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Et maintenant, ligne droite, c'est avec Tristan Audrey Chopin de Genvry, qui rentre dans le studio, qui est avocat et candidat UDR RN au sénatorial de l'île Saint-Martin. Bonjour Maître.
Bonjour Isha, merci beaucoup
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de m'accueillir ce matin, je suis ravi d'être là. Nous aussi. Une nouvelle fois. Et on vous reverra, j'espère, alors peut-être pas en tant que sénateur, ou peut-être pas tout de suite, mais enfin voilà, ne préjugeons pas. Pourquoi Saint-Martin ? Alors,
Saint-Martin, ce qui est intéressant, c'est que les comdoms, comme on les appelle aujourd'hui, les collectivités d'outre-mer et les départements d'outre-mer, ne sont pas du tout laissés pour compte par l'UDR, de mon parti, et son allié, le Rassemblement National. C'est très important pour la droite. Ce sont des territoires qui peuvent être parfois oubliés par la métropole, mais nous, on ne les oublie pas et on compte être bien présents sur le terrain et les représenter ensuite au Parlement. Saint-Martin, c'est une île un peu clé parce que c'est très intéressant. Saint-Martin, c'est une sorte de concentré des problèmes qu'on connaît en métropole. C'est alléchant. Je vous laisse rebondir.
Vous avez donné un interview au journal Le Pélican, et vous dites effectivement qu'il y a des problèmes de sécurité, des problèmes d'immigration, des problèmes de trafic et de délinquance, et aussi des problèmes de pouvoir d'achat. Autrement dit, on sent bien que sur cette île, c'est tout chaudron de la métropole qui est concentré sur quelques kilomètres
carrés. Exactement, c'est tout petit. Saint-Martin, c'est 58 km², c'est une population d'environ 30 000 habitants. Alors Saint-Martin, attention, parce que l'île s'appelle Saint-Martin, elle est divisée en réalité en deux territoires, deux pays distincts. La partie hollandaise, qu'on appelle Sint-Martin, et Saint-Martin, la partie française. Donc quand je parle de 30 000 habitants, c'est la partie française. Donc c'est l'équipeur d'une ville française. Et effectivement, avec de gros problèmes d'insécurité, c'est même bien plus important qu'en métropole. Le taux d'homicide, c'est 20 fois la moyenne nationale. Le vol à main armée, c'est 48 fois la moyenne nationale. Tout ça est lié, on peut le présumer, à un gros problème de trafic de drogue. Ce qu'est Saint-Martin, c'est la croisée. dans les Caraïbes de toute l'Amérique latine où est produit la cocaïne et l'Europe et l'Amérique du Nord où elles sont consommées. Saint-Martin, vu qu'il y a deux pays sur le même territoire, c'est très facile. pour les trafiquants d'échapper facilement à la juridiction de l'État. Il suffit de traverser la frontière et tout d'un coup la police ne peut plus vous suivre. Donc il y a un vrai sujet, c'est un peu la plaque tournante. Ce narcotrafic entraîne de l'insécurité et comme on l'a dit, en plus de ça, comme en métropole, une immigration de masse, il y a 35% d'immigrés à Saint-Martin, c'est colossal, et un problème de chômage, il y a 30% de chômage à Saint-Martin. Et un pouvoir d'achat, comme malheureusement les métropoles on connaît.
Donc vous avez posé le diagnostic, Saint-Martin a un sénateur, vous êtes plusieurs à concourir, comment convaincre les grands électeurs de Saint-Martin que l'UDR et son candidat sont mieux à même de représenter les intérêts de l'île à la Chambre d'Aute ? Alors
Saint-Martin, si je peux me permettre, il y a... C'est intéressant de comparer la sénatoriale avec la législative, c'est-à-dire l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale et la circonscription du député comportent à la fois Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Ce sont deux îles très proches qu'on appelle les îles du Nord localement. Alors que pour le Sénat, c'est un sénateur par île. Le Sénat, ça représente les collectivités territoriales, donc c'est plus important que les collectivités soient représentées indépendamment. Donc il y a un sénateur Saint-Barthélemy et un sénateur Saint-Martin. Alors, pourquoi Saint-Martin pour moi ? Alors, moi, le parti, l'UDR, en alliance avec le Rassemblement National, c'est l'UDR qui s'occupe, en fait, qui envoie des représentants, des candidats pour les législatives et les sénatoriales. On m'a demandé à l'époque, l'an dernier, de regarder ces deux îles. À l'époque, on pensait qu'Emmanuel Macron allait redissoudre l'Assemblée, il y a un an. Et pour les sénatoriales, j'avais regardé les deux îles. Il se trouve que Saint-Barthélemy, la sénatrice, Micheline Jack, je m'étais renseigné, est très compétente. Il n'y a aucun problème, elle fait très bien son travail. C'est une sénatrice LR, LR+, côté Rotaillot que côté Wauquiez. Et voilà, moi, puisque j'avais les informations que j'ai recueillées, qu'elle faisait très bien son travail. Alors que Saint-Martin, c'est un autre sujet. Saint-Martin, la sénatrice, s'appelle Annick Petrus, malheureusement, a commis quelques impairs. Elle est accusée de trafic de cigarettes. Oui, effectivement, ça fait des ordres. Alors, ce que j'ai appris, c'est que là-bas, le paquet de cigarettes coûte 3 euros. La cartouche 30 euros, alors qu'en métropole c'est plutôt 100-110 euros. Donc c'est facile, on achète quand on fait des allers-retours, on prend plein plein plein de cartouches et on les revend en métropole, ça permet d'arrondir les fins de mois. Même si la rémunération de sénateur ne suffit pas à certains. On ne rappellera pas les prix, mais normalement on devrait être à l'abri de ce genre de tentation. Exactement. Et ce qui est intéressant c'est qu'avec ça, alors qu'il y a... assez peu d'habitants, il y a 30 000 habitants, il n'y a que 25 grands électeurs, tout d'un coup il y a une pléthore de candidats, il y a 6 candidats, dont moi donc, pour 25 grands électeurs. C'est énorme, si on regarde dans d'autres scénatoriales, notre ami Pierre de Nicolet, qui est un ami UDR qui se présente dans l'Allier, il m'a dit de mémoire, lui, ils sont à peu près autant de candidats, mais il y a 250 grands électeurs environ, donc vous voyez la proportion. Donc Saint-Martin, il y a un problème. Il se passe quelque chose là-bas. Le conseil territorial, visiblement, c'est une île, il y a quelque chose qui se passe. Donc, on pense qu'il y a quelque chose à faire. Moi, j'avais regardé un peu localement s'il y avait des candidats, des départants, qui seraient d'accord de se présenter avec l'étiquette UDR-RN. Malheureusement, aucun n'a répondu à l'appel. Il y en avait une qui avait hésité, quelqu'un d'assez important localement. mais qui, une semaine avant le dépôt date limite de candidature, m'a dit finalement Tristan, je n'y vais pas. J'ai dit ok, donc dans ce cas-là, moi j'y vais, parce qu'il est hors de question que Saint-Martin n'ait pas un candidat UDR-RN sur place, c'est une idée importante pour nous. Très bien,
et alors cette campagne, évidemment 25 grands électeurs à rencontrer, à qui il faut serrer la main, c'est un peu plus simple qu'Edwige Diaz, qui en a quelques centaines, donc vous avez réussi à rencontrer tous ces grands électeurs ?
Alors déjà, c'est amusant que vous parliez d'Edwige Diaz, elle est adorable, je m'entends très très bien avec elle, c'est une femme vraiment extraordinaire, on a le même âge, on partage les mêmes passions pour la France, elle a très gentiment accepté de soutenir ma candidature personnellement, je la remercie beaucoup, sur les réseaux on peut le voir depuis hier. L'inconvénient de Saint-Martin, c'est qu'il n'y a pas eu d'élection municipale, comme en 2026, comme dans toutes les communes de France, parce que Saint-Martin, c'est une collectivité d'outre-mer, elle a un statut particulier, il n'y a pas de commune, département, région, il y a un conseil territorial qui est élu tous les 5, qui a un mandat de 5 ans, qui suit les élections présidentielles, donc c'est 2017, 2022, 2027. Donc je vous mets dans le mille, en 2022, qu'est-ce qui s'est passé ? c'est majoritairement un conseil territorial plutôt centriste, macroniste, avec très très peu d'élus LR. Donc c'est assez compliqué en fait, parce qu'il n'y a pas d'élus au Conseil territorial de l'étiquette UDR ou RN, donc il faut les convaincre un par un. Alors jusqu'à présent, j'ai lancé effectivement, alors il y en a qui répondent plutôt non, hors de question que je vous rencontre, que je rencontre quelqu'un qui est soutenu par l'Assemblée nationale, d'autres qui ne répondent pas, donc ceux-là j'ai de l'espoir, et un qui répond avec qui on est en conversation. Alors moi je vais à Saint-Martin le week-end prochain. Donc, je compte les rencontrer le maximum que je peux. Ça va être une campagne assez difficile. Mais voilà, on va essayer de les convaincre.
Parmi les propositions convaincantes que vous avez apportées, il y a par exemple cette question énergétique que vous avez travaillée sur la manière de développer l'autonomie énergétique de l'île de Saint-Martin.
Oui, merci, Richard. Alors, tout à fait. Donc, il y a le sujet immigration. Alors, déjà, les sujets clés, c'est prioritaire pour le RN. On les retrouve à Saint-Martin. pouvoir d'achat, insécurité, immigration de masse. Vous disiez 35% d 'immigrés, ce qui est effectivement considérable. Légal, donc l'illégal, on peut imaginer ce qui s'ensuit. Et il y a un sujet, souveraineté énergétique, parce qu'effectivement, Saint-Martin, comme Saint-Barthélemy, comme Saint-Pierre-et-Miquelon d'ailleurs, est un moindre effet, mais quand même assez important, Guadeloupe-Martinique. Comment on produit son électricité là-bas ? Si vous n'avez pas d'électricité, l'électricité aujourd'hui est plus importante que le pétrole. Vous n'avez pas de pétrole, vous prenez votre vélo. Mais vous n'avez pas d'électricité, vous n'avez pas d'hôpitaux, vous n'avez pas d'aéroports, vous n'avez pas d'école, vous n'avez plus de service public. Vous n'avez même plus de micro, vous n'avez plus de frigidaire, il n'y a absolument plus rien. S'il n'y a pas d'électricité, il n'y a plus d'économie, vraiment le pays est à l'arrêt. Et Saint-Martin, le problème, et dans les autres îles des Caraïbes, c'est la production. Il n'y a pas de centrale nucléaire à Saint-Martin, on voit que ça peut Donc, comment on fait ? C'est un peu comme votre voiture. Votre voiture produit l'électricité avec le pétrole qui tourne dans son moteur. C'est exactement pareil sur ces îles. Il y a des centrales au fuel. Donc le pétrole, on l'importe des États-Unis, on le raffine en Martinique et ensuite on l'amène dans les différentes îles des Caraïbes, on les met dans ces centrales qui tournent et qui produisent l'électricité. Alors on imagine le désastre écologique, premièrement, et surtout la dépendance. La facture, ça coûte une fortune. Et en plus, il y a une dépendance terrible vis-à-vis du fournisseur de pétrole. Et vous êtes dépendant. Si jamais il y a une tempête, des catastrophes naturelles, votre pétrole n'a plus à cheminer. Et il y a aussi le problème géopolitique. Et ça, c'est quelque chose de central. Ce qui est intéressant dans ces îles, c'est qu'il faut convaincre la métropole. Parce qu'en fait, les décisions locales sont prises. au Conseil territorial. Mais quand c'est des sujets comme ça, il faut que l'État français, lui, décide, pour une décision politique, d'investir et de s'occuper de ses îles. Donc pour ça, il faut être à Paris, il faut avoir l'oreille du gouvernement. Et c'est ça le sujet. C'est pour ça que, pour moi, ma candidature, qui peut être un peu critiquée parce que je ne suis pas un local de Saint-Martin, est importante. C'est que je compte, grâce à mon implantation parisienne, pouvoir... convaincre le gouvernement, si Marine Le Pen remporte les élections présidentielles et ensuite législatives, pour s'occuper de cette île. Et la clé, c'est quand vous prenez une décision, quand le gouvernement prend une décision géopolitique, imaginez que les États-Unis se disent « Mais attendez, si vous ne faites pas comme je vous dis, moi, toutes vos caraïbes, j'arrête d'envoyer mon pétrole. » Ah oui, alors là, effectivement, on a tendance à dire « Bon, d'accord, pardon, on va faire comme tu veux, parce qu'en fait, il y a quand même 100 000 habitants qui vont se retrouver sans électricité demain. » Donc ça c'est un sujet
effectivement avec un président comme Donald Trump, avec ses ambitions dans les Caraïbes comme ailleurs, avec ce qu'il explique sur les territoires d'outre-mer français, on sent bien que, avec surtout sa manière inénarrable de négocier, on sent bien qu'il y a un danger. Ah oui tout à fait, d'ailleurs Donald Trump
on l'a vu il a publié cette carte. d'Amérique du Nord, où tout est Etats-Unis maintenant, le Canada, le Corée de l'Ordre, le Mexique, toutes les Caraïbes. Y compris donc les possessions françaises. Y compris les possessions françaises des Caraïbes. Il y a un vrai sujet, il faut savoir parler, une sorte d'ambassadeur de Saint-Martin, à la fois en métropole, mais également dans le monde. S'il faut pouvoir négocier, parler avec les puissances étrangères, je pense que c'est le rôle du parlementaire de le faire.
Cette voix de Saint-Martin, on voit bien qu'elle est importante à Paris. Il est important qu'il y ait un véritable représentant. Les sénatoriales, c'est une première étape. Vous nous dites vous-même que certains refusent de parler à un candidat UDRRN, que d'autres, pour le moment, observent un silence prudent. On sent que la campagne va être difficile, mais en fait c'est une première étape, parce que derrière les sénatoriales, il va y avoir les élections présidentielles, ensuite les élections législatives. Vous comptez fermement vous occuper de ce territoire, élection après élection. Oui, tout à
fait. Justement, l'UDR a décidé de créer une fédération Saint-Martin-Saint-Barthélemy. Il faut savoir que jusqu'en 2017... En fait, Saint-Martin était rattaché à la Guadeloupe. Désormais, Saint-Martin est séparé de la Guadeloupe. C'est une circonscription par entière qui englobe Saint-Barthélemy. Donc, on a créé cette fédération Saint-Martin-Saint-Barthélemy. L'IDR compte vraiment développer un réseau local. L'ERN m'a très gentiment communiqué les coordonnées des adhérents de ces deux îles. Et là, j'ai eu un très bon contact avec l'un d'entre eux, qui lui compte. Donc c'est un vrai relais local. Je le remercie, je ne peux pas citer son nom, mais je le remercie infiniment parce qu'il est d'une grande aide. Et on va, lui et moi, main dans la main, essayer de fédérer les adhérents RN et UDR pour créer une vraie, qui n'existe pas encore, une vraie antenne locale qui va ensuite nous aider à tracter, préparer les présidentielles et essayer de convaincre ces deux territoires.
Cette dynamique RN-UDR, elle existe depuis qu'Éric Ciotti a décidé de faire scission avec LR. Sur le terrain, on voit que ça a l'air de très bien marcher. Il n'y a pas de guéguerre des chefs et surtout les équipes ont l'air de très bien s'entendre. La base a l'air d'être tout à fait satisfaite. Ah oui,
ça c'était la belle surprise parce qu'il y a pas mal d'adhérents RN, UDR on est en train de développer. Et j'ai été très, très bien accueilli par ces adhérents RN, alors que je suis étiquette UDR. Alors, ils ont très bien compris qu'effectivement, ça marque la maturité de l'électorat de Saint-Martin et des adhérents RN de cette île. Ils ont très bien compris qu'on est main dans la main et qu'on a tout intérêt à travailler ensemble. Et donc, il n'y a même plus de distinction, si vous voulez. On travaille ensemble et on avance et on veut convaincre le territoire.
Alors pour convaincre ce territoire, il y a tout ce travail à faire. Est-ce que la population de l'île Saint-Martin est une population ouvrière, commerçante, industrielle ? Quelle est la sociologie en fait ? Il nous reste une petite minute. Alors c'est plutôt
tourné vers le tourisme. Saint-Martin c'est très tertiaire, c'est très très tertiaire et donc qui est très dépendant de l'international. Un des sujets, l'économie de Saint-Martin, donc tourner vers le tourisme et d'où vient le tourisme, surtout des États-Unis. Et là, il y a un vrai sujet, c'est quand on compare, comme je vous dis, que Saint-Martin, c'est un peu le laboratoire de ce qui se passe en métropole. Ce qui est intéressant, c'est qu'on a un autre pays qui partage la même île et dont le PIB est trois fois plus important. que la partie française. Le PIB des Saint-Martinois côté hollandais par habitant est deux fois plus élevé que le côté français. Donc c'est la même île. C'est le tourisme, c'est le tertiaire, mais pourtant il y a un côté qui est beaucoup plus riche que l'autre. Donc il faut comprendre pourquoi. Et on peut imaginer qu'en fait, ce sont justement les lois françaises qui permettent, qui sont mal faites et qui empêchent ce territoire de se développer, cette partie française en tout cas.
Hypothèse très hardie, effectivement, avec un peu de chance, c'est la faute des lois françaises qui produit à Saint-Martin comme ailleurs les mêmes pernicieuses effets. Merci beaucoup Tristan. Merci Richard. Et à très bientôt sur A2Contosi pour commenter ses résultats et le reste de l'actualité. Merci Richard, à très bientôt, bonne journée.