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a-t-il de la friture sur la ligne entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ? Alors on pourrait se dire « tant mieux » ou « on s'en fout », mais on va quand même se poser la question de ce qui se passe concrètement, de ce que ça pourrait impliquer... sur la campagne du Rassemblement national pour la présidentielle, sur son programme, même si au fond, ça reste un projet d'extrême droite et que les nuances sont minimes. Mais on va voir si ça joue quelque chose avec Cyprien Cadéo, qui était journaliste au service politique de l'humanité. Alors Jordan Bardella était le grand favori de la prochaine élection présidentielle. Il pensait avoir une autoroute. Marine Le Pen, elle, avait été condamnée, enfin reconnue coupable, pardon, en première instance, comme on appelle, de détournement de front public. Et puis finalement, en juillet 2026, elle a vu un trou de souris pour se présenter, même si... peut-être qu'elle aura un bracelet électronique en jeu. Elle y allait à fond. Elle a coupé l'herbe sous le pied de Jordan Bardella. Et depuis, il a dû ravaler ses ambitions. Ça s'est vu ce week-end à Châlons-en-Champagne. Cyprien, est-ce que tu peux nous en dire plus ? Oui,
c'était la rentrée politique de Jordan Bardella. C'était samedi à Châlons-en-Champagne pour la foire de Châlons-en-Champagne, dans la Marne. Et il y a quelque chose qui s'est vu. Tout de suite, alors certes, la politique n'est pas qu'à faire de symboles, mais n'empêche que les symboles, c'est important et celui-là n'est pas anodin, c'est que Jordan Bardella était seul. Évidemment qu'il savait très bien que l'absence de Marine Le Pen serait très remarquée à cette sortie politique, d'autant que, un peu le revers de la photo, c'était au moment de la rentrée politique de Marine Le Pen, c'était au MEDEF le jeudi 27, et bien 27 août, c'était Jordan Bardella qui était cette fois absent. Donc là, en fait, on a une rentrée politique des deux grandes têtes du RN. qui étaient les deux candidats putatifs jusqu'à ce que Marine Le Pen tranche et décide d'être candidate, qui se font en ordre dispersé. En tout cas, chacun est seul. Et par ailleurs, on a pu entendre cette sortie. Jordan Bardella, c'était l'occasion de tester sa popularité. On sait qu'il est populaire auprès d'une partie de la population. On a entendu beaucoup de Jordan président dans la foule. Évidemment, ce n'est plus d'actualité. On a entendu des gens dire aussi, regretté, que ce ne soit pas lui le candidat et que ce soit Marine Le Pen qui présente les couleurs du RN. C'est aussi une sortie médiatique. certes seul, où il a assuré qu'il soutenait inconditionnellement Marine Le Pen, qu'il n'y avait aucune broutille, on va revenir là-dessus, parce que c'est de la communication, mais où il a aussi un petit peu mis en scène sa popularité. propre et non pas celle du RN, celle de Jordan Bardella, qui n'est pas celle de Marine Le Pen.
Officiellement, ils mettent en avant un ticket où elle serait présidente et lui, Premier ministre. Oui, il a
dit, je suis candidat au poste de Premier ministre. C'est ça qu'il a dit, quand on lui a demandé s'il n'était pas déçu de ne pas être candidat à la présidentielle.
Mais on sait qu'il y a eu tellement de tensions qu'en réalité, un des plus proches conseillers de Jordan Bardella a été remercié, enfin même dégagé de la campagne à venir du RN.
Oui, François Durvy, effectivement, alors ça, on l'a appris précisément le jour du passage de Marine Le Pen lors des universités d'État. du MEDEF, donc c'était le grand débat face au patron de la présidentielle, le premier gros débat en réalité de la campagne présidentielle. Marine Le Pen était là, s'embardait là, et au moment même où le débat, quelques minutes même avant que le débat commence, on apprend que François Durvy est exclu de la campagne de Marine Le Pen. Alors qui c'est François Durvy ? En fait c'est le conseiller économique. de Jordan Bardella et en réalité un de ses plus proches conseillers. Et donc lui, il aurait été dans l'équipe de campagne de Jordan Bardella selon toute probabilité, mais il est exclu de celle de Marine Le Pen. Ce qui est intéressant à savoir, c'est pourquoi ? Deux raisons. La première, c'est une raison, on va dire, affinitaire ou de loyauté puisque François Durvy est accusé par le camp Le Pen d'avoir... tenter un passage en force en faveur de Jordan Bardella. Alors c'est Libération qui révèle ça dans son édition d'hier. Il a dit en gros que le 7 juillet, donc c'est le jour de la condamnation en appel de Marine Le Pen, tu l'as dit, la condamnation pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens est confirmée par la justice, mais la petite subtilité c'est que l'inéligibilité... sautent, en tout cas, la peine ne court pas assez longtemps. Elle a toujours une énergie, mais pas assez longtemps pour que ça ne l'empêche d'être candidate à la présidentielle. Donc, rayon de crise au siège du RN pour savoir qu'est-ce qu'on fait. Et à ce moment-là, les deux équipes, le clan Bardella et le clan Le Pen, sont un peu réunis dans deux stales différentes. Et Durvie, selon Libération, dit « Bon, là, il y a un moment en suspens. Il faut que tu ailles devant la caméra, Jordan, et que tu présentes ta candidature. Donc tu prennes de vitesse Marine Le Pen. Ce qui équivaut un peu à un putsch. C'est-à-dire qu'en gros, s'il annonce sa candidature avant elle, ça complique son plan, elle, qui après a fait le 20h, souvenez-vous, pour déclarer qu'elle était candidate, etc. Bon, bref, du coup, il y a ça. Ça, ça a été évidemment mal pris par Marine Le Pen. Et puis, il y a une deuxième raison, c'est que François Durvy, c'est l'artisan du rapprochement de Jordan Bardella qu'on a longuement commenté. Je vous renvoie aux vidéos de l'UMA qu'on a pu faire là-dessus et aux articles. Le rapprochement de Bardella avec les milieux d'affaires. Bardella qui était... assez bien inclus au MEDEF l'an dernier, et puis qui a soigné son entregenre avec le milieu des milieux d'affaires parisiens, etc. Ça, c'est Durvis qui est l'artisan. Pourquoi ? Parce que Durvis est un polytechnicien, et surtout c'est l'ancien bras droit de Pierre-Edouard Sterrin, qu'on ne vous présente plus sur la chaîne de l'humanité. Vous savez qui c'est, le milliardaire qui se rêve grand mécène de l'extrême droite française. Et donc Durvis, c'était aussi un partisan d'une ligne économique beaucoup plus libérale, beaucoup plus pro-entreprise. Ce qui ne veut pas dire que le RN renonce à cette ligne-là, on va y revenir. Mais en tout cas, Marine Le Pen, elle n'est pas en désaccord sur certains... Elle ne veut pas abandonner tous les marqueurs dits sociaux du RN, là où Durvy était pour complètement larguer les ameurs. C'était par exemple l'un des promoteurs du revirement de Jordan Bardella sur les retraites, je pourrais en parler après. Mais voilà, donc en gros, ça dit quelque chose aussi sur une rupture de ligne, enfin en tout cas un choix stratégique.
Il faut pas se méprendre, le RN, et d'ailleurs t'as pas dit le contraire, on en reparlera, a toujours été un pays capitaliste. Un parti, tu veux dire, pas un pays. Le RN a toujours été un parti capitaliste de Jean-Marie Le Pen à nos jours. Simplement, Marine Le Pen, c'est pas quelqu'un qui jusqu'à présent voulait se mettre en scène comme la grande copine du Medef. Parce que stratégiquement, elle considère qu'il faut quand même donner des gages un petit peu, pour que des gens qui n'ont aucun intérêt à ce que le Medef dicte sa loi dans le pays. Par exemple, tout l'électorat populaire qui peut voter le RN, il faut lui envoyer des signaux, lui envoyer des gages. Il ne faut pas oublier
qu'elle est élue d'Anna Beaumont et qu'Anna Beaumont doit s'y rendre des comptes.
Il y a un vernis, elle met un vernis. Bardella, lui, en avait un peu plus rien à faire de ce vernis. Il disait, pour conquérir le pouvoir, il faut qu'on s'affiche avec les grands patrons, il faut qu'on s'affiche avec le MEDEF pour se respectabiliser, se notabiliser et prétendre à exercer le pouvoir. Dans sa
tête, il fallait que le RN devienne le recours de droite, au sens très large, naturel des patrons. Là où c'était Emmanuel Macron, par exemple, ces dernières années, qui était le chouchou du patronat, Bardella voulait prendre cette place-là dans l'espace de la droite, sachant qu'évidemment, c'est... A priori, pas la gauche qui va convaincre le patronat. On sait très bien que c'est la grande crainte du MEDEV que la gauche l'emporte. Donc, Bardala voulait prendre cette place-là. Et donc, c'est pour ça qu'il soignait son rejoint dans le milieu d'affaires. Là où Marine Le Pen, elle a le souci, la crainte en tout cas, de perdre une partie de son assise populaire qu'elle a construite, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais depuis un bon moment.
Oui, parce que Bardala, il veut récupérer le vote de droite classique. Oui. Après, le risque. Quand tu vas trop draguer ouvertement les patrons, c'est que tu perds une partie de ton... C'est un peu le en même temps du RN. On ne peut pas être en même temps pro
-patron et en même temps classique. En tout cas, il y a un moment où cette équation va un peu... Si on sait
au fond que ce soit Bardella ou Le Pen, ce sera une politique contre une quête de casse sociale, une politique contre les pauvres, tout le monde dans l'histoire du ARN. Ce qui
s'est passé, c'est qu'au MEDEF, Marine Le Pen a été assez froidement accueillie. Mais néanmoins, il ne faut pas croire qu'elle a tenu un discours anti-patronal. Loin s'en fout. Marine Le Pen a tenu des mesures qui annoncent la couleur. C'est-à-dire qu'elle a promis un plan d'économie à 125 milliards d'euros. C'est un plan d'austérité, tout simplement. Elle a promis une baisse drastique des impôts de production. C'est vraiment la mesure pour shooter les entreprises et les patrons. 50 milliards et une baisse de 40 milliards d'euros d'impôts pour les ménages. En gros, c'est un petit quantifiscal qui est assez proche des promesses macronistes de toujours baisser les impôts. pour libérer les énergies et je ne sais quoi. Et par ailleurs, elle a aussi promis d'instaurer la règle d'or. La règle d'or, c'est le fait de fixer un seuil limite de 3% du PIB pour le déficit, dans la Constitution, ce qui serait un élément extrêmement bloquant pour toute politique de dépense publique future, puisque dans la Constitution, l'austérité serait inscrite en lettres d'or dans la Constitution. C'est ça que ça veut dire globalement. Donc ça, ce n'est pas vraiment des mesures sociales, on va dire. Par contre, ce qui a été beaucoup retenu, et ce qui a été froidement par les patrons, c'est... c'est le fait qu'elle a proposé la réforme des retraites, elle a assuré qu'elle ferait une réforme des retraites à 62 ans, donc elle reviendrait sur la réforme Borne. Uniquement pour ceux qui ont commencé à... Non, ce serait 60 pour ceux qui ont commencé avant 20 ans, donc 60 ans pour ceux qui ont commencé avant 20 ans, et 62 pour les autres. Alors que Bardella, lui avait dit, au moment où il s'était... il était sondé dans des sondages, c'était toujours lui qui était sondé, c'était plus Marine Le Pen, tout le monde s'était dit, Marine Le Pen c'est foutu, elle va être condamnée, etc. Il s'est senti pousser des ailes, il a assumé une rupture avec Marine Le Pen et le programme du Rennes antérieur sur la retraite, il avait dit, pas d'âge légal de départ à la retraite, et surtout, je suis favorable à une dose de capitalisation. Ce qui est pareil, il y a une chose que peuvent défendre Edouard Philippe ou Gabriel Attal. Marine Le Pen n'a pas du tout dit ça, et ça pour le coup, c'est ce qui est dans l'esprit du RN, un marqueur social. Je mets des guillemets à social, évidemment. Donc voilà, ça c'est un exemple qui montre qu'en gros... Il y a deux lignes économiques au RN qui se sont disputées. Si je schématise, il y a la ligne Bardella-Durvie, on va dire, donc une ligne très libérale parce qu'il faut séduire un milieu patronal qui est extrêmement exigeant en termes de coupes dans les dépenses publiques, d'allègement des normes, etc., etc., de baisse des impôts. Et la ligne dite, on va dire, Jean-Philippe Tanguy, qui est maintenant un des conseillers les plus proches de Marine Le Pen, d'ailleurs il était très proche d'elle au MEDEF, on l'a vu, c'est lui qui lui murmurait à l'oreille. en gros, pendant sa visite au MEDEF. Et lui, Tanguy, il est connu à l'Assemblée nationale pour être un peu le plus incarnant, la ligne eurosceptique, souverainiste, et dite sociale, encore une fois, il faut mettre des guillemets, prétendument sociale du RN. Alors, avec un énorme bémol, c'est que je rappelle que c'est quand même lui qui est le rédacteur du projet entreprise du RN. projet d'entreprise, où il y a par exemple la suppression drastique des impôts de production. Donc voilà, le monsieur social du RN, c'est celui qui t'explique qu'il faut que les impôts, les entreprises payent beaucoup moins d'impôts, qu'il y ait pour l'allègement des normes, etc. social par rapport à Durvie. C'est évidemment largement contestable.
Il y a aussi des périodes du RN qui étaient plus poujadistes, où ils se mettaient plus en scène avec les TPE-PME, qui d'ailleurs sont les patrons des TPE-PME. Ils n'ont pas le même quotidien, ils n'ont pas le même rôle dans le capitalisme, ils n'étaient pas les exploiteurs numéro un. Il y en a qui galèrent, comme le sont les patrons du MEDEF. Parce que souvent, quand on parle de... On résume patronat à MEDEF, mais c'est une part. du patronat uniquement. Alors que Bardella, lui, il est allé à fond vers le MNF. Là, peut-être que Marine Le Pen va faire un petit virage, mais ce n'est pas là-dessus. Et d'ailleurs, on décortiquera la réalité et l'imposture sociale du RN, comme on l'a toujours fait. Mais ce n'est pas là-dessus, même si là, on parle de tout ça et c'est intéressant, mais ce n'est pas là-dessus qu'ils sont le plus disputés aujourd'hui. S'ils sont le plus disputés aujourd'hui, et s'il y a eu un problème, c'est sur le port du voile. Oui, tout à fait. Retour
aux fondamentaux. Oui, alors, disputé indirectement, parce qu'il n'y a pas eu de passe d'armes frontale entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. pas eu non plus ce week-end, encore une fois, c'est des signaux faibles et des conflits indirects, notamment autour de Durvie. Oui, sur le voile, puisqu'en gros, Jean-Philippe Tanguy, toujours lui, quand je vous dis que c'est un peu le porte-parole de Marine Le Pen, c'est de lui que viennent les annonces, a annoncé ce matin que l'ERN renouait avec sa mesure, son ambition, d'interdire le port de voile dans l'espace public et de remettre en place une politique de répression par des amendes contre les femmes qui contreviendraient à cette... Nouvelle proposition, nouvelle réglementation, et donc vous portez le voile, vous porterez une amende sous le RN. En tout cas, c'est la promesse de Jean-Philippe Tanguy. Pourquoi c'est encore un peu de la friture sur la ligne, comme tu l'as dit au début ? Parce que déjà, il faut rappeler que c'est une vieille mesure du RN. En 2012, quand Marine Le Pen prend la tête, on succède à son père et prend la tête du Front National à l'époque, elle défend cette mesure. A l'époque, d'ailleurs, elle dit qu'il faut interdire le voile islamique. et la kippa de l'espace public. C'est ça la mesure qu'elle défend à l'époque. Là, aujourd'hui, il ne parle plus que du voile islamique, et il ne parlait pas des signes religieux catholiques, à l'époque non plus, il n'en parlait évidemment toujours pas. Voilà, ou d'autres choses. Et donc, ça, c'était la mesure défendue par le RN de 2012 à 2024, avec plus ou moins l'accent sur la mesure, et des fois, elle existait toujours, mais ce n'était pas forcément ce qui était mis en avant dans les discours. Et en 2024, Jordan Bardella, qui fait campagne au moment des législatives, Il se voit Premier ministre, rappelons-le, ce moment-là où Jordane Bardella faisait campagne pour Matignon, au moment des législatives anticipées après la dissolution. Eh bien, il dit, non, cette mesure, elle n'est pas faisable, elle est mal ficelée, etc. Et, il dit non pas qu'il soit pro-voile, il n'a pas renoncé à l'islamophobie, Jordane Bardella, mais en tout cas, cette mesure, oui, il la voit comme un élément bloquant aussi, en termes de ce qu'on disait tout à l'heure sur la question de l'image, de la dédiabolisation, etc., la crédibilité. Et donc il y renonce. En 2024, ce n'est plus dans le programme du Résement national au moment des législatives anticipées. Et donc là, c'est de retour, en tout cas dans les mots de Jean-Philippe Tanguy, qui encore une fois est le porte-voix de Marine Le Pen. Et effectivement, ça grince, parce que juste après, on a eu un autre porte-parole du RN, à savoir André Akotarac, qui vient un petit peu débunker, on va dire, en tout cas nuancer la proposition. On va l'écouter, parce que je trouve que c'est... Écouter
l'attentiment, c'est assez intéressant. Les voilés ne seront pas sanctionnés comme ça d'un train de stylo dès l'élection de Marine Le Pen. Au contraire, le RN est sérieux, on est prêt à gouverner le pays, on respecte la conscience religieuse, on respecte la liberté religieuse, on respecte l'intimité religieuse, que ce soit d'ailleurs contre les musulmans, pour les juifs ou pour les chrétiens. Ce qu'on propose...
Voilà, alors déjà, vous aurez... Il
y a un lapsus. Tu as relevé
le lapsus qui est, on respecte la liberté religieuse, que ce soit contre les musulmans, pour les juifs ou pour les chrétiens. Bon, voilà, des fois, les lapsus signent bien une identité politique. Au-delà de ça, vous entendez la phrase d'avant, c'est non, mais on ne va pas faire ça, on est sérieux. On va, en gros, on ne renonce pas à lutter contre le port du voile, mais la mesure telle qu'annoncée par Jean-Philippe Tanguy, André Cotarac nous a expliqué quand même que... c'est pas aussi simple et qu'en gros on fera pas ça comme ça ce qui montre encore une fois c'est plus quelqu'un qui est proche de Bardella et on voit sa volonté d'atténuer la portée des propos tenus le matin même. Donc voilà. Mais à
écouter Tanguy, en gros, il y aurait des forces de police qui iraient dans la rue mettre des contraventions aux femmes qui portent le voile. C'est ça le projet.
C'est l'idée, oui. C'est-à-dire qu'en fait, il y aura une interdiction de porter le voile dans l'espace public comme une interdiction d'être nu dans l'espace public. Si vous êtes nu dans l'espace public, vous aurez une contravention. eux, s'ils veulent étendre cette logique-là, il y a des gens qui portent le voile. Ce
qui est en rupture totale avec la laïcité, la loi de 1905, parce que la loi de 1905 ne reconnaît pas l'habit religieux, pratique à liberté, mais ne reconnaît pas l'habit religieux. Et d'ailleurs, à l'époque, il y avait eu des débats, avec des députés, notamment de gauche, qui disaient, il faut interdire la soutane, l'habit des prêtres, dans l'espace public, il faut interdire ce que portent les bonnes sœurs,
et
il y a d'autres députés qui répondent, mais si on interdit la soutane, demain... Les prêtres donc n'auront plus le droit de la porter, mais ils porteront autre chose. pour se distinguer des autres en tant que prêtres. Et on sera toujours en train de légiférer de plus sur un nouveau vêtement, un nouveau vêtement. Et donc, principe de neutralité, l'État ne reconnaît pas l'habit religieux. Oui,
de fait, le reste de neutralité s'applique aussi dans la fonction publique. Oui, dans l'espace public. En fait, là, c'est une extension radicale du principe de 1905, qui considère à dire que ce n'est pas uniquement la fonction publique, mais l'espace public en général. Mais là, en plus, c'est ciblé sur une religion. Encore une fois, ils ne disent pas... Ce
ne serait pas l'habit religieux. Non, c'est le voile. religieux est interdit, c'est le voile. C'est une mesure fondamentalement
islamophobe et assumée tant comme tel. C'est le voile islamique qui serait interdit dans l'espace public. Par ailleurs, on pourrait quand même dire que déjà que la police est largement épinglée pour des contrôles aux fascistes abusifs, si en plus on lui met dans son arsenal juridique une loi qui est là, pour le coup, ciblée, franchement ciblée et franchement raciste. Je pense que la police n'a pas besoin de ça, c'est un petit peu inquiétant. Mais encore, ça signe en tout cas le programme de Marine Le Pen, tout simplement. D'ailleurs, je voudrais quand même dire un mot, parce que je trouve qu'il y a une réponse extrêmement faible du gouvernement. Le gouvernement a été interpellé sur cette proposition, et donc c'est Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, qui a répondu, et en fait, elle répond sur des arguments techniques. C'est-à-dire qu'elle répond uniquement à des arguments qui existent, par ailleurs, mais elle dit, je crois que ce n'est pas constitutionnel, ou le conseil constitutionnel devrait retoquer cette mesure, et après elle dit, ou alors si on l'appelait, qu'il faut l'appliquer à tous les signes religieux par égalité. Oui, sauf qu'à un moment, ce n'est pas le débat. Moi, j'attends du gouvernement aussi qu'on ait une position, enfin, qu'on ait une commande sur le fond philosophique de cette discussion. Parce qu'à aucun moment, tu n'as l'impression que le gouvernement est contre le fait d'un terrain de voile dans l'espace public. C'est juste que, ah, c'est compliqué, quoi. C'est une réponse extrêmement libre, c'est une réponse qui ressemble à celle de Cotard. Limite, le
gouvernement rentre dans la rhétorique du RN que la Constitution... où l'égalité des droits sont un frein à ce qu'on veut faire contre les musulmans.
Exactement. C'est un espèce d'argument d'autorité juridique qui est complètement lunaire et qui est très dépolitisé par rapport à la réponse qu'on attendrait. Parce qu'évidemment, le débat est de fond. Est-ce qu'on autorise la liberté de culte dans l'espace public ? C'est ça la question. C'est pas savoir si c'est juridiquement malficelé ou pas. Mais en tout cas, ça signe... On peut dire que la campagne de Marine Le Pen est lancée, puisque d'un côté, on a des grosses mesures d'austérité, d'économie, un plan d'économie sur l'immigration aussi, bien sûr, on pourrait en parler, même si elle n'a pas encore tout détaillé là-dessus. La question des retraites, qui se veut le marqueur social du début de campagne, pour en tout cas ne pas complètement s'aliéner les électorats les plus populaires, et une bonne grosse mesure islamophobe pour bien démarrer la rentrée. et c'est que le début, sur la réduction
du voile. Mais on voit bien au fond que Marine Le Pen entend poursuivre globalement, très largement, la politique économique et sociale de Macron. Ce sera toujours tout pour les riches. Donc on ne voit pas bien la différence. Par contre, ce qu'elle va proposer de neuf, si elle est au pouvoir, c'est beaucoup plus de discrimination, beaucoup plus de rupture avec les principes républicains. Parce que si elle veut faire cette loi sur le voile, il faut changer la constitution. Chaque peuple est libre de changer sa constitution, dans un sens ou dans l'autre, même si on a tous un avis sur le sujet. Par contre, ce changement-là, ce serait une rupture fondamentale avec nos principes républicains.
et puis encore une fois, le parti qui est dans les sondages le plus haut actuellement est un parti qui propose, réalisons quand même le moment politique qu'on vit, qui propose à la rentrée, au début de la campagne, d'avoir une mesure ciblée et discriminatoire sur une partie de la population au nom de ses convictions religieuses. Voilà où on en est. Je pense que c'est bien de l'avoir en tête. C'est que le début. Et
on continuera à analyser ça sur l'humanité.fr. N'hésitez pas à aller regarder nos vidéos, à regarder nos articles aussi en ligne sur le papier. Et à venir à la prochaine fête de l'Humanité, mi-septembre. C'est très bientôt. Salut !
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