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Bonjour, et bonjour François Hollande. Vous publiez un livre qui ressemble fort à un programme présidentiel, mais on va y revenir. Dites-nous d'abord ce que vous inspire la victoire de l'extrême droite allemande dans la région de Sachsen-Anhalt aux élections dans ce land hier de l'ex-Allemagne de l'Est. Est-ce que ça vous inquiète tout simplement ? C'est une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
parce que d'abord c'est une des extrêmes droites les plus radicales d'Europe. C'est en Allemagne avec des relents néo-nazis assumés. Et ça indique, une fois encore, une tendance dans toutes les sociétés occidentales à des extrêmes droites différentes dans chacun des pays, mais qui ont le même ressort, c'est-à-dire la mise en cause de l'immigration, c'est leur point dominant, mais aussi de l'état de droit, de ce qu'est la démocratie et l'Europe, et avec des liens avec la Russie. Et avec Donald Trump. D'ailleurs, ce mouvement-là, dans les sociétés occidentales, il vient de loin. Il vient d'abord de ces formes d'extrême droite, mais aussi de Donald Trump, qui, je le rappelle, avec Elon Musk, a appuyé l'AFD, compris dans ses élections. Justement, c
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'est un mouvement qui traverse toutes les sociétés, toutes les classes moyennes et populaires des sociétés occidentales, ce sentiment de déclassement. Est-ce qu'il est encore temps d'y répondre pour vous et tous les partis qui ont gouverné ces 45 dernières années ? Ce qui n'est pas trop tard.
et jamais trop tard si on ne veut pas voir l'extrême droite en Europe dominante, avec les conséquences que l'on peut imaginer, c'est-à-dire la fin de l'Europe, la fin de l'Union Européenne. C'est ça le but des extrêmes droites, c'est mettre en cause toutes les constructions de l'État provident si on veut, mais aussi de l'Union Européenne. Alors ce sentiment qui n'est pas qu'un sentiment. Le déclassement, c'est un déclassement individuel et collectif. Je ne progresse plus comme la génération précédente avait évolué. Et deuxièmement, mon pays, que ce soit en Allemagne, que ce soit en France, que ce soit dans d'autres pays comme le Royaume-Uni, même hors de l'Union européenne, mon pays n'est plus un pays dans la dynamique. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut redonner confiance dans les destinées individuelles. Et ça, ça passe par l'école, l'éducation, la formation et l'élévation par une meilleure qualification. Et ça passe aussi par un projet qui doit donner à la France, puisque nous sommes en France, une capacité à investir, à prendre en main la transition écologique. Justement,
François Hollande, vous publiez « Unir nouveau monde, nouvelle gauche » aux éditions Robert Laffont, un livre d'environ 80 propositions pour la France. Si l'on comprend bien, ce sera votre... programme si vous êtes candidat
c'est un programme si l'on veut. C'est un projet que je présente aux Français d'abord. pour qu'ils voient qu'il y a des solutions, qu'on n'est pas obligé d'aller soit vers une extrême droite qui, finalement, veut enfermer la France dans l'intérieur de ses frontières, ou une extrême gauche qui propose un programme totalement irréaliste de rupture avec l'Union européenne. Les deux sont dans une forme de rupture avec l'Union européenne. Donc il n'y a pas de fatalisme. Donc il n'y a pas de fatalisme et je propose ça. pour que les Français se disent, oui, il y a des solutions, elles sont difficiles, mais elles sont aussi ardentes. Parce que quand on met l'accent sur la jeunesse, parce que je considère que dans une société vieillissante, aujourd'hui, il y a plus de personnes de plus de 65 ans en France que de personnes de moins de 20 ans. Et dans 10 ans, il y aura plus de personnes de 70 ans et plus. que de personnes de moins de 20 ans. Donc notre ressource principale, c'est la jeunesse. Donc le projet que doit porter un pays pour justement donner une perspective de progrès et d'avenir, c'est pour la jeunesse. Ensuite, c'est pour la question écologique au sens de la transition industrielle qui va se produire, qui est une opportunité. On va créer davantage d'emplois, davantage d'usines grâce à cette transition qui est nécessaire par rapport à la planète. François-Lorent, on
va prendre certaines de vos mesures une par une. Vous défendez notamment la TVA sociale. rappelle le principe, cela consiste à augmenter la TVA, ce que l'on paye sur la consommation d'un côté pour financer la sécurité sociale, et à baisser les cotisations sociales de l'autre côté. Sur ce sujet, vous avez changé d'avis ?
j'avais aussi pratiqué une forme de TVA pour financer des mesures en faveur de l'emploi. Mais ce n'est pas ça. François Fillon, il dit qu'il lui aura
fallu 14 ans pour se convertir, parce qu'il rappelle qu'à l'époque où Nicolas Sarkozy l'avait fait, vous aviez abrogé la mesure. Non, il
ne l'avait pas fait, justement. Il l'avait fait voter, mais il ne l'avait pas appliqué. Donc moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il y a un problème de pouvoir d'achat. C'est le sujet principal. Chacun dit que le travail ne paye pas, ne rémunère pas suffisamment. Pourquoi ? Parce qu'il y a des cotisations sociales qui pèsent sur les salaires
bruts. Concrètement, les fiches de paix vont augmenter de combien ? 10%. C'est 10% pour tout le monde. 10% sur
les salaires qui vont être le plus proche possible du salaire brut. Donc il faut financer cette mesure. Pour financer cette mesure, pour les travailleurs... Pour ceux qui ont un emploi aujourd'hui ou qui auront un emploi demain et qui auront donc une meilleure rémunération, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut donc faire que la sécurité sociale, pour partie, ne repose plus simplement sur les cotisations sociales. Ce qui était déjà le cas. Avec une TVA qui peut augmenter chaque année de 20 à 24%, mais que j'annule sur la TVA de 5,5 à 0. Ce qui fait que pour les... les ménages les plus modestes couche populaire comme on dit, sur les produits de première nécessité, c'est-à-dire alimentation et même une partie de leur énergie, ça sera zéro. Donc c'est une mesure à la fois pour les travailleurs et pour le pouvoir d'achat. Parce
qu'Olivier Fort dit que c'est l'impôt le plus injuste, une mesure qui pèserait sur les plus pauvres, qui consacre l'essentiel de leur pouvoir d'achat à la consommation. A fortiori pour ceux qui ne sont pas salariés, comme les chômeurs ou les retraités. Même Ségolène Royal, elle dit que ça n'existe pas la TVA sociale, c'est comme les plans sociaux, c'est tant... Qu'est-ce que vous répondez
? D'abord, je viens de répondre. Ce n'est pas une TVA sociale, telle qu'elle a été proposée il y a des années. C'est une TVA qui baisse pour les ménages populaires. puisque ça va être la TVA sur l'alimentation qui va être à 0. Les ménages
populaires, ils consomment, comme tout le monde, des biens et des services qui seront taxés à
24%.
Moins que les autres. La modulation de la TVA, c'est une mesure de redistribution. Et deuxièmement, il s'agit d'augmenter les salaires. On a besoin d'augmenter les salaires. Alors vous allez me dire, oui, mais la TVA, elle pèse sur Toulon. Pas de la même manière. Donc si on veut changer le mode de financement de la sécurité sociale, et c'est nécessaire, si on veut que l'emploi soit stimulé, et si on veut que les travailleurs gagnent davantage, c'est cette mesure-là qui ne s'appelle pas une TVA sociale, qui s'appelle une mesure pour le pouvoir d'achat.
En parallèle, François Hollande, de cette hausse du taux normal dont vous voulez supprimer la TVA réduite à 5,5 et ramener de 20% à 0% le taux sur l'énergie, y compris sur les carburants. Marine Le Pen, elle, elle propose de baisser la TVA sur le carburant à 5,5, ce qui est unanimement critiqué dans la classe politique. On dit notamment au Rassemblement National que ça coûterait des milliards et que ce serait contraire au droit européen. Ce qui vaut pour le RN, vaut-il également pour votre proposition ? La proposition que je fais, on
ne peut pas ramener... De 20% le taux de TVA sur les carburants à 5,5. Ça, ce n'est pas autorisé par l'Union européenne. En revanche, on peut diminuer de 5 points, comme je le fais pour la TVA sur les produits de première nécessité. La TVA, exceptionnellement sur les carburants. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, nous avons une... Tendance à la hausse du prix des carburants tant que le détroit d'Orbouz est dans la situation que l'on connaît. Donc vous le faites ponctuellement ? Ponctuellement.
Parlons des retraites. Contrairement aux socialistes qui veulent officiellement revenir à 62 ans, c'était aussi dans le programme du nouveau Front populaire d'ailleurs, sous l'étiquette duquel vous avez été élu député de Corrèze en 2024, vous proposez-vous de fixer l'âge de départ à la retraite à 63 ans et dans le même temps d'allonger progressivement la durée de cotisation. Là encore, vous avez changé d'avis ? Non. Qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes fait élire avec le problème du NFP
en 2024. Il se trouve qu'il y a eu une suspension de la réforme des retraites. On est maintenant à à peu près 63 ans pour l'âge de départ légal au 1er janvier 2028. Donc le prochain président de la République, il doit partir de cette borne d'âge-là. Nous serons au 1er janvier 2028 à peu près à 63 ans d'âge légal. 62 ans et 9 mois précisément. Et compte tenu de ce qu'est le déséquilibre démographique, au fur et à mesure du temps... Pas tout de suite. Au fur et à mesure du temps, il faudra équilibrer les régimes de retraite en augmentant la durée de cotisation. Ce que j'ai fait exactement, quand j'étais président de la République, nous avons augmenté la durée de cotisation de façon à ce que ça ne soit pas injuste et que la pénibilité puisse être intégrée. Je reste sur la même position. Ceux
qui disent 62 ans mentent aux Français. Vous dites que
ce n'est pas ça. Ils mentent,
ils y croient sans doute. Mais ce n'est pas vrai. Ça ne se passera pas comme ça. Dire qu'on peut revenir à 60 ans, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, à 62 ans, comme fait Marine Le Pen, c'est d'une certaine façon ne pas accepter la réalité. La réalité, c'est qu'on est déjà à 62 ans. Et 9 mois. À 63 ans, donc bientôt. À partir de là, il faut que les partenaires sociaux, c'est ça ma proposition. C'est plus à l'État, à la loi de fixer ce que doit être l'évolution des régimes de retraite, ça doit être aux partenaires sociaux, comme ils le font pour les régimes complémentaires, de voir comment on équilibre, parce qu'il faut équilibrer les régimes de retraite dans la durée.
François Hollande, sur l'immigration, vous défendez aujourd'hui un durcissement des règles du regroupement familial. Alors qu'en 2013, vous refusiez le débat sur ce sujet, vous disiez qu'il ne devait pas faire l'objet d'une surenchère politique. Est-ce que ça signifie que vous avez changé ou que vous êtes dans la surenchère aujourd'hui ?
suis tout simplement dans l'application de la loi. Je ne demande pas à faire une nouvelle loi. Je dis que sur le regroupement familial, il y a des situations qui sont abusives. Par exemple, on a des situations de mariage à l'étranger, même avec des mineurs, qui ne sont pas acceptables. Donc il est normal que l'on puisse ajuster au fur et à mesure du temps, quand il y a des abus, les règles et les critères pour le regroupement familial. Pour l'immigration de travail, nous aurons... besoin toujours de travailleurs, compte tenu de ce qu'est aussi l'état de la démographie.
Donc vous voulez fixer des quotas au Parlement ?
Ce n'est pas des quotas, c'est chaque année. Chaque année, on dira combien l'économie française a-t-elle besoin éventuellement de travailleurs, et dans quel domaine, et dans quel secteur ? Le regroupement familial, c'est une ligne rouge pour la gauche, historiquement. Mais c'est une ligne rouge qu'on n'y touche pas. On l'a fait évoluer, la ligne rouge. Le regroupement familial, c'est un droit fondamental. On doit vivre en famille, dans des conditions où les femmes sont traitées correctement, dans le respect de la loi, et dans le deuxième cas, où les personnes qui viennent... rejoindre le conjoint par le français. Ce sont des règles qui ont déjà été posées et qu'il faut appliquer strictement.
Jordan Bardella, sur l'immigration, il a signé un texte avec le chef du parti Reform UK, Nigel Farage, qui prévoit, en cas d'arriver au pouvoir, le renvoi vers la France de migrants interpellés dans les eaux britanniques. Mais cela n'arrivera pas, dit-il, car s'il arrive au pouvoir, il n'y aura plus de migrants qui traverseront la Manche. Toute la classe politique lui est tombée dessus. Sidérant pour Gabriel Attal, lamentable pour Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce que vous en dites, vous ?
'abord, il y a une question de principe quand on est dans l'opposition, ce qui est le cas de M. Bardella. On n'est pas au pouvoir. On signe pas une espèce de traité avec un autre membre de l'opposition. Ça n'a pas de sens, déjà sur le plan des principes. Deuxièmement, c'est un accord, puisqu'ils ont fait, de ce point de vue-là, une convergence, qui ferait que ce serait la France qui, finalement, prendrait tous les clandestins du Royaume-Uni. C'est curieux comme position de la part d'une extrême droite, qui déjà s'en prend aux clandestins ici, qui prendrait tous les clandestins. qui arrivent au Royaume-Uni. Donc c'est dire où ils en sont arrivés, au nom d'une internationale de l'extrême droite, de sacrifier les intérêts même de leur propre pays.
Est-ce que c'est sous la pression du Rassemblement National, comme le disent certains de vos adversaires, que vous vous droitisez, François Hollande ? On a parlé de la TVA sociale des retraites à 63 ans, de la capitalisation, du durcissement sur l'immigration. Est-ce que vous êtes désormais, comme le disent certains, carrément un homme de droite ? Je laisse ça à d'autres,
mais je fais en sorte de proposer ce que je crois juste et utile pour le pays. La TVA, je vous l'ai dit, c'est une mesure de pouvoir d'achat pour les travailleurs. Je vais être contre une mesure de pouvoir d'achat pour les travailleurs ? Et sur la question de l'immigration, je vais laisser penser que la gauche, sur la question de l'immigration, n'a pas de réponse. Quand on voit bien que c'est quand même le point majeur qu'utilisent les extrêmement. Il ne s'agit pas de faire de la surenchère, il s'agit de dire qu'on peut appliquer la loi humainement. strictement et répondre à une certaine inquiétude de la part des concitoyens sur les retraites. Vous pensez que je vais laisser penser à nos concitoyens qu'on peut financer les retraites sans qu'il y ait de dommages quelconques pour l'avenir et notamment pour les jeunes générations ? Et je fais la priorité sur la jeunesse parce que je considère que c'est ça une mesure de rassemblement et notamment pour la gauche. Olivier Ford dit que vous
cherchez une alliance au centre droit ce matin. Le patron du Parti Socialiste. Il dit que votre chemin c'est une alternative au centre pour ne pas dire à la droite.
La gauche, tout bien pesé, y compris avec Mélenchon, c'est 30% du corps électoral. Pensez qu'on peut gagner une élection présidentielle avec 30% du corps électoral ? Pensez que j'ai gagné en 2012 ? Avec 30% du camp électoral, ils étaient déjà 40, la gauche représentait 40%. Mais on gagne, on gagne en allant chercher des électeurs qui ne sont pas situés politiquement, mais qui ne sont pas aujourd'hui dans le camp de la gauche, dans leur premier vote. Vous pensez qu'ils n'ont pas vraiment envie de gagner ? Vous pensez
que la gauche dont vous parlez n'a pas vraiment envie de gagner ?
La gauche, je ne sais pas qui c'est d'ailleurs. À la limite, il y a tellement de personnalités qui essayent de l'incarner. Mais moi, ce que je considère, c'est l'intérêt du pays. En ce moment, pourquoi j'ai appelé ce livre « Unir » ? C'est l'union qu'il faut réaliser dans un pays en discorde, en division, en fracas, où deux extrêmes essayent de polariser le débat politique. Vous pensez que je vais dire, c'est mon camp qui doit gagner ? Non, c'est la France qui doit gagner dans cette élection.
Et vous, François Hollande, pensez-vous pouvoir gagner ? Pensez-vous, voulez-vous être candidat ? Vous allez nous le dire dans un instant. Vous restez avec nous, bien sûr, dans le 8.30 de France Info. Il est 8h49 et c'est l'heure de l'Info en une minute avec Maureen Suignard.
C'est une chaleur tardive, une chaleur anormale qui touche le sud de la France. Six départements sont en vigilance orange à la canicule aujourd'hui. La Drôme, l'Ardèche, le Vaucluse, le Gard, l'Hérault et l'Aude. Les températures maximales pourront atteindre 39 degrés comme à Montélimar. Une performance historique de l'extrême droite en Allemagne. La FD formation anti-migrants russophiles et pro-Trump a recueilli 44% des voix lors de l'élection régionale de Saxe-Hanalt. Très loin devant les conservateurs de la CDU, le parti du chancelier n'obtient que 17%. 5% des suffrages. C'est un moment grave, réagit le ministre français chargé de l'Europe. La Confédération des Buralistes appelle à une mobilisation nationale à partir de ce matin. Elle s'oppose à une hausse des prix du tabac et dénonce l'essor du marché parallèle de cigarettes. Dans une lettre écrite aux Buralistes, la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, défend un gel des taxes pour le tabac. C'était l'ultime édition de The Event ce week-end. Marathon caritatif organisé par des streamers. Ils ont battu tous les records en recueillant quasiment 33 millions d'euros, deux fois plus que l'année dernière. Info.
8.30 France Info, Simon Le Baron, Agathe Lambret.
l'ancien président de la République, François Hollande, vous publiez Unir, Nouveau Monde, Nouvelle Gauche, chez Robert Laffont. Est-ce que vous allez passer la journée dans le 11e arrondissement de Paris, aujourd'hui, dans votre nouveau QG, ou dans le 1er arrondissement dans vos bureaux d'ancien président ?
je vais aller à l'Assemblée nationale puisque je suis député. Mais lorsque je reçois des personnalités je suis dans les bureaux de l'ancien président. C'est légitime et c'est normal. Et lorsque je suis en promotion d'un livre au titre de personnalité politique, je me mets dans un bureau qui n'est pas celui de l'ancien président. C'est
un QG de promotion de livres ou c'est un QG de campagne qui ne me dit pas de son nom
? QG de promotion d'un projet qui doit être utile à notre pays et qui va vivre le temps qu'il sera nécessaire. Combien de temps vous pouvez tenir
dans cet entre-deux ? Je suis en campagne, je propose un projet pour la France, mais ce n'est pas un projet présidentiel, je suis en campagne sans être en campagne. J'ai un QG, mais ce n'est pas un QG de campagne. Tout
simplement parce que ce qui compte en ce moment, on est à 8 mois d'une élection présidentielle. Je tiens à le rappeler, l'élection ce n'est pas demain. C'est au mois d'avril mai 2027. Il faut quand même que les idées, les propositions, les programmes, comme vous dites, soient dans le débat. Ce n'est pas simplement d'annoncer sa candidature. Vous avez vu, il y a une candidature tous les soirs. Ce n'est pas ça qui intéresse... même si ce sont des personnalités tout à fait honorables. Mais ce qui compte, c'est de mettre autant de propositions pour montrer aux Français qu'il y a un chemin, que c'est pas fermé, que c'est pas perdu, que l'extrême droite n'a pas gagné, qu'on va pas être dans une bipolarisation des extrêmes. C'est ça l'enjeu.
Mais si on se parle franchement, François Hollande... Quel est le trou de souris qui vous permettrait de dire « je suis candidat ». Sincèrement, il y a deux scénarios, on imagine, sur lesquels vous misez. Vous allez nous dire soit l'élection de Raphaël Glucksmann à la primaire puis son effondrement, ce que n'indiquent pas les sondages pour l'instant, soit l'élection d'Olivier Faure à la primaire en misant sur le fait qu'il s'effondrera encore plus vite que Raphaël Glucksmann. C'est bien ça ? Non. Ce sont les deux scénarios ?
ce que je crois être le projet qui est le mien, avec des sensibilités qui peuvent être un peu différentes, et qui a une capacité pour accéder au second tour et pour gagner, je ne vois pas pourquoi, moi j'ai déjà été président, ma vie est quand même dans la dernière phase de son existence, politique en tout cas j'espère, donc je ne vais pas entraver qui que ce soit. Vous le soutiendrez. Vous avez des projets sur
la table, lequel vous pouvez soutenir
? Là, il y a une primaire, je n'y suis pas, je ne suis pas candidat à ce stade. Mais vous allez voter à cette primaire. Mais on verra au lendemain de cette primaire, quel sera le souffle qui sera engagé et qui portera éventuellement ce candidat. Si c'est Olivier Faure, vous pouvez soutenir ? Encapacité d'être au second tour, je serais très heureux qu'il y ait un candidat qui soit encapacité d'être au second tour. Aujourd'hui, nous ne sommes pas là quand même. Oui, on a compris que vous n'y croyez pas.
Les autres candidats ont raison d'avoir peur, dit Ségolène Royal, qui a eu ses parrainages pour concourir à cette primaire. Est-ce qu'elle peut perturber le jeu, cette primaire faite un peu sur mesure pour Raphaël Lussmann, voire gagné
qu'est-ce que vous voulez que je vous dise là-dessus ? Il y a une primaire, Ségolène Royal, qui a quand même été finaliste en 2007, qui a failli l'emporter, c'est quand même bien légitime. qu'elle puisse être dans ce débat de primaire. Et ce débat aura lieu. Qu'est-ce que je peux ajouter comme commentaire ? Il y a des candidats et des candidats dans cette primaire. Vous n'y croyez pas
trop à cette primaire, François Hollande ?
Je pense que... Clairement,
vous ne pensez pas qu'elle va susciter un élan incroyable, si on parle sincèrement
Tant mieux si elle le suscite. Je rappelle qu'une primaire telle que je l'avais gagnée en 2011, il y avait eu 3 millions de votants. Et ça avait donné, c'est vrai ! une légitimité assez forte à ma candidature. Bon, là, je souhaite qu'il y ait un débat qui soit le plus utile possible, qu'il élève le niveau de réflexion général. Mon rôle n'est pas d'être dans cette primaire, mon rôle c'est de faire ce que je veux
expliquer ici. C'est un projet pour les Français. Vous dites qu
'il y a une candidature tous les soirs, vous parlez de ce paysage politique éclaté. Est-ce que justement là-dedans, votre rôle d'ancien président de la République et d'ancien premier secrétaire du PS ne serait pas de soutenir votre famille politique ? Mais qui vous a dit que je ne la soutiendrai pas ? Il
y a une primaire. Si le candidat ou la candidate qui sort de cette primaire est en situation de l'emporter... Il y a une façon
peut-être plus efficace de la soutenir que de laisser planer le doute
sur votre candidature. Mais est-ce que j'ai entretenu le moindre doute ? Je vous dis que je présente un projet et que nous verrons au mois de décembre ce que j'ai à faire dans le cadre de la campagne présidentielle. Mais il se trouve que c'est une différence avec tous les autres. J'ai déjà été président de la République. Et là, ma seule passion, mon seul projet... Ma seule détermination, c'est de faire qu'il puisse y avoir une solution pour le pays au deuxième tour de l'élection présidentielle. Et pas simplement une mise à l'écart du Rassemblement national.
Et vous leur dites quoi à tous ces candidats qui vous prennent pour exemple, qui disent que quelques mois avant la primaire de la gauche, vous étiez crédité 3% et que vous avez fini président de la République. Olivier Faure vous a pris en exemple, vous lui avez répondu que ça valait pour vous exclusivement. Il y a quelques jours, c'est Marine Tondelier, la patronne des Verts, qui était à votre place. et qui a pris aussi votre trajectoire pour modèle.
Je suis heureux d'être un exemple. Je ne peux pas vous dire mieux. S'ils veulent tout à fait suivre mon exemple. Qu'il soutienne mon projet.
Un mot sur ce que dit votre ancien ministre, Pierre Moscovici, en cas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Il dit « je n'ai jamais pensé qu'il fallait donner une voix à l'extrême droite ». On comprend ce que ça veut dire. Il ne dit pas non plus qu'il votera pour Jean-Luc Mélenchon. Et vous ? Je vous ai dit qu'on est à 8 mois d'une
élection. Le premier tour n'est même pas connu. On ne sait même pas qui seront les candidats de premier tour, qui auront les 500 signatures, qui sortira de telle ou telle sélection primaire, etc. Et vous voudriez que je vous parle déjà d'un deuxième tour avec des personnalités dont on ne sait pas si elles y seront. C'est pour savoir
d'où vous parlez, quel est votre positionnement. Est-ce que vous tirez un signe égal entre LFI et le RN ? Comme certains, d'autres ne le font pas.
Mais il n'y a pas à savoir. Il y a à faire en sorte que le projet que nous portons puisse être victorieux. Le reste, nous verrons bien. Il y aura des choix à faire. Vous ne voulez pas répondre,
François Hollande
Je ne veux pas répondre parce que la question n'est pas posée. Vous me poserez quand il y aura un deuxième tour, si c'était, hélas, la configuration qui se présenterait. Configuration que... beaucoup veulent éviter. Que 70% des Français veulent éviter. Vous comprenez que ça pourrait clarifier
les choses en cas de second tour pour des électeurs de gauche à qui l'ont dit Jean-Luc Mélenchon, à qui les autres responsables de gauche disent Jean-Luc Mélenchon ne peut pas gagner au second tour. C'est vrai qu'il ne peut pas gagner. Si on
regarde les sondages, il ne peut pas gagner. Donc cette question,
elle est même prématurée. Il y a des électeurs
qui se posent la question. Je vous ai répondu, je nous répondrai à cette question que lorsqu'elle sera posée. D'ici là, je ferai tout en sorte pour qu'elle ne soit jamais posée, c'est-à-dire que nous ayons une candidature au deuxième tour qui puisse offrir au pays un avenir.
François Hollande, rapidement, au
sujet
de très court terme, sur le budget aussi, vous prenez le contre-pied de votre parti, puisque vous plaidez pour la négociation et le compromis avec le gouvernement plutôt que de brandir la censure. Est-ce que ça signifie que la position du PS est irresponsable ?
Le PS n'a pas pris de position. Olivier
Faure a dit qu'il n'y avait pas de système sur la censure.
Est-ce que c'est le PS Olivier Faure ? Est-ce qu'il y a eu un débat ? Est-ce qu'il y a eu une consultation ? C'est le premier secrétaire du
parti.
L'année dernière, qu'est-ce qu'il a fait Olivier Faure ? Il a négocié avec le gouvernement. Il a fait un compromis avec le gouvernement. Et il n'a pas voté la censure. Donc il faut rester exactement sur cette ligne. C'est-à-dire qu'il y a un budget, il ne faut pas que le pays soit arrêté. Il y a une responsabilité. Si nous gagnons l'élection, il vaut mieux avoir un budget que pas de budget. Voilà ma position. Je ne censurerai pas s'il n'y a pas de provocation.
François Hollande, invité du 830 France Info. Merci à vous.
Merci, Agathe
et à demain.