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écoutez Europe 1, il est 18h34, je suis toujours entourée de mes débatteurs Gilles Boutin et Michel Fayad et je voudrais qu'on réouvre une nouvelle page politique en parlant de cette fois-ci de Bruno Retailleau, crédité de 6 à 10% des intentions de vote dans le sondage Ipsos BVA publié par Le Parisien ce matin. Il est plus dans les mêmes eaux effectivement dans le sondage également Opinion Way du journal du dimanche. Bruno Retailleau a assuré ce midi sur BFM TV qu'il ira jusqu'à la victoire. Je vous propose de l'écouter.
Eh bien, je vous l'assure, j'irai jusqu'à la victoire. Et je pense vraiment que cette victoire, elle est à portée de main. Les sondages sont ce qu'ils sont. Un journal du matin, il y a quelques jours, a fait justement une petite étude sur les cinq dernières élections présidentielles. Et il montrait qu'une fois sur deux, les sondages s'étaient trompés pour prédire le second tour. Je ne pense pas un seul instant que le duel entre Marine Le Pen et les filles, notamment Mélenchon, puisse avoir une adhésion des Français parce que ce sera la chiant libre.
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Alors Gilles Boutin, Bruno Retailleau assure qu'il ira jusqu'à la victoire. Il exclut tout ralliement à Gabriel Attal ou encore à Edouard Philippe. Déjà, est-ce que cette posture est tenable ? Et par ailleurs, est-ce que véritablement il a un espace politique
Déjà, la théâtralité de l'élection présidentielle fait que si vous commencez à vous montrer un petit peu fébrile sur votre capacité de victoire, ça ne sert à rien d'y aller. C'est normal d'être dans un discours maximaliste où on explique qu'on ne fera aucune concession, on ira jusqu'au bout. Jusqu'à ce que les circonstances exigent un rassemblement en responsabilité à peu près au mois de février. Je ne dis pas que c'est ce qui se passera pour Bruno Retail, c'est-à-dire s'il renverse la table et qu'Edouard Philippe se fatigue, que Gabriel Attal non plus ne parvient pas à percer. Comme il l'a dit, tout est possible. Cependant, ce qu'il dit aujourd'hui, sa promesse d'aller jusqu'au bout... On peut sérieusement en douter. Ah oui,
faut penser.
Cette promesse, oui, bien sûr, bien sûr, si ça ne décolle pas. Vous croyez que Bruno Retailleau va vouloir endosser la responsabilité d'avoir fait échouer le centre droit et d'ouvrir la porte au Rassemblement National et éventuellement à LFI ?
C'est vrai qu'un ralliement d'Edouard Philippe, en revanche, s'il se ralliait à Edouard Philippe, on fait de la politique fiction, ce serait quand même très compliqué à justifier, notamment parce que Bruno Retailleau, Michel Fayad, parlent très souvent de rupture, évidemment, et en fait ils se distinguent en disant, voilà, moi je n'ai pas été Premier ministre, j'ai été effectivement dans un des gouvernements sous Emmanuel Macron. mais j'étais ministre de l'Intérieur, par ailleurs, je n'ai pas pu faire tout ce que je voulais faire, etc. Est-ce que cet argument, ça peut quand même le distinguer du bloc central
Déjà, je ne pense pas qu'il puisse réellement se retirer facilement, parce que ça reste quand même le parti qui a créé la Vème République, même s'il a changé de nom, bien sûr, à travers l'histoire. Mais donc que les LR ne se présentent pas, qu'il n'y ait pas de candidat à l'élection présidentielle. ça serait quand même un coup énorme pour le parti lui-même.
Après le coup, la dernière fois, en 2022, quand ils ont fait moins de 5%, c'était bien gros.
Absolument, et d'ailleurs c'est un coup par rapport à ce qu'il vient de dire, parce qu'il dit « je vais gagner, je vais être au deuxième tour », tout ça. Enfin, Valérie Pécresse disait la même chose, et on sait comment ça s'est terminé. Mais il y a quelque chose aussi dans cette interview qu'il a dit, qui moi m'a bien dérangé, enfin il y a deux choses. Il a parlé d'inscrire la tradition judéo-chrétienne. Alors que peut-être qu'on devait l'entendre plutôt juste assumer les racines chrétiennes, tout simplement. Ce n'est pas contre les juifs, bien sûr. Simplement, il a cette tradition catholique et peut-être que son électorat attendait quelque chose de clairement chrétien. Pas par opposition aux juifs. Et l'autre chose, c'est sur le voile. Parce qu'il met sur le même tableau le voile et la kippa, alors qu'il n'y a aucun lien en réalité. Le problème du voile, c'est que ce n'est pas juste un signe religieux. normal, parce que quelqu'un qui met la kippa, il n'est pas en train de mettre une cible dans le dos de ceux qui ne l'ont pas. Alors que celle qui porte le voile, elle est en train d'appliquer une sourate, qui est la sourate 33, verset 59 du Coran, et qui dit en fait que si jamais vous êtes une femme musulmane libre, il vous est conseillé, enfin c'est pas écrit conseillé, mais il vous est demandé de porter le voile. pour montrer, pour signifier que vous êtes une femme libre musulmane, afin de ne pas être offensée. C'est ce que dit la sourate. Et lorsque vous lisez les explications de cette sourate par les plus grands savants sunnites, musulmans sunnites de l'époque, ils vous disent qu'en fait c'est pour ne pas être offensé par les hommes pervers. Donc tout simplement c'est pour ne pas être agressé sexuellement. Dire que la kippa et le voile, on les met au même niveau, c'est quand même assez dramatique de la part de Bruno Retailleau. On attendait autre chose comme distinction vis-à-vis du RN, si vous voulez distinguer du RN.
Surtout, là où il y avait la grande contradiction, c'est rappelez-vous quand même Bruno Retailleau, quand il était en face de 3000 personnes au Dôme de Paris, il a quand même... pas crié, mais il a scandé à bas le voile, donc c'est vrai que c'est quand même une certaine contradiction. C'est le syndrome
Beauvau, c'est-à-dire que dès que vous passez aux manettes, tout de suite ça vous... parce qu'en fait il a une conscience des réalités, c'est-à-dire qu'en tant que ex-garant de l'ordre, il a conscience des conséquences que cela aurait. Effectivement, il a raison de dire en fait que ce serait très difficile à appliquer, mais politiquement il se trompe. en pensant qu'il doit se présenter comme le garant d'une forme de raison, ou en tout cas de pragmatisme politique. Là, il se fait tailler des croupières par le RN, qui dicte le tempo du débat. Je crois que le RN lui-même était un peu fébrile sur la question.
Mais moi, ce que je critique, c'est qu'il met sur le même niveau la kippa et le voile, comme un peu la gauche mettait au même niveau la grande croix dehors, la kippa et le voile, ça n'a rien à voir.
Je vous rejoins, c'est de moins en moins compris, je pense, par les gens, parce que, plus personne ne se bat sur cette question ou ne débat au nom de la laïcité. Les gens sont plus conscients simplement de la question de la liberté des femmes. intrinsèquement et ne se demande pas si ça vise directement une religion. Mais c'est plus que la liberté de la
femme, c'est sa sécurité, comme j'ai dit, puisque la Soura dit justement que la femme, elle doit se voiler pour ne pas être offensée. Donc c'est une question, même pas de liberté, c'est aussi une question de sécurité. Après avoir
ouvert cette formidable page de société, merci Michel Fayad, alors qu'on parlait politique, mais quand même bravo à vous. C'est ce qu'il a dit lui
dans son interview.
Ouvrons une page internationale en parlant notamment de... l'Algérie. Le président algérien dont le pays observe un moratoire sur la peine de mort depuis 1993 annonce vouloir rétablir son application contre les pyromanes après les incendies meurtriers qui ont ravagé l'est et le nord du pays. Je vous propose de l'écouter.
Avant le 15 septembre, il faut qu'il y ait la modification du code pénal. Quiconque allume un feu volontaire sera condamné à mort. Vous réintroduisez la condamnation à mort.
Alors, le président algérien a ordonné au ministre de la Justice d'actualiser le code pénal, et vous avez des voix maintenant qui sortent, des défenseurs des droits de l'homme, qui redoutent notamment une extension de la mesure à d'autres crimes. Michel Fayad, le président Tebboune annonce le rétablissement effectif de la peine de mort. Comment on explique ce choix, alors que ça fait 30 ans qu'il y a justement un moratoire et que ça n'existe plus en Algérie
En fait, il y a deux choses. La première, c'est qu'on n'en a pas beaucoup parlé, mais effectivement, il y a eu... beaucoup de morts en Algérie à cause des incendies, de blessés, de destructions, notamment dans le nord-est de l'Algérie. Et il y a quand même le fait que la population algérienne demande à ce que les coupables, parce qu'il y a également des feux volontaires comme on en a eu chez nous, soient jugés et soient vraiment punis. Et donc pour le président algérien Tebboune, il est obligé de montrer à sa population qu'il va vraiment les punir de la manière la plus terrible possible pour justement... calmer la colère. Mais est-ce qu'il n'y a pas
quelque chose derrière où justement on se dit mais en fait il veut juste rétablir la peine de mort et en fait les petits romanes c'est un prétexte parce qu'il se dit que ça va se passer.
Bien sûr vous avez complètement raison parce que vous savez les gens ils font comme si Emmanuel Macron compris, ils font comme s'il n'y a jamais eu de Hirak et que le Hirak n'était uniquement contre Bouteflika à l'époque. Le Hirak c'est-à-dire le mouvement populaire algérien d'opposition il n'était pas tourné que contre Bouteflika, il était tourné à l'époque. contre le régime algérien, ce régime en réalité du parti unique, même si maintenant c'est plus tout à fait le parti unique, ils autorisent d'autres partis, mais en fait le système est verrouillé, d'ailleurs ça a été dit lors des dernières élections présidentielles, et bien ce système verrouillé par de fait un parti unique avec les généraux, l'armée qui contrôlent tout et les renseignements, les Algériens majoritairement n'en peuvent plus. Il y a quand même quelque chose qui est... dont personne aussi ne parle, c'est qu'on nous dit que les Algériens sont contre la France. Je ne parle pas du régime, je parle des gens. S'ils étaient majoritairement contre la France, pourquoi est-ce qu'il y en aurait tant qui viennent chez nous
sont peut-être pragmatiques parce qu'ils ont quand même un régime qui n'est pas capable d'assumer l'essentiel de ses responsabilités, c'est-à-dire de garantir une prospérité et la capacité. Alors qu'ils ont beaucoup d'argent. Alors qu'ils ont des réserves naturelles dont ils pourraient profiter. Mais ce qui rejoint la raison, c'est-à-dire que c'est un écran de fumée, cette annonce. C'est intrinsèquement de la com, c'est d'une part peut-être à destination de la frange islamiste, mais surtout pour cacher les incapacités de ce gouvernement. C'est plus facile de dire on va être extrêmement dur, on va rétablir la peine de mort pour les pyromanes, que d'expliquer qu'ils n'ont pas été capables de lutter efficacement contre des feux. Et ça c'est vraiment la spécialité du régime algérien depuis toujours, depuis son existence, c'est de sans cesse trouver des boucs émissaires. Et il se trouve que nous la France sommes souvent ce bouc émissaire tout trouvé en tant qu'ancienne puissance. coloniale, mais ce qui permet systématiquement à ce régime de ne jamais assumer ces impéristes.
Gilles Boutin, Michel Fayad, il est 18h43, vous écoutez Europe 1, nous revenons dans un instant. Pour parler, on continuera à parler d'international avec la visite d'Ursula von der Leyen au Groenland ainsi que de l'Ukraine. A tout de suite sur Europe 1.