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C'est l'heure du débat dans le 18h éco, faire passer un budget avant la présidentielle, c'est l'objectif que s'est fixé Sébastien Lecornu, mais l'équation se complique politiquement avec Jean-Luc Mélenchon qui annonce d'ores et déjà censurer le prochain budget. Le PS attend de voir, le RN n'exclut rien, l'équation se complique aussi économiquement avec une croissance à tonnes et un taux à 10 ans. qui atteint désormais les 4,17%. Sébastien Lecornu peut-il encore faire des concessions ? On va en débattre avec Wilfried Galland. Bonsoir.
Vous êtes directeur
général adjoint de Montpensier Arbevel et Ludovic de Sautet. Bonsoir, directeur délégué de la rédaction de La Tribune. Ludovic, je commence avec vous. Sébastien Lecornu veut faire passer un budget. réversible, valable au moins pour le premier semestre. Est-ce que réversible est le bon adjectif ?
Moi, je ne suis absolument pas fan. de cet objectif. Je pense que, ça y est, malheureusement, on a aimé le budget 2026, vous allez adorer le budget 2027. Clairement, le gouvernement, d'ores et déjà, ne prépare pas le budget d'un pays, il prépare le budget d'une transition politique. Et plutôt que réversible, la question qui est posée aujourd'hui de façon féroce, tant par les marchés que par les agences de notation, 'est la notion de crédible. C'est-à-dire, la France a besoin d'une trajectoire, pas d'un... bricolage, pas de quelque chose auquel on a assisté lourdement pendant des mois l'année dernière, c'est-à-dire de la mesurette avec en plus un côté démontable qui permettrait à une nouvelle majorité de revenir. On a besoin que la France s'engage et la France soit lisible et sûrement pas réversible.
Ça sera un budget pour rien, Wilfried Galland ?
Il ne faudrait pas qu'on ait un budget en kit, effectivement. Toute la question, c'est... La question de la crédibilité est effectivement majeure, en particulier vis-à-vis des marchés financiers, c'est aussi la question de la responsabilité. Ce qu'on disait avec Ludovic tout à l'heure, c'est est-ce qu'on va enfin parler économie ? Est-ce qu'on va enfin dans ce budget parler des grands équilibres économiques de la nation, de qu'est-ce qu'on veut faire à la fois des comptes publics et de l'argent des contribuables pour emmener le pays vers un horizon qui ne soit pas un horizon effectivement... extrêmement lointains, mais qui nous permettent de nous projeter dans l'avenir.
Aujourd'hui, on ne se projette pas du tout. Ce n'est pas prévu. Sébastien Lecornu ne prévoit pas de grandes réformes sur l'assurance maladie, sur les retraites, pas de hausse d'impôts, quelques économies dans certains ministères, une désindexation des retraites les plus élevées, ça c'est encore à l'étude, le déremboursement de certains médicaments, c'est quoi ? C'est un budget à minima, histoire de tenir quelques mois.
L'idée, je pense, derrière, c'est de donner au moins quelques gages à nos créanciers pour dire nous sommes conscients de la gravité de la situation dans laquelle nous sommes et nous ne souhaitons pas nous engager dans une trajectoire qui soit une trajectoire véritablement d'irresponsabilité. Donc véritablement, effectivement, à minima. La question maintenant, c'est est-ce que cette trajectoire-là sera une trajectoire ? Pour les marchés, cette espèce de budget à l'agonie qui tend complètement vers la gauche a tendance à les inquiéter plus qu'autre chose. Et je ne suis pas sûr que la perspective de ne pas avoir de budget soit beaucoup plus négative que d'avoir un budget qui soit tellement négocié avec des forces qui sont considérées comme étant anti-créanciers de la France d'une certaine manière. que nous soyons véritablement sanctionnés, encore plus qu'aujourd'hui. Tout le monde est sanctionné aujourd'hui sur les marchés, à la hausse des taux que vous mentionnez, mais nous encore davantage.
On est à 4,17 pour l'OAT français, je le rappelle. Le vrai interlocuteur de Sébastien Lecornu aujourd'hui, c'est le PS, Ludovic de Sautet ?
J'allais dire oui, probablement au sens lecture politique, c'est-à-dire qu'on est reparti pour cette valse à deux temps, auquel on a assisté déjà l'automne dernier, entre le Parti Socialiste et le... Et le gouvernement, maintenant, il y a un changement de perspective qui rajoute la notion de réversibilité, c'est qu'on rentre dans le circuit de la présidentielle. Et donc cette perspective fait que maintenant, quelque part, le chapitre final n'est pas connu. Mais c'est, à mon sens, et je vais le dire ce soir, je pense que c'est une erreur technique de la part de Sébastien Lacornu de n'avoir qu'une lecture politique une fois de plus, parce que la présidentielle n'est pas une fin en soi. Rien de garantie qu'après la présidentielle, par ailleurs, le président ou la présidente... élu et est une majorité à l'Assemblée. Et donc on peut retomber encore dans un patacasse politique. Il serait temps à la France de se prendre en charge. Et Sébastien Lecornu avait, j'allais dire, presque une chance, une fenêtre de tir, d'avoir celui qui aurait le courage politique d'exposer finalement l'équation française qui est compliquée, qui est une équation à multiples inconnues, mais sur laquelle tous les paramètres dont vous venez de parler, on n'y touchera pas, on n'y touchera pas. Pendant ce temps-là, le pays vieillit, la croissance est atone, vous le disiez tout à l'heure, Stéphane. Il y a un problème d'emploi qu'on voit poindre, on est en train de décrocher sur la recherche, on n'est pas en pointe sur certaines technologies qui sont majeures pour la décennie qui vient. Tout ça s'est mis sous le tapis et on est parti malheureusement pour une séquence parlementaire qu'on va commenter en étant navré au plan économique.
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