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Je pense que vous avez tous un peu fait ça ce soir en disant est-ce qu'ils sont d'accord ou pas ? Mentalement, on a tous
fait ça.
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Je dois avouer qu'il y a une colonne qui est un peu plus remplie que l'autre ce soir, c'est celle des convergences, ce qui m'a un peu surpris, mais pas tant que ça finalement. J'en ai noté quelques-unes, je ne vais pas toutes les faire. Contre le RN, vous êtes sur la même ligne. Sur l'urgence écologique, vous êtes sur la même ligne. Le protectionnisme, Gaza, la colonisation, la taxation du patrimoine, la niche fiscale, la nuit du 4 août. Bon, vous dites état généraux, nuit du 4 août, mais on est quand même un peu dans la même symbolique. J'ai trouvé quelques désaccords. Vous en avez parlé, CPE et autoroute, mais on va dire qu'il y a prescription là-dessus. Vous avez manifesté, mais c'est fini, vous avez presque oublié. Et taxe carbone, mais on est quand même un peu dans le détail, est-ce qu'on l'a fait avant ou après les aides ? Et gel de la dette, mais vous n'êtes pas non plus lancé les micros à la figure là-dessus. Bon, on l'a fait après les aides. On va le faire après les aides. On ne fait pas ça à découvert. 'où la question, qu'est-ce que vous faites de tout ça ? François Ruffin, Dominique de Villepin, vous êtes candidat ou quasi-candidat aujourd'hui. Dominique de Villepin, vous venez de la droite, mais vous êtes, selon la formule désormais acquise, l'homme de droite préféré de la gauche. François Ruffin, vous venez de la gauche. Et vous êtes toujours à gauche, mais une partie de la gauche... Quand on prône le CNR, on prône le dépassement. Mais une partie de la gauche vous reproche parfois d'être de droite. Ça vous fait peut-être des points communs. Vous prenez tous les deux le dépassement des clivages. Pour remettre la France à flot, dépassement des clivages. Vous en appelez même à l'esprit de la résistance et au Conseil national de la résistance. C'est pas rien, on va en parler dans un instant. Ma question est très simple. Est-ce que vous pourriez travailler l'un avec l'autre ? Dominique de Villepin. Alors
oui, et
je m
'entraîne tous les jours. Je ne revets pas mon petit tutu rose pour m'entraîner à la barre et me préparer à faire le grand écart. Mais je crois qu'il n'y a pas de politique sans capacité à réconcilier et à se soumettre à une règle. Moi, je suis un ardent défenseur de la règle républicaine. Une règle qui est complètement oubliée par la politique, à droite et à gauche. L'intérêt général. Il y a un intérêt à défendre en France aujourd'hui, si l'on veut que le train fou de l'histoire ne déraille pas dans les bras du Rassemblement national. Je vous propose qu'on demande à l'autre partie...
Est-ce que vous aussi, François Ruffin, vous pourriez, sans rentrer dans les conditions, je ne vous demande pas si ce serait derrière Dominique de Villepin, devant, à côté, qui serait le Premier ministre de l'autre, mais est-ce que vous pourriez faire un bout de chemin ensemble
? On est dans une salle des mariages, c'est notre premier rendez-vous Tinder.
Je ne suis pas mère. Il paraît que c'est dans cette salle qu'a été prononcé le premier mariage de même sexe. C'est un petit détail. Un petit
pax. Je ne sais pas si vous avez déjà préparé le pax, mais disons qu'on se renifle. Moi je... Je... Je... Je...
Je... Je ne voyais pas ça comme ça. Non. Non, mais la métaphore canine est très parlante.
Je pense à la fois à un diagnostic partagé et à un horizon qui a des points communs. Le diagnostic partagé, c'est sur les défis que la France a affrontés. Le défi productif, pas de grand pays sans grande industrie et sans une agriculture qui assure son autonomie. Le défi démographique. On a de plus en plus de personnes âgées dont il faut s'occuper, et le défi climatique, et on est ici à l'Académie du climat, qui suppose d'à peu près tout transformer, les logements, les déplacements, l'industrie, l'énergie, la culture, l'agriculture. L'horizon commun, c'est faire France ensemble. Il y a un an, je publiais un papier sur maintenant, peut-être qu'il faut passer du Front populaire au CNR, le Conseil national de la résistance. Le Conseil national
de la résistance, 43, les gaullistes, les communistes, et pas qu'eux, à la même table. Et
un moment, quel était ce moment ? C'était le moment où la France était rasée. Plus de ponts, plus de routes, les bâtiments dévastés, mon coin... C'était un moment aussi d'une faillite des élites qui avait trahi.
'étrange défaite.
L'étrange défaite. Vous savez quand Emmanuel Macron a amené Marc Bloch au Panthéon, je me disais c'est quand même le président de l'étrange défaite qui fait entrer au Panthéon l'homme de l'étrange défaite. Parce que là c'est l'homme qui tranquillement par résignation, comme on glisse sur la pente du pire, amène Marine Le Pen à l'Elysée. Et sur le défi climatique, nous n'avons rien essayé. Rien n'est essayé. D'abord, on ne s'est pas ennuyé ce soir. Non, mais c'est un truc. La politique, ça peut être tellement gros ou non.
Je vous prends au mot sur le Conseil national de la résistance, parce que vous aussi, Dominique de Villepin, vous dites qu'il faut un Conseil national de la résistance. Et ne vous vexez pas, mais c'est un peu tarte à la crème. Attendez, j'en suis pas venu à ma question. Qui vous mettez autour de la table ? Qui n'est pas invité ? C'est ça ma question. Il n'y avait pas tout le monde au Conseil national. C'est important de savoir avec qui on veut reconstruire la France. Est-ce que vous invitez les insoumis ? Est-ce que vous invitez le RN ? Ou est-ce que vous vous arrêtez à vous
? Prenez votre temps pour répondre. Ils étaient 17 autour de la table au CNR, au 48 rue Dufour. Il y a 17, Jean Moulin qui organise, et là il y a des syndicalistes, des partis politiques, et il y a, on oublie parfois, les mouvements de résistance. Il n'y a pas tous les partis politiques. Il n'y a pas tous les partis politiques, c'est vrai. Enfin disons qu'il y a des
communistes gaullistes,
ce qui fait une belle brochette et qui nous offre, à mon sens, la référence des communistes aux gaullistes. Je pense que déjà, on a une belle partie de l'essitier politique. Mais, qu'est-ce qui se passe ce jour-là ? Il y a un sacrifice qui est fait. Il n'y a pas d'acte historique sans sacrifice. La nuit du 4 août, il y a un sacrifice. Quand le vicomte de Noailles monte pour prendre la parole, certes, c'était un Jean-Santerre, c'était un cadet, mais... Quand il dit on va mettre fin aux privilèges des personnes et des biens, il y a le duc d'Aiguillon qui vient derrière, qui lui est beaucoup plus riche et qui fait la même démarche, même s'ils feront racheter les biens en question. Mais il y a un sacrifice. Et au CNR, il y a un sacrifice qui est d'abord fait par les résistants. Parce que les résistants, à juste titre, ils pouvaient penser que les partis politiques et les syndicalistes, ils avaient failli dans l'étrange défaite. Et les résistants, c'est eux qui acceptent, pour ainsi dire... De céder le bâton aux partis politiques, aux syndicats, à tous ceux qui prendront le pouvoir à la libération. C'est dire qu'il n'y a pas de grandeur sans renoncement. Il n'y a pas d'histoire sans sacrifice. Et c'est cela qui fait... Qu'à un moment donné, on sait qu'il se passe quelque chose. Parce que discuter, gentil gentil, ami ami, et se dire, qui a gagné ce soir, je m'en suis plutôt bien tiré, j'ai marqué un point, on me connaît un peu plus partout en France, c'est pas 6%, c'est 8%. Ça, c'est du calcul. On arrive à un moment de notre histoire où il faut avancer sans calcul, en prenant tous les risques. Personne ne sait qui sera encore vivant. à l'heure de la victoire, c'est-à-dire en mai prochain. Peut-être que l'un d'entre nous aura pris une balle entre les deux yeux. C'est ça la politique. Mais, nous savons... Pourquoi vous dites ça ?
Parce que
c'est la vérité des campagnes présidentielles. La politique. Bien sûr. Je préfère être clair. Je vais vous dire, politique ou autre, si j'en crois les menaces que j'ai subies depuis maintenant, depuis 2023. Tout est possible quand vous vous engagez en politique. Vous prenez un risque et vous faites un sacrifice, et pas seulement vous, vous et votre famille. Donc moi je ne suis pas là ce soir en me disant qu'est-ce que je gagne. J'ai la chance d'avoir créé un parti où tous ceux qui sont avec moi ne se posent pas la question de qu'est-ce que je gagne, qu'est-ce qu'il y a pour moi, combien de places, combien de ministres. Et on voit bien que toute la classe politique est en train de jouer, non pas... L'élection présidentielle. Ils ont tous compris ou acquis que Marine Le Pen allait gagner. Ils jouent les places pour les prochaines législatives et puis les autres élections. Moi, je refuse cette fatalité-là. Et le prix qu'il faut payer, eh bien il faut le payer. Et c'est là où l'intérêt général l'emporte. Et c'est là où la politique, moi qui n'ai jamais été élue, j'en ai retenu une chose, c'est celle de notre histoire. C'est qu'à un moment donné, la politique, ça se paye comptant. Ça se paye avec le prix d'une vie, le prix d'un engagement. Si on n'est pas capable de faire ça, aujourd'hui, il faut faire autre chose. Parce qu'aujourd'hui, c'est l'histoire avec un grand H qui s'écrit, pas avec un petit H et pas avec des bonbons acidulés et quelques bravos dans une salle. Qu'est-ce que vous êtes prêt à sacrifier
? Vous parlez de sacrifice.
Qu'est-ce que vous êtes prêt à sacrifier, vous ? Moi, je suis prêt à sacrifier toutes les ambitions. Tous les rôles qui permettront à la France de gagner. Je ne suis pas là pour savoir ce que je vais avoir pour moi. Je m'en fous. Je m'en fous. Alors vous me direz, c'est facile, il a 72 ans, il n'a qu'à attendre et puis... On n'a rien dit. Voilà, ce ne serait pas permis. Bon, mais vous l'avez pensé. Non. En tout cas, moi je vous dis que tout ce que j'ai appris de la politique, c'est qu'à un moment donné, il fallait être capable de jouer avec ce que l'on est. Et de risquer ce que l'on est. Parce que c'est ça l'histoire. En 1943, effectivement, Jean Moulin, en 1945, il n'est plus là. Bon, Brossolette, il n'est plus là. Et par contre, les partis politiques, ils sont encore là.
Personne risque sa vie, là. Mais ce que je vous dis, monsieur... Là, vous êtes en train de... On a l'impression... Mais oui, mais est-ce que vous êtes... Alors, peut-être que vous allez me démonter. Non, mais parce que vous êtes journaliste. Vous êtes journaliste. Et vous ne voyez
pas ce que les hommes politiques et les femmes politiques dans notre pays perdent. C'est moi qui vous posez la question.
Oui, mais j'ai compris. Je sais ce que les hommes politiques et les femmes politiques et parfois les journalistes payent. Ça arrive. Est-ce que vous êtes en train de dire que vous sacrifiez tout ce que vous avez maintenant ? Votre carrière ? Une belle carrière.
Une carrière, des intérêts. Moi, je ne fais pas mes propositions fiscales en fonction de la constitution de mon patrimoine. C'est pas mon sujet. François Ruffin est débuté sur
ICAR. Il a moins à sacrifier que vous. Vous nous dites que vous sacrifiez beaucoup de choses pour vous présenter, c'est ça ? Pour être le président ? Non, je sacrifie
parce que je crois que... Vous pourriez ne pas être président ? Non, parce que je crois que l'intérêt général mérite à un moment donné qu'on ne se mette pas au premier rang. On n'est pas là pour soi. Donc je n'ai pas dans ma démarche ce soir d'ambition personnelle. Je n'ai pas de calcul stratégique pour savoir qui sera en haut de l'affiche. Charles Lazinbourg a tout dit là-dessus. Et donc ce n'est pas une question de calcul. Je vous propose qu'on laisse Jean Boulin de
côté quelques minutes, qu'on revienne en 2026 à cette idée de CNR bis. Même question François Ruffin. Pour refonder la France, pour éviter ce que vous disiez tout à l'heure avec Dominique de Villepin, l'arrivée des extrêmes à l'Elysée. Jusqu'où vous êtes prêts à dialoguer ? Qui est autour de la table ? Pour ne pas que ce soit la hénienne tarte à la crème de « je suis l'homme du dialogue, je peux faire du en même temps » et parler aux deux rives.
Reposons le cadre. Le train de la fatalité est un train qui, aujourd'hui, amène Marine Le Pen à l'Elysée. Donc, comme disait Roosevelt, il faut essayer quelque chose. Le peuple ne nous en voudra pas d'avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé. Donc on doit essayer. Et on doit essayer en mettant le bazar, en ce que chacun ne reste pas dans son couloir. Les cocos, les écolos, voilà, chacun... avec son petit pourcentage. Moi, ça ne m'intéresse pas. Je note que
comme Dominique de Villepin, vous vous arrêtez, je reprends vos mots, au coco. Ça s'arrête là.
Oui, ça a son importance. Je vais vous dire, moi, je ne pense pas comme ça. Moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est une ligue des dérailleurs. Ceux qui veulent faire dérailler le train. Et je pense aujourd'hui plus. Je pense plus aujourd'hui à des figures. qui se sont détachés. Alors évidemment, Fabien Roussel est le bienvenu, les communistes étaient là en 1943, et je le dirai, Fabien reste dans ton coin. Dominique de Villepin acquiesce.
On continue.
Mais au-delà de ça, j'ai pas envie de faire une liste de noms, mais un Jean
-Marc Jancovici
sur la question du climat, il a besoin d'être là. Dominique de Villepin acquiesce. Une Natasha Polony sur la question de la souveraineté, elle a besoin d'être là. Un Thomas Piketty sur la question de la fiscalité, il a besoin d'être là. Un Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'il peut être là ? Une Julia Cagé sur la question de la démocratie a besoin d'être là. Donc voilà, je pense qu'aujourd'hui, il y a des figures... qui se disent, on a besoin de secouer le truc. Et en fait, il y a un profond désir de ça. Chez les Français, je sens un désir d'autre chose. Alors, ils ne savent pas quoi. Mais il y a le désir de secouer ce bazar-là. Je note,
il y a beaucoup de personnalités. De gauche, dans les noms que vous venez de citer, est-ce que vous pouvez en citer qui sont de l'autre rive ?
Je dirais que c'est à Dominique de Vittepin de nous aider autour de la table. Ça s'appelle refiler le ballon. Là, on fait une liste. C'est vous qui êtes parti dans la liste tout seul. J'ai demandé un nom. C'est vous qui l'avez demandé, monsieur Fauvel. Nous, on n'a pas fait d'hypocrite pendant la soirée, alors commencez pas. Il vous a chargé de la mission. Je veux dire un mot. Il faut que quand même, le Conseil national de la résistance s'en repartir de ça. mais ce n'est pas juste un barrage républicain où on se met ensemble pour barrer la route à l'extrême droite. C'est un projet, c'est un horizon. Donc il faut quand même qu'il y ait un horizon qui soit partagé. Je le résume en un mot, moi, c'est protéger. Il y a un devoir aujourd'hui de protéger les Français. De protéger les Français sur leur niveau, de protéger les Français sur leur emploi, de protéger les Français face au changement climatique, ce devoir de protéger. Et je mets trois piliers. mets la réparation écologique, je mets la justice fiscale, je mets la souveraineté nationale. J'aurais tendance même... A y mettre des mesures en se disant que le but c'est quoi ? C'est pas d'avoir des trucs qui passent à 51%, c'est qu'aujourd'hui il y a des mesures qui au fond sont assez consensuelles chez les Français. Où on peut les embarquer où il y a 80%. Moi ce que je reprochais plus à Emmanuel Macron quand il a fait la réforme des retraites, c'est évidemment il y a la cause sociale. Mais à ce moment-là où le peuple français a traversé la crise Covid, la crise des gilets jaunes, la guerre en Ukraine, on lui met en péril l'unité de la nation. En prenant une mesure contre tous les syndicats unis, contre 40% des salariés et vraisemblablement contre une majorité à l'Assemblée. Donc il faut chercher quelles sont les mesures aujourd'hui qui vont retrouver un large assentiment, qui ne vont pas être le parti du déchirement national, parce que le rassemblement national, ce n'est pas le rassemblement national, c'est le déchirement national. Il faut chercher comment on peut rassembler le plus large possible. Mais si je dis indexation des salaires sur l'inflation, aujourd'hui c'est 80% des Français qui sont pour. Si je dis référentum d'initiative citoyenne, c'est 80% des Français qui sont pour. Si on dit retour d'un impôt de solidarité sur la fortune, c'est 80% des Français qui sont pour. Donc il y a des mesures comme ça qui peuvent embarquer, renouer la confiance, faire qu'on se remette en marche. Alors bon, il n'a pas tout préempté quand même, on a le droit de dire en même temps et en marche. Mais faire France ensemble vers un horizon. Ça rappelle
quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Dominique de Villepin, vous avez eu 2 minutes 30 pour... nous dire avec qui vous pourriez faire ce bout de chemin. François Ruffin a eu cette expression tout à l'heure en disant « Lui et moi, on se renifle ». En ce moment, il a donné quelques noms de ses personnalités qui pourraient
réfléchir
ensemble. Il faudra m'expliquer ensuite si c'est avant, après l'élection, ce que ça pourrait être.
Ce qui est très embarrassant, c'est de citer des noms de personnes avec lesquelles on dialogue. Non, si, si, avec lesquelles on parle, mais de les jeter en pâture et donc de les embarrasser et de les gêner. Je pourrais vous citer un certain nombre de membres et de figures des Républicains. avec lequel j'ai travaillé, des gens comme Jean-Louis Borloo dans les partis centristes et beaucoup d'autres. Beaucoup de figures du monde syndical qui ont aussi été des figures qui ont rassemblé les Français et auxquelles les Français font confiance. Donc je crois qu'il y a dans la société civile, dans le monde politique, à droite, à gauche, au centre, il y a des énergies qui sont prêtes à se mobiliser. Le drame, c'est que notre système est aujourd'hui dominé par les partis politiques et par l'esprit de boutique. Donc chacun voit ce qu'il peut gagner dans la perspective des élections présidentielles et des législatives derrière, qu'elle est sur le petit réchaud, la tambouille qu'on peut préparer et qui permettra de survivre jusqu'aux prochaines élections. Ce n'est pas ma démarche parce que je crois que nous sommes dans un double moment central. Premièrement, parce qu'il y a ce risque du RN, mais cela ne suffit pas. Nous sommes dans un moment de transformation du monde. Si nous ne prenons pas le bon train de l'histoire et non pas le train fou, nous verrons notre pays s'effacer. Et de l'Europe. Et de l'histoire du monde. Moi, je ne peux pas accepter le rétrécissement français, le déclassement des Français. Et je prends en compte la fierté de nos compatriotes. Ils veulent appartenir à un pays qui compte dans le monde. Pour cela, je souscris pleinement au pilier que met en avant François Ruffin. Protéger, bien sûr, la sécurité, c'est un élément essentiel. Il faut le faire dans le cadre de quelque chose qui peut rassembler très largement les Français. Je pense que l'ordre républicain est un mot d'ordre qui peut rassembler tous les Français. Nous sommes dans une société qui est insécure, nous sommes dans une société où les services publics ne sont plus à la hauteur de nos espérances, où la justice ne répond pas comme elle devrait, où la sécurité de nos forces de l'ordre n'ont pas toujours les moyens de faire respecter cet ordre républicain. De la même façon, je pense qu'il y a un deuxième pilier et qui est aujourd'hui la clé, et c'est pour vous dire à quel point j'y attache de l'importance compte tenu de l'itinéraire qui a été le mien, la justice sociale. On ne fera rien. Et c'est pour cela que je veux ouvrir les niches fiscales et sociales. Il faut convaincre les Français que nous allons vers plus de justice. Et pour aller vers plus de justice, il faut renoncer à l'opposité, il faut renoncer à la rente, il faut renoncer à un certain nombre de privilèges qui aujourd'hui... retiennent notre pays. Et puis il faut espérer pour nos enfants. Moi, je n'accepte pas que mes enfants aient un avenir moins bon que celui que j'ai pu avoir. Et donc, de ce point de vue-là, le progrès écologique, la capacité à relever le défi du progrès économique à la fois sur le plan des nouvelles technologies et sur le plan d'une croissance qui pourrait offrir à la France un avenir en Europe, je crois qu'il y a là des pistes de travail qui peuvent rassembler les trois quarts de l'échiquier politique.
Il nous reste quelques minutes seulement. Je voudrais vous entendre tous les deux sur un mot qu'on a entendu ces derniers jours dans le débat public, qui est le mot de désobéissance. En cas de victoire du RN à l'élection présidentielle, plusieurs responsables de gauche... Je vais essayer de citer précisément leur mot pour pas qu'il y ait de mauvaise interprétation. Marine Tondelier, la patronne des écologistes, dit « J'espère qu'il y aura des désobéissances ». Mathilde Panot, chef de file des députés insoumis, dit qu'elle respectera le résultat des élections, mais qu'elle résistera... De toutes les manières. Est-ce que, d'une façon ou d'une autre, vous considérez, si Marine Le Pen arrive à l'Elysée, que vous aurez à résister ? François Ruffin.
je me refuse à répondre à cette question. Je me refuse à me placer dans cette hypothèse. Je le dis tout. Nous essayerons tout pour faire dérailler ce train de la fatalité. S'il ne déraille pas. Les si, on verra demain. Là, je ne mène pas la bagarre pour après mai prochain. On me la mène d'ici là, et pas seulement pour que le Rassemblement national n'arrive pas au pouvoir. J'entendais Dominique Vipin qui parlait de sacrifice. Je veux avoir un autre ton, si vous me permettez. Je veux parler du bonheur. Que ça ne soit pas seulement dans une forme de résistance, de contre, de tout ça. Je pense qu'on a eu du plaisir ce soir. Là, il y a de la joie aussi à faire de la politique. Et les Français ont une grande joie à faire de la politique. Mais il faut que ce qu'on propose aux Français, ça ne soit pas seulement un truc de recroqueveillement, mais une aspiration. Qu'ils se disent en 2032, on vivra mieux.
L'histoire de France nous a instruit de ce qu'étaient les grands rendez-vous, qui étaient ceux de notre pays. Et notre pays n'a pas l'habitude de se dérober. Et donc l'esprit de résistance, bien sûr, dans le cadre de la République, dans le cadre de la démocratie, mais ça veut dire aussi ne pas accepter que cette République puisse être dévoyée. Et nous avons aujourd'hui des exemples. Aux Etats-Unis, nous l'avons eu en Hongrie et dans d'autres pays européens, des exemples de dévoiement où la société civile, la société politique est étrangement restée inerte. J'avoue personnellement que je suis très surpris de voir à quel point Donald Trump vit en absence totale d'opposition intellectuelle, politique, et je trouve ça scandaleux. J'estime qu'il y a un devoir. de dire quand on voit la science être déboulonnée, quand on voit les universités être déboulonnées, on ne reste pas sans rien faire. Moi je ne peux pas accepter par exemple que le référendum en France puisse être dévoyé et qu'on puisse avoir toutes sortes de référendums ou de révision de la constitution pour faire passer un changement de régime totalement dans des règles républicaines. Et on voit bien qu'il n'y a pas seulement aujourd'hui dans la contamination de notre pays, il n'y a pas seulement le Rassemblement National. On voit qu'il y a aujourd'hui, y compris chez un certain nombre de républicains, des gens qui tiennent un discours qui veut flatter les populismes et qui marque ce dévoiement, ou en tout cas ces risques de dévoiement, quand on préconise la suppression du droit du sol, des références aussi fondamentales. Là vous faites allusion à Edouard Philippe, à Mayotte. Mais je pourrais prendre Gabriel Attal pour ce qui concerne la remise en cause du droit international ou Bruno Retailleau pour ce qui concerne l'état de droit. flirte par démagogie politique. On estime à un moment donné que tout vaut d'aller gagner quelques votes. Moi j
'estime que... Je vous écoute et je me dis qu'il y a de moins en moins de monde autour de la table. Si vous enlevez... avez dit des gaullistes au coco, là vous venez d'enlever Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau. La table se vide. Mais Marc Favelle, c'est pas les chapeaux
à plumes. C'est pas les chapeaux à plumes dont nous parlons. Excusez-moi, mais si vous mettez Gabriel Attal ou Edouard Philippe autour de la table, moi je suis plus là. Ben oui, moi non plus. mais...
Oui, il y a erreur de casting. On ne parle pas des chapeaux à plumes. Nous parlons du cœur de la politique et du cœur de la société civile. C'est pas un nouvel en même temps. C'est autre chose. C
'est pas un nouvel en
même temps. Donc, le milieu huit
membres va devoir choisir entre Dame Gabriel Attal et moi, quand même. Mais, non, plus ça, quand je pose le diagnostic d'une faillite des élites, je suis sérieux. Donc il nous faut des gens qui ont fait finalement une forme d'autocritique en profondeur, qui voient la cupidité, la médiocrité des élites qui nous gouvernent aujourd'hui et qui disent on ne va pas s'en sortir par du bidouillage, par du rafistolage, par du ravaudage. Il faut une grande remise à plat dans notre pays. Ceux qui nous ont menés à l'impasse n'ont pas de place dans
ce rassemblement.
Alors on a cité Charles Aznavour, on a cité Charles Trenet.
Syntex, Baudelaire, Karl Marx.
On avait évoqué au début de cette rencontre qu'il fallait qu'il se passe quelque chose. Moi, j'ai l'impression qu'il s'est passé quelque chose ce soir. Je ne sais pas ce que le public en pense.
On a pris du plaisir, c'est vrai, vous avez raison, François Ruffin.
Il y a même eu de la joie, effectivement. On n'a pas tout à fait fini, on a allègrement dépassé notre timing, mais bon, on l'avait anticipé. Peut-être, est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? Est-ce que vous pouvez nous le dire
Non, mais là, on croirait vraiment qu'on est à la fin d'un date, là. Bon, alors, je lui envoie un SMS ou pas ? Comment elle va réagir ? Je le redis, je pense qu'il y a un diagnostic partagé, il y a un horizon commun, et il faut se remettre autour de la table, il ne faut pas se remettre autour de la table tout seul, et avec une arme, l'arme qui permet de lever les gens, et c'est l'espoir. C'est pas de dire ça va être terrible et ainsi de suite, c'est l'espoir. C'est l'espoir de vivre mieux. Et c'est pour cela qu'on
esquisse ce soir, et personnellement c'est comme ça que je terminerai, on esquisse ce soir sur la possibilité d'une alternative à ce qui est la politique comme avant. Aujourd'hui, nous avons le choix entre des radicalités ou la poursuite du macronisme sous d'autres formes. Moi, je refuse l'impasse. Oui, même à gauche, parce qu'ils pensent le système exactement de la même façon. C'est les mêmes variables, c'est les mêmes mesurettes, rien ne change.
Vous avez vos 06 entre
vous. Rassurez-vous. Et donc, aujourd'hui, vous avez raison de vous tourner vers nous pour dire, et maintenant, mais moi je me tourne vers la salle et je me tourne vers les Françaises et vers les Français, je me tourne vers les réseaux sociaux, je me tourne vers le citoyen. Qu'est-ce que veulent les citoyens ? Ils veulent qu'on fasse comme avant ou est-ce qu'ils veulent que cela change ? Est-ce qu'ils pensent qu'on peut faire de la politique autrement ou est-ce qu'ils croient que les jeux sont faits ? Eh bien, il est où le bonheur ? Comme dit Christophe Maé, on va rajouter Christophe Maé dans la salle. Il est où le bonheur ? Eh bien, le bonheur, il est dans le combat.
Marc a des petites obligations sur BFM. Donc il nous quitte et...
Marc
travaille à la télé, donc il faut qu'il rentre à la télé.
D'abord, je dirais... Dominique De Villepin a dit combien il n'avait plus rien à perdre, combien, finalement, je disais, il faisait ses sessions d'avec son camp et possiblement d'avec sa classe. J'ai dit que j'avais tout à perdre, mais que j'étais prêt à le perdre. Oui, et que finalement, il était prêt à porter un programme qui ne servirait pas ses intérêts particuliers. Je veux dire que, pour ma part, je n'ai pas vocation à faire carrière dans la politique. Voilà, j'ai été reporter avant, je serai reporter après, on est maintenant. Et maintenant, je dis, il faut tout essayer. Et essayer aussi de péter les cloisons et que chacun ne reste pas dans son couloir.