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Autre question qu'on souhaitait aborder avec vous parce que c'est aussi l'actualité du jour. Ce matin, Emmanuel Macron présidait une nouvelle conférence nationale du handicap. À cette occasion, il a dévoilé plusieurs mesures. Parmi elles, l'accessibilité au transport, l'accession à l'emploi, mais aussi l'accession à l'école et simplifier la vie des enfants et des parents. Avant de recevoir notre invité sur la question, je vous propose d'écouter le chef de l'État.
souhaitons que dès la rentrée 2027, l'éducation nationale, partout sur le territoire, nos rectorats engagent, et le travail a commencé dès maintenant pour pouvoir y parvenir, un rapprochement progressif des dispositifs autour d'un projet de réussite unique de la maternelle au lycée pour simplifier la vie des familles, garantir la scolarisation de chaque enfant au sein de l'école. Et au fond, c'est de pouvoir accompagner les élèves et les familles. tout au long de leur parcours et ne pas leur faire subir les changements de classe, d'établissement ou de cycle, mais que tout ça soit piloté de manière continue. Dès la fin de cette année, nous lancerons donc les travaux d'une nouvelle stratégie nationale pour l'autisme et les troubles du neurodéveloppement pour la période 2027-2032, 3 priorités. mieux repérer et accompagner dès le plus jeune âge, ça, c'est la poursuite de l'effort déjà fait, et j'insiste sur le mieux accompagner, qui est un point clé pour que la prise en charge se fasse au plus tôt, dès le diagnostic fait, qui est le point où on s'est beaucoup amélioré. Deuxièmement, c'est renforcer les réponses pour les adolescents et les adultes. Et troisièmement, c'est apporter davantage de solutions aux situations complexes.
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Voilà, le chef de l'État qui s'exprimait sur le dernier extrait que vous venez d'entendre à Bobigny sur la question de l'autisme. Bonjour Jérémy Bourrois. Bonjour. Merci d'être en direct avec nous. Vous êtes le président du Conseil national consultatif des personnes handicapées. Vous venez de Bobigny, vous étiez avec le chef de l'État à cette CNH, la Conférence nationale du handicap. Est-ce que finalement ces grands rassemblements servent à quelque chose ? Je pose une question particulièrement provoquante exprès.
Écoutez, ça arrive que ça serve à quelque chose. Je pense à la CNH de 2023, il y a trois ans, un peu avec les mêmes personnes d'ailleurs, qui avait permis une impulsion réelle sur les trois ans qui ont suivi, puisqu'il y a un certain nombre de chantiers qui se sont engagés. Notamment, je
vous coupe, mais je vous laisse la parole de suite après, le remboursement intégral des fauteuils roulants, l'intégration. des demandeurs d'emploi handicapés aux droits communs. Ce sont des avancées qui viennent de ce 23 avril 2023.
Exactement. On a aussi la déconfiguration de l'allocation aux adultes handicapés. On a un certain nombre de réformes, notamment à l'école. D'autres choses qui avaient été annoncées et qu'on attend encore. Ce matin, même configuration, même personne, et peut-être, je crois, peut-être moins de perspectives. Autrement
dit, Emmanuel Macron avait promis une accélération en 2023. Trois ans plus tard, qu'est-ce qui a réellement changé dans la vie quotidienne des personnes concernées ?
Alors je pense qu'il est encore malheureusement trop tôt pour se poser la question. S'il y a un certain nombre de choses qui ont été faites, comme je pense à la réforme des fauteuils roulants, dans la vie des personnes, l'accessibilité peine encore à tenir ses promesses. L'école qui concerne de plus en plus d'enfants en situation de handicap continue de poser un certain nombre de difficultés pour plusieurs. plusieurs enfants. La question de l'emploi, même si le taux de chômage des personnes handicapées a baissé un peu, c'est vraiment appréciable, il y reste néanmoins trop élevé et source de contraintes et de frustrations chez beaucoup de personnes.
Dans le bilan qu'on peut relever, il y a une question qui a sans doute été engagée mais qui n'est pas complètement aboutie. Vous parliez de la situation de l'école, les AESH, ces personnes qui accompagnent effectivement les enfants en situation de handicap. Il y a une réforme en cours du métier et on est quoi ? Amis par cours au milieu du guet ?
on est au milieu du game et surtout, on doit aujourd'hui penser des choses autrement. Vous avez le réflexe vous-même de me parler des accompagnants, des AESH, qui ont un rôle absolument essentiel. Néanmoins, aujourd'hui, la priorité, c'est de repenser les choses pour qu'on puisse avoir en France une école. Une seule école, celle de l'éducation nationale, qui soit la même pour tous les enfants. Et que les enfants, qu'ils soient handicapés ou non, puissent aller à la même école. Et ça, ça suppose une transformation très importante pour que l'école devienne elle-même accessible. Que les enseignants soient comportés dans leur mission, qu'ils soient accompagnés, qu'ils soient formés, qu'ils soient attaqués quand ils ont besoin. Et qu'on puisse peut-être... Un jour, envisager une décroissance de ce nombre d'AESH, ce n'est absolument pas une fin en choix. L'accompagnement individuel doit rester autant que possible. On doit faire en sorte que cette école soit d'emblée accessible. Il y a une annonce qui a été importante, il faut la souligner, le président a confirmé le déploiement en France des pôles d'appui à la scolarité pour que l'année prochaine, tout le territoire soit couvert de ce nouveau dispositif qui a pour objectif de simplifier l'accueil des enfants, parfois avec leurs familles en fonction de l'âge, pour que tout de suite, dans l'école, On trouve les aménagements, les solutions, les aides, sans avoir besoin de dépendre forcément. Une notification de l'AMDPH, c'est quelque chose qui peut parfois prendre des mois. Donc il y a un changement qui est en cours, mais il suppose que tout le monde peut-être résonne un peu autrement, apprenne à faire confiance à l'école, apprenne à faire confiance aux enseignants, à condition que les enseignants soient aidés. Et peut-être qu'à un moment donné, on se dira que ce n'est plus le handicap qui provoque l'éclusion de l'école. C'est vraiment important.
Vous parleriez d'une école
inclusive en devenir encore ? Je ne parlerai pas d'une école inclusive, je ne cherche pas à la qualifier. Il y a besoin de mettre un terme. C'est l'école pour tous et l'éducation nationale qui doit pouvoir avoir la pleine responsabilité. Nous sommes en France le seul pays où nous avons deux organisations parallèles. L'éducation nationale pour les uns et un système qu'on appelle médico-social. Pour les autres. Donc il faut réussir à faire en sorte que ce médico-social, qui est plein de ressources et d'expertise, vienne au service du droit commun, directement dans l'environnement ordinaire de l'école. Puisque chaque enfant, c'est vraiment important de le savoir, chaque enfant a la possibilité d'apprendre, de progresser au milieu des autres.
C'est ce que j'allais vous dire, parce qu'une rentrée réussie, on est en période de rentrée scolaire, ça n'est pas seulement un enfant atteint de handicap. scolarisé à l'école. C'est aussi un enfant atteint de handicap capable d'apprendre, de vivre avec ses camarades et d'avoir une vie la plus
classique possible. Tout à fait. Ce que vous appelez une vie plus classique, c'est aussi avoir des rêves, des envies, des projets et de pouvoir se projeter. Tout à fait.
a parlé de cette promesse du gouvernement sur les fauteuils roulants intégralement remboursés à plus de 280 000 personnes. en ont déjà bénéficié. Est-ce que c'est pour vous la preuve qu'une promesse politique peut réellement changer la vie des gens, très concrètement ? Parce que là, c'est une action très concrète.
Alors, on a là, avec cette réforme-là, la démonstration, effectivement, qu'une décision peut avoir un impact sur la vie des personnes. Néanmoins, n'allons pas trop vite, nous devons encore... peaufiner un petit peu la réforme. Il y a beaucoup de personnes qui ont, grâce à cette réforme, eu un poteuil, mais beaucoup d'autres qui n'ont pas encore pu en profiter parce qu'il y a encore des ajustements à faire. Donc, n'allons pas trop vite. On va
aller plus loin. Je sens derrière que vous voulez parler de la compensation du RET à charge qui
doit être une garantie. Je parle précisément du photogoulant. sur la possibilité des personnes d'avoir le fauteuil qui correspond à leurs besoins. Donc il y a tout un mécanisme, on ne va pas développer ici, qui est propre à l'assurance maladie et qui doit pouvoir s'adapter à la réalité des personnes, à la réalité de leurs besoins, pour que la prise en charge soit bien la prise en charge du fauteuil dont les personnes ont besoin.
Il y a aussi les questions d'accessibilité qui reviennent sans arrêt. On a l'impression que ça fait des décennies qu'on en parle. C'est exact, vous me confirmez. Et ça n'est toujours pas réglé. Il y a des contrôles, les choses ont avancé, mais il y a encore des ERP, donc des établissements recevant du public, public ou privé, qui ont été repérés comme n'étant pas... des lieux accessibles. Il y a très peu de sanctions qui sont prononcées. Est-ce qu'il faut que l'État soit
plus contraignant ? Tout à fait. Vous dites qu'il y a un certain nombre de RP qui ne sont pas accessibles, mais monsieur, c'est beaucoup plus de la moitié qui ne sont pas accessibles. Donc, des établissements qui sont hors la loi. Donc, ça, c'est un métal-chut faux en tant que je n'ai pas suffisamment encore entendu aujourd'hui. L'inaccessibilité est un délit. Les obligations d'accessibilité relèvent de la loi. C'est clairement défini. Et en fait, on fait comme s'il n'y avait pas d'obligation. François Bayrou, il y a donc plus d'un an, a demandé formellement au préfet d'engager une campagne de contrôle et de sanctions. 23 sanctions. 23 tensions. Ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas ce niveau d'engagement qui va faire prendre conscience aux acteurs publics et privés que maintenant, on a fini de rigoler et qu'il faut vraiment appliquer la loi et que c'est la condition à l'autonomie de tous enfants.
Justement, on en est à beaucoup de promesses et quelques résultats, on les a cités. On pourrait en citer d'autres, effectivement. Mais quand même, Emmanuel Macron affirme aujourd'hui vouloir passer d'une société... inclusive à une société pleinement accessible, avec une stratégie 2026-2029 et un suivi trimestriel. Mais en fait, qu'est-ce qui vous garantit, qu'est-ce qui nous garantit que cette promesse ne va pas connaître le même sort que certaines promesses faites en 2023 ? D'autant que, je me permets de le dire sans faire trop de politique avec vous, mais que Emmanuel Macron, qui avait fait du handicap une grande cause nationale... est en fin de mandat. Dans quelques mois, il ne sera plus là. Qu'est-ce qui engage son
successeur ? Alors, je vais vous répondre sur ce dernier point. La Conférence nationale du handicap, elle est prévue par la loi. C'est la loi qui dit qu'elle doit se tenir tous les trois ans. Donc, peu importe. finalement, les débuts de mandat, les fins de mandat, les élections, il faut qu'on puisse respecter ce temps précis de programmation, de planification des actions qui sont nécessaires en France. Donc, que ce soit la fin d'un mandat ou le début d'un autre, j'ai envie de dire, ce n'est pas notre sujet. La CNH d'aujourd'hui doit effectivement planifier les choses pendant trois ans. Et donc, c'est ce que je retiens, moi, précisément de l'intervention du président aujourd'hui. Qu'est-ce que tout doit être ? C'est cette annonce d'une stratégie nationale d'accessibilité. C'est la première fois.
avec des dates, 2026 -2090. C'est la
première fois. Et c'est la première fois qu'on emploie ce terme de stratégie. C'est la première fois qu'on invite à définir son contenu. C'est la première fois qu'on envisage. Donc, en tout cas, c'est ce que j'en comprends, la mobilisation de ressources et d'acteurs pour que les objectifs soient atteints. Vous avez senti du volontarisme politique chez le chef
de l'État aujourd'hui à Montigny.
Maintenant que ça a été diffusé, je ne doute pas que nous aurons dans les prochains jours un programme de travail pour définir cette stratégie. Les choses vont quand même, je pense, j'espère, être davantage cadrer. Le TNCPH avait préconisé une opération de type Notre-Dame de l'accessibilité pour qu'on puisse, dans un temps court, terminer le travail. en France et faire en sorte que tout ce qui n'est pas fait soit rattrapé. Donc c'est déjà un petit peu le cas où on a défini les priorités avec les écoles, les collèges, les lycées, les communautariats, les gendarmeries, les hôpitaux et les tribunaux pour que d'ici trois ans, je crois précisément, nous ayons terminé le travail. Donc ça, ce sera à tout un chacun de vérifier que c'est bien le cas. Alors
je vous propose, on parle d'accessibilité, je vous propose d'écouter le chef de l'Etat à nouveau sur l'accessibilité dans le sport. Emmanuel Macron aujourd'hui à Bobigny.
souhaitons également que la France soutienne dans les prochains mois auprès du comité international olympique une meilleure représentation de toutes les personnes handicapées aux grandes compétitions sportives, dont les Jeux paralympiques, et plus particulièrement la participation des personnes avec un trouble. du neurodéveloppement, du développement intellectuel dans la trisomie 21.
Voilà le chef de l'État. C'est vrai qu'on a tous vibré lors des Jeux paralympiques de Paris. C'était un moment de liesse, un moment de solidarité aussi. Et en même temps, il y a encore des freins. Il y a encore dans le monde du sport beaucoup de choses à faire.
Tout à fait. Je retiens néanmoins que c'est peut-être une des réussites. La visibilité du Parasport est là, notamment sur vos chaînes, sur les chaînes publiques. Il y a un effort qui est fait et qui est vraiment appréciable. Et quand il y a eu la finale du championnat d'Europe de Tessie Foot il y a quelques jours, je me suis dit, finalement, on n'en a jamais autant parlé. Donc ça, c'est peut-être un des héritages très intéressants de la mobilisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, qui par ailleurs a été un moment exceptionnel en termes d'accessibilité. Ça a entraîné un mouvement, une dynamique où tout le monde a voulu réussir ce rendez-vous, y compris en termes d'accessibilité.
Jérémy Bourrois, une dernière question. Emmanuel Macron arrive quand même en fin de trimestre, même si c'est la rentrée scolaire, puisqu'il a fini son deuxième mandat. Si vous deviez lui mettre une note, puisqu'on est en période de rentrée ? Sur ces questions de handicap ?
Je reconnais la mobilisation de ce président en particulier sur les sujets qu'il a identifiés. Il est à l'aide pour parler d'école, il est à l'aide pour parler des sujets qui concernent l'autisme et les troubles du nérodéveloppement. Il a été un soutien. précieux sur beaucoup de choses. Néanmoins, la question en réalité n'est pas celle du président de la République. Moi, je veux vous dire autre chose. Nous avons un comité interministériel du handicap en France, le CIH, qui est le lieu qui est absolument nécessaire de mobiliser pour que tous les ministres travaillent régulièrement et puissent s'engager dans leur domaine. Or, le comité interministériel du handicap n'a pas été réuni depuis 18 mois en France.
Et il y a une instabilité gouvernementale qui doit aussi... Pas forcément. Merci en tous les cas Jérémy Bourrois, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées, d'avoir répondu à ces questions aujourd'hui en direct sur France Info.