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Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure.
Bonjour Pauline de Malherbe.
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Merci de répondre à mes questions. D'ailleurs c'est la première fois que vous vous exprimez ce matin dans une interview depuis votre annonce de candidature la semaine dernière au 20h. Vous êtes premier secrétaire du parti socialiste, vous êtes député de Seine-et-Marne et vous êtes candidat à l'élection présidentielle via la primaire socialiste. Beaucoup de questions à vous poser mais d'abord je voudrais savoir si vous connaissez l'expression en anglais « an elephant in the room ». Ça vous dit quelque chose ?
Oui bien sûr.
C'est littéralement un bon gros éléphant qui est au milieu de la... pièce qui est absolument omniprésent mais dont personne ne parle. Ça vous dit quelque chose
qui pensez-vous
Est-ce qu'il n'y a pas un éléphant dans la pièce ? Quelqu'un qui serait omniprésent et dont vous faites tous semblant de ne pas voir qu'il est là
le vois.
Oui, vous le voyez. Il prend de la place.
prend sa place et il a choisi un autre chemin qui n'est pas le mien. Son chemin est celui... C'est une alternative plutôt au centre, pour ne pas dire à droite. Et moi, je ne me suis pas engagé au Parti Socialiste pour... On a tous
compris que vous parliez de François Hollande. Et
vous dites
qu'il est de droite
? Non, j'ai dit qu'il cherchait en fait aujourd'hui sa voie avec une alliance entre droits. Et moi, je ne me suis pas engagé au Parti Socialiste pour appliquer, 14 ans après, le programme de François Fillon.
Là, vous parlez sans doute de la TVA sociale.
Par exemple, oui, je ne suis pas sûr que prendre l'impôt le plus injuste comme référence, ce soit la bonne façon d'entrer dans le débat. Alors
reprenons les choses dans le bon sens, parce qu'évidemment, je m'amusais avec vous sur cette expression anglaise, mais parce que je n'en voyais pas d'autres littéralement. De fait, un éléphant, c'est aussi un membre du Parti Socialiste. Historiquement, c'est comme ça qu'on les appelait. Au fond, depuis que vous vous êtes vraiment lancé dans cette campagne, à la fois vous, Raphaël Luxman, dans cette campagne de la primaire, il y a François Hollande qui prend en effet toute la place, qui est en campagne sans le dire, qui fait des propositions, qui lance un livre, qui donne des interviews, comme si la primaire n'existait pas.
a fait ce choix. Ce n'est pas le mien, vous le savez. Moi, j'ai fait un choix qui est un choix. J'ai voulu cette primaire, j'ai voulu qu'elle ait lieu, parce qu'il n'y a rien de pire que les primaires sauvages. Regardez ce qui se passe à droite, des candidats qui se multiplient, sans que personne ne connaisse le terme et le moment où ils sont capables, peut-être, de se mettre d'accord pour avoir un seul candidat. Et donc la primaire, elle a cette vocation-là, permettre à un camp politique de dire, oui, il y a des différences, oui, il peut y avoir même des divergences entre les candidats, mais elles sont tranchées. par des électrices et des électeurs. Et j'appelle toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans nos combats à nous rejoindre en allant sur le site du Parti Socialiste et à s'inscrire pour cette primaire et faire en sorte que le plus grand nombre puisse y venir et donner une légitimité très forte à celui ou celle qui sera finalement élu.
On va revenir sur ce que vous appelez les différences, voire les divergences avec les autres. Mais puisque vous répondiez immédiatement à propos de François Hollande que, semble-t-il, il prenait des décisions qui rappelaient les programmes de François Fillon, vous faites donc... Donc référence à cette proposition de François Hollande, il parle d'une TVA qu'il passerait de 20 à 24% et en échange une TVA à zéro sur un certain nombre de produits de première nécessité. Pour vous ça c'est une mesure de droite
Je ne vais pas la qualifier, je vais dire simplement que c'est une mesure dont on sait qu'elle est en réalité nocive pour le pouvoir d'achat des Françaises et des Français. Pourquoi ? Parce que si vous baissez la TVA à 0%, y compris sur les produits de première nécessité. qui sont pour l'instant autour de 5,5. Eh bien, la réalité, c'est que ce sera très vite rattrapé et que ce seront les marges des entreprises que vous réaliserez à travers cette TVA qui aura baissé, mais que ça n'aura pas de conséquences sur les consommateurs. Et moi, je préférerais qu'on agisse autrement et surtout qu'on ne rattrape pas cette baisse de TVA chez les uns. en faisant en sorte qu'elle soit tapée par 4 points de plus sur la TVA. Officiellement, François Hollande, non seulement il a
été président socialiste, mais il est toujours membre du Parti socialiste. Oui,
mais par ailleurs, moi je ne comprends pas cette logique qui n'est pas d'ailleurs exclusive à François Hollande, qui est de dire que désormais, il faudrait que les salaires puissent augmenter simplement par un canal, celui de la baisse des cotisations. C'est ça l'objectif au départ, c'est de dire on va faire baisser les cotisations. Mais les cotisations c'est quoi ? Et compenser
donc par cette hausse de TVA.
Voilà. Et c'est quoi les cotisations ? La cotisation c'est tout simplement ce qu'on appelle le salaire différé. C'est quand vous avez un accident du travail, c'est quand vous êtes malade, c'est quand vous êtes à la retraite. Cet argent-là il ne sert pas à rien, c'est pas de l'argent qui vous est prélevé pour jamais, c'est de l'argent qui vous est préservé soit pour vous garantir contre les difficultés, les accidents de l'histoire de votre existence, ou au contraire, eh bien, permettre votre départ à la retraite dans de bonnes conditions. Mais comment vous ferez-vous pour les augmenter
les salaires des Français ?
simplement, la première chose, c'est que, en fait, regardez ce qui se passe sur le partage de ce qu'on appelle la plus-value depuis des années et des années. Aujourd'hui, le capital engrange essentiellement et les salariés ont la part la plus modeste. Moi, je souhaite que, par exemple, quand on distribue un euro de dividende, il y a au moins un euro qui est reversé aux salariés. Que ce soit équitable, parce qu'il n'y a pas de raison particulière de penser que le capital doit se servir et pas le salarié. Participation, intéressement, salaire. Un euro
pour les actionnaires, un euro pour les salariés.
Absolument. Il n'y a aucune raison que ce partage-là ne soit pas équitable. Et donc, voilà une première solution. Je souhaite que le SMIC soit augmenté parce que vous le savez très bien depuis les Gilets jaunes et bien avant les Gilets jaunes, on le sait bien, aujourd'hui, travailler au SMIC, parfois même à temps partiel, ça ne permet pas de vivre. Et donc tous ces gens qui se sont à un moment révoltés pour dire on travaille mais on ne peut même pas vivre, comment voulez-vous que l'on fasse ? Eh bien moi je crois qu'effectivement il faut augmenter le SMIC. Il faut faire en sorte aussi qu'au-dessus du SMIC, il y ait une conférence salariale. Vous savez qu'il y a eu un rapport sénatorial qui dit qu'il y a 211 000... d'euros de cadeaux enfin ou d'aides pardon d'aides aux entreprises versées chaque année et bien qu'il y ait une conférence tripartite patronat syndicat au cours de laquelle on vienne conditionner les aides aux entreprises à des efforts sur les salaires, sur la formation, sur l'emploi, faire en sorte qu'il y ait à un moment une forme de contrepartie qui soit donnée à ces aides qui sont des aides massives. Et à partir de là, on a de quoi effectivement faire en sorte que tout le monde puisse être augmenté parce qu'aujourd'hui, les Français ne vivent pas bien. Vous
parlez de l'augmentation du SMIC, vous parlez de l'augmentation des salaires et dans le même temps, vous demandez 15 euros à ceux qui veulent juste voter pour la primaire ?
moi je n'ai pas demandé 15 euros, j'ai dit 2 euros. Comme vous le dites, on a eu un vote. Le vote a tranché pour 10 euros tarif social, 15 euros tarif normal. Et ce n'était pas mon point de vue parce que moi, je cherche au contraire à ce que nous ayons un espèce de game changer en mauvais français. C'est-à-dire que nous puissions dans cette élection dire qu'à un moment, il y a des centaines de milliers de gens qui se sont rassemblés et qui ont fait un choix. 2
euros, c'était le prix de la primaire socialiste de 2011 qui avait ensuite porté François Hollande au pouvoir. 15 euros, vous avez effectivement perdu la partie sur ce combat-là. Qui a insisté pour 15 euros ? Il se murmure que c'est Raphaël Glucksmann qui était en faveur des 15 euros, vous des 2 euros. Ça dit quelque chose de votre vision de la gauche, de ceux qui doivent voter
dit quelque chose, bien sûr. Ça dit quelque chose parce que moi je considère que... Nous ne pouvons pas revenir à un vote censitaire. On ne peut pas faire un choix sociologique des gens qui peuvent voter et ceux qui ne peuvent pas voter. Donc j'espère que si d'autres nous entendent ce matin, ils feront peut-être le choix dans les prochains jours de dire effectivement on s'est trompé, on va baisser le tarif. On peut revenir en arrière
?
On peut toujours revenir en arrière.
Là en fait vous êtes en train de lancer un appel à Raphaël Glucksmann en disant renonce aux 15 euros. Mettons-nous d'accord sur 2 euros.
Oui, bien sûr, je souhaite qu'effectivement on puisse se mettre d'accord sur 2 euros. C'est encore
possible donc ?
C'est possible jusqu'au dernier jour en réalité, mais je ne le crois pas parce que je suis revenu tout l'été sur cette question en essayant de faire bouger
les positions des années des autres. Mais pourquoi ce tarif
? Je crois que c'était la volonté de dire qu'il fallait un engagement puissant et donc que ça supposait... Mais
est-ce que ça exclut une partie des gens qui voudraient voter, vous pensez ?
Forcément. J'étais ce week-end à faire le tour des associations pour les forums de rentrée. Dans la circonscription, et vous pouvez l'imaginer, nombre de ceux qui me soutiennent depuis longtemps veulent voter. Mais quand on leur dit que c'est 10 ou 15 euros... Ils disent que c'est beaucoup, parce que c'est la rentrée des classes, parce qu'il faut acheter des vêtements pour les enfants, les furnitures scolaires, c'est la rentrée pour tout le monde. très compliqué de rajouter effectivement 10 ou 15 euros à ce qu'on a déjà acheté.
La question du tarif, la question de qui participe, on évoque le nom de Mathieu Pigasse ou de François Ruffin pour pouvoir y participer. Est-ce qu'ils ont pris attache avec vous en tant que premier secrétaire du Parti Socialiste ? Est-ce que vous savez s'ils commencent à essayer de recueillir des parrainages ?
Alors, je ne vais pas rentrer dans les détails sur les parrainages, parce que les parrainages s'appliquent uniquement pour les socialistes. Chaque parti a ses propres règles. Et donc, si François Ruffin était admis dans cette primaire, les règles d'admission seraient en réalité celles de son parti. Moi, ce que j'ai dit aux uns et aux autres, c'est que pour ma part, je ne m'opposerai à aucun. Je souhaite que cette primaire, vous le savez, moi je souhaitais une primaire qui aille de Ruffin. à Glucksmann, permettre que toute la gauche sociale et écologique puisse se retrouver. Donc vous souhaitez que François Ruffin
soit candidat ? Vous estimez que ça fait partie
de... Oui, ça fait partie de la logique que je défends depuis longtemps. Il faut à la fin un seul candidat ou une seule candidate qui permette de représenter cet arc qui est un arc démocratique, social, écologique et qui permette d'avancer et de gagner cette élection présidentielle. Est-ce que Mathieu Pigasse est
dans cet arc
le crois, oui.
Est-ce que vous savez s'il est vraiment tenté sincèrement et sérieusement ? Ça, vous
lui poserez la question. Mais il ne m'a pas dit s'il voulait y rentrer. Mais ce que je sais, c'est que si on me pose la question à moi, est-ce que je suis favorable à l'idée de bloquer à l'entrée de la boîte de nuit et faire videur celles et ceux qui veulent y rentrer ? La réponse pour moi, c'est non. Je vous l'ai dit, moi je veux que le plus grand nombre puisse participer. à la primaire comme électeur et je souhaite qu'il n'y ait pas de barrage à rentrer pour ceux qui veulent y rentrer. Vous avez vos parrainages ? Comme candidats.
Vous, vous avez vos parrainages ? Oui, mes
parrainages.
Vous, c'est bon, ça y est ? Oui.
Tout est officiel,
vous avez le tampon, vous avez le... Le
tampon, ce sera le 15, mais enfin, effectivement, les parrainages, c'est fait.
C'est fait. Les débats, il y a eu débat sur les débats. Vous, vous souhaitez le plus de candidats, le plus d'électeurs, le plus de débats ?
Absolument. Je souhaite que, vous savez, une présidentielle... Ce n'est pas simplement un long fleuve tranquille et on n'est pas nommé président de la République. C'est une confrontation qu'il faut assumer, accepter. Il faut être dans le combat et défendre ses positions, défendre ce que l'on croit. Et donc, moi, je souhaite effectivement qu'il y ait trois débats, puisqu'il y a trois offres qui nous sont faites, dont celle de la LCI et par le service public. à ces trois propositions, nous répondions favorablement, et que le débat puisse avoir lieu, et que nous puissions, y compris, défendre nos oppositions. – Qui
rechigne ? Pardon, mais j'ai quand même l'impression qu'en creux, vous égrénez que, ben voilà, il y en a un qui a mis la barrière à 15 euros, c'était pas vous, c'était Raphaël Glucksmann, il y en a un qui, semble-t-il, rechigne à débattre aussi souvent que nécessaire pour créer, effectivement, ce grand élan populaire que vous souhaitez serrer. Raphaël Luxman, qu'est-ce qui se passe
poserez la question à l'intéressé. Moi, je ne suis pas là pour commenter ce que dit ou fait Raphaël Luxman. Mais il
a peur de quelque chose, c'est ça ?
Ce que je dis en tout cas, c'est que personne ne devrait avoir peur du débat. Personne ne devrait avoir peur de la confrontation. Personne ne devrait avoir peur des électrices et des électeurs. Parce que de toute façon, pour gagner une présidentielle, il faut convaincre et il faut convaincre large. Et pour convaincre large, il faut d'abord convaincre sa propre famille politique.
Au-delà de la méthode, c'est quoi vos différences avec un Raphaël Guzman, avec une Ségolène Royal ? Qu'est-ce qui vous distingue, vous, Olivier Faure ?
J'espère que les débats permettront de mieux le définir. Il y a beaucoup de choses qui peuvent nous distinguer. J'ai regardé, vous êtes pour l'ordre
juste. C'est encore une expression de Ségolène Royal. Ça veut dire quoi ? Une France plus juste, vous vous dites.
J'ai une France plus juste et je sors un livre dans quelques jours. Je pense que personne n'est pour une France moins juste. Mais écoutez, il y a des gens qui en tout cas font tout pour la rendre moins juste. Quand vous écoutez ce que dit aujourd'hui la droite et l'extrême droite, je ne suis pas sûr que vous y trouviez là beaucoup d'arguments pour servir la justice. Quand ils sont là pour dire qu'il faut baisser les dépenses sociales, qu'il faut faire en sorte que d'en finir avec ce qui a été finalement le grand conquis du siècle précédent, la sécu, franchement, je me dis que la justice, elle est totalement absente. Et moi, je défends face au retour de la loi du plus fort. Je défends la loi du plus juste. Voilà ce que je veux défendre dans cette élection. Faire en sorte que nous puissions être dans une situation où à chaque fois que nous avons une décision à prendre, nous nous demandions quel est en fait le moyen de rendre la décision la plus juste possible. Et les sujets sont innombrables. Qu'il s'agisse de l'éducation, qu'il s'agisse du logement, qu'il s'agisse de l'alimentation, qu'il s'agisse de tous les sujets qui font le quotidien des Français, eh bien aujourd'hui... Je le dis oui, notre pays n'est pas un pays qui vit exclusivement de la justice.
Vous voulez la taxe Zuckman ? Vous la voulez dès maintenant, dès le budget qui est en discussion ?
Je sais que dans le budget qui vient, nous ne l'obtiendrons pas, puisqu'en fait, il y a une opposition très forte de la droite et de l'extrême droite. Mais l'année dernière, vous ne l'aviez pas obtenue,
pour autant, vous n'aviez pas voté contre. Est-ce que cette fois-ci, ne l'obtenant pas, vous voterez
contre ? Ma règle de vie, après une nouvelle, elle est très simple. Quand je suis majoritaire, j'applique tout mon programme. Et j'essaye d'être le plus fiable et le plus cohérent possible, ce que j'ai toujours été depuis huit ans que je suis premier secrétaire. Ensuite, si je ne suis pas majoritaire, j'essaie d'obtenir le maximum. Ce que j'ai obtenu l'an passé, c'était de revenir d'abord sur le musée des horreurs, qui était le doublant des franchises médicales, l'entrée sur le revenu de toute une série de salariés, le fait qu'on ait toute une série de baisses d'indexations sur les retraites notamment, obtenu la suspension de la réforme des retraites, obtenu la hausse de la prime d'activité, obtenu le repas à 1 euro pour les étudiants. Voilà les concessions que nous avions obtenues. Et c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas censuré. Nous n'avons pas adopté, mais nous n'avons pas censuré. Donc quand je suis minoritaire, j'essaie d'obtenir. Et quand je n'obtiens rien... Je censure. Et c'est ce qui a été le cas avec Michel Barnier et avec François Bayrou. Et ça pourrait être à nouveau le cas cette fois-ci. Et ça pourrait être le cas cette fois-ci encore. Parce qu'il n'y a aucune raison de servir de marche-pied. Il y a
encore une option selon laquelle vous ne censureriez pas ?
Mais il va y avoir un débat. Moi je souhaite que le débat ait lieu. Je souhaite que nous puissions avoir des arguments à servir aux Françaises et aux Français en leur disant voilà ce que chacun défend. Et je n'espère même que dans ce débat-là nous démasquerons l'extrême droite dont on voit ces jours derniers qu'elle est... plus que flou, et que c'est très compliqué de savoir exactement ce qu'elle défend. Mais la réalité, c'est que quand on a un débat budgétaire, les grandes options sont posées sur la table. Et donc je souhaite que ce débat ait lieu et qu'à la fin, nous puissions trancher. Mais ce que je vois aussi, c'est que l'an passé, Sébastien Lecornu avait... nouvellement nommé, la force d'imposer à Edouard Philippe, à Gabriel Attal, à Bruno Rotaillot, les compromis auxquels nous sommes parvenus. Est-ce que quelqu'un pense aujourd'hui sérieusement que Sébastien Lecornu va pouvoir s'imposer à des candidats à l'élection présidentielle qui ne voudront aucun compromis avec la gauche ?
Mais vous non plus, vous c'est pareil. Vous non plus, vous ne voudrez aucun compromis.
Moi j'ai fait, pardon, j'ai fait la démonstration que je savais aller chercher des compromis et que je savais accepter le fait que je n'obtiens pas. Mais même dans une année présidentielle. Simplement, ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui, ces gens-là ne sont prêts à rien. Déjà, l'an passé, ça a été très compliqué de leur faire admettre, par exemple, la suspension de la réforme des retraites. Aujourd'hui, est-ce qu'il accepterait ? La réponse est non. Vous dites que ce qu'il faut, c'est pouvoir
être majoritaire. Et donc, ce que vous voulez, c'est évidemment pas seulement gagner la primaire, mais c'est gagner les élections. en tout cas que votre camp gagne l'élection présidentielle, quand on voit votre place dans les sondages. Je suis surprise d'une chose, je regardais à peu près à la même époque pour l'année, pour l'élection précédente, Anne Hidalgo qui était bien moins bien. qu'un Raphaël Glucksmann aujourd'hui, vous l'avez quand même laissé passer, vous l'avez quand même laissé y aller. Vous n'avez pas été remettre en cause le fait qu'elle soit la candidate de la gauche. Pourquoi vous y allez cette fois-ci alors que pour une fois, vous en avez un qui est quand même un peu moins mal placé que les dernières années ? Pourquoi vous allez challenger Raphaël Glucksmann ? Pourquoi vous ne voulez pas qu'il soit votre candidat ?
Pourquoi est-ce qu'on fait des élections ?
Ce que je veux dire, c'est que dans la même situation, Anne Hidalgo, alors qu'elle était honnêtement dans les choux, vous l'avez quand même laissé y aller.
Non, elle était à 10% autour de cette période-ci. Quand j'ai regardé, elle était à
6,5% à cette période-ci et elle a fini à 2%.
Non, à septembre, elle est encore autour de 10%. Et donc, elle n'était même pas candidate officielle au moment où on se parle. Mes souvenirs sont bons. Et donc, ce que je veux vous dire par là, c'est que si vous pensez désormais que seuls les sondages sont... l'élection, eh bien arrêtons de faire des élections. En aucun cas, simplement, je compare deux situations qui
sont parfaitement comparables. Mais acceptons désormais,
en ces cas-là, l'idée que... Vous étiez
déjà Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Vous savez
très bien que... Pourquoi vous n'y avez pas eu la dernière
fois ? Pourquoi vous y allez cette fois-ci ? Mais
pourquoi vous n'avez pas en souvenir, par exemple, le fait que, je ne sais pas moi, Valérie Pécresse, elle était à 18 après son élection dans la primaire. Elle a fini à moins de 5. Vous avez eu des gens comme Éric Zemmour qui sont montés à 17, qui ont fini à 7. Et donc, moi, ce que je dis, c'est que... tant que l'offre n'est pas connue, forcément il y a des préjugés, il y a forcément un débat qui va avoir lieu, et que dans ce débat, chacun aura à se révéler. Dans ces débats, dites
-vous d'ailleurs
? Oui, dans ces débats, et ces débats de la primaire, mais même ceux qui viendront après, parce qu'il n'y a pas que la primaire dans la vie, et donc moi je souhaite effectivement que nous puissions développer une offre qui rencontre une demande, et qu'à la fin, nous ne soyons non pas à 5, à 10 ou à 15, mais que nous soyons à 20. certainement le seuil de qualification de cette présidentielle.
Olivier Faure, plusieurs questions encore. L'une, vous l'évoquiez, sur le flou du Rassemblement national, et notamment cet accord signé avec Niguel Farage par Jordan Bardella. Comment vous le comprenez
'est l'aveu d'une forme de soumission à des brexiteurs. Je ne le comprends pas, en réalité. Comment accepter cette idée folle que désormais on ferait le travail des Britanniques pour rapatrier sur notre sol des gens qui sont en situation illégale ? La réalité c'est que chacun doit en prendre sa part et je ne vois pas du tout quelle est l'idée saugrenue qui est passée par la tête. de Jordan Bradella, si ce n'est qu'il a cru avoir un moment de gloire en allant signer avec celui qu'il espère être le prochain Premier ministre britannique. Mais voyez bien que ces gens sont perdus, qu'ils ne savent pas. En réalité, il n'y a pas un sujet. En fait, ils font de la politique à l'ancienne, de la com, de la com permanente. Et voyez bien qu'ils ont été les alliés de l'AFD, ils ne le sont plus, parce qu'ils ont trouvé que c'était des témoins encombrants. Ils ont rompu
en 2019. En même temps, vous vous réjouez qu'ils aient rompu quand même.
Oui, je me réjouis en même temps. Je vois bien que tout ça est totalement factice, que la réalité, c'est qu'ils ont été ensemble et quand ils ont trouvé que c'était des alliés encombrants, ils s'en sont séparés. Mais je vois aussi qu'aujourd'hui, il y a une montée de l'extrême droite partout en Europe et que nous devons être au premier rang pour se battre. de l'AFD, effectivement, en Saxe-Analte, devrait être pour chacun le moment d'une grande prise de conscience et se dire que ces gens n'ont pas changé en réalité. Quand vous voyez ce que l'AFD propose, il propose que les enfants soient séparés dans les classes, c'est-à-dire qu'on mette d'un côté les bons allemands, d'autre côté les enfants handicapés, et puis les enfants des réfugiés du droit d'asile. Et quand vous regardez qu'ils veulent même suspendre le fait que les enfants des écoles aillent dans les camps de concentration, pour apprendre leur histoire et qu'ils veulent en finir avec la repentance parce qu'ils ne veulent plus que le nazisme soit enseigné. Voilà, exactement. Et bien, effectivement, là, il y a un sujet que chacun devrait saisir et on devrait même avoir quelques frissons à l'idée qu'en Allemagne, c'est possible. Donc, ne faisons pas en sorte que la contagion vienne de notre propre pays.
Sérieusement, qu'est-ce qui vous a pris
c'est une maladresse de ma part. J'ai repris, en fait, ce que certains m'ont dit sur place, en disant, regardez, je pensais à quoi ? Je pensais simplement au paysage de désolation dévastée. Parce que ces maisons, il faut imaginer, 183 maisons de lait dans un village qui en compte 240, je crois. C'est, en fait, une vision d'horreur. Mais en 10 ans,
déjà, on voit sur votre visage que vous vous dites, où est-ce que je vais ? Non. Pourquoi vous n'êtes pas tout de suite repris
? Mais j'ai dit, je ne vais pas me citer de mémoire, mais j'ai dit si je dois oser. C'est effectivement une maladresse. Il n'y a pas de comparaison possible entre ce qui s'est passé à Oradour sur les causes d'Oradour et sur les causes du Porges. Simplement, c'était le paysage dévasté que je cherchais à définir. Ce n'était pas très intéressant, ce n'était pas très intelligent de ma part. Je le regrette, mais évidemment, il n'y a aucun... N'imaginez pas un seul instant que je puisse comparer deux situations qui n'ont rien à voir.
Merci Olivier Faure d'avoir répondu à mes questions ce matin. Premier secrétaire du Parti socialiste et candidat à la primaire de la gauche. Il est 8h50 sur RMC et BFM TV.