Donc, si le monde s'imagine qu'ils peuvent effectivement empêcher Marine Le Pen de l'emporter, ça me paraît d'une très grande naïveté. plus ennuyeux en revanche, c'est l'omerta qui peut être faite. par rapport à un certain nombre de sujets. C'est-à-dire que les médias hiérarchisent et sélectionnent les informations. D'une certaine manière, ils disent ce qui est légitime de penser. Ça ne veut pas dire que l'opinion publique va forcément les suivre, mais ça veut dire qu'ils peuvent avoir un effet accélérateur ou un effet de frein sur certaines évolutions. Mais en revanche, des évolutions de fond, vous savez, c'est comme les modes de scrutin. les médias ne peuvent pas le bloquer. Pendant des décennies, le mode de scrutin majoritaire a été un énorme handicap pour le Front National. Aujourd'hui, c'est ce qui lui permettrait vraisemblablement, contrairement à la proportionnelle qu'il continue pourtant de défendre, c'est ce qui lui permettrait d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Donc voilà, les médias, les modes de scrutin peuvent accélérer ou freiner une évolution, pas bloquer un phénomène social de fond. Voilà en tout cas l'analyse que moi je peux vous proposer.
Les médias ne sont pas peut-être le principal obstacle à l'ascension de Marine Le Pen. En revanche, il y a un autre obstacle. Nous sommes le 31 août et Marine Le Pen n'a toujours pas de banque française qui accepte de financer sa campagne électorale.
alors écoutez, là on est face à une volonté vraisemblablement de freiner, et il est clair que c'est faire preuve de peu d'imagination. Comment les banques françaises peuvent-elles ne pas se souvenir que Marine Le Pen a déjà... a réuni 13 millions de voix sur son nom, ce qui n'est quand même pas donné à tout le monde. Et que par conséquent, aujourd'hui, on n'est pas face à une candidature folklorique, mais face à une candidate à la présidentielle qui représente incontestablement un très grand nombre de Français, ou du moins. rassemble sur son nom, à défaut d'une meilleure candidature, beaucoup de Français. Ça, ça fait partie effectivement de ces incongruités, voire même de ces scandales, dans la mesure où il peut y avoir de l'hostilité, alors même que cela correspond à une réalité dans l'opinion publique. Peut-être que d'une certaine manière, ça pourrait lui permettre de jouer le rôle de victime et que ça pourrait favoriser sa popularité dans les classes populaires. Je dois avouer que je ne me rends pas compte de cet impact-là, mais il est évident qu'il y a une peur de l'arrivée au pouvoir des extrêmes et que... Malgré tout, effectivement, c'est toujours le cas pour Marine Le Pen, alors qu'il y a des mouvements, disons, similaires qui sont déjà arrivés au pouvoir dans d'autres pays. On pense à l'Italie, on pense à l'Autriche et que... Écoutez, il faut bien reconnaître que ces pays ne sont pas tombés dans l'oubli et n'ont pas connu de crises politiques monumentales par l'arrivée au pouvoir d'une force nationale populiste au pouvoir.
On a l'impression, là aussi, malgré tout, qu'il y a une certaine oligarchie financière qui, par principe, a l'air de se dire « Attention, si on apprend que c'est BNP Paribas ou la Société Générale qui a prêté de l'argent au Rassemblement National, il va y avoir un départ en masse des militants socialistes qui refuseront que leur argent soit géré par une banque fasciste. » de position politique. Vous l'avez dit, Marine Le Pen a réuni 13 millions de voix. Elle a allègrement passé la barre des 5% qui permettent de se faire rembourser les frais de campagne. Le Rassemblement National a l'habitude de ses campagnes. Il n'y a pas de risque électoral. Il y aurait peut-être un risque juridique où la campagne serait empêchée par une décision du tribunal. Marine Le Pen attend toujours le résultat de son pourvoi en cassation. Il y a peut-être un risque juridique du côté de Jordan Bardella. Autrement dit, peut-être que le Rassemblement national n'arrivera pas, à cause de ces affaires judiciaires, à coucourir pour le mandat suprême.
Alors oui, ça vous avez raison de le dire, je dois avouer que nous n'avons été que quelques voix dans le désert lorsque nous avons commenté la décision de Marine Le Pen de faire un pourvoi en cassation. Pourvoi que l'on comprend très naturellement dans la mesure où elle cherche, selon ses positions, elle est innocente, donc elle cherche à laver son honneur. Le problème c'est que lorsque l'on a... La cour de cassation a trois possibilités, soit elle rejette le pourvoi, soit elle casse sans renvoi, soit, ce qui est le plus vraisemblable qui devrait arriver, l'arrêt de la cour d'appel est cassé et un renvoi devant une autre cour d'appel. Et là, il y a un véritable débat entre les juristes, qui est de savoir, est-ce que le jugement de première instance, qui l'avait condamné à une inégibilité et qui est... donc qui serait toujours applicable, est-ce que le jugement de première instance ne redeviendrait pas applicable quelques semaines avant le premier tour de la présidentielle ? Et donc j'avais écrit un papier dans Valeurs Actuelles, puisque vous le savez, je fais des chroniques hebdomadaires pour Valeurs, j'avais écrit un papier dans lequel j'avais essayé d'expliquer qu'il n'était pas inenvisageable, vous voyez que j'essaye d'être prudent, finalement, il ne puisse pas y avoir de bulletin RN au premier tour de l'élection présidentielle. C'est un risque qui n'est peut-être pas le plus... C'est réel, mais c'est un risque qui existe tout de même. Et voilà pourquoi je m'étais interrogé, moi comme d'autres, sur cette décision de Marine Le Pen. Soit, non pas de faire un pourvoi, mais dans ce cas-là, elle aurait pu laisser la place à Jordan Bardella, ce qui était envisagé. Soit, en revanche, d'accepter de faire campagne, certes avec un handicap, c'est-à-dire avec un bracelet électronique, mais tout de même de pouvoir faire campagne en étant sûr de pouvoir avoir sa candidature validée par le... le Conseil constitutionnel. Oui, c'est un risque réel. Disons que les deux mois d'été ont fait oublier cette problématique, mais vous avez raison. Il y a objectivement, juridiquement, un souci. et la possibilité que la candidature de Marine Le Pen ne soit finalement pas présente sur les tables avant les isoloirs. Politiquement parlant, il est fort à penser que ce serait extrêmement mal vécu par l'opinion publique, mais juridiquement, ce n'est pas complètement à exclure.
Guillaume Bernard, on a fait, je crois, le tour des obstacles actuels, en tout cas sur la route de Marine Le Pen et du Rassemblement national. Est-ce que vous voyez, vous, un obstacle que nous n'aurions pas encore envisagé
moi, je voudrais insister sur le fait qu'il est assez vraisemblable. Le plus vraisemblable, c'est quand même que Marine Le Pen soit au second tour. Ensuite, pour ce qui est de la victoire au second tour, c'est quand même extrêmement tôt parce qu'on ne sait pas quel serait le rapport de force. On voit quand même Jean-Luc Mélenchon monter régulièrement et donc par conséquent, le différentiel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, là pour l'instant, est quand même très important, mais il est vraisemblable qu'il pourrait se réduire. Et donc, les résultats du second tour aujourd'hui, c'est quand même quelque chose de très aléatoire. Il faut évidemment évoquer l'étape d'après, c'est-à-dire la dissolution de l'Assemblée nationale. S'il n'y en a pas eu une avant, des bruits courts qu'il y en aurait eu une au mois de novembre prochain, bon. Écoutez, on verra bien. Mais enfin, a priori, le nouveau président élu en mai prochain procédera à une dissolution. Est-ce que Marine Le Pen aura, du coup, si elle est élue président de la République, une majorité parlementaire ? D'après les projections qui sont faites aujourd'hui, oui. avec l'effet majoritaire, le phénomène majoritaire qui fonctionne, et puis avec le fait que, comme vous l'avez dit tout à l'heure, le cordon sanitaire, ça fonctionne plus ou moins bien, disons que ça n'est plus aussi systématique qu'aupéravant. En 2022, ça n'avait pas complètement fonctionné, en 2024, ça avait beaucoup mieux fonctionné, mais enfin, a priori, il y aurait une majorité. Donc premier obstacle après la présidentielle, les législatives disposées d'une majorité parlementaire pour pouvoir gouverner. Et puis un deuxième obstacle qui se surajoute à la présidentielle.
Pardonnez-moi Guillaume, mais il nous reste...
En une phrase, c'est promis, tout simplement la déception des électeurs. C'est-à-dire que les électeurs projettent sur Marine Le Pen un certain nombre d'idées. Est-ce que c'est celle-là qu'elle va effectivement mettre en œuvre une fois qu'elle dirigera le pays ? Eh bien, écoutez, ça n'est pas tout à fait certain. Et donc, il pourrait y avoir aussi là, comment dire, une difficulté pour elle, c'est-à-dire la distorsion entre ce que les électeurs projettent sur elle et ce qu'elle est vraiment et ce qu'elle réussira à mettre en œuvre.
beaucoup Guillaume Bernard et bien sûr à très vite sur Radio Courtoisie pour parler de cette élection.
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