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Oui, le projet est adressé à tous les Français. Pourquoi ? Nous ne sommes plus dans la situation d'il y a 10 ans ou 20 ans où il y avait une bipolarisation gauche-droite. Nous sommes devant deux extrêmes qui prétendent arriver l'une l'autre au second tour. Le monde a changé, et je commence par là. Par rapport à ce qui était l'époque qui fut la mienne quand j'ai exercé la plus haute fonction, le monde d'aujourd'hui, c'est deux guerres. En ce moment même, nous parlons des bombardements qui s'effectuent aussi bien sur l'Ukraine que dans le détroit d'Hormuz. C'est un président des États-Unis qui est aujourd'hui devenu un adversaire. C'est Vladimir Poutine qui continue des agressions, y compris sur le territoire européen. On voit ce qui s'est passé en Allemagne il y a quelques heures. Donc ça suppose
d'installer un homme d'expérience ?
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de prendre en compte l'enjeu de l'élection présidentielle. C'est pas simplement ce que va être la vie des Français, ça c'est l'essentiel, le pouvoir d'achat, les retraites, l'économie, comment nous arrivons à nous désendetter, parce que ça va être la question aussi majeure au cours des prochaines semaines, c'est de savoir quel va être l'enjeu. Et l'enjeu c'est pour la France, mais aussi c'est pour l'Europe et pour le monde. Et pour le citoyen français qui peut se dire, bon, oublions le monde, mais non. Ce qu'il va faire, le citoyen, la citoyenne, là, en votant au mois de... mai 2027 s'est déterminé l'avenir non seulement de sa propre nation mais l'avenir de l'europe et c'est ça que j'essaye de faire à travers effectivement ce qu'on peut appeler une expérience mais aussi ce que je crois être le surligner ce qui est le débat fondamental qui va arriver l'année prochaine
on revient dans un instant sur ce que contient ce livre Mais on commence par ce qu'il ne contient pas, cette fameuse déclaration de candidature. Les premiers extraits ont été publiés dans Le Point avec ce titre en une pour l'accompagner, l'embusqué. Ce qui rappelle la métaphore du matou posté près de la cheminée que vient de citer Patrick. C'est ce que vous êtes en embuscade, embusqué, avant de pouvoir livrer une bataille électorale si besoin.
Je ne suis ni un chasseur qui attendrait le passage de quelques gibiers que ce soit, même si sur certaines cibles on aurait envie de tirer, mais je ne suis pas non plus, même si, je ne veux pas être dans les comparaisons animalières, je ne suis pas non plus un gros chat, même pas un petit chat, je suis désolé. Non, je pense que la vie politique n'est pas un jeu, c'est un enjeu. Qu'est-ce que j'avais à faire ? pour les mois qui viennent. J'ai été président de la République. J'ai assouvi, si je puis dire, une ambition. Mon destin est quand même largement derrière moi. J'ai un âge où on ne prétend généralement plus... Non, mais ce que je veux dire, c'est que j'ai accompli. Vous avez l'âge d
'être un recours.
C
'est la stratégie de recours. Je
donne d'abord aux Français et aussi à ma famille politique, puisqu'elle va en débattre. Je trouve qu'il faut lui l'alimenter en idées, parce que c'est un projet. J'offre un projet. Et ensuite, je donne un rendez-vous. que j'ai fixé et équivaut d'ailleurs pour l'ensemble des familles politiques oui au mois de décembre la droite aura savoir quel est son champion parce qu'elle aura forcément à écarter un certain nombre de prétendants et à se retrouver enfin ça serait normalement le but est pour le pôle social-démocrate après la primaire le vainqueur aura une dynamique où il n'en aura pas et de toute façon il faudra se retrouver on leur enfloie comme on pourra. Mais moi, ce que je peux déterminer déjà, c'est que je ne suis pas là dans une obsession, une volonté d'écarter ou d'empêcher. Au contraire, je veux qu'il y ait un rassemblement large, pas simplement d'ailleurs autour du candidat socialiste, social-démocrate. Je pense qu'il faut maintenant unir. Pourquoi j'ai appelé ce livre « Unir » ? C'est parce que nous ne sommes plus dans les schémas, dans les bipolarisations d'autrefois, dans les clivages. Là, il faut s'adresser aux Français. Qu'est-ce qui se passe en ce moment ? C
'est un conseil que vous avez prodigué, Emmanuel Macron. Vous le racontez à un moment de votre conversation à la station de pouvoir. Exactement. Lui,
en 2017, il était élu dans une certaine circonstance. Il prônait le dépassement. Son devoir eut été de créer une large coalition. Il ne l'a pas fait. Il a préféré décomposer des partis qui sont d'ailleurs largement employés et de créer sa propre famille politique qui a aujourd'hui disparu. Eh bien, je vous dis, le prochain président de la République, s'il n'est pas Rassemblement national. il aura à chercher un élargissement. Il aura à chercher une coalition qui ira au-delà de sa famille politique. C'est ça l'enjeu. Et ça ne sera plus la présidence, y compris celle que j'ai exercée. Présidence ou que j'avais appelée normale, d'autres avaient appelée hyper-présidence. Il devra... prendre de la hauteur, précisément parce qu'il y a les événements du monde, parce qu'il faudra que la France pèse, parce que nous aurons… – De plus être un
Premier ministre encore, un super Premier ministre. – Et laisser
le gouvernement travailler avec une majorité qui devra se recomposer, mais c'est ça, la hauteur qu'il faut prendre aujourd'hui, parce que c'est suffisamment grave pour qu'on attende du président de la République, c'est d'ailleurs l'esprit de la cinquième. dans sa formation originale, c'est-à-dire un président qui préside mais qui donne les orientations, qui fixe la ligne, et puis ensuite il y a un gouvernement, et puis il y a des partis politiques ou des familles politiques qui se recomposent et qui font une majorité, une coalition pour
gouverner. Est-ce qu'on peut rentrer dans le détail de ce que vous proposez ? Et qui, je le disais pour une bonne part, prend à rebousse-proil le programme socialiste tel qu'il a été dévoilé il y a quelques mois. Alors sur les retraites, vous commencez le chapitre en critiquant l'antienne qu'on entend souvent, les Français devront travailler plus. Mais c'est ce que vous proposez aussi. Vous ne pensez pas que les Français devront travailler plus face à la situation dégradée des comptes publics ? Je pense qu'il doit y avoir. Plus de Français
au travail, c'est un peu différent. Ou on fait travailler les mêmes, ceux qui sont déjà dans l'activité. Et ceux qui, quelquefois, n'en peuvent plus. Soit parce qu'ils ont travaillé longtemps, c'est le problème de la retraite avec la pénibilité, soit parce qu'ils sont déjà dans des entreprises, dans des secteurs où on leur demande beaucoup. Je pense au secteur industriel comme au secteur hospitalier. En revanche, il y a 1,5 million. Retenez bien ce chiffre, 1 500 000 jeunes de 15 à 30 ans qui ne sont ni en emploi ni en formation. Et à un moment où la démographie connaît un fléchissement, on a absolument besoin de faire travailler ces jeunes-là et de les qualifier autant que possible. C'est pour ça que je dis, le grand enjeu, si on veut rassembler, unir, le grand enjeu par rapport précisément à tout ce que nous avons à faire, c'est la jeunesse, l'éducation, l'orientation, la qualification et le travail. De la même manière, il y a des seniors, comme l'on dit, qui... sans atteindre l'âge de la retraite, sont aujourd'hui en inactivité. On parlait des arrêts de maladie de plus de 6 mois. On sait qu'au bout d'un certain nombre d'arrêts de liés, ils ne reviennent plus au travail. Donc il faut faire retour au travail sans avoir besoin d'allonger le temps de travail de ceux qui travaillent déjà. Alors sur la retraite, qu'est-ce que je dis ? Je dis qu'on est aujourd'hui, c'est ce qu'ont d'ailleurs obtenu les socialistes, ils ont obtenu la suspension de la réforme des retraites. On est donc à 63 ans au 1er janvier 2028. On part de 63 ans. Et s'il faut équilibrer, la démographie va nous y conduire, parce que le vieillissement... Donc s'il faut équilibrer, c'est reprendre ce que j'avais commis comme réforme moi-même et en méthode, allonger la durée de cotisation. Il faudra travailler plus longtemps pour avoir sa retraite à 63 ans. Ceux qui ont commencé tôt... Ils pourront partir à 63 ans. Ceux qui ont commencé tard, ils devront assurer la durée de cotisation.
Et enfin, je demande à... – Les socialistes ont obtenu aussi le gel de la réforme touraine et c'est celle-là que vous
voulez reprendre. – Oui, celle-là, je pense que celle-là, il faut la dégeler. – Il faut la dégeler, oui d'accord. – Puisque j'étais moi-même à l'origine de cette réforme. Donc je considère qu'il faut continuer à allonger la durée de cotisation selon... les espérances de vie. Et comment faire ce travail ? Le confier aux partenaires sociaux. C'est ce qu'ils font pour les régimes complémentaires. C'est ce qu'il faut pour le régime général.
Juste une appréciation politique. Vous avez eu la Une de l'Humanité ce matin. Au secours. Est-ce qu'on peut la voir ? Elle est assez amusante. En stigmatisant à la Une un projet très loin de la gauche. Est-ce que vous... Vous admettez ce positionnement tel que je l'ai dit tout à l'heure. Je suis socialiste, je suis de gauche.
Je donne d'ailleurs un certain nombre d'éléments de propositions quand j'insiste sur l'éducation, l'école, sur la justice fiscale. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, il faut regarder les choses telles qu'elles sont. La gauche, tout bien pesée, c'est quoi ? 30, 32%, 35% ? Je peux en témoigner. Pour être président de la République, il faut quand même 50 et un peu plus. Donc il faut aller chercher, non pas des électeurs de droite, c'est d'aucun sens, des électrices et des électeurs tout simplement. C'est pour ça que je dis qu'il va falloir unir parce qu'il faut rassembler. Et comme il y a deux parties, l'extrême droite et LFI, qui ne cessent de diviser le pays, et c'est là que les Français sont assez contradictoires. Ils aiment la discorde, ils sont même tentés par la radicalité, on le voit bien, ils sont tentés par le changement, etc. Et en même temps, ils ont peur... de la confrontation, d'une forme de guerre civile froide. Donc c'est ça que j'essaie de leur dire. Être président de la République... C'est unir autour d'enjeux essentiels. J'ai cité à la jeunesse, je devrais dire aussi la transition écologique, la lutte contre le réchauffement et l'investissement dans les nouvelles technologies. Parce que c'est là qu'il faut assurer la productivité.
François Hollande, en 2011, vous étiez prêté au jeu de la primaire. On connaît la suite. Aujourd'hui, vous avez décidé de boycotter la primaire PS Place Publique qui se tiendra mi-octobre, contrairement à Raphaël Glucksmann, Olivier Faure ou Ségolène Royal, entre autres, qui sont candidats. royale qui a été interrogée sur BFM sur votre refus, votre absence de ces débats.
dites qu'il faut quelqu'un qui ait de l'expérience. Est-ce que ça ne plaide pas aussi en faveur d'une candidature de François Hollande ? Mais pourquoi pas ? Moi je me réjouis toujours quand il y a du potentiel politique qui est capable de faire des offres de services. Mais lui on sent qu'il prend son temps ici. C'est son choix, c'est son choix qui est tout à fait respectable. Commençons par la primaire. Moi je crois toujours que le débat et le vote c'est quelque chose de fondamental dans le fonctionnement d'une démocratie.
François Hollande, vous nous confirmez, malgré votre scepticisme vis-à-vis de cette primaire, que vous irez y voter et que vous soutiendrez publiquement un candidat
'abord, je respecte la primaire. Je pense qu'elle n'est pas forcément au bon moment. Il aurait fallu sans doute attendre encore un peu. Deuxièmement, on peut attendre. Il y a encore huit mois. Je vous préviens, ça va être dur. Vous la respectez, mais vous ne participez pas. Néanmoins,
vous voterez. Bien sûr
que je voterai parce que c'est une première étape. Et il y aura une seconde étape qui sera celle du rassemblement à la fin de l'année. avec le candidat ou la candidate qui sera choisie pour savoir quelle est la meilleure formule pour gagner. Vous soutiendrez plus rapidement ce candidat ? L'idée, c'est quand même de gagner l'élection. Ce n'est pas simplement de faire un résultat, d'arriver dans le troisième, quatrième. Votre sentiment, là, Raphaël, Lucran,
il fait un bon début de campagne ?
On va voir, oui. Il a des idées qui ne sont pas étrangères. Nous sommes assez proches, d'ailleurs. Ça vaut pour d'autres candidats ou candidates. Mais ce qui compte, c'est la dynamique qui sera capable de prendre. Pourquoi la primaire ? Vous parliez de 2011. Il y avait eu 3 millions de personnes qui étaient venues. C'est beaucoup.
On comprend que c'est une primaire rétrécite pour vous. Et
là, c'est une primaire étroite qui n'empêchera pas la qualité de ce qui sera échangé. Et deuxièmement, dans une primaire, et je peux en témoigner, même quand on la gagne, ce qui a été mon cas, il y a des coûts qui sont échangés. C'est jamais bon. En plus, je vais dire, moi je suis un ancien président. J'avais déjà refusé la primaire quand j'étais moi-même chef de l'État parce qu'on voulait me l'imposer. Ce n'est pas maintenant que je vais y rentrer. Vous dites qu'une primaire, ça abîme,
François Hollande. Vous dites que vous respectez cette primaire. Néanmoins, entretenir le suspens sur votre candidature, dites que vous allez attendre décembre pour prendre votre décision. Est-ce que ce n'est pas déjà parié sur l'échec du vainqueur de la primaire ? Non,
moi j'ai depuis longtemps dit que ce serait en décembre. Ça sera en décembre.
Ou prendre le risque de
le laisser s'installer. Mais bien
sûr. Mais tant mieux s'il y a quelqu'un qui s'installe et qui crée la dynamique. Si en plus il reprend mes propositions, il aura d'autant plus de chance.
En décembre 2016, on n'oublie pas, vous aviez renoncé à vous présenter à l'élection présidentielle. Dix ans plus tard, l'histoire ne pourrait pas se répéter.
En 2016, oui, il y avait déjà un candidat, si vous vous souvenez, qui était Emmanuel Macron, qui compliquait le jeu. Et deuxièmement, on voulait m'imposer une primaire. Je trouvais que c'était absurde pour un président de la République sortant, aller dans une primaire. Peut-être aussi pour un ancien président. Aller dans une primaire, ce n'est pas forcément ce qu'il faut. Alors qu'est-ce que je dois faire ? Je dois laisser la primaire se dérouler et faire en sorte que des idées puissent s'y débattre. Mais ce que je dois faire, c'est alimenter. Et c'est le but de ce livre. Le but du livre, c'est de livrer aux Françaises et aux Français mon appréciation de la situation et mes propositions. Et je souhaite qu'ils puissent s'en inspirer.
Nouveau Monde, Nouvelle Gauche, il sera disponible dès demain en librairie. Vous restez avec nous.