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Merci d'être avec nous ce soir. Vous êtes candidat à la présidentielle, président du groupe Renaissance à l'Assemblée, ancien Premier ministre, avant d'évoquer les différents sujets qui impriment, qui rythment notre campagne présidentielle. Il y a ce soir un scrutin qui est qualifié d'historique et le mot vraiment n'est pas galvaudé. On attend de voir exactement quelle sera la portée, l'ampleur de la victoire du parti d'extrême droite AFD. Quels enseignements vous en tirez d'ores et déjà ce soir
'est un vrai signal d'alarme et là où vous avez raison, c'est qu'on doit en tirer des enseignements pour l'élection présidentielle qui s'ouvre en France. Qu'est-ce que ça dit finalement ce résultat ? La première chose, c'est que le barrage contre l'extrême droite, le pare-feu contre l'extrême droite, je ne sais plus comment ils l'appellent en Allemagne, n'est pas un projet politique. En tout cas, pas un projet politique suffisant pour que vous ayez une majorité d'électeurs qui viennent y adhérer. C'est exactement ce que je dis sur la campagne présidentielle qui s'ouvre. On a besoin de porter une vision des mesures concrètes pour changer le quotidien des Français. Et la deuxième chose, c'est qu'au fond, je crois que le message des électeurs, en tout cas les attentes des électeurs aujourd'hui dans la plupart des démocraties occidentales, c'est comment garder la main ou reprendre la main dans un monde qui change. Il y a des pays, la France en fait partie, l'Allemagne en fait partie. qui sont aujourd'hui, je crois, arrivés au bout d'un modèle face à ce qui se joue aujourd'hui dans le monde, le retour des empires, le retour du protectionnisme avec les droits de douane américains, la politique extraordinairement agressive de la Chine en matière commerciale et industrielle, les menaces sur notre sécurité avec la Russie. On doit réinventer notre modèle et on ne peut pas se contenter, comme malheureusement, je pense, l'a trop fait la coalition allemande. de proposer de bouger quelques curseurs par-ci ou par-là. Et moi, c'est aussi ce que je porte pour cette campagne présidentielle. On ne pourra pas se contenter dans cette campagne présidentielle d'expliquer qu'on va bouger un peu le curseur de l'âge de départ à la retraite, bouger un peu le curseur des aides aux entreprises pour baisser telle taxe. Non, on est au bout d'un modèle. Un modèle social, un modèle économique, un modèle sécuritaire, un modèle éducatif. Et l'enjeu, ce n'est pas d'appliquer des mesures de soins palliatifs sur ce modèle, c'est de changer profondément ce modèle.
Et je note, Gabriel Attal, que l'une des leçons politiques que vous tirez ce soir de ce raz-de-marie, en tout cas de cette large victoire, on verra l'ampleur, vous dites qu'il n'y a plus, que le barrage ou le pare-feu ne tient pas. Ça veut dire que pour cette élection, vous ne direz pas, vous n'appellerez pas ou vous ne direz pas que pour faire barrage au RN, il faut le faire avec un bulletin LFI. Ce que je dis,
c'est que le barrage n'est pas un projet politique. À qui le dites-vous ? À vous-même et à tous les autres ? Alors je le dis à tout le monde. Bien sûr. En tout cas, je le dis à tous ceux qui veulent éviter que la France insoumise ou le Rassemblement national l'emporte, en tout cas soit au deuxième tour, voire l'emporte, à l'occasion de cette élection présidentielle. Et donc je me l'applique à moi-même aussi. Là-dessus, je suis constant depuis que j'ai décarré ma candidature. C'est un changement quand même. C'est une rupture par
rapport à tout ce qui s'est dit, tout ce qui s'est fait, tout ce qui s'est énoncé par le bloc central. Je ne dis
pas à Sonia Mabrou qu'il ne faut pas empêcher la France insoumise ou le Rassemblement national d'être au deuxième tour et de gagner. Ce que je dis, c'est que ce n'est pas un projet politique. En fait, les Français... Ils attendent qu'on leur parle d'eux, qu'on leur parle du pays, qu'on leur dise où on veut l'emmener, qu'on leur parle de leurs problèmes quotidiens, qu'on leur dise comment est-ce qu'on va répondre à ces problèmes, plutôt qu'on soit, vous vous rendez compte, à huit mois de l'élection, simplement en train de tenir un discours consistant à dire on va se rassembler, on va s'organiser, on va vous demander de voter pour nous. pour empêcher les autres d'arriver au pouvoir. Ça ne marche pas, ça ne marche plus. Et donc, je porte, moi, une ligne différente dans cette campagne.
Malgré tout, vous portez une ligne, et ça, c'est sans surprise, assumée et affirmée anti-Rassemblement national sur le sujet de l'immigration et en particulier de ce... Protocole, cet accord, ce mémorandum, je le rappelle à titre symbolique, signé entre Jordan Bardella et le Brexiteur Nigel Farage. Vos mots ont été directs, vous l'accuser en somme d'agir contre les intérêts de la France. Monsieur Bardella vous a répondu, défendant l'accord sur le front, vous qualifiant vous-même d'immigrationniste. Vous pensez véritablement que c'est une erreur, une bourde de sa part
que tout le monde a compris que Jordan Bardella s'est fait rouler dans la farine. Totalement roulé dans la farine. Je pense qu'il voulait absolument pouvoir montrer qu'il s'affichait aux côtés d'une personnalité politique étrangère, en l'occurrence Nigel Farage, et qu'il s'est retrouvé à signer un accord qui est une capitulation totale de la souveraineté française et des intérêts de la France. sans même se préoccuper manifestement de ce qu'il y avait sur le fond de cet accord. Puisque quand même, ce que dit cet accord, c'est que finalement, la France deviendrait ce que le Royaume-Uni avait voulu faire avec le Rwanda. Vous vous en souvenez, ils avaient un projet qui consistait à dire que les personnes migrantes qui arrivaient au Royaume-Uni seraient renvoyées au Rwanda dans un camp. Ils considèrent dans cet accord qu'il faudrait faire ça avec la France. Donc voilà, c'est un symptôme supplémentaire, d'abord du niveau d'impréparation. du Rassemblement national, notamment sur les questions internationales, mais pas seulement celles-là. On pourra parler de l'Ukraine peut-être et d'autres sujets. Et c'est pour moi aussi le symptôme qu'il y a toujours quand même, à la fin, un réflexe du côté du Rassemblement national, qui est celui de la capitulation face à l'étranger.
Vous reconnaissez que c'est assez étonnant sur ce sujet de l'immigration, dont on peut dire qu'il est leur cheval de bataille depuis des années. Jordan Bardella, ici même sur BFM TV, a défendu l'accord. Et il dit cela, lui, Gabriel Attal, il dit parce qu'on va tarir en réalité les flux en amont, parce qu'on aura une politique migratoire de fermeté. La question, finalement, de ces migrants envoyés en France, et puis peut-être renvoyés, Susan, ne se posera pas.
Si elle ne se posera pas, ça sert à quoi de le mettre dans l'accord ? Ça sert à quoi d'écrire dans un accord « la France va récupérer toutes les personnes migrantes qui arrivent au Royaume-Uni » s'ils considèrent que la question ne se posera pas. Il fallait se contenter à ce moment-là du reste de ce qu'il y a écrit dans ce texte. C'est un vrai sujet, évidemment, l'immigration. Je l'ai dit à plusieurs reprises. Sur ce sujet-là, il y a un échec des dernières années. Vous prenez votre part, comme on dit souvent. J'ai fait partie de cette majorité, bien sûr. Je n'ai pas été dans les fonctions liées immédiatement aux questions migratoires, mais j'ai fait partie de cette majorité. On est ministre quand même. Bien sûr, mais je l'assume. Le fait est qu'aujourd'hui, on ne maîtrise pas suffisamment notre immigration, qu'elle soit illégale ou légale. Et donc là aussi, il faut changer le système. Moi, je ne crois pas qu'on en ait encore à se dire, on va prendre telle mesure, telle autre. Moi, je propose qu'on change notre modèle migratoire.
En passant par une immigration de travail, que vous défendez, que vous qualifiez. Mais Gabriel Attal, généralement, quand il y a une immigration de travail, et c'est vrai que les patrons, en partie, la demandent, la sollicitent. Et bien après, elle engendre une immigration familiale. Que répondez-vous à cet argument, finalement ?
Justement, moi je veux là, préférence travail, assumer que ce soit maintenant le cœur de notre politique migratoire, l'immigration de travail. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Vous savez que vous avez de très loin devant les autres motifs d'immigration, l'immigration étudiante, l'immigration familiale, l'asile, bien devant le travail. Mais l
'immigration de travail n'engendre pas l'immigration de famille. Mais j'y viens,
c'est pour ça que je propose aussi qu'on coupe le lien entre l'immigration de travail et le recomplement familial et qu'on change les règles du recomplement familial. vous avez des pays européens qui ont réussi à le faire. Vous avez des pays européens qui ont mis des conditions plus drastiques sur le regroupement familial, en termes de niveau de revenu qu'il faut avoir pour bénéficier du regroupement familial, la qualité du logement, le contrat de travail. Donc vous avez la possibilité de durcir ces règles-là. Mais encore une fois, moi, je ne fais pas partie de ceux, et pourtant c'est très populaire en ce moment, qui expliquent aux Français qu'on pourrait se priver d'immigration. On pourrait avoir quasiment une immigration zéro. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai pour des raisons économiques. Et par ailleurs, je le dis aussi, ce n'est pas vrai parce qu'un grand pays, c'est un pays qui sait accueillir.
Il y a une différence entre l'immigration de travail que vous proposez et l'immigration zéro. Où est-ce que vous placez le curseur ? Est-ce que vous dites qu'en France, est-ce que vous assumez de dire qu'il y a trop d'immigrés ? Ou est-ce que cette phrase vous choque et vous ne la prononcerez jamais ?
J'ai toujours dit une phrase, et vous avez fait référence au fait que j'ai été Premier ministre. J'ai dit dans ma déclaration de politique générale, quand je suis devenu Premier ministre, que la France devait accueillir moins pour accueillir mieux. C'est un peu langue de bois. Non, ça répond très concrètement à votre question. Ça veut dire qu'on doit accueillir moins. Parce que c'est ce qui nous permettra d'accueillir mieux. L'intégration et l
'assimilation sont en parlant depuis des années, mais derrière le
slogan, qu'est-ce que vous mettez ? Derrière le slogan, je mets encore une fois, on doit réduire l'immigration en favorisant l'immigration de travail. Et je vais même plus loin, je propose concrètement la manière dont ça va se faire. Je propose que tous les deux ans, les partenaires sociaux se réunissent, identifient les besoins de l'économie en matière migratoire, et qu'ensuite ces besoins de l'économie identifiée soient transmis au Parlement, et que le Parlement vote des quotas. tous les deux ans, des quotas d'immigration, pas des quotas indicatifs, des quotas limitatifs, des quotas par secteur économique et des quotas par origine aussi, par nationalité, parce qu'il faut qu'il y ait une immigration qui soit plurielle, si on veut qu'elle soit intégrable ou assimilable, selon le terme que vous préférez utiliser. Et ça, c'est des propositions très concrètes. Je propose qu'on importe le système par points canadien qui existe, où en fait, vous avez une personne qui souhaite immigrer en France, elle doit remplir un certain nombre de critères. contrat de travail, logement stable, maîtrise de la langue, respect des règles, absence de casier judiciaire, ça lui donne un certain nombre de points et elle peut immigrer si elle a ses points, évidemment si ses conditions s'arrêtent. Elle doit quitter le territoire national. Deux
arguments qui sont souvent opposés à cette proposition. Le premier, c'est que cette immigration de travail risque de détériorer les conditions de travail, les contrats, les salaires. Deuxième point, vous l'entendez ce premier point ? Deuxième point, et c'est souvent aussi ce qui est mis dans le débat public et politique, c'est intéressant d'avoir votre avis, dans un pays avec un taux de chômage aussi élevé, a-t-on véritablement besoin d'une immigration fut-elle avec des quotas ?
Je ne crois pas du tout. D'abord, l'immigration de travail. Ce n'est pas seulement l'immigration d'emplois non qualifiés ou peu qualifiés. On est content d'accueillir des ingénieurs, on est content d'accueillir des chercheurs, on est content d'accueillir des médecins, des professionnels de santé. Ensuite, vous avez des secteurs économiques dans lesquels les rémunérations sont plus importantes que les autres. Vous avez des difficultés à recruter en France et où donc il y a un recours à une main d'œuvre immigrée. Et donc, je ne suis pas d'accord avec ces arguments-là. L'essentiel... c'est que ce soit maîtrisé. C'est ça le sujet. Le sujet, c'est la maîtrise. Et je vais vous dire...
Donc ça veut dire que ça ne l'était pas il y a quelques mois, il y a quelques années, quand vous étiez au
pouvoir ? C'est forcé de le constater. On n'a pas réussi à maîtriser l'immigration suffisamment ces dernières années. C'est incroyable,
reconnaissez que cet aveu d'échec, il nous interroge. C'est-à-dire comment vous qui avez été au cœur de la machine, vous pouvez aujourd'hui nous dire « j'ai les moyens de sauver la France
». C'est peut-être surprenant dans la vie politique de reconnaître des échecs ou des erreurs. Mais moi, je pense que c'est nécessaire parce que les gens le voient, le savent. Il y a des réussites. On a réussi, par exemple, du point de vue économique, jusqu'en 2024 et la dissolution. On a réussi à faire baisser le chômage comme jamais en France parce qu'il y a une politique économique qui a permis cette baisse du chômage. On a réussi, je pense, à faire bouger un certain nombre de lignes en Europe. Ça, c'est l'action du président de la République. On a réussi à faire des mesures qui étaient importantes sur l'école, qui me tient à cœur, même si on est loin d'avoir réglé le problème de niveau et d'autorité à l'école. Il y a des mesures qui commencent à porter leur fruit, notamment le développement des classes. Mais sur les sujets régaliens
dont vous avez parlé, parfois le manque d'autorité, la maîtrise ou la non-maîtrise de l'immigration. Je le dis aussi
sur les questions de défense. Mais permettez-moi de vous rappeler le
verre à moitié vide aussi.
Moi, je suis lucide. Je ne vais pas raconter des histoires aux Français. D'abord, je ne vais pas leur... dire que j'ai rien à voir avec ce qui s'est passé ces dernières années, ce n'est pas vrai. Je ne vais pas prendre les gens pour des imbéciles. Et deux, je ne vais pas leur dire tout a été réussi, tout est bien, etc. Ce n'est pas vrai. Donc moi, je dis les choses telles que je les juge, telles que je les ressens. Et après, chacun fait son choix en fonction.
Autre sujet, là encore, qui a suscité la polémique, et le débat est légitime dans cette campagne présidentielle, Gabriel Attal, ce sont les propos tenus ici même par lui à lui, à la question qui lui a été posée sur l'aide à l'Ukraine. Allez-vous poursuivre l'aide à l'Ukraine si jamais vous arrivez au pouvoir ? Sa réponse a été nette. On coupe le revenu. Depuis ses propos, Jordan Bardala a tenté de tempérer ou d'expliquer la position, affirmant que non, la France allait tenir ses engagements. Êtes-vous rassuré
du tout. D'abord, j'ai été choqué évidemment par ses propos, mais je n'ai pas été surpris. On le sait quand même que le Rassemblement national défend les intérêts de Vladimir Poutine et du régime du Kremlin depuis le début de cette guerre et d'ailleurs bien avant cette guerre. On le sait qu'il y avait des députés du Rassemblement national qui étaient à l'invitation de Vladimir Poutine pour, soi-disant, observer des pseudo-référendums sur l'annexion de la Crimée, alors qu'on sait que ce n'était absolument pas des vraies élections. On le sait qu'ils ont voté contre tous les paquets de sanctions ou d'aides à l'Ukraine au niveau européen. On le sait, et ça a été rappelé par Charles Rodoy il y a un instant, qu'ils ont refusé de voter l'accord bilatéral que j'ai présenté quand j'étais Premier ministre au nom du gouvernement à l'Assemblée nationale pour soutenir l'Ukraine. Donc ce n'est pas nouveau. Le Rassemblement national est un parti qui défend les intérêts du régime du Kremlin. Vous voulez dire que
le candidat de la Russie, c'est Marine Le Pen
Bien sûr. Souvenez-vous en 2022. En 2022, elle avait sur ses tracts une photo d'elle « tout sourire » avec Vladimir Poutine. Et dans ses tracts, elle appelait, je cite, « à ce que la France noue une alliance militaire avec la Russie ». Ce qui veut dire Sonia Marouk. On ne peut pas revenir
en arrière et rappeler comment et combien M. Poutine a été reçu en grande pompe par M. Emmanuel Macron « tout sourire » également.
Non mais attendez, il a été reçu par le président de la République, souvenez-vous, avec des propos hyper très exigeants et très durs. Oui mais reçu quand même dans notre pays. Y compris sur les ingérences. Mais oui, mais y compris sur les ingérences. Et par ailleurs. Encore une fois, si Mme Le Pen avait été élue avec ce programme, ça veut dire que depuis le début de la guerre en Ukraine, on n'aurait pas soutenu les Ukrainiens pour résister face à la Russie. La France aurait soutenu la Russie pour agresser l'Ukraine. C'était ce qu'elle proposait, un accord militaire avec la Russie pour les soutenir dans leurs lignes internationales et dans leurs conflits. Donc, ce n'est pas une nouveauté. Est-ce que interroger
l'aide à l'Ukraine, ne pas remettre en question, interroger l'aide à l'Ukraine et son côté... Est-ce que c'est être poutinophile ?
C'est normal d'avoir tous les débats en France. Moi, ce que je veux que nos téléspectateurs comprennent, c'est que l'aide à l'Ukraine, ce n'est pas de l'humanitaire, c'est la défense de nos intérêts et de notre sécurité. Derrière l'Ukraine, il y a l'Union européenne. Si l'Ukraine tombe, Vladimir Poutine s'en prendra à un pays membre de l'Union européenne. Et à ce moment-là, on sera embarqué dans le conflit. Donc c'est ça qu'on cherche à éviter. Deuxième chose, moi, je suis probablement le candidat ou l'un des candidats qui connaît le mieux l'Ukraine. Je me suis rendu tous les six mois en Ukraine depuis deux ans. Je préside le groupe d'amitié France-Ukraine. Je peux vous dire, c'est quoi la stratégie de la Russie aujourd'hui ? Ils ciblent délibérément, au-delà des civils, les infrastructures énergétiques en Ukraine. pour que les Ukrainiens ne puissent pas se chauffer ou s'éclairer l'hiver et que la population soit obligée de lâcher. Demain, s'ils décident de cibler, ou si s'arrive par accident, une centrale nucléaire en Ukraine, qu'elle explose, Vous croyez que ça ne concerne pas les Français, la sécurité, la santé des Français ? Vous savez, le nuage de Tchernobyl, il ne s'est pas arrêté à la frontière. Et donc, à ce moment-là, si ça venait d'arriver, je peux vous dire que vous auriez des Français et des responsables politiques qui diraient « Mais comment vous expliquer qu'on n'est pas soutenu davantage l'Ukraine à l'époque pour éviter que ça arrive ? » Mais jusqu'où
alors va votre soutien ? Sergei Lavrov a dit ce soir que les propos allemands, qui clairement identifient ce qui s'est passé à l'aéroport de Leipzig, sont une attaque terroriste. Et il a dit « La possibilité d'une guerre, d'une confrontation directe est là ».
C
'est un autre
exemple que vous donnez. Vous avez quand même un drone chargé d'explosifs qui a failli exploser dans un aéroport allemand, donc à quelques centaines de kilomètres de chez nous. Et il a été établi que c'est la Russie qui était à l'origine de l'envoi de ce drone. Ça aurait pu arriver à Lyon, à Marseille, dans un aéroport français.
Donc demain, vous au pouvoir, quelle serait la réponse de la France et donc in fine de l'Union européenne ? Un pas de plus vers une confrontation mondiale ? Mais c'est la poursuite
du soutien à l'Ukraine. Ils ont des besoins, on leur apporte des réponses à ces besoins. L'Ukraine demande
près de 20 milliards d'euros supplémentaires, environ 25 milliards de dollars à l'UE, affirmation de l'ambassadeur de Kiev auprès de l'Union européenne. Nous sommes un État qui n'a plus de crédit, qui vit à crédit sans rien. Comment vous expliquez ce soir à ceux qui nous regardent, et qui sont comme vous, comme nous, et qui comprennent évidemment la tragédie que vivent les Ukrainiens, que eux vont devoir faire les efforts pour payer tout ça ? Non,
moi je propose qu'on fasse payer la Russie pour le soutien à l'Ukraine.
n'avez jamais été suivi dans cette proposition d'ailleurs,
par le président de la République ? Non, mais vous avez aujourd'hui 240 milliards, je crois à peu près, d'avoir Russes, d'argent russe, qui sont gelés sur des comptes bancaires qui sont en Europe. Moi je propose... qu'on saisisse, qu'on utilise ces avoirs pour financer le soutien à l'Ukraine. Que ce ne soit pas les Européens qui financent le soutien à l'Ukraine, mais que ce soit les Russes. Jusqu'à présent, effectivement, ça n'a pas été mis en place. Et donc, pour répondre à votre question très concrètement, si demain je deviens président de la République, je me battrai au niveau européen pour qu'on utilise ces avoirs russes pour financer le soutien supplémentaire à l'Ukraine.
Alors, autre sujet et autre polémique, décidément, c'est ce qui imprime ce début de campagne. C'est le sujet autour du voile, de l'interdiction du voile, Gabriel Ta, dans le service public, tel que précisé sur notre antenne par Jean-Philippe Tanguy. Depuis, cette proposition a fait l'objet elle-même de plusieurs déclarations, dont vous, vous estimez que ce n'est pas... D'ailleurs, est-ce que vous estimez que c'est inapplicable ou est-ce que vous estimez que c'est injuste, voire stigmatisant ?
C'est une très bonne question parce que je pense que depuis le début, on prend ce débat par le mauvais bout. Je trouve que le débat s'est concentré sur est-ce que c'est constitutionnel ou pas ? Donc est-ce que c'est possible ou pas ? Est-ce que c'est applicable ou pas ? Moi je pense que c'est pas le bon débat. La question c'est le choix de société qu'on veut pour la France. C'est intéressant.
Alors,
quelle société voulez-vous pour la France ? Moi, je défends une société de liberté et je défends la laïcité. Le voile est un symbole de liberté ? J'y viens. Je défends la laïcité. La laïcité, ça n'est pas l'interdiction des religions. Ça n'est pas la négation des religions. C'est la liberté de croire ou de ne pas croire et d'exercer un culte ou de ne pas exercer un culte. Et donc je ne suis pas favorable à ce qu'on interdise le port du voile, qui est la manifestation de l'exercice d'un culte, dont chacun peut penser ce qu'il veut. Je ne suis pas favorable à ce qu'on interdise qu'on envoie des policiers mettre des amendes. En revanche, ce que je veux, c'est que toutes les femmes en France puissent toujours avoir le choix et faire ce choix librement. Oui,
mais pardonnez-moi, vous n'êtes pas dans les cœurs, dans les maisons, pour vérifier si elles portent le voile, comme vous le dites, de leur plein gré ? Non,
par contre... pour avoir des garanties, en tout cas pour permettre que ce choix puisse s'exercer en conscience. On a un formidable outil qui est l'école de la République. C'est pour ça que j'ai toujours défendu l'école comme un sanctuaire. C'est pour ça que je défends la loi de 2004, l'interdiction du port de signes religieux dans nos établissements scolaires. Et je vais plus loin. C'est pour ça que je défends la protection de nos mineurs. Vous savez que je veux construire une bulle de protection autour de nos mineurs, de nos enfants qui font face. à toutes les attaques, à toutes les ingérences, que ce soit via les réseaux sociaux, la désinformation, le harcèlement, etc., et aussi des ingérences religieuses. Et c'est pour ça que je m'étais prononcé aussi pour l'interdiction du port du voile pour les fillettes.
Oui, parce que vous estimez, et c'est tout à fait logique, qu'une fillette, quand elle porte le voile, n'a pas le choix. Une fillette de 5, 6
ou 7 ans ? Même pour une adulte,
même pour une femme, Gabriel Attal, quand vous vous voyez une femme voilée dans la rue, c'est le cas régulièrement, ça a été le cas, on va voir d'ailleurs une séquence à la braderie de Lille, le voile pour vous... De quoi est-il le symbole ?
C'est un
étendard religieux ou pas
Bien sûr. C'est évidemment la manifestation d'une religion et ça n'est pas un symbole de liberté. Étendard.
Je n'ai pas dit simplement vêtement. Vous me dites oui à étendard religieux. Un étendard, il y a une forme de prosélytisme derrière. C'est
forme de revendication. Maintenant, vous le savez aussi, je pense qu'on connaît tous des personnes qui portent le voile. Vous avez des personnes... C'est peut-être aussi une question de génération parfois, je le dis, qui porte le voile par culture, par tradition. Mais encore une fois, si une femme décide librement de le faire... Je considère que ça n'est pas à la police d'aller la chercher. Je vais vous poser la question différemment.
Est-ce que certains, peut-être, se disent ce soir, mais si M. Attal n'est pas d'accord sur cette proposition, peut-être qu'il a peur d'émeutes, peut-être qu'il a peur de débordements, peut-être qu'il a peur d'affrontements en France, si jamais cette proposition pouvait passer. Vous savez,
quand j'ai décidé d'interdire le port de la baïa dans l'établissement scolaire, à l'époque, certains ont dit qu'il allait y avoir des émeutes. Certains ont dit qu'il y aurait des familles qui allaient venir s'en prendre aux chefs d'établissement. Certains ont dit qu'il y aurait des jeunes qui viendraient aux abords des établissements scolaires pour mettre la pression qu'il y aurait des émeutes. Il n'y a pas eu d'émeutes. J'ai pu mettre en place cette mesure et aujourd'hui, il n'y a plus de port de la baïa ou du camis dans les établissements scolaires. Êtes
-vous sûr que cette mesure perdura ? Je vous propose d'écouter ce qu'a dit Mathilde Panot. Elle était notre invitée tout à l'heure sur BFM TV.
'était absurde. Vous avez montré vous-même sur vos plateaux télé deux jeunes filles qui arrivaient avec exactement la même robe, achetées exactement au même endroit. Mais comme l'une avait l'air arabe, du coup, on lui interdisait l'entrée. Comme l'autre n'avait pas l'air arabe, on lui permettait l'entrée. Tout ça n'a aucun intérêt. Je vais vous dire moi ce que nous allons faire. Vous reviendrez sur ce texte. Sur la Bayard, oui, bien sûr.
Oui, dit-elle.
D'abord, ça ne me surprend pas puisqu'ils se sont opposés. férocement à moi quand j'ai pris cette décision d'interdire la baya dans l'établissement scolaire. Par tous les niveaux, à tous les niveaux, sur les réseaux sociaux, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, dans les médias, j'ai été traité de tous les maux, d'islamophobe, etc. Mais ce que ça dit au fond, et je pense que la question mériterait de lui être posée à la prochaine interview, c'est que c'est en réalité la loi de 2004 sur laquelle ils veulent revenir. Puisque la loi de 2004, je le rappelle, qui a été votée à l'époque, interdit le port de signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires. Quand j'ai interdit le port de l'ABAIA, je l'ai fait en affirmant que ça relevait de la loi de 2004 et que l'ABAIA était la manifestation ostensible d
'une
religion. Les Insoumis, à l'époque, leurs amis, m'ont attaqué en justice. Les tribunaux, le Conseil d'État s'est prononcé à deux reprises. Et à deux reprises, le Conseil d'État a jugé défavorablement aux insoumis et à leurs amis, favorablement à ce que j'ai porté en disant « Monsieur Attal, quand il a interdit le port de la baïa dans les établissements scolaires, n'a fait que respecter la loi de 2004 sur la laïcité à l'école ». Donc ce que dit Mathilde Panot au fond ? C'est que la France insoumise reviendrait sur la loi de 2004 qui interdit, y compris le port du voile et de tous signes religieux à l'école. Moi, je le dis, ce n'est pas ce que je veux pour l'école de la République. L'école de la République doit former des républicains et des citoyens éclairés qui font ensuite leur choix. Est-ce qu'ils veulent ou pas ? Est-ce qu'ils veulent ou pas exercer une religion ou pas ? Mais pour qu'ils puissent faire ce choix en conscience, il faut qu'ils soient protégés des manipulations. Depuis le début de notre
entretien, vous êtes fortement pour la liberté. Mais jusqu'où ? Pour la liberté, vous venez de parler du Conseil d'État, on pourrait parler du Conseil constitutionnel. Un autre candidat, Bruno Rotaillot, lui estime qu'il y a une forme de dépossession populaire et qu'il faut redonner du pouvoir aux Français. Il a proposé, vous le savez, Gabriel Attal, il a proposé une réforme constitutionnelle. Il veut que le dernier mot revienne au peuple français. Il estime qu'un texte voté au Parlement et censuré au Conseil constitutionnel doit revenir finalement au choix du peuple. Ça vous choque ? Vous trouvez ça ? – Populiste ou finalement c'est tout à fait légitime ?
En fait ça veut dire qu'il n'y a plus de constitution. Si quand vous avez le conseil constitutionnel sur la base de la constitution qui censure un texte, en fait finalement c'est plus lui qui décide, ça veut dire qu'il n'y a plus de constitution. – Le conseil constitutionnel est un garde
-fou, n'est-il pas parfois un obstacle pour vous ?
– Pour moi le sujet, ce n'est pas le conseil constitutionnel, c'est la constitution. On a une constitution qui a été ratifiée par le peuple français, ça lui donne une légitimité. qui a été réformé à plusieurs reprises, mais qui traverse les époques. Et je pense que c'est bien qu'on ait un texte fondamental protecteur qui traverse les époques. Mais parce que c'est le peuple français qui l'a ratifié, le peuple français peut la changer. Et moi, ce que je propose, c'est la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958. J'ai eu l'occasion de présenter un certain nombre de mesures cet été autour de trois enjeux. Le premier enjeu, c'est la liberté. On y revient. Je crois qu'on doit davantage partager le pouvoir dans ce pays avec les collectivités locales, avec les partenaires sociaux. Et donc ça nécessite de complètement changer notre système et nos institutions. De la rapidité. Malheureusement, aujourd'hui, vous avez tellement de projets. J'étais encore ce week-end à Lille, à Toulouse, des chefs d'entreprise, des patrons de PME qui ont des projets, qui veulent étendre une usine, un agriculteur qui veut construire un bâtiment d'élevage, qui sont bloqués par les recours, les procédures. Moi, je dis, c'est 18 mois maximum. Ensuite, les procédures s'arrêtent. Et le troisième point, c'est l'autorité. Retrouver l'autorité de l'État, notamment sur un sujet qui me tient à cœur, vous le savez, la lutte contre la délinquance des mineurs, où je souhaite qu'on puisse faire évoluer aussi notre constitution de ce point de vue-là. Je pense que ce que cherchent les Français, c'est le retour de la puissance publique, que les responsables politiques qui sont au gouvernement ou qui sont élus locaux affirmer des principes, mais surtout prendre des décisions qui s'appliquent concrètement. Et pour
le faire, il faut poursuivre sa campagne. Est-ce que vous pouvez affirmer, Gabriel Attal, que quoi qu'il arrive, quelles que soient les pressions, quelles que soient les sondages, et il faut reconnaître que le dernier en date, en tout cas à l'instant T, il ne vous est pas forcément favorable, en tout cas il passe Édouard Philippe en favori, que vous serez toujours dans la course ?
Puisque vous parlez de sondage, est-ce que vous vous souvenez, à la même époque avant l'élection de 2017, qui était favori dans les sondages ? Oui. C'était Alain Juppé. Nous sommes d'accord. Est-ce que vous vous souvenez, en 2002, à la même époque, qui était favori ? C'était Lionel Jospin. En 1995... Vous
voulez dire que M. Edouard Philippe va subir le même sort qu'à l'INJP ? Non, ce que je
dis, c'est que les sondages, ça peut avoir une valeur de photographie à un instant T, mais ça ne dit rien d'une élection qui a lieu... Vous
entendez bien tout ce que vous disent vos amis, vous êtes en train de favoriser l'hypodèle, Marine
Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Les sondages à 8 mois d'une élection ne disent rien de l'élection. Et j'en ai une confirmation encore plus importante à chaque fois que je me déplace sur le terrain. Je vous disais que j'étais ce week-end à la Braderie de Lille, puis à Toulouse. J'ai croisé des Français. D'abord, ils me parlent de leurs problèmes du quotidien en premier lieu. Et ensuite, quand vous parlez de l'élection présidentielle, vous savez, le nombre de Français ne savent même pas qui est candidat. Est-ce que vous le serez jusqu'au bout ? Ce moment-là, il viendra. Moi, je suis candidat à cette élection présidentielle
parce que
je considère que personne d'autre ne porte le projet que je porte. Et parce que je pense que le projet que je porte est le meilleur projet parce que ce n'est pas un projet juste pour bouger quelques curseurs. C'est un projet de changement systémique. On doit changer notre système et à bout de souffle. Je suis le seul à porter ce projet-là véritablement aujourd'hui. Et donc, si je vais à cette élection, c'est que je suis le seul... à le porter. Et si je vais à cette élection, c'est que je pense que je peux la gagner, Sonia Mabrouk. J'en suis absolument convaincu. Qui t
'a favorisé l'hypothèse d'un duel Marine Le
Pen-Jean-Luc Mélenchon ? C'est à moi que vous dites ça ? Ça va être
le poison gouda coup. Chaque jour, chaque semaine, chaque mois, on va vous dire, monsieur Attal, c'est vous ? Mais je pense,
Sonia Mabrouk, que tout le monde se souvient qu'en 2024, au moment de la dissolution, il y avait un risque que la France insoumise ou le Rassemblement national puisse l'emporter. Je me suis mobilisé. J'étais d'ailleurs bien seul dans les responsables politiques nationaux à l'époque.
Moi, je vais vous rappeler que lors des législatives, tout le monde vous a reproché votre phrase sur le bulletin LSI. J
'ai empêché la France Insoumise au premier tour d'avoir une majorité et j'ai empêché le Rassemblement National au deuxième tour d'avoir une majorité. Des députés ne sont pas rentrés grâce à vous et grâce
à
votre parti ? Il y a moins de députés de la France Insoumise aujourd'hui qui en avaient avant la dissolution. Et je croyais être pour quelque chose. C'est à vous qu'il faut dire merci ? Je suis allé dans 60 circonscriptions. Je me suis rendu dans des circonscriptions LFI me battent contre leurs candidats et je l'ai fait avec le Rassemblement national. Donc, c'est pas à moi qu'on peut faire des leçons sur ce sujet-là. Moi, j'ai toujours pris mes responsabilités. Maintenant, je le dis et ça rebouclera avec le début de notre interview. Si on veut empêcher que ça arrive, parce qu'évidemment, les Français veulent empêcher que ça arrive. Moi, je leur dis, c'est possible. N'ayez pas peur. N'ayons pas peur. Parce que les extrêmes, ils prospèrent sur la tétanie et la peur des démocrates. Donc n'ayons pas peur, mais tirons les enseignements de ce qui se passe ailleurs dans le monde, de ce qui vient de se passer en Allemagne. Et plutôt que de parler matin, midi et soir des pourcentages d'un tel, de l'addition arithmétique des uns et des autres et du barrage, parlons de la vision qu'on porte pour les Français. Moi, je dis aux Français, la France peut redevenir la première puissance d'Europe en dix ans, à condition de réussir sur quatre chantiers capitaux, l'école. les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle, et à condition de résorber la dette publique et la dette climatique. Et c'est possible d'y arriver, et je vais continuer à me battre pour ça. Jusqu'au bout. vais continuer à me battre pour ça, jusqu'à la victoire.