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-Luc Mélenchon a-t-il découvert la solution miracle à la dette française ? Vous le savez, une partie de la dette, on la prend et on la fout au feu. Oui, la formule est bien de lui. Le candidat insoumis défend l'idée de geler ou d'annuler une partie de la dette publique détenue dans le cadre de l'eurosystème, notamment celle portée par la Banque de France. Et évidemment, la proposition a déclenché une énorme bataille, même jusque dans les rangs de la gauche. Sébastien Lecornu a parlé d'une fraude dans sa forme la plus pure. L'économiste Olivier Blanchard a qualifié l'idée de « idiote ». Roland Lescure prévient qu'une telle politique pourrait déclencher une crise financière. Même à gauche, tout le monde n'applaudit pas. Mélenchon, lui, défend une autre lecture. Cette dette pourrait être neutralisée afin de libérer des marches budgétaires. Le banquier Mathieu Pigasse considère également qu'une annulation pourrait ne pas provoquer la catastrophe annoncée par ses adversaires. Pourrait. Et dans ce mot. Tout est dit, tout simplement, il n'en est pas sûr. C'est quand même prendre un gros risque, mais LFI, on sait bien qu'ils veulent tout simplement foutre tout en l'air, ce qui est fascinant avec LFI. C'est cette capacité à transformer un sujet économique déjà extrêmement compliqué par une énorme grenade politique. La France dépasse les 116% de dettes publiques par rapport au PIB, les marchés surveillent déjà la situation française, et au milieu de tout cela, Mélenchon arrive avec sa formule « on prend certains titres et on est fou au feu ». Mais lorsqu'une proposition mérite un débat économique sérieux, LFI trouve toujours le moyen de la présenter de la façon la plus explosive possible. Résultat au lieu de rassurer, on provoque. Au lieu de convaincre, on déclenche un clash. Et ensuite, pendant une semaine, Bombard, Panot et les autres doivent expliquer que tout le monde a mal compris. Et que si vous n'êtes pas d'accord avec le fait de prendre un risque inconsidérable avec la France, vous êtes peut-être fasciste. Tout simplement parce que vous n'aimez pas la France insoumise. Presque devenu une méthode politique. Lancer la grenade, regarder l'explosion et ensuite accuser les autres de caricaturer. A 8 mois de la présidentielle Mélenchon voulait mettre la dette au centre du débat. Mission accomplie. Mais pas forcément de la manière la plus rassurante pour ceux qui pourraient un jour devoir lui confier les clés de Bercy. Mélenchon a quelque chose d'assez particulier, c'est qu'il mène bien sa barque pour certaines choses. Et puis, à certains moments, il le fait tout, on dirait, pour convaincre les Français que c'est impossible véritablement de lui confier les clés de la boutique. Sans aucune sécurité, sauf la certitude qu'on en finirait droit dans le mur.
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