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Avant de vous entendre débattre, écoutons François Hollande. C'était ce matin sur France Info. François Hollande sur la question de l'immigration qui veut durcir certaines règles.
Sur le regroupement familial, il y a des situations qui sont abusives. Par exemple, on a des situations de mariage à l'étranger, même avec des mineurs, qui ne sont pas acceptables. Donc il est normal que l'on puisse ajuster au fur et à mesure du temps, quand il y a des abus, les règles et les critères pour le regroupement familial. Le regroupement familial, c'est un droit fondamental. On doit vivre en famille, mais dans des conditions où les femmes sont traitées. Correctement, dans le respect de la loi et dans le deuxième cas où les personnes qui viennent rejoindre le conjoint parlent français. Ce sont des règles qui ont déjà été posées et qu'il faut appliquer strictement.
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Arnaud Benedetti, est-ce qu'elle vous surprend cette proposition de durcissement des règles du regroupement familial de la part de François Hollande
Elle ne surprend pas quant à la nature profonde, la nature politique, j'allais dire, de François Hollande, qui est un pragmatique et qui a été toute sa vie politique un pragmatique. Elle peut paraître en effet surprenante dans le contexte de cette pré-campagne électorale dans laquelle il semble s'être lancé. Mais en fait, qu'est-ce qu'il fait d'une certaine manière ? C'est ce qu'on appelle la triangulation. C'est-à-dire qu'il sait très bien qu'aujourd'hui, il y a une demande dans de larges segments électoraux d'une politique de fermeté, en tout cas en matière, ou en tout cas une politique de régulation en matière migratoire. Il l'entend, donc il se positionne par rapport à la gauche sur un axe assez différencié, parce que finalement très peu de leaders de gauche aujourd'hui tiennent des discours de ce type, donc il se différencie, il prend ses distances, ça c'est un premier point. Et deuxième point, tout se passe comme si finalement il était peut-être en train d'essayer d'enjamber la primaire, la primaire à laquelle il irait voter, mais dont il n'attend pas grand chose en tout cas. au regard du constat qu'il fait de la situation.
Et donc François Hollande, là, c'est ni de droite ni de gauche, de droite et de gauche. Serge Cimino, comment il faut qualifier ce que représente aujourd'hui François Hollande sur l'échiquier politique ?
En tout cas, clairement, que ce soit à travers ses différents déplacements, le livre qu'il vient de sortir, qu'il appelle « Unir nouveau monde, nouvelle gauche », il ne s'adresse absolument pas au Parti Socialiste, en tout cas. Pas seulement, et Arnaud Benetti l'a très bien dit. Au-delà de la triangulation, ce qu'il met en avant, c'est qu'il dit « je prends en compte les inquiétudes des Français ». Donc il a upgradé, mis à jour le logiciel qui lui a permis de gagner en 2012. Ce n'est absolument pas la même situation. Alors qu'est-ce qu'il prépare, François Hollande ? Clairement, il le dit « je voterai à la primaire parce que je suis membre du Parti Socialiste ». On ne sait pas trop pour qui, mais il va sans doute le dire. Certainement pas pour Olivier Faure ni pour Raphaël Glucksmann. Mais en tout cas, il se prépare à l'après. Et l'après, c'est quoi ? Il dit, quel que soit le vainqueur de la primaire, du PS, de place publique et du camp social-démocrate en général, s'il n'y a pas de dynamique pour le vainqueur, moi j'ai autre chose à proposer. Et clairement, il est obligé d'occuper un espace beaucoup plus large. Alors, à droite, peut-être pas, mais en tout cas... centre droit certainement. Il veut parler à tout le monde parce qu'il ne pourra pas gagner sur la seule base des socialistes. En plus, on verra combien il y a de votants, etc. puis après, il y a des choses qui ne devraient pas surprendre. Alors, sur l'immigration, on peut effectivement s'étonner parce qu'il n'y a pas que le resserrement du regroupement familial. Il veut l'application du pacte asile et immigration, une partie, alors que toute la gauche européenne ou française était vent debout contre cette proposition. Je ne vais pas m'étaler sur le sujet de l'immigration, mais économiquement parlant, lorsqu'il reparle de la TVA sociale, Il avait déjà, en fin de mandat de quinquennat, entre les années 2015-2017, déjà utilisé cette arme-là après l'avoir fait abandonner après Nicolas Sarkozy. Donc voilà, il s'adapte à ça en disant « c'est pour faire augmenter les salaires ». C'est une application qu'on pourrait voir chez Edouard Philippe, voire chez Gabriel Attal, en disant « on enlève des cotisations sociales et on fait un transfert par la TVA sociale ». Sauf, et je termine par là, que la TVA sociale à gauche… C'est aussi un tabou, on l'avait vu à l'époque de la législative après l'élection de Nicolas Sarkozy. Donc il joue un petit peu avec ça, en triangulant comme dit Arnaud Benedetti, mais surtout il sait que si vraiment il est candidat, on le saura a priori en décembre, il ne peut pas le faire sur la seule base. qui lui avait permis d'être élu en 2012.
Vous allez voir que ça fait réagir le Parti Socialiste, et particulièrement le patron du Parti Socialiste, qui lui-même est candidat à la primaire socialiste, Olivier Faure, parce qu'il n'a pas voulu laisser passer ce matin ce qu'a dit François Hollande, de durcir les règles du rapprochement familial. Et la comparaison qu'il fait est assez importante. Regardez.
prend sa place et il a choisi un autre chemin qui n'est pas le mien. Son chemin est celui... C'est une alternative plutôt au centre, pour ne pas dire à droite. Et moi, je ne me suis pas engagé au Parti Socialiste pour... On a tous
compris que vous parliez de François Hollande. Et
vous dites
qu'il est de droite
? Non, j'ai dit qu'il cherchait en fait aujourd'hui sa voie avec une alliance entre droits. Et moi, je ne me suis pas engagé au Parti Socialiste pour appliquer, 14 ans après, le programme de François Fillon.
'est assez intéressant. Il ne dit pas qu'il est de droite, François Hollande, mais en même temps, il le compare à François Fillon.
Oui, alors je n'irai pas jusqu'à cette comparaison parce que quand on se souvient du... programme de François Fillon en 2017, il me semble qu'il n'avait pas grand-chose à voir avec le programme de François Hollande. Mais ce qui est sûr, c'est que François Hollande considère que s'il y a un trou de fourmi, pour reprendre son expression, je crois exact, pas trou de souris, trou de fourmi, c'est qu'il va falloir élargir la base, tout simplement, vous l'avez dit de manière tout à fait claire, c'est-à-dire qu'en fin de compte, il considère que le réduit du Parti Socialiste n'est pas suffisant. pour pouvoir aujourd'hui être un candidat de rassemblement dans l'état d'équilibre des forces politiques qui est celui de ce bloc central dont on parle. Parce que d'une certaine manière, il s'adresse beaucoup plus au bloc central qu'à la gauche à partir de ses propos. Donc encore une fois, il essaye vraisemblablement de contourner la difficulté de la primaire. Il n'y croit pas de toute façon. Il n'y croit pas parce que tout simplement, il considère que le parti socialiste n'aura pas la capacité de mobilisation, ne serait-ce que pour le corps électoral de la primaire qu'il avait pu avoir quand lui avait gagné la primaire en 2011. Il est au-dessus de ça, pardonnez
-moi, mais on parle quand même d'un ancien président de la République qui est socialiste, qui décide de ne pas participer à une primaire, mais qui va peut-être se présenter finalement face à la personne qui sortira de cette primaire.
Parce que vous avez bien compris que la tectonique des plaques n'avait pas fini de bouger aujourd'hui. centre gauche qu'au centre droit. Et véritablement aujourd'hui, lui en plus avec le capital qui est le sien, d'ancien président de la République, un ancien président de la République n'a pas le même statut politique que d'autres candidats. Donc il est dans une logique de rassemblement. Et en tout cas, il pense que là, il y a peut-être une voie sur laquelle il peut s'engager.
Serge Chimineau, rapidement, est-ce qu'il a la capacité, François Hollande, à rassembler le centre droit ? Parce qu'il y a déjà du monde sur cette position-là.
Oui, mais Arnaud Benetti vient de le dire, c'est qu'il y a des compétitions parallèles qui se passent entre la droite et le bloc central, à gauche également avec au moins cette primaire sans parler des écologistes, de Fabien Roussel qui vient de se déclarer, Jean Passe et des meilleurs, François Ruffin dont on ne sait pas ce qu'il fera plus tard, Dominique de Villepin qui essaye d'approcher. Donc ils ne seront pas aussi nombreux en décembre lorsque François Hollande décidera ou pas de se déclarer. En tout cas, ils misent d'une manière, allez, un petit peu cynique sur... L'échec du vainqueur de la primaire. Après, juste rapidement, lui-même, quand il a gagné la primaire et qu'il a été président de la République, il disait qu'il n'y croyait pas. Et il y croit encore moins. Et vous l'avez dit, Arnaud, c'est qu'on ne connaît pas encore le corps électoral. À l'époque, c'était 2 euros et pas 15 euros pour pouvoir voter. Mais plus sérieusement, il attend ce moment-là. Et clairement, s'il sort du bois définitivement, ce ne sera pas pour faire le programme de 2012, mais bien un programme un peu plus large. Et qui sait, il y aura peut-être des candidats du Bloc central qui auront peut-être disparus d'ici là.