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Bonjour à toutes et tous. Je suis Thierry Bovébert, je suis secrétaire national au travail du parti. On va tout de suite commencer cette table ronde. Je vous présenterai les intervenants ensuite. Mais il y a quelqu'un que vous n'avez pas dans le programme et que je voulais vous présenter. C'est Matisse qui est déléguée. Bravo Matisse. Attendez d'abord de voir ce qu'il va vous présenter, qui est délégué national dans la team travail du Parti Socialiste et qui va en 3-4 minutes nous résumer rapidement des grands enjeux qu'on avait pu constater sur la question du travail et ouvrir un peu le débat. Alors on a un slideau qui vous permettra, quand vous allez flasher le QR code ou suivre le... le code de pouvoir répondre à une question et d'enclencher les débats puisqu'on va d'abord vous donner la parole sur la question du travail et puis ensuite on fera intervenir nos intervenants que vous attendez toutes et tous. Mathis, je te passe la parole.
Merci Thiebo et bonjour à vous les camarades. Je m'appelle du coup Mathis Porchez et je suis délégué au secrétaire national au travail au sein du parti socialiste. Je travaille aussi à la commission européenne mais aujourd'hui je parle en mon nom propre, je ne la représente pas. Sur la base du tour de France effectué par Olivier Faure, notre France parlons-en. C'est sur la base des témoignages qui ont été recueillis à cette occasion et qui ont été notamment présentés l'année dernière à Blois. On s'est lancé dans la confection d'une feuille de route pour un ministre du Travail avec l'équipe du secrétariat. Cette feuille de route pose en premier lieu un constat. Le constat, c'est celui du fort attachement des Français à leur travail. Pour s'en convaincre, il suffit de penser à ce qu'on répond à la question « qui êtes-vous ? », à comment on se présente lors de nouvelles rencontres. À cette question « qui êtes-vous ? », on répond la plupart du temps par notre profession, que ce soit pompier, infirmière, assistante sociale, et j'en passe. Et dans cette feuille de route, on fait ce constat-là, de ce fort attachement des Français à leur travail. Dans notre idéal, dans notre idéal français, le travail forge réellement notre identité. Le travail représente un idéal, un travail qui émancipe, qui paie assez. Le problème aujourd'hui c'est qu'on s'éloigne de cet idéal. On s'éloigne de Cité des Halles sur plusieurs points et que cette promesse d'un travail qui paie et qui émancipe a été le ciment de notre contrat social, mais on n'arrive plus à la tenir. Aujourd'hui, pour beaucoup, le travail n'émancipe plus, pour beaucoup, le travail ne paie plus assez, pour beaucoup, le travail abîme et fatigue également. Et c'est le fait d'une dégradation des conditions de travail actuellement. Deux chiffres pour l'illustrer. Le premier, c'est 1 sur 10, presque 1 sur 10. 1 sur 10 travailleurs n'arrivent plus à se hisser au-dessus du site de pauvreté grâce au revenu de son labeur, de son travail. Un travailleur sur dix, ça veut dire qu'un travailleur sur dix n'arrive plus à vivre dignement de son travail. Du côté des conditions de travail, on ne fait pas beaucoup mieux en France. Je pense notamment à 2024, l'année des Jeux Olympiques, mais aussi l'année durant laquelle on a gagné une médaille d'or, celle du nombre de morts au travail, d'accidents mortels au travail en Europe. On a le chiffre le plus élevé au niveau européen. Et je pense que ça montre bien le chemin qu'il nous reste à parcourir en termes d'amélioration des conditions de travail. La conséquence de cette situation en matière de conditions de travail sont triples. Les conséquences sont triples. Elles sont sociales, mais elles sont également économiques. Selon certaines estimations, on perd chaque année pas moins de 3% de points de PIB. dû à cette mauvaise qualité du travail, à ces mauvaises conditions de travail, notamment du fait de l'absentéisme, du turnover, des accidents au travail, qui font perdre de l'argent aux entreprises et à notre économie, plus globalement. Les conséquences sont également démocratiques, parce que plus on s'éloigne... de notre idéal, d'un travail qui émancipe, qui paie assez, plus l'extrême droite se rapproche des portes de notre pouvoir ici en France. Dans le cadre du projet du Parti Socialiste, publié il y a quelques semaines, quelques mois, aussi façonné par Chloé Riedel, au secrétariat national au travail, on s'est donné l'objectif d'aller un peu plus loin et d'essayer de trouver un chemin pour sortir le monde du travail de cette triple impasse sociale, économique et démocratique. Pour ce faire, on a identifié des causes, des causes à la fois... structurelles, comme le management bien vertical à la française, mais aussi des causes plus conjoncturelles, plus politiques, en lien avec les erreurs réalisées ces dernières années en matière de politique publique du travail. Et il faut également identifier des lignes directrices claires. Et sur la base d'échanges avec des chercheurs du monde académique, des syndicats et puis également des experts par expérience, c'est-à-dire les travailleurs en premier chef, on en a identifié quatre qui sont exposés en bas du slide. La première, un travail plus démocratique, un travail démocratisé. La seconde, un travail dans de bonnes conditions de travail. La troisième, un travail plus rémunérateur. Et la quatrième, un travail accessible par toutes et tous. Je suis sûr que les échanges qui vont venir vont pouvoir nous permettre de continuer à nourrir cette réflexion. Je vais m'arrêter là. Merci pour votre écoute et bonne table ronde.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci beaucoup Mathis pour cet état des lieux. On donne tout de suite le slido, on donne la parole. Allez, alors là vous allez pouvoir, il faut l'activer alors, très bien. Oui, on va présenter les intervenants, peut-être que, est-ce que je vous présente ou je vous fais passer le micro pour vous présenter rapidement ? Allez, vas-y. Est-ce que tout le monde ne te connaît pas déjà, mais vas-y.
Bonjour à tous et tous, Dominique Méda, je suis sociologue, professeur de sociologie à Dauphine et j'observe depuis assez longtemps le monde du travail en m'appuyant sur de grandes enquêtes. J'essaierai de vous en dire quelques mots, je suis très heureuse d'être avec vous aujourd'hui.
On me fait signe que le slideau
fonctionne maintenant, donc vous pouvez y aller. Bonjour à toutes et tous, je suis Thomas Vacheron et je suis secrétaire confédéral de la CGT.
Bonjour camarades, alors vous l'entendrez à mon petit accent, moi je suis belge et j'ai 56 ans mais j'ai fait toujours une petite blague en disant que je suis jeune en politique parce que je suis aujourd'hui députée européenne pour le parti socialiste belge au Parlement européen. Mais jusqu'il y a deux ans j'étais secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, donc syndicaliste et syndicaliste au Parlement européen.
Bonjour à vous, François Ruffin, député de la première circonscription de la Somme, candidat à l'élection présidentielle, président du parti Debout qui se revendique travailliste, travailliste climatique.
à tous, moi je suis Émilie Bourget, je suis secrétaire générale de Convergence France qui est une association de lutte contre la grande exclusion et on rend justement accessible le travail aux plus grands exclus, à savoir les sans-abri et les personnes sans domicile, mais j'y reviendrai tout à l'heure.
Si vraiment on était hyper ultra pro, tout ça s'afficherait sur l'écran. Mais moi, je vais vous lire et vous me faites confiance sur le rendu de ce que vous avez déjà un peu écrit. Le premier mot qui sort, c'est quand même rémunération et salaire, la dignité du travail. Avec trois orthographes différents, au pluriel et au singulier, on a quand même les salaires qui ressortent. La dignité qui arrive, qui vient de faire son apparition et qui est quand même très très forte. L'égalité homme-femme, la franchise, les droits, donner du sens, du social, le dialogue, RPS. Mais voilà, on a le bien-être qui est en troisième position, mais les salaires, la dignité et le bien-être, qui je pense sont les trois expressions que je vois. ressortir là. Donc continuez si vous voulez enrichir, on pourra peut-être refaire un tour de passe avant la fin de la table ronde. On va tout de suite vous donner la parole pour vous faire réagir à la question qui est posée là, éventuellement aussi à l'état des lieux qui a été fait par Matisse. Donc n'hésitez pas à poser des premières questions, à faire des premières interventions si possible courtes, concises, pour que le maximum de personnes puissent intervenir et qu'on puisse laisser parler nos intervenants ensuite.
Bonjour, on a été au pouvoir les socialistes, je suis une syndicaliste aussi, désolé pas la CGT, moi je suis à l'UNSA. Nous, on a constaté que les socialaux ne nous ont pas augmenté au point d'indice. Nous, on pleure notre pouvoir d'achat, et donc syndicalement, on n'a pas été pas trop entendus. Et le bien-être au travail, alors ça on peut en parler, moi je suis à l'éducation nationale, mais je suis le parent pauvre, je suis l'administratif, donc on a repris le 24 août, rien ne fonctionnait. Pour bosser, les conditions de travail c'est monstrueux quoi. Donc là, mes collègues enseignants vont arriver là, ça va être un bordel pas possible, les emplois du temps ne peuvent pas être faits, c'est n'importe quoi. Donc je pense que, et on a une Ajad comme ministre, donc elle sait si elle intervient, elle sait. Donc je pense que là, il faudrait faire quelque chose pour nous. Alors, il y a aussi le monde, nous à l'UNSA, on a aussi les collègues du privé. Alors eux, ils galèrent encore plus, mais nous les fonctionnaires, là on pleure vraiment. Là, notre pouvoir d'achat, moi je peux le dire, je suis catégorisée, c'est-à-dire la plus petite catégorie de l'éducation nationale. Là, mon salaire brut dans ma poche, j'ai 1900 euros parce que j'ai 400 balles de IFSE qu'on appelle, c'est des heures supplémentaires qui nous payent tous les mois. Et là, si j'ai fait mon calcul, ma simulation pour la retraite... parce que je suis passé du côté obscur, je vais avoir 61. Macron m'avait dit, on a été dans la rue, on a été 15 jours, on a pleuré là aussi. Puis tout ça pour que ce soit passé aussi les retraites, on a tous perdu. Et là, moi, si je fais ma simulation et j'ai bossé depuis, je fais 1200 balles de salaire. Est-ce qu'on peut vivre avec 1200 balles ? Je vous pose la question. J'habite à 30 bandes d'ici, je suis en province, je ne suis pas à Paris. Est-ce que là, faites quelque chose pour nous ? Parce que nous, les fonctionnaires, plus ça va, moins tous les postes sont vacants parce qu'on ne vend plus du rêve. Et moi, dans l'académie, c'est la région Centre-Val-de-Loire, je suis la trésorière de mon syndicat, une sa éducation et administration et intendance. Je suis à 261 syndiqués. C'est peanuts. Parce que les collègues ne veulent plus syndiquer, on ne vend plus de rêve et on ne fait plus rien pour eux. Et alors, je ne vous parle pas de ma section PS, on est trois. Voilà, donc là, SOS, faites quelque chose. Merci beaucoup.
Merci. Ton prénom ? Merci Nathalie.
Dans la continuité, je vais aussi dire, je suis fonctionnaire mais territoriale. Moi je voulais savoir justement quand est-ce qu'on allait avoir des augmentations de salaire parce que là c'est plus possible non plus. On nous a même supprimé le GIPA qui est quand même l'indice, enfin ce qui était une prime qui faisait qu'aujourd'hui beaucoup de fonctionnaires catégorisaient et même maintenant les catégories B se retrouvent en dessous du SMIG. Et donc c'est un gros problème. Nos primes ne seront pas prises en compte pour la retraite. c'est quelque chose qu'on oublie beaucoup, et même dans des communes où des élus sont socialistes, le bien-être au travail se fait... on est de moins en moins on est méprisé par une partie de la population parce qu'on est fonctionnaire on fait rien alors qu'aujourd'hui on est beaucoup moins nombreux qu'auparavant et pour finir je j'étais également donc sur cette question gilet jaune il ya quelques temps et donc j'ai rencontré monsieur ruffin justement dans le cadre là et je suis à fond derrière parce que c'est quelqu'un qui nous a toujours soutenu sur les ronds points voilà
merci beaucoup Alors on passe, c'est madame, il y a madame ensuite, il y a monsieur ici. Voilà, en tout on a une dizaine de minutes.
Merci. Lorsqu'on, vous l'avez dit, lorsqu'on rencontre quelqu'un, c'est qu'est-ce que tu fais, mais enfin, c'est comment tu gagnes ta vie. Et les mots ont un sens. J'ai rencontré par hasard au début de ma carrière. Je suis enseignante, dans un train, un philosophe qui m'a dit, mais madame, quand vous parlez de gagner sa vie, vous savez, c'est quoi le contraire de gagner sa vie ? C'est perdre sa vie. Et perdre sa vie, ça a du sens aussi. J'ai été ensuite, de longues années après, vice-présidente du département de la Gironde en charge de l'insertion et porteuse du projet d'expérimentation du revenu de base. Et donc... J'ai beaucoup travaillé avec des gens qui avaient perdu leur travail, qui ne retrouvaient pas du travail, qui étaient exclus du travail. Et la parole de ces gens, c'était « alors nous sommes exclus de la société ». Le travail, ça reste encore l'élément essentiel de l'inclusion dans une société. Alors, les retraités, ils n'ont plus de travail. Oui, mais eux, ils ont eu du travail et ils peuvent en parler. Les gens qui perdent leur travail ou qui sont licenciés, qui n'en trouvent pas, leur première douleur, c'est de ne jamais avoir eu de peau de départ de son travail. Alors je crois que nous, les socialistes, nous avons là un enjeu extrêmement important et ce qui fait et qui tiendra le fait qu'on soit une société inclusive et dynamique. Merci.
Madame la ministre. Marie-Lise Lebranchu, peut-être des éléments de réponse sur les questions qui ont été posées ?
Militante de base maintenant. Juste une petite chose par rapport au point d'indice. Ce qui m'a toujours embêtée, c'est que le point d'indice est une augmentation au pourcentage. Et que la catégorie C gagne 5 euros quand la catégorie ASUP gagne beaucoup trop. A mon avis, il y a une régulation à faire. Le deuxième point que je voulais dire... Je suis maintenant bénévole à la distribution de l'aide alimentaire au Secours Populaire. Et je rencontre énormément, énormément de gens qui me parlent d'indignité sans prononcer le nom. Je crois que c'est le mot qu'on entend le plus. Et on a des gens dans la distribution qui sont 32 heures, 30 heures, 29 heures dans la grande distribution, dans l'agroalimentaire. Moi, je suis en Bretagne, dans la zone alimentaire. pardon, agri-alimentaire et pêche, on a énormément de travailleurs saisonniers, quand ils n'ont plus de boulot, ils sont au secours populaire et ils pleurent. Et je crois que l'indignité, c'est ce qui me fait le plus peur, à la fois je suis en colère, mais la colère ça ne sert à rien, en particulier pour l'avenir de notre pays tout entier avec les élections et une tentation de RN, parce que c'est ça qu'on me dit.
beaucoup. Monsieur
? Oui, bonjour Jean-Michel Echen, ancien DRH, socialiste avant, après et un peu pendant. Ma question est, le patronat est de plus en plus puissant, il est relayé de plus en plus par l'Etat. Le gouvernement, la négociation syndicale quasiment paritaire n'existe plus parce que les gouvernements de droite ou assimilés, ce qui est le cas actuellement, disent de toute façon on prendra une décision à la fin. pourquoi le patronat lâcherait-il quelque chose alors qu'il sait qu'à la fin, il y aura le verrou qui lui donnera raison. Donc ma question est, puisqu'on est dans les problèmes de fonds, peut-on espérer en France une hausse du pouvoir syndical, autrement dit du nombre d'adhérents qui est bien inférieur à celui qu'il y a dans les milieux voisins, y compris en Allemagne, etc. Que peut-on faire, en tout cas pour ça, en tant que socialiste et parti de gauche, etc. où on a un peu oublié l'entreprise. Moi, je vois, y compris au PS, on a l'entreprise, surtout le public, mais nos élus, etc., ne sont pas formés à l'entreprise, encore moins du privé. Autrement dit, elle n'est pas gérée politiquement. Voilà ma question.
Derrière vous ? On a encore du temps.
Ça tombe bien, je vais poursuivre. Émile Bréjean, ouvrier syndicaliste, ça à la CFDT. et ancien vice-président de région. Pour poursuivre, en fait, le sujet de la syndicalisation, c'est qu'on met en parallèle des pays comme la France où, en fait, on négocie pour tout le monde, puisqu'on doit défendre les droits individuels comme collectifs, mais quand on négocie, ça s'applique pour tout le monde. Sauf erreur de ma part, il y a certains pays où il y a des décalages, et peut-être que ce décalage-là n'est pas constitutionnel, mais en tout cas, ferait sans doute une différence entre quelque chose qui est négocié et s'applique à tout le monde et quelque chose qui est négocié au profit des adhérents. Donc ça ne facilite pas. Ma question en fait c'est plus par rapport aux cotisations parce qu'il y a effectivement un débat de rémunération mais qui se traduit souvent par des baisses de cotisations. Des baisses de cotisations qui font plaisir aux salariés alors que ça devrait leur faire peur parce qu'à mon avis à terme la sécurité sociale est quand même mortelle et si elle n'est pas financée on remettra ça à un pouvoir public qui un jour décidera de ne pas adopter... ou de ne pas envoyer les financements là où il faut, et la sécurité sociale n'aura plus de financement alors qu'aujourd'hui, je me dépêche pour ne pas être trop long, alors qu'aujourd'hui elle est financée en dehors de tout pouvoir financier. Donc en fait la question c'est est-ce que quand on est socialiste et quand on est en position d'avoir le pouvoir, doit faire croire et on doit faire en sorte que la puissance publique augmente les salaires ? C'est-à-dire en baissant les cotisations ou autrement, alors qu'au moins dans le privé, c'est quand même aux employeurs de les augmenter et qu'à chaque fois qu'on dit qu'on veut augmenter les salaires et qu'on veut faire plaisir à la population pour être élu, je le dis de cette manière-là, eh bien on prend souvent les leviers de baisse de cotisation et dans ces cas-là, on diminue et on assèche les financements de la sécurité sociale et un jour elle mourra.
Merci beaucoup pour ce premier tour de chauffe, on peut le dire. Il y a du boulot, du matériau pour les débats. Mathis, je te laisse reprendre la main comme maître de cérémonie.
Improviser. Merci beaucoup pour tous ces retours. Je pense que ça donne pas mal de grains à moudre, notamment pour nos intervenants. Je pense qu'on peut diriger quelques questions qui ont été posées à certains d'entre vous. Je pense notamment en premier lieu, pour venir aux fondamentaux, pourquoi on travaille ? Vous avez soulevé la question du rôle, de la valeur du travail. Et je pense que pour débuter une conversation sur le travail, c'est une bonne première question. Et je vais la diriger vers Dominique.
Merci beaucoup. Je vais essayer. Merci pour tous vos retours vraiment très intéressants. Justement, quand on parle de valeur travail, il me semble qu'en fait, on s'est fait complètement voler nos idées. On a perdu le débat précisément à cause de cette histoire de valeur travail, puisque avant, on avait capital contre travail. Et aujourd'hui, la droite a repris la valeur travail et c'est valeur travail contre assistana. Et comme par un tour de magie. le capital a disparu. Si je reviens peut-être un peu rapidement sur tout ce qu'on a dit. Oui, les gens, les Français notamment, sont très attachés au travail. Je veux dire, il faut qu'on balaye toutes ces idées reçues selon lesquelles les Français seraient paresseux. Ils aimeraient pas bosser, ils bosseraient pas assez, ils bosseraient moins que leurs voisins. C'est totalement faux. On bosse plus que les Allemands, les Suédois, les Danois. Et les attentes, en fait, je crois qu'il faut bien voir, c'est que les attentes qui sont placées sur le travail, France, chez les jeunes et les moins jeunes, elles sont immenses. Quand vous demandez aux gens qu'est-ce qui pour eux est important dans le travail, ils vous répondent réussir quelque chose qui vient même avant la rémunération. Donc balayons cette idée que les gens ne voudraient plus bosser, ils veulent bosser. Simplement, qu'est-ce qui se passe ? Ces attentes énormes, elles viennent se fracasser sur la réalité des conditions d'exercice du travail. Et quand on regarde toutes les enquêtes européennes, il y a une enquête sur les conditions de travail qui nous permet de... nous comparer à 36, la France, vous me croirez ou pas, est en queue de peloton. Et en queue de peloton sur la plupart des items. On a des pénibilités physiques plus importantes qu'ailleurs. On a des contraintes émotionnelles plus importantes qu'ailleurs. On est infiniment moins consulté qu'ailleurs. On considère qu'on est moins reconnu à son travail qu'ailleurs. Et finalement, on est donc tout près de la Slovaquie, dans les dernières places, en matière de conditions de travail. Et le problème, c'est que quand vous dites ça à des responsables politiques ou économiques, ça les fait rire, un petit peu comme l'autre... jour au MEDEF quand Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il fallait augmenter les salaires, ça les fait rire et ils disent mais non écoutez comment voulez-vous qu'en France les conditions de travail soient mauvaises, il n'y a aucun problème. Et en fait c'est parce que les français sont des grincheux qu'ils nous disent que les conditions de travail sont pénibles. Or donc la toute première chose c'est de lever ce déni, de reconnaître qu'il y a un énorme problème, un énorme malaise au travail, un chiffre intéressant c'est 37% des salariés qui déclarent ne pas être capable de tenir dans leur travail jusqu'à la retraite. Et il y en a un autre qu'on entend moins, qui me semble aussi très intéressant, c'est 40% des salariés qui ne souhaitent pas continuer le travail qu'ils ont jusqu'à la retraite. Ça veut dire que les gens, une grande partie des personnes, sont malheureuses au travail, parce que les salaires sont bas, mais aussi parce que le travail n'est pas intéressant, parce qu'ils sont vraiment trop souvent exploités au travail, et donc il faut absolument sortir de ça. le sujet et puis moi je dirais pour aller très vite parce qu'on est nombreux je pense qu'il faut qu'on ouvre quatre quatre chantiers bien sûr le chantier des rémunérations et je suis totalement d'accord avec ce que le dernier intervenant a dit c'est à dire attention de pas jeter le bébé avec l'eau du vin et du bain pas du vin pourquoi du vin et donc en effet de perdre les financements de notre notre Sécurité sociale. Il faut ouvrir le chantier des conditions de travail, revenir sur la pénibilité et tout cela. Revenir sur, y compris la loi El Khomri et les ordonnances Macron qui ont fait perdre du pouvoir aux salariés, évidemment, et dont le bilan est absolument calamiteux. Quand on regarde, on a maintenant des évaluations là-dessus assez... assez clair deuxième chantier très important ouvrir le chantier de la des classifications et de la valeur sociale des métiers. On a 6 800 000 personnes qui font des métiers essentiels, c'est 30% des salariés qui ont des salaires hyper bas. On ne peut pas continuer comme ça, il faut mesurer cette valeur sociale, c'est un travail super intéressant à faire, et revoir les classifications. Et puis le troisième chantier, et on avait un débat ce matin avec les jeunes socialistes, et on est arrivé à peu près à cette conclusion, que le chantier le plus important, c'est de redonner du pouvoir aux salariés, et de leur redonner du pouvoir. comment ? D'une part, par exemple, en donnant des pouvoirs de veto, beaucoup plus de pouvoir au CSE, et puis d'essayer, comme dans les pays nordiques ou en Allemagne, de mettre en place la co-détermination, c'est-à-dire, sur le chemin d'un plus grand pouvoir, peut-être plus tard, donné encore aux salariés, mais la co-détermination, c'est-à-dire des droits de veto et plus de pouvoir au CSE et beaucoup plus de gens. On écrit un petit bouquin avec Éric Heyer et Pascal Lockyer, qu'on propose notamment d'aller... vers un tiers, voire la moitié des représentants des salariés dans les conseils d'administration, parce que ce qui est essentiel, c'est de redonner du pouvoir aux salariés et à leurs représentants.
Merci. Juste avant de passer la parole à Milly, je trouve que ton absus était intéressant, parce qu'attention à ne pas donner l'impression de pouvoir transformer l'eau en vin. Je trouve que c'est une belle image sur la question du salaire brut et du salaire net.
Moi, je vais me concentrer plutôt sur l'aspect dignité et accessibilité du travail. Comme je vous le disais, nous, on déploie des programmes qui permettent à des personnes qui...