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Mais d'abord, chose promise, chose due, on a souhaité, et on le souhaite pour l'ensemble de ceux qui viendront nous voir à ce micro, que vous puissiez aborder, au-delà des questions de politique politicienne, un vrai sujet de fond, en l'occurrence celui de la violence sur mineurs et des victimes, qui sont victimes d'agressions sexuelles. Vous souhaitez aborder ce thème en cette veille de rentrée scolaire, parce que c'est l'un des sujets qui vous est cher. Merci
beaucoup de me donner la possibilité de m'exprimer là-dessus avec un petit peu de hauteur. Je l'évoque dans le livre que je vais sortir début novembre et lorsque j'ai fait mon Tour de France cet été, le point commun, le point commun vraiment, que ce soit dans les Cévennes, en Bretagne, à Châtellerault, dans le Nord, en Picardie... C'était la protection de l'enfance. Il y a 170 000 enfants chaque année qui se font agresser sexuellement. Trois enfants par classe. À Saint-Ouen, avec le juge Durand et Arnaud Gallet, tout de suite on s'est dit, il faut aller les trouver. Il faut aller les trouver, il faut détecter, il faut prévenir, il faut protéger. Pourquoi ? Parce qu'il y a plusieurs dénis dans notre pays. Il y a le déni climatique, on l'a évoqué tout au long de cet été. Il y a le déni démographique, mais il y a aussi le déni des agressions sexuelles des gamines et des gamins. Le point commun qu'on a tous ici dans ce studio, c'est qu'on a tous été enfants. Tous. toutes et tous. Et il y a cette espèce de tabou, j'en parle avec les responsables politiques qui disent « moi ça va, ça tient chez moi ». Mais ils sont où les trois ? Ils sont mis quelque part. Donc un... Développer la culture du signalement. Plus il y a des signalements, la culture du signalement, plus on sera en capacité d'aller chasser les prédateurs. Ce
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que propose le ministre de l'Education nationale en cette rentrée, justement, ça passe par un signalement. Est-ce que c'est une bonne idée ? C'est très bien, ça fait trois ans qu'on le dit. Non mais
ça c'est un élément. Donc les signalements, à titre personnel, en tant que maire, par exemple, j'ai une ligne directe. Vous êtes parent d'élève, vous détectez quelque chose d'anormal, un dysfonctionnement. Boum, vous m'envoyez un mail, ça revient directement chez moi. J'ai monté une équipe spécifique, violence sexuelle sexuelle. Donc une équipe avec
une ligne spécifique.
Une ligne spécifique. Ensuite, former les enfants à parler. Former les enfants ? Former les enfants. C'est-à-dire que mon corps, le consentement, mon corps, c'est mon corps. C'est mon droit. Hyper important. De former les parents à gérer les signalements. Former les élus et les administrations à apporter le soutien psychologique. C'est considérable ça. Exactement, le soutien Savez-vous que ce n'est pas parce qu'une affaire est classée sans suite qu'il y a forcément un... que la personne est forcément innocente. C'est la raison pour laquelle moi, en tant que grand défenseur de la présomption d'innocence... J'ai mis un principe chez moi qui est le principe de précaution. Dès qu'il y a une animatrice ou un animateur qui est soupçonné ou impliqué dans une histoire d'un signalement de près ou de loin, elle est suspendue. Vous avez pris ce genre de décision ? Oui, c'est fait. C'est acté depuis deux ans maintenant.
Vous avez eu l'occasion d'écarter un certain nombre de personnels ? Bien sûr, bien sûr, bien
sûr. Et effectivement, ça peut être difficile parce que peut-être que la personne est innocente. Mais si la personne ne l'est pas, je ne peux pas laisser un prédateur potentiel dans mes équipes. Ensuite, il y a un élément qui est déterminant, sur le plan macro, je dirais, c'est donner plus de moyens à la justice. Vous avez aujourd'hui 10 000 magistrats, deux fois moins que la moyenne. européenne, il faut donner plus de moyens à la justice, je pense notamment en termes de magistrats, en termes de greffiers, mais il ne peut pas y avoir plus de moyens à la justice, plus de moyens en termes de greffiers, s'il n'y a pas plus de policiers, des enquêteurs. Vous voyez le nombre de dossiers qui sont en surcharge aussi bien dans les commissariats...
On en revient toujours au problème de moyens, c'est le constat qu'on peut faire à chaque fois sur à peu près tous les sujets. Mais
tout dépend de la société que vous souhaitez avoir. Est-ce qu'aujourd'hui vous partez du principe que dans un pays comme le nôtre, dans une république comme la nôtre, on peut accepter autant de féminicides, parce que c'est lié, et autant de gamines et de gamins qui se font agresser
chaque
année ? 170 000 ! Trois enfants par classe ! Trois enfants toutes les dix minutes ! Vous vous rendez-vous compte ? Il y a cette espèce de déni global. Je ne vous parle même pas de la période des années 70-80 où il y avait cette espèce de banalisation de la pédophilie dans les classes intellectuelles parce que c'était une espèce de mode post-68-arde. Mais c'est gravissime. Donc nous, avec mes équipes, dans le cadre de cette élection présidentielle, comme on a fait à Saint-Ouen, on considère que protéger... Nos enfants, au même titre que protéger les femmes dans ce pays, doit être la première cause. Et je terminerai là-dessus, on crée un grand gros séminaire le 5 septembre prochain, parce que ça concerne la sphère éducative. Le 5 septembre, c'est la
fin de la semaine.
Voilà, samedi prochain, c'est la sphère culturelle, la sphère éducative et la sphère sportive.